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24 juin, 2019

Appel réussi contre l'avortement forcé d'une handicapée mentale au Royaume-Uni

Miracle… Une cour d'appel du Royaum-Uni a entendu l'appel de la mère de la jeune femme handicapée, enceinte de 22 semaines, qu'une juge de la soi-disant Court of Protection avait dédidé de contraindre à avorter malgré son propre désir de garder son enfant et l'accord sur ce point de sa propre mère, des services sociaux, et de l'avocat chargé de la défense des incapables majeurs.

C'est la NHS (service de santé socialisé britannique) qui réclamait l'avortement pour la patiente.

La juge, Justice Nathalie Lieven, avait estimé vendredi que la jeune handicapée mentale souffrirait davantage de devoir être séparée de son enfant si celui-ci devait être confié à l'adoption que de l'avortement tardif (l'avortement est légal jusqu'à 24 semaines en Grande-Bretagne).

On a appris grâce à une militante pro-vie nigériane que Lieven avait elle-même travaillé plusieurs années au service du lobby britannique de l'avortement, plaidant pour des associations de Planning familial et impliquée dans les affaires d'avortement les plus connues passées dans les cours britanniques. Elle a été nommée juge à la fin de 2018.

La mère, une Nigériane catholique, sage-femme à la retraite, était disposée à s'occuper de l'enfant de sa fille.

La décision des juges McCombe, King et Jackson a été rendue dans des délais très courts ; ils ont d'ailleurs indiqué qu'ils la motiveront plus tard.

C'est une nouvelle magnifique… une vie sauvée. A moins que, comme pour Vincent Lambert, cette affaire ne reçoive une suite judiciaire.

Les évêques catholiques d'Angleterre ont rompu leur silence à propos de l'affaire ce lundi matin seulement, avant la décision de la cour d'appel.

Voici l'essentiel de leur communiqué, signé par Mgr John Sherrington :

« Chaque avortement est une tragédie. Cette tragédie est aggravée par la récente décision judiciaire de la Cour de protection qui a statué qu'une mère, âgée d'une vingtaine d'années, ayant un trouble d'apprentissage “modérément grave” et qui souhaite garder son enfant à 22 semaines, doit subir un avortement.
« La mise au monde naturelle de son enfant est soutenue par sa mère – qui a dit qu'elle s'occuperait de l'enfant – son travailleur social et son équipe juridique.
« Obliger une femme à avorter contre sa volonté et contre celle de sa famille proche viole ses droits humains, sans parler du droit de son enfant à naître à vivre dans une famille qui s'est engagée à prendre soin de cet enfant. Dans une société libre comme la nôtre, il existe un équilibre délicat entre les droits de l'individu et les pouvoirs de l'Etat.
« C'est une décision triste et pénible pour toute la famille que nous gardons dans nos prières. Cette affaire, pour laquelle toute l'information n'est pas disponible, soulève de sérieuses questions quant à la signification de “l'intérêt supérieur”„ lorsqu'une patiente souffre d'un défaut de capacité mentale et qu'elle est assujettie à la décision du tribunal contre son gré. »
Voilà qui s'appelle protester mollement. « C'est le strict minimum. Pathétique », a déclaré le commentateur catholique Damian Thompson.

Dimanche, un évêque catholique d'Ecosse s'était davantage montré empli d'une sainte colère : « C'est une décision horrifique qui, ironie, réunit les pro-vie et les pro-choix », déclarait Mgr John Keenan, invitant chacun à pétitionner contre cette décision « mauvaise à tant de niveaux ».

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19 décembre, 2014

Australie : un avortement à 28 semaines pour une malformation de la main

Photo : LifeSite. Voir ici l'article sur cette affaire.
La presse australienne conte la terrible histoire d’un avortement pour une malformation génétique non mortelle, opérable, à 28 semaines de grossesse : le « fœtus » était un enfant qui aurait certes été prématuré s’il était né vivant, mais qui était parfaitement viable. Et le Sydney Morning Herald ne s’émeut pas tant de la mort de cet enfant que des difficultés rencontrées par le couple pour obtenir son avortement tardif.
La malformation a été découverte lorsque la grossesse était à 23 semaines : l’échographie a révélé une ectrodactilie à la main gauche : l’absence d’un ou plusieurs doigts et une main en forme de pince. Cela ne se guérit pas mais s’opère et se soigne.
Cindy et Frank, les deux parents, n’avaient qu’une idée : obtenir l’avortement de leur enfant à naître. Ils se plaignent de ce que les échographies de contrôle aient tardé pour des raisons « bureaucratiques ». Et de s’être entendu dire, une semaine après la découverte de la malformation, que l’avortement ne serait pas autorisé. La loi du New South Wales indique bien que l’avortement est possible en cas de malformation, mais exige qu’il soit tenu compte des perspectives de survie de l’enfant qui, dans le cas présent, étaient excellentes.
« J’étais vraiment, vraiment déprimée », raconte Cindy. « Je ne pouvais penser à rien d’autre qu’au bébé, j’avais l’impression d’avoir été abandonnée. » Elle explique qu’elle a grandi en Chine, où les handicapés sont victimes de « discrimination ». « Je ne voulais pas que mon enfant soit victime de discrimination. Le problème est… très visible puisqu’il s’agit des doigts, et je pense que l’enfant aurait eu une vie très difficile. » Elle s’est sentie « coupable » du handicap du bébé.
Pour finir, celui-ci a été tué à plus de six mois et demi avec l’accord de l’équipe médicale qui a renvoyé le couple vers le Royal Prince Alfred Hospital de Sydney.
Ainsley Newson, spécialiste en bioéthique, explique que la distinction entre malformations graves et légères est subjective : « Il n’y a pas de consensus clinique ou éthique, et des personnes différentes vont réagir différemment devant un diagnostic. » Zone grise de la loi : l’avortement tardif est un crime passible de 10 ans de prison dans le New South Wales, s’il n’est justifié par un « risque grave pour le bien-être physique, émotionnel, ou social » de la femme. Avec la multiplication des diagnostics prénataux et les progrès de la médecine qui sauve les prématurés de plus en plus tôt, « nous devons nous demander comment équilibrer au mieux le besoin justifiable du choix reproductif avec la promotion d’une bonne connaissance du handicap et de la différence », assure-t-elle. Protéger d’abord la vie ? Pas question…
L’article cite également Lachlan de Crespigny, professeur à l’université de Melbourne, qui s’insurge contre les refus d’avortement opposé à Cindy et Frank. « Après 20 semaines tout dépend d’où vous avez la chance de tomber. Les médecins ont peur, car personne ne comprend la loi – et ce sont les femmes qui sont perdantes. » Il estime injuste de décider d’un avortement d’après les chances de survie de l’enfant : « Les femmes ont les mêmes droits que le reste de la population en ce qui concerne l’utilisation de leur corps : faut-il y considérer la femme enceinte, quelqu’un qui n’aurait pas ce droit de choisir et qui doit porter ce fœtus – est-ce à l’Eglise catholique ou au parlement de décider à sa place ? »
Il souligne – avec justesse – que la création d’un délai où l’avortement est légal ne répond qu’à des facteurs techniques, et non à un changement de statut du fœtus. Distinguer entre avortement précoce et tardif est « arbitraire », comme on l’a reconnu dans l’Etat australien de Victoria, parce qu’à aucun moment, le fœtus ne change de manière définitive et déterminante, a-t-il expliqué.
C’est exact. Mais il reste que bien des personnes favorables à l’avortement reculent lorsqu’il s’agit de mettre à mort un enfant parfaitement formé, qui pourrait vivre de façon autonome. La différence d’appréciation n’est pas logique, elle est humaine. Ajoutons qu’en toute logique – et en pleine humanité pour le coup – l’opposition aux avortements tardifs devraient entraîner l’opposition à l’avortement tout court.
Frank et Cindy ont indiqué qu’ils étaient tristes mais soulagés. « Tout cela nous a semblé très inhumain », a indiqué le jeune homme. « On nous a dit que notre seule option était de donner naissance à un bébé à qui nous ne voulions pas du tout donner naissance. Nous avions le sentiment d’être oubliés et abandonnés en raison de l’imprécision politique et juridique des lois d’avortement. »
Le plus étonnant est le manque de sens du respect de la vie de leur propre enfant de ce jeune couple : celui-ci a cru bien faire en lui évitant d’hypothétiques souffrances et plus encore le regard négatif d’autrui, sans se rendre compte que la mise à mort est la plus radicale des discriminations. Voilà où mène la culture de mort : à la perte individuelle et collective du sens des plus élémentaires devoirs d’humanité.

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07 octobre, 2013

Suicide assisté pour une aveugle : la dérive néerlandaise

Le quotidien néerlandais Trouw rapporte cette double information : l'an dernier, aux Pays-Bas, une femme de 70 ans a bénéficié d'une assistance au suicide parce qu'elle était devenue aveugle et ne le supportait pas, et – deuxième fait remarquable – l'acte vient d'être évalué comme conforme à la loi. Exceptionnellement, les cinq commissions régionales d'évaluation se sont toutes penchées sur le cas jugé inhabituel. Elles l'ont toutes approuvé.

La victime était malvoyante de naissance. Ces dernières années sa vision avait été réduite à néant et elle manifestait depuis huit ans le désir de mourir, aggravé par la mort de son mari et par le fait qu'elle vivait seule. Elle ne souffrait d'aucune autre maladie ou affection. Elle avait fait plusieurs tentatives de suicide et avait essayé de cesser de boire et de manger, sans parvenir à « tenir bon » assez longtemps pour mourir.

Il faut croire que son médecin traitant n'a pas voulu accéder à sa demande puisque la victime s'est adressée à la clinique de fin de vie qui s'est précisément constituée l'an dernier pour venir en aide, au moyen d'équipes volantes, aux personnes qui ne voient pas leur demande honorée dans les conditions ordinaires.

La clinique a multiplié les précautions avant de passer à l'acte, s'adressant à un médecin gériatre – c'est inhabituel – au lieu d'un médecin SCEN spécialisé dans l'évaluation préalable des cas aux côtés de médecins de famille saisis de demandes d'euthanasie – pour prendre un avis l'exonérant d'une éventuelle responsabilité pénale. Lia Bruin a abordé l'affaire avec « scepticisme », a-t-elle indiqué à Trouw. « Soixante mille Néerlandais sont aveugles, pensais-je. Pourquoi sont-ils capables de vivre avec et pas cette femme ? »

Ce qui l'a convaincue, c'est que cette patiente souffrait de manière inhabituelle de son handicap. « Ainsi elle était très soignée et elle trouvait cela épouvantable de ne pas pouvoir voir les éventuelles taches sur ses vêtements. Acheter des vêtements, une activité qui lui avait procuré tant de plaisir, était devenu une corvée insupportable. »

Vous avez bien lu : c'est pour des questions d'apparence que cette femme s'est fait supprimer. Et une incroyable dose d'amour-propre : elle ne voulait pas être en maison de soins et elle refusait d'avoir un chien guide d'aveugle  « Je veux bien sortir le chien, disait-elle ; je ne veux pas qu'il me sorte. »

Etait-elle dépressive ? Un psychiatre l'a entendue et, bien qu'elle pleurait tous les jours, a décidé que non.

Et ce sont d'autre médecins : Mme Bruin et les responsables de la clinique de fin de vie, qui ont décidé qu'en effet sa souffrance – psychique en l'occurrence – était insupportable et sans perspectives, la condition nécessaire mais aussi suffisante pour qu'une personne en mesure d'exprimer sa volonté puisse réclamer une euthanasie ou une assistance au suicide. Dans cette décision « médicale » il y a aussi une part de subjectivité… Il n'a pas été question d'une interprétation plus large de la loi, assure Steven Pleiter, directeur de la clinique.

La patiente s'est donc suicidée l'an dernier, en présence de ses enfants et de Lia Bruin qui n'avait jamais assisté à une « fin de vie volontaire ». C'est elle qui lui a tendu le cocktail lytique. Bruin raconte qu'elle n'a jamais vu personne boire avec autant d'avidité une mixture aussi infecte.

Commentaire de la clinique de fin de vie : on a peut-être évité un suicide inhumain.


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21 avril, 2012

Euthanasie : en Belgique, on voudrait la rendre accessible aux handicapés mentaux

Jacinta De Roeck
Cela reste à l'état d'idée jetée dans le débat public mais c'est bien ainsi qu'ont été accomplies toutes les avancées de l'euthanasie : en Belgique, la Humanistisch Vrijzinnige Vereniging (Association des libres penseurs humanistes) vient de suggérer que les mineurs et les handicapés mentaux puissent avoir eux aussi accès à l'euthanasie. Au nom de l'égalité des droits. Sa présidente, Jacinta De Roeck, s'est exprimée en ce sens à l'occasion de la Journée du patrimoine à Anvers (on se demande bien pourquoi).

Et ce ne sont pas des paroles en l'air, puisque Mme De Roeck était précisément l'un des députés qui en 2002 avaient pris l'initiative de légaliser l'euthanasie en Belgique.

Elle a précisé qu'aucun projet législatif n'était actuellement à l'ordre du jour ni même prévisible à court terme, mais ce qui ne se fera pas pendant l'actuelle législature, estime-t-elle, devrait devenir possible lors de la prochaine. Parce que « la demande est forte ».

Une telle évolution est dans la logique des choses, estime la militante « humaniste », pour qui l'ouverture de l'euthanasie aux mineurs, qu'elle attend, amènera forcément à légaliser l'euthanasie pour les « déments », et les malades de l'intelligence qui sont souvent considérés en Belgique comme des « mineurs prolongés ». « Ces gens-là regardent aussi la télévision, ils lisent aussi les journaux et tombent aussi malades. Par leurs accompagnants dans les institutions, je me suis laissée dire que la question de l'euthanasie y surgit aussi. »


Eh oui, la propagande médiatique atteint aussi les handicapés…

Cette évolution a déjà eu partiellement lieu aux Pays-Bas où les mineurs de 12 à 15 peuvent obtenir l'euthanasie avec l'accord de leurs parents, les 16-17 ans pouvant se contenter de les consulter. L'euthanasie pour les personnes en voie de devenir démentes est également acceptée, et une première procédure sur une personne incapable de donner son consentement éclairé a été déclarée conforme à la loi l'an dernier.

La nouveauté belge consiste à vouloir franchir les étapes du voisin néerlandais mais d'y ajouter des personnes dont l'intelligence-même est affectée, et qui n'ont donc pas du tout la capacité de juger en pleine liberté et connaissance de cause. Contredisant directement la formulation actuelle de la loi belge qui exige cette capacité pour agréer une demande d'euthanasie.

Ce sera difficile, bien plus difficile que pour les mineurs et les déments, reconnaît Jacinta De Roeck. Et c'est bien pour cela que de façon consciente et organisée, elle a mis le sujet sur la table dès maintenant. « Les hommes politiques doivent être prêts à y penser, à aller écouter ce qui se dit dans les institutions, parler avec les intéressés eux-mêmes. Nous devons être prêts », a-t-elle déclaré.

On lui a bien sûr opposé l'exemple de l'époque nazie. Et elle avoue que l'affaire est délicate. « A cette époque-là on utilisait aussi le mot “euthanasie”, mais les gens qu'on tuait à cette époque-là n'étaient pas demandeurs. C'est une grande différence. »

Au XXIe siècle, on saura bien les persuader qu'ils ont envie de mourir !



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15 août, 2010

Alzheimer : vers un dépistage précoce ?

L'excellent site de veille bioéthique australien, BioEdge, commente aujourd'hui l'information selon laquelle une ponction lombaire pourrait être 100 % efficace pour prédire si un patient va développer la maladie d'Alzheimer, selon les Archives of Neurology. La présence de la maladie ne se confirme avec certitude aujourd'hui que post mortem à travers une autopsie alors qu'elle s'installe quelque dix ans avant ses premiers symptômes, voire davantage. Connaître sa présence à un stade précoce est d'un grand intérêt pour les chercheurs puisque les patients concernés pourraient être des sujets idéaux pour expérimenter des traitements, de manière bien plus efficace, en orientant la recherche vers le retardement du développement de la maladie.

Mais la découverte, si elle se confirme, pourrait avoir des effets pervers. Les gens bien portants ont-ils vraiment envie de savoir qu'ils sont atteints d'une maladie effrayante pour laquelle, une fois déclarée, il n'y a aucun remède ? Quels seraient les effets sur leurs contrats d'assurance, leur accès au crédit, etc. ? Cela provoquerait-il une vague de suicides ?

Michael Cook, le responsable de BioEdge, souligne qu'en tout cas l'information a intéressé au-delà de ce qui est habituel : l'article que lui a consacré le New York Times a été propulsé en tête des « plus lus » en peu de temps. Et il se demande :

« Les gens qui seront diagnostiqués positifs sentiront-ils une pression qui les conduirait à choisir un départ précoce vers l'Au-delà avant de devenir un fardeau pour leurs familles ? J'invente ? Je ne le crois pas. A l'heure qu'il est, bien plus de 90 % des femmes enceintes chez qui le dépistage de la trisomie révèle un résultat positif “mettent fin” à leur enfant. Si elles craignent que la vie avec un enfant handicapé sera une sorte de purgatoire, que dire alors d'une vie avec un parent invalidé par la maladie d'Alzheimer. Est-ce une nouvelle ère qui commence ? »

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13 décembre, 2006

Tri embryonnaire inversé

La revue Fertility and Sterility s'apprête à publier un article montrant que des parents handicapés aux Etats-Unis utilisent actuellement le diagnostic préimplantatoire génétique (DPI) pour obtenir des enfants semblables à eux. Aux termes d'une enquête réalisée auprès de 190 cliniques de fertilité où se pratique la fécondation in vitro, 3% d'entre elles ont eu recours à un moment ou à un autre au tri embryonnaire pour sélectionner un embryon porteur d'un handicap donné. Si la plupart des responsables interrogés ont déclaré refuser cette procédure, quelques-uns, sans la mettre en oeuvre eux-mêmes, ont avoué qu'en cas de demande en ce sens il indiqueraient aux couples un médecin disposé à y accéder.

Parmi les handicaps “sélectionnés”, on renontre le nanisme et la surdité. Les parents handicapés mettent en avant leur sentiment de pouvoir renforcer les liens familiaux par le partage de leur problème.

BioEdge cite le Dr Darshak M. Shangavi qui invoque les “erreurs” liées au processus naturel de la reproduction, qui lui aussi produit des bébés porteurs de défauts congénitaux “parfois plus graves que le nanisme ou la surdité”, pour justifier son indifférence par rapport à cette information.

On arrive ainsi à une absolue confusion des valeurs. Comment des parents peuvent-ils vouloir pour leur enfant un handicap quel qu'il soit, si la vie est don ? Appeler à la vie un enfant sourd, ou nain (en tuant au passage ses frères et soeurs sains) pour son propre agrément, voire son propre amusement, est une sorte de degré ultime de l'égoïsme. Accueillir la vie donnée, quelle qu'elle soit, même handicapée, même diminuée, relève d'une attitude radicalement opposée, celle qui considère l'enfant pour lui-même et parce qu'il existe.

Le même article de BioEdge signale le cas rapporté récemment par la revue Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine : les parents d'une petite fille, handicapée mentale grave, lui ont fait donner de hautes doses d'oestrogènes afin de stopper sa croissance, et lui ont fait subir une hystérectomie, parce qu'ils criagnaient de ne pas pouvoir s'en occuper au fur et à mesure qu'elle prendrait de l'âge et du poids.

 
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