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20 novembre, 2014

Le Conseil de l’Europe refuse de répondre sur le cas d’enfants nés vivants à la suite d’un avortement

Voici une information de LifeSite qui m’avait échappée, peu reprise dans la presse française (je ne l’ai trouvée qu’ici) et qui prend tout son sens en cette Journée internationale pour les droits de l’enfant. On sait à quel point les droits de l’enfant à naître sont piétinés par l’avortement et par toutes les techniques qui permettent la manipulation et l’élimination de l’embryon. Mais l’infanticide demeure interdit, non ?
Voire. Les récits ne manquent pas, dans les pays européens, d’avortements volontaires « ratés » suivis de la naissance d’un enfant vivant. Rien n’autorise la mise à mort d’un nouveau-né vivant, mais dans les faits c’est bien ce qui se passe. Nombre de témoignages de professionnels de la santé attestent que dans ce cas, les nouveau-nés sont soit « évacués » avec les déchets hospitaliers même s’ils montrent des signes de vie, ou laissés dans un local pour y mourir, soit tués par étouffement ou par injection létale.
Le Comité des ministres du Conseil de l'Europe
se lave les mains de l'affaire des enfants nés vivants
à la suite d'un avortement
Ce scandale a fait l’objet de questions écrites devant le comité des ministres du Conseil de l’Europe qui depuis des mois, refuse de répondre sur le fond.
LifeSiteNews a eu accès aux documents qui rendent compte de ce refus de répondre à la suite d’une question écrite d’Angel Pintado, membre espagnol de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), du Parti populaire européen. La question avait été déposée le 31 janvier dernier, en ces termes :
« Dans nombre de pays européens autorisant l’avortement tardif, il arrive que des fœtus humains naissent vivants, en survivant à leur avortement. Des infomations et des articles relatant des entretiens avec des travailleurs de santé révèlent qu’il n’est pas rare de trouver un fœtus avorté dont le cœur bat et qui se lutte pour respirer. Au Royaume-Uni, par exemple, il est rapporté qu’en une seule année on a laissé mourir 66 bébés dont l’avortement n’avait pas réussi. En Suède, un tel enfant a vécu de manière autonome pendant 90 minutes après l’avortement, et n’a reçu aucun soin jusqu’à sa mort. En Norvège, il existe des éléments de preuve montrant que certains de ces nouveau-nés auraient été viables s’ils avaient reçu les soins médicaux appropriés.
Quels actions spécifiques entend entreprendre le Comité des ministres pour garantir que les fœtus survivant à l’avortement ne soient pas privé des traitements médicaux auxquels ils ont droit – en tant que personnes humaines nés vivantes – aux termes de la Convention européenne des droits de l’homme ? »
Aucune. Aucune action en ce sens parce que les pays membres concernés ne veulent pas attirer l’attention du public sur le fait que des bébés nés vivants sont laissés à leur agonie, sans le moindre soin, ou qu’ils sont illégalement euthanasiés, parce que cela soulèverait la question des avortements tardifs au-delà du seuil de viabilité.
Il a fallu attendre le 9 juillet 2014 pour qu’une réaction, laconique, intervienne : « Les Députés ont demandé à la Présidence d’informer le Président de l’Assemblée parlementaire qu’“en raison d’une absence de consensus, il n’a pas été possible d’adopter une réponse à la Question écrite n° 655 de M. Pintado”. »
Mais on sait ce qui s’est passé auparavant, grâce aux informations publiées par LifeSite. Au départ, la question d’Angel Pintado a été traitée par le secrétariat du Comité des ministres, alors que celui-ci venait de procéder à un échange de vues, les 12 et 13 février : il avait été décidé de laisser le secrétariat préparer une ébauche de réponse en vue de discussions futures. Cette ébauche allait éluder la question : notant l’« absence de consensus » sur la question de l’avortement en Europe, elle suggérait de laisser la Cour européenne des droits de l’homme, bras judiciaire du Conseil de l’Europe, prendre la responsabilité de s’exprimer sur la question de Pintado. Cela s’appelle botter en touche.
S’ensuivit une passe d’armes où plusieurs délégations au Comité des ministres firent observer que cela ne constituait en rien une réponse à la question de Pintado qui ne concerne pas directement l’avortement mais les droits humains d’enfants nés vivants, droits protégés par la Convention européenne des droits de l’homme. La jurisprudence de la CEDH est claire : la « marge d’appréciation » des 47 Etats du Conseil de l’Europe sur le moment où commence la vie humaine et à partir duquel elle doit être protégée n’existe que pour la période précédant la naissance. Cette jurisprudence – que l’on peut trouver scandaleuse en soi, mais ce n’est pas l’objet de ce débat – s’est développée pour répondre au fait que les Etats membres ont conservé le pouvoir souverain de fixer les lois relatives à l’avortement.
Remettre l’affaire à la CEDH, ajoutaient ces délégations, revenait à l’enterrer corps et biens : seules des personnes représentant les intérêts des enfants morts peuvent saisir cette juridiction en leur nom : en pratique, il s’agit de leurs parents. Pour des raisons évidentes, s’agissant de ceux qui ont demandé l’avortement au départ, ils ne le feront jamais.
Plusieurs délégations nationales ont alors suggéré la rédaction d’une nouvelle réponse qui réaffirmerait le principe fondamental du droit universel à la vie, l’interdiction des traitements dégradants et inhumains, et le droit à l’accès aux soins sans discrimination en raison des circonstances de la naissance. Certaines d’entre elles ont même ajouté que le Comité des ministres devait inviter les Etats membres du Conseil de l’Europe à prendre en compte le seuil de viabilité dans leurs législations nationales relatives à l’avortement, ainsi que l’a récemment fait la Norvège. Les bébés prématurés nés avant 18 semaines de grossesse peuvent respirer de manière autonome pendant des minutes, voire des heures ; le seuil de viabilité fixé par l’Organisation mondiale de la santé est de 22 semaines. Mais plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et les Pays-Bas, autorisent l’avortement, quasiment à la demande, jusqu’à 24 semaines, et en cas de malformation, l’avortement « médical » est permis jusqu’au terme de la grossesse, comme au Royaume-Uni et en France. Parmi les nombreuses  « complications » de ces avortements tardifs, celle qu’on redoute le plus est la « naissance vivante »…
Etant donné que les témoignages attestent que dans la plupart des cas ces nouveau-nés sont abandonnés jusqu’à leur mort, sans soins, ou directement tués par euthanasie, une nouvelle réponse a été préparée et soumise aux délégués du Comité des ministres le 25 juin. Pendant ce temps, la question écrite d’Angel Pintado a été discutée dans les parlements nationaux de l’Irlande et de la Pologne. Cette nouvelle réponse soulignait que tout être humain né vivant a droit à la vie et doit recevoir les soins nécessités par son état.
En pratique, nombre de ces nouveau-nés mourraient probablement quand même en raison de leur grande maturité ou des dommages causés par la procédure d’avortement, mais du moins seraient-ils entourés et recevraient-ils ainsi des soins palliatifs pendant la durée de leur courte vie. Ceux qui, réagissant bien au traitement, survivraient, pourraient être accueillis au sein de leur propre famille ou proposés à l’adoption.
C’est en accord avec la jurisprudence de la CEDH, et en l’absence de consensus à propos de l’avortement et du moment à partir de laquelle la vie prénatale doit être protégée, qu’il a été suggéré que tous les Etats membres autorisant l’avortement prennent en compte les différents intérêts légitimes se trouvant en concurrence, en ajoutant que les Etats devraient prendre en compte le facteur de la viabilité dans leurs lois sur l’avortement.
Après des mois d’atermoiements et de réponses hors-sujet, le Comité des ministres a fini par répondre, le 9 juillet, qu’il ne répondrait pas à la question écrite de Pintado, et ce malgré le fait que de nombreux Etats membres partagent ses inquiétudes.
Et c’est ainsi que le scandale de ces nouveau-nés que l’on laisse mourir va pouvoir tranquillement se poursuivre. Les dernières statistiques connues datent de 2007 et concernent ce triste chiffre de 66 bébés nés vivants en 2005 à la suite d’un avortement, et qu’on a volontairement laissé mourir. Le tollé qui l’avait accueilli avait conduit le gouvernement britannique à ne plus publier de statistiques à ce sujet. La plupart des pays occultent les données concernant les naissances vivantes à la suite d’un avortement.

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17 septembre, 2014

La contraception, pas si sûre ! Des rappels fondamentaux

Un journal peu suspect de complicité avec les défenseurs de la vie, le New York Times a publié samedi les résultats d’études sur le long terme de l’efficacité des moyens de contraception ou d’espacement des naissances. Elle est à connaître, puisque l’analyse des chiffres démontre à elle seule le lien intrinsèque entre contraception et avortement – quand la propagande habituelle veut faire croire que là où la contraception progresse, l’avortement régresse.
L’article, signé Gregor Aisch et Bill Marsh, s’appuie sur les données de James Trussell de l’Office of Population Research, université de Princeton, et de la Brookings Institution, l’un des plus anciens think tanks américains, spécialisé dans les sciences sociales. Il s’agit d’une présentation très visuelle des taux d’échec des différentes formes de contraception, que je vous invite à aller voir à la source et à conserver, tant elle met en évidence le caractère inévitable de la survenue de « grossesses non désirées ».
L’efficacité d’un moyen contraceptif est exprimée dans l’article par le pourcentage de femmes qui auront une grossesse non désirée sur une période de dix ans dans le cadre de son utilisation habituelle. Ordinairement, les taux d’échec sont évoqués pour une période d’un an mais bien sûr, plus la durée augmente, plus le nombre de femmes qui concevront augmente aussi.
Utilisation habituelle ne veut pas dire parfaite : il est très rare, précisent les auteurs, que les couples se conforment systématiquement, surtout sur une période aussi longue, aux conditions optimales d’utilisation ; et puis il y a les défaillances de diverses sortes. Pour chaque moyen étudié, on trouvera donc sur les graphiques très parlants publiés par le New York Times le taux d’échec en cas d’usage « parfait » et en cas d’usage « habituel » et donc le plus conforme à la réalité.
Pour les spermicides, au bout de 10 ans, ces pourcentages sont de 86 % en usage parfait et de 96 % en usage habituel. Voici quelques autres pourcentages :
• Méthodes d’auto-observation : 26 % et 94 %
• Préservatif masculin : 18 % et 86 %
• Pilules, patches, anneaux vaginaux : 3 % et 61 %
• Depo-Provera (contraceptif longue durée) : 2 % et 46 %
• Stérilet (méthode contragestive) : 6 % et 8 %
• Stérilisation féminine : 5 % dans tous les cas
• Stérilisation masculine : 2 %
• Implant hormonal : 1 %.
Bref, aucune méthode n’est absolument efficace.
Et dans l’ensemble, on peut noter que pour les méthodes sans doute les plus répandues, comme la pilule ou le préservatif, largement plus d’une femme sur deux aura une grossesse en 10 ans d’utilisation : combien en 30 ans ?
Toutes ces méthodes – à l’exception des différentes formes d’auto-observation – ont pour point commun le refus de l’enfant par principe. Cela explique que dans un pays comme la France, quelque 70 % des « IVG » sont pratiquées sur des femmes utilisant une forme de contraception. Si celle-ci « rate », l’avortement est alors un simple moyen de rattrapage.
Les méthodes d’auto-observation, dites aussi « méthodes naturelles » sont celles – hormis le contraceptif masculin – qui affichent une plus grande distance entre l’utilisation parfaite et l’utilisation « typique ». Ici quelques remarques s’imposent : il y a plusieurs méthodes d’auto-observation, certaines plus exactes que d’autres, et plusieurs moyens de les utiliser. Soit en ayant recours à l’abstinence aux jours féconds, dans le refus cohérent de toute contraception artificielle, soit en utilisant ces jours-là des moyens en eux-mêmes peu efficaces comme le retrait ou le préservatif. C’est en tout cas ce type de régulation des naissances qui, seul, peut être compatible avec un esprit d’ouverture à la vie.
Autre remarque, et elle me semble importante : que ce soient les pilules, les préservatifs ou autres contraceptifs de courte durée, elles affichent un taux d’échec assez important et ce sont donc elles que l’on retrouve chez ces femmes qui avortent « malgré » la contraception.
En revanche, ce qui fonctionne vraiment bien aux dires des partisans du contrôle de la population, outre la stérilisation qui est irréversible en principe, ce sont les dispositifs intra-utérins au cuivre ou au levonorgestrel ou, mieux encore, l’implant hormonal (enfin : pas toujours).
Une large couverture contraceptive par ces moyens aurait indubitablement des effets sur le nombre de grossesses non désirées et pousserait sans doute les avortements à la baisse, apportant de l’eau au moulin des partisans de la contraception pour « éviter » les avortements. En passant par pertes et profits, évidemment, les avortements très précoces provoqués par la fonction anti-nidatoire de nombre de ces méthodes.
Quoi qu’il en soit, on assiste depuis plusieurs années à une promotion forte de la contraception de longue durée, ce qui explique peut-être pour partie que la dénonciation de la contraception orale soit devenu enfin un thème accepté dans la grande presse, alors que sa nocivité était bien documentée au moins depuis la parution du livre d’Ellen Grant, Amère pilule, en 1985.
Faut-il s’en réjouir ? Les contraceptifs de longue durée, par définition, marquent un refus de la vie plus absolu que les autres et sont le reflet d’une mentalité de plus en plus gangrenée par la culture de mort. Elles bouleversent encore plus profondément l’état physique – et pourquoi pas psychique ? – des femmes, en les stérilisant durablement, c’est-à-dire en empêchant volontairement leur corps de fonctionner de manière saine. Ce faisant elles déresponsabilisent encore davantage que ne le font les autres contraceptifs artificiels.
Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour la société.
Merci au site pro-vie canadien de Suzanne Fortin, bloggueuse catholique attentive et avisée, à qui je dois cette info : voir ici.



28 août, 2014

“Dis-moi dix mots”

Sous la rubrique « Actions éducatives en faveur de la langue française », le Bulletin officiel de l’Education nationale adresse aujourd'hui tous azimuts un appel à participer à l’opération nationale « Dis-moi dix mots ». Ecoliers et lycéens de tout poil, mais aussi les « jeunes placés dans les centres éducatifs fermés » et les « personnes scolarisées dans les établissements pénitentiaires » sont invités à participer à ce concours destiné à la « sensibilisation à la langue française ». Il s’agit de « produire » – collectivement, bien sûr, c’est en tant que classe que l’on participe – une œuvre littéraire ou artistique autour de dix mots choisis sous l’égide du ministère de la culture et de la communication.
Francophonie ? La question se pose…
Le « concours des dix mots » et le « concours de l’imagier des dix mots » mobilise un monde inimaginable. Leur pilotage engage le ministère de la culture, mais pas seulement : il y a aussi celui de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, celui des affaires étrangères, l’Institut français et le ministère de l’agriculture. Et pour le choix des mots, la France, la Belgique, le Québec, la Suisse et l’Organisation internationale de la francophonie regroupant 77 Etats et gouvernements « dans le monde » (sic) ont travaillé dur.
Jusque-là, tout va bien. Hormis le côté gadget.
Oui, je peux employer ce mot anglophone dans cet article sur la langue française puisque le thème de l’année 2014-2015 est celui-ci : « Dis-moi dix mots… que tu accueilles. »
Des « mots venus d’ailleurs, des mots voyageurs, empruntés à d’autres civilisations au gré de l’histoire des peuples »… C’est une « invitation au voyage » et davantage encore une invitation à l’ouverture des frontières. Bien sûr.
Donc, pour la défense et illustration de la langue française version XXIe siècle, voici les mots gagnants :
• amalgame  • bravo  • cibler  • grigri / gris-gris  • inuit(e)  • kermesse  • kitsch ou kitch  • sérendipité • wiki • zénitude.
Si, si, la zénitude !


On comprend qu’il ait fallu une telle débauche de recherche et de pourparlers.
C’est ici que vous trouverez une présentation complète du concours, avec des liens vers le site qui dit vraiment tout. Et notamment la liste de l’année dernière :
• ambiancer – à tire-larigot – charivari – s’enlivrer (non, il n’y a pas de faute) – faribole – hurluberlu – ouf – timbré – tohu-bohu – zigzag.
La culture de mort, c’est aussi la mort de la culture…

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21 janvier, 2013

Le cardinal Sarah dénonce l’éthique laïque

Le cardinal guinéen Robert Sarah, responsable pour le Saint-Siège de l’aide catholique au développement, a parlé avec force, vendredi, contre l’invasion de « la mentalité contraceptive occidentale » et « l’idéologie du genre » parmi les travailleurs humanitaires catholiques.

« Certains membres de l’Eglise qui travaillent dans le domaine de la charité se sont laissé séduire et formater par l’éthique purement laïque des agences d’aide de la gouvernance mondiale, jusqu’à établir des partenariats inconditionnels et adopter les mêmes objectifs de déstructuration anthropologique, les mêmes langages et les mêmes slogans », a dénoncé le cardinal Sarah, président du Conseil pontifical « Cor Unum ».

Il a évoqué « une double peine imposée à l’Afrique : l’imposition d’un modèle économique et social par les donateurs et l’imposition d’un modèle anthropologique étranger à l’Afrique ». Ce sont des « modèles destructeurs » : une « vision négative et destructrice de l’homme et de la femme » véhiculée, parfois « avec violence », par « certains organismes internationaux », a déclaré Mgr Sarah à l’ouverture de l’assemblée plénière de son ministère. Mercredi, le cardinal Sarah avait déjà critiqué les conditions posées par les agences d’aide au développement, « souvent liées au contrôle des naissances ou à la promotion de ce que l’on appelle “les nouveaux droits” ».


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08 novembre, 2011

L’image du Christ et la culture contemporaine

Au fil des jours et des travaux des uns et des autres une image plus nette des obsessions de l’auteur de la pièce blasphématoire Sur le concept du Visage du Fils de Dieu se fait jour. Ses mensonges, aussi. Sans vouloir porter de jugement sur son inquiétude spirituelle personnelle, qui le regarde et qui, espérons-le, se résoudra dans l’acceptation du salut offert à chacun au terme d’un sacrifice total et inimaginable par ce Sauveur du Monde que Romeo Castellucci met en scène en arrière-plan d’un vieillard diarrhéique, il faut tout de même rendre justice à la vérité.

Dans un communiqué daté du 22 octobre, l’artiste italien assurait ainsi que jamais il n’y a eu d’excréments sur le visage du Christ : « C’est faux et je trouve cette idée horrible. Ceux qui ont vu la représentation ont pu voir la coulée finale d’un voile d’encre noire descendant tel un suaire nocturne. » Idée qui a permis aux interprètes bienveillants de la pièce de dire que cette déchirure et cette noirceur symbolisaient la Passion et la Mort du Christ, tandis que sa Résurrection était fortement affirmée par la restitution intacte de la belle image du Jésus d’Antonello da Messina aux derniers instants de la représentation.

Mais voilà : plusieurs témoins directs de la pièce, dont une journaliste de MetroFrance peu suspecte de complaisance à l’égard des manifestants chrétiens qui a assisté à la représentation au Théâtre 104, attestent que c’est à ce moment-là, quand dégouline de l’œil déchiré du Christ un liquide brunâtre versé par le vieux qui a précédemment répandu ses « excréments » sur la scène immaculée, qu’une odeur nauséabonde envahit la salle.

Nous savons tous que le cardinal Vingt-Trois a dénoncé ceux qui prient et manifestent contre cette profanation financée par l’argent du contribuable : « les gens conscients de la stratégie » qui tentent de mettre le « lefébvrisme » sur le devant de la scène, et ceux qu’ils sont censés manipuler : « ce que Lénine appelait les idiots sympathiques qui servent de masse de manœuvre ».

Nous savons tous que Mgr d’Ornellas, dont la ville de Rennes accueille jeudi soir la pièce de Castellucci (et une grande manifestation où l’on attend déjà des dizaines de cars de tout l’Ouest) demande que l’on « prenne le temps de comprendre Castellucci », en passant sous silence la nature de la profanation : « La provocation de telle ou telle mise en scène, si elle est conforme à l’intention, n’est pas un blasphème mais une parole ou un geste incisif qui remue, bouleverse, oblige à réagir. » Et nous voilà entrés dans le propre jeu de l’art contemporain qui vit de discours et justifie toutes les transgressions – toutes ! – au nom de ces considérations fumeuses.

Oui, bien des catholiques – et pas seulement ces « lefebvristes » honnis – sont meurtris, blessés par ce mépris.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur Castellucci, ses mises en scène inverties du paradis et de l’enfer, le côté gnostique et infernal de son œuvre (un texte sur le site d’Avenir de la culture le montre bien).
Mais il ne faut pas non plus oublier la « grande image », dont la pièce de Castellucci, en attendant Golgota Picnic qui s’annonce pire, ne sont hélas que des épisodes. Oublier que nous sommes dans une dimension eschatologique, où les forces du mal sont déchaînées contre la vie même, contre la vérité sur l’homme et son rôle sur terre, contre les commandements les plus élémentaires du Créateur, c’est se condamner à voire l’affaire Castellucci par un tout petit bout de la lorgnette. C’est l’absolutisation du relativisme systématique, prendre le mal pour bien et dire que le bien – la loi divine, le don de Dieu à l’humanité – ne peut produire que le bien : une sorte de concrétisation du péché contre l’Esprit que le démon s’efforce de faire affirmer par toutes les facettes de notre pauvre culture afin qu’elle ne cultive plus que la mort.

Ce combat terrible contre Dieu demande autre chose qu’un dialogue intellectualisant, autre chose qu’une complaisance soucieuse de ne pas heurter la culture contemporaine. C’est elle, l’ennemi, dès lors qu’elle rejette Dieu. Mais non ceux qui la véhiculent, puisque le Christ est mort aussi pour eux, et pour qu’ils puissent jouir du bonheur éternel.

Article paru dans Présent daté du 8 novembre 2011.

24 juillet, 2011

“Harry Potter” : une séduisante porte ouverte sur le mal

Minuit. L’heure choisie en France pour étrenner la deuxième partie du dernier épisode de la saga cinématographique tirée des romans d’Harry Potter devrait quand même nous dire quelque chose ! C’est l’heure de la messe de Noël, soit, mais aussi celle des sabbats diaboliques ; l’heure des loups-garous et des peurs mortelles ; l’heure sombre de la nuit contre laquelle les complies mettent en garde en faisant psalmodier : Sobri estote et vigilate, quia adversarius vester diabolus tamquam leo rugiens circuit quaerens quem devoret… Soyez sobres et vigilants, car votre adversaire, le diable, rôde comme un lion cherchant qui dévorer…

Pourquoi déranger ainsi l’imagerie religieuse pour commenter la sortie d’un film pour jeunes, Harry Potter et les reliques de la mort ? Mais parce que Harry Potter est rempli de symbolisme religieux, et que son héros éponyme est une figure délibérément christique. Il est « l’Elu », celui qui doit terrasser le mal incarné par Voldemort, par le sacrifice de sa vie. L’affiche du film, omniprésente depuis le mois de juin, présente d’ailleurs Harry lors de son dernier combat, le visage ensanglanté, les cheveux tombant sur le front collés par le sang et la sueur en une illusion de couronne d’épines. Non, ce montage n’est pas innocent.

Je sais d’expérience qu’écrire un article contre Harry Potter, c’est s’exposer aux protestations indignées d’un public conquis qui a avalé avec passion les sept volumes de l’œuvre de J.K. Rowling (moi aussi, je les ai tous lus) et qui en veut d’autant plus aux détracteurs du jeune sorcier de Poudlard que Harry est un orphelin qui a beaucoup souffert dans sa vie. Alors, on s’incline devant le jeune homme si bien dépeint dans ses affres d’enfant maltraité, de héros malgré lui, d’adolescent confronté à la complexité de la vie et à une troublante interpénétration du bien et du mal : ne porte-t-il pas en lui un septième de l’âme de Voldemort ?

La sortie, mercredi dernier, de Harry Potter et les reliques de la mort (2e partie), a confirmé de manière spectaculaire cet engouement, battant tous les records de fréquentation. 115 129 spectateurs en France pour la seule séance de minuit ; meilleur premier week-end au box-office américain avec 168,6 millions de dollars engrangés en Amérique du Nord, bien devant le dernier détenteur du record, The Dark Knight en 2008 (158 millions). La première séance de minuit et le premier jour étaient déjà au sommet, engrangeant respectivement 43,5 et 92,1 millions de dollars. Auxquels il va falloir ajouter les recettes du reste du monde… Pour la Warner, qui a astucieusement multiplié ses recettes de la mise à l’écran du dernier tome en dédoublant sa version filmée en deux épisodes, c’est une affaire en or massif : dans leur ensemble, les sept précédents films de la série ont déjà rapporté 6,3 milliards de dollars.

 “L’Osservatore romano” n’a rien vu

Il y a même eu un article élogieux dans L’Osservatore Romano, qui persiste à vouloir faire « branché » en choisissant la complaisance à l’égard de productions populaires et d’idées vaseuses : de l’encensement des Simpson à l’affaire de la petite fille de Recife, le quotidien aujourd’hui dirigé par Gian Maria Vian n’a pas négligé les occasions de se montrer en phase avec ce qu’il perçoit comme le sentiment populaire majoritaire. Le dernier Harry Potter porté à l’écran, assure son critique, Gaetano Vallini, porte au plus haut les valeurs de l’amitié et du sacrifice.

« Le mal n’est jamais présenté comme fascinant ou attrayant », se réjouit Vallini, montrant que « le héros et ses compagnons trouvent la maturité en évoluant depuis l’insouciance de l’enfance vers la réalité complexe de la vie adulte ». Quant aux jeunes séduits par le jeune sorcier, « ils ont certainement compris que la magie n’est qu’un prétexte narratif utile pour mener la bataille contre la recherche irréaliste de l’immortalité ». Fermez le ban !

Une critique parallèle signée Antonio Carriero salue le « cœur pur » d’Harry Potter, « prêt à mourir pour ses amis », et la démonstration faite de la « possibilité de changer le monde », de « vaincre le mal et d’établir la paix » par le « sacrifice » et « l’attachement à la vérité ». Harry Potter, saga chrétienne ?

Le très profond malaise que laisse la série, avec sa complaisance à l’égard de toutes les tricheries et de tous les rejets de l’autorité qui sont le moteur de la progression de son héros, la haine profonde qu’entretient Potter à l’égard de ses ennemis, l’ambiguïté de ses mentors et son propre lien organique avec le mal personnifié par Voldemort, ses effrayantes « messes noires » et la fausse résurrection de Harry qui aboutit au retour à une vie terrestre banale, devraient au moins faire réfléchir ces admirateurs qu’on espère naïfs.

Ce livre vous intéresse-t-il ? Clic !
Il faudra reparler de toute la symbolique tordue, de l’occultisme envahissant, du très achevé chemin initiatique (à la manière franc-maçonne) qui sont au cœur de la sagaPotter ; un ouvrage dense et fouillé signé Mona Mikaël les expose, c’est aux éditions Saint-Rémi.

L’auteur catholique canadien Michael D. O’Brien, auteur d’une remarquable dénonciation du phénomène (Harry Potter et la paganisation de la culture, disponible en anglais) a épinglé la complaisance de L’Osservatore romano sur LifeSiteNews.com en montrant qu’elle est « symptomatique de problèmes sérieux dans la constitution de nombreux catholiques modernes », une « habitude d’opérer une scission entre la foi et la culture, de la manière la plus bizarre en se forçant à encenser un matériel culturel fondamentalement désordonné ».

O’Brien – auteur entre autres d’un roman qui a rencontré un grand succès en France, Père Elijah – souligne le caractère « toxique » de ce conte si séduisant pour les jeunes :« Croire que le message d’Harry Potter est celui d’une lutte contre le mal est superficiel. Quasiment chaque page de la série et de sa résultante cinématographique, le mal est présenté comme “mauvais”, mais les moyens mauvais utiliser pour résister au mal sont présentés comme bons. »

Il met en garde : « Aussi charmant que puisse être Harry (et dans les films il est encore plus charmant grâce au personnage de l’acteur qui joue le rôle), il est un type ou une métaphore de l’Antéchrist, qui fait muter les symboles chrétiens et les absorbe au sein d’une vision du monde encore plus dangereuse : un relativisme moral saturé par la symbolique du mal et par diverses manifestations de l’occulte. »

Article paru dans Présent daté du mercredi 20 juillet 2011.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...