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23 mars, 2020

Appel depuis la Pologne pour la consécration au Cœur Immaculé de Marie








L'Association “Marche pour l'indépendance” en Pologne lance une initiative nationale, mais qui a vocation à devenir internationale, pour la consécration individuelle et collective des catholiques au Cœur Immaculé de Marie. Je vous invite à la relayer le plus possible autour de vous, via les réseaux sociaux et en partageant ce lien (https://leblogdejeannesmits.blogspot.com/2020/03/appel-depuis-la-pologne-pour-la.html). – J.S.


Acte de consécration collective de la Pologne et de nous-mêmes au Cœur Immaculée de Marie




Face aux circonstances extraordinaires qui touchent notre Patrie, la Pologne, et toute l’Europe, nous sommes témoins des changements inédits : fermeture des cours de justice, des universités, des écoles, des centres commerciaux, les services médicaux surchargés, des ressources partiellement épuisées ; des millions de personnes poussées au confinement à la maison, dont un nombre non négligeable privé de ressources de leur gagne-pain quotidien… du jamais vu en Europe depuis la IIe Guerre mondiale ! Plus encore, probablement jamais dans l’histoire du monde autant de millions de catholiques ne se sont retrouvés dans autant de lieux à la fois privés de pouvoir participer à la Messe dominicale. Mais les dangers qui guettent la Pologne, tout comme le monde entier, sont bien plus vastes que la seule crise du coronavirus.
Au temps des périls et des crises, la prière la plus fervente ne peut dispenser d’une action prudente et persévérante, qui fait partie de l’ordre normal des choses. En même temps affirmer que la prière est dans ces circonstances inutile reviendrait à rejeter d’une manière impie l’aide de Dieu, dont la Providence est seule à maîtriser totalement les évènements.
C’est pourquoi dans cette situation extraordinaire nous faisons appel à tous les Polonais, notre clergé et nos autorités publiques à effectuer un acte commun de confier et consacrer la Pologne et nous-mêmes au Cœur Immaculé de Marie lors de la fête de l’Annonciation, le 25 mars prochain. A l’heure des moyens de communication modernes, effectuer un tel acte d’une manière commune ne nécessite pas de briser notre confinement particulier, ne réclame pas de forme unique pour tout le monde, mais requiert seulement le même esprit de foi et de cœur sincère et contrit, quelque soit le lieu où nous soyons.
Nous invitons également les catholiques du monde entier à rejoindre cette initiative avec leur clergé et leurs autorités publiques, afin de confier eux-mêmes et leur patrie au Cœur Immaculé de Marie au jour de l’Annonciation, en union avec nous. Notre-Dame a en effet dit à Fatima face aux tribulations à venir : Mon Cœur Immaculé sera votre refuge et le chemin qui vous conduira surement à Dieu.
Les clercs souhaitant nous signaler la participation de leur paroisse ou communauté dans cette initiative peuvent nous en informer par voie électronique à l’adresse : kontakt@niepokalanesercemaryi.pl
Afin de témoigner de notre foi de par le monde et de notre confiance dans le Cœur de notre Mère du Ciel, nous publierons au fur et à mesure la liste de toues les paroisses et communautés engagées.
Rejoignez cet évènement sur Facebook : https://www.facebook.com/events/142892050401058
Vous pouvez soutenir nos activités en faisant un don au :
Stowarzyszenie Roty Marszu Niepodległości,
ul. Przechodnia 32, 05-800 Pruszków

Compte en EUR:
IBAN: PL 46 1020 1055 0000 9702 0445 8758
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02 avril, 2016

Les évêques, le Premier ministre Beata Szydlo et de nombreux hommes politiques pour l’interdiction totale de l’avortement en Pologne

Beata Szydlo soutient ouvertement l'initiative provie
Une proposition de loi qui fait actuellement l’objet d’une récolte de signatures en vie d’être présentée au Parlement par voie de pétition populaire recueille une adhésion de plus en plus large. La loi polonaise sur l’avortement est déjà l’une des plus restrictives d’Europe, mais l’arrivée au pouvoir du PiS, Parti de la loi et de la justice, constitue une occasion inédite pour mettre fin aux trois exceptions qui aujourd’hui permettent d’avorter sans suites pénales. Le  Premier ministre, la catholique Beata Szydło, a déjà fait savoir qu’elle soutenait la réforme, tout comme nombre d’élus et de responsables politiques ; et aussi l’Eglise de Pologne. Ce dimanche, un court communiqué des évêques devra être lu à toutes les messes dans toutes les paroisses pour rappeler l’importance de la défense de la vie.
Les trois exceptions qui permettent depuis 1993 d’avorter dans un cadre légal en Pologne – tout ce qui reste de la loi très libérale de l’époque communiste – sont les suivantes : en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère, quand la grossesse résulte d’un viol ou que l’enfant est porteur d’un handicap grave et irréversible ou une maladie incurable qui constitue une menace pour sa vie.
L’annonce de l’initiative a évidemment provoqué une levée de boucliers en Europe et parmi les féministes du monde entier, dont la presse s’est emparée avec enthousiasme. La proposition polonaise est dénoncée comme rétrograde, régressive voire criminelle.
Avant toute chose il faut donc rappeler quelques points précis. La nouvelle loi – rédigée par l’Institut Ordo Iuris – affirme la protection de tous les enfants dès l’instant de la conception. Mais elle précise explicitement que le médecin qui provoque la mort d’un enfant à naître en tentant de sauver la vie de la mère ne sera pas puni : c’est le cas par exemple lorsque une hystérectomie pratiquée sur une femme enceinte pour empêcher un cancer de se répande cause sans la rechercher la mort de l’enfant qu’elle porte.
La proposition ne se focalise pas non plus sur les éventuelles sanctions contre la femme qui avorte : elles sont laissées à la discrétion des juges. En revanche, elle augmente la peine pour ceux qui pratiquent l’avortement et pour ceux qui font du mal aux femmes enceintes ou qui les forcent à avorter par la ruse ou par la menace. Elle affirme aussi le devoir de l’Etat de venir en aide aux parents d’enfants handicapés ou ayant des besoins particuliers.
Il ne s’agit donc nullement d’une loi inhumaine qui ne prendrait pas en compte la détresse des femmes ou les pressions dont elles font souvent l’objet.
Le soutien de Beata Szydło a été exprimé à titre personnel : elle n’a pas voulu commenter le texte de loi proposé « parce qu’il n’existe pas encore ». Mais elle a déclaré sans hésitation : « Quant à mon opinion, celle de Beata Szydło  – oui, je soutiens cette initiative. »
C’est aussi le cas Jarosław Kaczyński, leader du PiS, qui a ajouté à propos des élus de son parti : « Si je devais faire une prédiction, je dirais que l’écrasante majorité, sinon tous, voteront pour le texte. » A la grande satisfaction de Mariusz Dzierżawski de la Fondation Droit à la Vie qui a, la première, proposé d’amender la loi en vigueur.
Du côté d’Ordo Iuris, qui a traduit cette volonté en termes législatifs, on met l’accent sur la nécessité de ce changement. « J’espère que les politiques présenteront un front moral uni », a déclaré l’un de ses juristes, Jerzy Kwaśniewski : « Si nous voulons rétablir l’ordre en Pologne, nous devons commencer par la chose la plus fondamentale : la protection de la vie humaine. »
Les Polonais y sont sensibles : la Fondation Droit à la Vie n’a pas hésiter à placarder des affiches montrant la réalité de l’avortement à travers le pays, faisant prendre conscience qu’il met violemment fin à une vie humaine.
La décision des évêques de faire lire en chaire dans toutes les paroisses, le dimanche 3 avril, une déclaration favorable au changement législatif vient agrandir les chances de l’initiative qui doit réunir 100.000 signatures pour pouvoir figurer à l’ordre du jour du Parlement.
La date de cette lecture n’a pas été choisie au hasard : la fête de l’Annonciation, Journée du caractère sacré de la vie, est solennisée cette année le lundi 4 avril, à l’issue de l’Octave de Pâques, du fait que le 25 mars coïncidait avec le Vendredi Saint.
Les évêques de Pologne soulignent qu’« en ce qui concerne la protection de la vie à naître, on ne peut pas accepter le compromis actuel ».
« La vie de chaque personne est protégée par le cinquième commandement du Décalogue : “Tu ne tueras pas !” Par conséquent, la position des catholiques à cet égard est claire et immuable : la vie de chaque être humain doit être protégée de la conception à la mort naturelle », affirme leur communiqué.
Rappelant que la Pologne fête en 2016 une année jubilaire, le 1050e anniversaire  de son baptême, les évêques demandent « à tous les hommes de bonne volonté, aux croyants et non-croyants, de prendre des mesures visant à la protection juridique complète de l'enfant à naître. Nous demandons aux parlementaires et à tous ceux qui exercent le pouvoir de prendre des initiatives et de mettre en place des programmes qui accorderaient une aide pratique aux parents d'enfants malades et d’enfants handicapés, et aussi à ceux conçus à la suite d'un viol. Que tous les Polonais prient pour la pleine protection de la vie humaine de la conception à la mort naturelle, à la fois dans notre pays et au-delà de ses frontières », conclut le texte, court et clair.
Il porte la signature de Mgr Stanisław Gądecki, archevêque métropolitain de Posnan, président de la Conférence des évêques de Pologne, de Mgr Marek Jędraszewski, archevêque métropolitain de Lodz, vice-présent de la Conférence des évêques, et de Mgr Artur G. Miziński, son secrétaire général.
Les médias occidentaux voient là une intolérable ingérence du religieux dans le politique, mais les évêques, s’ils s’expriment en tant que membres de la hiérarchie catholique, se fondent sur la loi naturelle et font appel à tous les hommes de bonne volonté. Seraient-ils les seuls à ne pas avoir le droit de s’exprimer en tant qu’hommes ?

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18 octobre, 2015

L'intervention de Mgr Henryk Hoser au synode : revenir à Humanae vitae

Le site de la conférence des évêques de Pologne vient de publier en français l'intervention de Mgr Henryk Hoser au synode sur la famille, le 10 octobre. Il pointait les graves manques des discussions sur la base de l'Instrumentum laboris qui passe à côté de l'essentiel. A lire pour retrouver un peu de courage… _ J.S.

L’Instrumentum Laboris du présent Synode mentionne très brièvement la grave question et réalité infiniment complexe de la fécondité conjugale, toujours associée, depuis la création, à la sexualité humaine.
Très justement le document souligne la nécessite de “redécouvrir le message de l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI” et “sa richesse de sagesse”, mais n’avance pas dans le vif du sujet. Publiée en 1968, mal reçue, contestée et relativisée par des pasteurs et, à la suite, par des fidèles, l’encyclique véritablement prophétique a ouvert la crise postconciliaire. Elle se caractérise par la mise en doute systématique de l’enseignement du Magistère de l’Eglise.
Et pourtant l’encyclique prônait une vision intégrale de la personne humaine dans ses dimensions spirituelles et corporelles. Elle prédisait en outre les conséquences de la pratique de séparation de la sexualité et de la fertilité humaines aujourd’hui de plus en plus radicales, suite au recours toujours plus massif à la contraception. En voici les termes: “Les contraceptifs ouvriraient une voie large et facile à l’infidélité conjugale et à l’abaissement général de la moralité, la perte du respect de la femme  et,  sans plus se soucier de son équilibre physique et psychologique elle serait considérée comme un simple instrument de jouissance égoïste ; l’attitude des autorités publiques peu soucieuses des exigences morales; le fait de laisser à la merci de l’intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l’intimité conjugale” (Humanae vitae, 17). Ce pronostic s’est hélas, amplement réalisé.
La contraception et son complément sous forme de l’avortement provoqué, ne sont pas considérés et suffisamment soulignés dans le texte de l’Instrumentum laboris. Pourtant il s’agit d’un problème majeur qui déstabilise l’union conjugale et familiale. La fertilité humaine, une composante de la personne, systématiquement malmenée et détruite finit par la dissolution du couple.
Une alternative juste et valable réside dans la connaissance de la fertilité (fertility awareness) et la capacité de s’en servir conformément aux exigences de la parenté responsable.
La soit disant communauté internationale déverse annuellement 8,1 milliards de $ USA aux programmes de contraception visant 69 pays les moins développés. En revanche, les très rares organismes de promotion de méthodes dites naturelles Fédération Africaine de l’Action Familiale ou FAAF, Institut Européen d’Education Familiale ou IEEF) vivotent grâce à la perfusion financière offerte par de rares bienfaiteurs clairvoyants comme Aide à l’Eglise en Détresse (Aid to the Church in Need).
Le Pape Jean Paul II nous a donné une analyse perspicace et combien vraie de la différence anthropologique et en même temps morale, existant entre la contraception et le recours aux rythmes périodiques:
“A la lumière de l’expérience de tant de couples et des données des diverses sciences humaines, la réflexion théologique peut saisir – et elle est appelée à l’approfondir – la différence anthropologique et en même temps morale existant entre la contraception et le recours aux rythmes périodiques: il s’agit d’une différence beaucoup plus importante et plus profonde qu’on ne le pense habituellement et qui, en dernière analyse, implique deux conceptions de la personne et de la sexualité humaine irréductibles l’une à l’autre. Le choix des rythmes naturels comporte l’acceptation du temps de la personne, ici du cycle féminin, et aussi l’acceptation du dialogue, du respect réciproque, de la responsabilité commune, de la maîtrise de soi. Accueillir le temps et le dialogue signifie reconnaître le caractère à la fois spirituel et corporel de la communion conjugale, et également vivre l’amour personnel dans son exigence de fidélité. Dans ce contexte, le couple expérimente le fait que la communion conjugale est enrichie par les valeurs de tendresse et d’affectivité qui constituent la nature profonde de la sexualité humaine, jusque dans sa dimension physique. Ainsi, la sexualité est respectée et promue dans sa dimension vraiment et pleinement humaine, mais n’est jamais «utilisée» comme un «objet» qui, dissolvant l’unité personnelle de l’âme et du corps, atteint la création de Dieu dans les liens les plus intimes unissant nature et personne” (Familiaris consortio, 32).
C’est une constatation magistrale à la faire comprendre à tous les gens de bonne volonté. Et que la sagesse nous accompagne toujours et partout. 
+ Henryk Hoser SAC
Archevêque – Evêque de Warszawa Praga
Pologne

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14 octobre, 2015

La « gradualité de la loi » critiquée par les évêques polonais : un article du jésuite Dariusz Kowalczyk

Que votre oui soit oui, que votre non soit non… C'est sous le titre « Oui, oui; non, non », ou la gradualité de la loi – Commentaire théologique » que le site des évêques polonais publie en cinq langues – le polonais, l'italien, l'espagnol, l'anglais et le français – un rappel serré de la doctrine catholique sur la gradualité de la loi et la loi de gradualité, par le père jésuite Dariusz Kowalczyk. Je reproduis ici la traduction française : la source est par là. Mercredi, le site des évêques publiait également un rappel sur la grâce, et notamment la grâce sanctifiante.

Voilà qui en dit long sur la crainte des évêques de Pologne de voir l'enseignement de l'Eglise « oublié » dans la confusion du synode sur la famille.



Le terme « gradualité de la loi », utilisé par certains dans les discussions sur la moralité, y compris l’éthique conjugale, n’est pas tout à fait nouvelle. Déjà en 1980, Jean-Paul II s’y opposa, convaincu que la progression (gradualité) de la croissance de l’homme ne doit pas être confondue avec la « gradualité de la loi », « comme s’il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses » (Jean-Paul II, Homélie à la messe de clôture du VIe Synode des Évêques, 25 octobre 1980, nº 8). 
La « gradualité de la loi » propose une morale progressive, adaptée aux attitudes et aux opinions des gens, ici et maintenant. Ses partisans l’utilisent principalement dans le domaine de la sexualité, mais n’appliquent pas, par exemple, quand il s’agit du commandement « Tu ne voleras pas ». Les relations sexuelles seraient une « forme de communication » relative et, en tant que telle, ne devrait pas être jugée à la lumière des lois immuables de la nature humaine, dont ils nient d’ailleurs l’existence. 
En ce qui concerne le mariage, la « gradualité de la loi » serait justifiée du point de vue suivant : Il existe une diversité de liens – hétérosexuel, homosexuel, polygame, monogame – ; or, on peut vivre chacun de ces rapports et être en accord avec le Dieu révélé en Jésus Christ, même si l’idéal est le mariage monogame stable entre un homme et une femme, ouvert à la vie. De telles vues sont accompagnées par un discours sur la miséricorde, qui est mise en opposition avec les commandements. On tente parfois d’étayer la « gradualité de la loi » avec des citations de l’Écriture, par exemple les paroles de Jésus : « A vous, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d’un seul de vos doigts ! » (Lc 11,46). Pourtant, quand on prend tout l’Evangile et la Tradition de l’Eglise dans leur intégralité, la « gradualité de la loi » est inconciliable avec eux. En effet, la rigueur hypocrite est une chose, et appeler un chat un chat est une autre, y compris quand on appelle péché le péché. 
La loi inhérente à la nature des créatures et de la révélation de Dieu n’est pas progressive, et le sens de l’aventure humaine ne consiste pas à passer par des incarnations successives, mais à faire des choix responsables devant Dieu et devant les hommes. La miséricorde, d’autre part, telle que le Christ nous l’a révélée, n’est pas le « graduel » estompage de la volonté de Dieu, mais sa proclamation « à temps et à contretemps », même au prix de la vie, comme un bien pour chaque personne.

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12 octobre, 2015

L’intervention de Mgr Stanisław Gądecki au synode : texte complet

Voici, grâce à la traduction anglaise qui en a été publiée sur Voice of the Family, le texte de l’intervention au synode ordinaire par Mgr Stanisław Gądecki, archevêque métropolitain de Poznan, président de la conférence épiscopale polonaise. – J.S.
Avant toute chose, je voudrais mettre l’accent sur le fait que la présentation qui suit n’exprime pas mon opinion personnelle mais celle de la conférence des évêques de Pologne tout entière.
1. Il n’y a pas de toute que l’Eglise de notre temps – dans un esprit de miséricorde – doit aider ceux qui sont divorcés et « remariés » civilement à voir (avec une prompte charité) qu’il ne sont pas séparés de l’Eglise et qu’ils peuvent – et même doivent – participer à sa vie dans la mesure où ils sont baptisés.
Ils doivent être exhortés à écouter la Parole de Dieu, à assister au Sacrifice de la messe, à persévérer dans la prière, à apporter leur contribution aux œuvres de charité et aux initiatives de la communauté en faveur de la justice, à élever leurs enfants dans la foi chrétienne, à cultiver l'esprit de pénitence et à en accomplir les actes, afin d'implorer, jour après jour, la grâce de Dieu. Que l’Eglise elle-même se montre une mère miséricordieuse et qu’ainsi elle les maintienne dans la Foi et l’Espérance.
2. L’Eglise, néanmoins, dans son enseignement relatif à l’accès des divorcés civilement « remariés » à la sainte Communion ne peut pas se plier à la volonté de l’homme mais à la volonté du Christ. Par conséquent, l’Eglise ne peut pas se laisser conditionner par des sentiments de fausse compassion pour les personnes ni par des modèles de pensée erronés, fussent-ils diffusés dans le contexte où elle se trouve.
L’accès à la sainte Communion de ceux qui continuent de cohabiter more uxorio sans un lien sacramentel serait en contradiction avec la Tradition de l’Eglise. Déjà, les documents des tout premiers synodes d’Elvira, d’Arles, de Néocésarée (qui eurent lieu entre 304 et 319) réaffirment la doctrine de l’Eglise qui ne permet pas l’accès à la Communion eucharistique des divorcés « remariés ».
3. La raison fondamentale en est que « leur état et leur condition de vie est en contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise, telle qu'elle s'exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie » (Familiaris consortio 84).
L’Eucharistie est le sacrement des baptisés qui sont dans la gratia sacramentalis. L’accès à la sainte Communion des personnes divorcées et civilement « remariées », c’est-à-dire des personnes qui ne sont pas dans la grâce sacramentelle, pourrait causer beaucoup de dommages non seulement en ce qui concerne le soin pastoral des familles mais aussi par rapport à la doctrine de l’Eglise sur la grâce sanctifiante.
En réalité, cet accès ouvrirait la porte de la réception de la sainte Communion à toutes les personnes en état de péché mortel ; par voie de conséquence, cela annulerait le sacrement de Pénitence et déprécierait l’importance de vivre dans l’état de grâce sanctifiante.
Enfin, il est nécessaire de réaffirmer que l’Eglise ne peut accepter la prétendue loi de gradualité ou le chemin graduel. Comme le pape François nous l’a rappelé, ceux d’entre nous qui sommes rassemblés ici ne voulons pas et n’avons pas le pouvoir de changer la doctrine de l’Eglise.

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15 juin, 2015

Cardinal Müller : parler des partenariats homosexuels au synode n'a pas de sens

Lors d'une visite en Pologne, le cardinal Gerhard Müller s'est de nouveau distancié du courant mené par les cardinaux Reinhard Marx et Walter Kasper qui demande une nouvelle forme d'attention « pastorale » pour les divorcés remariés et les homosexuels dans le cadre du synode sur la famille.

Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi a déclaré : 

« Cela n'a aucun sens de parler du problème des partenariats homosexuels lors du synode. »

De fait, le synode sur la famille s'intéresse… à la famille, et non à des pseudo formes de familles dont l'évocation à cette occasion équivaut à les mettre sinon sur un plan d'égalité, du moins dans une catégorie comparable à celle de la famille dans le cadre du plan de Dieu pour l'humanité.

Le cardinal Müller a tenu ces propos lors d'une conférence à Torun, sur le thème L'Evangile du mariage et de la famille. Il l'a placée sous le signe de l'enseignement de Jean-Paul II.

Sous le titre : « La famille, espoir de l'Eglise ; l'Eglise, espoir de la famille », le cardinal Müller a tenu des propos d'une grande clarté.




« Pour définir la famille, l'honnêteté intellectuelle est toujours une exigence élémentaire de discernement et de décision. Dans le cadre du synode de la famille, sa définition – profondément enracinée dans la Révélation – doit rester inviolable. Personne n'a le droit d'ignorer la Parole de Dieu, qui s'est exprimée clairement et avec une force particulière ; changer cette définition apparaît comme une insulte à Dieu. 
« Les idées ont des conséquences. Cela n'a aucun sens d'introduire dans l'ordre du jour du synode, dont le thème est « la vocation de la famille et de la mission dans l'Église et le monde d'aujourd'hui » la questions des unions de même sexe. Cela ne se peut pour des raisons formelles, puisque la famille est l'union de l'homme et de la femme – exclusive et indissoluble. Mais surtout, ce sont la crainte de Dieu et le respect de la vérité révélée sur laquelle la famille se construit l'interdisent. 
(…) 
« L'herméneutique de la continuité et le développement présenté par le pape Benoît XVI comme un cadre pour le ministère des théologiens dans l'Église est toujours valide. Aucun d'entre nous a le droit de rompre avec l'enseignement constant de l'Église depuis le début, enseignement qui a été rappelé par le premier synode de l'histoire de la famille de l'Église en 1980, et présenté par saint Jean-Paul II, sans  l'Exhortation post-synodale Familiaris consortio. »
Soulignant que l'on avait trop tendance à aborder la question du mariage et de la famille du seul point de vue du droit canonique, notamment en ce qui concerne l'accès à la communion, le cardinal Müller a demandé que l'on cesse de se focaliser sur les règles juridiques : « Le droit canonique est important et nécessaire, mais on en reste à un pur formalisme, privé de profondeur, si l'on ne considère par le mariage à travers le prisme de la théologie spirituelle. » Et ne pas oublier, notamment, de voir en la famille une « église domestique ».

L'Eglise est  témoin de toute la vérité – même des vérités impopulaires. L'évangélisation exige de ne pas de brouiller la vérité révélée, pour trouver le “plus petit dénominateur commun”, acceptable par un monde sécularisé. Pour évangéliser, l'Évangile doit pénétrer tous les domaines de la vie personnelle, conjugale et familiale, sociale, culturelle, économique et politique », rappelait plus loin le cardinal.

Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi a rappelé que la velléité de « séparer la vie de la doctrine » est une « tentative indigne de manipulation intellectuelle de la théologie », puisque « l'ethos du mariage découle de sa vérité ontologique. Cet ethos n'existe pas pour lui-même, dans un monde d'idées platonicien, mais s'applique dans la praxis. L'une des préoccupations pastorales les plus élémentaires de l'Eglise est et reste la préservation de l'unité vitale entre la doctrine et la vie de la foi. Preuve en est cette règle ancienne : Lex orandi, lex credendi. »


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14 juin, 2015

Pologne : Bogdan Chazan, révoqué pour avoir refusé de se rendre complice d'un avortement, blanchi par une commission de discipline

Bogdan Chazan
Bogdan Chazan, le médecin polonais qui a été révoqué de son poste de directeur de l’hôpital de la Sainte Famille à Varsovie l’été dernier pour avoir refusé de pratiquer l’avortement sur une femme dont l’enfant avait de graves malformations, vient d’obtenir une victoire devant la commission de discipline chargée de son cas. Il ne s’est pas rendu coupable d’une « faute professionnelle » dans le traitement d’une patiente et sa dénonciation n’était pas justifiée, a jugé vendredi la commission.
Bogdan Chazan avait osé invoquer son droit à l’objection de conscience, dans un pays où la malformation fœtale constitue l’une des rares « excuses » justifiant l’avortement. Il expliquait à l’époque qu’il avait fait le choix d’exprimer par écrit les raisons de son refus, de manière « ostentatoire ». Il a en effet refusé d’indiquer à la candidate à l’avortement un autre établissement où l’on accéderait à sa demande, comme l’exige la loi en Pologne qui limite ainsi de manière injuste l’objection de conscience.
Ce gynécologue, connu pour ses positions provie, est ainsi resté fidèle à ses convictions de toujours ; on ne peut pas exclure d’ailleurs qu’il ait fait l’objet d’une opération de « testing » puisque l’hostilité personnelle du Dr Chazan est bien connue en Pologne.
La femme qui lui réclamait un avortement avait bénéficié d’une fécondation in vitro dans une clinique qui n’assure pas le suivi des grossesses. Elle s’était adressée à l’hôpital de la Sainte Famille dirigée par le Dr Chazan où le médecin chargé de cette patiente avait décelé une anomalie à l’échographie à 21 semaines de grossesse. Ce médecin l’avait renvoyée vers un hôpital plus « accommodant », l’Institut de la Mère et de l’Enfant, en demandant à celui-ci d’envisager l’avortement… Refus.
De retour à l’hôpital de la Sainte Famille, la femme – désormais enceinte de plus de 24 semaines – demanda de nouveau l’avortement. Le Dr Bogdan Chazan refusa, en lui indiquant les raisons de son refus et en soulignant qu’il ne pouvait faire autrement en tant que catholique pratiquant, mais en proposant de suivre la femme et l’enfant et d’assurer à celui-ci, après la naissance, les soins palliatifs.
Cette fois ce fut la femme qui refusa et qui s’adressa à un autre hôpital connu pour pratiquer des avortements : à l’hôpital Bielański, on lui expliqua que les délais étaient dépassés et c’est là que l’enfant devait naître, un petit garçon qui vécut quelques jours.
Les politiques se sont aussitôt engouffrés dans la brèche. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, imposait des sanctions immédiates sans que le médecin puisse se défendre. Le Premier ministre libéral, Donald Tusk, osait déclarer : « Quoi que lui dicte sa conscience, un médecin doit accomplir la loi. Chaque patient doit avoir la certitude que le médecin accomplira toutes les procédures conformément à la loi et à son devoir. » Le leader de l’Alliance de la gauche démocratique, Leszek Miller, a déclaré que le refus du Pr Chazan de participer à l’avortement relève de la« psychopathie ». (L’asile psychiatrique pour ceux qui pensent mal ?) L’hôpital de la Sainte Famille fut soumis à une forte amende et le Dr Bogdan Chazan relevé de ses fonctions de directeur.
Le ministère polonais de la Santé avait soutenu la sanction, assurant que Bogdan Chazan avait contrevenu aux normes de la bonne pratique médicale en refusant de signaler à la patiente un établissement ou un médecin disposé à pratiquer l’avortement (eugénique) qu’elle réclamait.
Totalement blanchi par la commission disciplinaire, le Dr Bogdan Chazan a indiqué qu’il entend désormais réclamer aux autorités qu’ils le rétablissent à son poste de directeur de l’hôpital.
« J’ai subi une peine très lourde et je considère qu’elle n’était ni raisonnable ni juste », a-t-il indiqué à la presse polonaise, ajoutant que la décision de la commission de discipline lui a fait retrouver la « foi en la justice ».
Alors qu'une plainte déposée auprès du procureur a été classée sans suite, la décision du Dr Chazan n'ayant entraîné aucun danger pour la mère, on assure du côté des autorités municipales de Varsovie que la décision de la commission de discipline relative à l'objection de conscience est une chose, mais que les responsabilités du médecin en tant que directeur de l'hôpital en sont une autre. L'histoire n'est pas terminée.

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20 novembre, 2014

Le Conseil de l’Europe refuse de répondre sur le cas d’enfants nés vivants à la suite d’un avortement

Voici une information de LifeSite qui m’avait échappée, peu reprise dans la presse française (je ne l’ai trouvée qu’ici) et qui prend tout son sens en cette Journée internationale pour les droits de l’enfant. On sait à quel point les droits de l’enfant à naître sont piétinés par l’avortement et par toutes les techniques qui permettent la manipulation et l’élimination de l’embryon. Mais l’infanticide demeure interdit, non ?
Voire. Les récits ne manquent pas, dans les pays européens, d’avortements volontaires « ratés » suivis de la naissance d’un enfant vivant. Rien n’autorise la mise à mort d’un nouveau-né vivant, mais dans les faits c’est bien ce qui se passe. Nombre de témoignages de professionnels de la santé attestent que dans ce cas, les nouveau-nés sont soit « évacués » avec les déchets hospitaliers même s’ils montrent des signes de vie, ou laissés dans un local pour y mourir, soit tués par étouffement ou par injection létale.
Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe
se lave les mains de l'affaire des enfants nés vivants
à la suite d'un avortement
Ce scandale a fait l’objet de questions écrites devant le comité des ministres du Conseil de l’Europe qui depuis des mois, refuse de répondre sur le fond.
LifeSiteNews a eu accès aux documents qui rendent compte de ce refus de répondre à la suite d’une question écrite d’Angel Pintado, membre espagnol de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), du Parti populaire européen. La question avait été déposée le 31 janvier dernier, en ces termes :
« Dans nombre de pays européens autorisant l’avortement tardif, il arrive que des fœtus humains naissent vivants, en survivant à leur avortement. Des infomations et des articles relatant des entretiens avec des travailleurs de santé révèlent qu’il n’est pas rare de trouver un fœtus avorté dont le cœur bat et qui se lutte pour respirer. Au Royaume-Uni, par exemple, il est rapporté qu’en une seule année on a laissé mourir 66 bébés dont l’avortement n’avait pas réussi. En Suède, un tel enfant a vécu de manière autonome pendant 90 minutes après l’avortement, et n’a reçu aucun soin jusqu’à sa mort. En Norvège, il existe des éléments de preuve montrant que certains de ces nouveau-nés auraient été viables s’ils avaient reçu les soins médicaux appropriés.
Quels actions spécifiques entend entreprendre le Comité des ministres pour garantir que les fœtus survivant à l’avortement ne soient pas privé des traitements médicaux auxquels ils ont droit – en tant que personnes humaines nés vivantes – aux termes de la Convention européenne des droits de l’homme ? »
Aucune. Aucune action en ce sens parce que les pays membres concernés ne veulent pas attirer l’attention du public sur le fait que des bébés nés vivants sont laissés à leur agonie, sans le moindre soin, ou qu’ils sont illégalement euthanasiés, parce que cela soulèverait la question des avortements tardifs au-delà du seuil de viabilité.
Il a fallu attendre le 9 juillet 2014 pour qu’une réaction, laconique, intervienne : « Les Députés ont demandé à la Présidence d’informer le Président de l’Assemblée parlementaire qu’“en raison d’une absence de consensus, il n’a pas été possible d’adopter une réponse à la Question écrite n° 655 de M. Pintado”. »
Mais on sait ce qui s’est passé auparavant, grâce aux informations publiées par LifeSite. Au départ, la question d’Angel Pintado a été traitée par le secrétariat du Comité des ministres, alors que celui-ci venait de procéder à un échange de vues, les 12 et 13 février : il avait été décidé de laisser le secrétariat préparer une ébauche de réponse en vue de discussions futures. Cette ébauche allait éluder la question : notant l’« absence de consensus » sur la question de l’avortement en Europe, elle suggérait de laisser la Cour européenne des droits de l’homme, bras judiciaire du Conseil de l’Europe, prendre la responsabilité de s’exprimer sur la question de Pintado. Cela s’appelle botter en touche.
S’ensuivit une passe d’armes où plusieurs délégations au Comité des ministres firent observer que cela ne constituait en rien une réponse à la question de Pintado qui ne concerne pas directement l’avortement mais les droits humains d’enfants nés vivants, droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme. La jurisprudence de la CEDH est claire : la « marge d’appréciation » des 47 Etats du Conseil de l’Europe sur le moment où commence la vie humaine et à partir duquel elle doit être protégée n’existe que pour la période précédant la naissance. Cette jurisprudence – que l’on peut trouver scandaleuse en soi, mais ce n’est pas l’objet de ce débat – s’est développée pour répondre au fait que les Etats membres ont conservé le pouvoir souverain de fixer les lois relatives à l’avortement.
Remettre l’affaire à la CEDH, ajoutaient ces délégations, revenait à l’enterrer corps et biens : seules des personnes représentant les intérêts des enfants morts peuvent saisir cette juridiction en leur nom : en pratique, il s’agit de leurs parents. Pour des raisons évidentes, s’agissant de ceux qui ont demandé l’avortement au départ, ils ne le feront jamais.
Plusieurs délégations nationales ont alors suggéré la rédaction d’une nouvelle réponse qui réaffirmerait le principe fondamental du droit universel à la vie, l’interdiction des traitements dégradants et inhumains, et le droit à l’accès aux soins sans discrimination en raison des circonstances de la naissance. Certaines d’entre elles ont même ajouté que le Comité des ministres devait inviter les Etats membres du Conseil de l’Europe à prendre en compte le seuil de viabilité dans leurs législations nationales relatives à l’avortement, ainsi que l’a récemment fait la Norvège. Les bébés prématurés nés avant 18 semaines de grossesse peuvent respirer de manière autonome pendant des minutes, voire des heures ; le seuil de viabilité fixé par l’Organisation mondiale de la santé est de 22 semaines. Mais plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Pays-Bas, autorisent l’avortement, quasiment à la demande, jusqu’à 24 semaines, et en cas de malformation, l’avortement « médical » est permis jusqu’au terme de la grossesse, comme au Royaume-Uni et en France. Parmi les nombreuses  « complications » de ces avortements tardifs, celle qu’on redoute le plus est la « naissance vivante »…
Etant donné que les témoignages attestent que dans la plupart des cas ces nouveau-nés sont abandonnés jusqu’à leur mort, sans soins, ou directement tués par euthanasie, une nouvelle réponse a été préparée et soumise aux délégués du Comité des ministres le 25 juin. Pendant ce temps, la question écrite d’Angel Pintado a été discutée dans les parlements nationaux de l’Irlande et de la Pologne. Cette nouvelle réponse soulignait que tout être humain né vivant a droit à la vie et doit recevoir les soins nécessités par son état.
En pratique, nombre de ces nouveau-nés mourraient probablement quand même en raison de leur grande maturité ou des dommages causés par la procédure d’avortement, mais du moins seraient-ils entourés et recevraient-ils ainsi des soins palliatifs pendant la durée de leur courte vie. Ceux qui, réagissant bien au traitement, survivraient, pourraient être accueillis au sein de leur propre famille ou proposés à l’adoption.
C’est en accord avec la jurisprudence de la CEDH, et en l’absence de consensus à propos de l’avortement et du moment à partir de laquelle la vie prénatale doit être protégée, qu’il a été suggéré que tous les Etats membres autorisant l’avortement prennent en compte les différents intérêts légitimes se trouvant en concurrence, en ajoutant que les Etats devraient prendre en compte le facteur de la viabilité dans leurs lois sur l’avortement.
Après des mois d’atermoiements et de réponses hors-sujet, le Comité des ministres a fini par répondre, le 9 juillet, qu’il ne répondrait pas à la question écrite de Pintado, et ce malgré le fait que de nombreux Etats membres partagent ses inquiétudes.
Et c’est ainsi que le scandale de ces nouveau-nés que l’on laisse mourir va pouvoir tranquillement se poursuivre. Les dernières statistiques connues datent de 2007 et concernent ce triste chiffre de 66 bébés nés vivants en 2005 à la suite d’un avortement, et qu’on a volontairement laissé mourir. Le tollé qui l’avait accueilli avait conduit le gouvernement britannique à ne plus publier de statistiques à ce sujet. La plupart des pays occultent les données concernant les naissances vivantes à la suite d’un avortement.

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07 novembre, 2014

Pologne : des militants pro-vie sommés de rétracter l’affirmation selon laquelle l’avortement tue

Jacek Kotula : troisième à partir de la droite
Deux militants pro-vie polonais, Jacek Kotula et Przemysław Sycz, ont été sommés par la justice de présenter leurs « excuses » pour avoir manifesté devant l’hôpital « Pro-Familia » de Rzeszów, non loin de la frontière sud de la Pologne. Ils étaient poursuivis pour avoir organisé plusieurs manifestations pacifiques devant cet établissement qui, comme son nom ne l’indique pas, pratique des avortements, et ils ont passé les bornes, selon le juge Magdalena Kocój, en affirmant que l’hôpital « tue » des bébés.
Les deux militants, âgés respectivement de 48 et 35, font partie de la Fondation « Droit à la vie » qui manifeste en exposant des images de fœtus avortés, rapporte LifeSite.
L’hôpital Pro-Familia a réagi en saisissant un tribunal civil et un tribunal pénal pour les faire répondre de « diffamation », un délit qui encourt un an de prison en Pologne. Au cours de l’audience civile, Kotula et Sycz ont été accusés de diffuser de fausses informations en disant que l’avortement tue. Selon la partie civile, « mettre fin à une grossesse » n’est pas mettre à mort un enfant à naître : le dire, c’est une « publicité négative » qui a nui aux affaires de l’hôpital.
Le juge civil a suivi cette argumentation et condamné les deux militants pro-vie aux dépens ; Mme Kocój a en outre prescrit à Kotula de présenter des excuses en des termes qu’elle a fixés. « En organisant des piquets et des manifestations en défense des enfants à naître, je diffusais de fausses informations sur le travail de l’hôpital Pro-Familia de Rzeszow. En particulier, j’ai diffusé des informations selon lesquelles les bébés étaient tués dans cet hôpital. »
L’autocritique, ce n’est donc pas fini ?
Les motivations du jugement n’ont pas été divulguées, Magdalena Kocój ayant décidé qu’elles resteraient confidentielles ; elle a également exigé que les images prises au tribunal par la presse ne soient pas divulguées.
En attendant, cela ne fait qu’ajouter au conflit qui fait rage autour de l’hôpital. C’est en janvier dernier que le sénateur Kazimierz Jaworski a tenu une conférence de presse au cours de laquelle une sage-femme de l’hôpital, Agata Rejman, a témoigné en larmes sur les avortements qui s’y pratiquent. Elle devait très vite recevoir des menaces de poursuites de la part de l’hôpital si elle refusait de se rétracter, et notamment de retirer ses propos sur le fait qu’on y « tuait des enfants ».
« Pourquoi ne pouvons-nous pas dire que l’avortement tue ? », a demandé le sénateur Jaworski sur son site internet. « Cela est choquant en soi. Mais pire encore, nous n’avons même pas le droit de savoir pourquoi. C’est pour moi impossible à comprendre. »
Et d’autant plus étrange que la loi polonaise affirme que l’enfant est une personne dès le moment de la conception. Les manuels universitaires de médecine utilisent de manière interchangeable les termes de « fœtus » et d’« enfant ». Prendre la vie d’un fœtus, c’est donc tuer un enfant…
Kotula et Scyz ont décidé de faire appel, et entendent continuer même s’ils font l’objet d’une injonction qui leur interdit d’utiliser les mots « tuer des enfants », que ce soit auprès de l’hôpital ou dans la presse, pendant un an, s’appuyant notamment sur le droit à la liberté d’expression. « La censure est de retour », a affirmé Jacek Kotula : la Pologne est-elle encore libre ?

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19 juillet, 2014

Affaire Bogdan Chazan : le médecin défenseur de la vie s'exprime

LifeSiteNews publie une interview du Dr Bogdan Chazan par Natalie Dueholm. Elle a pu s’entretenir avec celui qui a été sanctionné pour avoir invoqué sa conscience face à l’avortement. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, a annoncé sa révocation comme directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille après son refus d’indiquer à une femme enceinte de près de sept mois un médecin qui serait prêt à éliminer son enfant atteint de malformations.
Cette femme de 38 ans, déjà victime de quatre fausses couches, est devenue enceinte pour la 5e fois à la suite d’une fécondation artificielle à la clinique de fertilité Novum de Varsovie, qui n’assure pas le suivi des grossesses. Elle a été orientée vers le Dr Maciej Gawlak de l’hôpital de la Sainte-Famille – celui du Dr Chazan. C’est lors d’une échographie à la fin de la 21e semaine révélant des anormalités que le Dr Gawlak a expliqué à la patiente quelle est la loi polonaise et qu’il l’a renvoyée vers un établissement plus spécialisé, l’Institut de la Mère et de l’Enfant, où de nouveaux tests furent réalisés. Le Dr Gawlak avait demandé à cet Institut d’envisager l’avortement, mais cela fut refusé.
De retour à l’hôpital de la Sainte-Famille, le Dr Gawlak reçut la femme en présence du Pr Chazan. Elle fit une nouvelle demande d’avortement au jour de la fin de la 24e semaine. La loi polonaise laisse une possibilté d’avortement eugénique au-delà de cette date, dans une sorte de « zone grise » où certains médecins assurent qu’un fœtus atteint de malformations n’est pas encore viable.  L’OMS, elle, fixe le début de viabilité à la fin de la 22e semaine.
Le Dr Chazan refusa alors l’avortement pour des motifs de conscience, mais proposa de suivre la femme et son enfant et d’assurer à celui-ci les soins palliatifs.
Le Dr Gawlak renvoyé alors la patiente vers un troisième établissement, l’hôpital Bielański, connu pour pratiquer des avortements : on lui expliqua que les délais étaient dépassés. La femme décida alors de donner naissance à son enfant plutôt que d’obtenir un avortement à l’étranger. C’est dans cet hôpital qu’elle a accouché ; son petit garçon a vécu quelques jours.
Voici ma traduction de l’entretien accordé par le Pr Chazan.
— Dr Chazan, vous avez été lynché par les médias, votre hôpital a été condamné à une amende, et vous avez été renvoyé de votre poste de directeur. Est-il fréquent en Pologne que des médecins soient aussi sévèrement sanctionnés ?
— Pas très souvent. Je dirais même : très rarement. En règle générale, par rapport aux gens comme moi, les choses se règlent dans la discrétion. Par exemple, plus souvent, les grandes sociétés n’embauchent pas de gynécologues qui ne prescrivent pas la contraception. Personne n’évoque ouvertement le recours à l’« objection de conscience ». On cache les choses, on ne laisse pas de traces écrites.
J’ai eu connaissance, par exemple, du cas d’une femme pro-vie très connue à qui l’on a refusé un cursus post-doctorat. Récemment, l’un des candidats au poste de directeur du service de gynécologie à l’Université médicale a été interrogé pour savoir qu’il avait signé la Déclaration de Foi et Conscience (NDLR : il s’agit d’une lettre ouverte signée plus de 3.000 médecins polonais exprimant leur hostilité à l’avortement et s’engageant à ne pas prescrire de contraceptifs). Ayant répondu par l’affirmative, il n’a pas obtenu le poste. Il y a peut-être d’autres circonstances, mais je n’en ai pas connaissance.
Votre hôpital a été puni d’une amende parce que vous êtes accusé d’avoir abusé de la clause de conscience en refusant d’orienter une patiente vers un médecin avorteur. Un médecin polonais peut-il véritablement refuser toute collaboration avec l’avortement ?
— Très simplement, non. Et en particulier, il ne peut le faire de manière ostentatoire, ainsi que je l’ai fait.
— Ostentatoire ?
— Je parle ici d’une situation où le médecin, de manière claire et ferme, refuse d’orienter une patiente vers un autre médecin ou un autre établissement en vue d’obtenir un avortement. Le plus souvent, les médecins se contentent d’invoquer la clause de conscience pour refuser de pratiquer l’avortement. Il faut rappeler qu’en Pologne, si l’on se réfère aux statistiques, chaque année « seulement » deux avortements sont pratiqués par service de gynécologie. La plupart des médecins – une majorité significative des gynécologues – ne pratiquent pas l’avortement dans les hôpitaux, ni dans leur cabinet privé. La plupart des médecins refusent pour des raisons morales.
— Pourquoi l’hôpital s’est-il vu infliger une amende de 17.000 euros ?
— Il s’agit d’une mesure punitive. Peut-être la meilleure façon d’éviter ce genre de problèmes à l’avenir consisterait-elle à signer des contrats avec le Fonds national de santé (FNS) gouvernemental qui exclueraient explicitement les procédures d’avortement. Mais le FNS serait-il d’accord ? J’estime que tant que restera en vigueur la loi actuelle qui permet les avortements eugéniques, seuls les établissements médicaux assurant le diagnostic prénatal « devraient » pratiquer des avortements. Bien évidemment, toutefois, je suis opposé à l’avortement n’importe où et pour n’importe quelle raison.
— Vous avez été révoqué à la suite d’une inspection menée par la ville Varsovie. Pouvez-vous commenter cette décision ?
— C’est une sanction douloureuse et injuste. Depuis que j’ai pris la direction, l’hôpital s’est développé, agrandi et modernisé, et les relations médecin-patient se sont améliorées. L’hôpital a gagné en popularité dans l’ensemble de Varsovie.
Je dois préciser cependant que techniquement, je n’ai pas encore été licencié. Le maire de Varsovie n’a fait qu’annoncer mon renvoi.
— Selon le rapport de la ville de Varsovie, la patiente a demandé l’avortement alors que la 24e semaine de grossesse était déjà révolue. Vous auriez pu refuser en lui indiquant simplement  que ce délai étant passé, l’avortement n’était plus légal. Au lieu de quoi vous avez refusé en vous fondant sur votre conscience. Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?
— Je dois préciser qu’il n’est pas exact de dire qu’en Pologne, l’avortement est illégal au-delà de  la 24e semaine. Aucun règlement ne fixe le nombre de semaines au-delà duquel l’avortement ne serait plus possible. Cela est à la discrétion du médecin.
Lorsque – ainsi que me l’avait demandé la patients – j’ai exprimé par écrit mon refus basé sur l’objection de conscience, j’ai écrit honnêtement la raison pour laquelle je n’étais pas d’accord pour qu’un avortement soit pratiqué dans mon hôpital. J’ai également déclaré à la télévision que je ne pouvais imaginer que des avortements aient lieu à l’hôpital de la Sainte-Famille, à moins de lui donner un nouveau nom : l’hôpital Felix-Dzerzhinsky, en hommage à l’odieux meurtrier de la NKVD. (NDLR : Dzerzhinsky, qui sévissait dans la police secrète soviétique d’avant le KGB, est né en Pologne.)
— Selon le même rapport, deux autres hôpitaux ont refusé l’avortement à cette femme. L’un des refus était même antérieur au vôtre. Savez-vous si ces établissements vont subir des inspections publiques ?
— Oui, probablement. Nous aimerions savoir ce qui s’y est passé. Mais dans ces hôpitaux, personne n’a exprimé son refus par écrit. Tout s’est passé oralement. Il n’y a aucune trace de ces refus dans le dossier médical de la patiente.
— Le bébé que vous avez refusé d’avorter, et qui avait été conçu in vitro, était malade et présentait des malformations…
— Au cours d’une échographie et des IRM pratiquées à l’Institut de la Mère et de l’Enfant (ce n’est pas mon hôpital) les problèmes de l’enfant ne paraissaient pas si graves. Une opération semblait possible. Cependant, selon le Pr Dębski, la situation du bébé s’est révélée être plus grave à la naissance : en réalité, il ne pourrait pas vivre.
— Ce médecin, le Dr Romuald Dębski de l’hôpital Bielański, a décrit le visage du bébé à la télévision, avec des détails insupportables. L’avocat de la femme a dit que l’enfant n’aurait jamais dû naître. Quel est votre commentaire par rapport à cette discrimination à l’égard des bébés-éprouvette ?
— Il est bien triste que mon confrère ait montré ait fait preuve d’une telle cruauté à l’égard de cet enfant, en violation de sa dignité et de son humanité. Nous ne devrions pas traiter les personnes en fonction de leur aspect. Plus tard, le Dr Dębski, et moi aussi d’ailleurs, n’aurons pas non plus un aspect très engageant, nous pourrions même être horribles à voir. Je n’aimerais pas que les gens se détournent de moi. « Traitez les autres comme vous aimeriez qu’ils vous traitent. » C’est une bonne règle.
— De nombreuses études montrent que les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts.
— Oui c’est vrai, et cela mérite d’être redit : les enfants conçus in vitro ont plus de risques de présenter des défauts. Mais cela ne signifie pas que nous ne devons pas aimer ces enfants. Ils méritent notre amour. Ils sont aimés de Dieu.
Soit dit en passant : je crains que ce type de « spectacle » réalisé par le Dr Dębski à la télévision n’augmente la peur des femmes d’avoir des enfants. Je crains aussi que cela n’augmente le degré de perfectionnisme déjà recherché par certaines femmes qui envisagent de devenir mères.
— Quels sont vos projets pour l’avenir ?
— Peut-être resterai-je à mon poste de directeur de l’hôpital de la Sainte-Famille. Peut-être Mme le maire de Varsovie reviendra-t-elle sur sa décision. Sinon, je pourrai toujours travailler à l’Université, à la Commission de la population du gouvernement (Rządowa Rada Ludnościowa), au Comité de la science démographique, ou à MaterCare International… Je peux également continuer mon travail de bénévole à Isiolo au Kenya. Si j’en ai le temps, et que Dieu me prête vie et force…

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...