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01 janvier, 2015

Australie : vers la contraception obligatoire pour les « assistés » ?

Un ancien ministre travailliste australien, Gary Johns, a proposé dans une tribune publiée par The Australian de réserver les allocations de chômage, desolidarité et autres aides sociales aux personnes qui apportent la preuve qu’elles utilisent une forme de contraception, afin que les contribuables n’aient pas à supporter les frais de l’arrivée de nouveaux enfants dans ces foyers.
« Il ne doit pas y avoir d’encouragement de la part des contribuables à avoir des enfants. Les parents potentiels pauvres, sans formation ou délinquants choisissent d’avoir des enfants. Qu’il en soit ainsi. Mais personne ne doit devenir parent alors qu’il reçois des allocations sociales. Certaines familles, certaines communautés, certaines cultures engendrent les affrontements. Les gouvernements n’arrivent pas toujours à les régler. La contraception obligatoire pour ceux qui reçoivent des allocations contribuerait à mettre un terme à la reproduction intergénérationnelle des affrontements. Pour ce qui est des non-allocataires inaptes, il nous faut simplement les endurer en silence. »
Comme toujours dans ce type de cas, la proposition outrageuse repose sur un fait divers qui a frappé les esprits : en l’occurrence le cas d’une femme de Cairns accusée d’avoir poignardé ses sept enfants et sa nièce.
Et il faut préciser que l’ancien ministre du gouvernement Keating s’est également éloigné du Parti travailliste australien. Et que de nombreuses organisations d’aide aux plus pauvres ont dénoncé sa proposition : notamment celles s’occupant de parents seuls.
Il n’empêche que la proposition de Gay Johns a été assez entendue pour trouver une place dans les médias. Ne pas s’y tromper : une « tribune » ne reflète pas nécessairement le point de vue du journal qui la publie mais il ne publierait pas s’il y était radicalement hostile. C’est même un moyen de faire passer des messages et de mettre sur la place publique des arguments qu’on veut faire circuler sans avoir l’air d’en prendre toute la responsabilité.

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19 décembre, 2014

Australie : un avortement à 28 semaines pour une malformation de la main

Photo : LifeSite. Voir ici l'article sur cette affaire.
La presse australienne conte la terrible histoire d’un avortement pour une malformation génétique non mortelle, opérable, à 28 semaines de grossesse : le « fœtus » était un enfant qui aurait certes été prématuré s’il était né vivant, mais qui était parfaitement viable. Et le Sydney Morning Herald ne s’émeut pas tant de la mort de cet enfant que des difficultés rencontrées par le couple pour obtenir son avortement tardif.
La malformation a été découverte lorsque la grossesse était à 23 semaines : l’échographie a révélé une ectrodactilie à la main gauche : l’absence d’un ou plusieurs doigts et une main en forme de pince. Cela ne se guérit pas mais s’opère et se soigne.
Cindy et Frank, les deux parents, n’avaient qu’une idée : obtenir l’avortement de leur enfant à naître. Ils se plaignent de ce que les échographies de contrôle aient tardé pour des raisons « bureaucratiques ». Et de s’être entendu dire, une semaine après la découverte de la malformation, que l’avortement ne serait pas autorisé. La loi du New South Wales indique bien que l’avortement est possible en cas de malformation, mais exige qu’il soit tenu compte des perspectives de survie de l’enfant qui, dans le cas présent, étaient excellentes.
« J’étais vraiment, vraiment déprimée », raconte Cindy. « Je ne pouvais penser à rien d’autre qu’au bébé, j’avais l’impression d’avoir été abandonnée. » Elle explique qu’elle a grandi en Chine, où les handicapés sont victimes de « discrimination ». « Je ne voulais pas que mon enfant soit victime de discrimination. Le problème est… très visible puisqu’il s’agit des doigts, et je pense que l’enfant aurait eu une vie très difficile. » Elle s’est sentie « coupable » du handicap du bébé.
Pour finir, celui-ci a été tué à plus de six mois et demi avec l’accord de l’équipe médicale qui a renvoyé le couple vers le Royal Prince Alfred Hospital de Sydney.
Ainsley Newson, spécialiste en bioéthique, explique que la distinction entre malformations graves et légères est subjective : « Il n’y a pas de consensus clinique ou éthique, et des personnes différentes vont réagir différemment devant un diagnostic. » Zone grise de la loi : l’avortement tardif est un crime passible de 10 ans de prison dans le New South Wales, s’il n’est justifié par un « risque grave pour le bien-être physique, émotionnel, ou social » de la femme. Avec la multiplication des diagnostics prénataux et les progrès de la médecine qui sauve les prématurés de plus en plus tôt, « nous devons nous demander comment équilibrer au mieux le besoin justifiable du choix reproductif avec la promotion d’une bonne connaissance du handicap et de la différence », assure-t-elle. Protéger d’abord la vie ? Pas question…
L’article cite également Lachlan de Crespigny, professeur à l’université de Melbourne, qui s’insurge contre les refus d’avortement opposé à Cindy et Frank. « Après 20 semaines tout dépend d’où vous avez la chance de tomber. Les médecins ont peur, car personne ne comprend la loi – et ce sont les femmes qui sont perdantes. » Il estime injuste de décider d’un avortement d’après les chances de survie de l’enfant : « Les femmes ont les mêmes droits que le reste de la population en ce qui concerne l’utilisation de leur corps : faut-il y considérer la femme enceinte, quelqu’un qui n’aurait pas ce droit de choisir et qui doit porter ce fœtus – est-ce à l’Eglise catholique ou au parlement de décider à sa place ? »
Il souligne – avec justesse – que la création d’un délai où l’avortement est légal ne répond qu’à des facteurs techniques, et non à un changement de statut du fœtus. Distinguer entre avortement précoce et tardif est « arbitraire », comme on l’a reconnu dans l’Etat australien de Victoria, parce qu’à aucun moment, le fœtus ne change de manière définitive et déterminante, a-t-il expliqué.
C’est exact. Mais il reste que bien des personnes favorables à l’avortement reculent lorsqu’il s’agit de mettre à mort un enfant parfaitement formé, qui pourrait vivre de façon autonome. La différence d’appréciation n’est pas logique, elle est humaine. Ajoutons qu’en toute logique – et en pleine humanité pour le coup – l’opposition aux avortements tardifs devraient entraîner l’opposition à l’avortement tout court.
Frank et Cindy ont indiqué qu’ils étaient tristes mais soulagés. « Tout cela nous a semblé très inhumain », a indiqué le jeune homme. « On nous a dit que notre seule option était de donner naissance à un bébé à qui nous ne voulions pas du tout donner naissance. Nous avions le sentiment d’être oubliés et abandonnés en raison de l’imprécision politique et juridique des lois d’avortement. »
Le plus étonnant est le manque de sens du respect de la vie de leur propre enfant de ce jeune couple : celui-ci a cru bien faire en lui évitant d’hypothétiques souffrances et plus encore le regard négatif d’autrui, sans se rendre compte que la mise à mort est la plus radicale des discriminations. Voilà où mène la culture de mort : à la perte individuelle et collective du sens des plus élémentaires devoirs d’humanité.

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09 décembre, 2014

L’avortement des enfants “marginaux” : un “bien social” selon un responsable de la création de l’Obamacare

Le Pr Jonathan Gruber du Massachussetts Institute of Technology a été l’une des chevilles ouvrières de l’Obamacare ; c’est aussi un partisan de l’avortement. Mais pas pour venir en aide à la détresse des femmes, rapporte breitbart.com sous la signature d’Austin Ruse. Ce qui lui paraît intéressant dans l’élimination des enfants à naître, c’est le « ciblage » des enfants de familles ou de mères « marginales » – ceux qui les Américains appellent les « citadins pauvres », the urban poor. Ceux qui en naissant, auraient fait de la graine de criminels. Pour eux, l’avortement est un « bien social », a déclaré Gruber à plusieurs reprises au cours de sa carrière.
Bien entendu, c’est de l’eugénisme pur et dur. De science douteuse, de conscience nulle.
L’architecte de l’Obamacare a ainsi signé, en 1997, une étude tendant à démontrer que l’avortement légal avait à cette date épargné au contribuable américain la somme de 14 milliards de dollars en aides sociales, et évité nombre de crimes. Une position qui allait bientôt être reprise pour le grand public par l’auteur de Freakonomics, Steven Levitt, faisant un lien entre la légalisation de l’avortement et la chute de la criminalité 20 ans plus tard.
C’est cet eugénisme qui est à l’œuvre dans le « ciblage » – oui c’en est un – des quartiers noirs pour l’installation des avortoirs aux Etats-Unis : il se traduit par des taux d’avortement bien plus importants au sein de la population afro-américaine. Génocide ?
Peu de Noirs protestent mais ceux qui le font ne manquent pas de mordant : à quoi sert de se gargariser de la fin de l’esclavage si les enfants à naître noirs sont en tel danger de ne jamais seulement voir le jour ?
Jonathan Gruber est actuellement sous le feu de l’actualité pour avoir avoué que la rédaction complexe des  lois régissant l’Obamacare est une sorte de bénédiction, faisant accepter aux Américains ce que jamais ils n’auraient avalé en termes « transparents et clairs ».

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12 octobre, 2014

Suisse : interdire les avortements liés au sexe… mais comment ?

La commission de la science du National, la chambre basse de l’Assemblée suisse, vient de recommander à cette institution d’adopter une motion du Conseil des Etats demandant un durcissement des conditions d’obtention d’analyses précoces, pour éviter les avortements liés au sexe de l’embryon.
Même si ces tests sont déjà interdits par la loi suisse, il est apparu que les couples peuvent assez facilement contourner l’obstacle en recourant à des tests non invasifs réalisés dès la 9e semaine de grossesse, bien avant la fin du délai légal d’avortement fixé à 12 semaines.
On envisage d’interdire aux laboratoires de transmettre l’information sur le sexe de l’enfant dans la mesure où elle n’a pas d’utilité pour la détection de futures maladies – l’avortement eugénique étant dans ce dernier cas autorisé.
La commission du National souligne toutefois la difficulté de contrôler le recours aux tests  permettant de déterminer le sexe de l’enfant à naître dans la mesure où ils sont proposés par des laboratoires étrangers qui ne peuvent pas être soumis à la réglementation suisse.
Et comme les procédures dont de plus en plus simples – on sait que les tests sur le sang de la mère permettent d’obtenir un nombre toujours croissant de renseignements sur l’enfant qu’elle porte – il est prévisible que les tests puissent être bientôt effectués par les médecins eux-mêmes, sans passer par un laboratoire.
En fait, si l’on veut, en Suisse ou ailleurs, vraiment tout faire pour arrêter le génocide des filles ou l’avortement en raison du sexe de l’enfant, il n’y a qu’une solution efficace : interdire l’avortement tout court, qui tue dans tous les cas. Ou à tout le moins en finir avec le dépistage de plus en plus serré d’un nombre croissant de maladies, d’anomalies génétiques ou de prédispositions à telle ou telle maladie dans la mesure où il a pour seul but de recommander l’avortement.

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20 août, 2014

Pour Richard Dawkins, ne pas avorter un trisomique est “immoral”

Grand athée devant l'Eternel, spécialiste de l'évolution et de l'éthologie, professeur émérite de l'université d'Oxford, Richard Dawkins vient de déclencher une tempête sur twitter en écrivant qu'il serait « immoral » de ne pas avorter un enfant atteint de trisomie 21, rapporte LifeSiteNews.

La « conversation » a démarré par un commentaire de Dawkins à propos de l'affaire qui agite actuellement l'Irlande, où une jeune femme a accouché par césarienne alors qu'elle réclamait un avortement au nom de ses pensées suicidaires. « L'Irlande est un pays civilisé sauf dans 1 domaine », écrivait-il en commentant un article sur l'Eglise catholique qui « préfère la barbarie médiévale à l'avortement moderne. »

L'avortement est-il donc « civilisé » ? Est-il civilisé d'éliminer ainsi les enfants trisomiques ? Oui, répond Dawkins : très. « Il s'agit de fœtus, diagnostiqués avant d'avoir des sentiments humains. »

Une femme lui écrit : « Je ne sais pas honnêtement ce que je ferais si j'étais enceinte d'un enfant atteint de trisomie 21. Un vrai dilemme éthique ». Réponse de Dawkins : « Avortez et essayez de nouveau. Il serait immoral de le mettre au monde si vous avez le choix. »

Il s'appuie ensuite sur la pratique aujourd'hui commune pour justifier son point de vue, et c'est à méditer :

« Pour en revenir aux faits, la majorité des fœtus atteints de trisomie 21 en Europe et aux Etats-Unis sont avortés. Ce que je recommande n'est pas une bizarrerie mais la norme », écrit-il. Puis : « Apparemment je suis un horrible monstre parce que je recommande CE QU'IL ADVIENT EFFECTIVEMENT aux fœtus trisomiques. Ils sont avortés. »

L'universitaire, pétri de matérialisme et d'utilitarisme – il expliquera au cours du dialogue que les autistes ont des aptitudes spéciales, alors que les trisomiques 21 n'en ont aucune – dit vrai. Si ses propos choquent encore c'est parce qu'il dit crûment ce qui se fait dans l'auto-justification ou sous la pression du corps médical et de la société. Des mots qui font mal, que l'on chercher à cacher, mais la réalité n'en est pas moins celle-là.

Dawkins s'est battu pied à pied, récusant les propos de ceux qui dénoncent son « eugénisme » : « Non, le dépistage de la trisomie 21 n'est PAS eugénique. Presque toujours cause par une anomalie chromosomique non héréditaire, lourdement influencée par l'âge maternel. » C'est une bataille de mots : les morts sont ailleurs. 

On ne dira jamais assez la responsabilité des penseurs qui brouillent les frontières du bien et du mal.

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12 août, 2014

Les “acheteurs” de Gammy auraient préféré qu’il soit avorté

Le couple d’Australiens accusés d’avoir abandonné Gammy, leur fils trisomique, porté à terme par une
Thaïlandaise dans le cadre d’une « gestation pour autrui », a avoué ce week-end qu’il aurait mieux valu selon lui que l’enfant soit avorté.
David Farnell a déclaré au cours de la première interview publique donnée par le couple au journal australien 60 Minutes : « S’il avait été possible de faire “terminer” l’embryon en toute sécurité, nous l’aurions probablement “terminé”. » Je choisis délibérément le terme anglais, violent mais juste, de « terminer » au lieu d’écrire avorter, même si ce dernier mot est plus exact. Car il s’agit bien d’une fin violente. Non d’une « interruption ».
« Je ne crois pas qu’il y ait de parent qui désire un fils ayant un handicap », a-t-il poursuivi, flanqué de son épouse Wendy. « Les parents veulent que leurs enfants soient heureux et en bonne santé et qu’ils puissent faire tout ce que font les autres enfants. »
Mieux : le couple a révélé qu’ils ont demandé à l’agence de gestation pour autrui opérant à Bangkok de leur faire une ristourne parce que l’un des deux enfants portés s’est révélé atteint de trisomie 21. « Je leur ai dit : “Rendez-nous notre argent. Tout cela est de votre faute. » Le couple accuse l’agence d’avoir mal fait son travail parce que le diagnostic de trisomie 21 n’a été fait qu’à un stade avancé de la grossesse, et ils ont donc été avertis très tard. « Nous étions très désemparés et nous leur avons dit : “C’est de votre faute. Vous devez maintenant assumer au moins une part de la responsabilité. »
David et Wendy Farnell assurent néanmoins qu’ils n’ont jamais fait pression sur la mère porteuse afin qu’elle avorte, et qu’ils n’ont jamais abandonné l’enfant. Ils avaient simplement l’intention de retourner plus tard à Bangkok pour le récupérer, ont-ils affirmé. Ils affirment aussi que la mère porteuse semblait vouloir garder la petite fille, elle en parfaite santé : « Nous avons pris peur, nous avons craint de la perdre. Il fallait que nous partions aussi vite que possible avec elle », raconte désormais le père.
Dans cette opération, la mère porteuse, Pattharamon Janbua, a gagné 12.000 $ pour mener la gestation à terme. Devant s’occuper de Gammy, le petit garçon trisomique, elle a lancé un appel à l’aide international qui lui a déjà rapporté, à elle et son mari, quelque 240.000 $. Elle n’entend plus le lâcher. Dans un contexte de marchandisation des êtres humains provoquée par le recours à la GPA, on serait tenté de croire que la maladie de ce petit garçon a elle aussi une valeur marchande… Comment ne pas devenir cynique devant de telles affaires ?
De son côté, David Farnell a dû répondre au cours de son interview à des questions sur ses condamnations à la fin des années 1990 pour agressions sexuelles sur des mineures et même des fillettes d’à peine 7 ans. Ses pulsions, a-t-il répondu, ont cesse « à 100 % ». « Je ne pourrai pas recommencer. Je ne peux pas. Je sais que je n’ai aucune pulsion de cette nature. J’ai su cela depuis 30 ans. Je n’ai aucune pulsion. » Ah…
Le tollé international autour de l’affaire Gammy a quelque chose de surréaliste. Tout le monde sait que la GPA, c’est de la location de ventre : même Pierre Bergé. 96 % des enfants à naître diagnostiqués porteurs (ou plutôt probables porteurs) de trisomie 21 sont avortés en France ; la proportion est semblable dans d’autres pays dits civilités. La « réduction embryonnaire » – l’élimination d’un bébé malformé ou juste de trop au cours d’une grossesse multiple – est elle aussi monnaie courante. L’existence de contrats relevant de l’esclavage dans le cadre de la GPA est elle aussi connue de tous, ou peut l’être avec un minimum de curiosité.
On sait déjà quelle sera la retombée de cette tragédie pour la France : on réclamera l’encadrement légal de la pratique de la GPA afin que les femmes et les couples n’aillent pas l’organiser à l’étranger dans des conditions épouvantables…

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31 juillet, 2014

Ouganda : le président fait volte-face et plaide pour le contrôle de la population

Mais qu’est-ce qui a donc pu convaincre le président ougandais Yoweri Museveni à faire une volte-face radicale sur le planning familial ? The Africa Report ne tarit pas d’éloges : à la première confaérence nationale jamais organisée dans le pays, lundi, il a soutenu le lobby du contrôle de la population.
Il avait été jusqu’alors un défenseur ardent du principe selon lequel il n’est de richesse que d’hommes. Pour Yoweri Museveni, le miracle chinois reposait sur son immense capital humain. Il pensait que la croissance démographique est un excellent carburant pour l’économie.
Le voici qui consent à dire qu’au contraire, la masse des hommes, lorsqu’elle n’est pas valorisée par une formation de bonne qualité, ne peut transformer l’économie.
« Bien que je préconise une population importante, je me rends compte qu’une population de mauvaise qualité ne peut transformer le pays », a-t-il déclaré aux délégués de la conférence nationale sur le planning familial.
Les chantres de la non discrimination et de l’égale dignité de tous les hommes n’ont rien trouvé à y redire…
« Il est nécessaire que les parents aient les enfants qu’ils ont les moyens d’élever, afin qu’ils ne poussent pas comme des plantes sauvages », ajouté le président. Il se dit désormais persuadé que si les familles sont de taille « maniable », « même les dépenses seront supportables » : l’économie ougandaise en profiterait et mieux, « le planning familial, si on le combine avec la croissance et la transformation de l’économie, améliorera les vies des femmes et des enfants ». Les familles comme l’Etat s’y retrouveront en diminuant les frais pour les personnes dépendantes, a-t-il ajouté.
Avant d’accuser carrément le président de soumission au malthusianisme mondialiste, on peut souligner que les difficultés économiques peuvent être valablement invoquées pour restreindre la taille de la famille, espacer les naissances. Mais en l’occurrence il s’agit bien de promouvoir la contraception artificielle : pilule, contraceptifs chimiques de longue durée, dispositifs mécaniques qui empêchent la nidation de l’embryon conçu, préservatifs… L’espacement naturel des naissances – qui ne rapporte aucun dividende aux laboratoires pharmaceutiques – est loin d’être au centre du dispositif, si tant est qu’il en fasse partie.
La remarque sur la « population de mauvaise qualité » porte la marque d’un lobby qui depuis ses débuts eugénistes a toujours entendu limiter les naissances des pauvres, des Noirs, des populations indigènes d’autant plus gênantes qu’elles occupent des territoires aux riches sols et sous-sols.
Aujourd’hui, le « planning familial » – comprenez, le recours aux contraceptifs artificiels – touche 26,7 % de la population ougandaise, alors que le Bureau des statistiques de l’Ouganda estime à 34 % de la population le besoin non satisfait de contraceptifs dans le pays. Celui-ci connaît une croissance de population de 3,1 % annuel, selon The Africa Report : le taux mondial – vieillissement et allongement de la durée compris – n’est qu’à 1,2 %. Depuis l’accession de Museveni au pouvoir il y a près de trente ans, la population de son pays a doublé.
On peut noter ce fait qui n’y est pas tout à fait étranger : après avoir connu une prévalence de l’infection HIV et du sida impressionnante, même pour l’Afrique sub-saharienne, la politique de lutte qui a mis l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage au premier plan, et non le préservatif, a porté ses fruits et ces taux sont redescendus. L’a-t-on jamais pardonné au président ?
Il est impossible de dire qui ou quoi a convaincu Yoweri Museveni. Mais voici quelques liens qui peuvent donner des idées. Ici, FamilyPlanning2020, une association vouée à la promotion des contraceptifs modernes, parle des 34 % de la population ougandaise (quelque 33 millions d’âmes) qui selon elle en ont besoin. Tout cela est financé par Bill & Melinda gates, USAid, l’ONU et ses agences spécialisées.
Ici, on peut lire comment le Dr Jotham Musinguzi, médecin ougandais, recevait l’an dernier un prix décerné par l’agence des Nations unies pour la population (FNUAP) pour son rôle dans la promotion des contraceptifs, ainsi que dans l’organisation du Sommet de Londres de 2012 qui a fixé ces fameux objectifs de 2020.
Ici, le même FNUAP explique comment après avoir navigué dans les
abîmes de la guerre civile et de la catastrophe économique des années 1980, l’Ouganda a su devenir « relativement paisible, stable et prospère ». Tiens : malgré l’augmentation de la population ? Eh bien oui, l’important est et reste de promouvoir l’accès à la « santé reproductive » !
Et enfin ce rapport ougandais officiel de 2008 sur les besoins non satisfaits de « planning familial » des quelque 6 millions de femmes ougandaises en âge de procréer porte en sa première page les armes de l’Ouganda – et le sigle d’ USAid : l’aide offerte par le peuple américain. Tout un symbole.

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19 mars, 2014

Pour Jacques Testart, “le risque eugénique se précise”

Le biologiste Jacques Testart, qui a fait naître Amandine, premier « bébé-éprouvette » français, dénonce fermement la logique eugéniste de la procréation médicale dans un entretien à La Vie. Extraits par ici.

A retenir, à propos de la généralisation probable du diagnostic pré-implantatoire :
« On ne voit pas pourquoi on ne se proposerait pas le DPI à tous les parents, pour rechercher toutes les maladies possibles. Cette logique est imparable, on ne peut que l'accepter ou la rejeter en bloc. Seule la pénibilité actuelle de la FIV limite la médicalisation généralisée. »
Il parle carrément d'un « changement d'humanité »


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18 janvier, 2014

Espagne : la haine pro-mort est sans limites

Infocatolica publie cette photo du portail d'un établissement scolaire accueillant des personnes handicapée mentales de Pampelune, en Navarre.



Vous avez bien vu : le tag réclame « l'avortement libre ».

L'école, le Colegio Público de Educación Especial Andrés Muñoz Garde de Pamplona, qui se trouve dans une rue du centre de la ville, a confirmé l'existence du graffiti, précisant que d'autres du même type ont été trouvés aux alentours sur le chemin qui mène vers l'université et où passent de nombreux étudiants.

Sans que l'on puisse être certain de la volonté de s'en prendre directement aux handicapés de la part des vandales, il est difficile de ne pas voir dans le choix de ce lieu une référence à l'avant-projet de loi espagnole repénalisant l'avortement qui prévoit d'interdire les avortements eugéniques : le handicap de l'enfant à naître n'est pas retenu comme motif.

Le directeur de l'école, Pedro José Belloso, a précisé que le collège ne portera pas plainte : « Nous avons préféré régler cela en interne », en faisant disparaître au plus vite le tag haineux. « Comme nous nous trouvons sur le chemin de Compostelle, nous avons décidé de le remplacer par une flèche jaune, symbole de cette appartenance. »


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25 avril, 2013

Feu vert du comité consultatif d'éthique au dépistage simplifié de la trisomie 21

La nouvelle est tombée il y a quelques minutes : le CCNE, comité consultatif national d'éthique, approuve le dépistage prénatal de la trisomie 21 par prélèvement sanguin sur la mère. En France, 96 % des enfants dépistés trisomiques avant leur naissance sont avortés. 

Au nom de l'éthique, c'est l'eugénisme en marche. Et pour le CCNE, c'est un « progrès ».

L'introduction en France de nouveaux tests de détection de trisomie 21 sur simple prélèvement de sang maternel, représente un progrès , mais ils devraient être réservés dans un premier temps aux femmes enceintes à risque identifiées, selon le Comité consultatif national d'Ethique (CCNE). 
Le test génétique fœtal de trisomie 21 ne peut encore, à ce jour, remplacer le diagnostic actuel apporté par l'analyse des chromosomes (caryotype) de cellules fœtales prélevées par ponction du liquide amniotique ou des villosités choriales (futur placenta), note toutefois le Comité d'Ethique dans un avis rendu public jeudi. 
Néanmoins, ce test correspond à une amélioration technique du dépistage actuel, par sa plus grande facilité et avec moins d'effet secondaires. Il est dit ultra-précoce car la décision d'interrompre la grossesse peut intervenir dans les délais de l'IVG. 
En France où depuis de nombreuses années, il a été décidé de proposer, et rembourser, un dépistage plus complexe de la trisomie 21 à toutes les femmes enceintes, rendre ce dépistage à la fois plus efficace et moins dangereux (en épargnant à environ 20.000 femmes enceintes chaque année un examen invasif non dénué de risque pour le foetus et pour elles-mêmes) ne peut être considéré que comme un progrès du point de vue éthique ajoute le CCNE. 
Dans un premier temps limité aux femmes à risque identifiées, ce nouveau test, déjà disponible en Allemagne, Autriche, Suisse et au Liechtenstein, permettrait de diminuer le nombre de gestes invasifs (type ponction de liquide amniotique) et ainsi de réduire une grande partie des fausses couches qu'ils peuvent provoquer, relève-t-il.
Avec ce nouveau test, il est désormais techniquement possible de dépister la trisomie 21à l'insu de la femme enceinte, ce qui n'était pas le cas dans le cadre des amniocentèses qui nécessitent son consentement. On nous dira que le consentement est également nécessaire pour l'analyse du sang. Mais on n'est pas obligé d'y croire.


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06 avril, 2013

Procréation : vers la fabrique eugénique

Un spécialiste en bioéthique australien, Robert Sparrow de Monash University, estime qu'il est temps de lancer le débat sur « l'éugénique in vitro », puisque l'on peut créer des cellules reproductrices à partir de cellules souches. Dans un article publié par le Journal of Medical Ethics cité par l'excellent site BioEdge, du réseau australien MercatorNet, le bioéthicien fait le point sur les techniques déjà accessibles ou prévisibles dans un proche avenir et il pense qu'au final, on pourrait assurer la création de « générations » de gens dans des boîtes de Petri en éliminant les gènes non satisfaisants.

 « Les scientifiques vont pouvoir élever des êtres humains avec le même degré – voire davantage – de sophistication que celle dont nous disposons aujourd'hui pour sélectionner des plantes et des animaux. »

On pourrait ainsi, selon Robert Sparrow, produire deux à trois générations d'êtres humains en une seule année, au lieu des 60 ans environ exigés par le rythme de la procréation naturelle.

« Un programme d'élevage in vitro de ce type donnerait aux futurs eugénistes un pouvoir dont les gouvernements et autres partisans de la réforme eugénique n'ont jamais même rêvé. Au cours d'un programme de recherche de 10 ans, les scientifiques pourraient produire de 20 à 30 générations d'être humains in vitro : assez pour obtenir des changements significatifs du génotype. Des avancées dans la technologie de la culture des cellules et dans la science de la gamétogenèse pourraient faire progresser ce nombre encore davantage. Evidemment, plus de générations on peut fabriquer au cours d'une seule année, plus cette technologie devient puissante. »
Comme le Dr Sparrow est bioéthicien, il se pose des questions éthiques, mais y répond selon le véritable point de vue de cette douteuse science inventée pour justifier tout ce qui fait progresser « la vie » au sens matériel, au détriment du respect des êtres humains en tant qu'individus, personnes et membres d'une famille, d'une lignée.

Robert Sparrow
Il note donc que les personnes qui pourraient un jour résulter de ces techniques seraient « orphelins dès « S'ils obtiennent de leurs parents sociaux un amour et des soins adéquats cela suffit pour permettre aux enfants de prospérer à la fois socialement et psychologiquement » (tiens, c'est un langage qui nous rappelle quelque chose à l'heure des discours en faveur de l'« homoparentalité » !).
la conception », et de plus en plus éloignés de leurs ancêtres à chaque nouvelle génération créée dans la boîte de Petri. Mais ce n'est pas grave, selon Robert Sparrow :

Sur le plan de la sécurité de la procédure, Robert Sparrow n'est pas non plus exagérément inquiet. Certes il s'agirait de naviguer en eaux inconnues en ce qui concerne l'embryologie – mais, rappelle-t-il, cela était tout aussi vrai pour la fécondation in vitro et l'ICSI (injection d'un seul spermatozoïde dans un ovule. « L'eugénique in vitro ne soulèverait aucun problème auquel nous n'ayons déjà été confrontés », conclut-il.

On sait que la création de gamètes : ovules et spermatozoïdes, est déjà possible à partir de cellules souches et notamment à partir des cellules souches induites obtenues grâce à la technique développée par le Japonais Yamanaka. Cela a été fait avec de la peau de souris notamment et a déjà donnée lieu à des nichées : voir ici et ici.

Les applications de cette technique s'annoncent multiple : permettre l'étude des maladies génétiques, tester des médicaments mais aussi permettre à des hommes ou des femmes infertiles de « produire » leurs propres cellules reproductrices. Voire à des hommes homosexuels de « produire » des ovules ou à des femmes homosexuelles de « produire » des spermatozoïdes : cela donne une tout autre dimension à la légalisation des unions homosexuelles, « mariage » ou « alliance », peu importe !

Irait-on jusqu'à dupliquer des êtres humains en utilisant spermatozoïde et gamète issus d'une seule personne ?

Ce que l'on sait donc, pour l'instant, c'est que la technique fonctionne pour les souris.

Et l'on sait aussi que les cellules souches induites permettent de rêver ce monde fou où l'homme pourrait fabriquer l'homme.

Cela relativise ce que l'on croyait être le caractère parfaitement éthique de ces IPPs où l'on espérait voir la panacée permettant d'éliminer le recours aux cellules souches embryonnaires.

Il serait urgent de donner un statut spécial aux cellules reproductrices humaines, et pas seulement dans ce cadre.

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19 décembre, 2012

Avortement obligatoire des trisomiques : un Britannique y pense

Un candidat du parti eurosceptique britannique (UKIP, United Kingdom Independence Party) vient d'être suspendu par sa direction pour avoir publié dans sa profession de foi personnelle un appel à rendre obligatoire l'avortement des enfants à naître diagnostiqués trisomiques 21 ou souffrant de spina bifida ou un défaut similaire, en vue de faire diminuer les dépenses de l'assurance-maladie, le National Health Service. La naissance d'un tel enfant, écrivait-il « en fera un poids pour l'Etat aussi bien que pour la famille ».

Geoffrey Clark, 66 ans, candidat au conseil du Comté de Kent, s'exprimait dans le cadre d'une élection partielle à Gravesham Borough Council.

Dans le même temps, il appelait la NHS à revoir les soins offerts aux plus de 80 ans qui sont « d'un coût disproportionné », proposant qu'on leur offre du conseil gratuit en vue de l'euthanasie dont il souhaitait en même temps la légalisation.

Pour rester dans la même logique, il proposait des attaques « sans pitié » contre les pays les plus populeux comme le Kenya, le Nigéria, le Mexique, une critique systématique de l'Eglise catholique et du Pape pour leur « irresponsabilité » sur le sujet et le démantèlement de toute aide aux familles de plus de deux enfants.

En même temps il s'exprime contre le mariage des homosexuels qu'il dit « abhorrer ».

Bref, un grand salmigondis libertaire.

Le désaveu immédiat de Clark par son parti est à souligner.

Mais n'oublions pas que sur bien des points, il dit tout haut ce que la culture de mort impose à travers son « génocide bienveillant » : l'élimination massive des trisomiques (96 % des dépistés en France), le contrôle de la population dans les pays pauvres, la contestation utilitaire de l'enseignement de l'Eglise.

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03 octobre, 2012

France : l'eugénisme en marche avec le dépistage sanguin de la trisomie 21

 Un nouveau test prénatal de diagnostic de la trisomie 21 à travers le sang maternel, moins invasif que l’amniocentèse puisqu’il se fait sur un prélèvement sanguin de la mère, fait l’objet de premiers essais en France. Les recherches sur cette nouvelle technique qui consiste à isoler l’ADN fœtal circulant dans le sang de la mère sont aujourd’hui en plein essor ; elle a été notamment développée par une équipe de chercheurs de l’Université de Washington et a fait l’objet d’une présentation dans la presse scientifique en juin dernier.

L’ADN sans cellule de l’enfant à naître est récupérable dans le sang de la mère peu de semaines après le début de la grossesse ; son séquençage complet est aujourd’hui possible et doit permettre, théoriquement, le dépistage de plus de 3…000 désordres génétiques dit « mendéliens », faciles à repérer car liés à un défaut sur un seul gène.

En ciblant la trisomie 21 – sachant qu’aujourd’hui 96 % des enfants porteurs de cette anomalie sont éliminés si elle est dépistée avant la naissance – c’est une maladie symbolique qui est visée, comme si l’on voulait tout faire pour éradiquer jusqu’au dernier enfant porteur.

Pourtant ce test sur le sang maternel n’est actuellement pas permis en France, faute d’une autorisation par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou bien d’un feu vert au niveau européen, a précisé vendredi la patronne de l’Agence de la biomédecine, Emmanuelle Prada-Bordenave.

Depuis l’été, un test basé sur ce principe, le PraenaTest commercialisé par la société Lifecodexx, est autorisé en Suisse et se trouve disponible en Allemagne et en Autriche.

« Les résultats scientifiques publiés dans plusieurs congrès (…) sur des cohortes importantes avec plusieurs milliers de patientes vont dans le sens d’un test efficace et permettent d’envisager une alternative à l’amniocentèse pour le diagnostic », a expliqué la directrice générale de l’Agence de la Biomédecine lors d’une rencontre avec la presse, histoire de préparer le terrain à une légalisation de la technique en France.

Les trois organismes publics français concernés par le dossier – Haute autorité à la santé (HAS), Agence de la biomédecine et ANSM – ont inscrit ce sujet à « leur agenda » et deux « protocoles » d’essais sont actuellement en cours, a-t-elle indiqué lors de la présentation du rapport 2011 de l’Agence. « Des femmes sont testées selon ce protocole et aussi par la méthode habituelle. Ces recherches sont en cours », a expliqué Mme Prada-Bordenave.

La nouvelle technique est présentée comme plus sûre pour le fœtus, les amniocentèses pouvant provoquer des fausses couches, mais elle a l’inconvénient d’être nettement plus coûteuse (environ 1 500 euros par test contre moins de 500 euros pour une amniocentèse). Elle mène aussi plus sûrement à la mort les enfants à naître dont la trisomie 21 est confirmée…

« Ce test sur l’ADN circulant dans le sang maternel peut être envisagé comme outil de diagnostic, mais en aucun cas comme outil de dépistage et cela ne doit pas remplacer l’échographie comme outil indispensable de surveillance de la grossesse », a souligné Mme Prada-Bordenave. A qui veut-on faire croire cela ? On ferait donc le test uniquement pour confirmer une trisomie déjà dépistée ? Dans un premier temps peut-être. Mais dans un premier temps seulement.

La Fondation Jérôme Lejeune, premier financeur de la recherche sur la trisomie en France (les pouvoirs publics misant tout sur « l’élimination »), attachée à la défense de la « vie des personnes handicapées dès la conception », s’est déjà élevée contre les « graves conséquences humaines et éthiques » de la nouvelle technique. La fiabilité du dépistage fait qu’on « n’éliminera plus que des bébés anormaux, mais on les éliminera tous » grâce à un diagnostic précoce à un stade où l’IVG peut être pratiquée, affirme son communiqué.

De fait l’avortement avant la fin de la 12e semaine de gestation se pratique sur simple décision de la femme, sans nécessité de recourir à la procédure plus lourde de l’« IMG » (interruption médicale de grossesse) qui est pourtant possible face au handicap de la trisomie 21.

Aujourd’hui en France, le dépistage précoce de la trisomie 21 concerne près de la moitié des femmes enceintes en France (chiffres de 2011) et se base sur une échographie d’une part et sur une prise de sang afin d’évaluer les marqueurs sériques d’autre part. Ces deux examens non invasifs permettent d’évaluer le risque que le fœtus soit porteur de l’anomalie génétique. Si le risque est considéré comme élevé (plus d’une chance sur 250), un « diagnostic » est proposé (avec insistance) à la femme, avec, selon l’état de la grossesse, une amniocentèse ou bien une biopsie des villosités choriales (pour les grossesses les moins avancées : elle consiste à prélever un petit morceau de placenta). Mais ces deux techniques comportent un risque pour la grossesse – c’est-à-dire de mort pour l’enfant – situé entre 0,5 et 1 % des prélèvements.

Avec la possibilité de séquencer l’ADN de l’enfant à naître à partir d’une simple prise de sang sur la mère, apparaît également le risque de voir du dépistage effectué sans son consentement.

Cet article a paru dans Présent daté du 3 octobre 2012.

Voir aussi :

• La présentation du Praenatest par Pierre-Olivier Arduin dans La Nef d'octobre 2012.

Et la présentation de la nouvelle technique sur ce blog en juin dernier : ici.

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21 août, 2012

D'une faculté à l’obligation morale : choisir son bébé sur mesure


Le Pr Julian Savulescu a choisi le populaire Reader’s Digest pour lancer sa petite bombe bioéthique : il vient d’écrire que la création de bébés sur mesure pourrait bien finir par être considérée comme une « obligation morale » dans la mesure où cela permettrait d’obtenir des « enfants éthiquement meilleurs ». Et pour commencer, assure l’universitaire britannique spécialiste d’éthique pratique, il faudrait activement œuvrer afin que les parents puissent accéder au tri embryonnaire pour éliminer les défauts de personnalité chez leurs enfants, puisque ceux-ci auraient alors moins de chance de se faire du mal ou de faire du mal aux autres.

Le rédacteur-en-chef du Journal of Medical Ethics estime que nous sommes au cœur d’une révolution génétique où le dépistage embryonnaire, aujourd’hui limité à certaines affections très précises, devrait être accepté de manière large. Richard Alleyne, du Daily Telegraph, rapporte que Savulescu recommande le tri négatif et positif : négatif pour éliminer les gènes indésirables, positif pour conserver les embryons porteurs de gènes associés à une bonne personnalité. Car, affirme le chercheur, la science permet de savoir aujourd’hui que les gènes ont un poids significatif sur la personnalité et certains marqueurs génétiques peuvent annoncer la probabilité que l’enfant aura certains traits de personnalité.

« N’est-ce pas que le fait d’assurer que votre enfant aura la meilleure, ou à tout le moins un bon espoir d’une vie excellente, c’est de la paternité responsable ? », écrit le Pr Savulesco. « Dès lors que la sélection génétique cherche à faire ressortir un trait qui peut clairement bénéficier l’individu et la société, nous devrions laisser le choix au parents. Agir autrement consisterait à emprisonner ceux qui viendront après nous par la force de notre aversion et de notre irrationalité. Mieux : s’il s’agit d’éliminer des défauts de personnalité comme l’alcoolisme potentiel, la pyschopathie, la disposition à la violence, on pourrait soutenir que les gens ont une obligation morale de choisir des enfants éthiquement meilleurs. (…) Si nous avons le pouvoir d’intervenir sur la nature de notre progéniture – plutôt que de la confier à la loterie naturelle – alors nous en avons le devoir. »

Savulescu appelle cela le « dessein rationnel » et assure que nous l’acceptons déjà à travers le tri génétique qui permet d’éliminer les embryons porteurs de trisomie ou de gènes prédisposant au cancer du sein » : pas d’inconvénient, donc, à aller plus loin.

Ce faisant  le chercheur – qui n’a rien de marginal, puisque dans le domaine bioéthique il est parfaitement reconnu par ses pairs et qu'il a une chaire à Oxford – met le doigt sur une réalité : l’eugénisme existe déjà et, à travers les exemples qu’il donne, on a pu voir qu’elle ne suscite pas de protestations massives, ce qui montre selon lui que ces procédures sont déjà acceptées par l’opinion publique.

A ceci près que Savulescu rejette énergiquement l’idée qu’il puisse être en train de promouvoir l’eugénisme qui « est tombé en disgrâce à partir du moment où il a été adopté par les nazis ». Non qu’il ait l’eugénisme en horreur, semble-t-il, mais il assure que le système resterait basé sur le volontariat et permettrait aux parents eux-mêmes de choisir les caractéristiques de leurs enfants.

C’est exactement de la même manière que l’on nous explique que l’avortement ne peut en aucun cas être un génocide puisque c’est la mère qui, individuellement, prend la décision de l’IVG ou de l’IMG.

Et les pressions sociales ? Ça, on n'en parle pas !

Juste pour la petite histoire : Julian Savulescu, asutralien d'origine, est un ancien élève de Peter Singer…


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27 juillet, 2012

Royaume-Uni : punir les familles nombreuses au nom de la paix sociale ?

Louise Casey, photographiée pour “The Guardian”, ici
Louise Casey, responsable d’une agence publique britannique chargée de suivre les familles à problèmes à la suite des émeutes de Londres, a proposé que l’on sanctionne les mères de famille nombreuse si elles retombent enceintes. Elle plaide pour une « ingérence » de l’Etat, qui devrait selon elle faire comprendre à ces femmes qu’elles sont irresponsables et devraient « avoir honte » des dégâts qu’elles causent au sein de la société en ayant « trop d’enfants », rapporte Thaddeus Baklinski, sur LifeSite.

« Il y a plein de gens qui ont des familles nombreuses et qui fonctionnent incroyablement bien, et bonne chance à eux, ça doit être génial. Le problème en ce qui me concerne, pour les familles que j’ai rencontrées, c’est que ce ne sont pas des familles géniales qui fonctionnent », a-t-elle déclaré. Et d’expliquer que sur les 120.000 familles en dysfonctionnement identifiées par son agence – et qui coûtent 9 milliards de livres par an au contribuable, un cinquième a plus de cinq enfants. Ce serait donc aux mères de prendre leurs responsabilités en arrêtant de tomber enceintes.

« C’est une responsabilité aussi importante que d’arrêter la drogue ou d’arrêter l’alcool, de reprendre les commandes et d’envoyer les gamins à l’école », a-t-elle déclaré dans une interview au Daily Telegraph. Elle a invoqué le contexte économique difficile pour proposer de punir celles qui continueraient de laisser leur famille agrandir.

Tout cela tombe décidément à plat dans un pays qui, comme l’ensemble des « grandes démocraties occidentales », a dévalorisé la famille et le mariage stable, facilité le divorce, encouragé le vagabondage par l’hypersexualisation des messages publicitaires et médiatiques et la soi-disant « éducation sexuelle » à l’école, ringardisant la morale traditionnelle…

Quant à l’effet que peut avoir une telle recommandation sur les jeunes à qui l’on signifie que leur existence est un poids pour la société, il suffit de l’imaginer.



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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...