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23 août, 2012

Un chercheur préfère perdre son emploi que de travailler sur des cellules récupérées sur un bébé avorté

Thomas et Emanuele Sardella
Pour John Smeaton, directeur de la plus importante et plus ancienne association pro-vie britannique, SPUC, le Dr Thomas Sardella est un héros, rien de moins. Avec le soutien de sa femme, ce chercheur diplômé summa cum laude de recherche en Sciences biologiques de l'université de Rome - Tor Vergata, a mis en jeu son avenir en décidant de ne pas participer à un programme de recherches qui devait porter sur un prélèvement de tissus sur un bébé avorté à huit semaines de gestation. Ces cellules devaient être transplantées dans le système nerveux central de modèles animaux que le Dr Sardella, compétent dans un éventail impressionnant de spécialités, de la zoologie à la biochimie, de l'anatomie à la génétique.

Le chercheur est employé par une université britannique  où il a d'abord complété ses études sur la transplantation de cellules souches adultes avant de s'engager dans la recherche de pointe sur la douleur et la manière dont celle-ci est transmise par le système nerveux central.

C'est le contexte économique qui a conduit Thomas Sardella à devoir chercher de nouveaux projets : les fonds pour la recherche sont de plus en plus difficiles à obtenir et il était, avec sa faculté dans l'attente d'un financement pour ses propres recherches. D'où cette proposition d'un groupe de recherche de San Diego, aux Etats-Unis, qui n'avait personne sous la main présentant le niveau d'expertise du jeune père de famille.

« Comment aurais-je pu regarder ces cellules dans le microscope et oublier qu'elles avaient été prises sur un enfant en même temps qu'on lui avait pris sa vie ? », a-t-il expliqué à John Smeaton au cours d'un long et émouvant entretien publié sur le blog de celui-ci. Tout simplement parce que, dès la fécondation humaine, « nous ne pouvons rien faire qui empêche le nouvel embryon de faire partie de notre espèce ; ce nouvel individu doit être considéré comme un être humain ». Et on ne peut pas de manière arbitraire tuer un être humain.

Dès qu'il reçut la proposition de San Diego, Thomas Sardella eut un mouvement de dégoût : « Comment me persuader moi-même que ces êtres humains de 8 semaines n'avaient pas le droit de vivre, et que ma carrière, mon salaire et ma famille étaient plus importants que leurs vies ? Alors j'ai décidé de perdre mon emploi. »

Une décision applaudie par sa femme, qui a fait des études de bioéthique en Italie et pour qui il était évident qu'en participant à la recherche, son mari aurait été le complice – certes éloigné et passif – d'un avortement volontaire.

Avec Eleonora, spécialiste en bioéthique
Le même soir, Thomas Sardella s'en ouvrit au curé de sa paroisse qui approuva lui aussi cette décision et l'encouragea. Et le lendemain, son employeur le mit devant ce choix : accepter de travailler avec l'équipe de San Diego ou voir son contrat avec l'université s'achever au 1er janvier 2012. « Fin de l'histoire ! »

Thomas Sardella reçut un véritable soutien de la part de ses parents, beaux-parents et de nombreux amis, mais souffrit de voir combien d'autres amis lui reprochèrent de voir le monde en noir et blanc, au lieu d'accepter le « gris » pour le bien de sa famille.

Depuis lors le jeune et brillant chercheur s'est intéressé à l'avortement, découvrant avec horreur et surprise combien il s'en commet dans le monde : « Même le pire dictateur du XXe siècle n'aurait pu imaginer quelque chose d'aussi mauvais et de bien organisé ! » Et encore, assure-t-il, les statistiques sont sous-évaluées : on ne parle pas des embryons éliminés à l'occasion de fécondations in vitro ni des avortements très précoces liés à la pilule du lendemain par exemple. Du coup, Thomas Sardella se voue à visiter les écoles et alerter les jeunes, de manière scientifique, sur ce qui se passe,  « pour leur montrer la différence entre la vérité et le mensonge ». Et, assure-t-il, les collégiens et lycéens qu'il rencontre sont horrifiés d'apprendre ce qu'est réellement un avortement, et ce qui s'y passe.

« Ce qui a particulièrement touché mon cœur, c'est l'expression de choc et de surprise sur les visages des garçons : probablement, quand ils pensaient au sexe, ils le voyaient comme un jeu ; probablement personne ne leur avait montré aussi clairement des diagrammes du système reproducteur féminin ni ne leur avait décrit de manière aussi détaillée ce qui se passe quand la vie commence, et comment on peut la mettre en pièces par la procédure de l'avortement ; probablement, ils se sont rendus compte que l'avortement les implique bien plus qu'ils ne l'avaient imaginé jusque-là. »

Ironie du sort, l'université où travaillait Thomas Sardella lui a proposé, en tant que chercheur international ayant priorité pour les nouvelles vacations, un nouveau contrat à compter du 1er janvier 2012… Mais ce contrat de trois ans avec un groupe australien comportait lui aussi une recherche sur les cellules d'enfants à naître victimes d'avortement volontaire, ou plus exactement sur des fœtus avortés de 10 à 13 semaines de gestation et « récoltés » pour faire l'objet d'expériences électrophysiques sur leur moelle épinière : Sardella aurait eu à examiner des tranches de moelle sous le microscope.

Sardella refusa là encore, non sans découvrir qu'il aurait eu comme collaborateur un collègue qu'il avait côtoyé de près depuis sept ans, et que celui-ci était déjà impliqué dans ce type de recherches. Thomas Sardella lui fit part de sa tristesse de l'apprendre, et la réponse de son collègue le mit « très en colère » : « C'est de la science, il faut bien que quelqu'un le fasse ! »

L'histoire ne s'arrête pas là. Au cours de ses recherches pour un nouveau poste, il obtint un entretien auprès d'une fondation privée à Palerme. Description du poste : recherche sur des fœtus avortés au deuxième trimestre dans le cadre d'avortements « thérapeutiques » pour malformation. Sardella répondit, au téléphone, qu'à son avis une thérapie ne peut entraîner la suppression intentionnelle du patient car celle-ci ne soigne nullement le patient. Son interlocutrice « écouta, rit doucement et lui donna raison ». Encore un entretien refusé…

« Par la suite je n'ai pas pu réagir à nombre d'offres d'emploi en Grande-Bretagne et ailleurs car elles affichaient clairement que les recherches à accomplir porteraient sur des cellules souches embryonnaires ou sur des tissus prélevés sur des embryons avortés. J'ai été choqué par leur nombre ! Peut-être est-ce lié à la crise financière ? Peut-être plus de mères acceptent-elles que leurs enfants soient utilisés pour la recherche ? Je n'en sais rien, mais je peux vous dire qu'il y a sept ans, ni moi ni mes amis ne rencontrions ce type de recherche. »

Pour finir Thomas Sardella s'est vu offrir deux postes « ethiques », l'une dans son université, l'autre hors du Royaume-Uni, et c'est ce dernier qu'il a choisi. Il a déjà perdu plus de 20 000 livres de salaire cette année du fait de son choix, mais il ne regrette rien. « C'est si facile de prendre la mauvaise décision, de choisir le gris quand on manque d'argent… Avec le recul ma décision a vraiment été la bonne, elle n'a apporté que des bénédictions à nos vies !… Ce choix m'a forcer à ouvrir les yeux et à rechercher le bonheur véritable dans ma vie d'époux, de père et de scientifique. »

Avec sa femme Eleonora, son fils Emmanuele et le deuxième bébé qui arrive, Thomas Sardella s'envolera vers d'autres cieux, non sans avoir témoigné d'une réalité méconnue du monde de la recherche médicale et scientifique, qui sans son aventure n'aurait peut-être pas été mise au jour.

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© leblogdejeannesmits. J'emprunte les photos au blog de John Smeaton, SPUC.

13 mai, 2012

“Uno di Noi” : Protéger l'embryon par le droit communautaire : on peut l'obtenir !

Profitant d'une disposition du traité de Lisbonne qui autorise les « initiatives citoyennes » en vue de faire présenter des propositions par la Commission européenne (voir ici), un groupe de sept personnes d'autant de pays vient de lancer une proposition visant à assurer la « protection juridique de la dignité, du droit à la vie et de l'intégrité de chaque être humain depuis sa conception », là où l'Union européenne a compétence et où une telle protection peut s'exercer.

C'est une des toutes premières initiatives citoyennes à avoir été présentées depuis début avril, date où la procédure est devenue effectivement possible, sous le titre Uno di Noi (« l'un de nous »). Et elle a déjà, rapidement – eu égard au délai maximum de deux mois dont dispose la Commission – été enregistrée par celle-ci en date du vendredi 11 mai. Cette première étape franchie autorise les signataires à procéder à la récolte des signatures, ce qui est déjà une victoire : la Commission doit en effet vérifier que toutes les conditions sont bien remplies et notamment sa compétence sur le domaine de l'initiative.

Le défi est maintenant lancé : il va falloir récolter au moins 1 million de signatures en provenance d'au  moins sept pays de l'Union européenne, un minimum par pays étant fixé au pro rata de la population (55.500 pour la France, par exemple) ; l'objectif doit être atteint dans un délai de douze mois sous peine de rendre l'initiative caduque.

Après cela, on n'est pas assuré de voir la Commission transformer l'initiative en texte de loi. Mais les organisateurs obtiennent la possibilité de présenter leur demande devant elle et lors d'une audition publique devant le Parlement européen. Et la Commission, qui conserve la possibilité de ne pas donner suite, devra cependant motiver sa décision, tout cela dans un délai de trois mois après que la présentation des signatures.

Le but de l'initiative, soutenue notamment par le Movimento per la Vita italien, est de faire cesser le financement d'activités supposant la destruction d'embryons humains par l'UE, notamment dans le domaine de la recherche, de l'aide au développement et de la santé. Et ce parce que le traité de l'Union affirme la dignité, l'égalité et les droits de chaque homme, point de vue confirmé par la jurisprudence Brustle qui « définit l'embryon comme le début du développement de l'être humain » (CEJ, 18 octobre 2011). Affaire de cohérence, donc…

L'initiative précise qu'il faut aussi proscrire « toute forme de soutien politique, et a fortiori le financement, de la part de l'Union, d'actions qui présupposent ou qui réalisent la destruction d'embryons humains », et inscrire cette interdiction de financement dans les règles budgétaires.

Très structurée juridiquement, l'initiative propose de proscrire explicitement le financement de la recherche sur le clonage humain, ainsi que toute recherche destructrice portant sur les cellules souches ou utilisant des cellules souches embryonnaires humaines.

Sur le plan de l'aide au développement, l'initiative vise à interdire tout financement de l'avortement, « directement ou indirectement », ainsi que l'aide aux organisations qui le pratiquent ou le promeuvent : « Aucune référence faite dans le présent règlement à la santé reproductive ou sexuelle, aux soins de santé, aux droits, aux services, aux fournitures, à l'éducation et à l'information, à la Conférence internationale sur la population et le développement, à ses principes ou son domaine d'action, à la politique du Caire ou aux Objectifs du Millénaire, en particulier par rapport à l'objectif n'° 5 sur la santé et la mortalité maternelles, ne peut être interprétée comme formant une base juridique autorisant l'utilisation de fonds de l'UE pour financer directement ou indirectement l'avortement. »

Vous aurez remarqué que l'initiative se borne à vouloir proscrire le financement des pratiques destructrices sur l'embryon au sein de l'UE, et le financement de l'avortement dans le cadre de l'aide aux pays en voie de développement. Il ne s'agit donc pas d'une « sanctuarisation » de la vie naissante.

C'est que l'Union européenne n'est pas compétente pour imposer sa loi en matière d'avortement, chaque pays conservant sa souveraineté à ce sujet (et tant mieux, vu ce dont l'UE est capable). L'initiative se borne donc à vouloir interdire le financement sur le budget européen qui est aujourd'hui, hélas, une réalité pour la recherche sur l'embryon et le soutien politique et financiers à l'avortement dans les pays en voie de développement.

Mais si une telle initiative finissait par avoir force de loi, quel poids cela aurait…

Voici la liste des sept signataires initiaux : Gregor Puppinck (France), Filippo Vari (Italie), Josephine Quintavalle (Royaume-Uni), Edith Frivaldszky (Hongrie), Jakub Batroswicz (Pologne), Alicia Latorre (Espagne), Manfred Liebner (Allemagne).

Je vous tiendrai évidemment informés de la manière dont on pourra s'associer à cette démarche, et de ses avancées.

En Italie, elle sera présentée dans l'Aula Paolo VI (au Vatican) le dimanche 20 mai.

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03 avril, 2012

UNESCO : le comité de bioéthique s'enrichit d'un partisan de la recherche sur l'embryon

A la grande satisfaction de l'université de Pennsylvanie, Jonathan Moreno, professeur d'éthique biomédicale de haut vol dans plusieurs facultés de U-Penn, vient d'être nommé au Comité international de bioéthique de l'UNESCO. Jonathan Moreno est un fervent partisan de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, car même s'il plaide pour le recours aux lignées de cellules souches embryonnaires existantes là où c'est possible, il estime indispensable à la recherche de se résoudre à la destruction d'embryons pour en obtenir de nouvelles si les circonstances l'exigent.

Le Comité international de bioéthique de l'UNESCO (IBC) se présente comme le seul forum global de réflexion sur la bioéthique. Composé de 36 « experts indépendants », il suit depuis 1993 les progrès des sciences de la vie et leurs applications, en vue d'assurer le respect de la dignité humaine et de la liberté et de  promouvoir les principes de la Déclaration de l'UNESCO sur la bioéthique dans l'ensemble des pays membres.

C'est donc au nom du respect de la dignité humaine que l'UNESCO nomme un partisan de la recherche destructrice sur l'embryon…

Dans une interview datant de juillet 2008, Jonathan Moreno s'en explique.

Il estime que même la recherche sur les cellules souches adultes, qui ne pose aucun problème moral, a besoin de celle sur les cellules embryonnaires « totipotentes » qui sont comme « l'étalon or » du comportement des cellules, et il met en avant des résultats moins satisfaisants, à l'aune de « certains travaux » récents, obtenus sur les cellules souches adultes prélevées sur des personnes plus âgées.

Mais l'embryon humain n'a-t-il pas une valeur intrinsèque ? Pas pour Moreno, qui rejette le manque de science du quidam qui réclame le respect de sa vie :

« Il est important de noter que toutes les religions abrahamiques ne sont pas unamimement d'accord pour affirmer que l'embryon ait quelque statut moral que ce soit. Les Juifs orthodoxes, les imams de la tradition islamique et beaucoup de confessions protestantes n'attribuent pas à l'embryon le statut moral d'une personne humaine déjà née. L'Eglise catholique romaine n'a pas traditionnellement revêtu l'embryon de la personnalité, et ce point de vue n'a commencé à changer qu'au milieu du XIXe siècle. (…) Je pense qu'il n'y a pas une division nette entre les pro-vie et les pro-choix sur cette question, ni qu'il y ait une division nette entre ceux qui donnent un important statut moral à l'embryon humain et ceux qui lui en donnent relativement peu. (…)
« Au moins dans ce pays, le consensus parmi ceux qui réfléchissent à ces choses, comme les théologiens et les philosophes, semble être que l'embryon humain a un statut moral plus important que le spermatozoïde ou l'ovule seul, mais que l'embryon n'a pas nécessairement des droits. Cela étant dit, je dirais que l'embryon qui a été créé intentionnellement doit être respecté. Cela signifie qu'avant de justifier la destruction de l'embryon en vue de la recherche médicale, il faut avancer un argument solide pour montrer que les lignées de cellules souches embryonnaires existantes ne conviennent pas pour la recherche envisagée, et démontrer l'importance de celle-ci : par exemple, qu'elle soit en relation avec une maladie grave. (…) 
« Si un enfant meurt d'une maladie qui aurait pu être évitée si nous avions pu faire des recherches sur elle en utilisant des embryons déjà voués à la destruction ou à la réfrigération de longue durée – comme les embryons utilisés dans les cliniques de fécondation in vitro – je ne vois pas en quoi la mort de cet enfant peut contribuer à la dignité humaine. »
En poussant un peu un tel argument, on justifierait tout aussi bien le prélèvement d'organes vitaux sur des personnes en état végétatif persistant pour donner plus de vie à un malade soignable par transplantation…

Pour Moreno, un concept particulièrement important de la tradition judéo-chrétienne dont il serait « difficile de dire », selon lui, « qu'elle n'informe pas en un sens les points de vues de tout le monde sur tout », est celui d'imposer une « obligation invincible » à chaque être humain de ne pas être cruel vis-à-vis de son semblable.

« La cruauté peut se manifester de toutes sortes de façons, y compris – à mon avis – en ne tirant pas profit des occasions que peut fournir la science médicale pour le bien de l'homme. » 
Et de plaider pour une recherche sur les cellules souches embryonnaires qui non seulement s'imposerait en quelque sorte moralement, mais qui soit coordonnée, aux Etats-Unis, au niveau fédéral.

Jonathan Moreno, entre autres rôles à son actif, a fait partie de l'équipe de transition de Barack Obama, et il a joué un rôle de conseiller à la Fondation Bill & Melinda Gates.

Comme ça, au moins, nous savons à quelle sauce l'UNESCO nous mange…



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17 octobre, 2011

Argentine : Mgr Aguer demande aux candidats aux élections d'être clairs sur les points non négociables

Dimanche prochain, les Argentins éliront leur nouveau président, mais renouvelleront aussi le Sénat et l'Assemblée, à un moment de forte pression pour la légalisation de l'avortement dans les commissions de la chambre basse.

Mgr Hector Aguer
Si l'Eglise est restée discrète pendant la campagne, au moins un évêque, très écouté, Mgre Hector Aguer, s'est néanmoins exprimé sur les points non négociables, spécialement l'avortement qui sera débattu par le nouveau Parlement. Il a demandé que les candidats prennent clairement position sur la question pour que la démocratie puisse fonctionner véritablement.

A l'heure qu'il est, seul l'ex-président péroniste Eduardo Duhalde a dit son refus de la légalisation de l'avortement en précisant que celui-ci est un « assassinat » : il s'exprimait, jeudi dernier, devant un parterre d'étudiants de l'Universidad Austral de Buenos Aires, de l'Opus Dei. Il a également signé le « Protocole pour la vie » un document préparé par l'Association chrétienne des églises évangéliques d'Argentine en vue d'obtenir un engagement pro-vie de la part des candidats.

Les autres candidats restent discrets sur la question même si à titre personnel, tel ou tel s'est dit plutôt contre – comme le socialiste Hermes Binner, médecin : il a dit que sa profession l'oblige moralement à « protéger la vie », mais sans prendre officiellement position puisque d'autres figures du parti qu'il conduit, le Frente Amplio Progresista, sont clairement en faveur de l'avortement légalisé.

Mgr Hector Aguer, évêque de La Plata, a donc reproché à la plupart des candidats de ne pas afficher clairement leurs points de vue sur des points qui « changent l'ordre naturel des choses » puisqu'elles sont en relation avec la vie et la famille. « Nous avons déjà subi l'an dernier la promulgation de cette loi qu'on appelle de “‘mariage égalitaire” qui altère l'essence même du mariage », soulignait-il lors de sa dernière intervention télévisée hebdomadaire : « Claves por un mundo mejor ».

« Nous connaissons les projets de légalisation de l'avortement. On utilise une sorte d'euphémisme : on parle de dépénalisation, sans avertir que dépénaliser signifie légaliser. Cela veut dire : ôter l'avortement de la liste des délits, bien que quasiment personne aujourd'hui ne soit puni pour l'avoir commis. »


Rappelant que les groupes féministes œuvrent en définitive pour une légalisation générale, il montre que la logique des exceptions (avortement en cas de viol ou de danger pour la mère) veut rapidement s'étendre au « danger social ou psychologique pour la mère » qui ouvrent la porte à tout.

L'Argentine se trouve également en proie à la menace d'un projet de loi d'« identité de genre ». « Il faudrait plutôt dire, clairement, de “changement de sexe”. C'est là l'une des positions extrêmes de l'idéologie du genre qui imprègne de plus en plus les sciences sociales, qui s'insinue dans les contenus éducatifs et qui domine dans beaucoup d'officines législatives. Cet attentat contre l'ordre naturel comprend un préjugé contre la dimension biologique de la sexualité : on remplace le concept de sexe par celui de genre et on convertit cette donnée de l'identité personnelle en une option que l'on peut choisir à sa guise. »


Mgr Aguer dénonce également toutes les techniques de procréation artificielle (avec la fécondation in  vitro, les mères porteuses, les dons de gamètes, la congélation, la manipulation et la destruction d'embryons). « L'enfant n'est pas un dû mais un don », dit-il : de fait, quand on ne montre pas avec cohérence le caractère inacceptable de toutes ces pratiques, il est difficile de réclamer – par exemple – l'interdiction de l'expérimentation et la manipulation sur l'embryon. Ce fut pourtant la position de l'épiscopat français lors du vote des lois bioéthiques : pas de condamnation claire de l'« IVG », pas de condamnation claire, non plus, des techniques de procréation artificielle en elles-mêmes.

« Tel candidat a pu s'enhardir jusqu'à dire qu'il est partisan de l'avortement sans limités, mais en général ces thèmes ne sont pas mis en avant parce qu'ils pourraient conduire à une division de l'opinion et porter préjudice aux chances d'être élu. Mais ici il est nécessaire qu'une clarification ait lieu pour que la démocratie soit réellement une démocratie, et pour que l'on ne la frustre pas du sens véritable de la participation et de la représentation.


Si les législateurs sont les représentants du peuple, alors le peuple doit savoir qui sont réellement ces législateurs, ce qu'ils pensent, quelles lois ils vont proposer, parce dans le cas contraire, il ne resterait que bien peu de la représentation.


Tout cela pour vous suggérer de vérifier, dans le peu de temps qui nous reste, ce que pensent véritablement les candidats, quelles sont leurs opinions à propos de ces thèmes fondamentaux. Ces thèmes ne sont pas indifférents : ils sont au contraire d'importance capitale car d'eux dépend, d'une certaine manière, la configuration future de la société argentine. Et pour nous, chrétiens, ils ne sont pas négociables. »


Il y a quand même une petite distance entre cela et les consignes de réflexion données par les « évêques de France » pour les élections à venir

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11 juillet, 2011

Les merveilles de l'embryon humain… et le “DPI”

C'est la pratique courante dans le cadre de la fécondation in vitro : parmi les ovules fécondés, les techniciens ne retiennent pour l'implantation ou la congélation que ceux qui ont bon aspect – on jette les autres – ou, dans le cadre d'un diagnostic préimplantatoire, ceux qui passent avec succès les examens chromosomiques réalisés sur une cellule prélevée alors que l'embryon n'a qu'un tout petit nombre de cellules. On détruit tous ceux qui présentent une anomalie du nombre des chromosomes.

Une récente étude citée par Human Life International révèle pourtant que les embryons de trois jours présentant de telles anomalies sont capables de s'auto-guérir spontanément.

Elle a été présentée à la réunion annuelle de la European society of Human Reproduction and Embryology par le Pr William G. Kearns qui a décrit ce qu'il a pu constatersur des embryons présentant un nombre incorrect de chromosomes : « un processus dynamique de normalisation génétique » par lequel, arrivé au 5e jour après sa conception et au stade de blastocyste, le tout petit d'homme présente le nombre correct de chromosomes.

Cette guérison se produit, de façon remarquable, en dehors de toute intervention extérieure : ces embryons sont en dehors du sein maternel, et c'est d'eux-mêmes, si l'on peut dire, qu'ils « pilotent » leur propre guérison.

Tout comme plus tard le corps humain réagira face à une infection par des processus de guérison qui sont inscrits dans ses cellules elles-mêmes…

HLI souligne que cette nouvelle découverte n'est pas sans rappeler un autre fait constaté sur le zygote : l'une des premières actions de l'embryon au stade monocellulaire est de se protéger des spermatozoïdes qui n'ont pas gagné la course de la fécondation en modifiant son enveloppe extérieure. « On ne peut que s'émerveiller devant la manière dont le tout jeune être humain se protège et se guérit dès les premiers instants de son existence », observe Human Life International.

L'association relève un autre aspect de l'étude du Pr Kearns : sur la pratique (en soi immorale bien sûr) du tri embryonnaire, celui-ci note qu'il aboutit à la destruction de nombre d'embryons qui, disposant de quelques jours de vie de plus, seraient devenus parfaitement normaux, puisque 64 % des embryons présentant une anomalie chromosomique à trois jours en sont guéris dès le 5e jour.

HLI souligne enfin que l'étude elle-même présente un problème moral grave, puisque sa réalisation a abouti à la destruction de tous les embryons qui y ont « participé ».

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20 mai, 2011

Bioéthique : des elus se mobilisent

On en fait bien plus pour les bêtes…

 Dit comme cela, on peut évidemment tout imaginer. Alors que la France s’apprête à entériner le principe de l’autorisation sous conditions de la recherche sur l’embryon, 48 élus de l’Assemblée nationale ont cosigné une tribune dans Valeurs actuelles pour demander « solennellement au gouvernement », comme aux autres députés, « de rétablir le principe d’interdiction de l’expérimentation sur l’embryon humain ». Cela avait été obtenu lors de la première lecture du projet de révision des lois bioéthiques par les députés, écarté lors du premier passage devant le Sénat, et abandonné en commission lors de la préparation du tout prochain débat en seconde lecture devant l’Assemblée nationale.

Affaire hautement symbolique et de principe, disions-nous dans Présent du 13 mai : il y a malgré tout une différence conceptuelle très grande entre l’interdiction assortie de dérogations qui est le régime français depuis 2004, et l’affirmation d’un « droit » à l’expérimentation destructrice sur l’être humain, fût-il encadré et limité.

C’est pourquoi il faut, me semble-t-il, saluer cette mobilisation faite derrière Dominique Souchet, élu MPF, ce qui n’empêche pas d’en souligner les limites. Ces députés qui osent aller contre l’industriellement correct – ils s’en expliquent dans leur tribune – ne veulent ou ne peuvent mener une action totalement cohérente contre le mépris de l’enfant à naître, qui supposerait de s’attaquer à la fois au « droit » à l’avortement et au « droit » à la procréation médicalement assistée (PMA) qui à la fois fournit les embryons à la recherche et les détruit en grand nombre. Politiquement suicidaire : on ne touche pas à la loi Veil et on évite d’encourir l’accusation d’idéologie sectaire qui s’abattrait immanquablement sur tout politique qui demanderait, par exemple, une interdiction ou un encadrement draconien du recours à la fécondation in vitro.

Ce qu’il y a d’excellent dans la démarche des députés, c’est leur franchise quant à la gravité des nouvelles « transgressions » introduites dans le texte par le Sénat, pour la plupart « avalisées contre toute attente » par la commission spéciale de l’Assemblée, et le rappel de leur opposition absolue à la recherche sur l’embryon dès lors quelle aboutit à sa « destruction ». C’est, en creux, l’affirmation de la nature particulière de l’embryon qui n’est en aucun cas un simple amas de cellules. Préserver cette reconnaissance, pour ténue qu’elle soit, dans le droit français, c’est aussi laisser en place un socle juridique pour détricoter, demain, toutes les abominables atteintes à la vie humaine innocente que la loi permet au nom d’autres droits, mais dans une réelle schizophrénie.

Les 48 élus accusent également sans crainte le « lobbying » en cours pour obtenir un principe d’autorisation revendiqué au nom de la science.

« Au-delà des motifs idéologiques, les intérêts financiers qui sont en jeu derrière cet acharnement ne doivent pas être occultés. Le lobby des grandes entreprises du médicament (LEEM) n’a cessé de chercher à influencer discrètement gouvernement et législateur en faveur d’une suppression du principe d’interdiction. Le LEEM indiquait clairement, dans un document de novembre 2010, que “les industriels du médicament s’engagent aux côtés des chercheurs pour une révision de la législation sur la recherche sur les cellules embryonnaires”. Plusieurs responsables d’industries biotechnologiques ont souligné les avantages que présente pour les firmes pharmaceutiques la recherche sur l’embryon humain, du fait qu’il est gratuit et que ses cellules peuvent être utilisées directement comme modèle humain. Pour l’industrie, l’embryon humain permet de supprimer l’étape longue et coûteuse du modèle animal, d’éviter l’achat de cellules animales et de réduire significativement le coût et la durée des essais nécessaires à la modélisation des nouvelles molécules », affirme la tribune.

Ironie des choses : comme le rappellent les élus, l’Union européenne protège les embryons, elle – mais les embryons animaux : « La directive du 22 septembre 2010 fixe comme objectif aux Etats membres le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins scientifiques par des approches alternatives, le texte visant aussi bien les animaux nés que “leurs formes embryonnaires et fœtales ”. » On croit rêver. Comment ne pas y voir un sarcasme satanique ?

Mais pourquoi, alors, s’arrêter en chemin ? Il y a comme une peur d’appeler les choses par leur nom, un refus nerveux de laisser croire que l’on pourrait vouloir aller plus loin, politiquement et publiquement, dans la défense de la vie. Un fait récent devrait pourtant faire réfléchir : une étude américaine révèle que pour obtenir une naissance vivante à l’issue d’une procédure de fécondation in vitro (FIV), le nombre « idéal » d’embryons à fabriquer est de 15. Cela laisse de la place pour le déchet, l’élimination des moins « beaux » par le technicien, la congélation à l’avenir hypothétique, et en bout de procédure, la récolte de « surnuméraires » pour la recherche. Dans le monde politique, personne ne crie au scandale.

Il serait temps.

Article paru en libre accès sur le site de Présent, le 19 mai 2011.

La liste des signataires et la tribune des élus se trouve sur le site de Valeurs actuelles.




13 février, 2011

Bioéthique : pour arrêter la dérive…

C’est exactement ça : une dérive programmée. La France a le courage de se doter d’une loi bioéthique qui encadre et limite les droits des chercheurs et des médecins dans le domaine fondamental de la vie humaine. Mais en même temps, de révision en révision, le législateur laisse passer des transgressions de plus en plus manifestes. Il n’y a pas d’amarre solide à une certitude de référence – pourtant la marque des lois françaises « classiques » est dans la concision et la clarté de ces principes juridiques, qui permettent de faire l’économie de longues descriptions et d’énumérations qui limitent en réalité le champ de la loi. Plus on rentre dans les détails, plus on perd de vue l’essentiel, et plus on court le risque de laisser des portes ouvertes parce que telle éventualité, et, dans le cas qui nous préoccupe, telle nouvelle technique n’auront pas été imaginées.

Le principe était pourtant simple. Et le droit français le respecte dans le domaine successoral. Il remonte à l’Antiquité, au temps où l’on ne savait pas ce qu’est exactement l’enfant à naître dans le sein de sa mère, et il aurait permis de régler par avance tous les problèmes : Infans conceptus pro natus habetur quoties de commodis ejus agitur – l’enfant conçu est tenu pour déjà né chaque fois qu’il y va de ses intérêts. Principe raisonnable et non confessionnel s’il en est : c’est une fiction juridique qui – déjà ! – pose, il y a plus de 2 000 ans, une sorte de principe de précaution. Vous pouvez croire ou non que l’enfant conçu, l’embryon, est une personne. Mais vous ne pouvez pas faire comme s’il n’était pas un être humain, un sujet de droit, à qui sont dus le respect de l’intégrité de sa vie, et la protection face aux mauvais traitements.

Les députés, réunis pour un passionnant débat au Palais Bourbon, ont achevé dans la nuit de jeudi à vendredi l’examen des amendements proposés au projet de révision des lois bioéthiques, en attendant une adoption solennelle prévue pour mardi prochain. Débat passionnant parce qu’on s’y est réellement battu contre les dérives de la culture de mort, de l’eugénisme, de la chosification de l’être humain, mais débat à la marge où des députés courageux ne pouvaient qu’essayer d’élever des digues ponctuelles face à des scientifiques et des politiques fascinés par le pouvoir sur l’homme, ou animés d’une « compassion » dont ils ne mesurent pas les dangers, ni les erreurs.

Sans coup de théâtre d’ici à mardi, ont donc été adoptés des amendements aggravant le sort du tout-petit d’homme. La recherche sur l’embryon, interdit en principe, bénéficiera d’autorisations plus larges de la part de l’Agence de biomédecine. La procréation médicalement assistée (PMA), qui permet de fabriquer des embryons en éprouvette, sera ouverte aux couples non stables. Le don d’ovocytes (sperme et ovules), maintenu anonyme contrairement à la proposition de Roselyne Bachelot, sera possible pour les hommes et les femmes n’ayant jamais eu d’enfants. Et pour améliorer les stocks, sans doute – alors que 150 000 embryons humains sont déjà gardés « hors du temps » en France dans leurs cuves d’azote – une technique de congélation plus efficace, la vitrification, a été approuvée. Rejetée, la proposition de ne laisser féconder que trois ovules par PMA, ce qui aurait limité le nombre d’embryons détruits ou conservés : cette limitation paraissait « dramatique » à Bernard Debré qui ne voit pas « au nom de quoi on limiterait le nombre d’embryons à féconder ». Jouer avec la vie de l’homme, cela anesthésie très efficacement.

Le diagnostic prénatal est lui aussi conforté, dans une moindre mesure que celle voulue par le gouvernement mais tout de même avec une nouvelle obligation faite au médecin de proposer tout examen, relative à une condition susceptible de « modifier » le cours de la grossesse, « lorsque les conditions médicales le nécessitent ».

A ce propos on a voulu faire croire qu’on récuse l’accusation d’eugénisme (comme celle portée par Marc Le Fur) : Xavier Bertrand a voulu prouver l’absence de celui-ci en indiquant que « sur 6 876 IMG il y a 505 dépistages de trisomie : cela prouve que ce n’est pas la trisomie qui mène à une IMG ». En fait, ce n’est pas seulement la trisomie. Mais 96 % des trisomiques sont victimes d’avortements tardifs. Les opposants ont cependant obtenu, et c’est nouveau, une information des femmes pour qu’elles puissent connaître des familles ayant accueilli des enfants handicapés, et un délai de réflexion d’une semaine.
Pendant les débats, les accusations de catho-intégrisme ont fusé de la part des partisans de gauche de la dérive bioéthique. C’est ainsi qu’on veut faire taire la voix de la vie. Raison de plus pour la faire entendre plus fort.


Article paru dans Présent daté du 12 février 2011

11 février, 2011

La manifestation de l'ADV contre le dépistage des « non conformes »

Le Salon beige publie le communiqué et quelques photos de la manifestation organisée par l'Alliance pour les droits de la vie à 12 h 45 près de l'Assemblée nationale. Voici quelques photos de plus…

Il y avait là des personnes de toutes portes : porteuses de handicaps graves, parents d'enfants handicapés, une jeune femme enceinte, et des gens supposés normaux. Et des « zéro défaut » ? Aucun, bien sûr.


C'est Mozart qu'on assassine. Mais avec le tri génétique, façon XXIe siècle, Lincoln ne serait pas né non plus…





…ni Beethoven, ni Einstein.


Alors, lui aussi, il serait « en trop » ? Non : plus courageux et plus humain que les prétendus « surhommes », prêt à opposer sa fragilité aux rêves nietzschéens des savants fous.


Blandine est née malgré une spina bifida (aujourd'hui, on en tue 90 %
avant la naissance. Et elle respire la joie de vivre.

Tugdual Derville, délégué général de l'Alliance générale pour les droits de la vie.
Capacité d'indignation intacte.



© Photos : Olivier Figueras.

08 février, 2011

Michael Lonsdale donne sa voix à l’embryon

Révision des lois bioéthiques

A la veille de l’examen du projet de loi de révision des lois bioéthiques, l’initiateur de la pétition en ligne pour un moratoire sur la recherche embryonnaire, les2ailes.com, a remis devant l’Assemblée nationale les 11 000 signatures récoltées en quelques semaines. Stanislas de Larminat n’avait l’appui d’aucune association ; il n’avait pas de fichier d’adresses ; pas d’appareil. Il a simplement estimé que devant la perspective d’une autorisation de principe de la recherche, ou de la prorogation du régime dérogatoire qui tout en interdisant la recherche la rend possible depuis les lois bioéthiques de 2004, il était impossible de ne rien faire.

Sa pétition, on pourrait la qualifier d’artisanale. Elle s’est propagée comme une traînée de poudre, de personne à personne. Elle est, de ce fait, éminemment représentative d’une réelle inquiétude des Français, à qui l’ensemble des gros médias fait pourtant avaler quotidiennement une ration d’arguments en faveur de la culture de mort.

Lundi matin, c’est Michael Lonsdale qui, aux côtés de Stanislas de Larminat, a présenté la pétition à la presse, avant d’accompagner un modeste cortège de 2CV vers l’Assemblée. Les deux hommes ne se connaissaient pas. L’acteur – le « Frère Luc » des Hommes et des dieux qui a touché 3,5 millions de cœurs – s’est associé avec enthousiasme à la démarche au nom de son amour pour la vie. Parce que les choses doivent être claires. Parce qu’en l’état actuel de la science, qui détruit des embryons au nom de sa « liberté », on peut craindre, demain, la création d’embryons artificiels.

L'arrivée en "Deuche"
Parenthèse pateline. On se souviendra de l’arrivée des 2CV bleu-blanc-rouge amenant Lonsdale, Larminat, la pétition… Les voitures grimpent sur le trottoir devant la façade « Seine » du Palais-Bourbon. S’y garent insolemment devant les policiers de garde. Elles y resteront – petit miracle ! – tout le temps de la petite cérémonie qui voit la remise symbolique d’une des 570 enveloppes destinées aux députés à Xavier Breton, élu UMP de Bourg-en-Bresse, qui anime un petit groupe parlementaire soucieux de limiter les dégâts de la loi bioéthique.

Celui-ci a déposé un amendement d’interdiction pure et simple de toute recherche sur l’embryon, et des amendements « de repli » pour obtenir au moins son arrêt provisoire par un moratoire, et à tout le moins le régime d’interdiction de principe.

Il faut lire la pétition de Stanislas de Larminat sur son site, où elle reste active. Elle dénonce ces députés qui, en votant la possibilité de considérer l’embryon – « être humain », incontestablement – comme un « matériau de laboratoire », se rendraient « coupables d’être irresponsables ».

L’objectif est parcellaire : s’opposer, sur un point précis, à une nouvelle dérive de la culture de mort tout en limitant les dégâts dans la situation existante. Pourrait-on obtenir davantage ? J’ai entendu un député de la majorité, la semaine dernière, expliquer que la remise en cause de l’avortement à l’Assemblée nationale était aujourd’hui totalement « taboue ». C’était « off », bien sûr. Devant l’urgence de la révision des lois bioéthiques, il faut bien en tenir compte. Mais il ne fait pas de doute que la démarche de Larminat s’inscrit dans un cadre clair de respect de la vie de tout être humain conçu :« N’est-ce pas le refus d’engager ce débat – et donc celui du statut de l’embryon – qui conduit le parlement à envisager la libéralisation totale de la recherche embryonnaire ? »

Michael Lonsdale répond à “Présent”

J’ai demandé à Michael Lonsdale, connu pour son engagement catholique et sa foi affirmée, s’il était venu là en tant que chrétien.

— Je suis venu parce que je crois à la vie et que c’est infiniment précieux, et qu’il faut la protéger. Ne pas laisser faire tous ces projets de recherche scientifique qui sont proprement hallucinants – quand on pense qu’on va laisser trifouiller la vie à son départ, il faut être très présent dans ce débat. Il s’agit de la vie, de la vie honnête, et de la vie belle ! Il ne faut pas que ces embryons soient soumis à des manipulations… Dieu sait pour quoi ! Parce qu’il y a toujours le Mauvais qui est là-dedans.


— Qu’est-ce qu’un embryon, donc, Michael Lonsdale ?

— Oh là là ! Ne me demandez pas de précisions scientifiques ! C’est un petit bout de machin de truc-chose, mais c’est toute la vie qui est incluse là-dedans !


Xavier Breton, aussi
Le député de Bourg-en-Bresse a également répondu à une question de Présent.

— Peut-on défendre une « exception française » en matière de bioéthique par rapport à beaucoup d’autres pays qui autorisent ce genre de recherches ?


— Nous pouvons être fiers, en France, d’avoir des lois de bioéthique qui montrent que nous ne sommes pas dans un vide complet. Il y a aujourd’hui des pays qui sont dans une logique d’ultralibéralisme très dangereux en matière éthique. Je crois que la France, depuis les lois de 1994 révisées en 2004, a su se doter de lois faites d’équilibre dont on peut être satisfait en partie, ou complètement, mais c’est en tout cas tout à notre honneur d’avoir un débat comme celui-là, qui, je l’espère, continuera à affermir les positions de notre pays.


De fait, il y a beaucoup de choses plus que contestables dans la loi, mais tout de même une volonté de ne pas tout laisser faire.

L’Alliance pour les droits de la Vie, la Fondation Jérôme-Lejeune, Frigide Barjot qui sur appelalaverite.com a lancé tout récemment une autre pétition contre la recherche embryonnaire, et Chrétienté-Solidarité étaient présents à la conférence de presse de lundi pour apporter leur soutien et dire leur solidarité avec la pétition de Stanislas de Larminat.

Source : www.present.fr

© photos : Olivier Figueras

29 décembre, 2006

Décrets bioéthiques

Deux ans après le vote des lois bioéthiques qui autorisaient le principe de la recherche sur des embryons humains obtenus in vitro, un décret d’application de ces textes vient de paraître au Journal officiel pour traduire en acte le nouveau « droit » de sélectionner des « bébés-médicaments ». « La démarche clinique », se félicite Hervé Chabaud, dans L’Union, est « strictement encadrée » : et donc, « la polémique est inutile », l’idée de fabriquer un enfant capable de soigner son frère ou sa soeur gravement malade « répond à une éthique de la responsabilité et de l’amour validée par la loi ». Circulez, il n’y a rien à voir. Un décret sacro-saint a nommé le mal bien, l’homme a affirmé sa toute-puissance tout en se parant des atours de la vertu et de la compassion. C’est le cadeau de Noël offert samedi dernier par le gouvernement Villepin… à qui ?

Eh bien non, cela n’est pas supportable. Une première forme de diagnostic préimplantatoire (DPI) légalisée en 1994 sous la pression du Téléthon, avec son décret d’application pris quatre ans plus tard, a autorisé le tri embryonnaire (après une stimulation ovarienne et la « fabrication » d’embryons multiples) pour mettre au rebut les porteurs de tares génétiques et ne réimplanter qu’un enfant sain. C’est cet eugénisme d’autant plus contestable qu’il est « strictement encadré », comme dirait Chabaud, et donc organisé et justifié par la loi, qui dérivera désormais vers une sélection encore plus féroce des enfants à naître. D’après les chiffres officiels, trois centres de DPI sont actuellement agréés en France, où l’on assure 150 DPI par an (sur combien de séries d’embryons ?) « pour 30 naissances », souligne l’Agence française de biomédecine. Et combien de morts ?

Ce DPI pourra désormais se doubler d’une deuxième procédure, d’un deuxième test à franchir pour ne pas finir à la poubelle : l’embryon devra être non seulement sain, mais « compatible » avec le frère ou la soeur gravement malade, qu’une fois né, il servira à soigner soit par le sang placentaire au moment de l’accouchement, soit par un don de moëlle osseuse ou au prélèvement de cellules souches sanguines. Il sera utilisé, qu’il le veuille ou non – et personne ne crie à l’exploitation…

Pour mieux faire avaler la pilule, le Pr René Frydman (« père » d’Amandine, premier bébé-éprouvette) a suggéré de ne plus parler de « bébé-médicament » mais de « bébé- docteur » : comme si le tout-petit rescapé de la sélection y était pour quelque chose. Plus perfide encore, le gouvernement avait choisi d’anesthésier les consciences en parlant de « bébés du double espoir », précisément en raison de la double barrière à franchir pour échapper à l’absence totale d’espoir de vie pour les non-conformes.

Un autre décret paru le 23 décembre dernier et porté à une plus large connaissance du public en la fête des Saints Innocents précise les conditions du don de gamètes, de la conservation des embryons et de leur utilisation dans le cadre d’expériences destructrices en cas de défaut de « projet parental ». Généthique.org précise que les textes placent sous le contrôle de l'Agence de la biomédecine, et non plus d'une commission sous tutelle du ministère de la Santé, les pratiques du diagnostic prénatal, de l'assistance médicale à la procréation (AMP) et du don de cellules sexuelles. Il revient également à l'Agence de la biomédecine de veiller aux « déplacements transfrontaliers d'embryons humains conçus in vitro et conservés par congélation ». A ce propos, Généthique rappelle que le conseil d'orientation de l'Agence de la biomédecine est présidé par Alain Cordier, ancien président du directoire de Bayard Presse… l’ex « Bonne Presse ».

Dans l’indifférence quasi générale, la France s’enfonce dans le Meilleur des Mondes.

Source : Présent.

12 décembre, 2006

Message de Benoît XVI pour le 1er janvier

Le Salon beige signale la publication du message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix, le 1er janvier prochain. On peut le lire intégralement en français ici.

Le message dénonce (entre autres) les atteintes au respect de la vie que sont l'avortement, la recherche embryonnaire et l'euthanasie. Il se penche sur les violences faites aux personnes en raison de leur foi, notamment celles faites aux chrétiens, et réaffirme le coeur du discours de Ratisbonne. Il évoque pour finir le terrorisme et fait comprendre que la guerre classique est une réponse inadéquate face à cette menace, rappelant à ce propos :

“Quand, malgré tout, on en arrive à ce point, il convient au moins de sauvegarder les principes essentiels et les valeurs qui fondent toute convivialité civile, en établissant des normes de comportement qui en limitent le plus possible les dommages et qui tentent d'atténuer les souffrances des civils et de toutes les victimes des conflits.”

 
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