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24 juin, 2019

Appel réussi contre l'avortement forcé d'une handicapée mentale au Royaume-Uni

Miracle… Une cour d'appel du Royaum-Uni a entendu l'appel de la mère de la jeune femme handicapée, enceinte de 22 semaines, qu'une juge de la soi-disant Court of Protection avait dédidé de contraindre à avorter malgré son propre désir de garder son enfant et l'accord sur ce point de sa propre mère, des services sociaux, et de l'avocat chargé de la défense des incapables majeurs.

C'est la NHS (service de santé socialisé britannique) qui réclamait l'avortement pour la patiente.

La juge, Justice Nathalie Lieven, avait estimé vendredi que la jeune handicapée mentale souffrirait davantage de devoir être séparée de son enfant si celui-ci devait être confié à l'adoption que de l'avortement tardif (l'avortement est légal jusqu'à 24 semaines en Grande-Bretagne).

On a appris grâce à une militante pro-vie nigériane que Lieven avait elle-même travaillé plusieurs années au service du lobby britannique de l'avortement, plaidant pour des associations de Planning familial et impliquée dans les affaires d'avortement les plus connues passées dans les cours britanniques. Elle a été nommée juge à la fin de 2018.

La mère, une Nigériane catholique, sage-femme à la retraite, était disposée à s'occuper de l'enfant de sa fille.

La décision des juges McCombe, King et Jackson a été rendue dans des délais très courts ; ils ont d'ailleurs indiqué qu'ils la motiveront plus tard.

C'est une nouvelle magnifique… une vie sauvée. A moins que, comme pour Vincent Lambert, cette affaire ne reçoive une suite judiciaire.

Les évêques catholiques d'Angleterre ont rompu leur silence à propos de l'affaire ce lundi matin seulement, avant la décision de la cour d'appel.

Voici l'essentiel de leur communiqué, signé par Mgr John Sherrington :

« Chaque avortement est une tragédie. Cette tragédie est aggravée par la récente décision judiciaire de la Cour de protection qui a statué qu'une mère, âgée d'une vingtaine d'années, ayant un trouble d'apprentissage “modérément grave” et qui souhaite garder son enfant à 22 semaines, doit subir un avortement.
« La mise au monde naturelle de son enfant est soutenue par sa mère – qui a dit qu'elle s'occuperait de l'enfant – son travailleur social et son équipe juridique.
« Obliger une femme à avorter contre sa volonté et contre celle de sa famille proche viole ses droits humains, sans parler du droit de son enfant à naître à vivre dans une famille qui s'est engagée à prendre soin de cet enfant. Dans une société libre comme la nôtre, il existe un équilibre délicat entre les droits de l'individu et les pouvoirs de l'Etat.
« C'est une décision triste et pénible pour toute la famille que nous gardons dans nos prières. Cette affaire, pour laquelle toute l'information n'est pas disponible, soulève de sérieuses questions quant à la signification de “l'intérêt supérieur”„ lorsqu'une patiente souffre d'un défaut de capacité mentale et qu'elle est assujettie à la décision du tribunal contre son gré. »
Voilà qui s'appelle protester mollement. « C'est le strict minimum. Pathétique », a déclaré le commentateur catholique Damian Thompson.

Dimanche, un évêque catholique d'Ecosse s'était davantage montré empli d'une sainte colère : « C'est une décision horrifique qui, ironie, réunit les pro-vie et les pro-choix », déclarait Mgr John Keenan, invitant chacun à pétitionner contre cette décision « mauvaise à tant de niveaux ».

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23 juin, 2019

Avortement forcé au Royaume-Uni pour une handicapée (et une anecdote personnelle)

Les spécialistes ont parlé : une jeune femme d'origine nigériane va être soumise à un avortement forcé au Royaume-Uni en raison de son handicap mental, et ce malgré l'opposition de sa propre mère, qui s'est pourtant engagée à s'occuper de l'enfant. La « cour de protection » de Londres chargée de prendre des décisions pour le compte ce qu'on appelle en France les « incapables majeurs » a suivi vendredi leur avis, passant outre les convictions catholiques des proches de la jeune femme et sa propre volonté de donner le jour à l'enfant qu'elle porte.
On ne sait pas bien comment la jeune femme s'est retrouvée enceinte ; une enquête policière est en cours.
La cour avait été saisie par des responsables de la NHS (National Health Service), le système de santé socialisé du Royaume-Uni, dans le but de faire ordonner l'avortement. Ils ont expliqué que la poursuite de la grossesse risquait de rendre la jeune femme psychotique et qu'elle vivrait très mal l'accouchement de la césarienne faute de bien comprendre ce qui lui arriverait.
Tous les détails sont terrifiants dans cette affaire caractéristique du véritable totalitarisme de la culture de mort : cette « tyrannie bienveillante » qui prétend œuvrer pour le bien de tous, y compris et surtout en donnant la mort.
Ainsi, le juge Lieven a-t-elle longuement justifié sa décision en reconnaissant ce qu'elle avait d’« intrusif » et de difficile : elle a suivi l'avis d'experts pour qui le fait de mettre un terme à cette grossesse traumatiserait moins la jeune femme que la décision de confier l'enfant à l'adoption.
Mais la proposition de la grand-mère du bébé de s'en occuper a été rejetée par la cour. Cette femme, catholique affirmée, sage-femme qui plus est, était prête à joindre les actes à ses convictions pro-vie solidement ancrées. Elle s'estimait parfaitement à même de prendre soin de l'enfant et de l'aimer, en se faisant évidemment aider de sa fille, âgée d'une vingtaine d'années, qui vit chez elle.
C'était d'ailleurs aussi l’avis d'une travailleuse sociale qui s'occupe de la jeune femme enceinte.
Les avocats de la grand-mère ont plaidé pour la vie de l'enfant à naître, et d'après ce que l'on sait malgré le huis clos qui protège l'identité de tous les acteurs de cette tragédie, l'intéressée elle-même souhaite mener sa grossesse à terme. La jeune fille était par ailleurs représentée par des avocats intervenant au titre du bureau de l’« Official Solicitor » chargé de défendre en justice les intérêts des personnes souffrant d'un handicap mental : Susanna Rickard, responsable de cette équipe de juristes, a estimé devant la cour qu'il était dans l'intérêt de la jeune femme de mener sa grossesse à terme.
Mme le juge Lieven a expliqué ne pas être sûre que les travailleurs sociaux qui s'occupent de la jeune femme soient d'accord pour « tolérer une telle situation » en raison de ses problèmes comportementaux.
Présentant un âge mental de six à neuf ans, souffrant également de troubles de l'apprentissage et de l'humeur, elle risquerait de se retrouver obligée par les services sociaux à quitter sa propre mère dans les intérêts de l'enfant, a insisté le juge. A l'inverse, le bébé pourrait devoir être placé dans une famille d'accueil ou confié à l'adoption.
Cela fait déjà beaucoup d'hypothèses mais la magistrate en a ajouté encore une relevant de son propre avis : elle pense que la jeune mère aurait davantage encore à souffrir si le bébé était éloigné que si on met un terme à la grossesse.
Elle a eu cette phrase d'anthologie : « Je pense qu'elle souffrirait un plus grand traumatisme de ce qu'on lui enlève le bébé : à ce stade là, ce serait un vrai bébé. »
Parce qu'à 22 semaines de grossesse, cet enfant ne serait donc pas un « vrai bébé » ?
Mais alors, qu'est-ce ?
La juge a ajouté : « Bien que la grossesse soit réelle pour elle, il n'y a pas de bébé en dehors de son corps qu'elle peut toucher. » Il faut croire que Mme Lieven n'a jamais attendu d'enfant…
« Je suis vivement consciente de ce que le fait pour l'Etat d'ordonner à une femme de subir un avortement lorsqu'il semblerait qu'elle n'en veut pas constitue une énorme intrusion. Je dois agir au service de ses intérêts bien compris et non en fonction de la manière dont la société considère l'avortement », a-t-elle également déclaré.
La jeune femme n'avait aucune idée de ce que « voulait dire » le fait d'avoir un bébé, a ajouté le juge dans sa décision, avec cette précision condescendante : « Je crois qu'elle aimerait avoir un bébé de la même manière qu'elle aimerait avoir une jolie poupée. »
Donc, on élimine, sur ordre de l'Etat…
Avant que la décision ne fut rendue vendredi,  SPUC britannique, la plus ancienne association de protection des enfants à naître face aux crimes de l'avortement, qualifiait ainsi la prétention des médecins de la NHS d'obtenir un avortement forcé pour cette patiente en raison de son handicap mental  :
« C'est un scandale qui devrait choquer n'importe quelle personne sensée. On atteint là un niveau de cruauté et de barbarie qui fait penser à la manière dont des personnes handicapées mentales étaient traitées dans les années 1930 en Allemagne nazie. Obliger quiconque à avorter est odieux ; le faire au nom de la médecine étend une méconnaissance totale des valeurs religieuses et culturelles de la mère remet en question les structures de la loi et de la justice dans notre société », a déclaré un porte-parole de l'association, John Deighan.
Cette affaire me rappelle le souvenir d'une histoire vraie que me racontait mon père.
En poste à l'ambassade des Pays-Bas à Londres au tout début des années 1960, il s'était trouvé confronté au cas d'une jeune fille Néerlandaise handicapée mentale, et, je crois, mineure, qui pour une raison pour une autre s'était retrouvée à Londres. On l'avait internée dans une institution – mixte – pour déficients mentaux, et c'est dans ce cadre supposément surveillé qu'elle était tombée enceinte.
Mon cher Papa, l'an dernier,
60 ans plus tard…
16-05-1919  -  12-08-2018
Déjà à cette époque-là, les autorités sanitaires et sociales n'avaient qu'une « solution » en tête : faire soumettre la jeune femme à l'avortement. Mais du fait de sa nationalité, il avait été fait appel à l'ambassade pour joindre sa famille et obtenir les autorisations. Mon père l'avait rencontrée, et avait pu parler avec elle de l'enfant qu'elle attendait.
Le hasard – ou la Providence – a voulu que mon père se rende rapidement compte qu'il avait été avant la guerre en classe avec le père de la jeune fille, un homme désormais assez connu du fait de sa réussite dans les affaires.
Outré par le projet d'avortement, mon père a remué ciel et terre pour entrer en contact avec ce vieux camarade perdu de vue. Ayant réussi, il a plaidé la cause de la jeune mère et de son enfant, expliquant qu'elle serait malheureuse pour le restant de ses jours si on lui faisait subir le traumatisme d'un avortement, mais ajoutant aussi que son père – le vieil ami – ne se le pardonnerait jamais.

Il avait, faut-il le préciser, des convictions solides et une foi contagieuse.
Et ainsi, l'enfant fut sauvé. 

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02 décembre, 2014

Etats-Unis : un jeune homme condamné pour le meurtre de son amie qui refusait d’avorter

La victime.
Un jeune homme de 22 ans vient d’être jugé coupable à New York du meurtre d’une mineure parce qu’elle refusait d’avorter comme il l’exigeait. Christian Ferdinand, originaire de la Jamaïque, avait fait la connaissance de Shaniesha Forbes, 14 ans, sur Facebook. Ils s’étaient rencontrés par la suite et leur relation était devenue intime. La mère de la jeune fille savait qu’elle fréquentait quelqu’un mais ignorait son nom et son âge, et ne l’avait jamais vu.
Un soir Shaniesha devait envoyer un SMS à Ferdinand annonçant qu’elle était enceinte de lui, et qu’elle entendait garder l’enfant en raison des convictions religieuses de sa mère. « Tue cette m… », avait-il répondu. Lorsqu’ils se retrouvèrent peu après dans la maison d’un cousin du jeune homme, la conversation se poursivit : l’adolescente voulait garder le bébé et refusait de se faire avorter malgré l’insistance de son « ami ».
Celui-ci se saisit d’un coussin en cuir, l’étouffa, puis brûla son corps ; il le plaça dans une valise qu’il alla jeter dans Gerritsen Beach, espérant que l’état du corps, entre flammes et eau salée, se dégraderait suffisamment pour le mettre hors de cause. Le corps de la jeune fille fut refoulé vers la plage quelques jours plus tard.
Confronté aux tests ADN prouvant sa culpabilité, Christian Ferdinand a déclaré : « Ça ne méritait pas de vivre. » Et ayant avoué le crime, il ajouta : « Vous pensez que je pourrai faire un genre de travaux d’intérêt général ? »
L’autopsie devait révéler que Shaniesha n’était pas enceinte en réalité.
Source : LifeSite.

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09 septembre, 2014

Prison ferme pour un homme qui a provoqué l’avortement de sa compagne

Vincent Ménard, 38 ans, habitant à Cambronne-lès-Clermont, vient de voir sa peine de quatre ans de prison dont un avec sursis confirmée par la cour d’appel d’Amiens pour avoir provoqué un avortement sur sa compagne sans le consentement de celle-ci.
L’« interruption de grossesse » sans le consentement de la femme est en pratique la seule forme d’avortement aujourd’hui poursuivie et condamnée en France, étant entendu que même les « IVG » pratiquées hors-délais dans des pays voisins où la procédure est légale n’entraînent pas de mise en examen.
L’homme espérait voir la peine prononcée en septembre 2013 par le tribunal correctionnel de Beauvais diminuée ; contrairement à ce qui s’était passé en première instance, il avait fait montre de remords devant les juges d’appel, affirmant regretter « profondément » son acte et se disant « conscient désormais qu’il ne lui appartenait pas de décider seul qu’il n’y aurait pas d’enfant », comme l’a expliqué son avocat, Me Jérôme Crépin. Cela n’aura pas suffi.
Les faits remontent à février 2012, lorsque Vincent Ménard apprend que sa concubine est enceinte de plus de trois mois et demi. Si sa « partenaire » est ravie, « toujours amoureuse », il n’est plus dans le même état d’esprit et il ne sait pas quoi faire. Les délais de l’« IVG » légale sont dépassés. « Marie » – le prénom a été changé – est de toute façon heureuse d’attendre l’enfant de son compagnon.
C’est alors que Ménard décide de foncer vers Barbès, à Paris. Il cherche – racontera-t-il à la barre du tribunal de Beauvais, en septembre 2013 – à se procurer des cachets pour se suicider. N’en trouve pas. (Il est vrai que dès avoir appris que son amie était enceinte, il avait viré les 115.000 euros du compte commun sur son compte en banque personnel, prompt à protéger ses intérêts financier, dira le procureur.) Vincent se rabat – explique-t-il encore – sur des pilules abortives : le Cytotec, vanté par les partisans de l’avortement pour un usage domestique dans les pays où l’avortement demeure illégal. Il en versera suffisamment dans le « smoothie » qu’il propose à son amie pour que celle-ci, six heures après avoir avalé la boisson, soit prise de crampes violentes. Elle subit une rapide dilatation du col et perd son bébé dans la foulée. Elle a beau hurler, terrifiée : Vincent est parti. Elle est abandonnée.
Inutile de dire que le couple a lui aussi éclaté.
Vincent Ménard a été condamné à verser 20.000 euros de dommages et intérêts à « Marie », et à quatre ans de prison dont un avec sursis : immédiatement incarcéré, il a rapidement fait appel et obtenu sa remise en liberté, dans l’espoir d’obtenir une réduction de peine lui permettant de bénéficier d’un aménagement qui lui permette de conserver son emploi.
Les juges d’appel n’ont pas voulu l’entendre et la condamnation a été confirmée.
On note cependant la profonde incohérence de la loi pénale qui refuse à l’homme ce qu’elle reconnaît d’office à la femme.
Vincent Ménard a invoqué, pour expliquer son geste, sa « peur de l’avenir », le fait qu’il « n’était pas prêt pour avoir un enfant », ses inquiétudes matérielles et financières, ses pensées suicidaires, le fait que son couple battait de l’aile : « Je ne pensais pas pouvoir assumer mon rôle de père. Je n’avais déjà pas le contrôle sur ma propre vie, alors m’occuper d’un enfant… »
« On lui a fait un enfant dans le dos », dira élégamment son avocat à l’audience. C’est un langage que l’on entend aussi de la part des femmes qui accusent leur partenaire de les avoir bernées de manière à ce qu’elles tombent enceinte – et qui avortent ensuite.
Sa condamnation souligne la profonde incohérence de la loi française qui admet précisément tous ces motifs lorsque c’est la femme qui « choisit » d’avorter : elle et elle seule les invoque. Sous le régime de la loi de « vraie égalité entre les femmes et les hommes », adoptée au creux de l’été en fin de session extraordinaire et symboliquement promulguée le 4 août, elle n’a même plus à les exprimer puisque tout ce qui restait, symboliquement, de la condition de détresse exigée pour la dépénalisation de l’« IVG » a été rayé du code de la santé publique en même temps qu’on en a effacé le mot.
Pour le père, rien de tel. Pas de parité ; pas d’égalité devant la loi. A l’heure du « gender mainstreaming » en vue d’obtenir la parfaite « égalité de genre », il n’a aucun droit sur l’enfant à naître – fût-ce celui de l’éliminer – tandis que la femme les a tous. Et pourtant elle peut lui réclamer des pensions alimentaires si l’enfant naît contre son gré.
Quant à l’enfant, il n’existe dans cette affaire qu’en tant qu’il était désiré par sa maman, on ne parle pas de sa mort à lui, uniquement de ce qu’a subi la femme du fait de l’avortement pratiqué sans son consentement.
On notera donc le caractère trompeur de la notion de « projet parental ». Les bioéthiciens expliquent volontiers, et c’est entré dans les lois et dans les mœurs, que l’enfant n’existe et ne mérite protection que dans la mesure où il y a sur lui un « projet parental » qui en quelque sorte l’humanise. Mais en réalité seul compte le « projet maternel ». Dans une culture de mort, le père est l’ennemi numéro un.

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17 novembre, 2013

Fin de la politique de l'enfant unique en Chine ? Pas vraiment

Cela fait des années que Reggie Littlejohn, présidente de Women's Rights Without Frontiers, milite contre les atrocités de la politique de l'enfant unique en Chine, dont elle est l'un des meilleurs connaisseurs. Pour elle, la (énième) annonce d'un assouplissement de cette règle, notamment pour les couples dont l'un des membres est lui-même enfant unique, est « très trompeuse » puisqu'à aucun moment il n'est question de mettre fin à la violation des droits humains qui est à sa base.

Reggie Littlejohn rencontre le pape François
lors de la conférence 2013 de Matercare à Rome.
« Le noyau de cette politique, c'est la coercition », a rappelé Mme Littlejohn à Catholic News Agency vendredi dernier. « Le problème est bien que c'est le gouvernement qui dit aux gens combien d'enfants ils peuvent avoir, et qu'il fait respecter cette limite par la coercition, y compris en faisant avorter des femmes de force à neuf mois de grossesse. »

Reggie Littlejohn cite le cas d'une femme morte au début du mois en Chine à la suite d'un avortement forcé : un fait qui n'a pas été rapporté par l'agence de presse chinoise gouvernementale, Xinhua.

L'assouplissement envisagé par le gouvernement chinois pourrait concerner des millions de familles. Il est dicté par l'inquiétude des pouvoirs publics pour qui le contrôle de la population imposé dans les années 1970 a désormais des effets pervers sur la croissance économiques, effets aggravés par le vieillissement de la population : on manque de jeunes pour assurer leur soutien à tel point que la population active a diminué en Chine en 2012.

Du fait de la politique de l'enfant unique, la Chine manque aussi de femmes : par préférence culturelle et de peur de ne pas assurer leurs vieux jours, beaucoup de parents préfèrent les garçons et on compte aujourd'hui 118 naissances de garçons pour 100 naissances de filles.

Si d'aucuns saluent le projet gouvernemental – encore que ce ne soit pas la première fois qu'une telle annonce est faite, pour être ensuite retirée – Reggie Littlejohn note que même mis en œuvre, il ne s'agira au mieux que d'un bricolage d'ajustement, uniquement basé sur des considérations économiques et démographiques. « Nous n'avons pas vu la moindre réduction des avortements ou des stérilisations forcés dans les campagnes ; ils sont toujours nombreux », souligne-t-elle : pourtant dans bien des campagnes la politique du nombre d'enfants est plus souple que dans les villes. 

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29 mai, 2013

Contrôle de la population musulmane en Birmanie

Les autorités birmanes ont décidé de limiter à deux le nombre d'enfants que pourront avoir les familles musulmanes dans les provinces de Buthidaung et Maundow près du Bangladesh pour réduire la croissance démographique de cette population, bien plus forte que celle des bouddhistes qui forment la majorité de la population du Myanmar.

Flag of Myanmar.svgCette annonce faite en fin de semaine dernière par le porte-parole de l'Etat birman de Rakhine, Win Myaing dans le quotidien britannique The Guardian n'a pas été accompagnée de précisions quant aux moyens employés pour obtenir ce résultat, et les autorités demeurent discrètes sur ce point. L'expérience de la Chine voisine peut permettre d'imaginer non seulement amendes et brimades mais encore la barbarie des stérilisations et des avortements forcés.

Ce sont les « tensions » entre la communauté bouddhiste majoritaire et les musulmans Rohingya qui justifient ces mesures de contrôle, voire de nettoyage ethnique, aux yeux des autorités – des violences qui ont commencé voici un an avec des attaques à la machette de bouddhistes contre les habitations musulmanes : des milliers d'entre eux avaient alors perdu leur toit et plusieurs centaines avaient été tués.

Les violences ont repris de plus belle ces dernières semaines.

Les musulmans Royingha ne font pas partie des 135 ethnies officiellement reconnues au Myanmar et ils sont considérés comme illégaux, même si de leur côté ils affirment avoir habité ces régions depuis des siècles. Leur taux de croissance démographique, selon les autorités birmanes, est dix fois supérieur à celui des bouddhistes voisins et c'est donc la « peur » face à cette expansion qui justifie ces mesures que l'on peut qualifier de génocidaires.

Par ailleurs le gouvernement birman entend interdire la polygamie des musulmans dans les provinces concernées : c'est une autre histoire qui pour le coup, ne relève pas d'une atteinte aux droits fondamentaux.

A noter : rendant compte de la dénonciation de ce contrôle étatique des naissances par l'opposante birmane Aung Suu Kyi, l'Associated Press trouve le moyen d'expliquer que les mesures birmanes sont bien à distinguer de la politique de l'enfant unique en Chine puisque celle-ci n'est pas mise en œuvre sur des critères religieux, est la même pour tous et épargne les minorités. Et là, ce n'est plus grave du tout !

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10 mai, 2013

Irlande : l'horreur de l'avortement qui s'ajoute au viol

Une jeune femme irlandaise poursuit actuellement le gouvernement de son pays pour avoir été soumise à un avortement forcé après être tombée enceinte à la suite d'un viol particulièrement violent. « Mary » était mineure à l'époque des faits. Elle n'avait que 13 ans. Aujourd'hui, 16 ans plus tard, elle n'a pas fini de souffrir. Et c'est son avortement qui lui laisse le pire souvenir : pire que le viol lui-même.

La jeune femme atteste qu'à la suite de l'avortement, elle est tombée dans une spirale de « dépression et de chaos » – alors même que l'avortement avait été justifié par des travailleurs sociaux au motif que la jeune fille menaçait de se suicider.

Tout s'était passé sans que la petite « Mary » ait eu son mot à dire. Elle se souvient avoir été emménée chez le médecin, qui lui apprit qu'elle était enceinte. « Ça veut dire quoi, enceinte ? » Elle ne le savait pas. On lui dit qu'elle allait avoir un bébé. Elle ne comprenait pas comment cela pouvait se faire. On l'éloigna de sa maison. Quelques semaines plus tard, des travailleurs sociaux l'embarquèrent dans un avion pour Londres. Là elle se souvient d'avoir eu très mal, d'avoir eu une piqûre et de s'être profondément endormie. « Quand je me réveillai, la douleur était partie et ils finirent par me dire que le bébé était mort. »

De retour en Irlande, « Mary » fut placée dans une famille d'accueil, où elle se rendit compte plusieurs mois plus tard qu'on n'allait pas lui permettre de retrouver ses parents.

Elle ne devait apprendre que plus tard ce qui s'était passé.

En application de la jurisprudence de la Cour suprême irlandaise de 1992, le fameux « Cas X », qui autorisait l'avortement à l'étranger pour les femmes irlandaises enceintes menaçant de se suicider si elles étaient obligées de poursuivre leur grossesse, une autorité sanitaire, l'Eastern Health Board, argua que « Mary » était dans cette situation et qu'elle voulait obtenir un avortement. Affirmant exprimer la volonté de la jeune fille, ladite autorité saisit la justice et obtint rapidement une décision l'autorisant à emmener « Mary » à Londres pour s'y faire avorter : la décision affirmait qu'elle avait « droit » à cet avortement.

La jeune fille elle-même n'avait rien compris de cela : « Je n'avais aucune éducation à propos de ces choses. J'avais 13 ans, j'étais la fille la plus grande dans une famille de 12 enfants. J'arrivais à peine à aller à l'école parce que je devais rester à la maison pour garder les petits, faire la cuisine et le nettoyage. »

Elle ne savait pas au moment de son voyage à Londres ce qu'était un avortement, et qu'on allait tuer l'enfant qu'elle portait. En 1998, le violeur de « Mary » fut condamné à 12 ans de prison et le juge fit remarquer au coupable que son crime avait été particulièrement odieux parce qu'il n'avait seulement violé une innocente jeune fille mais parce que son acte avait abouti à la mort du bébé « par l'avortement ». Il semble qu'elle n'en ait rien su non plus à l'époque. Tout comme elle n'a pas su alors que ses parents avaient engagé une bataille judiciaire devenue célèbre pour récupérer leur fille…

Ils ne l'obtinrent pas et la petite « Mary » dut rester dans un foyer d'accueil et après son avortement, on lui administra des neuroleptiques : lorsqu'elle refusait les comprimés ou le sirop qu'on lui présentait, on lui donnait le Lactargil par piqûre dans les fesses en la maintenant de force – ce qui ramenait de tels souvenirs de son viol qu'elle finit par accepter de les avaler.

Aujourd'hui « Mary » a 29 ans et deux enfants à elle. Et c'est ce fait qui lui a fait prendre conscience des souffrances causées par son avortement.

« Je ne voulais pas devenir mère à 13 ans, mais je me rends compte maintenant que le bébé ne méritait pas de mourir. J'aurais aimé pouvoir le donner à adopter, à quelqu'un qui voulait vraiment avoir des enfants et qui ne le pouvait pas. Elle serait adolescente aujourd'hui et peut-être qu'on aurait pu être amies, même si elle ne m'appelait pas Maman… »

« Mary » a obtenu son dossier médical et poursuit désormais le gouvernement irlandais pour l'avortement forcé et pour la mesure d'éloignement de ses parents.

Et c'est une affaire importante en ce moment où le gouvernement est précisément en train de plier devant le lobby de l'avortement en prévoyant des cas où l'avortement sera possible en Irlande : le cas de menace de suicide par exemple. Le projet de loi a été présenté, on pense qu'il sera voté d'ici à l'été…

« J'ai encore des rêves d'une petite fille blonde qui court dans un champ et me demande de jouer avec elle. Elle est ma petite fille perdue. Je l'ai appelée Shannon. J'ai fini par obtenir un certificat de décès pour elle. C'est ma façon de prouver qu'elle a existé. »

( Et le violeur ? On apprenait en 2005 qu'il venait d'être condamné à 21 ans de prison pour avoir violé une femme de 86 ans…)

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30 avril, 2012

Guen Guangcheng s'est échappé – la politique chinoise de l'enfant unique sous les projecteurs

Guen Guangcheng, l'homme qui dérange
L’avocat chinois aveugle et autodidacte Chen Guangcheng s’est échappé de son domicile où il était assigné à résidence dans des conditions très dures depuis plus d’un an et demi. « Il a pu sortir de chez lui le 22 avril et ses amis (…) l’ont conduit en lieu sûr, en dehors de sa province du Shandong », a indiqué à l’AFP Bob Fu, militant des droits de l’Homme basé aux Etats-Unis et en contact avec Chen. Chen Guangcheng a été incarcéré, battu, surveillé, privé de soins, pour avoir osé parler contre la politique de l’enfant unique en Chine et ses stérilisations et avortements forcés. (Source : Présent du 28 avril.)

Diverses sources annoncent que l'avocat militant a trouvé refuge à l'ambassade des Etats-Unis a Pékin, sans y avoir pour autant demandé l'asile politique puisqu'il ne veut pas cesser le combat qu'il mène depuis de longues années, et qui serait moins efficace s'il se trouvait hors des frontières chinoises.

La presse francophone insiste sur l'embarras des autorités américaines qui s'apprêtent à entamer des pourparlers commerciaux avec leur « honorable partenaire » chinois : Chen Guangcheng est perçu par elles comme un personnage encombrant capable de brouiller les entretiens par ses choix éthiques et politiques.

Barack Obama a même refusé de commenter ou de confirmer l'affaire aujourd'hui, répondant simplement qu'il était courant d'informations circulant à ce ce sujet.

Guen Guangcheng, en attirant l'attention internationale sur son sort, espère sans doute obtenir que lui-même et ses proches ne soient plus persécutés et malmenés. En même temps il force les regards vers la politique de l'enfant unique qui a toujours cours en Chine, avec des conséquences effroyables pour les femmes et les familles.

Ainsi, aujourd'hui, c'est un média du poids de CNN qui consacre un article au sujet, au lieu qu'il soit cantonné comme à l'ordinaire aux médias indépendants (et pauvres !) qui sont le plus souvent les seuls à en parler.

Ashley Hayes raconte l'histoire de Ji Yequing, enceinte – contrairement aux ordres gouvernementaux – de son deuxième enfant. Elle et son mari attendaient cette nouvelle naissance avec joie et impatience. Mais les autorités en ont eu vent, et c'est de force qu'elle a été traînée vers une clinique, non sans avoir battu son mari pour l'empêcher de lui venir en aide, puis maintenue plaquée sur un lit où elle a subi un avortement forcé.

Elle en a témoigné en septembre devant le Congrès aux Etats-Unis où elle a, depuis, trouvé asile. Racontant le « vide » abominable qu'elle avait ressenti : « Tout cet espoir, cette joie, cette attente heureuse avaient disparu. J'étais déprimée, triste. Pendant très longtemps, chaque fois que je pensais à mon enfant perdu, je pleurais… »

Ji Yeqing allait être soumise à un deuxième avortement forcé en 2006, trois ans après le premier, alors même qu'elle et son mari avaient déclaré qu'ils acceptaient les amendes et les sanctions (la perte de leur emploi) prévus si la jeune femme devait accoucher d'un deuxième enfant. Tout s'est terminé par un divorce, son mari d'alors lui reprochant de ne pas pouvoir lui donner un fils.

CNN rapporte d'autres cas particulièrement atroces d'avortements tardifs, dont un pratiqué à neuf mois où le bébé, né vivant, a été aussitôt noyé. Une image qui a fait le tour de Twitter en Chine.

Une autre femme témoignant devant le Congrès, Liu Ping, a subi cinq avortements forcés entre 1983 et 1990 avant de se voir implanter de force un dispositif intra-utérin. Elle devait alors se rendre dans la clinique de son usine tous les mois pour vérifier qu'elle n'avait pas ôté le stérilet et n'était pas enceinte : ayant raté une de ces visites en raison de la maladie de sa mère, en phase terminale, elle avait été agressée à son retour chez elle par des agents de la commission de planning familial qui l'ont battue : en chutant, Liu Ping s'est cassé deux vertèbres. Une tentative de suicide devait suivre, stoppée par ses proches : c'est ensuite seulement qu'elle a pu obtenir l'asile aux Etats-Unis et se réconcilier avec son mari dont elle avait divorcé.

La Chine connaît un taux de suicide féminin exceptionnellement élevé : 500 par jour. C'est aussi le seul pays au monde où le nombre de suicides féminins est plus important que celui des hommes.

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18 janvier, 2012

Etats-Unis : bataille judiciaire sur l'avortement et la stérilisation d'une femme schizophrène

Une cour d'appel du Massachusetts a annulé mardi la décision d'une juge qui avait ordonné la stérilisation forcée d'une femme schizophrène, actuellement enceinte de plus de cinq ou six mois, en même temps qu'elle donnait son feu vert pour l'avortement demandé par la famille pour leur fille qui s'y était opposée. La cour a estimé que la décision de la faire stériliser n'était demandée par personne et qu'elle résulte d'une initiative personnelle de la juge des affaires familiales, Christina L. Harms. Cela a dû être un des derniers jugements de celle-ci puisqu'elle est désormais à la retraite.

Le jugement de la cour d'appel est en ligne sous sa forme provisoire ici.

L'affaire fait grand bruit aux Etats-Unis dans la mesure où il s'agit, en tout état de cause, de rendre possible un avortement sur une malade mentale sans son consentement, point qui, lui, n'est pas contesté par la cour d'appel.

« Mary Moe », 32 ans, souffre de plusieurs maladies mentales : schizophrénie ou désordre schizo-affectif et trouble bipolaire. Son état de grossesse, était-il avancé, exigeait d'interrompre son traitement médical pour ne pas nuire à l'enfant à naître, avec des conséquences négatives sur le comportement de la jeune femme qui risquait de devenir encore plus déséquilibré ; toutefois, selon la cour d'appel, le psychiatre qui connaissait l'état de grossesse de « Mary Moe » avait estimé que « le risque associé à l'administration de médicaments à cette patiente est bien plus petit que celui lié à l'arrêt de leur administration ».

En tout cas ses parents avaient initialement réclamé au juge Harms de les établir comme gardiens (tuteurs) temporaires de leur fille afin de pouvoir se substituer à elle pour toute décision concernant sa grossesse sur laquelle ils entendaient faire constater qu'elle était « incompétente » à prendre quelque décision que ce soit. Et ainsi, obtenir le droit de demander qu'un avortement soit pratiqué sur « Mary Moe ».

« Incompétente » et schizophrénique, celle-ci est à l'évidence fortement perturbée par son état mais elle s'exprime clairement, et ce qu'elle exprime, c'est son refus absolu de l'avortement.

« Je ne ferais pas cela », a-t-elle déclaré au cours d'une audience de première instance – où elle avait également affirmé qu'elle n'était pas enceinte, qu'elle avait déjà rencontré le juge Harms (c'était inexact) et qu'elle avait déjà donné le jour à une petite fille prénommée Nancy, ce qui n'est pas davantage exact. Quoique…

Ce qui est vrai, c'est que « Mary Moe » est déjà mère d'un petit garçon, que ses parents à elle élèvent. Et qu'avant de donner le jour à ce garçon, elle avait déjà subi un avortement.

Et c'est là que l'affaire devient encore plus emblématique. Au vu des faits rapportés par le jugement, on se pose en effet des questions : on y apprend en effet que « Mary Moe » a subi sa première psychose aiguë à la suite de cet avortement. Après quoi elle croyait toujours que les gens la dévisageaient et disaient qu'elle avait tué son bébé. Selon le rapport du gardien qui lui a été assigné pour les besoins de la procédure, elle devient agitée et émotive lorsqu'elle part de sa grossesse qui s'est achevée par un avortement. Elle refuse tout soin et tout examen obstétrique.

Autrement dit – mais le jugement ne l'affirme pas – les plus graves désordres mentaux dont souffre « Mary Moe » pourraient bien être liés à un syndrome post-avortement… En tout cas, la question mérite d'être posée. Lui imposer un nouvel avortement, dans ce contexte, ne serait alors pas seulement criminel pour le bébé qu'elle attend, mais dramatique pour elle.

D'autant que « Mary Moe » se dit « très catholique » et répète qu'elle est contre l'avortement et ne voudrait jamais en subir un… A quoi ses parents répondent qu'elle n'est pas une « catholique active ».

Quoi qu'il en soit son « gardien ad litem » avait conclu en première instance que si « Mary Moe » était compétente pour prendre une décision à propos de son état elle aurait choisi de ne pas subir un avortement.

Sans entendre la jeune femme, précise l'arrêt d'appel, le juge Harms décidait que les éclaircissements apportés par le gardien n'étaient pas déterminants, ajoutant que si « Moe » était « compétente », elle « ne choisirait pas d'avoir des troubles délirants » et qu'elle « opterait donc pour l'avortement de manière à recevoir des médicaments qui ne lui pouvaient pas lui être administrés en raison de leurs effets sur le fœtus ». Le juge, rapporte encore l'arrêt d'appel, « désigna les parents de “Moe” comme co-gardiens et décida que celle-ci pouvait être “encouragée, soudoyée, ou même attirée… par ruse” dans un hôpital où elle serait sédatée pour subir l'avortement ». Le juge ajoutait de sa propre initiative que tout établissement de soins pratiquant ledit avortement devait stériliser « Mary Moe » afin « d'éviter que cette pénible situation ne se répète à l'avenir ».

La cour d'appel a estimé, citant la jurisprudence, que le droit de porter ou de concevoir un enfant est si personnel qu'il doit être « étendu à toute personne même incompétente ». Les juges ont estimé qu'en n'informant pas « Mary Moe » du projet de la faire stériliser et en ne donnant aucun détail écrit quant aux motifs de sa décision, le premier juge l'a privée de son droit. Cette partie du jugement a donc été annulée.

En revanche, les juges d'appel ont estimé qu'il était bien possible que « Mary Moe » soit incompétente pour prendre une décision à propos de sa grossesse, sur le seul fondement qu'elle niait sa grossesse. Et si c'est le cas, il appartiendrait au juge de rechercher à sa place quelle décision elle aurait prise si elle était compétente, et de la respecter, même si elle était imprudente ou stupide.

L'ordre de pratiquer l'avortement sur la jeune femme a donc été annulé, l'affaire est renvoyée devant un autre juge afin de permettre de mieux connaître les circonstances concrètes et la volonté réelle de « Mary Moe », ainsi que l'éventuelle viabilité de l 'enfant qu'elle porte, la protection de la santé de la jeune femme étant confiée à ses parents en tant que gardiens. Mais les juges d'appel ont lourdement insisté sur les droits des personnes souffrant de maladie mentale dans le domaine de la procréation et ont souligné qu'il s'agit avant tout de savoir ce que « Mary Moe » souhaite – et ça, c'est assez clair.

Selon des spécialistes cités par le Boston Globe, cette affaire pourrait bien être une sorte de pointe de l'iceberg parmi des cas concernant des femmes enceintes et souffrant de maladie mentale, soulignant que dans ce cas précis les juges étaient allés très loin dans la protection des droits de la jeune femme.

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12 décembre, 2011

Italie : une jeune fille avorte sous la pression parentale

Elle avait fait reconnaître son droit de donner la vie à l'enfant qu'elle attendait, mais finalement elle aurait avorté quand même : la jeune fille de 16 ans qui a défrayé la chronique en Italie pour s'être opposé à la mise à mort de son bébé a cédé semble-t-il aux pressions de ses parents. Le Mouvement pour la vie (MPV) italien qui était justement réuni à Rome a fait part de cette nouvelle en affirmant sa « profonde amertume » devant la décision de cette jeune fille de Trente de « ne pas accueillir son enfant ». Le MPV souligne que ce revirement intervient à très peu de jours d'un moment où elle semblait décidée à tout pour protéger cette nouvelle vie, « malgré les circonstances adverses ».

Le MPV, qui ne connaissait pas l'identité de la mineure, avait par voie de presse qu'il mettrait toute aide et assistance au service de la jeune fille, y compris sur le plan économique pour la soutenir, elle et son enfant.

« Si en effet ce chapitre s'est achevé de la manière la plus tragique, il demeure un soupçon sur le fait que la décision soudaine de la jeune fille d'avorter puisse être le fruit non d'une réflexion spontanée mais plutôt de la réussite des pressions qui n'étaient certes pas de nature à assurer à la jeune fille la sérénité nécessaire pour affronter des choix aussi décisifs », réagit le MPV qui invite la justice à vérifier que toutes les conditions de la loi 194 sur l'avortement ont bien été respectés.

Cette nouvelle « nous fait horreur », a souligné de son côté le responsable général de la Communauté Pape Jean XXIII. Elle avait trouvé une « protection », avec son enfant, face aux pressions de ses parents pour lui faire accomplir « un acte gravement dommageable pour sa propre personne » ainsi que pour son enfant « qui a été déchiré en petits morceaux par l'avortement » ; « sa liberté » n'a pas non plus été respectée alors qu'elle avait dit avec tant d'insistance vouloir poursuivre cette grossesse. Et de citer le fondateur de cette œuvre, Oreste Benzi : l'avortement « fait deux victimes : l'une mortellement touchée, l'enfant, et l'autre blessée à vie, la mère ».

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09 décembre, 2011

Italie : un tribunal refuse d'imposer l'avortement à une mineure

Une jeune fille mineure de la province de Trente enceinte d'un Albanais de 18 ans ne sera pas forcée à avorter par une décision judiciaire, a décidé un représentant du ministère public saisi de l'affaire par les parents de la mineure. Fabio Biasi a déclaré que le tribunal des mineurs devant lequel ils souhaitaient obtenir une décision d'avortement forcé sur leur fille qui refuse l'« IVG » n'est pas compétent pour prendre une telle décision, pas plus qu'aucun autre d'ailleurs.

La jeune fille, 16 ans, en est déjà à sa deuxième grossesse, du même père. Elle ne souhaitait pas davantage mettre un terme à la première, survenue il y a un an, que la seconde, mais elle avait alors fini par céder aux injonctions de ses parents qui l'avaient obligée à laisser supprimer son enfant. Ceux-ci sont séparés mais ont trouvé dans le refus des grossesses de leur fille, et de ses fréquentations, un de leurs uniques terrains d'entente. Cette fois-ci, il semble que la jeune fille ait tenté de tenir son état caché pour ne pas avoir à faire face une nouvelle fois aux pressions parentales.

« Son » jeune Albanais est arrivé en Italie il y a deux ans, il n'a ni domicile ni travail et vit dans une communauté après avoir été jugé pour divers petits délits. Les parents l'accusent d'être violent et affirment avoir trouvé des traces de coups et de blessures sur le corps de leur fille. Qui, elle, ne pense qu'à garder son enfant et à s'établir avec le jeune homme pour former une famille.

La manœuvre judiciaire de ses parents ne devrait pas aboutir du fait que la loi italienne prévoit de respecter dans une certaine mesure l'autonomie des mineurs et leur droit de décider dans des affaires qui les touchent de manière aussi personnelle, malgré la puissance paternelle qui s'exerce jusqu'aux 18 ans des enfants. Il en va de même habituellement pour toutes les importantes décisions médicales à prendre au bénéfice des plus de 16 ans.

Dans cette triste affaire on peut à la fois pointer le manque de docilité de la jeune fille qui fréquente un jeune homme contre la volonté de ses parents, et souligner sa force de caractère pour prendre la défense de la petite vie qu'elle porte, et qui n'est pour rien dans les déceptions des parents, les insuffisances du papa et la jeunesse de sa maman.

Il faut sans doute souligner aussi le caractère peu équilibrant de la vie familiale de la jeune fille qui vit avec un seul de ses parents et dont la grande sœur, nous dit la presse italienne, lui sert quasiment de mère. Quels repères peut-elle construire dans une telle situation ?

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08 octobre, 2011

Brésil : deux hommes condamnés pour tentative d'avortement forcé

Deux hommes, Caros Nogueira de Campos, 27 ans, et Rafael Corrêa Bispo, 26 ans, ont été condamnés respectivement à 14 mois  et un an de prison, vendredi au Brésil, pour avoir forcé une femme à avaler trois comprimés de cytotec, molécule interdite dans ce pays en raison de ses effets abortifs. Ils ont également introduit un comprimé de Cytotec dans son vagin pour mieux s'assurer de son action, puis ils l'ont endormie à l'éther avant de s'enfuir.

Ils avaient fait beaucoup de bruit dans son appartement et, les voisins ayant appelé la police, ils avaient été appréhendés en sortant de l'immeuble ; Carlos avait alors tenté de se débarrasser discrètement d'un calibre 38 mais la police s'était aperçue de la manœuvre.

La jeune femme, emmenée immédiatement aux urgences, a subi à temps un lavage  de l'estomac et l'avortement n'a donc pas eu lieu. Raison pour laquelle les malfrats n'ont pas écopé de 3 à 10 ans de prison, peine prévue pour l'avortement forcé.

Au fil du procès les deux jeunes hommes ont avoué qu'ils devaient recevoir 2000 Reis pour la commission du crime, sans en révéler le commanditaire ; ils ont seulement fait allusion aux tractations qui avaient eu lieu avec un intermédiaire qui leur avait promis la somme à remettre une fois que le « service » aurait été « achevé ».

Où l'on comprend que le crime organisé sait, lui, au moins, ce qu'est un avortement : la mise à mort d'un être humain. La preuve, c'est que cela peut rapporter gros.

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09 mars, 2011

Chine : la fin de la politique de l'enfant unique, peut-être – mais pas celle du contrôle de la population

La Chine envisagerait d'assouplir sa politique de l'enfant unique à la fin du plan quinquennal en autorisant les familles à avoir un deuxième enfant dans la mesure où des études démographiques en cours démontreront que cela n'aura pas pour effet une croissance rapide de la population.

Cette politique – évoquée dans les deux messages précédents – connaît à l'heure actuelle des dérogations rappelées par le quotidien chinois Global Times. Elles sont accordées, pour un enfant supplémentaire seulement, aux couples dont les deux membres sont déjà eux-mêmes enfants uniques, à ceux dont le premier enfant souffre d'une maladie congénitale, et aux parents des zones rurales ou faisant partie des minorités ethniques, dont le premier enfant est une fille.

Il s'agira, selon Zhang Li, l'un des directeurs délégués du Comité national de la population, de « réduire la population sans pour autant aggraver la situation induite par une population qui vieillit ». Un autre responsable, Wang Yuqing, insiste quant à lui sur la retenue volontaire des couples eux-mêmes en raison du coût très élevé que représente le fait d'avoir plus d'un enfant. Il s'agirait donc plutôt de se battre contre la baisse du taux de natalité dans les grandes villes…

En fait, la Chine tente de corriger des effets pervers de sa politique (mais il y en a bien d'autres, bien sûr !) comme le vieillissement qui fera doubler la proportion de personnes âgées de plus de 65 ans d'ici à 2030 (de 8,5 à 17,5 % de la population) dans un pays où l'assurance vieillesse faisant défaut, ce sont les enfants qui s'occupent de leurs parents âgés.

Bref, des projets, rien de certain, et même dans le cadre d'un assouplissement, la politique coercitive de contrôle de la population resterait en vigueur au-delà du deuxième « enfant autorisé ». Cela n'est pas plus acceptable.

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08 mars, 2011

Journée de la femme : et si l'ONU s'intéressait aux femmes chinoises ?

Chris Smith. Source photo : le blog de Jill Stanek.
Chris Smith, élu à la Chambre des représentants des Etats-Unis et connu comme l'un des défenseurs les plus solides du respect de la vie, a fêté la 100e édition de la Journée internationale de la femme en appelant les Nations unies à s'élever contre les traitements inhumains dont sont victimes les femmes chinoises du fait de la politique de l'enfant unique imposée par les autorités du Parti.

Plusieurs militants chinois, dont Harry Wu qui préside la Fondation de recherche sur le Laogai, étaient à ses côtés lundi à Washington non seulement pour interpeller l'ONU, mais aussi pour dénoncer sa complicité par rapport au contrôle coercitif de la population et aux stérilisations et avortements forcés qui l'accompagnent. « C'est le pire “crime de genre” qui soit perpétré dans le monde aujourd'hui, et, proportionnellement, certainement le plus important », a déclaré Chris Smith qui épinglait tout particulièrement le rôle du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP). Auquel Obama a attribué 100 millions de  dollars de subventions

Rappelant que des organisations chargés de faire respecter les traités de l'ONU ont reconnu l'existence de ces crimes, l'élu a souligné que la violence barbare qui accompagne la mise en œuvre du contrôle de la population frappe « des centaines de millions de femmes ». Des violences psychiques, comme la pression exercée pour que les femmes avortent, aux amendes pour les naissances en trop qui peuvent atteindre dix fois le revenu annuel d'un couple, voire la prison, visent à obtenir une soumission spontanée au plan de population. Et lorsque celle-ci fait défaut, ce sont des avortements forcés. Et les souffrances terribles qui visent toutes les femmes dans leur maternité même, perçue comme un danger. Toute cette politique a été aveuglément soutenue par le FNUAP, rappelle Chris Smith – un aveuglement volontaire, bien sûr.

500 Chinoises se suicident chaque jour : la Chine est le seul pays au monde où les femmes sont plus nombreuses à se suicider que les hommes, rappelle Smith.

Celui-ci a également interpellé la toute nouvelle super-entité onusienne, ONU Femmes, présidée par Michelle Bachelet, afin qu'elle s'attaque prioritairement contre les horreurs de la politique de l'enfant unique.

Mais Bachelet a mieux à faire, comme le rappelle LifeSite, qui rapporte ce coup de gueule. Elle s'inquiète de ce que moins de 10 % des pays du monde aient un chef d'Etat ou de gouvernement féminin…

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22 janvier, 2011

Hu Jintao nie les avortements forcés en Chine…

En visite d’Etat aux Etats-Unis, le président chinois a nié jeudi en réponse à Ileana Ros-Lehtinen, présidente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, que les autorités chinoises forcent des femmes à avorter, en vertu de la politique de l’enfant unique. « J’ai été surprise qu’il affirme qu’une telle pratique n’existe pas », a-t-elle sobrement commenté.

Le démenti de Hu Jintao est ahurissant : depuis la mise en place de la politique coercitive de l’enfant unique, au début des années 1980, d’innombrables témoignages attestent de cette pratique (voir notamment le Population Research Institute : www.pop.org, (PRI).

Le militant aveugle Chen Guangcheng a été emprisonné en 2006 pour avoir dénoncé quelque 7 000 stérilisations et avortements forcés dans sa seule région.

Si Hu Jintao a été accueilli avec fraîcheur par les élus fédéraux, il n'en va pas de même de l'Administration Obama qui l'a reçu avec les honneurs dus à un aussi important partenaire économique et bailleur de fonds. Le président chinois n'a donc pas été invité à s'expliquer plus avant.

Kathleen Gilbert de LifeSite rappelle que la politique coercitive de l'enfant unique avait incité George W. Bush, en 2002, a cessé de financer de Fonds des nations unies pour la population (FNUAP) qui s'est rélé être complice de cette politique (voir encore les documents du PRI).

Steven Mosher, fondateur du PRI, a réagi avec colère contre le démenti de Hu Jintao, qu'il a qualifié de « mensonge sans scrupules »). Mosher est le premier sociologue occidental à avoir obtenu le droit d'accès en Chine en 1979 ; depuis lors, il s'est engagé dans la lutte pour la reconnaissance des souffrances et des droits des femmes Chinoises – car il a été personnellement témoin d'avortements forcés. Interrogé par LifeSite, il a précisé :

« J'étais en Chine il y a quelques mois et j'ai rencontré des femmes qui étaient précisément en train de fuir pour éviter un avortement forcé. Je sais de manière certaine que si elles avaient été rattrapées par les autorités, elles auraient immédiatement été embarquées et auraient reçu une injection mortelle dans l'utérus, qui aurait provoqué la naissance de leur enfant mort-né 48 à 72 heures plus tard. »
Il confirme le fait qu'en Chine de nombreuses femmes subissent des avortements forcés : elles sont « maîtrisées par la force, puis attachées à une table pendant qu'on leur vide l'utérus ». Les autorités locales s'exécutent dans la mesure où elles risquent elles-mêmes des amendes en cas de dépassement des quotas de grossesse « légales ». Steven Mosher précise cela pour expliquer que ces avortements forcés ne sont pas le fait marginal de fonctionnaires trop zélés : « C'est ainsi que le programme a été mis en place par la commission de planning familial de l'Etat de manière à fonctionner effectivement. » Il est impossible que cet aspect du programme ne soit pas connu de Hu Jintao ou du gouvernement chinois : « Il s'agit d'une de leurs campagnes politiques majeures et durables ».

Elle a été réitérée pas plus tard qu'en décembre pour l'ensemble de la Chine : voir ici.

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21 décembre, 2010

Politique de l'enfant unique : la Chine persiste

Malgré l'inquiétant déséquilibre entre les naissances de filles et celles de garçons – avec un véritable féminicide en cours qui s'ajoute au génocide de l'avortement, les familles préférant avoir des garçons en l'absence de système social garantissant aux vieux retraite et soins – Li Bin, directeur de la Commission nationale de la population et du planning familial, a déclaré que la Chine s'en tiendra à sa politique actuelle (de l'enfant unique, généralement). Oubliée, aussi, la problématique du vieillissement des populations qui prend des allures de bombe démographique. Enfin, oubliés, non : ces questions ont été évoquées mais n'entraîneront pas un changement profond de l'attitude gouvernementale.

La Chine communiste entend toutefois améliorer ses politiques en ce qui concerne la reproduction, la migration et l'égalité de genre afin d'obtenir un développement de la population mieux équilibré et plus durable, rapporte la presse chinoise.

Il s'agit, mais cela n'étonnera personne, d'un « plan quinquennal ».

Et son effet semble devoir être une négation accrue de l'Etat des droits fondamentaux des familles, avec une constante : maintenir bas le taux de natalité, mais « gérer » davantage l'ensemble.

« Un plan complet sera formulé en vue d'obtenir une saine croissance de la population, d'accroître la compétence du gouvernement, d'optimiser la structure de la population et de guider une distribution rationnelle de la population », a précisé Li Bin. La Chine compte actuellement 200 millions de migrants pour la plupart nés après 1980 ; le plan étatique les visera donc en priorité et de fait ils seront la cible de programmes spécifiques d'accès aux contraceptifs et de visites médicales de santé reproductive ».

Lin Bi s'est aussi félicitée des résultats de la politique chinoise de contrôle de la population menée au cours des 30 dernières années, qui a pourtant abouti aux problèmes cités plus haut, et elle a précisé : « Cela n'aura pas été facile, et grâce à la grande compréhension du peuple cela aura aidé la Chine à atteindre une croissance économique rapide et la mise en place progressive d'un système de protection sociale. »

« Grande compréhension » ? Drôle de façon d'évoquer des années de stérilisations et d'avortements forcés, ainsi que de persécutions et de vexations visant les contrevenants… La Chine entend désormais offrir des subventions gouvernementales à ceux qui se conformeront aux directives malthusiennes.

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29 octobre, 2010

Encore une bonne nouvelle “européenne”

Le lobby « Care for Europe » vient d'annoncer, dans un communiqué repris par LifeSite, que le Parlement européen vient d'adopter un amendement interdisant explicitement toute subvention européenne aux programmes de planning familial imposant l'avortement de manière coercitive ou obligatoire. Intégré dans la discussion sur le budget annuel de la Commission européenne, l'amendement a été adopté par 372 voix contre 279.


Les choses vont même plus loin puisque le budget 2011 contient désormais, selon « Care for Europe », des amendements permettant de dégager des fonds pour la lutte contre « l'avortement forcé, la stérilisation et même l'infanticide, utilisés en Chine par exemple pour imposer la politique étatique de planning familial ».

LifeSite rappelle que des organisations comme le Fonds des nations unies pour la population (FNUAP), le Planning familial international et Marie Stopes International sont régulièrement pointées du doigt en raison de leur coopération avec ces pratiques coercitives.

Bonne nouvelle, donc, mais elle a son avers : le principe du financement de programmes de planning familial en ressort renforcé. On reste dans une logique de haine de l'enfant, et on permet le principe des programmes de financement de l'avortement et de la stérilisation « choisis ». En outre on de pousse pas l'honnêteté jusqu'à rappeler que des pratiques dites contraceptives qui sont promues dans le cadre de ces programmes peuvent avoir pour effet, et l'ont même souvent, de provoquer un avortement très précoce : ces « contragestifs » empêchent la nidation de l'enfant déjà conçu.

25 octobre, 2010

Texas : une adolescente échappe à un avortement forcé

Elle a seize ans. Elle est enceinte. Elle veut garder l'enfant qu'elle porte, et le père ne veut pas non plus qu'on mette à mort ce bébé conçu il y a treize semaines. Mais pour qu'il puisse vivre, il lui a fallu se battre devant la justice du Texas : les parents de la jeune fille enceinte ont voulu la faire avorter de force.

Par deux fois, la jeune fille a été traînée vers l'avortoir par sa mère : International Healthcare Solutions et Planned Parenthood de la région Texas Capitale, et leur volonté de la faire avorter de force reste entière.

La semaine dernière, ayant demandé à la cour de district de Travis County d'empêcher cette procédure d'avortement forcé, la jeune fille, défendue par plusieurs avocats de l'Alliance Defense Fund (ADF) a obtenu une décision d'empêchement temporaire en sa faveur. Ses avocats avaient souligné que « le droit de ne pas subir un avortement est protégé par la loi, et l'on ne perd pas se droit par le simple fait que quelqu'un d'autre considère l'enfant à naître comme une charge non désirée ».

LifeSiteNews nous apprend que la jeune fille, déjà opposée à l'idée d'avorter son enfant, a été confirmée dans sa décision par une conversation avec une personne qui priait pour la vie aux abords de l'avortoir où sa mère l'a traînée.

L'affaire n'est pas close puisqu'une audience est programmée pour le 28 octobre pour transformer la suspension temporaire en injonction temporaire contre les parents de la lycéenne.

LifeSite souligne que d'innombrables militants pro-vie attestent du fait qu'il arrive fréquemment que des jeunes filles soient forcées à avorter, même si ces abus de droit sont la plupart du temps tenus cachés par leurs responsables. Si bien qu'une association créée par la Justice Foundation, également partie au procès, le Centre contre les avortements forcés, distribue depuis quelque temps une lettre gratuite destinée à informer les personnes qui risquent de contraindre une mère à avorter son enfant des droits de cette dernière.

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23 octobre, 2010

Avortement forcé en Chine : non, cela n'a pas disparu !

Un récit d'horreur, qui nous arrive par le biais d'un reportage filmé en Chine par la chaîne Al-Jazeera, repris par l'Associated Press et diffusé par LifeSiteNews.Com : Xiao Aijing, enceinte de son deuxième enfant, a été embarquée de force de chez elle le 10 octobre dernier par les services gouvernementaux de Planning familial et a été brutalement soumise à un avortement. A huit mois de gestation…

Le récit nous vient de son mari, Luo Yanqua. Il raconte, sidéré, les 48 heures de sa vie où il s'est battu avec l'énergie du désespoir contre l'écrasant appareil communiste et malthusien de notre « honorable partenaire » économique et commercial pour empêcher son fils d'être tué.

Averti du fait que sa femme avait été emmenée, il s'est précipité chez lui pour essayer de la retrouver. Il finit par trouver l'endroit où elle a été transférée et enfermée par les officiers du Planning. Il tente de s'expliquer : lui, Luo, était de la ville, et n'avait droit qu'à un enfant ; mais elle, Xiao, de la campagne, avait le droit à un deuxième, ils pensaient avoir droit à cette deuxième grossesse…

Réponse : la politique de l'enfant unique oblige à avorter l'enfant.


« J'ai protesté. Le bébé avait huit mois. C'est un être vivant. On ne peut pas comme ça se débarrasser d'une vie humaine », raconte Luo. Les autorités devaient lui donner un jour pour proposer une autre solution. Mais comme le lendemain sa femme, internée, ne répondait plus au téléphone, Luo s'est de nouveau précipité à ses côtés.

« Il y avait des tas de gens autour de ma femme. Ils lui maintenaient les mains derrière le dos, la tête contre le mur, et ils lui donnaient des coups de pied dans le ventre. Je ne sais pas s'ils essayaient de provoquer une fausse couche. Mais ses bras, ses jambes, son cou… tout était blessé. J'étais tellement en colère ! J'ai dit : “Nous n'avons même pas pu parler d'une solution. Comment pouvez-vous la frapper ainsi ?” »


Luo est éloigné et à partir de ce moment-là, il n'aura plus de nouvelles de sa femme. Il apprendra un peu plus tard que son enfant a été tué in utero par une injection mortelle, et c'est seulement après cela que Xiao obtient le droit de rappeler son mari.

L'enfant est mort-né, le 14 octobre semble-t-il, et à cette date, date du reportage, Luo n'avait pas encore pu revoir sa femme et ne savait pas où elle était. La petite fille du couple, âgée de neuf ans, n'arrêtait pas de demander où était sa maman, et quand elle verrait son petit frère…

« Mais je ne vois pas comment je pourrais lui expliquer ce qui s'est passé… », raconte Luo.

Les médias locaux ne sont pas intéressés par son histoire, et les avocats qu'il a contactés lui ont dit qu'il n'y avait rien à faire. « Ce sont des gens officiels du gouvernement qui ont fait cela. Je ne suis qu'un homme ordinaire. Au mieux, ils trouveraient de toute façon une manière de faire un montage pour me faire apparaître coupable. Vous savez comment ça marche… »


A l'enquête d'Associated Press, les services du Planning chinois local avaient déjà répondu que Luo était d'accord pour l'avortement…


Le cas de Luo et de Xiao est très loin d'être isolé, disent les organismes de défense de la vie. Comme le courageux Population Research Institute, qui dénonce à la fois le contrôle coercitif de la population et le mythe de la surpopulation : il dénonçait récemment la célébration par la Chine du 30e anniversaire de la politique de l'enfant unique que ce pays mourant et vieillissant, où les femmes manquent encore plus que les hommes par l'avortement sélectif, entend imposer « encore pendant des décennies », selon les responsables.

En Chine, le groupe « All Girls Allowed » (Toutes les filles sont acceptées), une organisation fondée par l'un des leaders du mouvement démocratique de la Place Tienanmen en 1989, souligne que les statistiques chinoises officielles avouent au moins 35.000 avortements par jour dans le pays, soit un toutes les deux secondes et demi :

« Nous on exhortons toutes les personnes et tous les leaders du monde libre à voir cette vidéo et à entendre les cris des parents et de cet enfant à naître qui a été tout simplement assassiné. Pendant combien de temps encore le monde refusera-t-il de voir la réalité de cette politique inhumaine ? »

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20 octobre, 2010

Tentative d'avortement forcé : un homme poursuivi pour tentative de meurtre

La modification il y a quelques années des dispositions pénales relatives au meurtre a permis ce qui apparaît comme une première judiciaire, d'après la presse américaine, dans l'Ohio. Un homme de 28 ans, Dominic Holt-Reid, y est actuellement jugé pour avoir tenté de forcer sa concubine, Yolanda Burgess, 26 ans, à subir l'avortement de l'enfant qu'elle attendait de lui.

Rendez-vous avait été pris le 6 octobre dernier dans une clinique d'avortement de Near East Side, Franklin County, pour l'opération. Mais au dernier moment, Yolanda change d'avis. Elle veut garder l'enfant. C'est alors que Holt-Reid la force à monter en voiture, et, sous la menace d'une arme à feu, l'oblige à rejoindre la clinique à temps pour le rendez-vous. Sur place, la jeune femme passe un mot aux employés de la clinique pour faire savoir qu'elle n'est pas là de son plein gré, et ceux-ci appellent la police qui arrêtera Holt-Reid dès son arrivée sur le parking de la clinique où jeune homme attend dans sa voiture, son pistolet à la ceinture.

L'arrestation a été suivi d'une inculpation multiple (séquestration, usage inapproprié d'une arme et, surtout, tentative de meurtre caractérisée par la tentative, sous la menace d'une arme à feu, d'obliger sa compagne à subir un avortement forcé. La loi de l'Ohio interdit le fait de mettre fin illégalement à une grossesse – sans toutefois considérer le fœtus comme une personne. Elle a déjà permis plusieurs condamnations doubles tenant compte de la présence de deux victimes lorsqu'une femme enceinte est tuée, a souligné Ron O'Brien, chargé des poursuites, mais il estime que c'est la première fois qu'un cas se présente comme ici, avec la poursuite contre une simple tentative mais où la seule victime potentielle est considéré être l'enfant à naître.

Dominic Holt-Reid est déjà père de 6 enfants et vit avec sa tante ; il est également étudiant au Columbus State University où il suit des cours de chauffage et d'air conditionné (sic). Il a été condamné dans une affaire de stupéfiants en 2007.

L'affaire est intéressante mais pose un problème juridique réel, puisque Holt-Reid ne pouvait lui-même tuer l'enfant porté par sa compagne mais devait s'en remettre à d'autres pour cela : ceux qui auraient réalisé l'avortement.

C'est peut-être pour cela – est-ce son avocat commis d'office qui le lui a soufflé ? – que le jeune homme a plaidé non-coupable aujourd'hui et que l'affaire va donc suivre plus lentement son cours.

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