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25 avril, 2018

Les recours des parents d’Alfie Evans rejetés par la cour d’appel de Londres : il est dans son « intérêt bien compris » de mourir

Ecœurant. La décision de la cour d’appel de Londres de rejeter les recours de Tom Evans et de Kate James en affirmant que rien ne permet de dire que le juge de Manchester, Justice Anthony Paul Hayden avait eu en tous points raison d’empêcher les parents d’Alfie Evans d’essayer de le faire soigner à Rome ou à Münich relève à la fois de l’horreur, de la torture et du mensonge. C’est toujours la même histoire : Alfie, dont le cerveau a subi des dommages « irréversibles » selon les médecins et les juges, ne doit plus recevoir autre chose que des « soins palliatifs » par ce qu’il est dans son intérêt « bien compris » de mourir.

Ce juge Hayden qui a noté dans son jugement du 20 février dernier que Tom Evans s’est « entiché » (ou « obnubilé » : besotted) de son petit garçon…

Ecœurant parce que ce sont les autorités judiciaires qui ont sollicité les pauvres parents, qui depuis lundi soir se battent aux côtés de leur petit « guerrier », entourés de forces de l’ordre, surveillés, fouillés chaque fois qu’ils reviennent dans la chambre de leur enfant, en leur expliquant que trois juges se tenaient prêts pour eux.

Trois juges prêts, en effet : prêts à simplement confirmer ce qu’avait dit leur confrère la veille. Lord Justice Andrew McFarlane, Lord Justice Peter Coulson et Lady Justice Eleanor King, dans toute la majesté de leurs robes et de leurs perruques, ont dit au bout de cinq heures d’audience et de délibéré, par la voix du premier d’entre eux : « Tout cela est affreux pour tous ceux qui sont impliqués. Nous sommes au milieu d’un plan de soins palliatifs à Alder Hey et je  ne vois aucun fondement pour affirmer que le juge [Hayden] avait tort. »

Le juge Andrew McFarlane, qui connaît les appels en matière de droit familial, a jugé en novembre dernier qu'un couple d'homosexuels devait obtenir la garde de l'enfant né sur commande d'une mère porteuse qui prétendait le garder sans avoir de lien biologique avec lui parce qu'il était dans l'intérêt de l'enfant de vivre avec son parent génétique.

Pour quoi cette torture de l’attente et des faux espoirs ? Etait-ce pour donner encore plus de solennité à la décision, plus de poids au droit de l’Etat et de la justice de décider ce qui est « bien » pour un enfant, intimider davantage des parents aussi intrépides ? Dans un pays de droit jurisprudentiel, c’est en tout cas une décision qui compte. Il faut réduire à rien, écraser les droits de ces parents qui luttent. Tom Evans, épuisé, a fait savoir qu’il n’avait pas dormi depuis trois jours. Il continue. M’est avis qu’on l’utilise : il s’agit de montrer que rien ne sert de résister une fois que l’Etat a décidé ce qui est « bien ».

(Saluons donc le pape François, le président Duda de Pologne, le président du parlement européen Tajani qui ont vigoureusement pris fait en cause pour le petit Alfie – et ce père qui reste lucide, concentré, volontaire face à ceux qui ont décidé que cette petite vie ne vaut pas d’être vécue…)

Mensonge, parce que des médecins de l’hôpital d’Alder Hey sont venus expliquer à la barre que tout le monde parmi le corps médical a trouvé normal qu’Alfie continue de respirer de manière autonome après le retrait de la ventilation. Devant un juge antérieur, ils avaient déclaré tout aussi doctement que l’on pouvait s’attendre à une mort dans les quelques minutes, en tout cas « très rapide ». A l’heure d’écrire, cela fait plus de 48 heures qu’Alfie respire seul.

Au bout de 33 heures, il a enfin reçu un peu de nourriture… Mais les médecins et leurs conseils ont fait savoir à la cour de Londres qu’il est tout à fait possible qu’atteint par telle ou telle infection respiratoire, Alfie ne meure subitement dans l’unité de soins intensifs où il se trouve toujours (sans soins intensifs).

On a appris au cours de la procédure ce mercredi que la veille, Tom Evans a cherché à porter plainte pour conspiration pour meurtre à l'encontre de trois médecins.

De son côté, la police de Merseyside a publié un communiqué menaçant de conséquences et de poursuites ceux qui, sur les médias sociaux, se laissent aller à des commentaires excessifs à l’encontre du personnel soignant ou des juges. « On surveille tous les messages »…

C’est une abominable tyrannie qui s’installe. L’affaire Alfie Evans a des répercussions dont on commence tout juste à percevoir les débuts.

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06 novembre, 2016

Remerciements pour toutes vos prières aux intentions de mon frère

Chers lecteurs de ce blog,

Merci du fond du cœur pour vos messages, vos prières, vos marques de sympathie. Le temps m'a manqué pour répondre à chacun mais, un mois après le décès de mon grand frère, je voulais vous dire combien cette « communion » dans la douleur nous a touchés, aidés.

La maladie, longue, pénible, humiliante qui l'a frappé en 2014 apparaît, à la lumière de Dieu, comme la plus grande des miséricordes. Elle lui a valu le secours des sacrements et une vraie préparation à l'entrée dans la Vie. Nous savons maintenant, et cela m'a bouleversée, qu'« il était dans l'action de grâces pour sa maladie ». N'y voyez aucun dolorisme, aucune mièvrerie. C'est plutôt la preuve que Dieu fait de grandes choses et guide les âmes vers Lui, que véritablement, « tout est grâce ». Et que cela arrive là et quand on s'y attend le moins.

Alors que sa maladie progressait, mon frère avait coutume de dire : « La Vierge de Lourdes n'a pas dit “miséricorde, miséricorde, miséricorde” mais “pénitence, pénitence, pénitence”. » C'est la pénitence qui obtient la miséricorde pour les pauvres pécheurs que nous sommes tous…

Nous avons pu mesurer combien les soins palliatifs reçus chez les Augustines de Malestroit, affectueux, respectueux du moindre souffle de vie, sont importants. Du point de vue spirituel, évidemment, mais aussi pour les proches du malade qui reçoivent par là le don du temps, de ces derniers mois, ces dernières semaines, ces derniers jours où le corps décline lentement, à son rythme, permettant d'apprivoiser doucement l'idée de la mort de celui qu'on aime.

Derniers coups de fil. Derniers allers-retours angoissés depuis Paris à son chevet, avec à chaque fois la crainte d'avoir dit au revoir pour la dernière fois. De sa part, au cours de ces dernières semaines, toujours les mêmes mots pour ouvrir les conversations, dits avec insistance, jusqu'à ce que la capacité de parler lui échappe à son tour : « Je vais très bien ! » Avec le recul, je comprends aujourd'hui que cela était rigoureusement exact.

Car le mourant vit un temps de la grâce, d'une richesse profonde. Mourir dans la dignité ? C'est cela, exactement : mourir comme un homme qui se prépare à la vie éternelle, maternellement porté par Marie !

Mon frère, au dernier stade de son cancer, aura passé deux mois sans manger, il n'en était plus capable ; il était hydraté, il a décliné tout doucement. D'un cousin néerlandais passé le voir, nous apprenons qu'aux Pays-Bas, les cancéreux qui ne mangent plus sont volontiers laissés sans hydratation. Et l'affaire est pliée en trois jours. « Mais ils doivent souffrir horriblement ! » — « Mais non. On leur donne de la morphine… » Non : on leur vole leur mort.

A défaut de pouvoir vous envoyer à chacun le « Memento » de mon frère, le voici, avec les paroles de Notre Dame de Guadalupe qui l'ont porté depuis sa première hospitalisation en urgence en 2014. En ce mois de novembre, il est temps plus que jamais temps de prier pour ceux qui sont partis.






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30 novembre, 2014

J'étais au colloque du lobby de l’euthanasie à l’Assemblée nationale


Véronique Massonneau, élue EELV, tenait colloque jeudi soir dans le grand salon Victor Hugo de l’Assemblée nationale pour présenter sa proposition de loi visant à « assurer aux patients en fin de vie de mourir dans la dignité » : en clair, une loi dépénalisant l’euthanasie. La salle était comble : un public très majoritairement féminin et grisonnant, aux allures de militantes gauchistes parisiennes. Des quatre tables rondes qui ont ponctué l’après-midi, j’ai retiré deux choses principales : pour les parlementaires comme pour l’ADMD, largement représentée, le catholique, c’est l’ennemi. Et, deuxième point : l’intention est clairement d’obtenir une loi, même insatisfaisante à leurs yeux, car il sera toujours temps de la faire évoluer par la suite.
En attendant le rapport Leonetti-Claeys en décembre, et un éventuel texte gouvernemental qui n’arrivera probablement pas avant le printemps, les Verts autour de l’élue de la Vienne entendent profiter de leur niche parlementaire pour présenter la proposition Massonneau à l’Assemblée à la fin du mois de janvier. Quelles sont les chances de leur texte ? Pas très grandes, me semble-t-il, il y a fort à croire que le gouvernement privilégiera le sien. Mais il traduira en tout cas un état d’esprit et mettra la pression. Ce n’est pas un hasard si Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale, a honoré la réunion de sa présence et d’un discours complaisant.
Vous raconter l’ensemble de cette après-midi militante ? C’est ce que je vais essayer de faire, en essayant de dégager la logique qui anime les partisans de la « mort choisie » : elle tient en réalité en deux mots, libre arbitre. Laisser les hommes « définir ce qui à leurs yeux constitue leur propre dignité », comme l’a dit Mme Massonneau lors de ses propos introductifs. On pourrait la traduire de manière plus exacte : « Ni Dieu, ni maître. » Si l’euthanasie est aujourd’hui socialement mieux acceptée – s’il faut en croire les sondages – par une partie de la population qui y voit une réponse à des souffrances insupportables, ses théoriciens et promoteurs, eux, disent clairement que l’homme doit être la fin et la mesure de toute chose, parfaitement autonome, affranchi de toutes les pesanteurs et de tous les « paternalismes », qu’ils soient religieux, moraux ou même médicaux. « C’est moi qui décide. »
Cela était résumé à la fin du colloque par Véronique Massonneau qui réclamait un nouveau droit humain universel : « Tous les hommes meurent libres et égaux en droits »…

I.

Ouvrant les débats lors d’une première table ronde intitulée « La France a-t-elle besoin d’une loi sur la fin de vie ? », Jean-Luc Roméro a dit son inquiétude de voir le projet gouvernemental se borner à une « loi Leonetti de gauche ». La crainte des euthanasieurs semble être de voir légaliser la « sédation terminale » irréversible qui plonge le patient dans le coma et le fait mourir – au bout de quelques jours ou de quinze – par arrêt de l’alimentation et de l’hydratation.
« Il faudra nous expliquer la différence entre une sédation terminale et l’euthanasie : il y a des actes, c’est, pour moi, une euthanasie active sauf qu’on ne sait pas à quelle heure la personne meurt », a dit, non sans bon sens, le président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.
C’est évidemment un point de vue intéressant par rapport à l’affaire Vincent Lambert : on peut dire que c’est un spécialiste qui vient confirmer la nature euthanasique de l’arrêt de la nourriture et de l’hydratation.
On comprend bien que les partisans de la légalisation explicite de l’euthanasie ne sont pas satisfaits de la loi Leonetti : Roméro la qualifie de « loi faite par des médecins pour des médecins ». L’argument de fond ? Il y a déjà des euthanasies en France (il en donne l’évaluation à 4.800) mais décidées 4 fois sur 5 par les médecins. Sur ce plan-là aussi, on ne peut que lui donner raison : la loi Leonetti donne en effet pouvoir de vie et de mort au médecin qui décide seul.
Roméro dit aussi sa colère face au fait que les médecins, « par choix personnel ou religieux », puissent aujourd’hui passer outre à des directives anticipées : « C’est le médecin qui décide de l’obstination déraisonnable, et de la durée de la sédation terminale », déplore-t-il. Hermétique à la notion du « double effet » (qui est un aspect juste de la loi Leonetti), Roméro n’accepte pas que l’on puisse distinguer entre l’intention de soulager une souffrance au risque de hâter la mort et celle de provoquer la mort directement : pour lui tout est euthanasie.
Rappelant qu’en France, avec le plus fort taux de suicide de l’OCDE, 15 % des suicides seulement sont médicamenteux, Jean-Luc Roméro a enfin adopté un argument qui est aujourd’hui très en vogue aux Pays-Bas pour réclamer un élargissement expresse de la loi aux patients souffrant d’affections psychiatriques : il faut donner une autre option aux malades que le « suicide violent ». « Se suicider de cette manière-là, c’est inacceptable. »
Eh oui : aux Pays-Bas, on souligne même que les gens qui se jettent sous le train… perturbent la circulation des trains. Une piqûre létale, c’est plus propre.
Corinne Lepage, ancien ministre de l’environnement, voit dans la résistance à une loi légalisant l’euthanasie différentes « peurs » : « la peur de certains d’être euthanasiés de manière illégale, peur de ceux qui pensent pouvoir être suicidés contre leur volonté ». Peut-on avoir une objection religieuse à l’euthanasie ? Oui ; c’est « très légitime » – « mais on ne doit pas créer une obligation qui s’imposerait à tous ».
L’« écolo de droite » développe à son tour une argumentation qui n’est pas neuve, elle est toujours répétée à propos de l’avortement pour expliquer le refus d’abroger la loi Veil : « Il est choquant que ceux qui ont les moyens puissent aller en Suisse, d’autres non. C’est la dernière des injustices. Si certains recourent au système suisse, c’est qu’on a besoin de quelque chose de comparable ici, au nom d’un humanisme, même si celui-ci peut être interprété différemment. »
(Tiens, pourquoi n’a-t-on pas étendu à la France le secret bancaire qui avait cours en Suisse, alors ?)
Mais l’urgent est de légiférer sur l’euthanasie : « Contrôler et sanctionner pour éviter qu’on tue des personnes qui ne le souhaitent pas. »
Comme pour l’« IVG », la loi, en encadrant la pratique, en développant les soins palliatifs, va à la fois diminuer le nombre d’euthanasies effectivement pratiquées et assurer la sécurité des patients face à des médecins tout-puissants – il fallait y penser !

II.

La deuxième table ronde était consacrée à l’état de l’opinion en France, avec une première intervention de Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’IFOP dont le dernier sondage donne « 96 % » des Français favorables à l’euthanasie : une aide active à mourir dans « certains cas » de souffrances insupportables. Si elles sont, par définition, insupportables, comment oser passer pour un sans-cœur en imposant cette peine à autrui ? Dabi décrit l’augmentation de l’acceptation sociale depuis 2001 (+ 8%) et souligne « l’absence de clivage, un consensus très fort : il n’y a pas de famille politique où la tendance ne soit pas majoritaire ». Y compris le FN où la chose est même mieux acceptée qu’à l’AFP.
Si c’est exact, d’où ces hésitations des politiques ? Dabi enfonce le clou : 40 % des électeurs seraient prêts selon les énquêtes qu’il cite à « sanctionner » un candidat pour le seul motif qu’il ne serait pas favorable à la légalisation, en ne votant pas pour lui… A croire que tout le monde n’ajoute pas foi à ces résultats étrangement massifs.
Comment dire… Ce directeur-adjoint d’institut de sondage semblait avoir une opinion personnelle forte sur le sujet.
Rappelons aussi que Mme Laurence Parisot, dont les options politiques et libérales sont fortement affichées, est actionnaire majoritaire de l’IFOP.
Edouard Delruelle, professeur de philosophie politique à Liège et ancien membre du Comité consultatif de bioéthique dont le rapport allait déboucher sur la légalisation de l’euthanasie en Belgique en 2002. Il a montré comment les Belges ont pu s’affranchir de la première position possible – le refus, avec les seules options des soins palliatifs et de la sédation – qu’avec la défaite des partis catholiques écartés des coalitions de gouvernement. Oui, décidément, ce sont les catholiques, les ennemis de l’euthanasie, et ils semblent bien être les seuls à écouter ces militants.
« Il faut une même logique pour les soins palliatifs et l’euthanasie faussement passive (la sédation terminale), et l’euthanasie active : les soins ultimes », affirme-t-il, expliquant la nécessité d’une « objectivation » avec l’accord de deux médecins pour l’euthanasie qui se justifie par une « situation sans issue », « toujours la clause de conscience », une déclaration subséquente de l’euthanasie auprès de la commission compétente.
« Il n’y a pas eu de pente glissante. Même les opposants en Belgique – s’il y en a encore – n’en sont pas à ces arguments », affirme le professeur. Il va jusqu’à dire que la légalisation de l’euthanasie, en libérant les gens de la « peur » et en libérant la parole entre médecins et patients, peut avoir pour effet de faire diminuer ou de retarder la demande de mort. On sait que la possibilité est là, cela suffit.
Pour ce qui est de la pente glissante, je vous propose de faire une recherche sur ce blog sur l’euthanasie en Belgique et aux Pays-Bas : vous serez édifiés…
Muguette Dini, ancienne sénatrice centriste, était là au titre de son appartenance à l’ADMD. Elle devait simplement parler des précédentes propositions et des navettes parlementaires de ces lois dont elle souhaite qu’elles aboutiront à remplacer un jour la loi Leonetti, « un texte pour mourir en souffrant moins ».

III.

Nous voici à la troisième table ronde : « Une loi enfin, une loi comment ? »
Jacqueline Herremans est présidente de l’ADMD Belgique, mais aussi membre de la commission fédérale d’évaluation et de contrôle des euthanasies, et du comité consultatif de bioéthique en Belgique. Parole énergique, mots crus, attitude détendue : cette militante supplie les Français de réussir leur projet. « Tous les jours, nous recevons des demandes d’euthanasie de la part de Français. Ayez une loi qui nous permettra d’écarter 10 % de notre travail à répondre à ces Français ! »
« Notre grande chance en 1999 a été que les partis catholiques aient été rejetés dans l’opposition. Cela a été une période “bénie” (rires) pour les problèmes de société : mariage homo, adoption par des couples de même sexe… »
Jacqueline Herremans, comme Delruelle, insiste sur le meilleur dialogue entre patients et médecins, la fin du « paternalisme » (en Flandres, du moins), le côté rassurant d’avoir une « porte de sortie » qui permet de « profiter d’une qualité de vie le plus longtemps possible ». Et puis des « rituels » s’intallent : « Une dernière fête, parfois accompagnée par des prêtres. » « Les clivages doctrinaux se décident au Vatican, mais les oukazes du Vatican ne sont pas forcément suivis sur le terrain », se félicite l’oratrice.
Elle plaide pour ce « changement de paradigme » : « Le médecin proposait le traitement, disposait parfois ; pour l’euthanasie, c’est le patient qui propose. » « Ces questions – à part quelques villages réfractaires de Gaulois, sont entendues, discutées, débattues. »
Mme Herremans a soulevé la question des euthanasies d’enfants récemment légalisées en Belgique (avec la même majorité, 75 %, que la première loi d’euthanasie il y a une décennie). « Cela a choqué en France, mais nous avons une expérience de 10 ans par rapport aux adultes », assure-t-elle.
Aujourd’hui, en Belgique, la loi d’euthanasie fait qu’« on ne meurt plus seul ». La France doit suivre son exemple, mais Mme Herremans s’inquiète de voir le débat contourner la question de l’euthanasie : « Vous avez déjà le laisser-mourir, je crains que vous n’ayez le faire dormir ! »
François de Rugy, député écologiste, a noté que c’est aux politiques de faire « franchir des caps ». « Le consensus, faut-il y arriver ? Dans la société, il est déjà beaucoup plus large que sur d’autres sujets. Mais l’histoire – la loi Veil nous l’a montré : le consensus vient après. Sur la loi sur “le mariage pour tous” le consensus est beaucoup plus large qu’il y a trois ans, et même depuis son adoption. »
On ne saurait mieux mettre en évidence le rôle de « moteur social » de la loi qui ne répond pas à un état de fait mais contribue très largement à le créer.
Mais… « Il y a des gens qui rendent certains débats virulents. Notamment par cette obsession permanente sur la période du nazisme, genre de référence qui rend le débat impossible. »
L’élue socialiste Catherine Lemorton, présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée, a confirmé que Véronique Massonneau, auteur de la proposition de loi, vient d’être nommée rapporteur. Elle a souligné l’existence de « voix discordantes » dans chaque camp : « Dès lors que chacun laissera ses convictions religieuses sur le bord du chemin, cela ira mieux. (…) C’est toujours difficile pour eux de se départir de leurs convictions religieuses… Il y a ceux qui fréquentent Sainte-Clotilde, à côté, ce n’est pas pareil. »
Encore les catholiques ! Sainte-Clotilde, pour ceux des lecteurs de ce blog qui ne connaissent pas la géographie de l’Assemblée nationale, est la paroisse la plus voisine du Palais-Bourbon, où depuis longtemps les élus catholiques sont volontiers accueillis et accompagnés.

IV.

Sans l’ombre d’une pause, nous voici arrivés à la quatrième table ronde : « Quels choix, quelle loi ? »
Bernard Lebeau, professeur de médecine, cancérologue et pneumologue, a vu plus de « 4.000 » patients mourir au fil des ans.
Pour bien parler de la question, il affirme deux a priori. « D’abord, revenir sur les convictions religieuses. J’ai été élevé à Stanislas (rires). On m’a donné de bons sentiments, mais je suis devenu adulte ». Et voilà le médecin devenu exégète : il y a une erreur de traduction des tables de la loi données à Moïse : « Ce n’est pas tu ne tueras pas, mais tu ne commettras pas de meurtre. » Voilà qui, à ses yeux, change tout ! Il faut « aimer l’autre », c’est le premier commandement, primordial, qui va permettre de l’éliminer.
Deuxième a priori : « Ce n’est pas au mari de tuer sa femme, c’est à nous, médecins, de prendre nos responsabilités… Il faut légaliser l’aide à mourir. »
Après les deux a priori, trois principes. Sans surprise, il nomme la liberté, l’égalité et la fraternité : « Avec cela, tous les problèmes sont résolus. »
Puis « quatre pilliers ». Le premier est l’« accompagnement » – des psychologues, peut-être, pour « les proches et les soignants ». Le médecin n’est pas fait pour tuer : peut-être faut-il un nouveau métier de « praticien de fin de vie » ? Il n’osera pas le mot bourreau… Mais il assure que le cocktail lytique était fréquemment utilisé depuis les années 1970 ; que « débrancher un malade c’est de l’euthanasie ». La banalisation affirmée est aussi un moyen de pousser à la roue…
Le deuxième pillier, ce sont les soins palliatifs.
« Mais ça ne résout pas tout : c’est l’insuffisance de la loi Leonetti. Il y a les maladies neurodégénératives (« les 900.000 Français atteints d’Alzheimer »…), les « handicapés majeurs comme Vincent Lambert », « les malades psychiatriques » (on a « l’exemple belge »), « l’enfant » et « le grand vieillard ».
Troisième pillier, donc, légalisation et non dépénalisation : « Il faut étendre la loi aux patients inconscients s’ils ont laissé des directives anticipées, ou accord d’une commission de médecins. » La salle ne paraissait pas particulièrement choquée par le propos…
Quatrième pillier : dans les cas « non-urgents », le Pr Lebeau rêve d’un contrôle a priori par une commission à la fois médicale, juridique et comportant des représentants de la société civile.
Venu du Luxembourg, l’ancien parlementaire européen Jean Huss, vice-président de l’ADMD dans son pays, est venu dire combien les conditions politiques n’étaient pas favorables au départ au vote de la loi en 2009 en raison de la « domination » des catholiques, avec le « parti chrétien social de Juncker, totalement opposé ». C’est en organisant des débats dans la société civile que les choses ont avancé, « souvent face à des oppositions médicales et catholiques, dont les arguments étaient durs et hypocrites, surtout sur l’euthanasie non volontaire.
L’ADMD Luxembourg a pris espoir lorsque Juncker a annoncé, en 2007, qu’il n’y aurait pas de consigne de vote sur la question. L’Eglise mobilise « ses dernières forces » ; il y a même « des lettres du Vatican aux députés » ; il faut venir à bout de l’opposition du Grand Duc qui refuse de signer, une fois le texte adopté, en changeant la Constitution luxembourgeoise.
Ah, ces cathos…
La loi luxembourgeoise est largement calquée sur la loi belge, reposant sur l’élément objectif : l’absence de perspective d’amélioration pour un patient, constatée par le médecin, et l’élément subjectif de la perception d’une souffrance « insupportable ». Il paraît que tout le monde en est content : « Seuls quelques médecins fanatisés du tout palliatifs, catholiques, ont continué d’intimider leurs confrères. » Il y a « peu d’euthanasies » ; « les prévisions alarmistes d’une hécatombe étaient infondées, d’origine purement idéologique ».
Pour conclure, Véronique Massonneau répétait l’argument récurrent : sans loi, il y a des euthanasies « sans l’accord du patient » et même les 3/5 d’entre elles, affirme-t-elle.
Née en Belgique, Mme Massonneau explique son engagement par son expérience personnelle : sa mère, catholique, a choisi la sédation terminale pour mettre fin à ses souffrances, son père, qui ne l’était pas, s’est fait euthanasier. « Ce droit de choisir, j’espère que ce sera un droit de l’homme du XXIe siècle ! »
Et l’euthanasie des enfants ? « Non, pas en France ; pas tout de suite, car c’est un argument qui est utilisé pour décrédibiliser la loi. »
Véronique Massonneau tient à son projet, elle appelle « les Français » à se manifester ; « c’est souvent les anti qu’on entend ».
Répondant à une question de la salle, elle s’est expliquée sur sa tactique. « Il faut faire rencontrer le plus large consensus. Et aller plus loin ensuite. » La loi est un cadre qui peut dériver…
Le Pr Lebeau était du même avis : « Faisons passer la loi comme les Belges ; les enfants suivront. Surtout que les pédiatres font déjà ce qu’il faut, mais surtout ne le dites pas ! »
Comment « aider » le lobby de l’euthanasie ? Mme Massonneau : « Il faut inonder l’Assemblée nationale de pétitions ! Il y a une conscientisation de la population, on en parle, c’est l’important. Vous n’imaginez pas combien les réseaux sociaux nous ont aidé pour le mariage pour tous, à ne rien lâcher ! »

*                   *
*

Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, est venu clore le débat avec un discours au départ essentiellement politique et ne disant donc quasiment rien. On notera qu’il rêve d’un débat « sans attaques ad nominem » (sic), qu’il faut aller dans la direction du « progrès social », qu’il « ne faut pas faire perdurer le mythe d’une société qui n’existe déjà plus » et qui a causé déjà bien des « retards français », sur la dépénalisation de l’avortement par exemple. Il s’est avancé bien davantage en estimant que la demande des Français est « quasi unanime », ils sont « passionnés d’égalité » surtout en fin de vie, « à un moment où les inégalités sont exacerbées et intolérables ». « Elu d’une République laïque, je place haut le respect de la volonté de chaque individu. Faut-il aller plus loin ? Je le pense et je le crois ; et il ne faut pas laisser les médecins décider seuls. (…) C’est un sujet qui mérite un débat noble et digne. » Il faut, assure Bartolone, « des soins palliatifs égaux », le « suicide assisté », et « la légalisation de l’acte dans des cas précis ; pour les inconscients ou ceux qui sont incapables de se suicider, avec le respect de directives anticipées opposables » (c’est-à-dire créant un droit).
Voilà la couleur de ce qui nous attend.
Avec trois grandes lignes sur lesquelles il va falloir travailler ou plutôt continuer de travailler.
• Le passage sous silence de la part du lobby de la « mort choisie » des dérives évidentes dans les pays où l’euthanasie est légale montre qu’il faut au contraire les montrer, les expliquer, les commenter.
• Leurs prises de positions confirment la confusion des genres recherchée : rassembler sous une même logique comme s’ils étaient l’expression d’une même préoccupation et d’une même « bienveillance » les soins palliatifs, les « sédations terminales » qui sont la zone grise entre les soins palliatifs et l’euthanasie, et l’acte létal délibéré qui se manifeste dans l’empoisonnement volontaire pour faire mourir. Il s’agit de bien montrer que tout cela ne relève pas des « soins ultimes », une panoplie où il serait légitime de se servir à volonté, mais que la ligne de partage est ailleurs, avec d’un côté la volonté de soigner et de soulager, et de l’autre l’intention de tuer.
• On ne saurait négliger l’appel à l’action des catholiques ; adversaires redoutables, incontournables obstacles quand il s’agit de s’en prendre à la vie humaine pour des motifs humanistes, ils sont, de l’avis des euthanasieurs, les vrais adversaires qui se dressent face à eux. Ne nous gênons donc pas, même si c’est au prix de quelques noms d’oiseaux. Ils nous trouvent forts ? C’est que nous le sommes !
Mais attention, il y a un grave piège dans ce discours. C’est celui de faire croire que seul un catholique rétrograde peut s’opposer à un bienfait aussi universel que la légalisation de l’euthanasie. C’est aussi une manière de circonscrire l’opposition et d’en réduire la portée. Si les catholiques sont forts pour défendre la vie, c’est qu’ils savent que la loi naturelle n’est pas d’ordre révélé et qu’elle est inscrite dans le cœur de chaque homme. « Tu ne tueras pas » ou « tu ne commettras pas de meurtre » : la formule est en réalité la même et c’est sur ce plan naturel qu’il faudra aussi œuvrer. Sans rougir d’être catholiques, montrer que des non-catholiques rejettent aussi la médecine qui tue.
Cette bataille ne pourra pas non plus faire l'économie d'une réflexion catholique sur la souffrance et la douleur. Sur la condition humaine, tout simplement. 

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14 septembre, 2014

Bordeaux : un mort par inversion de seringues. Voulaient-ils tuer quelqu'un ?

La presse révèle qu'un patient de 61 ans est mort mercredi dernier dans un hôpital de Bordeaux à la suite d'une inversion accidentelle de seringues, « après avoir reçu en intraveineuse une dose de chlorure de potassium au lieu de l'injection de corticoïdes prescrite ». Une information pour homicide involontaire a été ouverte. Il s'agit clairement d'une « erreur d'administration médicamenteuse », précisé le communiqué de l'Institut Bergonié, spécialisé en oncologie. Les emballages des deux seringues étaient étiquetés, et non les seringues elles-mêmes, a indiqué Marie-Madeleine Alliot, procureur de la République de Bordeaux.

Le patient était hospitalisé dans une unité de soins palliatifs de l'Institut Bergonié.

On sait d'ores et déjà que la seringue de chlorure de potassium était en réalité destinée à un patient se trouvant dans une autre chambre.

Et là on se pose évidemment des questions. Dans cet établissement qui accueille des malades du cancer, y compris en soins palliatifs, injecterait-on volontairement des doses létales de chlorure de potassium comme celle administrée par erreur au malade décédé mercredi ? Une euthanasie était-elle programmée, mais s'est on simplement trompé de victime ?

L'administration du chlorure de potassium n'est pas forcément destinée à tuer le patient : elle a au contraire généralement pour objet de pallier un manque de potassium et, même s'il s'agit d'un médicament « à haut risque », son usage est répertorié. Mais uniquement sous forme diluée – la dilution devant être réalisée par du personnel formé – par perfusion en intraveineuse, avec une durée minimale de pose, et sous contrôle précis, deux personnes devant intervenir en principe pour vérifier l'ampoule initiale ayant servi à la dilution et l'étiquetage, la concentration et la vitesse de perfusion (directives de l'ARS en Ile-de-France).

Les accidents par confusion de produit sont rares mais se comptent tout de même par dizaines dans le monde, raison pour laquelle les procédures ont été mises en place pour que ces morts « évitables » ne se reproduisent plus – tardivement en France comme le montre cet article. Une circulaire du 14 février 2012 attire l'attention des établissements de santé sur la gestion de ces risques.

Il semble en tout cas que l'ampoule de chlorure de potassium (KCl) soit clairement identifiable : elle n'existe que dans deux dosages, un pour adulte, un pour enfant, et présente une apparence non moins reconnaissable :


On imagine mal que la jeune infirmière étudiante en troisième année qui a administré la piqûre mortelle en présence de l'infirmière confirmée qui la surveillait ait vu cette ampoule.

Elle n'aurait donc vu que la seringue. Avec un produit dilué ? Non dilué ?

S'agissait-il de deux seringues à intraveineuse ? Sauf erreur, on n'injecte pourtant pas du KCl directement en intraveineuse…

Les seringues à intraveineuse sont-elles différentes des autres ? Un étudiant infirmier est-il habilité à faire des injections en intraveineuse ?

Autant de questions qui se posent. Peut-être des infirmiers pourraient-ils nous éclairer…

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02 août, 2014

Soins palliatifs : un bar à vins pour les malades

Le centre de soins palliatifs du CHU de Clermont-Ferrand se dotera dès le mois prochain d'un bar à vins. Vins, whiskies, champagne, conservés dans les conditions idoines, y seront accessibles aux patients en fin de vie. Ils pourront y inviter leurs proches, au nom du « droit de se faire plaisir et de faire plaisir », dans un lieu qui se veut convivial et accueillant là où le quotidien est souvent gris et pénible.

Voilà une idée typiquement française, qui reconnaît l'importance des « saveurs des terroirs » dans la vie de chacun, qu'il soit bien portant ou en fin de vie. Mieux : elle souligne le besoin de partager amour, amitié, heurs et malheurs autour d'une bonne bouteille ou d'un bon repas familial.

La dégustation sera « médicalement encadrée », elle se fera selon la logique très française de la gastronomie érigée en élément de civilisation, dans lequel la modération va de soi.

Le CHU de Clermont-Ferrand doit cette initiative au Dr Virginie Guastella, chef de service du centre de soins palliatifs. Pour alimenter la cave, il a obtenu le concours de partenaires et de mécènes. Et attend un coup de pouce pour y faire entrer de grands crus…

Le CHU annonce que les soignants seront sensibilisés à cette nouvelle pratique par une formation au centre de soins palliatifs, confiée à Catherine Le Grand-Sébille, socio-anthropologue et enseignant-chercheur.

Elle ne devrait pas rencontrer trop de difficultés pour faire comprendre son sujet, du moins chez les patients et les soignants français…


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26 juillet, 2014

Lituanie : autoriser l'euthanasie pour ceux qui ne peuvent se payer des soins palliatifs ?

On pourrait bien avoir besoin de l'euthanasie pour les pauvres qui ne peuvent se permettre d'avoir accès aux soins palliatifs : c'est l'aveu candide du nouveau ministre de la Santé en Lituanie, Mme  Rimantė Šalaševičiūtė, selon une déclaration rapportée ici le 24 juillet. Et traduite par l'excellent bioedge.org.

La franchise du ministre est à saluer : voilà enfin l'aveu clair du lien entre euthanasie et économie.

Rimantė Šalaševičiūtė vient de prendre ses fonctions au début du mois, après avoir été longtemps chargée des droits des enfants : cela ne s'invente pas.

Sans donner de précisions, elle a expliqué dans la presse locale que la Lituanie n'est pas un Etat-providence où les soins palliatifs seraient accessibles à tous, suggérant que l'euthanasie pourrait être une option pour ceux qui ne désirent pas tourmenter leurs proches en leur imposant le spectacle de leurs souffrances.

A peine entrée en fonctions, elle a également suggéré que la Lituanie puisse légaliser l'euthanasie pour les enfants, en notant que cette possibilité avait été offerte aux enfants belges au terme d'un long débat public. Pourquoi ne pas ouvrir ce débat en Lituanie ?

Même si la Lituanie souffre d'une démographie qui plonge et du taux de suicide le plus élevé au monde,  ce qui témoigne d'un fort instinct de mort, elle compte près de 80 % de catholiques : autant dire que les déclarations du ministre ont suscité des vagues dans son pays.

L'Eglise catholique, mais aussi de nombreux médecins, s'opposent clairement à l'euthanasie. Le Dr Andrius Narbekovas, qui est à la fois prêtre et médecin, et membre de la commission de bioéthique du ministère lituanien de la Santé, a réagi dans les médias :

« Le ministère de la Santé doit protéger la santé et la vie, au lieu de chercher des moyens d'ôter la vie. Il va sans dire que cela serait… profitable et rentable… Mais une société démocratique doit clairement comprendre que nous devons prendre soin des malades, et non les tuer. »

La démocratie n'a jamais été garante du respect des lois non écrites, encore moins du Décalogue… 

A moins qu'il ne faille mettre nombre de « démocraties » modernes au même rang que les démocraties populaires ?

Celles-ci ne sont pas des inconnues pour Rimantė Šalaševičiūtė : alors que la Lituanie était encore sous le joug soviétique, elle était membre du Parti communiste lituanien. En 1990, après le départ des russes, elle a rejoint le Parti démocratique du travail.

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17 juillet, 2014

Soutiens au médecin pro-vie polonais Bogdan Chazan


Bogdan Chazan, le gynécologue polonais révoqué de son poste de professeur à l’hôpital de la Sainte-Famille à Varsovie pour avoir refusé de coopérer de quelque manière que ce soit à un avortement, a reçu un soutien appuyé de la part de Mgr Henryk Hoser, archevêque de Varsovie-Praga, médecin diplômé lui aussi, rapporte Hilary White sur LifeSiteNews.
J’avais évoqué ici et ici ce cas d’école de dictature du relativisme où un médecin respecté, engagé depuis toujours pour la vie, a été sanctionnée pour avoir refusé de renvoyer vers un collègue plus complaisant une femme réclamant l’avortement « médical » pour un enfant qui n’avait guère de chance de survivre après sa naissance.
La loi polonaise reconnaît le droit à l’objection de conscience des médecins qui ne veulent pas participer à la pratique de l’avortement mais les oblige – comme les lois Neiertz en France – à donner aux femmes les informations nécessaires pour qu’elles puissent obtenir un avortement légal.
C’est son refus de participer ainsi indirectement à l’avortement qui a servi de prétexte aux vexations dont il est aujourd’hui l’objet.
Mgr Hoser a déclaré dans un communiqué que les sanctions prononcées à l’encontre du Pr Chazan – sa révocation et une amende de 17 000 euros – sont « éthiquement inacceptables, injustifiées, disproportionnées, injustes, absurdes et douteuses sur le plan légal ». « Un enfant dans la phase prénatale est toujours un être humain ou un patient, indépendamment de son état de santé ou d’une décision prise à la discrétion d’un tiers. Personne n’est maître de la vie d’autrui et tous les autres biens personnels sont secondaires par rapport à l’existence d’un être humain », a-t-il ajouté.
L’archevêque a encouragé les autres médecins et toutes les personnes de bonne volonté de manifester leur solidarité à l’égard du Pr Chazan. Notant que les pouvoirs publics et la police mettent généralement du temps pour poursuivre les auteurs des crimes les plus graves, il les a accusés d’« excès de zèle » lorsqu’il s’agit d’enquêter sur le fait d’avoir « isolé » une personne par rapport aux informations nécessaires à l’obtention d’un avortement alors qu’elles sont aisément accessibles à tous, « spécialement dans une ville comme Varsovie ».
La déclaration de l’archevêque s’ajoute à celle du cardinal Kazimierz Nycz, archevêque métropolitain de Varsovie, pour qui les sanctions prononcées contre le médecin « violent les droits de tous, et pas seulement des catholiques ».
Le Pr Chazan, de son côté, a déclaré que l’amende qui lui a été infligée, tout comme la perte de son poste, ne sont que « la rançon pour la vie d’un enfant » – et il ne regrette pas de l’avoir payé. Mais il prévoit une accentuation de la pression : il a précisé à l’hebdomadaire catholique anglais The Sunday Visitor que l’affaire aboutira « probablement à l’élimination des postes de direction de médecins qui ne font que respecter la loi naturelle ».
Qu’il soit objet de haine et donc de persécution n’est pas si étonnant : il est l’un des signataires les plus en vue de la « Déclaration de Foi » rassemblant près de 3.000 médecins polonais – sur les 377.000 que compte le pays – qui refusent à la fois la participation à l’avortement et la prescription de contraceptifs.
Les milieux pro-vie polonais estiment qu’en l’occurrence, le Pr Chazan a été victime d’un coup monté. Où la mère de l’enfant, mort quelques jours après la naissance mais de manière naturelle et entouré jusqu’au bout, aurait été instrumentalisée.
Cette femme avait obtenu une fécondation in vitro pour pallier à sa stérilité. Selon l’avocat de Bogdan Chazan, Jerzy Kwaśniewski, elle avait appris assez tôt que son enfant présentait des anormalités. Son médecin à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Maciej Gawlak, l’avait informée non seulement de ce diagnostic, mais de la possibilité qui lui était offerte aux termes de la loi polonaise d’obtenir un avortement légal en raison des malformations fœtales. Elle n’avait pas donné suite. Elle s’étant par la suite rendue dans d’autres établissements médicaux où on lui avait refusé l’avortement.
C’est après seulement qu’elle s’est rendue chez le Pr Chazan dont les positions pro-vie sont largement connues.
Les politiques se sont aussitôt engouffrés dans la brèche. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a imposé des sanctions immédiates sans que le médecin puisse se défendre. Le Premier ministre libéral, Donald Tusk, a osé déclarer : « Quoi que lui dicte sa conscience, un médecin doit accomplir la loi. Chaque patient doit avoir la certitude que le médecin accomplira toutes les procédures conformément à la loi et à son devoir. » Le leader de l’Alliance de la gauche démocratique, Leszek Miller, a déclaré que le refus du Pr Chazan de participer à l’avortement relève de la « psychopathie ». L’asile psychiatrique pour ceux qui pensent mal ?
Et du côté des partisans de l’avortement ? Pour Krystyna Kacpura, directrice de la Fédération de la Femme et du Planning familial en Pologne, ce sont les « fondamentalistes religieux » qui font tout pour empêcher les femmes d’y avoir accès. Dans une interview à JOL Press, elle explique : « Certes, nous avons été soulagés que la maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Walz, licencie Bogdan Chazan : c’était son devoir, sa responsabilité politique et morale, en tant que fonctionnaire de l'État, d'agir selon la loi et de veiller à ce que les règles soient respectées. Donc nous pouvons dire que c'est une victoire de l’Etat de droit sur “la loi de Dieu”. »
De la loi civile sur la loi morale, en somme – on connaît cela en France aussi…
On peut contacter Mme le maire de Varsovie à cette adresse : sekretariatprezydenta@um.warszawa.pl.

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08 juillet, 2014

Fin de vie… oui. Mais la volonté du malade a été respectée.

L’affaire de l’homme de 73 ans à qui l’on voulait refuser la thérapie correspondant à ses pathologies (voir ici et ici) est mort cette nuit, à la suite d’une dialyse qu’il n’a pas supportée.
Il était – les faits l’ont démontré – donc bien en « fin de vie ». Mais avec une histoire de ténacité et de volonté de vivre – saluée d’ailleurs par l’équipe médicale lors de l’audience vendredi soir – qui lui avaient déjà assuré des sursis totalement inattendus.
Peut-être – les médecins le soutiendront peut-être à bon droit – eût-il mieux valu pour le malade qu’on le laisse tranquille. Oui, les soins palliatifs sont faits pour cela.
Mais de l’autre côté on s’est heurté ici à un refus des médecins d’entendre la famille. A des contradictions. A une volonté exprimée du patient – différente, peut-être, selon qu’il avait affaire à son médecin ou à ses proches – dont les variations n’ont pas été écoutées.
Et la question se pose : pourquoi a-t-il fallu venir devant le tribunal administratif, pourquoi la relation autour du vieil homme a-t-elle été si conflictuelle alors qu’au fond, il était si simple d’organiser une réunion à son chevet, médecins et famille ensemble, pour savoir ce qu’il voulait vraiment, lui ?
Au bout du compte, le patient a gagné peut-être quelques jours de vie. Des jours importants, où il a vu les siens – prévenus, certes : ils auraient été là dans le cadre de la procédure palliative – mais où surtout il a pu constater l’amour de ses proches et leur volonté de se battre avec lui. Ces jours précieux sont aussi le droit du patient !
L’affaire révèle la dysharmonie et l’absence de confiance qui naissent d’un contexte où l’arrêt de soins peut être – sans qu’il le soit toujours – dicté par une volonté euthanasique, ou par des considérations économiques.

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02 juin, 2013

Le cardinal Eijk déplore l'élargissement des critères de l'euthanasie

La clinique de fin de vie créée en 2012 aux Pays-Bas pour répondre aux demandes d'euthanasie qui ne sont pas honorées par les médecins traitants, soit que ceux-ci fassent partie des 15 % d'objecteurs de conscience, soit qu'ils estiment qu'une demande donnée ne répond pas aux critères de l'euthanasie légale, connaît un franc succès avec le doublement des « escadrons de la mort » en un an, et une cinquantaine d'euthanasies effectivement à son actif.

Le cardinal Willem Eijk, archevêque d'Utrecht, médecin de formation et spécialiste de la bioéthique, a réagi à cette information sur une radio catholique néerlandaise en se demandant d'emblée si la demande publique est bien ce qui est explique le succès de la clinique de fin de vie. En notant que c'est bien souvent l'offre qui crée la demande.

Il a souligné par rapport à ces médecins qui sont prêts à pratiquer des euthanasies alors que le médecin traitant du demandeur ne le veut pas, que « la question est de savoir comment ces médecins considèrent les critères existants, qui exigent une souffrance sans perspective d’amélioration et aussi insupportable. »

De fait la KNMG, l'association professionnelle des médecins, a publié des directives en 2011 annonçant que ces critères étaient appliqués de manière trop restrictive. Loin de s’en tenir aux critères dans le cadre d’une maladie physique ou psychique déterminée, souligne le cardinal Eijk :
« La KNMG est d’avis au contraire qu’il faut tenir compte d’un ensemble complexe de facteurs et d’affections liés à la vieillesse. (…) On constate une tendance ces dernières années à vouloir étendre le champ de la souffrance sans perspective et insupportable, une tendance que l’on constatait dès le début des discussions dans les années 1980. Au départ il était question d’agir pour mettre un terme à la vie à la demande personnelle du patient et dans une phase de maladie vraiment terminale – quelques semaines tout au plus avant la fin de vie attendue – et c’est après que de tout autres indications se sont ajoutées, visant les affections psychiatriques par exemple. Aujourd’hui on voit qu’on n’exige même plus d’un diagnostic médicalement répertorié. 
Les critères s’étendent de plus en plus, comme il est naturel lorsque vous avez entrouvert la porte : elle va d’elle-même s’ouvrir de plus en plus. Si vous portez atteinte au principe fondamental selon lequel les hommes ne disposent pas du droit sur la vie et la mort, si dans certains cas, des “exceptions”, vous permettez d’y déroger, en affirmant que dans certains cas il n’y a plus de perspectives ou que la souffrance est insupportable, alors si le cas est tout petit peu moins sans perspectives ou juste un peu moins insupportable, pourquoi ne pourrait-on pas accepter l’euthanasie ou l’aide à mourir dans ces cas ? »
Ce danger était annoncé au début des années 1980 et c’est la tendance qui s’installe aujourd’hui, affirme le cardinal, qui explique :

« Lorsqu’on lâche le principe fondamental selon lequel nous, en tant qu’êtres humains, n’avons pas le droit de disposer de la vie et de la mort qui revient à Dieu seul, on atterrit sur une pente glissante, qui est aussi une échelle variable – car où fixer la limite ? C’est une limite qui ne cesse d’être repoussée. 
Au fil des ans, on a pu constater que pour diverses raisons la capacité des gens à souffrir a diminué. Se dessine l’idée selon laquelle une vie marquée par la souffrance serait totalement dénuée de sens. Du point de vue chrétien nous voyons cela autrement, et nous croyons que l’on peut trouver la force, même dans une vie marquée par la souffrance, d’unifier tout cela dans la prière, et de manière sacramentelle, avec le Christ souffrant. 
Quoi qu’il en soit cela reste un critère subjectif qui est évalué de manières très diverses, mais de ce fait même la frontière au-delà de laquelle ma souffrance va paraître insupportable va descendre de plus en plus. 
Il est également bien connu que la frontière de la douleur est très subjective et sujette à l’influence psychologique. Nous savons que les personnes accueillies en centres palliatifs qui utilisent des médicaments lourds pour faire disparaître ou atténuer leur douleur ont besoin de beaucoup moins de ces médicaments s’ils sont dans un environnement aimant où ils sont entourés de soins et d’attention. »
Le cardinal se demande : peut-on raisonnablement utiliser un critère subjectif pour justifier une décision d’euthanasie qui est à ce point sans retour ?

Interrogé sur l’attitude que doit adopter l’Eglise alors que la clinique de fin de vie a déjà mis sur les routes néerlandaises trente équipes qui tournent pour pratiquer l’euthanasie, Mgr Eijck répond :

« Tout d’abord, l’Eglise doit s’accrocher à ce que l’Eglise a toujours enseigné. Ce qu’elle voit comme l’ordre imprimé par Dieu dans la Création. (…) L’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, l’homme n’est jamais un moyen en vue d’une fin, et cela ne vaut pas seulement pour sa dimension spirituelle mais aussi pour son corps. La vie du corps est toujours une fin en soi et jamais un moyen pour réaliser quelque chose. C’est aussi la raison pour laquelle nous ne pouvons sacrifier la vie humaine, pas même pour mettre fin à la souffrance. 
Naturellement il nous revient dès lors, même si nous ne pouvons totalement faire disparaître la douleur et la souffrance des gens, de la ramener à des proportions supportables. Je pense qu’aux Pays-Bas nous devons travailler avec le plus grand sérieux pour offrir des soins adéquats pour les malades, les personnes âgées, isolées aussi, et là où c’est nécessaire, assurer une bonne offre de soins palliatifs. »
Interrogé enfin sur le vieillissement de la population grâce aux maladies maîtrisées, le prélat pointe l’isolement, et spécialement le vieillissement des personnes âgées comme un des plus grands problèmes dans les sociétés occidentales, un défi auquel il nous faut répondre par la présence effective auprès de notre prochain, sans s'en remettre à des solutions collectives ou étatiques.

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20 juillet, 2012

Euthanasie : François Hollande avance de biais

Lors d’un déplacement, mardi matin, dans un centre de soins palliatifs animé par des religieuses protestantes, le président de la République a donné pour cadre symbolique à l’ouverture d’une nouvelle « réflexion » sur l’euthanasie un lieu qui répond à la souffrance de ceux qui pourraient être tentés de vouloir leur propre mort, en la soulageant.

D’ailleurs François Hollande n’a pas prononcé le mot « euthanasie », car comme avec l’IVG, c’est l’euphémisme qui permet de faire passer les légalisations des gestes mortels : il a appelé cela « un acte médical assumé », dans « les cas exceptionnels où l’abstention thérapeutique ne suffit pas à soulager les patients aux prises avec une douleur irréversible ».

Que de bizarreries dans cette phrase ! Depuis quand l’« abstention thérapeutique » permettrait-elle de soulager la douleur ? Qu’est-ce qu’une « douleur irréversible » ? Un processus peut l’être. Mais avoir mal ?

Il faut, me semble-t-il, comprendre cette phrase dans le véritable contexte de la loi Leonetti qu’il est donc question de remettre en discussion. La loi Leonetti, contrairement à ce que l’on prétend, n’est pas une loi contre l’euthanasie, même si elle pose correctement de nombreux points, permettant aux patients de récuser des soins qui font plus de mal que de bien, et faisant une juste distinction quant aux gestes médicaux qui peuvent, pour soulager le patient qui souffre, hâter la mort sans comporter l’intention de la donner, et les actes qui ont pour but de provoquer la mort qui, eux, sont apparemment proscrits.

Apparemment parce que la loi Leonetti permet aussi, même chez des personnes dont la mort n’est pas imminente et qui ne souffrent pas de recevoir une alimentation « artificielle », même chez des personnes qui ne sont pas en phase terminale, de cesser cette alimentation, ce qui a pour effet et pour but de causer la mort au terme d’un délai plus ou moins long.

En ce sens l’abstention thérapeutique visée par Hollande pourrait bien être le retrait de ces soins ordinaires qui sont pourtant dus au malade sous peine de l’euthanasier « par omission », dans tous les cas où l’alimentation ne fait pas plus de mal que de bien et ne cause pas de souffrances indues.

Ce genre de cas a provoqué la mobilisation du lobby de l’euthanasie qui a pointé les souffrances inhumaines, pour le malade « désintubé » et son entourage qui assiste à des agonies dures et prolongées, que peut causer l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, et qui en a tiré argument pour demander une révision de la loi Leonetti. L’euthanasie permettant d’aller vite serait bien plus humaine : voilà le refrain.

En insistant sur les soins palliatifs, en tournant autour de l’euthanasie avec une précaution de crabe, François Hollande ouvre consciemment un peu plus la place à la « mort choisie ». Il s’entoure de mille précautions, allant jusqu’à saluer les préoccupations « spirituelles » sur la valeur de la vie ; il a même reçu le cardinal Vingt-Trois à la veille de sa visite au centre Notre-Dame du Lac, à Rueil-Malmaison, pour lâcher ce qui demeure une bombe, fût-elle munie d’un silencieux.

Leonetti lui-même attend l’ouverture d’un « large débat public »… pour mieux faire connaître sa propre loi ; Jean-Luc Romero, président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité et ancien Monsieur-Droits LGBT de l’UMP, préférerait un référendum pour ne pas enterrer la question dans une commission (une euthanasie lente ?) et dénonce la nomination du Pr Didier Sicard pour mener cette « mission sur la fin de vie ». Voici l’ancien président du Comité consultatif national d’éthique, qui a ouvert la porte à tant de transgressions, bombardé « proche de la théologie morale catholique ».

Celui-ci n’a pourtant pas brandi un drapeau pro-vie, ni même des principes clairs. « Je suis médecin, mais je plaide pour que le débat soit plus sociétal que médical. Il faut aller à la rencontre de ceux qui ne parlent jamais, et non reconstituer un puzzle avec ceux que l’on connaît déjà », dit-il : « Je vais chercher à tout prix à me tourner vers les citoyens, comprendre ce que les cadres, les ouvriers, les paysans pensent », il est soucieux « d‘éviter une discussion figée par les positions pro ou anti-euthanasie ». « Je ne viens pas avec un armement idéologique, religieux ou médical et je m’interroge, comme l’ensemble des Français (…). Il faut aller chercher les naïvetés sur la question, plus que les jugements abrupts. »

S’il voulait discréditer le principe du respect de la vie : tu ne tueras pas, il ne s’exprimerait pas autrement. Et d’ailleurs il avoue : « Certains jours, je trouve inacceptable que quelqu’un disant souhaiter en finir n’obtienne pas de réponse. »

Il ne faudra pas se laisser duper par les entourloupes et autres embrouillaminis qui laissent prévoir un « débat » pipé…

Article extrait du n° 7647 de Présent du Vendredi 20 juillet 2012

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Léon XIV a envoyé un beau message de soutien à la Marche pour la vie 2026 à Washington D.C.

Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement et de remerciement à la Marche pour la Vie américaine, qui aura lieu ce vendredi 23 jan...