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10 septembre, 2020

Paganisme dans l’Eglise: chants et danse aborigènes lors de l’ordination d’un diacre permanent en Australie

Flanqué de sa femme, Bee, un aborigène australien, Philip Butler, a ouvert la messe d’ordination d'un diacre permanent en Australie par des chants et une danse d’invocation des esprits, avant de participer à la procession d’aspersion des fidèles à la demande de l'évêque local.

Les faits se sont déroulés le 28 août au soir en la paroisse Sainte-Marie Etoile de la mer dans la paroisse de Milton dans le New South Wales. Philip Butler était couvert de peintures rituelles, torse nu, simplement vêtu d'un pagne rouge, tandis que sa femme, portait jeans et haut occidental. Elle a participé à la cérémonie en reprenant le chant aux esprits lancé par son mari, pendant que celui-ci dansait devant l’autel en frappant rythmiquement des boomerangs et autres artéfacts.

Cette intrusion d'un rituel aborigène au paganisme assumé a pris la forme de ce qu’on appelle en Australie la « bienvenue au pays », à savoir une séquence par laquelle un représentant reconnu des « peuples premiers » marque l'accueil des nouveau-venus sur son territoire pour quelque événement officiel. Au cours d'une telle cérémonie, les esprits sont invoqués pour garder les visiteurs « sains et saufs » : en l'occurrence, ce furent l’air, la terre et l’océan, ainsi que les esprits d’oiseaux et d’autres animaux, en un paganisme assumé.


   


Le Welcome to country constitue en ce sens à la fois un rappel des droits des autochtones face aux colonisateurs mais aussi un rituel païen à part entière, même si l'authenticité en est discutable, à tel point que nombre d'Australiens et voit le summum du politiquement correct dans tout ce qu'il a de plus factice. Les premiers Welcome to country tels qu'ils existent aujourd'hui ne remontent pas plus loin que 1976 et les chants et invocations semblent avoir été taillées sur mesure à l'époque, notamment à des fins touristiques. 

Cependant, le rituel existait bien parmi les aborigènes en Australie et servait lors des déplacements des tribus ou de leurs représentants qui étaient ainsi accueillis dans des tribus voisines. 

L'intrusion d'une telle cérémonie païenne dans une messe catholique, et qui plus est dans une messe d'ordination d'un diacre marié permanent, est tout un symbole. En l’occurrence, c’est Philip Butler qui, en accomplissant un premier geste rituel parfaitement intégré dans l’ensemble, a donné le ton, alors même que ni le futur diacre, Justin Stanwix, ni l'assemblée majoritairement composée de Blancs du troisième âge dans quelque lien que ce soit avec ces peuplades et leurs invocations des esprits.

Précisons que les saintes espèces étaient présentes dans le tabernacle pendant les chants et la danse.

Lorsque la messe a commencé, Mgr Brian Mascord du diocèse de Wollongong a invité Butler à le suivre immédiatement dans la procession d'aspersion des fidèles – tous masqués, bien sûr, contrairement à l’évêque et au shaman. Tandis que le prélat aspergeait chaque membre de l’assemblée d'eau bénite, Butler suivait avec un panier rempli de brindilles fumantes qu'il passait devant leurs visages. Selon les croyances des autochtones australiens, la fumée émise par certaines plantes chasse les esprits mauvais.

Joint par Dorothy Cummings Maclean de LifeSite, Mgr Mascord a précisé par courriel que le Welcome to country n'est pas un rite religieux, mais un rite culturel de « respect et d'accueil des visiteurs au pays des Propriétaires Traditionnels ». « Cela a fait parti des cultures des aborigènes et de Torres Strait Island pendant des dizaines de milliers d’années. Des éléments essentiels de l'accueil des visiteurs et de l'offre d'un sauf-conduit restent en place jusqu'à aujourd’hui. » Et d’ajouter qu’un tel rituel avait accueilli à la fois Jean-Paul II et Benoît XVI lors de leur visite en Australie – ce qui n'excuse rien. Mais on peut observer que ce n'était pas avec un même degré de gravité puisqu'il ne s'agissait pas d'un rituel intégré dans une messe catholique.

Il reste aussi à comprendre comment un rite d'invocation des esprits pourrait ne pas être un rite religieux. Dans sa Première Lettre aux Corinthiens, saint Paul précise : « Je dis que les sacrifices des païens sont offerts aux démons, et non à Dieu, et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. »

Dorothy Cummings Maclean a précisé dans l'article qu'elle a consacré à ce scandale qu'en décembre dernier, un festival de la jeunesse catholique organisée par la conférence épiscopale australienne s'était aussi ouvert sur une cérémonie aborigène de bienvenue au pays. Le chaman, Sean, avait clairement mis en évidence le caractère panthéiste de l'événement, affirmant que dans sa terre, la « terre mère », tout est lié et interconnecté. Et de chanter : « Mauvais esprit, va-t’en, nous n'avons pas besoin de toi maintenant… Bon esprit, viens t’asseoir, non dans l'air mais sur notre peau… Et quand tu sens la chair de poule traverser ton corps, on espère en passant de l'un à l'autre, ce sont les anciens qui dansent avec ton esprit d'enfant à l'intérieur. Tout naît avec un esprit qui nous unit instantanément. »

Voilà pour la philosophie de la chose. elle trouve à l'évidence sa source et sa justification dans les cérémonies de la Pachamama à Rome lors du synode sur l’Amazonie.

Mais revenons à Milton et à la messe d’ordination de Justin Stanwix. Le film complet de la cérémonie a été mis en ligne sur la chaîne YouTube de la paroisse. On peut notamment y entendre l'un des chants qui ont ponctué l’office : Seigneur, enseigne-nous ta décroissance.

Quant au nouveau diacre, il s'est adressé à tous à la fin de la messe à la fois pour remercier chacun et pour donner une petite exhortation diaconale. Se réjouissant de ce que le pape François vienne d'annoncer un synode des évêques sur la synodalité, Justin Stanwix a expliqué qu'il s'était senti comme saint François d'Assise appelé à réparer l’Eglise. Il travaillera, a-t-il annoncé, à l'émancipation des femmes, et il ce préoccupera tout spécialement des « personnes qui se sentent déconnectées, qu'il ne se sentent pas les bienvenues pour venir recevoir le corps et le sang du Christ ».

Stanwix a même eu les honneurs de La Croix International le 25 juillet, un mois avant son ordination diaconale. C'est en tant que « liturgiste paroissial » qu'il a commenté la situation post-COVID en dénonçant l'habitude prise de suivre la messe par les réseaux sociaux et les écrans interposés. S'il a bien fait remarquer qu'il ne s'agit pas là d'une véritable assistance au « sacrifice de l’Agneau de Dieu, réellement présent », il a aussi dénoncé la « raideur » d'une messe en ligne. « Bien pire, elle permet aux spectateurs de retourner ou de demeurer dans un contexte d'avant Vatican II », a-t-il écrit, dénonçant la forme ancienne de la liturgie qui avait permis selon lui de « faire naître de mauvaises habitudes » du fait de l'échec de l'Eglise à tenir compte des besoins des fidèles, notamment à travers une « architecture inappropriée » – ça ne s'invente pas.

L’ordination paganisée de Justin Stanwix n’est pas une première. Le 15 mars dernier, dans la province brésilienne occidentale d’Amazonia, un membre de la tribu Ticuna était lui aussi ordonné diacre permanent marié, au cours d'une cérémonie entrelardée de symboles et de rituels autochtones. Aux éléments végétaux et animaux s'ajoutaient les chants et les danses, tandis que la population locale réalisait une espèce d'adaptation de la cérémonie traditionnelle du passage à l'âge adulte des jeunes filles, cruelle tradition par laquelle elles sont mises à l'isolement pendant des semaines et même des mois au début de la puberté, avant que les jeunes hommes de la tribu n'effectuent une danse de la fertilité autour d'elle, déguisés en démons. Seule une danse réalisée avec les instruments et décorations utilisées pour ce ce rite de passage avaient eu lieu dans le diocèse d’Alto Simões.

S’y étaient ajoutés d’autres symbole et rituels païens, comme l'utilisation d'une couverture ronde posée par terre comme symbole de la protection contre toutes les forces de la nature. L’ordinand, Pereira Angelo, c'était prostré sur ce tapis indigène en même temps qu'une autre couverture ronde munie de symboles d'animaux, du soleil et de la Lune, était brandit pour signifier la protection face aux forces de la nature. A cette occasion, Mgr Adolfo Zon Pereira avait indiqué qu'il voulait particulièrement suivre l'appel du pape François à édifier une Eglise avec un visage amazonien. L'événement avait été repris et commenté avec admiration sur Vatican News.

J’en avais fait un long commentaire que l’on peut lire ici (en anglais).

L’événement similaire qui s'est déroulé fin août en Australie montre que le « visage amazonien » de l'Eglise obéit à sa propre forme de mondialisme, puisqu'il suffit d'être autochtone, issu des « peuples premiers », d'Amazonie, d'Australie et peut-être, demain, d'ailleurs, pour s'inscrire dans ce mouvement de paganisation et de panthéisation assumées.


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02 septembre, 2020

Australie : une femme enceinte arrêtée devant ses enfants pour avoir annoncé une manif anti-confinement COVID-19

Une femme enceinte de 28 ans a été arrêtée à son domicile en Australie pour avoir participé à l'organisation d'une « Journée de la liberté » contre les mesures anti-COVID-19 à Ballarat, au nord-ouest de Melbourne dans le Victoria. La manifestation du 5 septembre devait se dérouler de manière paisible, dans le respect des règles de « distanciation sociale » et du port du masque, pour protester contre le confinement en cours dans l'Etat australien.

Zoe Buhler, qui signe Zoe Lee sur les réseaux sociaux, a vu débarquer 4 enquêteurs de police dans son domicile avant d'être informée de ses droits (!) et menottée devant ses deux enfants et son compagnon, qui a filmé la scène.

Ne comprenant visiblement pas pourquoi elle était traitée comme une criminelle, Zoe Buhler n'a cessé de demander des explications, répétant : « C'est ridicule » et ajoutant qu'elle était enceinte et qu'elle avait un rendez-vous d'échographie une heure plus tard. La police lui a simplement annoncé qu'elle avait bel et bien violé à la loi en participant à un événement mettant en cause les mesures sanitaires en vigueur.




Zoe Buhler a été embarquée au poste ce 2 septembre en pyjama, sous les yeux de ses enfants, et n'a pu retourner à la maison qu'après paiement d'une caution. Elle avait pourtant proposé d'effacer son message Facebook sous les yeux de la police, qui n 'a rien voulu savoir. Elle devrait être jugée le 25 janvier prochain et encourt 20.000 dollars d'amende.

L'Australie compte à ce jour 663 décès pour 25 millions d'habitants, l'épidémie ayant démarré en mars dernier. Elle a donné lieu à quelque 26.000 contaminations et à près de 22.000 guérisons déclarées. La mortalité est de 2,65 pour 100.000 habitants (à comparer avec 45,78 morts attribuées au coronavirus pour 100.000 habitants en France).



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07 avril, 2020

Le cardinal Pell acquitté à l’unanimité par la Haute Cour d’Australie, il est libre ! (Analyse)

Le cardinal George Pell a enfin obtenu justice. Après 14 mois passés en prison à Melbourne, Australie, il a été immédiatement libéré à 12 h 30, heure locale, et conduit dans une maison religieuse, visiblement fatigué, les traits marqués. Les sept juges de la Haute Cour d’Australie – sise à Canberra – ont jugé à l’unanimité que le cardinal George Pell n’aurait pas dû être condamné pour agressions sexuelles sur mineurs sur la foi des témoignages qui ont conduit aux verdicts de culpabilité à son égard.

Le communiqué de la Haute Cour indique que le jury de la cour d’appel de Melbourne aurait dû, en « agissant rationnellement au vu de l’ensemble des preuves », retenir le doute quant aux accusations. La Haute Cour a « ordonné que les condamnations soient annulées et que des verdicts d’acquittement soient prononcés à leur place »

La décision, extraordinaire au vu de la pratique judiciaire australienne, témoigne dans sa radicalité de la mesure de l’injustice dont le cardinal Pell fut victime. On savait depuis le début de cette affaire que les accusations le concernant étaient des plus invraisemblables. Il s’est trouvé pris dans les filets d’une sorte de machination appuyée sur la mécanique d’un appareil judiciaire avide de le condamner.

Il est rare qu’une affaire criminelle passe la barre du réexamen par la Haute Cour. en matière d’agression sexuelle sur mineur, il est même rarissime que celle-ci accepte de se pencher sur une condamnation par les juridictions inférieures. La Haute cour de Melbourne l’a pourtant fait. Elle aurait pu dès lors décider que le droit avait été bien appliqué, en rejetant la demande du cardinal. Elle aurait pu aussi renvoyer l’affaire devant une autre cour d’appel. Mais elle a choisi, et ce en un mois à peine après avoir entendu les arguments de la défense, de l’acquitter purement et simplement. Un tel désaveu de l’ensemble des juridictions inférieures, nous disait-on avant l’annonce de sa décision, serait inouï. Mais voilà : c’est fait.

Et l’Alléluia que lancera le cardinal en cette nuit de Pâques qui approche sera sans aucun doute le plus beau de sa vie, lui qui depuis des mois est privé même de la possibilité de célébrer la messe.
Le jugement de la Haute Cour expose l’ensemble de l’affaire en  rappelant d’emblée qu’elle reposait sur le témoignage de deux enfants de chœur qui affirmaient avoir été sexuellement agressés  à une date indéterminée entre le 1er juillet et le 31 décembre 1996. Il rappelle que l’un des accusateurs est mort avant que l’affaire ne vienne devant la justice mais qu’il avait eu le temps de répondre à sa mère n’avoir jamais en réalité été victime d’attouchements de la part du prélat.

Un premier procès n’avait pas abouti, faute d’accord du jury. L’affaire avais alors été rejugée dans une ambiance médiatiquement survoltée, et quasi totalement à charge contre le cardinal George Pell.
On a même pu voir en ligne les images de son premier interrogatoire qui le montrent stupéfait de se voir accuser d’avoir « violé » un enfant de chœur à la suite d’une messe solennelle, portant toujours les ornements liturgiques, dans une sacristie qui au moment où les faits auraient eu lieu eût nécessairement été pleine de monde. Le crime qu’on lui reprochait était matériellement impossible.

Cette impossibilité a été constamment plaidé par les défenseurs du cardinal, mais selon les juridictions inférieures, cette argumentation n’était pas suffisante pour justifier qu’un doute puisse exister sur la culpabilité. La Haute Cour, à l’inverse, s’est intéressée de près à la configuration des lieux où le crime aurait eu lieu : la cathédrale de Melbourne et l’ensemble de sacristies et d’autres pièces se trouvant à proximité du chœur. Elle a également tenu compte avec une grande précision de la manière dont le cardinal était vêtu pour célébrer la messe.

Les juges de la Haute Cour notent également que le procureur a demandé et obtenu la possibilité d’interroger les multiples témoins habituellement présents lors de telles célébrations avant le procès lui-même, dans la mesure où il craignait, selon la Haute Cour, que ces témoignages ne fussent défavorables à la thèse de la culpabilité. Ces témoins ont notamment affirmé avec force qu’il n’était pas conforme à la pratique constante que George Pell ait pu rentrer seul dans la cathédrale pour aller se dévêtir à la sacristie. Mais il était clair néanmoins que le maître de chœur ou le sacristain étaient toujours avec lui à l'issue des célébrations : ils l'ont affirmé.

Ces témoignages ayant été procéduralement minimisés, l’on aboutit à des  condamnation fondées sur l’idée qu’il existait une « possibilité réaliste » que les agressions avaient eu lieu.

Ils montrent aussi que la cour d’appel, en se laissant convaincre par la force et la crédibilité du témoignage du seul accusateur survivant dans cette affaire, n’ont pas tenu compte des éléments concrets apportés par la défense et qui étaient de nature à justifier le doute quant à ce témoignage. Tous s’est joué sur l’idée qu’il y avait une possibilité que l’accusateur du cardinal Pell eût raison, conduisant à un verdict  de culpabilité pris à deux contre un, le troisième juge s’en désolidarisant de manière spectaculaire.

Le jugement de la Haute Cour souligne encore l’imprécision des dates, l’impossibilité pour le cardinal Pell de pouvoir apporter des preuves plus de vingt ans après les faits, et le refus des juges de tenir compte de témoignages qui soulevaient de « vifs doutes » quant à la possibilité que les accusations contre le cardinal fussent vraies, simplement  parce que ces témoignages relataient des faits habituels et non précis.

C’est le leitmotiv de la décision : sans cesse, les juges qui ont condamné le cardinal Pell ont refusé de prendre en compte le très sérieux doute quant à la véracité des accusations d’un homme seul, doute qu’imposaient les multiples témoignages des autres participants aux cérémonies auxquelles participait celui qui était alors archevêque de Melbourne, mais aussi la configuration des lieux, le déroulement habituel des cérémonies liturgiques, la manière dont le George Pell était vêtu et le fait qu’il n’aurait pas pu commettre les agressions dont un homme l’accusait sans être vu par les nombreuses personnes habituellement présentes dans les lieux où elles étaient supposées avoir été commises.

Toutes choses que l’on savait dès le début de cette affaire…

Le cardinal Pell, 78 ans, qui faisait partie du conseil rapproché du pape François, chargé particulièrement des affaires économiques en tant que Secrétaire à l’Economie – et qui venait de témoigner de nombreuses irrégularités dans les comptes du Vatican – est rentré en Australie dès qu’il a été formellement accusé afin de pouvoir répondre à la justice et assurer sa défense. On ne peut pas dire que le Vatican lui ait alors signifié un soutien manifeste.

Certains pensent qu’il s’opposait notamment à un emprunt de 50 millions d’euros pour financer l’achat par le Vatican d’une clinique à Rome entourée d’un parfum de scandale financier impliquant le pape François lui-même.

Jugé coupable par les juridictions inférieures, il a fait l’objet d’un traitement exceptionnellement dur de la part des autorités australiennes, se voyant priver de la possibilité de célébrer la messe en prison ; il fut même transféré dans un établissement de haute sécurité, à l’isolement, bénéficiant seulement d’une heure par jour de promenade surveillée en dehors de sa cellule.

Le voici libre.

Son premier souci a été de dire qu’il ne gardait pas rancune envers son accusateur.

Voici son communiqué (ma traduction) :

J’ai toujours clamé mon innocence alors que je souffrais d’une grave injustice. 
Il y a été remédié aujourd’hui par la décision unanime de la Haute Cour. 
J’ai hâte de lire en détail le jugement et les motifs de la décision. 
Je n’ai aucune rancune envers mon accusateur, je ne veux pas que mon acquittement ajoute à la douleur et à l’amertume ressenties par un grand nombre ; il y a certainement déjà eu suffisamment de douleur et d’amertume. 
Toutefois, mon procès n’était pas un référendum sur l’Église catholique, ni sur la manière dont les autorités ecclésiastiques australiennes ont traité les crimes de lac pédophilie au sein de l’Église. 
La question était de savoir si j’avais commis ces crimes horribles : je ne les ai pas commis. 
Le seul fondement qui permette une guérison à long terme est la vérité et le seul fondement de la justice est la vérité, car la justice signifie la vérité pour tous. 
Un merci tout particulier pour toutes les prières et les milliers de lettres de soutien reçues. 
Je tiens à remercier en particulier ma famille pour son amour et son soutien et pour ce qu’elle a dû endurer ; ma petite équipe de conseillers ; ceux qui ont parlé en ma faveur et qui ont souffert en conséquence ; et tous mes amis et sympathisants ici et à l’étranger. 
Je remercie également toute mon équipe juridique pour sa détermination inébranlable à faire triompher la justice, à faire la lumière sur une obscurité fabriquée, et à révéler la vérité. 
Enfin, je suis au courant de la crise sanitaire actuelle. Je prie pour toutes les personnes touchées et pour notre personnel médical de première ligne. 
Cardinal George Pell


© Photo : Olivier Figueras.

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01 janvier, 2015

Australie : vers la contraception obligatoire pour les « assistés » ?

Un ancien ministre travailliste australien, Gary Johns, a proposé dans une tribune publiée par The Australian de réserver les allocations de chômage, desolidarité et autres aides sociales aux personnes qui apportent la preuve qu’elles utilisent une forme de contraception, afin que les contribuables n’aient pas à supporter les frais de l’arrivée de nouveaux enfants dans ces foyers.
« Il ne doit pas y avoir d’encouragement de la part des contribuables à avoir des enfants. Les parents potentiels pauvres, sans formation ou délinquants choisissent d’avoir des enfants. Qu’il en soit ainsi. Mais personne ne doit devenir parent alors qu’il reçois des allocations sociales. Certaines familles, certaines communautés, certaines cultures engendrent les affrontements. Les gouvernements n’arrivent pas toujours à les régler. La contraception obligatoire pour ceux qui reçoivent des allocations contribuerait à mettre un terme à la reproduction intergénérationnelle des affrontements. Pour ce qui est des non-allocataires inaptes, il nous faut simplement les endurer en silence. »
Comme toujours dans ce type de cas, la proposition outrageuse repose sur un fait divers qui a frappé les esprits : en l’occurrence le cas d’une femme de Cairns accusée d’avoir poignardé ses sept enfants et sa nièce.
Et il faut préciser que l’ancien ministre du gouvernement Keating s’est également éloigné du Parti travailliste australien. Et que de nombreuses organisations d’aide aux plus pauvres ont dénoncé sa proposition : notamment celles s’occupant de parents seuls.
Il n’empêche que la proposition de Gay Johns a été assez entendue pour trouver une place dans les médias. Ne pas s’y tromper : une « tribune » ne reflète pas nécessairement le point de vue du journal qui la publie mais il ne publierait pas s’il y était radicalement hostile. C’est même un moyen de faire passer des messages et de mettre sur la place publique des arguments qu’on veut faire circuler sans avoir l’air d’en prendre toute la responsabilité.

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19 décembre, 2014

Australie : un avortement à 28 semaines pour une malformation de la main

Photo : LifeSite. Voir ici l'article sur cette affaire.
La presse australienne conte la terrible histoire d’un avortement pour une malformation génétique non mortelle, opérable, à 28 semaines de grossesse : le « fœtus » était un enfant qui aurait certes été prématuré s’il était né vivant, mais qui était parfaitement viable. Et le Sydney Morning Herald ne s’émeut pas tant de la mort de cet enfant que des difficultés rencontrées par le couple pour obtenir son avortement tardif.
La malformation a été découverte lorsque la grossesse était à 23 semaines : l’échographie a révélé une ectrodactilie à la main gauche : l’absence d’un ou plusieurs doigts et une main en forme de pince. Cela ne se guérit pas mais s’opère et se soigne.
Cindy et Frank, les deux parents, n’avaient qu’une idée : obtenir l’avortement de leur enfant à naître. Ils se plaignent de ce que les échographies de contrôle aient tardé pour des raisons « bureaucratiques ». Et de s’être entendu dire, une semaine après la découverte de la malformation, que l’avortement ne serait pas autorisé. La loi du New South Wales indique bien que l’avortement est possible en cas de malformation, mais exige qu’il soit tenu compte des perspectives de survie de l’enfant qui, dans le cas présent, étaient excellentes.
« J’étais vraiment, vraiment déprimée », raconte Cindy. « Je ne pouvais penser à rien d’autre qu’au bébé, j’avais l’impression d’avoir été abandonnée. » Elle explique qu’elle a grandi en Chine, où les handicapés sont victimes de « discrimination ». « Je ne voulais pas que mon enfant soit victime de discrimination. Le problème est… très visible puisqu’il s’agit des doigts, et je pense que l’enfant aurait eu une vie très difficile. » Elle s’est sentie « coupable » du handicap du bébé.
Pour finir, celui-ci a été tué à plus de six mois et demi avec l’accord de l’équipe médicale qui a renvoyé le couple vers le Royal Prince Alfred Hospital de Sydney.
Ainsley Newson, spécialiste en bioéthique, explique que la distinction entre malformations graves et légères est subjective : « Il n’y a pas de consensus clinique ou éthique, et des personnes différentes vont réagir différemment devant un diagnostic. » Zone grise de la loi : l’avortement tardif est un crime passible de 10 ans de prison dans le New South Wales, s’il n’est justifié par un « risque grave pour le bien-être physique, émotionnel, ou social » de la femme. Avec la multiplication des diagnostics prénataux et les progrès de la médecine qui sauve les prématurés de plus en plus tôt, « nous devons nous demander comment équilibrer au mieux le besoin justifiable du choix reproductif avec la promotion d’une bonne connaissance du handicap et de la différence », assure-t-elle. Protéger d’abord la vie ? Pas question…
L’article cite également Lachlan de Crespigny, professeur à l’université de Melbourne, qui s’insurge contre les refus d’avortement opposé à Cindy et Frank. « Après 20 semaines tout dépend d’où vous avez la chance de tomber. Les médecins ont peur, car personne ne comprend la loi – et ce sont les femmes qui sont perdantes. » Il estime injuste de décider d’un avortement d’après les chances de survie de l’enfant : « Les femmes ont les mêmes droits que le reste de la population en ce qui concerne l’utilisation de leur corps : faut-il y considérer la femme enceinte, quelqu’un qui n’aurait pas ce droit de choisir et qui doit porter ce fœtus – est-ce à l’Eglise catholique ou au parlement de décider à sa place ? »
Il souligne – avec justesse – que la création d’un délai où l’avortement est légal ne répond qu’à des facteurs techniques, et non à un changement de statut du fœtus. Distinguer entre avortement précoce et tardif est « arbitraire », comme on l’a reconnu dans l’Etat australien de Victoria, parce qu’à aucun moment, le fœtus ne change de manière définitive et déterminante, a-t-il expliqué.
C’est exact. Mais il reste que bien des personnes favorables à l’avortement reculent lorsqu’il s’agit de mettre à mort un enfant parfaitement formé, qui pourrait vivre de façon autonome. La différence d’appréciation n’est pas logique, elle est humaine. Ajoutons qu’en toute logique – et en pleine humanité pour le coup – l’opposition aux avortements tardifs devraient entraîner l’opposition à l’avortement tout court.
Frank et Cindy ont indiqué qu’ils étaient tristes mais soulagés. « Tout cela nous a semblé très inhumain », a indiqué le jeune homme. « On nous a dit que notre seule option était de donner naissance à un bébé à qui nous ne voulions pas du tout donner naissance. Nous avions le sentiment d’être oubliés et abandonnés en raison de l’imprécision politique et juridique des lois d’avortement. »
Le plus étonnant est le manque de sens du respect de la vie de leur propre enfant de ce jeune couple : celui-ci a cru bien faire en lui évitant d’hypothétiques souffrances et plus encore le regard négatif d’autrui, sans se rendre compte que la mise à mort est la plus radicale des discriminations. Voilà où mène la culture de mort : à la perte individuelle et collective du sens des plus élémentaires devoirs d’humanité.

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18 octobre, 2014

Synode extraordinaire sur la famille (8) : le cardinal Pell dénonce le groupe de radicaux qui tentent de peser sur le synode

L’archevêque de Sydney, le cardinal George Pell, a réagi avec force aux suggestions du rapport d’étape du synode extraordinaire sur la famille, assurant que la tentative d’un petit groupe de « radicaux » de pousser l’assemblée à accepter l’homosexualité, le concubinage et d’autres modifications de l’enseignement moral de l’Eglise a échoué.
« Nous ne nous soumettrons pas à la politique séculariste. Nous ne nous effondrons pas. Nous n’avons nullement l’intention de suivre ces éléments radicaux présents dans toutes les Eglises chrétiennes, y compris certaines Eglises catholiques dans un ou deux pays, ni de mettre la clef sous la porte », a-t-il déclaré lors d’une interview à Catholic News Service citée par LifeSite.
« Si des gens se dirigent dans cette direction, l’Eglise n’aurait aucune vertu à déclarer que cela est bien. Beaucoup de gens qui sont dehors et qui n’acceptent pas nos points de vue en seront ravis. Mais certainement pas ceux qui se trouvent dans les bancs des églises, les bonnes gens », a-t-il ajouté.
Quelques jours après la publication de la relation post disceptationis qui, à l’évidence, ne reflète nullement le point de vue majoritaire des pères synodaux, on ne parle plus à Rome que de la révolte massive de ceux qui accusent le secrétariat du synode de vouloir contrôler son message et de promouvoir les vues progressistes de ces radicaux – ce que j’avais qualifié ici de « hold-up ».
Le cardinal Pell n’a pas explicitement identifié la « cabbale », souligne Hilary White pour LifeSite, mais il a bien déclaré que la question de donner la communion aux couples divorcés et « remariés » est soutenue par « un très petit nombre, et certainement pas par la majorité des pères synodaux ». Mais : « Ce n’est que la pointe de l’iceberg. C’est un prétexte. Ils veulent de plus forts changements : la reconnaissance des unions civiles, la reconnaissance des unions homosexuelles. »
C’est unanimement que les évêques se sont mis debout pour contester la présentation à la presse des résumés des travaux des groupes de travail restreints telle que proposée par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, qui entendait les écrire lui même. Le P. Federico Lombardi a fini par annoncer la publication complète de leurs documents – et sa déclaration a été reçue par une ovation debout, tandis que le pape, rapporte Hilary White, est resté silencieux et impassible.
« Nous voulions que les catholiques sachent ce qui se passe en réalité dans nos interventions sur le mariage et la famille. Et d’une façon ou d’une autre, je crois qu’ils vont être immensément rassurés. »
Le cardinal Pell a encore noté que seuls « trois sur dix » groupes de travail du synode ont soutenu la proposition du cardinal Kasper sur la communion, et que les trois quarts des évêques n’étaient pas d’accord avec les propos de la relatio sur l’« orientation » homosexuelle qu’il faudrait « valoriser et accepter » : le document était « tendancieux » et « biaisé », a-t-il noté. Le document, où manquait l’enseignement de l’Eglise, « donnait comme une vision idéalisée de toutes les situations (maritales) imparfaites ».

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30 août, 2014

Le terrorisme anti-familles en Australie

La réunion régionale australienne du World Congress of Families, une coalition d’organisations qui défendent la vraie nature du mariage, a ouvert ses portes ce samedi à Melbourne comme prévu, mais plusieurs personnalités politiques qui devaient y prendre la parole se sont désengagées à la dernière minute. Au nom de la « tolérance » qui est de mise dans une « démocratie libérale occidentale comme l’Australie ».
Kevin Andrews
C’est à la dernière minute, vendredi, que le ministre fédéral des services sociaux, Kevin Andrews, a fait savoir qu’il n’ouvrirait pas le congrès comme prévu.
Cela faisait des semaines que des mouvements de gauche et des médias de la même eau faisaient campagne pour que les hommes politiques australiens ne se rendent pas à un événement organisé par le WCF. Ce terrorisme intellectuel était notamment alimenté par le parti des Verts australien, les Greens, pro-avortement et pro-euthanasie : une sénatrice du mouvement, Larissa Waters, a même fait adopter une motion non contraignante appelant les élus de la nation à ne pas s’y rendre.
Kevin Andrews avait dénoncé cette « intolérance » des Verts mais il a fini par céder à la pression en apprenant que le congrès allait être accueilli par le mouvement Catch the Fire Ministries, un mouvement évangélique créationniste, pro-vie – et très critique à l’égard de l’islam.
« La tolérance est une valeur cruciale dans une démocratie libérale occidentale comme l’Australie. C’est pour cette raison que j’avais l’intention de me rendre au World Congress of Families demain. Les appels qui m’ont été adressés afin que je n’y assiste pas apportent la preuve de l’intolérance des Verts et de la gauche – au lieu d’argumenter sur la place publique ils préfèrent empêcher le débat. De même, je ne peux supporter l’intolérance qui vient d’autres directions. Ayant été informé aujourd’hui que l’événement allait être accueilli par Catch the Fire, j’ai décidé de ne pas y assister », explique le communiqué du ministre.
Une décision à double effet… Car WCF a eu le plus grand mal à trouver un lieu d’accueil pour ses conférences, qu’honoraient de leur présence le cardinal Burke, Mgr Peter Elliott, évêque auxiliaire de Melbourne, Christine de Marcellus Vollmer et bien d’autres, avec l’aide de Babette Francis, remarquable présidente de l’organisation pro-famille Endeavour Forum.
Pas moins de six centres de conférences ont successivement annulé ou reçu un avis défavorable de la police du fait des menaces pesant sur l’événement. Les locaux de Catch the Fire n’ont été retenus qu’il y a deux jours, dans le plus grand secret. En révélant le lieu du congrès, Kevin Andrews a facilité la vie des opposants.
Une centaine de manifestants pro-avortement se sont massés devant l’entrée ce samedi matin pour empêcher les participants d’accéder. L’une des conférencières, Angela Lanfranchi, spécialiste du lien entre avortement et cancer du sein, n’a pas pu rejoindre les salles, sa voiture ayant été bloquée. The Guardian de Londres justifie discrètement le procédé en expliquant que ce lien est aujourd’hui complètement discrédité.
Une jeune femme vêtue de blanc qui s’était couverte de faux sang et qui a surgi en hurlant « Nous ne voulons plus de vos avortements clandestins ! » a été arrêtée par la police.
Il est intéressant de noter les raisons pour lesquelles féministes, pro-avortements et des médias comme mamamia.com.au ont voulu faire taire le WCF. La liste est . Ces idées défendues par WCF sont toutes présentées (de manière parfois terriblement tendancieuse du reste) comme de nature à « inquiéter » les lecteurs dans la mesure où des hommes politiques accepteraient de les « crédibiliser » et de leur donner une « approbation tacite » :
1. Baisse de la libido chez les femmes sous pilule, qui risquent davantage d’être victimes d’agression violente et de meurtre. 
2. Les femmes sous pilule ont plus de risques d’inceste. 
3. Les politiques socialies ne devraient pas promouvoir les familles monoparentales qui contribuent au délitement de la société. 
4. L’avortement, le divorce, les parents seuls et les LGBT portent la responsabilité de la promiscuité, des IST, de la pauvreté, du trafic d’être humains, de la violence à l’égard des femmes et des enfants. 
5. La pilule et d’autres formes de contraception peuvent tuer des femmes ; des femmes en sont mortes dans de nombreux pays. La pilule tue aussi des bébés. 
6. Il y a un lien entre l’avortement et le cancer du sein. 
7. La seule fin des relations sexuelles est la procréation et l’expression de l’amour entre mari et femme au sein de l’alliance conjugale. Toute autre activité sexuelle ne peut satisfaire l’esprit humain et conduits au remords, à l’aliénation et à la maladie. 
8. Les lois draconiennes de dénigrement de l’homosexualité de Poutine, qui envoient des LGBT russes en prison sont une « belle idée » que le reste du monde devrait adopter. La Russie est le sauveur chrétien du monde et Poutine empêche héroïquement les LGBT russes de corrompre les enfants. 
9. Toutes les formes de sexualité non-hétérosexuelle sont des péchés et les gays devraient être convertis à l’hétérosexualité au moyen de thérapies chrétiennes.
C’est un parfait catalogue des opinions interdites, des « déclarations à abhorrer », « homophobes », «  complètement fabriquées », qui sont aujourd’hui abhorrées par le plus grand nombre.


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12 août, 2014

Les “acheteurs” de Gammy auraient préféré qu’il soit avorté

Le couple d’Australiens accusés d’avoir abandonné Gammy, leur fils trisomique, porté à terme par une
Thaïlandaise dans le cadre d’une « gestation pour autrui », a avoué ce week-end qu’il aurait mieux valu selon lui que l’enfant soit avorté.
David Farnell a déclaré au cours de la première interview publique donnée par le couple au journal australien 60 Minutes : « S’il avait été possible de faire “terminer” l’embryon en toute sécurité, nous l’aurions probablement “terminé”. » Je choisis délibérément le terme anglais, violent mais juste, de « terminer » au lieu d’écrire avorter, même si ce dernier mot est plus exact. Car il s’agit bien d’une fin violente. Non d’une « interruption ».
« Je ne crois pas qu’il y ait de parent qui désire un fils ayant un handicap », a-t-il poursuivi, flanqué de son épouse Wendy. « Les parents veulent que leurs enfants soient heureux et en bonne santé et qu’ils puissent faire tout ce que font les autres enfants. »
Mieux : le couple a révélé qu’ils ont demandé à l’agence de gestation pour autrui opérant à Bangkok de leur faire une ristourne parce que l’un des deux enfants portés s’est révélé atteint de trisomie 21. « Je leur ai dit : “Rendez-nous notre argent. Tout cela est de votre faute. » Le couple accuse l’agence d’avoir mal fait son travail parce que le diagnostic de trisomie 21 n’a été fait qu’à un stade avancé de la grossesse, et ils ont donc été avertis très tard. « Nous étions très désemparés et nous leur avons dit : “C’est de votre faute. Vous devez maintenant assumer au moins une part de la responsabilité. »
David et Wendy Farnell assurent néanmoins qu’ils n’ont jamais fait pression sur la mère porteuse afin qu’elle avorte, et qu’ils n’ont jamais abandonné l’enfant. Ils avaient simplement l’intention de retourner plus tard à Bangkok pour le récupérer, ont-ils affirmé. Ils affirment aussi que la mère porteuse semblait vouloir garder la petite fille, elle en parfaite santé : « Nous avons pris peur, nous avons craint de la perdre. Il fallait que nous partions aussi vite que possible avec elle », raconte désormais le père.
Dans cette opération, la mère porteuse, Pattharamon Janbua, a gagné 12.000 $ pour mener la gestation à terme. Devant s’occuper de Gammy, le petit garçon trisomique, elle a lancé un appel à l’aide international qui lui a déjà rapporté, à elle et son mari, quelque 240.000 $. Elle n’entend plus le lâcher. Dans un contexte de marchandisation des êtres humains provoquée par le recours à la GPA, on serait tenté de croire que la maladie de ce petit garçon a elle aussi une valeur marchande… Comment ne pas devenir cynique devant de telles affaires ?
De son côté, David Farnell a dû répondre au cours de son interview à des questions sur ses condamnations à la fin des années 1990 pour agressions sexuelles sur des mineures et même des fillettes d’à peine 7 ans. Ses pulsions, a-t-il répondu, ont cesse « à 100 % ». « Je ne pourrai pas recommencer. Je ne peux pas. Je sais que je n’ai aucune pulsion de cette nature. J’ai su cela depuis 30 ans. Je n’ai aucune pulsion. » Ah…
Le tollé international autour de l’affaire Gammy a quelque chose de surréaliste. Tout le monde sait que la GPA, c’est de la location de ventre : même Pierre Bergé. 96 % des enfants à naître diagnostiqués porteurs (ou plutôt probables porteurs) de trisomie 21 sont avortés en France ; la proportion est semblable dans d’autres pays dits civilités. La « réduction embryonnaire » – l’élimination d’un bébé malformé ou juste de trop au cours d’une grossesse multiple – est elle aussi monnaie courante. L’existence de contrats relevant de l’esclavage dans le cadre de la GPA est elle aussi connue de tous, ou peut l’être avec un minimum de curiosité.
On sait déjà quelle sera la retombée de cette tragédie pour la France : on réclamera l’encadrement légal de la pratique de la GPA afin que les femmes et les couples n’aillent pas l’organiser à l’étranger dans des conditions épouvantables…

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11 juillet, 2014

Australie : un juge justifie l’inceste au nom de la levée du tabou sur l’homosexualité

Le juge Garry Neilson en 2003
Un juge australien de première instance a suscité un tollé en affirmant que l’inceste pourrait bien ne plus être un tabou, si on veut bien le considérer comme relevant des relations consenties entre adultes. Le juge Garry Neilson, qui siège dans un tribunal de district du New South Wales, a fait remarquer à l’appui de ses déclarations que l’homosexualité elle aussi était jadis considérée comme criminelle et « contre nature », mais qu’elle est aujourd’hui largement acceptée.
Il a ajouté que l’inceste est aujourd’hui considérée comme un crime parce qu’il peut résulter en des malformations chez l’enfant qui naît de ce type de relations, mais que cette raison a de moins en moins de pertinence en raison de l’accès facile à la contraception et à l’avortement.
Avec de telles paroles, la boucle logique de la culture de mort est en effet bouclée…
Le magistrat, qui siège dans un tribunal de district du New South Wales, a déclaré :
« Un jury peut estimer qu’il n’y a rien de répréhensible dans les avances d’un frère vers sa sœur dès lors qu’elle a atteint la maturité sexuelle, qu’elle a eu des relations sexuelles avec d’autres homes et qu’elle est “disponible”, n’ayant pas de partenaire sexuel.
Si nous étions dans les années 1950  avec un jury de 12 hommes – ce qui aurait été invariablement le cas – ils diraient qu’il n’est pas naturel pour un homme d’être attiré par un autre homme ou pour un homme d’être attiré par un garçon. Ces choses-là ne sont plus. »
Le juge s’exprimait au cours du procès d’un homme accusé d’avoir violé sa jeune sœur. Il a plaidé coupable d’agression envers sa sœur lorsqu’elle avait 10 ou 11 ans, en 1973 ou 1974, mais non coupable pour des relations qu’il a eues avec elles en 1981, alors qu’elle avait 18 ans et lui 26.
« A ce stade-là, ils étaient tous les deux des adultes matures », a commenté le juge Garry Neilson. Il a souligné que la plaignante avait été « sexuellement éveillée, dirons-nous, par les relations qu’elle avait eues avec deux hommes et elle était devenue “libre” lorsque la deuxième relation s’était rompue. » « La seule chose qui pourrait changer est qu’ils étaient frère et sœur mais nous avons fait bien du chemin depuis les années 1950 – à l’époque la Common Law anglaise considérait que les relations sexuelles en dehors du mariage étaient illégales », a-t-il ajouté.
Au nom de la Couronne, Sally Dowling a qualifié les propos de « misogynes et totalement honteux » ; elle a demandé à une cour d’appel de nommer un autre juge. Elle a précisé que la référence à l’avortement est « particulièrement révoltante ».
Certes. Mais alors il faut aller au bout de la logique de vie et dire aussi que la légalité de l’avortement est particulièrement révoltante.

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07 octobre, 2013

Australie : un médecin risque son droit d'exercer pour refus d'avortement

Un médecin de Melbourne, en Australie, risque de se voir retire son droit d'exercer parce qu'il a refusé
d'indiquer à un couple d'Indiens cherchant à avorter un médecin qui ne soit pas objecteur de conscience comme lui. Le Dr Mark Hobart avait été effaré d'apprendre le motif de la demande : alors que la femme était déjà enceinte de 19 semaines, une échographie venait de révéler que l'enfant était une fille. Et le mari et la femme voulaient un garçon…

Voici cinq mois déjà que pour ce refus, le Dr Hobart fait l'objet d'une enquête de la part du Medical Board of Australia (Autorité médicale d'Australie) et de l'Australian Health Practicioner Regulation Agency (AHPRA, Agence australienne de régulation des praticiens de santé). Même la presse locale s'en offusque : le Herald Sun compare la poursuite à une procédure devant la Star Chamber, « Chambre étoilée », une haute cour de justice anglaise siégeant sans jury et pouvant condamner sur l'autorité d'un seul témoin qui rendit d'insignes services à Henri VIII notamment, avant d'être abolie par le parlement en 1641.

Le journal observe que le Dr Mark Hobart avait déclaré lorsque l'affaire était venue aux oreilles des médias qu'il n'avait pas invité ses patients à aller voir un médecin non objecteur pour la simple raison qu'aucun médecin, à son sens, n'accepterait de pratiquer un avortement sélectif, qui plus est à 19 semaines, pour éliminer une petite fille en raison de son sexe. « En général la réaction de mes collègues est l'incrédulité et le dégoût », assure-t-il aujourd'hui.

Vendredi dernier, une élue au Parlement de Victoria, Christine Campbell, a introduit une demande d'enquête législative à l'encontre de l'AHPRA au motif que le médecin se trouve empêché de se défendre de manière adéquate dans l'affaire en raison du secret de l'enquête menée à charge contre lui. 

L'affaire a été médiatisée en avril dernier lorsque le Dr Hobart lui-même a fait connaître à la presse sa décision de ne pas renvoyer le couple vers un médecin plus accommodant que lui. Il était alors candidat à une élection partielle au Parlement de Victoria pour le Democratic Labor Party, qui est contre l'avortement, et il voulait attirer l'attention sur le fait que des avortements sont demandés, et accordés dans cet Etat australien pour des simples questions de sexe de l'enfant : « J'étais abasourdi. Se trouver confronté à une demande d'avortement pour cette raison-là – je n'arrivais pas à le croire. C'est l'homme qui parlait tout le temps – il étaient tellement insistant. »

Le refus du médecin n'ayant aucune incidence sur la demande, le couple devait finalement obtenir l'avortement – à 19 semaines, sur un enfant sans autre « défaut » que d'être une fille – dans une clinique de Melbourne.

Le Dr Hobart espérait faire réagir les autorités publiques mais peu après la publication de son interview en avril le Medical Board australien a indiqué qu'il n'entendait pas poursuivre le couple parce que les médecins de Victoria ont le droit de mettre fin aux grossesses jusqu'à 24 semaines. Un porte-parole du ministre de la Santé expliquait au même moment que l'« interruption » chirurgicale d'une grossesse est une affaire « clinique » qui relève du jugement professionnel clinique du médecin en relation avec le patient.

Mais on est en Australie, pays des boomerangs. Loin d'obtenir une dénonciation en bonne et due forme des avortements en raison du sexe de l'enfant, le Dr Hobart s'est rapidement trouvé sous le feu des accusations médiatiques, d'autant qu'il avait précédemment révélé être opposé à l'avortement pour des motifs de raison mais aussi de foi : il avait ainsi expliqué qu'il ne renvoyait jamais une patiente demandant une « IVG » vers un médecin non objecteur, entre autres parce qu'il est catholique pratiquant et ne veut pas se rendre complice d'un crime.

En 2011, participant à une enquête au Victoria, il avait expliqué : « Quiconque a pleine conscience de ses actions et qui dans l'exercice de son libre arbitre procure aide et assistance en vue d'un avortement a commis un péché mortel et l'Eglise catholique enseigne que cette personne ira en enfer. » « Dire qu'un avortement n'est pas un meurtre va contre ce qui résulte directement de l'observation, de la raison et de la logique », ajoutait-il. En avril de cette année, on lui a demandé s'il était toujours de cet avis. Il a répondu : « Oui. »

C'est sur la foi de ces échanges médiatiques que l'AHPRA a institué le 9 mai dernier, « motu proprio », une enquête en raison d'« informations reçues » selon lesquelles il avait « manqué à son obligation de renvoyer une femme cherchant un traitement ou des conseils sur l'avortement vers un collègue non objecteur » – une obligation inscrite dans la loi entrée en vigueur en 2008 au Victoria. Cette loi oblige également le médecin objecteur à pratiquer un avortement en cas d'« urgence » et supprime le droit à l'objection de conscience concédé jusqu'alors aux infirmières.

Le bureau de cette instance compte 11 membres : 8 praticiens de la médecins et trois membres de la société civile, ces dernières étant toutes des femmes. La décision d'instituer l'enquête a été prise à la majorité.

Mais le Dr Hobart n'en sait pas davantage : ni l'identité des personnes qui ont pu le dénoncer auprès de l'AHPRA, ni l'identité de ceux qui le poursuivent. Dans sa déclaration portée devant le parlement vendredi dernier par Mme Campbell, il déclare être victime d'une persécution sponsorisée par l'Etat : un « procès mené par des hommes et des femmes sans visage qui sont appelés à être à la fois accusateurs et juges dans un cas qu'ils ont enclenché eux-mêmes ». Ce secret porte atteinte à son droit de se défendre, ajoute-t-il.

Le Herald Sun assure que la femme indienne qui est au cœur de cette affaire a de nouveau conçu depuis cet avortement dont la date n'a pas été révélée, et qu'elle doit accoucher incessamment – mais le père ne saura qu'après la naissance si c'est une fille ou un garçon.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...