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06 avril, 2013

Procréation : vers la fabrique eugénique

Un spécialiste en bioéthique australien, Robert Sparrow de Monash University, estime qu'il est temps de lancer le débat sur « l'éugénique in vitro », puisque l'on peut créer des cellules reproductrices à partir de cellules souches. Dans un article publié par le Journal of Medical Ethics cité par l'excellent site BioEdge, du réseau australien MercatorNet, le bioéthicien fait le point sur les techniques déjà accessibles ou prévisibles dans un proche avenir et il pense qu'au final, on pourrait assurer la création de « générations » de gens dans des boîtes de Petri en éliminant les gènes non satisfaisants.

 « Les scientifiques vont pouvoir élever des êtres humains avec le même degré – voire davantage – de sophistication que celle dont nous disposons aujourd'hui pour sélectionner des plantes et des animaux. »

On pourrait ainsi, selon Robert Sparrow, produire deux à trois générations d'êtres humains en une seule année, au lieu des 60 ans environ exigés par le rythme de la procréation naturelle.

« Un programme d'élevage in vitro de ce type donnerait aux futurs eugénistes un pouvoir dont les gouvernements et autres partisans de la réforme eugénique n'ont jamais même rêvé. Au cours d'un programme de recherche de 10 ans, les scientifiques pourraient produire de 20 à 30 générations d'être humains in vitro : assez pour obtenir des changements significatifs du génotype. Des avancées dans la technologie de la culture des cellules et dans la science de la gamétogenèse pourraient faire progresser ce nombre encore davantage. Evidemment, plus de générations on peut fabriquer au cours d'une seule année, plus cette technologie devient puissante. »
Comme le Dr Sparrow est bioéthicien, il se pose des questions éthiques, mais y répond selon le véritable point de vue de cette douteuse science inventée pour justifier tout ce qui fait progresser « la vie » au sens matériel, au détriment du respect des êtres humains en tant qu'individus, personnes et membres d'une famille, d'une lignée.

Robert Sparrow
Il note donc que les personnes qui pourraient un jour résulter de ces techniques seraient « orphelins dès « S'ils obtiennent de leurs parents sociaux un amour et des soins adéquats cela suffit pour permettre aux enfants de prospérer à la fois socialement et psychologiquement » (tiens, c'est un langage qui nous rappelle quelque chose à l'heure des discours en faveur de l'« homoparentalité » !).
la conception », et de plus en plus éloignés de leurs ancêtres à chaque nouvelle génération créée dans la boîte de Petri. Mais ce n'est pas grave, selon Robert Sparrow :

Sur le plan de la sécurité de la procédure, Robert Sparrow n'est pas non plus exagérément inquiet. Certes il s'agirait de naviguer en eaux inconnues en ce qui concerne l'embryologie – mais, rappelle-t-il, cela était tout aussi vrai pour la fécondation in vitro et l'ICSI (injection d'un seul spermatozoïde dans un ovule. « L'eugénique in vitro ne soulèverait aucun problème auquel nous n'ayons déjà été confrontés », conclut-il.

On sait que la création de gamètes : ovules et spermatozoïdes, est déjà possible à partir de cellules souches et notamment à partir des cellules souches induites obtenues grâce à la technique développée par le Japonais Yamanaka. Cela a été fait avec de la peau de souris notamment et a déjà donnée lieu à des nichées : voir ici et ici.

Les applications de cette technique s'annoncent multiple : permettre l'étude des maladies génétiques, tester des médicaments mais aussi permettre à des hommes ou des femmes infertiles de « produire » leurs propres cellules reproductrices. Voire à des hommes homosexuels de « produire » des ovules ou à des femmes homosexuelles de « produire » des spermatozoïdes : cela donne une tout autre dimension à la légalisation des unions homosexuelles, « mariage » ou « alliance », peu importe !

Irait-on jusqu'à dupliquer des êtres humains en utilisant spermatozoïde et gamète issus d'une seule personne ?

Ce que l'on sait donc, pour l'instant, c'est que la technique fonctionne pour les souris.

Et l'on sait aussi que les cellules souches induites permettent de rêver ce monde fou où l'homme pourrait fabriquer l'homme.

Cela relativise ce que l'on croyait être le caractère parfaitement éthique de ces IPPs où l'on espérait voir la panacée permettant d'éliminer le recours aux cellules souches embryonnaires.

Il serait urgent de donner un statut spécial aux cellules reproductrices humaines, et pas seulement dans ce cadre.

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21 août, 2012

D'une faculté à l’obligation morale : choisir son bébé sur mesure


Le Pr Julian Savulescu a choisi le populaire Reader’s Digest pour lancer sa petite bombe bioéthique : il vient d’écrire que la création de bébés sur mesure pourrait bien finir par être considérée comme une « obligation morale » dans la mesure où cela permettrait d’obtenir des « enfants éthiquement meilleurs ». Et pour commencer, assure l’universitaire britannique spécialiste d’éthique pratique, il faudrait activement œuvrer afin que les parents puissent accéder au tri embryonnaire pour éliminer les défauts de personnalité chez leurs enfants, puisque ceux-ci auraient alors moins de chance de se faire du mal ou de faire du mal aux autres.

Le rédacteur-en-chef du Journal of Medical Ethics estime que nous sommes au cœur d’une révolution génétique où le dépistage embryonnaire, aujourd’hui limité à certaines affections très précises, devrait être accepté de manière large. Richard Alleyne, du Daily Telegraph, rapporte que Savulescu recommande le tri négatif et positif : négatif pour éliminer les gènes indésirables, positif pour conserver les embryons porteurs de gènes associés à une bonne personnalité. Car, affirme le chercheur, la science permet de savoir aujourd’hui que les gènes ont un poids significatif sur la personnalité et certains marqueurs génétiques peuvent annoncer la probabilité que l’enfant aura certains traits de personnalité.

« N’est-ce pas que le fait d’assurer que votre enfant aura la meilleure, ou à tout le moins un bon espoir d’une vie excellente, c’est de la paternité responsable ? », écrit le Pr Savulesco. « Dès lors que la sélection génétique cherche à faire ressortir un trait qui peut clairement bénéficier l’individu et la société, nous devrions laisser le choix au parents. Agir autrement consisterait à emprisonner ceux qui viendront après nous par la force de notre aversion et de notre irrationalité. Mieux : s’il s’agit d’éliminer des défauts de personnalité comme l’alcoolisme potentiel, la pyschopathie, la disposition à la violence, on pourrait soutenir que les gens ont une obligation morale de choisir des enfants éthiquement meilleurs. (…) Si nous avons le pouvoir d’intervenir sur la nature de notre progéniture – plutôt que de la confier à la loterie naturelle – alors nous en avons le devoir. »

Savulescu appelle cela le « dessein rationnel » et assure que nous l’acceptons déjà à travers le tri génétique qui permet d’éliminer les embryons porteurs de trisomie ou de gènes prédisposant au cancer du sein » : pas d’inconvénient, donc, à aller plus loin.

Ce faisant  le chercheur – qui n’a rien de marginal, puisque dans le domaine bioéthique il est parfaitement reconnu par ses pairs et qu'il a une chaire à Oxford – met le doigt sur une réalité : l’eugénisme existe déjà et, à travers les exemples qu’il donne, on a pu voir qu’elle ne suscite pas de protestations massives, ce qui montre selon lui que ces procédures sont déjà acceptées par l’opinion publique.

A ceci près que Savulescu rejette énergiquement l’idée qu’il puisse être en train de promouvoir l’eugénisme qui « est tombé en disgrâce à partir du moment où il a été adopté par les nazis ». Non qu’il ait l’eugénisme en horreur, semble-t-il, mais il assure que le système resterait basé sur le volontariat et permettrait aux parents eux-mêmes de choisir les caractéristiques de leurs enfants.

C’est exactement de la même manière que l’on nous explique que l’avortement ne peut en aucun cas être un génocide puisque c’est la mère qui, individuellement, prend la décision de l’IVG ou de l’IMG.

Et les pressions sociales ? Ça, on n'en parle pas !

Juste pour la petite histoire : Julian Savulescu, asutralien d'origine, est un ancien élève de Peter Singer…


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08 août, 2012

“Choisir” son enfant ? “Choisir” un enfant gay ?

La vidéo est ici.
Une télévision néo-zélandaise a interviewé un bioéthicien en tournée donner une série de conférences sur les nouvelles possibilités de tri génétique des embryons et des enfants à naître. Le Pr Robert Klitzman, fondateur du Columbia University Centre for Bioethics, pose de nombreuses questions sur les nouveaux moyens de dépister de nombreuses caractéristiques de l'enfant à naître – défauts génétiques, prédisposition au cancer ou à Alzheimer, traits physiques – qui deviennent de plus en plus étendus et de plus en plus aisés à mettre en œuvre, et aussi moins onéreux.

La question se posera de plus en plus, à des « millions de parents », dit-il, de savoir s'ils veulent garder un enfant dont on saura dès la gestation qu'il est atteint d'une maladie quelconque, par exemple une maladie dont souffre l'un des parents, confronté dès lors à une question difficile : s'il décide d'éliminer l'enfant, qu'est-il en train de dire sur lui-même et sur sa propre vie ?

Le tri préimplantatoire prend lui aussi de l'ampleur, comme nous le savons déjà en France, où la recherche sur la lutte contre la myopathie consiste largement à favoriser l'élimination d'embryons atteints pour n'implanter que des enfants sains…

Avec les milliers de nouvelles conditions dépistables, on va évidemment vers un tri accru, et même, probablement, vers une commercialisation accrue de ces procédés : les riches, demande le Pr Klitzman, seront-ils avantagés par la possibilité de « mieux » choisir leur enfant que les pauvres ?

Pourra-t-on choisir un embryon présentant telle mutation plutôt que telle autre ?

Que dire de la situation aux Etats-Unis, la Russie et l'Inde, les seuls pays au monde où l'on peut aujourd'hui légalement acheter des ovules ou du sperme pour des fécondations artificielles ?

Dans son interview à la TVNZ, le Pr Klitzman ne fait que plaider pour le débat, n'apportant pas de réponses et encore moins de jugements sur le plan moral : interrogé sur le fait de savoir où il fallait fixer la limite, il a répondu qu'il s'agit d'« engager ces discussions et de penser au type d'homme que nous voulons ».

Sa réponse dit plusieurs choses : un, il n'y a pas de règle morale préétablie dictant une conduite conforme à la dignité de l'homme ; deux, l'éthique que l'on devrait s'imposer sur ce plan ne résultera que du débat et d'un choix pris collectivement (à la majorité politique ou à la faveur des avis des bioéthiciens, sans doute) ; trois, même ce débat essentiellement relativiste n'a pas lieu aujourd'hui, puisque Klitzman ne fait que plaider pour qu'il ait lieu.

Au cours de son interview, Robert Klitzman a affirmé : « Nous trouverons peut-être des tests permettant de dépister l'homosexualité. » Ce qui ouvrirait la route à la possibilité de choisir d'avoir un « enfant gay »… ou non.

Comme si l'homosexualité était nécessairement inscrite dans les gènes ou acquise in utero… Cette thèse de l'homosexualité innée est le plus souvent brandie pour affirmer que ce n'est ni une déviance, ni une condition liée à des raisons psychanalytiques, ni une affection née du contexte du l'enfance – rapport avec le père ou la mère, abus sexuels, etc… Elle est aussi à l'origine de l'idée qu'on ne « soigne » pas l'homosexualité et que le simple fait de proposer d'en « guérir » est déjà de l'homophobie – comme l'est alors, forcément, tout discours affirmant que le comportement homosexuel est un mal ou un péché. (Voir par exemple cet article du Monde. Il rappelait en 2010 – pour s'en démarquer discrètement – « la ligne du Vatican » : « “On ne naît pas homosexuel, mais on le devient. Pour différentes raisons, des questions d'éducation, parce qu'on n'a pas développé sa propre identité au cours de l'adolescence”, a ainsi affirmé en décembre le cardinal Javier Lozano Barragan, ancien ministre de la santé du pape. »


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09 juin, 2012

Dépistage génétique : vers une procédure simplifiée

Une équipe de chercheurs de l'Université de Washington et de Seattle ont réussi à développer une technique qui leur permet de séquencer plus facilement et à moindre coût le génome complet d'un fœtus sans avoir recours à des gestes invasifs sur l'enfant à naître. Bonne nouvelle ? Pas sûr, car il s'agit en réalité de faciliter le dépistage in utero des désordres génétiques dits « mendéliens », aisés à repérer car liés à un défaut sur un seul gène. Il en a été repertorié plus de 3.000 à ce jour.

Jacob Kitzman et Matthew Snyder et leurs collègues viennent de rendre compte de leur nouvelle approche dans Science Translational Magazine.

Jacob Kitzman
Compte tenu du fait que le plasma sanguin d'une femme enceinte contient de l'ADN sans cellule de son enfant à naître – environ 10 % du total de l'ADN sans cellule présent dans le sang – dès quelques semaines après le début de la gestation, les chercheurs ont prélevé du sang maternel sur des femmes enceintes à différentes étapes de la grosssesse : vers 18 semaines, puis plus tôt sur un autre couple. L'échantillon était analysé en le comparant avec l'ADN paternel recueilli dans la salive du père, et, en utilisant des données statistiques, en recherchant le distinguant de l'ADN maternel. La méthode permet alors de repérer les mutations nouvelles, qu'elles se soient produites dans les gamètes du père ou de la mère.

La méthode n'est pas nouvelle dans le principe mais l'équipe de Kitzman a réussi à l'affiner de manière à identifier d'infimes variations de l'ADN : une seule lettre du code. Ce qu'a permis de vérifier la comparaison du code obtenu avec celui effectivement constaté après la naissance en analysant le sang du cordon ombilical. La méthode aura permis d'établir les correspondances de l'ADN de l'enfant avec ceux de ses parents respectifs à 98,1 %.

Dans un des exemples étudiés par les chercheurs ceux-ci ont pu identifier 39 sur les 44 mutations de novo effectives de l'enfant alors qu'il était encore au stade fœtal.

L'idée est maintenant de standardiser et d'automatiser autant que possible la procédure pour permettre, à l'avenir, de dépister les quelque 3.000 désordres mendéliens de manière simple et rapide.

Ce qui posera fatalement le problème moral de l'utilisation de cette connaissance. Comment l'interpréter, comment évaluer la gravité des désordres génétiques constatés, comment en informer les parents – ou non ? Et sera-t-elle utiliser pour éliminer par l'avortement les malades de l'intelligence, les schizophrènes ou les autistes qu'on pensera avoir identifiés ?

Aujourd'hui, le dépistage de la trisomie 21 aboutit, on le sait, à 96 % d'avortements en cas de test positif, le test demeurant bien plus lourd et invasif, d'ailleurs non dénué de risques, qu'un simple examen de sang et de salive, puisqu'il faut prélever de l'ADN dans le liquide amniotique dans lequel baigne l'enfant à naître.

Demain les données dont disposeront les praticiens seront incroyablement plus nombreuses – et potentiellement plus dangereuses pour les tout-petits.

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18 septembre, 2011

Echographies prénatales : ne plus révéler le sexe de l'enfant ?

Doris Stump
C'est ce que propose un projet de résolution soumis à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (ACPE)  par la socialiste suisse Doris Stump. Plus largement, son texte propose d'enquêter sur le déséquilibre entre les naissances de filles et de garçons en Albanie, Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie, où la sélection prénatale est soupçonnée de conduire à l'avortement des filles. On compte ainsi 112 garçons pour 100 filles dans les trois premiers pays, 111 pour 100 en Géorgie.

La commission sur l'Egalité des chances de l'ACPE a adopté le texte le 12 septembre ; les quatre pays mis en cause sont invités à enquêter sur les causes, les raisons et les mécanismes qui aboutissent à ces déséquilibres, à vérifier si certaines régions sont plus touchées que d'autres, à former les personnels médicaux en vue d'éviter l'avortement sélectif et à « relever le statut des femmes dans la société ».

Plus radicalement encore, la commission estime que les Etats membres du Conseil de l'Europe (47 Etats dont la France) devraient recommander aux hôpitaux publics de demander aux médecins « de ne pas révéler le sexe du fœtus ».

Mais le projet reste forcément paradoxal puisqu'il ne veut en rien toucher à la sélection eugénique : « Selon la commission, la sélection prénatale en fonction du sexe ne devrait être employée qu'aux fins exclusives de prévenir les maladies héréditaires graves liées au sexe, dans le cadre de l'avortement légal ou de l'utilisation de technologies de procréation assistée », assure cette dépêche.

L'ACPE devrait se prononcer sur cette résolution lors de sa prochaine séance plénière, du 3 au 7 octobre prochain.

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11 juillet, 2011

Les merveilles de l'embryon humain… et le “DPI”

C'est la pratique courante dans le cadre de la fécondation in vitro : parmi les ovules fécondés, les techniciens ne retiennent pour l'implantation ou la congélation que ceux qui ont bon aspect – on jette les autres – ou, dans le cadre d'un diagnostic préimplantatoire, ceux qui passent avec succès les examens chromosomiques réalisés sur une cellule prélevée alors que l'embryon n'a qu'un tout petit nombre de cellules. On détruit tous ceux qui présentent une anomalie du nombre des chromosomes.

Une récente étude citée par Human Life International révèle pourtant que les embryons de trois jours présentant de telles anomalies sont capables de s'auto-guérir spontanément.

Elle a été présentée à la réunion annuelle de la European society of Human Reproduction and Embryology par le Pr William G. Kearns qui a décrit ce qu'il a pu constatersur des embryons présentant un nombre incorrect de chromosomes : « un processus dynamique de normalisation génétique » par lequel, arrivé au 5e jour après sa conception et au stade de blastocyste, le tout petit d'homme présente le nombre correct de chromosomes.

Cette guérison se produit, de façon remarquable, en dehors de toute intervention extérieure : ces embryons sont en dehors du sein maternel, et c'est d'eux-mêmes, si l'on peut dire, qu'ils « pilotent » leur propre guérison.

Tout comme plus tard le corps humain réagira face à une infection par des processus de guérison qui sont inscrits dans ses cellules elles-mêmes…

HLI souligne que cette nouvelle découverte n'est pas sans rappeler un autre fait constaté sur le zygote : l'une des premières actions de l'embryon au stade monocellulaire est de se protéger des spermatozoïdes qui n'ont pas gagné la course de la fécondation en modifiant son enveloppe extérieure. « On ne peut que s'émerveiller devant la manière dont le tout jeune être humain se protège et se guérit dès les premiers instants de son existence », observe Human Life International.

L'association relève un autre aspect de l'étude du Pr Kearns : sur la pratique (en soi immorale bien sûr) du tri embryonnaire, celui-ci note qu'il aboutit à la destruction de nombre d'embryons qui, disposant de quelques jours de vie de plus, seraient devenus parfaitement normaux, puisque 64 % des embryons présentant une anomalie chromosomique à trois jours en sont guéris dès le 5e jour.

HLI souligne enfin que l'étude elle-même présente un problème moral grave, puisque sa réalisation a abouti à la destruction de tous les embryons qui y ont « participé ».

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24 janvier, 2007

Discours de choc de Mgr Elio Sgreccia, de l'Académie pontificale pour la vie

Lors d'une conférence de presse aujourd'hui à Madrid, le président de l'Académie pontificale pour la vie, Mgr Elio Sgreccia, a averti qu'avec la sélection génétique, l'avortement, la chute de la natalité et l'euthanasie "on marche vers l'autogénocide de l'espèce humaine".

Le prélat s'exprimait à l'occasion de sa conférence à propos du "magistère de Jean-Paul II sur la vie humaine" donnée cet après-midi à l'Université Saint-Paul. Il existe aujourd'hui "une mentalité qui consiste à faire confiance au pouvoir biotechnologique" et qui prétend "changer le statut de l'espèce humaine".

C'est un "délire à propos de l'auto-construction des hommes à l'image et à la ressemblance d'autres hommes qui détiennent le pouvoir". Un délire auquel la société dans son ensemble est désormais perméable puisqu'elle "justifie aujourd'hui le fait qu'on devrait sélectionner les enfants pour qu'ils soient tous parfaits, sans défauts, et éliminer ceux qui ne satisfont pas à ces conditions". Un "délire de puissance" né d'une "perception fausse de l'origine de l'homme", puisque "nul être humain ne peut affirmer qu'il est né par sa propre volonte, ni qu'il s'est construit lui-même" :

"C'est le grand mensonge sur lequel on prétend établir cette toute-puissance biotechnologique qui veut changer la structure même de la nature humaine et la libérer ainsi de toute culture antérieure."

Il faut "démasquer" tous les mécanismes de la sélection génétique qui "ne conduisent pas vers ce qu'imaginent les scientifiques mais à la destruction de l'espèce humaine", a-t-il poursuivi.

A propos de l'euthanasie, Mgr Sgreccia a déclaré que l'homme, en raison d'une "profonde sécularisation", ne dispose plus d'une "énergie spirituelle suffisante pour affronter la douleur", et qu'il a perdu "le sens de la transcendance".

Comme le cardinal Ruini il y a deux jours, Mgr Sgreccia a rappelé que si l'homme a le droit et la liberté de refuser l'acharnement thérapeutique, il a rappelé que celui-ci ne comprend jamais l'alimentation, l'hydratation ou l'hygiène.

A propos de l'Espagne, il a précisé que les nouvelles lois de reproduction humaine assistée, de biomédecine, de légalisation du "mariage" homosexuel et du divorce express font traverser à ce pays un "moment de tribulation et de frayeur" et qu'il avance "sur un chemin de sécularisation dommageable pour la société".

"La faiblesse de la communauté chrétienne et la force de la société laïcisée peut faire prévaloir le désastre", a-t-il conclu, plaidant pour que "l'Europe inverse la marche". "Jusqu'à présent on a accepté la culture de mort et ce chemin conduit à l'autodestruction."

Source : ici.

 
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