Affichage des articles dont le libellé est liberté d'expression. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est liberté d'expression. Afficher tous les articles

24 novembre, 2014

La conférence interdite sur l'avortement à Oxford : texte intégral

Riposte catholique signalait il y a quelques jours qu'un débat sur l'avortement a été annulé à l'université d'Oxford parce que… l'avortement ne saurait être sujet à débat et que les deux journalistes protagonistes, l'un athée, l'autre catholique, étaient des hommes. Qui n'ont dont par définition pas droit à la parole, qu'ils soient pour ou contre. Le journal britannique Catholic Herald vient de publier le texte que Tim Stanley, le catholique, aurait présenté. Sans être opposé à l'avortement dans tous les cas, celui-ci répond positivement à la question posée dans le cadre du débat : « Cette chambre considère que la culture de l’avortement en Grande-Bretagne nous est tous dommageable. »

L'événement était organisé par les Oxford Students for Life (les étudiants pro-vie d'Oxford) qui n'ont pas réussi à trouver un lieu de débat après que des pressions et des intimidations des « pro-choix » de « Women's Campaign »eurent conduit les autorités universitaires en interdire la tenue au Blue Boar Lecture Theatre de Christ Church. Neil Addison, directeur du Thomas More Legal Centre, a fait observer que l'annulation du débat contrevient à la loi sur l'éducation qui garantit la liberté d'expression dans les universités.

Tim Stanley, censuré.
Voici ma traduction intégrale de la conférence interdite de Tim Stanley. – J.S.

Je ne suis pas là ce soir pour débattre de la question de savoir si l’avortement doit être, ou non, légalisé ; si donc quelqu’un veut me demander ce qu’il faut faire par rapport à l’avortement en cas d’inceste de viol, merci de ne pas perdre votre temps. La plupart des gens admettent que l’avortement puisse être dans certaines circonstances une nécessité tragique, et qu’il n’est pas près de disparaître. Non : je suis ici pour débattre d’un point précis : oui ou non la culture de l’avortement fait-elle du mal à la Grande-Bretagne. 
Je définis la culture de l’avortement comme une culture où l’avortement est si fréquent qu’il commence à apparaître comme une forme habituelle de contraception, comme le suggèrent les statistiques ; où l’opinion est largement partagée selon laquelle il s’agit d’un droit, qu’il n’est associé à aucun risque, et que de fait il représente une sorte libération pour les femmes qui y ont accès. Dans une culture de l’avortement, le débat même sur l’avortement serait controversé, voire impossible. Les tentatives pour empêcher cette discussion raisonnable suggèrent qu’une telle culture existe bien. 
Mais je pense que la culture de l’avortement aggrave en réalité certaines injustices au sein de notre société. Quiconque a véritablement le souci de la liberté et des droits des femmes – c’est-à-dire chacun de nous – doit être prêt a revoir les données sur les conséquences de l’avortement à la demandet. Et comment le silence à propos de ces effets fait du tort à certains groupes minoritaires. 
D’abord, les chiffres. Les statistiques de l’avortement en 2013 rendent compte d’une réalité inquiétante. Il y en a eu, cette année-là, 185.331. Seul un pourcent été lié à un risque de voir naître un enfant handicapé. 99,84 % d’entre eux ont été pratiqué en conformité avec la loi sur l’avortement de 1967 qui les justifie en cas de risque pour la santé mentale de la femme, une condition qu’il est notamment notoirement facile de contourner. Vincent Argent, naguère directeur médical du British Pregnancy Advisory Service, à publiquement reconnu cette année que les médecins signent fréquemment des formulaires d’avortement à l’avance, sans rencontrer la femme. Il vaut la peine d’être notée, soit dit en passant, que 64 % des avortements ont lieu dans le secteur privé, financé par le service national de la santé (NHS). Il y a de l’argent à gagner. 
Regardez ces chiffres de plus près, et vous trouverez des choses intéressantes en ce qui concerne la classe et la race, qui suggèrent que l’avortement est plus fréquent parmi certains groupes. Cela est connu en ce qui concerne la société américaine : les premières cliniques d’avortement légales étaient majoritairement situées dans des zones à dominante noire, et en 2012 les données ont montré que dans la ville de New York les femmes noires ont subi davantage d’avortements qu’elles n’ont donné naissance. Au Mississippi, les Afro-Américains représentent quelque 37 % de la population, mais 75 % des avortements. Ces chiffres ne sont pas aussi dramatiques au Royaume-Uni parce que notre population est plus homogène sur le plan démographique. Mais réfléchissez à ceci : les « Noirs ou les Britanniques noirs » ne composent que 3,3 % de la population, mais 9 % des avortements sont pratiqués sur cette population. 
Environ 37 % de toutes les femmes qui ont avorté en 2013 avaient déjà subi au moins un avortement auparavant ; un chiffre en augmentation par rapport au 32 % de 2003, et à peu près une femme sur 7 ayant subi un avortement se trouvait effectivement au sein d’une relation. Ces données suggèrent que l’avortement pourrait bien être utilisé par certaines personnes comme une forme de contraception. Cela est extraordinaire, étant donné que notre société est saturée de message sur le safe sex et que l’industrie de l’avortement assure que la procédure est sûre, légale, et rare. 
Pourquoi donc a-t-on recours à l’avortement de cette manière ? L’une des explications pourrait se trouver dans une étude Joseph Rowntree de 2004, notant que les jeunes filles avec peu de perspectives scolaires choisissaient de garder leur bébé, tandis que celles qui avaient l’intention d’aller à l’université et de trouver du travail avaient plus de chances de recourir à l’avortement. En d’autres termes, certains groupes de femmes ont des relations fréquentes et non protégées et tombent enceintes malgré des décennies d’éducation, et ce qu’elles font ensuite relève d’un choix qui n’est pas nécessairement dicté par la volonté personnelle mais par l’économie. 
Vous pourriez dire : « C’est une bonne chose, puisque cela signifie que les femmes exercent le contrôle sur leur propre corps et qu’elles contrôlent également leur avenir économique. » Mais posez la question à l’envers. Cela veut dire aussi que certains groupes négligent toute l’information dispensée à propos de la contraception et des relations, tombant enceintes et revenant à la clinique encore et encore comme si cela n’était pas du tout différent de la pilule. Et cela signifie, deuxièmement, que les décisions sur le fait d’élever un enfant sont moins déterminées par un choix personnel authentique que par la pression culturelle. Cela suggère que les femmes ne se voient pas offrir une alternative sérieuse à l’avortement, il ne reçois aucun soutien de famille ou de la gouvernance, mais que les messages culturels qui les touchent ne parle que de la terreur et de la pression liées à l’éducation des enfants. Vous pourriez trouver quelques éléments de ce message dans la politique conservatrice d’arrêt de versemetn des allocations familiales, ce qui à mon avis va plutôt contre leur image favorable à la famille. 
Puisque nous parlons de la pression de la culture, parlons aussi de la « disponibilité ». L’avortement à la demande alimente l’idée selon laquelle nous avons tous droit à une entière autonomie et à être libérés de toute responsabilité à l’égard d’autrui. C’est une bonne nouvelle pour les forts, elle est mauvaise pour les vulnérables. 
Pensez maintenant à cette étrange hypocrisie. Nous vivons dans une société où les droits des personnes handicapées nous importent beaucoup – ainsi que le montre l’opposition aux réformes gouvernementales à propos des subventions en leur faveur – et nous nous disons toujours qu’ils ont droit à l’entière citoyenneté. Mais nous disons également aux femmes enceintes que si leurs enfants sont handicapés, elles ont alors un droit absolu à avorter. Les résultats sont assez inquiétants. Neuf bébés sur 10 porteurs d’un diagnostic de spina bifida sont avortés. La proportion est à peu près la même pour les enfants trisomiques. De fait une étude de 2009 a montré que chaque jour trois bébés sont avortés pour trisomie. 
Je le répète : je ne dis pas que les femmes ne doivent pas être libres prendre cette décision. Tout ce que je dis, c’est que dans une culture de l’avortement, il y a une pression favorable pour l’avortement, qui apparaît comme une option d’une facilité mythique. Peter Elliott, président de la Fondation sur la recherche sur la trisomie 21, qui a un fils de 24 ans, David, atteint de trisomie 21, a dit de cette étude de 2009 : « Pourquoi les avortements sont-ils si nombreux si ce n’est parce qu’on a donné l’impression que la situation était effrayante et qu’elle justifiait l’avortement ? Je ne crois pas que ce choix est présenté aux parents de manière véridique : ces enfants ont une vie bonne et sont en réalité considérés comme une bénédiction pour les parents et non comme une malédiction. Je ne pense pas que ces parents qui ont recours à l’avortement en sachent vraiment beaucoup sur la trisomie. » 
Il est en outre parfaitement raisonnable qu’une culture qui considère la vie comme jetable a un bout du cycle de la vie puisse la considérer comme tout aussi jetable à d’autres moments de cycle. Ce point de vue a été exprimée avec brio dans un article du Journal of Medical Ethics par Alberto Giubilini et Francesca Minerva, qui soutenaient que les nouveau-nés ne sont pas de vraies personnes et n’ont pas un droit moral à la vie : après tout ils ne sont pas, tout comme l’embryon dans le sein maternel, entièrement autonomes par rapport à leurs parents. Ils ont soutenu que les enfants et les parents doivent être en mesure de faire tuer leur bébé s’il s’avère qu’il est handicapé à la naissance. 
Il est parfaitement naturel d’étendre cette logique qui à l’euthanasie, qui a été légalisée dans le Benelux et qui est aujourd’hui en discussion sérieuse au Royaume-Uni. Le Dr Joseph Fletcher, l’un des parrains de la bioéthique moderne et partisan connu à la fois du droit à l’avortement et à l’euthanasie se rappelait jadis avec émotion le temps où lui et l’égérie du planning familial Margaret Sanger rejoignaient l’Euthanasia Society of America, en vue de « relier les deux causes pour ainsi dire : le droit d’être sélectif à propos de la parentalité et le droit d’être sélectif par rapport à la vie ». Fletcher précisait : « Nous avons ajouté le contrôle de la mort au contrôle des naissances comme une partie de l’éthique du style de vie de notre société. » Il avançait que la vie n’a véritablement pas de valeur à moins d’être d’une certaine qualité, un argument qui a été renforcée par Richard Dawkins lorsque celui-ci a dit, à propos d’un enfant trisomique : « Avortez-le et recommencez – il serait immoral de le faire naître dans ce monde. » 
Le Dr Fletcher, soit dit en passant, en aurait été d’accord. Il a dit jadis qu’il « n’y a aucune raison de se sentir coupable d’éliminer un enfant trisomique, que ce soit en l’éliminant au sens de le cacher dans un sanatorium, ou d’une manière létale plus responsable. C’est triste, oui. Terrible. Mais cela ne comporte aucune culpabilité. La véritable culpabilité il n’existe qu’en relation à une offense à l’égard d’une personne, et un trisomique n’est pas une personne. » C’est une attitude horrifiante, pourriez-vous penser, mais elle n’est pas tellement étrange si vous tenez compte de la grande violence que représente l’avortement par rapport à notre conception même de la personnalité. 
La plus grande ironie de ce phénomène est bien que l’avortement devait donner une plus grande autonomie aux femmes, mais nous avons aujourd’hui des éléments montrant qu’il était utilisé Angleterre pour mettre fin à des grossesses pour la seule raison que le fœtus était femelle. En d’autres termes, l’avortement été utilisée de manière à valider l’idée médiévale selon laquelle les filles valent moins que les garçons. Heureusement, cet abus devrait être officiellement et explicitement mis hors-la-loi pour la première fois. 
Tous ces problèmes sont d’autant plus troublants que nous n’en discutons plus. Cela reflète la façon dont les sociétés capitalistes modernes traitent les questions relatives à la pauvreté, à la souffrance, aux abus, etc. Elles les mettent hors du champ de vision en utilisant un jargon médical ou une phraséologie politique destinée à occulter toute une série de problèmes qui nécessiteraient qu’on en discute de manière beaucoup plus claire.Je n’ai pas toujours été pro-vie. Je le suis devenu lorsque mes recherches historiques sur le mouvement conservateur américain m’ont contraint, à mon corps défendant, à lire des textes pro-vie. 
J’ai été horrifié de découvrir à quel point l’avortement est sordide. A quel point il peut être douloureux. Il y a des preuves montrant ses effets psychologiques à long terme. Par exemple, les recherches menées par le Pr Priscilla Coleman publiées dans le British Journal of Psychology affirment que « l’avortement est associé avec des risque modérés à élevé de problème psychologique faisant suite à la procédure. Les femmes qui ont subi un avortement ont un risque augmenté de 81 % d’avoir des problèmes de santé mentale, tandis que 10 % de l’incidence des problèmes de santé mentale ont un lien direct avec l’avortement ». 
Pourquoi ne le savais-je pas ? Parce que, tandis que l’avortement provoque des traumatismes dans notre société, nous réglons le problème en l’ignorant. Cela est tout à fait dans la logique qui fait que nous ignorons les taux de suicide épouvantablement élevés en prison ; que nous ignorons le niveau de soins déplorable dans les maisons pour personnes âgées ; que nous ignorons les abus et les viols d’enfant dans les services spécialisés pour l’enfance. Et voici ce qu’il y a de doublement pervers dans la culture de l’avortement : nous avons ont effectivement les vannes à quelque chose, et puis nous avons refusé de parler de sa réalité. L’avortement est au centre même de l’état thérapeutique : l’état qui anesthésie la douleur avec des solutions simplistes plutôt que de s’intéresser à leurs causes complexes. 
Et tout ce que je vous demande aujourd’hui, c’est que nous en parlions sérieusement. Merci de m’avoir écouté.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



22 novembre, 2014

Un élu municipal de gauche dénoncé pour avoir qualifié l'« IVG » d'« acte barbare »

Jimmy Parat
Un conseiller municipal de la majorité de Bagnolet – ville dirigée par le PS – a provoque l'indignation mardi soir en condamnant l'avortement au cours d'un débat du conseil communautaire Est Ensemble portant sur le vœu de reconstruire la maternité des Lilas. Jimmy Parat, vice-président du Conseil, a osé qualifier l'avortement d'« acte barbare » et de « meurtre ». Il paraît que toutes les représentants de toutes les formations politiques présentes ce soir-là ont « réagi ».

« Je reconnais que j’ai été cru et que mes propos n’étaient peut-être pas dignes d’un élu. J’ai été débordé par l’émotion, car, pour moi, c’est un sujet sensible », a-t-il expliqué par la suite. Jimmy Parat, élu sous l'étiquette Dynamique Citoyenne, qui a apporté son soutien au maire PSS Tony Di Martino dès le soir du premier tour des municipales, n'a pas présenté d'excuses, malgré le tollé, se bornant à ajouter :
« J’aurais peut-être dû expliquer que je ne remets pas la loi en question, ni même la reconstruction de la maternité, mais que, pour moi, une maternité a d’abord vocation à accompagner des naissances. Et si les femmes ont le droit de disposer de leur corps, il faut aussi assumer ses erreurs. Ce n’est pas pareil en cas de viol, bien sûr. » 
Parat assure avoir reçu des soutiens – privés. Pas celui du maire Di Martino qui a convoqué l'élu jeudi matin, non sans s'être désolidarisé de ces propos qui ont passé l'invisible frontière de la vie politique française : se dire ouvertement opposé à l'avortement, même de manière partielle comme l'a fait Parat, c'est déchirer son ticket d'entrée dans le cercle restreint des élus. Mais attention, il se pourrait bien que Parat bénéficie à cet égard de certains passe-droits : sa page Facebook le montre en compagnie d'une femme voilée…

Une pétition circule pour que Jimmy Parat soit relevé de ses fonctions d'élu.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



03 novembre, 2014

Royaume-Uni : un bénévole de la Croix-Rouge renvoyé pour opposition au “mariage” gay

Bryan Barkley, 71 ans, a donné de son temps depuis vingt ans comme bénévole de la Croix Rouge britannique mais tout cela, c’est du passé. Il a été remercié avoir protesté, seul, contre le « mariage » de même sexe : par lettre, la direction de la Croix Rouge lui a fait savoir que son point de vue « n’est pas compatible avec les valeurs » de cette organisation charitable.
Chrétien convaincu, Barkley avait « veillé » devant la cathédrale de sa ville de Wakefield, dans le Yorkshire, muni d’une pancarte avec l’inscription « No same sex marriage ». C’est tout…
A la Croix Rouge, il avait fait ses preuves. Venant de bénéficier d’une retraite anticipée d’ingénieur civil, il l’avait rejointe il y a vingt ans au service de la recherche internationale pour la réunification de familles séparées d’Europe orientale, du Proche Orient et de l’Afrique. Il l’a même représentée, récemment, lors d’une garden party au palais de Buckingham.
 Marié depuis 42 ans, Bryan Barkley affirme ne rien avoir contre les homosexuels. « Mais je ne crois pas que le Parlement représentait l’opinion du peuple lorsqu’il a changé la définition du mariage », affirme-t-il. « Qu’ai-je fait de mal ? Je crois passionnément que l’institution du mariage est entre un homme et une femme, et qu’elle est la pierre angulaire de notre société. Pourquoi est-ce mal de dire cela en public ? On est en train de bâillonner la liberté d’expression dans ce pays. »
Il a décidé de faire appel de son renvoi, qu’il qualifie d’« injuste et sans motif ».
Ce renvoi fait suite à une première convocation au mois de mai, date à laquelle il a fait l’objet d’une audience disciplinaire au cours de laquelle le responsable local de la Croix Rouge, Andy Peers, avait précisé que l’organisation « Croix Rouge-Croissant Rouge » n’a aucun avis à propos du « mariage » homosexuel car elle est « impartiale et neutre ». La révocation de Barkley n’en a pas moins été prononcée le 8 août dernier.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



18 octobre, 2014

Avortement : les médecins uruguayens obtiennent le droit à l’objection de conscience contre la loi

Le tribunal du contentieux administratif de l’Uruguay vient d’exempter les gynécologues de l’obligation légale de participer à des procédures liées à l’avortement, leur permettant en outre de donner des informations destinées à aider la mère à poursuivre sa grossesse, y compris par la prescription d’échographies. Ce faisant les juges ont contesté la légalité de la loi d’avortement de l’Uruguay, en soulignant que celle-ci méconnaît le droit au libre exercice de la médecine et le droit humain à la liberté de conscience. Son application a été suspendue en attendant l’examen complet des recours présentés.
Illégale, encore, l’obligation faite aux médecins objecteurs de consigner leur refus de participer à l’avortement dans des registres tenus dans les établissements où ils exercent.
Autrement dit, c’est une loi de tyrannie.
Elle avait été d’emblée contestée lors de son adoption ; une centaine de gynécologues avaient saisi la justice pour contester 11 de ses 42 articles qui les obligeaient notamment à participer non pas directement à l’avortement, mais aux procédures préalables ou postérieures.
Les médecins qui ont formé ce recours contre la loi l’accusent notamment de ne pas tenir compte de leur liberté de diagnostic et de traitement, et d’être tout entière orientée vers « un seul objectif : la concrétisation de l’avortement ». Et les juges ont d’ores et déjà estimé que le tort qui leur est causée est « grave », plus important que celui potentiellement engendré par le maintien en vigueur de ces dispositions contestées. Ces préjudices avaient été qualifiés par les médecins comme « affectant l’agir moral des personnes et la vocation à laquelle ils ont voué leur vie ».
C’est un important revers pour les autorités du ministère de la santé publique qui n’ont jamais cessé de contester le droit à l’objection de conscience des médecins.
Il reste cependant un élément de l’objection de conscience qui est refusé aux médecins : là où un « risque grave pour la vie de la femme » est supposé rendre nécessaire un avortement.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



30 août, 2014

Le terrorisme anti-familles en Australie

La réunion régionale australienne du World Congress of Families, une coalition d’organisations qui défendent la vraie nature du mariage, a ouvert ses portes ce samedi à Melbourne comme prévu, mais plusieurs personnalités politiques qui devaient y prendre la parole se sont désengagées à la dernière minute. Au nom de la « tolérance » qui est de mise dans une « démocratie libérale occidentale comme l’Australie ».
Kevin Andrews
C’est à la dernière minute, vendredi, que le ministre fédéral des services sociaux, Kevin Andrews, a fait savoir qu’il n’ouvrirait pas le congrès comme prévu.
Cela faisait des semaines que des mouvements de gauche et des médias de la même eau faisaient campagne pour que les hommes politiques australiens ne se rendent pas à un événement organisé par le WCF. Ce terrorisme intellectuel était notamment alimenté par le parti des Verts australien, les Greens, pro-avortement et pro-euthanasie : une sénatrice du mouvement, Larissa Waters, a même fait adopter une motion non contraignante appelant les élus de la nation à ne pas s’y rendre.
Kevin Andrews avait dénoncé cette « intolérance » des Verts mais il a fini par céder à la pression en apprenant que le congrès allait être accueilli par le mouvement Catch the Fire Ministries, un mouvement évangélique créationniste, pro-vie – et très critique à l’égard de l’islam.
« La tolérance est une valeur cruciale dans une démocratie libérale occidentale comme l’Australie. C’est pour cette raison que j’avais l’intention de me rendre au World Congress of Families demain. Les appels qui m’ont été adressés afin que je n’y assiste pas apportent la preuve de l’intolérance des Verts et de la gauche – au lieu d’argumenter sur la place publique ils préfèrent empêcher le débat. De même, je ne peux supporter l’intolérance qui vient d’autres directions. Ayant été informé aujourd’hui que l’événement allait être accueilli par Catch the Fire, j’ai décidé de ne pas y assister », explique le communiqué du ministre.
Une décision à double effet… Car WCF a eu le plus grand mal à trouver un lieu d’accueil pour ses conférences, qu’honoraient de leur présence le cardinal Burke, Mgr Peter Elliott, évêque auxiliaire de Melbourne, Christine de Marcellus Vollmer et bien d’autres, avec l’aide de Babette Francis, remarquable présidente de l’organisation pro-famille Endeavour Forum.
Pas moins de six centres de conférences ont successivement annulé ou reçu un avis défavorable de la police du fait des menaces pesant sur l’événement. Les locaux de Catch the Fire n’ont été retenus qu’il y a deux jours, dans le plus grand secret. En révélant le lieu du congrès, Kevin Andrews a facilité la vie des opposants.
Une centaine de manifestants pro-avortement se sont massés devant l’entrée ce samedi matin pour empêcher les participants d’accéder. L’une des conférencières, Angela Lanfranchi, spécialiste du lien entre avortement et cancer du sein, n’a pas pu rejoindre les salles, sa voiture ayant été bloquée. The Guardian de Londres justifie discrètement le procédé en expliquant que ce lien est aujourd’hui complètement discrédité.
Une jeune femme vêtue de blanc qui s’était couverte de faux sang et qui a surgi en hurlant « Nous ne voulons plus de vos avortements clandestins ! » a été arrêtée par la police.
Il est intéressant de noter les raisons pour lesquelles féministes, pro-avortements et des médias comme mamamia.com.au ont voulu faire taire le WCF. La liste est là. Ces idées défendues par WCF sont toutes présentées (de manière parfois terriblement tendancieuse du reste) comme de nature à « inquiéter » les lecteurs dans la mesure où des hommes politiques accepteraient de les « crédibiliser » et de leur donner une « approbation tacite » :
1. Baisse de la libido chez les femmes sous pilule, qui risquent davantage d’être victimes d’agression violente et de meurtre. 
2. Les femmes sous pilule ont plus de risques d’inceste. 
3. Les politiques socialies ne devraient pas promouvoir les familles monoparentales qui contribuent au délitement de la société. 
4. L’avortement, le divorce, les parents seuls et les LGBT portent la responsabilité de la promiscuité, des IST, de la pauvreté, du trafic d’être humains, de la violence à l’égard des femmes et des enfants. 
5. La pilule et d’autres formes de contraception peuvent tuer des femmes ; des femmes en sont mortes dans de nombreux pays. La pilule tue aussi des bébés. 
6. Il y a un lien entre l’avortement et le cancer du sein. 
7. La seule fin des relations sexuelles est la procréation et l’expression de l’amour entre mari et femme au sein de l’alliance conjugale. Toute autre activité sexuelle ne peut satisfaire l’esprit humain et conduits au remords, à l’aliénation et à la maladie. 
8. Les lois draconiennes de dénigrement de l’homosexualité de Poutine, qui envoient des LGBT russes en prison sont une « belle idée » que le reste du monde devrait adopter. La Russie est le sauveur chrétien du monde et Poutine empêche héroïquement les LGBT russes de corrompre les enfants. 
9. Toutes les formes de sexualité non-hétérosexuelle sont des péchés et les gays devraient être convertis à l’hétérosexualité au moyen de thérapies chrétiennes.
C’est un parfait catalogue des opinions interdites, des « déclarations à abhorrer », « homophobes », «  complètement fabriquées », qui sont aujourd’hui abhorrées par le plus grand nombre.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



20 août, 2014

Pour Mgr Luigi Negri, les lois anti-homophobes rappellent le fascisme

Mgr Negri revient à la charge, et insiste. Après avoir évoqué le lien entre les totalitarismes – tel le fascisme – et les lois pénalisant l'homophobie dans une interview à La Nuova Bussola (traduction intégrale ici chez Benoit-et-moi), l'évêque du diocèse italien de Ferrara-Comacchio a carrément expliqué que la proposition de loi anti-homophobe en cours le fait penser à une résurgence du fascisme et à la « noire époque de l'idéologie d'Etat » en Italie.

Il répondait cette fois aux questions de l'hebdomadaire Tempi.

La loi de pénalisation de l'homophobie, a-t-il expliqué, va introduire « pour la première fois depuis la fin du fascisme il y a 70 ans, un crime d'opinion évocateur des temps noirs et troublés, longtemps vaincus et que l'on a cru révolus, des idéologies d'Etat. Des temps où l'Etat identifiait des positions idéologiques qu'il imposait par la force, supprimant tous ceux qui n'étaient pas conformes. »

Voilà qui est intéressant : dans bien des pays, à commencer par la France qui est voisine de l'Italie, le délit d'homophobie existe depuis plusieurs années. La France est-elle donc un Etat fasciste ? La réponse s'impose d'elle-même.

« En prenant la défense d'un certain style de vie et de ses promoteurs, et spécialement ceux qui professent l'homosexualité en théorie et la pratiquent dans la société, l'Etat se rend coupable de discriminations graves et irréparable envers d'autres opinions et styles de vie », a déclaré Mgr Luigi Negri. « Notre peuple risque de perdre la liberté fondamentale d'expression, la liberté de ses choix, des options, du regard sur la vie et des conceptions de la vie qui forment le cœur de l'expérience des gens. »

Comme d'autres cardinaux et évêques en Italie, il pense que les prêtres et autres ecclésiastiques qui se bornent à citer simplement l'Ecriture sainte ou le Catéchisme de l'Eglise catholique « pourraient un jour être amenés devant les autorités ». Il n'a pas hésité à rappeler que plus de 100.000 chrétiens ont perdu la vie dans le monde ces trois dernières années par mépris de la liberté de conscience : une claire façon de faire un parallèle avec ce qui pourrait arriver si la dictature du relativisme devient plus pesante dans les temps à venir.

Source : LifeSiteNews.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



18 septembre, 2013

10 000 euros d’amende pour « entrave à l’IVG » !

Où l’on retrouve la « violence des chaussons »


Cet article a paru dans Présent du 18 septembre. Vous pouvez soutenir le seul quotidien qui ne transige jamais avec la culture de mort en profitant d'un abonnement parrainé (réservé aux nouveaux lecteurs ou au « revenants ») de six mois : 84 € (minimum) au lieu de 168. Abonnement possible par téléphone au 01 42 97 51 30.


Dans la salle d’audience de la 31e chambre correctionnelle de Paris, les juges se font attendre. En ce lundi après-midi, le Dr Dor attend sereinement son jugement : quoi qu’il arrive, c’est accepté d’avance.

A ses côtés, quelques amis de SOS Tout-petits. On bavarde. Xavier Dor se lève, fait trois pas dans la salle, s’approche d’une grande femme blonde qu’il salue : « Merci d’être venue ! » Elle sursaute, lui demande de partir : c’est Maya Surduts, militante de l’IVG, secrétaire générale de la CADAC (coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception), partie civile, et l’une des personnalités associées au Haut Conseil pour l’Egalité femmes-hommes et signataire de son récent rapport dénonçant les sites d’information sur l’avortement qui n’indiquent pas la marche à suivre pour avorter.

Non, ce Xavier Dor qui ne l’a pas reconnue, tant il y voit mal, elle ne veut même pas lui parler. « Ah, vous n’êtes pas de chez nous », constate-t-il étonné, sans savoir qui le renvoie aussi froidement. Ça, non alors ! Elle est du côté du manche, du pouvoir, de la loi d’exception qui protège l’avortement. Cette loi, les idéologues de la mort des tout-petits voudraient la voir empêcher toute femme  de se retrouver, un jour, au contact de quelqu’un qui la dissuaderait de commettre un geste sans appel. Maya Surduts a toute raison de croire qu’en ce procès pour « entrave à l’IVG », le Dr Dor sera condamné : le parquet n’avait-il pas réclamé 8 000 euros d’amende ?

En définitive, les trois juges – trois femmes – sont allées au-delà. Leur jugement fait dix pages, l’assesseur n’en lit que le dispositif : 10 000 euros d’amende pour avoir montré des chaussons à une femme dans la cage d’escalier menant au siège du Planning familial, rue Vivienne à Paris, et pour s’y être « introduit » par deux fois : quand on s’appelle Xavier Dor, il y a des lieux ouverts au public qui vous sont interdits.

Insupportables chaussons

Pour les trois associations parties civiles : la Coordination nationale du Mouvement français pour le planning familial et la Fédération du Mouvement français pour le planning familial, ainsi que la CADAC, ce sera 1 euro symbolique de dommages et intérêts, ainsi que 400 euros chacune au titre des frais de justice. La femme avec qui Xavier Dor avait parlé, le 26 juin 2012, dans l’escalier de l’immeuble où le Planning familial a son bureau et une consultation sans rendez-vous, s’est vu allouer 2 000 euros de dommages pour le « préjudice moral ». Car le Dr Dor lui avait remis « une médaille de la Vierge », il avait prié, c’est « perturbant », dit le jugement, « d’autant plus qu’elle est catholique ». Et puis il y avait les chaussons, ces insupportables chaussons qu’une femme cherchant à avorter ne devrait jamais voir. Les avocats du planning avaient souligné la « violence inouïe » de la rencontre du Dr Dor (qui n’y voit goutte, voûté et frêle) avec cette femme qui s’en allait chercher des conseils sur l’IVG. On dit « IVG », d’ailleurs, pour ne pas faire penser au petit d’homme qui perd la vie dans l’histoire.

Cette très lourde condamnation est un signal. Une mise en application de la loi Neiertz modifiée par Martine Aubry en 2001 afin de pénaliser les « pressions morales et psychologiques » visant à dissuader une femme d’avorter : aurait-on peur qu’elle soit si peu en train d’exercer « son choix, son droit » qu’elle ne doive entendre aucun argument contraire ? Quelle infantilisation ! Le fameux « délit d’entrave » était puni d’un maximum de 30 000 francs d’amende, c’est le seul qui soit passé à un montant égal en euros en 2001 : 30 000 euros soit 200 000 francs, rappellera Me Minvielle, l’avocat de Xavier Dor.

En revanche, le Dr Dor a été relaxé du délit d’entrave qui lui était reproché par l’APHP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) pour avoir en 2011 manifesté auprès de l’hôpital Saint-Vincent de Paul avec des images de fœtus démembrés. Reste au moins la liberté de manifester.

A la sortie de la salle d’audience, la satisfaction des pro-mort était mitigée. Maya Surduts expliquait à la presse qu’elle ne souhaitait pas voir un vieil homme comme le Dr Dor en prison, mais jugeait l’amende infligée à un « homme riche » alors que le Planning, comme chacun sait, tire le diable par la queue, incapable de le faire arrêter. La relaxe pour la manifestation de 2011 ? Cela ne la gênait pas, elle est pour la liberté d’expression et le droit de manifester devant les hôpitaux. Mais elle a tout de même appelé le procureur de la République, a-t-elle signalé avec indignation, pour l’avertir de ce que Xavier Dor avait « tout un programme » pour recommencer ses manifestations auprès des avortoirs.

Sa hargne s’explique peut-être un peu mieux lorsqu’on sait, elle ne s’en cache pas, qu’elle a elle-même avorté quatre fois…

J’ai échangé trois mots avec l’avocat du Planning, Me Claude Katz. Pour lui, le procès et l’amende n’auraient qu’une vertu, le « rappel à la loi », puisque Xavier Dor « continuera ». « Et quand la loi interdit l’avortement, c’est pareil ? Il faut la respecter ? » Me Katz se réfugie derrière la majorité d’élus qui ont voté la mort des tout-petits. Mais moi, je pense aux « 343 salopes » et à toutes celles qui ont tiré gloire d’avoir enfreint la loi pour imposer l’avortement…

Plus loin, le Dr Dor répond lui aussi à l’AFP, à France-Info, en des propos qui ne seront pas repris. Pensez : il a osé faire le parallèle entre l’avortement chimique, aujourd’hui la moitié des IVG, soit environ 300 des quelque 600 avortements par jour que connaît la France, et les gaz assassins utilisés en Syrie ; plus de 100 000 tués par an par RU-486. Il y aurait de quoi réveiller François Hollande, Obama et l’ONU – mais non, ils sont dans le camp des assassins…

Le Dr Dor entend faire appel.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



15 août, 2013

Ecosse : 45 000 euros d’amende pour diffamation homophobe

Une cour écossaise a condamné à une forte somme de dommages et intérêts – quelque 45.000 euros ! – David Shuttleton, pour avoir posté sur Twitter un message qualifiant une promotrice lesbienne du « mariage » homosexuel de « danger pour les enfants ».

L’antiquaire qui réside à Barrhead, près de Glasgow, avait été poursuivi pour diffamation par Jaye Richards-Hill qui est non seulement militante homosexuelles mais enseignante et conseillère du secrétaire écossais à l’Education Mike Russell.

Shuttleton est également, selon la presse, l’auteur de plusieurs messages au Premier ministre Alex Salmond et au vice-Premier ministre Nicola Sturgeon faisant état de sa préoccupation par rapport à la place occupée par Mme Richards-Hill dans les instances éducatives officielles écossaises.

L’énormité des dommages accordés résulte d’une application automatique de la loi, estime David Shuttleton, consécutive à des erreurs procédurales dans la présentation de sa défense : il entend faire appel de ce jugement par défaut, se disant confiant le voir réformé.

Il souligne cependant « le scandale absolu » du pouvoir accordé aux homosexuels au sein de la société : « C’est un abus absolument scandaleux de nos lois », a-t-il déclaré à la presse locale, qualifiant ceux qui montrent ainsi leur désaccord avec sa campagne anti-gay de « normalphobes ».

Au-delà d’un jugement aberrant par le montant des dommages accordés, il reste en effet la recevabilité de la procédure et le principe de protection légale du lobbying homosexuel qui autorisent la traque judiciaire de ceux qui ne sont pas d’accord. C’est la logique de la pénalisation de l’homophobie et il faut bien comprendre que toute la machinerie est en place.

Et si Shuttleton peut espérer voir sa condamnation judiciaire réduite ou même annulée, il est déjà condamné par la presse écossaise. Les médias le qualifient d’« imbécile égaré », de « sectaire », de « fou », de « chrétien fanatique homophobe raciste », tandis que Jaye Richards-Hill est présentée comme « parent et enseignante respectée », « militante de premier plan pour le droit au mariage des couples gays ».

Elle a selon la presse écossaise « épousée » sa partenaire lesbienne en Afrique du Sud, après avoir participé à une parodie de mariage avec la jeune femme lors d’une manifestation pour le « mariage » homosexuel devant le Parlement écossais l’an dernier.




06 août, 2013

Manif pour tous en Italie contre la loi anti-homophobe liberticide

L’Italie, après une tentative avortée en 2009, s’apprête une nouvelle fois à se doter d’une loi « anti-homophobe ». Mais les promoteurs du texte se heurtent à une opposition ferme et argumentée de la part des médias conservateurs – y compris Avvenire, le quotidien officiel de l’épiscopat, qui parle carrément de « blitz » ou de guerre furtive éclair pour qualifier l’introduction du texte devant la chambre basse au creux de l’été.

Malgré les vacances quelque 400 personnes (selon la presse) brandissant des drapeaux de la « Manif pour tous Italia » qui revendique des liens étroits avec la Manif pour tous française ont manifesté à proximité de l’Assemblée italienne lundi soir à Rome pour dénoncer le flou du texte qui en fait, selon Il Tempo, une « loi bâillon » qui aurait pour effet d’empêcher toute critique raisonnée du « mariage » des homosexuels et de l’adoption par des couples homosexuelles. Six mois à 4 ans de prison : voilà le tarif qui pourrait s’appliquer à ceux qui continueraient de définir le mariage comme l’union entre un homme et une femme et à revendiquer le droit pour l’enfant d’avoir un père et une mère.

Pour Gianfranco Pillepich, porte-parole de l’association italienne qui revendique son caractère apolitique et aconfessionnel, affirme que son hostilité à la loi anti-homophobe et anti-transphobe s’accompagne d’une « ferme condamnation de tout acte d’humiliation, de dérision ou de violence physique ou verbale par rapport aux personnes ayant des tendances homosexuelles », ce qui n’est pas contradictoire, dit-il, avec la suite : « Nous voulons voir garanti le droits des enfants d’avoir un père et une mère naturels, tous deux nécessaires pour un sain et complet développement de leur personnalité. »

« Le peuple italien est contre la violation de la dignité de tout être humain tout comme il est opposé à la privation de la liberté de penser. Il n’a été donné au gouvernement aucun chèque en blanc pour transformer profondément notre société sans demander la permission aux citoyens italiens », a-t-il poursuivi.

La manifestation s’est achevée sur une prise de rendez-vous : la grande manifestation qui en septembre aura lieu au moment du vote au Parlement de la proposition de loi Scalfarotto-Leone « contre l’homophobie et la transphobie ».

Plus précis dans leur dénonciation de l’ajout de ces termes à la loi italienne « antiraciste » existante, de nombreux médias italiens ont commenté l’initiative en dénonçant son inscription à l’ordre du jour de manière à obtenir un débat « semi-clandestin », en présence de moins de 30 députés et même 20 en fin de séance, comme l’écrit Angelo Picariello dans Avvenire. Il parle de « risques fondés » de craindre la mise en place d’un « odieux délit d’opinion » visant la demande d’une garantie constitutionnelle de la définition de la famille ou « l’énonciation de la doctrine chrétienne » – qui souligne, rappelons-le, le caractère « désordonné » de la tendance et le caractère peccamineux de l’acte homosexuel.

Il déplore l’absence d’introduction d’une quelconque « clause de sauvegarde » qui protège l’affirmation de ces vérités et même si des amendements ont été apportés au texte pour en ôter les mentions de « l’identité de genre » ou des « rôles de genre ». Une position que partage Gianfranco Amato, le président des Giuristi per la Vita, et qu’il a fait connaître aux parlementaires dans une lettre datée du 28 juillet : « La loi risque de créer une sorte de “crime judiciaire” » en introduisant des termes mal définis au sein d’une loi existante.

Notez que cela n’a jamais empêché l’adoption en France d’une loi similaire, et que tous les outils sont ici en place pour poursuivre « l’homophobie ».

Les mises en garde de la presse annoncent la « persécution » ou sa possibilité à tout le moins à l’égard des associations religieuses ou des clercs qui dénonceraient publiquement l’acte homosexuel comme un péché, se fondant entre autres sur les tendances que l’on observe actuellement au Royaume-Uni où, au nom de l’égalité et de la non-discrimination, de telles opinions ont déjà provoqué des poursuites et des pertes d’emploi, avec, dans ce dernier cas, devrait-on ajouter, de la Cour européenne des droits de l’homme. Bientôt un délit, le fait de lire publiquement certains textes de l’Ecriture sainte condamnant les actes homosexuels ?

Hilary White de LifeSiteNews fait état des pressions de lobbies internationaux pour faire passer le texte : « Amnesty International Italia a écrit la semaine dernière à tous les députés leur demandant d’“assurer que l’orientation sexuelle et l’identité de genre soient incluses dans la liste des discriminations poursuivies. »

En même temps les associations homosexuelles se plaignent que par le jeu des amendements, le texte ait été privé de son acuité : dans sa mouture initiale, l’article 4 de la loi prévoyait même une « rééducation » des condamnés pour délits « homophobes ou transphobes » à l’issue de leur peine de prison. Le texte amendé prévoit tout de même des travaux d’intérêt général s’ajoutant à la sentence, ces travaux pouvant s’effectuer dans des associations de protection des homosexuels et des transsexuels. Et il prévoit des peines allant jusqu’à quatre ans pour quiconque participe à des associations critiquant l’homosexualité, précise Hilary White.

Dans un précédent article, elle citait des juristes et professeurs de droit pour qui l’introcution d’une loi anti-homophobe est à l’évidence un pas vers la légalisation de l’union civile, voire du « mariage » des homosexuels. Ainsi le Pr Mauro Ronco, qui enseigne le droit à l’université de Padoue, s’est-il exprimé dans La Nuova Bussola pour noter l’influence que pourra exercer sur l’interprétation de la loi la récente décision de la Cour suprême des Etats-Unis pour qui le fait de refuser le « mariage » de deux homosexuels constitue une discrimination à raison de l’identité de genre : « La loi ouvre le chemin d’une approbation morale autoritaire (de l’homosexualité), faisant du relativisme éthique de paramètre légal indiscutable. »

La précédente tentative de qualification pénale de l’homophobie avait capoté en 2009 au Parlement italien qui avait retenu le caractère inconstitutionnel d’un tel délit ; mais depuis de l’eau a coulé sous les ponts et l’adoption des lois sur le « mariage » en France et au Royaume-Uni rendent la résistance de plus en plus malaisée.

Une première manifestation contre la loi italienne avait eu lieu le 25 juillet, s’attirant des critiques acerbes sur le « Plus » du Nouvel Obs.

Nouvelles de France a évoqué le texte de loi italien ici, jugeant cependant « légitimes » les « redéfinitions des peines prévues pour violence ou discrimination à l’encontre des personnes homosexuelles ». C’est oublier, me semble-t-il, que les lois antiracistes quelles qu’elles soient ont toujours été et continuent d’être des outils judiciaires qui n'ont pas pour premier but de protéger les personnes – elles le sont déjà à travers la loi commune – mais en créant des circonstances aggravantes qui ont pour objectif d'empêcher toute forme de hiérarchisation des valeurs, que ce soit à travers la préférence nationale, le jugement sur les cultures, la discrimination en ce qu’elle a de légitime.

Ou comme le dit Giulio Meotti dans Il Foglio, en dénonçant « le cœur du mensonge gay », de telles lois ne sont pas faites pour protéger les individus « mais pour imposer un nouveau dogme odieux et totalitaire, à travers le « nouveau grand délit idéologique de notre temps ».

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



04 juin, 2013

Avis à Manuel Valls !

5.000 euros pour le dommage moral produit par des mauvais traitements policiers lors d'une manifestation illégale, et la reconnaissance de la violation de la Convention européenne des droits de l'homme : c'est ce que la Cour européenne des droits de l'homme vient d'accorder à une femme qui avait été malmenée par les forces de l'ordre lors d'un rassemblement le 16 mars 2004. Plusieurs motifs sont invoqués : le devoir pour les Etats parties à la Convention de respecter la liberté d'expression et le droit de rassemblement des citoyens, le fait qu'une nombreuse présence policière est de soi de nature à préserver l'ordre public dans ce cas, et même le devoir de l'Etat d'assurer positivement la possibilité pour les citoyens de manifester ainsi leur opinion.

Autant de considérations que Manuel Valls pourrait très utilement méditer par les temps qui courent, où les gardes à vues, les contrôles d'identité abusifs ou abusivement mises en œuvre et autres vexations et interdits tombent quotidiennement ceux qui expriment leur désaccord avec la loi Taubira.

Mais – au moment même où la grande presse apporte son évident soutien aux manifestations turques contre le pouvoir « islamo-conservateur », comme ils disent, et découvre à Istanbul des matraques qu'il perçoit à peine à Paris – il se trouve que cet arrêt de la CEDH vise la Turquie. Pour la France, il faudra attendre.

La requérante est une ressortissante turque, Güllü Özalp Ulusoy, qui avait participé sur la place Beyazıt à Istanbul à une manifestation de mouvements d'extrême gauche venue commémorer des « assassinats perpétrés en Syrie, commémorer les victimes du massacre d’ Halabja commis en 1988 et les victimes de l’explosion du 16 mars 1978 ». De nombreux étudiants y participaient. Scénario classique : les forces de l'ordre indiquent que la manifestation est illégale, somment les participants de partir (non sans les avoir copieusement fouillés à l'arrivée, ce qui indique selon la Cour que les autorités étaient parfaitement averties et bien préparées à maintenir l'ordre s'il le fallait), annoncent l'usage de la force, puis chargent.

C'est un scénario que les juges européens n'ont pas apprécié.

D'autant que Mme Ulusoy a fait une fausse couche 10 jours après avoir été frappée et piétinée par la police, ainsi qu'elle l'affirme.

La Cour a donc examiné les « traitements inhumains ou dégradants » allégués, assurant que l'enquête judiciaire turque avait été insuffisante à cet égard, et aussi le respect de l'article 11 de la Convention : 
1.  Toute personne a droit à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, y compris le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts. 
2.  L’exercice de ces droits ne peut faire l’objet d’autres restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui.
En l'espèce, la Cour déduit du contexte le fait que la manifestation avait bien été notifiée aux pouvoirs publics et ajoute :
« Il est important que les pouvoirs publics fassent preuve d’une certaine tolérance envers les rassemblements pacifiques, afin que la liberté de réunion garantie par l’article 11 de la Convention ne soit pas privée de tout contenu (Disk et Kesk c. Turquie). »
Savourons aussi la suite :

77. En l’espèce, il ressort des documents produits par les parties que les manifestants, qui s’étaient réunis pour attirer l’attention du public sur une question d’actualité – à savoir la commémoration de l’explosion du 16 mars 1978 qui a tué sept étudiants devant la faculté de pharmacie d’Istanbul et de l’utilisation d’armes chimiques à Halabja le 16 mars 1988 –, ne menaçaient nullement l’ordre public mais risquaient tout au plus de perturber la circulation. A cet égard, la Cour rappelle sa jurisprudence selon laquelle toute manifestation dans un lieu public est susceptible de causer un certain désordre dans le déroulement de la vie quotidienne et de susciter des réactions hostiles, situation qui ne justifie pas en soi une atteinte à la liberté de réunion (Berladir et autres c. Russie, no 34202/06, §§ 38-43, 10 juillet 2012). Dans ces conditions, la Cour n’est pas convaincue par l’argument du gouvernement défendeur selon lequel l’ingérence litigieuse visait à garantir la circulation dans une artère principale très fréquentée. Elle relève en particulier que les autorités nationales se sont empressées de mettre fin à la manifestation en plaçant en garde à vue ceux qui y participaient ou en les rouant de coups, pratique dont la requérante a été victime (voir Oya Ataman c. Turquie, no 74552/01, § 41, CEDH 2006‑XIII, et, a contrario, Éva Molnár c. Hongrie, no 10346/05, § 42, 7 octobre 2008). 
78.  En conséquence, la Cour estime qu’en intervenant brutalement contre les manifestants au nombre desquels figurait la requérante, la police a eu recours à une force disproportionnée et qu’elle a empêché le déroulement d’une manifestation au cours de laquelle une déclaration à l’intention de presse devait être prononcée. Elle considère que pareille intervention n’était pas nécessaire à la défense de l’ordre public, au sens du deuxième paragraphe de l’article 11 de la Convention. 
79.  En conséquence, la Cour conclut à la violation de l’article 11 de la Convention.

 P.S. S'agit -il de cette Güllü Özalp Ulusoy, actrice et cinéaste ? Je n'ai pas réussi à vérifier…




• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



30 avril, 2013

Royaume-Uni : licencié pour avoir appelé l'homosexualité un “péché”

Robert Haye
Un professeur de sciences qui a été interdit d'enseigner pour avoir déclaré en classe que l'activité homosexuelle constitue un “péché” a perdu son recours devant la Haute Cour de Londres. Robert Haye, 43 ans, n'avait pourtant fait que répondre à la question d'un de ses élèves du secondaire à la Deptford Green School en Angleterre ; on suppose que le jeune homme s'est empressé de dénoncer son professeur pour « homophobie ». C'est en tout cas un enseignant assistant qui est allé se plaindre à la direction. Une campagne sur Facebook a suivi…

D'emblée, Robert Haye a été écarté de toute activité enseignante par l'Agence de l'enseignement pendant une durée indéfinie. La sanction a été confirmée par le ministre de l'Education britannique, Michael Gove.

La Haute Cour, invitée pour la première fois à connaître d'un tel type d'affaire, a refusé de donner raison au professeur en assurant que sa réponse avait été « inappropriée » et qu'il s'était rendu coupable d'une conduite professionnelle inacceptable. Le juge King a souligné que l'école où enseignait Robert Haye avait un cahier des charges obligeant les professeurs à « fournir des informations positives sur l'homosexualité » en vue de « permettre aux élèves de récuser les stéréotypes négatifs et les préjugés ».

L'avocat de l'enseignant eut beau signaler que les croyances religieuses et la liberté d'expression de son client étaient ainsi mises à mal, le juge y a opposé le fait que cette politique de l'école fait partie des « valeurs britanniques modernes de tolérance ». L'enseignant va pouvoir cependant pouvoir demander à reprendre un poste devant une classe dans deux ans.

Robert Haye est un adventiste du Septième jour, et à ce titre il a également expliqué à ses élèves que les chrétiens qui sanctifient le dimanche rendent un culte au démon dans leurs temples et églises, mais cela n'a jamais dérangé personne. Ce sont les opinions obligatoires sur l'activité homosexuelle qui reçoivent la protection des tribunaux.

« Je ne renierai pas ce que crois. Dieu premier servi », a déclaré Robert Haye qui pense devoir abandonner sa carrière d'enseignant au Royaume-Uni : car en cas de retour devant les élèves, il devra faire amende honorable pour son « homophobie » en démontrant qu'il est prêt à comprendre la nécessité pour les professeurs de « promouvoir la tolérance et le respect pour les droits, les religions et les croyances d'autrui ». « Les chrétiens sont aujourd'hui persécutés dans ce pays parce qu'ils croient en la Bible », s'est-il indigné. Actuellement au chômage,  Robert Haye doit quelque 4.200 livres pour ses frais de justice.

Le responsable de l'Agence de l'enseignement, Alan Meyrick, l'avait bien résumé à l'audience :

« Partager vos opinions avec des élèves n'était ni responsable ni approprié. Vous avez des croyances fortes et sincères qui ne sont pas fondamentalement incompatibles avec l'enseignement. Cependant, l'expression de ces opinions, de cette manière, n'est tout simplement pas appropriée pour un professeur travaillant au sein du système anglais d'éducation qui réunit des jeunes de sexualités, d'origines et de croyances diverses. »

C'est la dictature du relativisme identifiée par Benoît XVI…

Et largement partagée par la presse britannique qui parle du professeur « homophobe 7.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...