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19 décembre, 2014

Australie : un avortement à 28 semaines pour une malformation de la main

Photo : LifeSite. Voir ici l'article sur cette affaire.
La presse australienne conte la terrible histoire d’un avortement pour une malformation génétique non mortelle, opérable, à 28 semaines de grossesse : le « fœtus » était un enfant qui aurait certes été prématuré s’il était né vivant, mais qui était parfaitement viable. Et le Sydney Morning Herald ne s’émeut pas tant de la mort de cet enfant que des difficultés rencontrées par le couple pour obtenir son avortement tardif.
La malformation a été découverte lorsque la grossesse était à 23 semaines : l’échographie a révélé une ectrodactilie à la main gauche : l’absence d’un ou plusieurs doigts et une main en forme de pince. Cela ne se guérit pas mais s’opère et se soigne.
Cindy et Frank, les deux parents, n’avaient qu’une idée : obtenir l’avortement de leur enfant à naître. Ils se plaignent de ce que les échographies de contrôle aient tardé pour des raisons « bureaucratiques ». Et de s’être entendu dire, une semaine après la découverte de la malformation, que l’avortement ne serait pas autorisé. La loi du New South Wales indique bien que l’avortement est possible en cas de malformation, mais exige qu’il soit tenu compte des perspectives de survie de l’enfant qui, dans le cas présent, étaient excellentes.
« J’étais vraiment, vraiment déprimée », raconte Cindy. « Je ne pouvais penser à rien d’autre qu’au bébé, j’avais l’impression d’avoir été abandonnée. » Elle explique qu’elle a grandi en Chine, où les handicapés sont victimes de « discrimination ». « Je ne voulais pas que mon enfant soit victime de discrimination. Le problème est… très visible puisqu’il s’agit des doigts, et je pense que l’enfant aurait eu une vie très difficile. » Elle s’est sentie « coupable » du handicap du bébé.
Pour finir, celui-ci a été tué à plus de six mois et demi avec l’accord de l’équipe médicale qui a renvoyé le couple vers le Royal Prince Alfred Hospital de Sydney.
Ainsley Newson, spécialiste en bioéthique, explique que la distinction entre malformations graves et légères est subjective : « Il n’y a pas de consensus clinique ou éthique, et des personnes différentes vont réagir différemment devant un diagnostic. » Zone grise de la loi : l’avortement tardif est un crime passible de 10 ans de prison dans le New South Wales, s’il n’est justifié par un « risque grave pour le bien-être physique, émotionnel, ou social » de la femme. Avec la multiplication des diagnostics prénataux et les progrès de la médecine qui sauve les prématurés de plus en plus tôt, « nous devons nous demander comment équilibrer au mieux le besoin justifiable du choix reproductif avec la promotion d’une bonne connaissance du handicap et de la différence », assure-t-elle. Protéger d’abord la vie ? Pas question…
L’article cite également Lachlan de Crespigny, professeur à l’université de Melbourne, qui s’insurge contre les refus d’avortement opposé à Cindy et Frank. « Après 20 semaines tout dépend d’où vous avez la chance de tomber. Les médecins ont peur, car personne ne comprend la loi – et ce sont les femmes qui sont perdantes. » Il estime injuste de décider d’un avortement d’après les chances de survie de l’enfant : « Les femmes ont les mêmes droits que le reste de la population en ce qui concerne l’utilisation de leur corps : faut-il y considérer la femme enceinte, quelqu’un qui n’aurait pas ce droit de choisir et qui doit porter ce fœtus – est-ce à l’Eglise catholique ou au parlement de décider à sa place ? »
Il souligne – avec justesse – que la création d’un délai où l’avortement est légal ne répond qu’à des facteurs techniques, et non à un changement de statut du fœtus. Distinguer entre avortement précoce et tardif est « arbitraire », comme on l’a reconnu dans l’Etat australien de Victoria, parce qu’à aucun moment, le fœtus ne change de manière définitive et déterminante, a-t-il expliqué.
C’est exact. Mais il reste que bien des personnes favorables à l’avortement reculent lorsqu’il s’agit de mettre à mort un enfant parfaitement formé, qui pourrait vivre de façon autonome. La différence d’appréciation n’est pas logique, elle est humaine. Ajoutons qu’en toute logique – et en pleine humanité pour le coup – l’opposition aux avortements tardifs devraient entraîner l’opposition à l’avortement tout court.
Frank et Cindy ont indiqué qu’ils étaient tristes mais soulagés. « Tout cela nous a semblé très inhumain », a indiqué le jeune homme. « On nous a dit que notre seule option était de donner naissance à un bébé à qui nous ne voulions pas du tout donner naissance. Nous avions le sentiment d’être oubliés et abandonnés en raison de l’imprécision politique et juridique des lois d’avortement. »
Le plus étonnant est le manque de sens du respect de la vie de leur propre enfant de ce jeune couple : celui-ci a cru bien faire en lui évitant d’hypothétiques souffrances et plus encore le regard négatif d’autrui, sans se rendre compte que la mise à mort est la plus radicale des discriminations. Voilà où mène la culture de mort : à la perte individuelle et collective du sens des plus élémentaires devoirs d’humanité.

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19 juillet, 2014

Affaire Bogdan Chazan : le médecin défenseur de la vie s'exprime

LifeSiteNews publie une interview du Dr Bogdan Chazan par Natalie Dueholm. Elle a pu s’entretenir avec celui qui a été sanctionné pour avoir invoqué sa conscience face à l’avortement. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a annoncé sa révocation comme directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille après son refus d’indiquer à une femme enceinte de près de sept mois un médecin qui serait prêt à éliminer son enfant atteint de malformations.
Cette femme de 38 ans, déjà victime de quatre fausses couches, est devenue enceinte pour la 5e fois à la suite d’une fécondation artificielle à la clinique de fertilité Novum de Varsovie, qui n’assure pas le suivi des grossesses. Elle a été orientée vers le Dr Maciej Gawlak de l’hôpital de la Sainte-Famille – celui du Dr Chazan. C’est lors d’une échographie à la fin de la 21e semaine révélant des anormalités que le Dr Gawlak a expliqué à la patiente quelle est la loi polonaise et qu’il l’a renvoyée vers un établissement plus spécialisé, l’Institut de la Mère et de l’Enfant, où de nouveaux tests furent réalisés. Le Dr Gawlak avait demandé à cet Institut d’envisager l’avortement, mais cela fut refusé.
De retour à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Gawlak reçut la femme en présence du Pr Chazan. Elle fit une nouvelle demande d’avortement au jour de la fin de la 24e semaine. La loi polonaise laisse une possibilté d’avortement eugénique au-delà de cette date, dans une sorte de « zone grise » où certains médecins assurent qu’un fœtus atteint de malformations n’est pas encore viable.  L’OMS, elle, fixe le début de viabilité à la fin de la 22e semaine.
Le Dr Chazan refusa alors l’avortement pour des motifs de conscience, mais proposa de suivre la femme et son enfant et d’assurer à celui-ci les soins palliatifs.
Le Dr Gawlak renvoyé alors la patiente vers un troisième établissement, l’hôpital Bielański, connu pour pratiquer des avortements : on lui expliqua que les délais étaient dépassés. La femme décida alors de donner naissance à son enfant plutôt que d’obtenir un avortement à l’étranger. C’est dans cet hôpital qu’elle a accouché ; son petit garçon a vécu quelques jours.
Voici ma traduction de l’entretien accordé par le Pr Chazan.
— Dr Chazan, vous avez été lynché par les médias, votre hôpital a été condamné à une amende, et vous avez été renvoyé de votre poste de directeur. Est-il fréquent en Pologne que des médecins soient aussi sévèrement sanctionnés ?
— Pas très souvent. Je dirais même : très rarement. En règle générale, par rapport aux gens comme moi, les choses se règlent dans la discrétion. Par exemple, plus souvent, les grandes sociétés n’embauchent pas de gynécologues qui ne prescrivent pas la contraception. Personne n’évoque ouvertement le recours à l’« objection de conscience ». On cache les choses, on ne laisse pas de traces écrites.
J’ai eu connaissance, par exemple, du cas d’une femme pro-vie très connue à qui l’on a refusé un cursus post-doctorat. Récemment, l’un des candidats au poste de directeur du service de gynécologie à l’Université médicale a été interrogé pour savoir qu’il avait signé la Déclaration de Foi et Conscience (NDLR : il s’agit d’une lettre ouverte signée plus de 3.000 médecins polonais exprimant leur hostilité à l’avortement et s’engageant à ne pas prescrire de contraceptifs). Ayant répondu par l’affirmative, il n’a pas obtenu le poste. Il y a peut-être d’autres circonstances, mais je n’en ai pas connaissance.
Votre hôpital a été puni d’une amende parce que vous êtes accusé d’avoir abusé de la clause de conscience en refusant d’orienter une patiente vers un médecin avorteur. Un médecin polonais peut-il véritablement refuser toute collaboration avec l’avortement ?
— Très simplement, non. Et en particulier, il ne peut le faire de manière ostentatoire, ainsi que je l’ai fait.
— Ostentatoire ?
— Je parle ici d’une situation où le médecin, de manière claire et ferme, refuse d’orienter une patiente vers un autre médecin ou un autre établissement en vue d’obtenir un avortement. Le plus souvent, les médecins se contentent d’invoquer la clause de conscience pour refuser de pratiquer l’avortement. Il faut rappeler qu’en Pologne, si l’on se réfère aux statistiques, chaque année « seulement » deux avortements sont pratiqués par service de gynécologie. La plupart des médecins – une majorité significative des gynécologues – ne pratiquent pas l’avortement dans les hôpitaux, ni dans leur cabinet privé. La plupart des médecins refusent pour des raisons morales.
— Pourquoi l’hôpital s’est-il vu infliger une amende de 17.000 euros ?
— Il s’agit d’une mesure punitive. Peut-être la meilleure façon d’éviter ce genre de problèmes à l’avenir consisterait-elle à signer des contrats avec le Fonds national de santé (FNS) gouvernemental qui exclueraient explicitement les procédures d’avortement. Mais le FNS serait-il d’accord ? J’estime que tant que restera en vigueur la loi actuelle qui permet les avortements eugéniques, seuls les établissements médicaux assurant le diagnostic prénatal « devraient » pratiquer des avortements. Bien évidemment, toutefois, je suis opposé à l’avortement n’importe où et pour n’importe quelle raison.
— Vous avez été révoqué à la suite d’une inspection menée par la ville Varsovie. Pouvez-vous commenter cette décision ?
— C’est une sanction douloureuse et injuste. Depuis que j’ai pris la direction, l’hôpital s’est développé, agrandi et modernisé, et les relations médecin-patient se sont améliorées. L’hôpital a gagné en popularité dans l’ensemble de Varsovie.
Je dois préciser cependant que techniquement, je n’ai pas encore été licencié. Le maire de Varsovie n’a fait qu’annoncer mon renvoi.
— Selon le rapport de la ville de Varsovie, la patiente a demandé l’avortement alors que la 24e semaine de grossesse était déjà révolue. Vous auriez pu refuser en lui indiquant simplement  que ce délai étant passé, l’avortement n’était plus légal. Au lieu de quoi vous avez refusé en vous fondant sur votre conscience. Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?
— Je dois préciser qu’il n’est pas exact de dire qu’en Pologne, l’avortement est illégal au-delà de  la 24e semaine. Aucun règlement ne fixe le nombre de semaines au-delà duquel l’avortement ne serait plus possible. Cela est à la discrétion du médecin.
Lorsque – ainsi que me l’avait demandé la patients – j’ai exprimé par écrit mon refus basé sur l’objection de conscience, j’ai écrit honnêtement la raison pour laquelle je n’étais pas d’accord pour qu’un avortement soit pratiqué dans mon hôpital. J’ai également déclaré à la télévision que je ne pouvais imaginer que des avortements aient lieu à l’hôpital de la Sainte-Famille, à moins de lui donner un nouveau nom : l’hôpital Felix-Dzerzhinsky, en hommage à l’odieux meurtrier de la NKVD. (NDLR : Dzerzhinsky, qui sévissait dans la police secrète soviétique d’avant le KGB, est né en Pologne.)
— Selon le même rapport, deux autres hôpitaux ont refusé l’avortement à cette femme. L’un des refus était même antérieur au vôtre. Savez-vous si ces établissements vont subir des inspections publiques ?
— Oui, probablement. Nous aimerions savoir ce qui s’y est passé. Mais dans ces hôpitaux, personne n’a exprimé son refus par écrit. Tout s’est passé oralement. Il n’y a aucune trace de ces refus dans le dossier médical de la patiente.
— Le bébé que vous avez refusé d’avorter, et qui avait été conçu in vitro, était malade et présentait des malformations…
— Au cours d’une échographie et des IRM pratiquées à l’Institut de la Mère et de l’Enfant (ce n’est pas mon hôpital) les problèmes de l’enfant ne paraissaient pas si graves. Une opération semblait possible. Cependant, selon le Pr Dębski, la situation du bébé s’est révélée être plus grave à la naissance : en réalité, il ne pourrait pas vivre.
— Ce médecin, le Dr Romuald Dębski de l’hôpital Bielański, a décrit le visage du bébé à la télévision, avec des détails insupportables. L’avocat de la femme a dit que l’enfant n’aurait jamais dû naître. Quel est votre commentaire par rapport à cette discrimination à l’égard des bébés-éprouvette ?
— Il est bien triste que mon confrère ait montré ait fait preuve d’une telle cruauté à l’égard de cet enfant, en violation de sa dignité et de son humanité. Nous ne devrions pas traiter les personnes en fonction de leur aspect. Plus tard, le Dr Dębski, et moi aussi d’ailleurs, n’aurons pas non plus un aspect très engageant, nous pourrions même être horribles à voir. Je n’aimerais pas que les gens se détournent de moi. « Traitez les autres comme vous aimeriez qu’ils vous traitent. » C’est une bonne règle.
— De nombreuses études montrent que les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts.
— Oui c’est vrai, et cela mérite d’être redit : les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas aimer ces enfants. Ils méritent notre amour. Ils sont aimés de Dieu.
Soit dit en passant : je crains que ce type de « spectacle » réalisé par le Dr Dębski à la télévision n’augmente la peur des femmes d’avoir des enfants. Je crains aussi que cela n’augmente le degré de perfectionnisme déjà recherché par certaines femmes qui envisagent de devenir mères.
— Quels sont vos projets pour l’avenir ?
— Peut-être resterai-je à mon poste de directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille. Peut-être Mme le maire de Varsovie reviendra-t-elle sur sa décision. Sinon, je pourrai toujours travailler à l’Université, à la Commission de la population du gouvernement (Rządowa Rada Ludnościowa), au Comité de la science démographique, ou à MaterCare International… Je peux également continuer mon travail de bénévole à Isiolo au Kenya. Si j’en ai le temps, et que Dieu me prête vie et force…

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19 mars, 2013

Appel contre l'acquittement de l'avorteur Morin en Espagne

Le ministère public espagnol a fait appel, selon le quotidien La Razon, de l'acquittement du docteur Carlos Morin et de ses collaborateurs pour avoir pratiqué 89 avortements illégaux, rapporte Infocatolica. L'un des principaux arguments retenus contre le jugement de première instance est qu'il n'a pas tenu compte sur le plan pénal du fait que les femmes concernées n'aient pas eu un entretien préalable avec un psychiatre et que certaines d'entre elles avaient reconnu n'avoir pas rempli personnellement le « test de Goldberg » censé déceler l'état d'âme de l'individu.

Le tribunal provincial de Barcelone s'était contenté de mettre cela sur le compte d'« irrégularités administratives », ajoutant que « de soi toute grossesse non désirée suppose une situation de risque évident pour la santé de la mère ». Ce qui, selon le juge, donnait au psychiatre suffisamment de données pour émettre un « jugement de valeur ». L'appel de son jugement part du principe qu'une telle prise de position est contraire à la jurisprudence du Tribunal suprême espagnol.

Celui-ci avait condamné à de la prison un gynécologue et un psychiatre qui avaient réalisé un avortement sur une jeune femme de 18 ans sans avoir effectué au préalable une analyse complète et rigoureuse de son état psychiatrique et psychologique. En ne faisant état que de considérations générales, avait estimé le Tribunal suprême, ils s'étaient fondés sur des motifs « clairement insuffisants et inadéquats pour justifier l'interruption de la gestation ».

Dans cette affaire-là, le médecin qui n'avait pas trouvé de motif physique « justifiant » l'avortement, s'était fondé sur le rapport d'une psychiatre qui au terme d'un entretien de dix minutes avait conclu qu'il y avait un « grave risque pour la santé psychique » de la patiente parce qu'elle avait des symptômes d'anxiété : angoisse, insomnie, vomissements, nausées et douleurs abdominales. Choses pas tout à fait inconnues des femmes enceintes !

Il faut, précisait le Tribunal, une étude approfondie et personnalisée, permettant de révéler des faits précis dans le cadre d'un contexte d'antécédents personnels et familiaux, et établir clairement la relation entre le risque pour la santé psychique de la mère et la « nécessité » d'un avortement pour l'éviter.

Telle est la règle générale retenue par la haute juridiction espagnole : il faudrait préciser que son observance n'aboutirait pas à beaucoup d'interventions puisque des professionnels de santé du plus haut niveau en Irlande ont cherché en vain des situations où l'avortement guérirait une tendance suicidaire, par exemple.

Tout cela, le tribunal de Barcelone l'a ignoré.

Il l'a ignoré de façon agressive et militante en outre, en dénonçant « l'insistance quasi obsessionnelle » avec laquelle les parties civiles au procès avaient noté la manière indigne dont les fœtus avortés étaient passés dans des broyeurs industriels. Peut-être cet aspect des choses sera-t-il lui aussi revu lors du procès d'appel.

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05 décembre, 2011

France : Procès pour un « avortement médical » refusé

Maternité de Nancy. Nous sommes en novembre 2008. Un jeune couple vient de prendre connaissance des résultats d'une échographie des 22 semaines : l'enfant qu'ils attendent, une petite fille, n'a pas d'avant-bras gauche et une clavicule plus longue que l'autre. Rien qui menace sa vie. Les parents rencontrent des spécialistes pour mieux comprendre ce qui se passe : un rééducateur, un généticien, un psychologue… Entretiens qui aboutiront, début décembre, à une demande d'« interruption médicale de grossesse » (IMG), un avortement à près de 5 mois, au motif de la gravité du handicap et de l'état dépressif de la maman, survenu lorsqu'elle apprit la mauvaise nouvelle.

Mais le 29 décembre 2008, la demande d'avortement « médical » est rejetée par le centre puridisciplinaire de diagnostic prénatal de Nancy, après consultation d'une vingtaine d'experts, au motif que « seules les anomalies d'une particulière gravité reconnues comme incurables » peuvent justifier « l'interruption de grossesse » – les progrès de l'appareillage sont invoqués. Bruno Carrière, directeur du centre, invoquera tout de même « l'extrême difficulté qu'il y a eu à trancher ce cas ».

La petite fille est donc née ; elle a au aujourd'hui deux ans et demi…

Eh bien, ses parents ont engagé une action contre l'hôpital de Nancy pour « préjudice moral ». Ils demandent que soit reconnu le dommage provoqué par le refus de l'IMG. Invoquent le profond désespoir qu'ils ont ressenti. Et la dépression dont a été victime la mère. Pour leur fille, ils réclament 50.000 euros supplémentaires puisqu'elle devra être appareillée toute sa vie et que cela aurait pu s'éviter… s'ils avaient eu le choix de la faire éliminer.

Après avoir été rejetée par le tribunal administratif, l'affaire vient d'être entendue par la cour d'appel administrative de Nancy, qui a mis sa décision en délibéré. Si le rapporteur public s'est prononcé pour le rejet de la demande, il n'en a pas moins souligné, comme le rapporte Le Républicain lorrain, « le caractère très délicat de cette affaire », personne ne jugeant a priori illégitime l'idée de faire pratiquer un avortement tardif pour un avant-bras manquant.

Les refus d'IMG ne concernent qu'1,5 % des quelque 6.000 demandes par an, selon l'avocat du couple, citant des chiffres de 2006. (Israël Nisand, dans un reportage d'Envoyé spécial à paraître, parle aujourd'hui de 7.000 IMG annuelles.) Me Brosseau a rappelé que selon une étude (effrayante) du Quotidien du Médecin citée ici, la malformation fœtale, comme dont souffre la fille de ses clients est la première cause de l'IMG en France : 43 % en 2006 (contre 33,8 % pour des anomalies chromosomiques comme la trisomie 21). Autrement dit, un grand nombre d'IMG se pratique sur des enfants dont le pronostic vital n'est pas du tout en jeu.

L'essentiel du procès qui se joue actuellement devant la cour d'appel administrative porte sur le droit de choisir des parents. Déjà absolu pendant les douze premières semaines de gestation où aucune justification n'est demandée, aucune condition n'est posée à la femme demandant l'IVG, voilà que l'on avance un droit de choisir à un stade bien plus avancé de la grossesse, dans un contexte où la loi pose un principe (l'existence d'une anomalie incurable) mais laisse ouverte l'interprétation des conditions d'accès à l'IMG.

Claude Sureau, gynécologue-obstétricien, ancien président de l'Académie de médecine s'était exprimé sur la question dans La Croix du 29 janvier 2009, a plaidé contre l'établissement d'une « liste » d'affections qui ouvriraient ce droit au choix de l'IMG : « Elle serait, par définition, totalement arbitraire et sujette aux polémiques. Il est donc préférable que le recours à l'IMG soit accepté, ou pas, au cas par cas, en fonction du handicap spécifique de l'enfant mais aussi de l'état de la mère. »

La Croix n'y avait rien trouvé à redire.

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07 mars, 2011

Pérou : mettre fin à l'exception d'avortement “thérapeutique ”

Fabiola Morales
Source Photo : fabiolamorales.org
L'une des élues candidates à sa propre réélection lors des prochaines législatives au Pérou, Fabiola Morales (PSN, parti de la solidarité nationale), a déclaré qu'en raison des avancées de la médecine « l'avortement thérapeutique ne répond plus à un besoin et qu'il faudrait donc abroger la loi » qui l'autorise.

« On pouvait à la limite le justifier au nom du “moindre mal » au début du XXe siècle, date à laquelle fut approuvée la dépénalisation de l'avortement thérapeutique au Pérou » ; aujourd'hui, estime la députée, l'état de la médecine permet de sauver et l'enfant, et la mère, même quand celle-ci souffre d'un cancer.

Fabiola Morales a accusé des groupes internationaux d'exercer une « forte influence », appuyée sur « beaucoup d'argent », qui s'engagent contre la famille, contre la vie et contre les valeurs », dénonçant notamment leur focalisation sur le « genre » alors qu'il faudrait donner la priorité à la famille.

« La famille n'est pas seulement composée de femmes, mais aussi d'hommes et d'enfants, et de personnes âgées », a-t-elle déclaré. « Je serai toujours en désaccord avec les lois qui tentent de diviser les familles, de mal orienter la femme, surtout en la mettant dans une position de rivalité avec l'homme, ou qui visent à donner une indépendance aux enfants alors qu'ils sont encore immatures. »

Fabiola Morales a reconnu que tous les membres de son parti, le PSN, ne pensent pas comme elle sur ces sujets, mais a assuré qu'elle fait son possible pour y exercer « assez d'influence pour que chacun de ses membres s'engage au service de la défense de la vie ».

Source : HazteOir.

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20 février, 2011

Une maman atteinte de leucémie retarde son traitement pour sauver son bébé

Victoria Webster, 33 ans, déjà maman d'un petit Lewis âgé de 4 ans, a appris qu'elle était atteinte de leucémie alors qu'elle était enceinte de 21 semaines. Le diagnostic avait été posé très tôt : avec un traitement chimiothérapique agressif, lui dirent les médecins, elle avait de bonnes chances de s'en sortir.

Oui, mais… ce traitement-là risquait de tuer la petite fille qu'elle portait. Les médecins lui demandaient de faire un choix. Ils la suppliaient même d'avorter d'abord, rapporte LifeSite.

Alors, héroïquement, Victoria Webster a décidé de dire non. « Pour moi, il n'y avait pas de décision à prendre. J'avais déjà des liens forts avec mon bébé alors qu'elle grandissait en moi, et en tant que sa maman,    j'étais obligée de la protéger. » Et son mari, Martyn, l'a soutenue sans faillir.

La jeune femme a opté pour un traitement anti-leucémique moins agressif, attendant la naissance par césarienne de sa petite Jessica, en avril dernier, pour se mettre à la chimiothérapie lourde. Elle semble bien répondre au traitement et espère une rémission complète.

« C'est la meilleure décision que j'ai jamais prise. Je ne peux imaginer ma vie sans ma fille », dit-elle. Sa plus grosse crainte pendant la fin de sa grossesse ? Que l'enfant subisse tout de même des conséquences néfastes du fait des médicaments qu'elle prenait, mais le bébé est né en parfaite santé.

Victoria Webster raconte qu'au moment d'apprendre qu'elle avait ce cancer du sang, son premier sentiment a été le soulagement : elle craignait qu'il ne soit arrivé quelque chose à son enfant…

C'est maintenant une jeune femme radieuse.

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11 février, 2011

Espoir de traitement in utero pour la spina bifida

Ouvrir l'utérus d'une femme enceinte pour opérer un bébé atteint de spina bifida permet d'améliorer la vie future de l'enfant qui a plus de chances de pouvoir marcher seul, et permet d'amoindrir le risque d'une complication neurologique associée, l'hydrocéphalie. C'est ce que permet de conclure une première étude portant sur 183 grossesses aux Etats-Unis sur les 14 dernières années, date à laquelle une première chirurgie de ce type avait eu lieu. Dans 92 cas, la chirurgie avait eu lieu après la naissance ; dans les autres, elle fut pratiquée au cours du 5e mois de gestation, lorsque l'enfant pesait à peine un kilo. Le risque de fausse couche ou de naissance prématurée est augmenté.

Les résultats furent suffisamment concluants en faveur de l'opération précoce, qui intervient avant que le défaut ne devienne irréversible, qu'il a été décidé de publier tout de suite les conclusions de l'étude avant d'atteindre les 200 cas.

Cas difficiles à trouver, sans doute, puisque 90 % des bébés atteints de spina bifida sont avortés (tardivement). Voir ici un cas vécu.

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19 janvier, 2010

Pays-Bas : les échographies à 20 semaines font augmenter le nombre d'avortements

Une étude remise au pouvoirs publics avant Noël mais seulement rendue publique ces derniers jours atteste que depuis début 2007, date à partir de laquelle une échographie totalement prise en charge par les assurances sociales est systématiquement proposée aux femmes enceintes à la 20e semaine de grossesse, le nombre d'avortements a fortement augmenté pour les bébés atteints de spina bifida et d'hydrocéphalie. Ces avortements ne sont pas comptabilisés en tant que tels : on parle d'enfants « morts nés » à la 22e semaine, le nombre d'enregistrements de ces naissances ayant donc fortement progressé en 2007 par rapport à 2006. Il semble également que le nombre d'enfants atteints d'un « bec de lièvre » (fente labiale) d « morts-nés » ait progressé sur la période 2005-2007, et que le nombre d'enfants nés vivants atteints de cette affection ait diminué, sans que la corrélation soit aussi forte, affirme le rapport.

On se demande ainsi si la prescription d'acide folique aux femmes enceintes n'a pas fait reculer le nombre fentes labiales mais pour le Dr R. Seldenrijk, président de l'association néerlandaise des patients, rien ne permet d'affirmer que le recours à l'acide folique ait significativement augmenté depuis 2005, en tout cas pas assez pour justifier le recul de cette affection fœtale.

La fente labiale se soigne par chirurgie,  le spina bifida se prévient aussi par l'acide folique et se soigne par chirurgie, prothèses et éducation du malade, l'hydrocéphalie (qui lui est associée dans 80 % des cas) par neurochirurgie.

L'échographie du 2e trimestre a clairement pour but de dépister des anomalies fœtales ; elle permet la mise en place d'un eugénisme public qui ne dit pas son nom, la responsabilité des décisions étant portée par les mères ou les couples qui décident « personnellement » (mais sous quelle pression médicale ?) de recourir à un avortement dit « médical ».

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20 novembre, 2009

Euthanasie des nouveau-nés : premier cas déclaré aux Pays-Bas

Alors que les pouvoirs publics évaluent à une vingtaine de cas annuels le nombre d'euthanasies - de mises à mort directes - de nouveau-nés gravement malades aux Pays-Bas, c'est seulement cette année qu'un médecin a formellement déclaré avoir procédé à cet acte qui relève d'une procédure administrative spéciale. Mme Jet Bussemaker, secrétaire d'Etat à la Santé publique, a fait part de sa préoccupation à ce sujet lors de la séance de questions à la Chambre de ce mercredi. Selon elle les médecins sont mal informés de leur devoir en ce cas : s'ils tuent un enfant qui vient de naître, ils doivent le signaler auprès d'une commission spéciale créée en 2007.

« Les médecins doivent faire preuve de davantage de transparence quant à leurs agissements médicaux », a déclaré Mme Bussemaker, que le fond de l'affaire ne semble pas gêner le moins du monde.

On se demande maintenant si les médecins hésitent à rendre compte d'euthanasies de nouveau-nés, de peur d'encourir des poursuites s'ils n'ont pas suffisamment respecté les « critères de précaution », ou si l'échographie de la 20e semaine de grossesse généralisée en 2006 aux Pays-Bas a fait augmenter les avortements très tardifs. A l'heure qu'il est, ceux-ci ne font pas l'objet d'une comptabilisation à part...

Quoi qu'il en soit, il y a entre l'avortement tardif et l'euthanasie très précoce une différence de degré, pas de nature. Si les « critères de précaution » qui entourent la mise à mort d'un tout-petit déjà né sont plus exigeants, c'est davantage parce que le crime est alors plus visible, et plus difficilement acceptable. Au point où on en est aux Pays-Bas, ce ne sont même plus des garde-fous qu'on installe, mai des barrières d'étape...

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