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21 avril, 2013

Niue, Pacifique. Si la population décroît, c'est à cause du Planning familial

Il y a une petite île dans l’océan Pacifique qui s’appelle Niue. Paradisiaque. Mais plus pour longtemps : les rires d’enfants se font plus rares, et l’avenir s’y assombrit : la dépopulation est aujourd’hui le plus gros problème de cette micro-nation. Et pour elle, pas besoin de génocide sanglant : le planning familial suffit.


C’est ce qu’a expliqué une femme politique de Niue, Va’aiga Tukuitonga lors du Forum des Leaders politiques et parlementaires du Pacifique qui se tient à Wellington, Nouvelle-Zélande, ce 20 avril.

« Nous sommes la seule île au monde qui subit un dépopulation. Aujourd’hui la dépopulation est le plus gros problème qui affecte notre peuple, et c’est le résultat du fait que nos femmes suivent des gens du Planning familial du Pacifique. »

Bien sûr, Mme Va’aiga Tukuitonga a été aussitôt contredite par d’autres responsables politiques plaidant pour la contraception et le préservatif pour éviter les infections sexuellement transmissibles – le chlamydia se répand et on craint une épidémie du sida.

On venait de leur expliquer que le planning familial est un droit de l’homme et que l’« éducation » sexuelle est une priorité pour la région : Sumi Subramaniam, ancienne directrice du Planning familial International, tout en reconnaissant que l’abstinence avant le mariage et la monogamie sont des constantes enseignées au sein de la culture pacifique, a expliqué que ce message ne suffit manifestement pas, vu le taux de grossesses adolescentes et de MST dans la région.

Mais elle n’a pas posé la question de savoir si l’accès facile à la contraception associée à une focalisation sur l’activité sexuelle induite par l’« éducation » sexuelle n’est pas précisément à l’origine du rejet de cette exaltation culturelle de l’abstinence et de la fidélité.

Une originalité dans ce forum politique : il a été question aussi de promouvoir la famille, et le responsable national de Marriage Ministries International pour Fidji, Matia Akauloa, a pu montrer que les préparations au mariage dispensées par son organisation aux couples fiancés constituaient une bonne « éducation reproductive » – loin du genre et de l’incitation aux rapports sexuels en dehors du mariage !



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L'avortement n'améliore pas l'état mental des femmes

Une revue scientifique australe vient de publier une étude tendant à montrer que l’avortement ne réduit pas les risques de maladie mentale pour la femme enceinte mais pourrait au contraire constituer un risque pour son équilibre psychique. Derrière les mots, une réalité d’importance : dans de nombreux pays tels l’Australie et la Nouvelle-Zélande, mais aussi la Grande-Bretagne ou l’Espagne d’avant Zapatero, en attendant l’Irlande qu’on est en train de pousser dans cette voie, le risque pour la santé mentale de la mère est précisément l’une des « exceptions » permettant l’avortement légal. En Angleterre, qui a enregistré plus de 181.000 avortements en 2011, il s’agit ainsi du motif principal invoqué pour justifier le massacre. En Australie et Nouvelle-Zélande, la proportion atteint plus de 90 %.

L’Australian and New Zealand Journal of Psychiatry donne la parole à David M. Fergusson, L. John Horwood et Joseph M. Boden, trois chercheurs en psychiatrie qui se sont penchés sur huit études récentes relatives à des états mentaux constatés sur des femmes à l’occasion d’une grossesse non désirée ou non planifiée : anxiété, dépression, abus d’alcool, usage de stupéfiants, comportement suicidaire.

Les auteurs affirment avoir trouvé des preuves convaincantes de l’absence de lien entre avortement et réduction de taux de problèmes de santé mentale. En revanche ils ont constaté une augmentation « légère à modérée » de l’anxiété, de l’abus d’alcool et de l’usage de stupéfiants et du comportement suicidaire.

Autrement dit : loin d’apporter une solution aux problèmes existants, l’avortement est associé à leur aggravation.

Conclusion de ces scientifiques : « Les données de plus en plus nombreuses suggérant que l’avortement n’apporte pas de bénéfice thérapeutique ne peuvent être ignorées indéfiniment, et il est inacceptable qu’un grand nombre de praticiens autorisent un grand nombre d’avortements sur des bases qui à l’heure actuelle ne sont pas justifiés sur le plan scientifique. »



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08 août, 2012

“Choisir” son enfant ? “Choisir” un enfant gay ?

La vidéo est ici.
Une télévision néo-zélandaise a interviewé un bioéthicien en tournée donner une série de conférences sur les nouvelles possibilités de tri génétique des embryons et des enfants à naître. Le Pr Robert Klitzman, fondateur du Columbia University Centre for Bioethics, pose de nombreuses questions sur les nouveaux moyens de dépister de nombreuses caractéristiques de l'enfant à naître – défauts génétiques, prédisposition au cancer ou à Alzheimer, traits physiques – qui deviennent de plus en plus étendus et de plus en plus aisés à mettre en œuvre, et aussi moins onéreux.

La question se posera de plus en plus, à des « millions de parents », dit-il, de savoir s'ils veulent garder un enfant dont on saura dès la gestation qu'il est atteint d'une maladie quelconque, par exemple une maladie dont souffre l'un des parents, confronté dès lors à une question difficile : s'il décide d'éliminer l'enfant, qu'est-il en train de dire sur lui-même et sur sa propre vie ?

Le tri préimplantatoire prend lui aussi de l'ampleur, comme nous le savons déjà en France, où la recherche sur la lutte contre la myopathie consiste largement à favoriser l'élimination d'embryons atteints pour n'implanter que des enfants sains…

Avec les milliers de nouvelles conditions dépistables, on va évidemment vers un tri accru, et même, probablement, vers une commercialisation accrue de ces procédés : les riches, demande le Pr Klitzman, seront-ils avantagés par la possibilité de « mieux » choisir leur enfant que les pauvres ?

Pourra-t-on choisir un embryon présentant telle mutation plutôt que telle autre ?

Que dire de la situation aux Etats-Unis, la Russie et l'Inde, les seuls pays au monde où l'on peut aujourd'hui légalement acheter des ovules ou du sperme pour des fécondations artificielles ?

Dans son interview à la TVNZ, le Pr Klitzman ne fait que plaider pour le débat, n'apportant pas de réponses et encore moins de jugements sur le plan moral : interrogé sur le fait de savoir où il fallait fixer la limite, il a répondu qu'il s'agit d'« engager ces discussions et de penser au type d'homme que nous voulons ».

Sa réponse dit plusieurs choses : un, il n'y a pas de règle morale préétablie dictant une conduite conforme à la dignité de l'homme ; deux, l'éthique que l'on devrait s'imposer sur ce plan ne résultera que du débat et d'un choix pris collectivement (à la majorité politique ou à la faveur des avis des bioéthiciens, sans doute) ; trois, même ce débat essentiellement relativiste n'a pas lieu aujourd'hui, puisque Klitzman ne fait que plaider pour qu'il ait lieu.

Au cours de son interview, Robert Klitzman a affirmé : « Nous trouverons peut-être des tests permettant de dépister l'homosexualité. » Ce qui ouvrirait la route à la possibilité de choisir d'avoir un « enfant gay »… ou non.

Comme si l'homosexualité était nécessairement inscrite dans les gènes ou acquise in utero… Cette thèse de l'homosexualité innée est le plus souvent brandie pour affirmer que ce n'est ni une déviance, ni une condition liée à des raisons psychanalytiques, ni une affection née du contexte du l'enfance – rapport avec le père ou la mère, abus sexuels, etc… Elle est aussi à l'origine de l'idée qu'on ne « soigne » pas l'homosexualité et que le simple fait de proposer d'en « guérir » est déjà de l'homophobie – comme l'est alors, forcément, tout discours affirmant que le comportement homosexuel est un mal ou un péché. (Voir par exemple cet article du Monde. Il rappelait en 2010 – pour s'en démarquer discrètement – « la ligne du Vatican » : « “On ne naît pas homosexuel, mais on le devient. Pour différentes raisons, des questions d'éducation, parce qu'on n'a pas développé sa propre identité au cours de l'adolescence”, a ainsi affirmé en décembre le cardinal Javier Lozano Barragan, ancien ministre de la santé du pape. »


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16 décembre, 2011

Colère contre une affiche blasphématoire en Nouvelle-Zélande

Le scandale a été perpétré par une église de tendance anglicane progressiste (en communion avec l'archevêque de Cantorbéry, précise son site) : St Matthew-in-the-City à Auckland en Nouvelle-Zélande. Située dans une zone de commerce et de bureaux, elle se glorifie d'attirer un public attentif à la qualité des prêches, libre d'esprit, invité à passer quand il veut, sachant apprécier le bon café qui y coule et plus attaché au qualificatif « progressif » que n'importe quel autre.

Il y a quelques jours la paroisse a érigé une publicité géante sur la voie publique montrant saint Joseph et la Vierge Marie côte à côte, l'air dépité, dans un grand lit, avec ce slogan : « Pauvre Joseph. Difficile d'assurer après Dieu. »

Le panneau publicitaire a été recouvert de peinture marron quelques heures après sa mise en place.

Et la porte-parole du diocèse catholique d'Auckland a réagi rapidement en soulignant que la publicité « offensait » les chrétiens, la qualifiant d'« inappropriée et irrespectueuse ».

Du côté des « chrétiens progressifs » de St Matthews, on ne propose pas la moindre excuse : ils voulaient simplement remettre en cause l'interprétation littérale de la naissance virginale du Christ. Parce que pour un chrétien progressif, soucieux de la planète et des pauvres, toute la mise en scène évangélique autour de Noël n'est que fiction pour mettre en valeur la « radicalité » du Jésus adulte.

« Le fondamentalisme (nous apprend un commentaire bavard sur le site de la paroisse) croit que le christianisme concerne essentiellement le salut individuel et l'admission dans une vie ultérieure en dehors de la planète. (…) Le christianisme progressif met l'accent sur le comportement plutôt que sur la croyance. Comment on traite son prochain, ses ennemis, et la planète, voilà l'essence de la foi. La célébration de la naissance de Jésus est une célébration de Dieu dans chaque naissance et dans chaque personne. »

Je vous épargne le reste, encore que ce soit un beau raccourci sur les chrétiens écolos de gauche.

Ce qui, dans cette histoire, me rassure, c'est que les Néo-Zélandais aient assez de gnaque pour aider les trajectoires de peinture marron à atterrir au bon endroit, et que les responsables catholiques n'y mâchent pas leurs mots.

St Matthews a sorti un nouveau panneau publicitaire, montrant la Sainte Vierge regardant avec anxiété un test de grossesse. On s'en passera.

Mais ne rien dire, c'est encourager ce genre d'insultes à proliférer et à tout envahir…

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19 octobre, 2011

Les évêques de Nouvelle-Zélande soulignent les dangers de l'euthanasie

Mgr John Dew
Les sept évêques néo-zélandais ont publié une déclaration aujourd'hui pour mettre en garde contre les dangers de l'euthanasie. Elle est particulièrement limpide sur le plan humain. Sur le plan religieux… vous verrez, on n'est pas très « Herméneutique de la continuité » me semble-t-il dans cette conférence épiscopale-là… Voici la traduction que je vous propose de leur déclaration. Non sans signaler que le président de la conférence, Mgr John Dew, a souligné en la présentant que le respect choix individuel est ici sans importance. « Si le choix individuel était la base de la légalisation de l'euthanasie, alors il n'y aurait aucune raison logique de la refuser à une personne déprimée ou souffrant de démence. A l'inverse, si une personne était jugée incapable de donner son consentement éclairé, mais que sa famille puisse assurer qu'elle l'aurait voulu, qui aurait la responsabilité de décider de sa vie ou de sa mort ? Certains pourraient soutenir que l'on peut installer des garde-fous suffisants dans la loi, mais l'expérience des pays qui ont légalisé l'euthanasie démontre qu'il n'en est rien. »




La vie est pleine de bénédictions, de défis et de chances à saisir. Même le fait de mourir apporte avec lui ses propres  bénédictions spécifiques, des défis, et des chances à saisir. Bien mourir est tout aussi important que  de remplir nos potentialités à l'école ou au travail, ou que de rencontrer le bonheur au sein de nos familles et avec nos amis. Le travail du bien mourir comprend souvent la guérison et (ou) l'approfondissement des relations.

En 1995 nous écrivions :

« L'euthanasie se produit lorsqu'un médecin, et non la maladie, tue un patient. »

Nous attirions alors l'attention sur une distinction très importante : une chose est de ne pas employer ou de retirer des moyens extraordinaires pour maintenir une personne en vie alors qu'il n'est plus raisonnable de le faire, une autre est de faire quelque chose, ou de s'abstenir de faire quelque chose en vue de mettre fin à la vie d'une personne. Dans le premier cas, nous la laissons simplement mourir. Dans le deuxième, nous tuons.

Même si cela est fait pour ce qui semble être une bonne raison (par exemple, pour empêcher la souffrance), et même si cela est fait avec le consentement de la personne, il s'agit toujours de tuer.

Dans une société où bien des personnes considèrent la souffrance comme n'ayant pas de sens, intolérable, l'euthanasie est présentée comme un moyen d'éviter la souffrance. On peu même la faire passer pour une option attrayante, voire un droit. Mais le fait de légaliser la mise à mort de ceux qui souffrent introduirait une dimension inédite, et dangereuse, au sein de la société.

Quelle genre de société aurions-nous si l'euthanasie était légalisée ? Des personnes souffrant de maladies progressives très avancées pourraient bien ne plus oser faire confiance à leurs médecins et à leurs infirmières. Nous devons poser la question : en quoi cela affecterait-il la considération sont nous entourons traditionnellement les professions médicales et infirmières ? Quel impact cela aurait-il sur la capacité des médecins et infirmiers d'aider ceux qui ne seraient pas tout à fait sûrs de pouvoir leur faire confiance ?

L'expérience des pays qui ont déjà légalisé l'euthanasie montre que la demande d'euthanasie ne peut pas être limitée à un groupe clairement délimité. Aux Pays-Bas, l'euthanasie était accessible dans un premier temps aux seuls adultes mourant d'une maladie terminale, s'ils étaient en mesure de donner leur consentement éclairé et si leur demande d'euthanasie avait été plusieurs fois réitérée. Depuis 1973 toutes ces restrictions ont peu à peu disparu et l'on peut désormais donner une injection létale aux nouveau-nés, aux adolescents handicapés, ainsi qu'aux personnes souffrant de démence et de dépression. Dans certains cas il n'y a pas eu de demande explicite d'euthanasie de la part de la personne concernée.

Dès lors que nous autorisons l'accès à l'euthanasie à certains, les raisons avancées pour limiter ainsi l'accès commencent à sembler arbitraires. On a tôt fait d'arguer que le fait de priver d'euthanasie ceux qui ne sont pas capables de donner leur consentement constitue une injustice. On soutient aussi que le fait de permettre l'euthanasie pour certaines affections et non pour d'autres est discriminatoire.

Il faudrait nous attendre à une semblable érosion des frontières et des garde-fous ici aussi, particulièrement en raison de l'ambiguïté qui existe déjà à propos des personnes que l'on perçoit comme incapables ou presque incapables de contribuer quoi que ce soit à la société alors qu'elles « engloutissent » de grandes portions des ressources pour la santé. En d'autres termes, la légalisation de l'euthanasie exposera davantage la vie de ceux dont certains pourraient être tentés de croire qu'ils gagneraient à être morts.

La maltraitance des handicapés et des malades est déjà un grave problème dans notre pays et ailleurs. La légalisation de l'euthanasie porte en elle la capacité d'aggraver le problème dans une société où le nombre des personnes âgées croît et où la pression sur le budget de la Santé grandit.

De plus, dans une société où l'euthanasie devient légale, les handicapés, les malades et les vieux peuvent plus facilement en venir à se voir eux-mêmes comme un poids financier et émotionnel trop lourd. Le « droit de mourir » pourraient bien vite devenir un « devoir de mourir ». Et ce ne serait pas un libre choix. Les plus vulnérables au sein de notre société dépendent des protections que les institution légales et médicales leur offrent actuellement.

La bonne nouvelle, c'est que les progrès des soins palliatifs signifient qu'aujourd'hui personne n'est obligé de mourir dans la douleur. Lorsqu'un traitement n'est plus efficace pour quelqu'un qui est arrivé au terme de sa maladie, la priorité est de donner assez d'antalgiques pour que le patient soit confortable, tout en satisfaisant à leurs besoins physiques, émotionnels, mentaux, relationnels et spirituels. Ce moment-là peut être très important au sein d'une vie, en assurant le développement et la guérison des relations.

La recherche montre aussi que les demandes persistantes d'euthanasie ne sont pas liées à la douleur physique mais à la dépression ou des sentiments de perte d'espoir et (ou) un sentiment d'isolement social. Il existe un malaise plus grand : notre société a manqué à son devoir de répondre de manière satisfaisante à la souffrance émotionnelle, psychologique et spirituelle souvent éprouvée en fin de vie. Comme nous le disions en 1995, « nous ne pouvons nous exonérer de toute faute si des personnes au sein de nos communautés n'arrivent pas à trouver un réconfort et une aide humaine au moment où la fin de leur vie approche ».

Le véritable impératif moral pèse sur chacun d'entre nous : nous devons être des porteurs d'espoir et offrir une aide dénuée de tout égoïsme à tous ceux qui sont malades, handicapés et mourants, tout en assurant que des ressources suffisantes existent pour les soins palliatifs.

Nous avons l'expertise nécessaire et les moyens de prendre soin de ceux qui souffrent de maladies progressives avancées, d'une manière qui soit en harmonie avec leur dignité humaine et avec le fait qu'ils sont nos frères néo-zélandais. La légalisation de l'euthanasie sapera la confiance en la profession médicale et menacera les groupes les plus vulnérables de notre société. Elle enverrait ce message : que la vie de certains ne vaut pas d'être vécue. Son introduction porterait gravement atteinte à l'habitude de bien soigner et serait néfaste pour le développement d'une société capable de prendre soin de chacun.

Nous devons assurer que nos lois promeuvent une société qui a une place pour les plus vulnérables – de la place dans nos cœurs, de la place dans nos foyers et dans d'autres lieux de soins – plutôt que de leur « montrer la porte ».

La vraie compassion nous appelle à rester aux côtés de ceux qui souffrent, et d'être solidaires avec eux. Nous félicitons tous ceux qui en font déjà tant pour prendre soin de ces personnes qui sont malades, vieux ou handicapés, et de celles qui sont en train de mourir. La marque d'une société véritablement grande se rend visible précisément dans sa capacité à prendre soin des plus vulnérables.

Nous n'avons pas besoin de l'euthanasie.

Nous avons besoin de promouvoir l'accès équitable aux bons soins palliatifs pour tous les Néo-Zélandais.

Nous devons apprendre l'art du bien vivre et du bien mourir.

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

07 juin, 2011

Nouvelle-Zélande : contraception obligatoire pour les mères adolescentes ? Le gouvernement n'est « pas tout à fait » prêt…

C'était dans l'air, on attendra un peu. Un groupe de travail sur les aides sociales (rapport Rebstock) en Nouvelle-Zélande envisageait, en février de cette année, de faire dépendre le versement d'allocations aux mères célibataires de leur utilisation d'un contraceptif de longue durée. La semaine dernière, le gouvernement a annoncé la création d'un groupe de travail ministériel pour examiner cette proposition, et d'autres faites par les experts.

Paula Bennett, ministre du Développement social, a déclaré à la télévision que, bien qu'étant elle-même « fan » de la contraception de longue durée, elle pensait qu'on « n'en est pas encore tout à fait au stade de l'obligation ». Elle prône plutôt un meilleur accès à la contraception, déjà gratuite en Nouvelle-Zélande, en particulier pour les « femmes jeunes qui veulent pouvoir faire de meilleurs choix de vie ».

Elle venait d'expliquer : « Si vous avez 16 ou 17 ans et que vous avez un bébé, vous avez 45 % de chances d'en avoir un autre pendant la période où vous toucherez des allocations ».

Même si le gouvernement néo-zélandais semble reculer devant le côté trop évidemment tyrannique de la contraception obligatoire, il envisage d'autres « solutions » prônées par le rapport Rebstock pour éviter que les femmes n'aient de nouveaux enfants alors qu'elles reçoivent des allocations.

A ce propos Paula Bennett a précisé que le gouvernement envisage de faire campagne sur le fait d'obliger toutes celles qui ont un deuxième enfant pendant la période de versement d'allocations de retourner au travail dès le 1er anniversaire de leur cadet. Le groupe de travail sur les aides sociales pensait même abaisser cette limite aux 14 semaines du deuxième enfant, mais le Premier ministre John Key a déclaré la semaine dernière que cette idée le mettait « mal à l'aise ».

Si l'idée de faire sortir 100.000 personnes des systèmes d'aide sociale d'ici à 2021 par le retour au travail est évidemment louable, le problème ici est de vouloir s'en prendre aux mères qui précisément « travaillent » pour l'avenir.

Une parlementaire – anciennement « Verte » –, Sue Bradford, a fait savoir que ces propositions « l'effrayaient vraiment beaucoup » : « Forcer les femmes à travailler lorsque leur enfant fête sa première année est atroce », a-t-elle dit. « Le rapport Rebstock ne comprend ni n'accepte que le fait d'élever des bébés et des enfants est un travail à plein temps, c'est un travail de valeur et il doit être bien fait. Harceler les mères et les forcer à sortir pour travailler, quand leurs enfants ont un an, voire trois, n'est pas souhaitable, c'est même inacceptable. » La crise actuelle ne vient pas de ce genre d'aides, a-t-elle ajouté, mais du chômage.

Sources : ici et ici.

© leblogdejeannesmits.

17 mai, 2011

Avortement sans consentement parental : la Nouvelle-Zélande en émoi

Le nombre d'avortements sur des adolescentes est important en Nouvelle-Zélande – et, comme l'ont révélé des articles de presse ces dernier jours, nombre d'entre eux sont pratiqués sans que les parents des mineures soient au courant, les jeunes filles étant aidées dans leurs démarches par l'école qu'elles fréquentent.

C'est la mère d'une jeune fille de 16 ans qui a appris que sa fille avait subi un avortement sans qu'elle soit mise au courant ; elle a jugé « horrifiant » le fait que ceux qui l'avaient conseillée, ainsi que ses amis, aient pu recommander à cette jeune fille de ne pas rechercher le soutien de sa mère. Celle-ci c'était rendue compte que quelque chose ne tournait pas rond alors que sa fille avait des accès de larmes répétés. C'est en se renseignant auprès de ses amies que la mère a appris qu'un conseiller de l'école avait emmenée la jeune fille à l'échographie, puis chez le médecin pour faire pratiquer l'avortement.

La mère s'est insurgée contre le fait que les conseillers d'éducation n'hésitent pas à joindre les parents de leurs élèves en cas d'inconduite ou pour discuter de leurs progrès scolaires, mais gardent le silence dans ces situations bien plus dramatiques où la responsabilité des parents n'est pas moins présente. Elle a précisé que sa fille n'avait pas reçu, après l'intervention, d'aide particulière de la part de ceux qui l'avaient aidée à avorter.

Du coup on apprend que cette situation n'est pas isolée : elle a simplement été mise au jour dans ce cas. Interrogée par la presse, une enseignante a déclaré qu'elle avait connaissance d'une affaire où une mineure avait subi deux avortements, l'un connu de ses parents, l'autre pratiqué à leur insu.

L'argument avancé pour la « confidentialité » des avortements sur mineures, qui a été maintenue en Nouvelle-Zélande malgré des initiatives législatives visant à la lever, repose sur l'idée que des jeunes filles peuvent craindre d'être renvoyées de leurs familles si leur grossesse ou leur avortement est révélé, qu'elles peuvent être enceintes du fait de l'inceste, ou qu'elles pourraient craindre de voir leur petit ami poursuivi pour viol sur mineure de 16 ans si leur grossesse était connue.

On avance aussi la nécessaire confidentialité qui rend possible la recherche de conseils pour les jeunes filles qui, autrement, iraient chercher des solutions sur le « marché noir ».

Toutes sortes d'arguments qui ont une apparence de sérieux et de compassion mais qui font passer à côté du vrai problème : l'avortement tue et la jeune fille, mineure ou pas, qui le subit en subit aussi la souffrance et la culpabilité. Bonne nouvelle, la presse néo-zélandaise évoque le cas d'une mineure de 14 ans fière d'avoir assumé la responsabilité de sa grossesse : elle a gardé son enfant et trouvé des solutions pour poursuivre ses études – elle veut être policière.

Une telle note d'optimisme pour contrebalancer la colère et la tristesse de celles qui subissent l'avortement ou le découvrent chez leur fille mérite d'être soulignée. Un autre titre raconte les regrets et la colère d'une jeune femme, aujourd'hui mère d'enfants de 11 et 14 ans, qui avait elle-même avorté à l'insu de ses parents à 16 ans : elle raconte comment sa mère, finalement mise au courant au bout de trois ans, avait apporté un soutien moral inattendu, en l'aidant à « enterrer spirituellement » son enfant : si cette jeune femme affirme aujourd'hui qu'elle n'aurait pas pris une autre décision, elle avoue quand même la culpabilité qui l'a rongée lorsqu'elle a été ensuite enceinte des enfants à qui elle a donné le jour.

Le responsable d'un mouvement pro-vie néo-zélandais, Bob McCoskrie de « Family First », rappelle qu'actuellement 80 avortements par semaine sont pratiqués sur des mineures en Nouvelle-Zélande, notant que dans les pays où la notification parentale est obligatoire, comme dans certains Etats des Etats-Unis, le taux d'avortements comme de grossesses adolescentes avait baissé.

Et d'ajouter qu'on « diabolise » les parents : « Dans l'état actuel de la loi, un parent doit signer pour que sa fille participe à une sortie scolaire au zoo ou joue dans l'équipe de netball, mais il est totalement exclu dès lors qu'il s'agit de permettre ou simplement de savoir que cette même enfant soit mise sous pilule, vaccinée ou soumise à un avortement chirurgical. »

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19 avril, 2011

L'ADN du tout-petit peut être modifié par le régime maternel

MercatorNet publie une juste réflexion de Caroline Moynihan sur l’importance du régime de la mère pendant les premières semaines de grossesse. L’information a paru à la une du New Zealand Herald avec une photo d’enfant à huit semaines de gestation. Superbe photo, au demeurant, qui montre ce qui est, indiscutablement et sans erreur possible un petit d’homme. Qu’un quotidien à grand tirage publie de manière aussi visible la preuve visuelle aussi évidente qu’un fœtus en âge d’être avorté est tout simplement un bébé en train de grandir, c’est en soi un événement.

Une étude menée par des chercheurs australiens démontre, « pour la première fois », que le régime d’une maman pendant sa grossesse peut modifier l’ADN de son bébé et le rendre plus susceptible de devenir obèse au cours de son enfance. Sur les 300 enfants soumis à l’enquête, 25 % ont montré une modification de leur ADN, un facteur clef identifié étant une moindre ingestion d’hydrocarbures.

L’obésité infantile laisse prévoir davantage de risques de diabète et de maladies du cœur à un âge plus avancé.

Le Pr Peter Gluckman, d’Auckland, en déduit que sa recherche « implique que l’attention portée à la santé maternelle et à son statut nutritionnel au début de la grossesse est très importante pour obtenir ce qu’il y a de mieux pour votre bébé ».

« Tôt » : c’est-à-dire à un moment où d’autres expliquent que l’enfant attendu n’est qu’un « amas de cellules ».

« Comme il est triste et contradictoire que le développement d’un enfant à stade est d’un intérêt crucial alors que la vie de tel autre sera considérée comme jetable », écrit Caroline Moynihan. « Si les professionnels de la santé e d’autres commençaient à “se focaliser davantage sur l’aide aux mères” qui sont en détresse du simple fait d’être enceintes nous en verrions peut-être moins qui rejetteraient leurs bébés. Nous verrions peut-être même de meilleurs efforts tous azimuts pour protéger le développement de l’enfant dans le sein de sa mère. »

L’avers de la médaille – car un bâton pointe toujours dans deux directions opposées, comme dirait Chesterton – c’est que ce genre de découverte ouvre la voie à la mise en place, peut-être, un jour, à une sorte de « permis de maternité » au nom de la santé publique…

01 novembre, 2010

Nouvelle-Zélande : des médecins ne veulent pas informer sur l'avortement

La Haute Cour de la Nouvelle-Zélande examine la demande d'un groupe de médecins exigeant la modification des directives du New Medical Council en ce qui concerne l'information sur l'avortement. Dans leur section consacrée aux « Croyances et pratiques médicales » elles obligent les médecins à informer leurs patientes de l'option qui leur est offerte d'avorter si elles sont inquiètes à propos de leur grossesse, sous peine de sanctions disciplinaires.

Ces directives, jusqu'ici confidentielles, obligent un médecin néozélandais qui ne veut pas pratiquer un avortement à donner à la patiente demandant l'acte l'adresse d'un collègue qui serait lui disposé à le pratiquer.

Les médecins estiment que ces directives n'ont pas le pouvoir légal de les obliger à donner ce genre d'information, d'autant que la loi de contraception, stérilisation et avortement exclut explicitement l'obligation d'informer à propos du recours possible à l'avortement, comme l'a soutenu aujourd'hui devant la Haute Cour leur avocat, Harry Waalkens. Il a ajouté que le fait de devoir rediriger une patiente vers un médecin avorteur constitue déjà une obligation de participer à un acte que l'on réprouve. Et souligné que s'il n'y avait pas à ses yeux de motif justifiant un avortement légal, le médecin devrait pouvoir s'en tenir à son refus.

En face, les avocats du Medical Council avaient soutenu au cours de la matinée que les nouvelles directives introduisent un juste équilibre entre les droits de l'objection de conscience et ceux des patientes qui doivent pouvoir obtenir une information sur la procédure légale d'avortement, même de la part du médecin qui ne veut pratiquer l'acte lui-même, et ce pour des motifs de « santé et sécurité » du public.

Affaire à suivre…

Mais on peut noter dès maintenant le courage de ce groupe de médecins néozélandais, emmené par la généraliste Catherine Hallagan.

Et se rappeler qu'en France, aux termes de la loi Veil amendée par Martine Aubry, cette obligation, malgré l'objection de conscience, de rediriger une femme enceinte vers un autre médecin plus accommodant, est inscrite dans la loi.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...