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04 mars, 2022

Mgr Hermann Glettler installe une œuvre blasphématoire au-dessus du maître-autel d’une église d’Innsbruck (Autriche)


Mgr Hermann Glettler, évêque d’Innsbruck (Autriche), a inauguré une installation d’art contemporain au-dessus l’autel principal de l’église Saint-Jean-Népomucène, un joyau baroque du début du XVIIIe siècle devenu église de l’université locale. La « décoration », une photographie agrandie et inversée d’un jeune homme nu, portant des cicatrices et des tatouages, allongé sur un lit, a été placée comme retable au-dessus du tabernacle de l’ancien maître-autel de l’église pour la durée du carême. L’œuvre de la photographe et plasticienne Carmen Brucic a été spécialement choisie par Mgr Glettler et porte le titre Tired (« fatigué »).

Glettler est favorable à la bénédiction des couples de même sexe, et s’est révélé de bien d’autres façons favorable à l’hyper-progressisme au sein de l’Eglise.

En elle-même, cette immense photo (4,5 mètres sur 3) est totalement incongrue au-dessus d’un autel, à défaut d’avoir une quelconque signification religieuse. Mais l’image de ce jeune homme nu, allongé sur le dos dans une attitude d’épuisement, où l’on échappe de peu à la vision de ses organes génitaux, est doublement scandaleuse. Outre son indécence – évidente dans un tel contexte, elle représente une figure de proue de la scène « queer » de Tbilissi, glorifiant ainsi ouvertement un activiste « gay » de Géorgie dont l’image restera jusqu’à la fin du Carême au-dessus du tabernacle qui abrite la Présence Réelle de Notre Seigneur dans l’Eucharistie.

Le jeune homme en question, David Apakidze, 23 ans, est mi-géorgien, mi-ukrainien, ce qui permet de présenter à peu de frais l’installation photographique comme une réflexion sur l’invasion actuelle de l’Ukraine par la Russie. Mais il est plus connu en tant qu’activiste du club Bassiani où les homosexuels géorgiens, les drag queens et autres promoteurs auto-proclamés de la déviance sexuelle avaient trouvé à Tbilisi un « espace sécurisé » pour la musique techno, les rave parties et les performances « LGBTQ ». Le club a été fondé en 2014 accueille régulièrement des performances sulfureuses. En mai 2018, le club a été perquisitionné par la police et fermé. Beaucoup de ses membres ont ensuite rejoint une manifestation publique de plusieurs jours baptisée « rave-o-lution days », où les foules dansaient sans arrêt dans les rues sur de la musique techno. Le club avait pu rouvrir, mais dut fermer à nouveau pendant de nombreux mois en raison des restrictions COVID.

C’est à cette époque, début 2021, qu’Apakidze rejoignait un « collectif artistique queer géorgien » qui se consacre à la « destruction des normes sociales toxiques ».

« Le collectif d’art queer Fungus, basé à Tbilissi, prospère au milieu de l’hostilité. En créant des œuvres audacieuses et une communauté de soutien, ce groupe de 20 artistes crée un espace sûr pour les jeunes homosexuels dans une société qui cherche à les marginaliser. Les champignons se développent dans les endroits humides et sombres », peut-on lire dans le manifeste du groupe. « Il joue un rôle vital dans l’écologie de la biosphère. En décomposant toute matière organique, il crée un sol riche. Une contre-culture prospère de la même manière », explique The Calvert journal, un magazine en ligne « explorant la culture et la créativité contemporaines du Nouvel Orient : Europe de l’Est et Balkans ».

« Fungus », « une base libérale très à gauche », a été créé pour organiser un salon d’art queer en marge de la semaine de la mode Mercedes-Benz de Tbilissi, il y a un an. Le projet a été bloqué par les restrictions COVID, mais le groupe a depuis lors organisé de nombreux événements liés à la « Rave Revolution ».

C’est à la suite de cela que Carmen Brucic, photographe tyrolienne, a été approchée par Mgr Glettler afin qu’elle participe à son exposition d’art tired? lost? displaced? (fatigué ? perdu ? déplacé ?) qui consiste à présenter trois « installations » dans autant d’églises d’Innsbruck. L’évêque semble avoir apprécié une exposition qu’elle a montée au Festival de la photo de Tbilissi, en Géorgie, au cours de l’été 2021 : sous le titre Private Stages, elle dressait le portrait de cinq militants de la « Rave Revolution ». Apakidze en faisait partie.

Carmen Brucic a choisi de photographier le jeune homme dans toute sa « fragilité », allongé nu sur un lit, adoptant différentes poses. La photo choisie par Mgr Glettler se concentre sur le visage incliné, la poitrine et le bras tendu d’Apakidze d’une manière qui rappelle une crucifixion inversée ; elle montre le mamelon percé de l’activiste, ses multiples tatouages et les cicatrices sur l’intérieur de ses bras, causées par l’automutilation.

L’art contemporain suscite toujours la discussion, car le « discours » sur les installations fait partie intégrante de chaque œuvre. Dans le cas présent, c’est Mgr Glettler qui a ouvert le bal en proclamant que « la photo du jeune homme sur l’image est issue d’une souffrance et d’une agression contre soi-même ». Elle est « l’expression de l’épuisement et de la résistance », a-t-il dit, ajoutant : que « C’est une ambivalence qui nous a intéressés. Le bras forme une sorte de “V” comme pour “victoire”. En ce sens, c’est un symbole de jeûne et de Pâques très fort ! » La plupart de ces propos ont été repris sur le site du diocèse.

Il ne pouvait ignorer les autres œuvres de Carmen Brucic, sombres et torturées, regorgeant d’images de mort, de déchets et de figures humaines déstructurées. Il ne peut pas non plus avoir manqué la courte vidéo montrant le travail de l’artiste pour le festival de Tbilissi, avec ses images d’hommes transsexuels et la série complète des clichés homo-érotiques de David Apakidze.

Le compte Instagram d’Apakidze montre de nombreuses photos équivoques d’hommes trans, de visages torturés, d’homosexuels qui s’embrassent et de jeunes gens bizarres et inquiétants qui n’ont aucune idée de leur propre dignité. On y trouve la photographie d’une exposition d’art contemporain intitulée « Pilules d’avortement » mise en place – selon l’artiste qu’est aussi David Apakidze - comme « un coin des icônes de la Vierge Marie ; c’est une campagne publicitaire pour les pilules d’avortement ». « L’avortement est un acte sacral par lequel une femme récupère le droit de se reproduire », commente encore Apakidze.

C’est la photo de cet homme qui cache désormais le retable baroque d’une église autrichienne, avec la bénédiction pour le moins troublante de l’évêque local qui a non seulement visité l’œuvre avec Carmen Brucic mardi dernier, avant de l’inaugurer pour le Mercredi des Cendres, mais qui revendique l’entière responsabilité du choix et de la mise en place de cette installation blasphématoire.

Hermann Glettler n’en est pas à son coup d’essai. En janvier 2019, il annonçait qu’il allait « accueillir une série de séminaires pour les couples divorcés et “remariés”, à l’issue desquels les couples (seraient) autorisés à recevoir la sainte communion en bénéficiant d’une “célébration de réconciliation et de bénédiction” ». Ces séminaires étaient basés sur Amoris Laetitia, peut-on lire sur le site de la conférence épiscopale autrichienne. « Même si un second mariage ecclésiastique n’est pas possible, a expliqué Glettler, nous voulons assurer à tous les couples qu’ils ont leur place au cœur de l’Église. » « Nous nous réjouissons de ce que des personnes, après des expériences d’échec dans la vie, reprennent courage et osent s’engager dans de nouvelles relations », ajoutait un communiqué du diocèse.

Deux mois plus tard, Glettler autorisait l’installation d’une « Horloge Jésus » faite d’un corpus renversé aux bras cassés dans la Spitalskirche d’Innsbruck pendant toute la durée du Carême ; il a également autorisé un artiste à installer un échafaudage portant une inscription affirmant : « Tant que Dieu aura une barbe, je serai féministe. »

En 2020, il déclarait que la doctrine de l’Église selon laquelle les femmes ne peuvent pas être ordonnées prêtres représente une « inégalité » qu’il est « difficile de justifier ».

En mars 2021, Mgr Glettler critiquait le rejet par la Congrégation pour la Doctrine de la foi des bénédictions pour les couples de même sexe, encourageant au contraire l’Église à les accueillir : « En tant qu’Église, nous aimerions offrir à toutes les personnes qui sont gays, lesbiennes ou peu sûres de leur sexualité un accueil et un foyer spirituel dans l’Église – et pas seulement au moment où elles sont célibataires », déclarait-il dans une interview à Kathpress. Il qualifiait la déclaration de la CDF de « décevante pour tous ceux qui avaient espéré un signe plus clair d’acceptation des couples homosexuels ».

La note de la CDF était une sorte d’« insulte » à leur égard et un signal qui leur disait : « La manière dont vous vivez n’est pas correcte », regrettait encore Mgr Glettler. Il suggérait que ce soient plutôt des membres de la famille de ces couples qui les bénissent, pour couper court au débat de l’interdiction des bénédictions par l’Église.

Hermann Glettler, membre de la communauté de l’Emmanuel, a été nommé évêque d’Innsbruck en 2017 par le pape François, après s’être déjà fait un nom en tant que promoteur et producteur personnel d’art contemporain. En 2017, il a organisé une exposition de sa collection d’art privée à Graz, en Autriche. Sur son site web personnel, on peut voir le film d’une performance musicale lors de l’exposition Glettler Privat, où l’on voit une image défigurée d’une statue du Sacré-Cœur, un empilement de statues kitsch de Notre-Dame de Fatima et une autre statue de la Vierge de Fatima à côté d’une statuette de fertilité primitive représentant une femme noire.

Il ne semble pas que Mgr Glettler ait jamais été sanctionné pour rien de tout cela, ou qu’il ait été publiquement désavoué par la hiérarchie catholique.


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16 février, 2012

En Espagne, une expo blasphématoire rencontre l'opposition des catholiques

La nouvelle fait le tour des titres français qui reproduisent sans le moindre recul une dépêche de l'AFP sur le sujet : une exposition blasphématoire montrant une soixantaine de photos à thèmes racoleurs gays ou pornographiques mettant systématiquement en scène religieuses, symboles religieux ou parodies de l'Eucharistie.

Seuls les titres varient ; on passe de la colère des « catholiques ultra » à celui choisi par Le Figaro, aussi neutre que possible : « Nonnes sexy: une expo choc en Espagne. »


Et voici le début de la dépêche en question :

« Obscenity », une exposition photos à Madrid du spécialiste canadien du film trash et du porno gay Bruce LaBruce, qui montre notamment l'actrice Rossy de Palma en nonne super sexy, a suscité les foudres d'associations ultraconservatrices qui dénoncent un « blasphème ». L'exposition d'une cinquantaine de photos, inaugurée jeudi dans la Fresh Gallery de Madrid, montre aussi la chanteuse Alaska, icône de la movida madrilène, en une sorte de sainte sexy, vêtue d'une robe de skaï moulante noire, la bouche ouverte et une hostie sur la langue. (La suite ici.)
Un peu goguenard, le réacteur de la dépêche poursuit plus loin :
De quoi déclencher la colère d'associations catholiques ou ultra-conservatrices.
AES (Apostolado eucaristico) a appelé à une manifestation vendredi soir devant la galerie pour protester « contre le blasphème » et « en défense de nos racines chrétiennes ». « La provocation blasphématoire menace de nouveau », écrit l'organisation HazteOir sur son site internet. Quant à la Fondation Franco, elle dénonce une « exposition de l'injure » et « une attaque virulente et morbide contre la religion catholique ».


Tout juste. Et ce n'est pas la première. Comme la France ou l'Italie, l'Espagne est en proie à une véritable épidémie de spectacles et d'images offensantes pour les catholiques, pratiquant l'attaque gratuite contre les symboles et les images les plus sacrés de la foi, thème vendeur apparemment.

La nouveauté, c'est qu'un des protagonistes d'une des photos présentées se trouvait participer à une émission de débat politique avec Christina Schichtling, sur la chaîne radio des évêques espagnols, COPE. Il a été viré sur-le-champ. Mario Vaquerizo a simplement indiqué qu'il aurait fait pareil si quelqu'un était venu le déranger à l'intérieur de sa propre maison. « Ils sont dans leur droit », a-t-il commenté.

En effet. Les cathos n'ont pas besoin d'être des « ultras » ou des « intégristes » pour être vivement incommodés par ces attaques systématiques et obscènes contre la pureté et la chasteté. Et ils ont quand même bien le droit de le dire !

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07 février, 2012

L'évêque de San Salvador fait retirer une œuvre d'art comportant un symbole maçonnique

Au départ, Mgr José Luis Escobar Alas, evêque de San Salvador (El Salvador) ne pensait pas vraiment de mal d'une mosaïque ornant le fronton de sa cathédrale. L'œuvre de Fernando Llort, 2 700 azuléjos représentant sur le mode naïf des thèmes de l'artisanat local donnaient un peu de vie – sans le moindre génie – à la façade en béton d'une des plus laides cathédrales du monde comme le disent sur place ses contempteurs (mais après Evry, s'il vous plaît !). Mais les carreaux se décoloraient et menaçaient de tomber, uns situation engageant la responsabilité de l'Eglise : juste après les festivités du 1er janvier, on tendit une grande bâche devant la cathédrale et la mosaïque fut retirée, morceau par morceau. Interpellé, l'évêque de San Salvador expliqua qu'il aimait bien l'œuvre et qu'on pourrait peut-être la remonter à l'intérieur de l'édifice.

Mais il vient de changer d'avis, après qu'on eut attiré son attention sur le fait que la mosaïque, réalisée en 1997 ans pour célébrer les accords de paix qui mirent fin à la guerre civile en 1992, sous le titre « L'harmonie de mon peuple », comporte un symbole maçonnique, le triangle avec l'œil illuminé.

« Une œuvre d'art comme celle-là ne peut se trouve sur un temple catholique », a-t-il jugé. Expliquant qu'elle y avait été laissée de longues années parce qu'il n'avait jamais prêté attention au symbole. (Encore un auditif qui ne voit que ce qu'il met en paroles !)

« La raison pour laquelle on ne peut pas remonter l'ancienne mosaïque ni une nouvelle similaire, est  la sécurité des personnes, puisque, selon les normes de l'Eglise catholique, il ne peut y avoir sur le temple que des œuvres d'art qui élèvent la foi des personnes qui les voient – des œuvres d'art sacré, ce que la mosaïque n'était pas – ; et pour finir, aucune œuvre d'art placée dans un temple ne doit servir de propagande commerciale pour son auteur », a fermement rappelé Mgr Escobar Alas.

Un collectif d'artistes est en train de demander à l'Assemblée législative d'imposer le retour de la mosaïque de Llort.

La cathédrale (qui abrite les restes de Mgr Oscar Romero) n'est pas bien belle, peut-être, mais alors la mosaïque…



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03 décembre, 2011

AGRIF contre “Golgotha Picnic”… et les pouvoirs publics



La Providence nous offre parfois un joli clin d’œil, et remet les choses à l’endroit. Le référé d’urgence engagé par l’AGRIF pour obtenir l’interdiction de Golgota Picnic dont la première parisienne doit avoir lieu jeudi prochain au Théâtre du Rond-Point a été plaidé jeudi au Palais de justice. L’affaire a été plaidée sous le regard du Christ crucifié, de la Vierge des Douleurs, et du saint roi Louis. Une reproduction du Retable du Parlement de Paris, magnifique Crucifixion peinte au XVe siècle, qui jadis veillait sur la justice dans la cour d’appel d’Ancien régime, dominait le « cabinet » où l’audience a eu lieu.

C’était dans la magnifique Tour César, ainsi nommée parce qu’elle fut construite par Philippe le Bel sur des vestiges romains. Le Palais de la Cité, du Xe au XIVe siècle, abritait la résidence royale et les édifices administratifs – le temps de la Chrétienté. Sous le « chapeau » de la Tour, l’institution républicaine entend aujourd’hui les Français réclamer justice, et c’est une salle d’audience comme une autre. Mais alors que le fameux Retable a été débarqué du Palais en 1904 en application la séparation de l’Eglise et de l’Etat – tous les emblèmes religieux devaient disparaître des tribunaux – sa reproduction est revenue par la petite porte pour marquer ce que représente la France, ce qu’elle doit à Dieu, ce que par naissance et par baptême elle devrait honorer et défendre.

Dans une semaine, un théâtre parisien subventionné grâce aux impôts des Français doit accueillir – ce qu’à Dieu ne plaise – une « œuvre » obscène, profanatrice, calomnieuse, insultante pour le Christ crucifié et pour les chrétiens. Le propos – largement incohérent – de son auteur, Rodrigo Garcia, est justement de montrer que l’iconographie chrétienne, et surtout les Crucifixions, les scènes de martyre, la décoration des églises, les tableaux dans nos musées provoquent à la violence, expliquent que des prêtres abusent des petits enfants, et sont responsables des massacres et des horreurs que connaît notre monde. Eh bien, l’art chrétien, le Christ et sa Mère s’étaient invités au procès !

L'AGRIF
L’AGRIF, représentée par Me Jérôme Triomphe, a dénoncé la provocation à la haine que constitue un tel spectacle : premier trouble à l’ordre public puisqu’il prive les chrétiens du respect et de la jouissance paisible de leurs droits qu’affirment à la fois les traités internationaux et la Constitution française. Si le blasphème n’est pas punissable en droit français, la provocation à la haine l’est, et il a donc soulevé ce moyen pénal en détaillant les singeries de la Passion du Christ et les attaques calomnieuses que multiplie Golgota Picnic – dont l’auteur propose même dans son script que l’on interdise l’accès des musées à tous, et spécialement aux enfants, pour qu’ils ne soient pas exposés à l’iconographie chrétienne.

Troisième motif, qui devrait à tout le moins faire interdire le spectacle aux mineurs, l’accumulation d’exhibitions sexuelles qu’il met en scène. Ayant vu le DVD du spectacle, je peux attester de leur pénible réalité, avec des jeux d’acteurs, indescriptibles ici, s’entrelaçant nus pendant de longues minutes, les corps peints pour évoquer un tableau d’art sacré. Chose que Brigitte Richard, avocate du responsable du théâtre Jean-Michel Ribes, a balayée d’une main comme inexistant, au mépris total de la réalité. Il faut dire que l’essentiel de sa plaidoirie visait à montrer que l’opposition à Golgota Picnic est idéologique et politique, et nous renvoie aux heures-les-plus-sombres-de-notre-histoire…

Pourtant, même la Conférence des évêques de France dans son ensemble et de nombreux évêques en particulier ont dénoncé le spectacle – le cardinal Vingt-Trois invite même les catholiques à une vénération de Reliques de la Passion à Notre-Dame-de-Paris, le 8 décembre, en désignant nommément le scandale de Golgota Picnic.

Le plus scandaleux, devant le juge des référés, fut encore la prestation de Mme le Procureur, qui exprime la position de l’exécutif. C’est là, quoi qu’on veuille, la responsabilité directe du président Sarkozy : c’est la voix de son gouvernement qui n’a pas exprimé, qui n’a pas ordonné que le ministère public exprimât le devoir de défendre les droits des chrétiens. Au contraire, Mme le Procureur, quoique choquée par les images (ça se voyait) a affirmé le respect de cette « liberté fondamentale » qu’est la liberté d’expression. Cela surpasse même les exigences de la loi pénale. Contre les chrétiens et contre le Christ, tout est permis, tout est défendable, tout est admirable y compris la « provocation », du moment qu’elle est revendiquée comme art.
Ordonnance mercredi 7 décembre à 17 heures.

15 novembre, 2011

De la christianophobie à la trouille

L’AGRIF a perdu son référé d’urgence à Toulouse pour obtenir la suspension du spectacle blasphématoire et diffamatoire Golgota Picnic. Elle était pourtant forte du soutien écrit de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, soulignant qu’« un tel spectacle ne peut que blesser violemment les consciences chrétiennes comme celles de tous les hommes de bonne volonté attachés au respect mutuel des uns par les autres ». « Porter atteinte à la personne du Christ en Croix, c’est tout à la fois porter atteinte à la religion chrétienne dans son ensemble, mais c’est aussi insulter gravement et au plus intime de sa conscience et de son cœur, chaque fidèle », écrivait-il aussi, dans une lettre d’une belle vigueur.

De leur côté, les « Etudiants catholiques de Toulouse » ont prévu une manifestation aux abords du Théâtre Garonne qui, fort de ses subventions publiques, a co-produit et programmé ce long et banal dialogue de bar amoncelant les vieux poncifs antichrétiens sur fond de crucifixions profanées et d’images pornographiques. L’autre soir, ils avaient agrafé des affichettes dénonçant cette nouvelle atteinte au Christ à et aux fidèles sur un millier de feux de circulation dans la Ville Rose.

Mais pendant ce temps, d’autres évêques leur savonnent la planche. Celui de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, trouve important de poser deux « questions préalables » : « Celle de l’intention de l’auteur : M. Rodrigo Garcia veut, dit-on, dénoncer avec force toutes formes d’intégrisme et s’insurger contre un dieu tout-puissant qui lui faisait peur dès l’enfance : ce n’est pas le Dieu que les chrétiens annoncent ». Et, deuxième question – tout de même : celle de la « liberté d’expression d’un artiste, qui n’est pas sans limite ».

S’interroger sur les « intentions » d’un artiste qui accumule les expressions haineuses et la dénonciation du christianisme et de son iconographie comme source de tous nos maux – et notamment la pédophilie – c’est une première faute. Ce qui peut être enfoui dans la conscience de chacun, ces accusations fausses, mais torturées, qui exigent en effet une réponse aimante mais ferme de la part de celui qui ne veut pas voir tomber son semblable dans le rejet volontaire et définitif de Dieu, une fois devenues publiques – et subventionnées sur la scène du théâtre contemporain – se transforment en scandale en poussant autrui au même rejet de Dieu, du Christ et (ce qui est certes moins grave mais punissable en droit) des chrétiens.
Au nom de la charité, nos pasteurs ont le devoir de dire que les profanateurs et provocateurs choisissent une voie infernale, qui mène vers la mort de l’âme. Au nom de la charité encore, ne pourraient-ils pas du moins se taire lorsque, pacifiquement, des catholiques prient publiquement pour réparer l’outrage fait au Christ, en se répétant, se renouvelant, s’amplifiant, se démultipliant au fur et à mesure de la passivité du grand nombre ?

Non, Mgr Le Gall donne prise et justification à la dénonciation de l’intégrisme par Rodrigo Garcia en écrivant : « Nous désapprouvons vivement les manifestations prévues à Toulouse du 16 au 20 novembre contre la pièce de R. Garcia. » Il récuse les « Etudiants catholiques de Toulouse » qui n’ont « aucun mandat » de sa part (voilà pour le fameux « rôle des laïcs dans l’Eglise » !), il veut « mettre en garde contre toutes les manipulations politiques et intégristes qui sous-tendent ces manifestations ». « La prière ne peut en aucun cas être utilisée par des chrétiens comme instrument de pression », ajoute-t-il, puisque c’est « une relation d’amour avec Dieu et son prochain ». Nous chrétiens, nous ne pouvons que « pardonner ».

Mais pas aux « intégristes ». Dialoguer oui, mais pas avec eux. Faire preuve de tolérance : seulement à l’égard d’un « artiste » qui profane la Croix et ridiculise l’Eucharistie, mais pas pour les jeunes à genoux dans la rue dont on comprend qu’ils expliquent, à défaut de justifier, les blasphèmes d’un Rodrigo Garcia, puisqu’ils sont intégristes.

Mgr Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, a tenu un langage à peine moins ambigu, dénonçant les scandales, mais accusant les manifestations publiques de nuire à cet esprit de « réparation » qui doit s’exprimer sans « affrontement direct », de fomenter la « division » qui est la marque du diable. Mais qui a créé la « division » ? Ceux de nos pasteurs qui ont dénoncé ces jeunes catholiques, qui les ont décrits comme « violents » ; qui n’ont pas su dire qu’il existe plusieurs demeures dans la maison du Père et plusieurs façons d’exprimer sa foi et sa douleur devant les salissures jetées à la Face du Christ.

Ils en sont, pour certains – comme Mgr d’Ornellas à Rennes –, à minimiser la christianophobie. Phobos, c’est la peur : la peur des chrétiens qui ont en eux de quoi mettre le feu au monde. A la peur exprimée par les profanateurs, répond la trouille de ceux qui ne veulent pas s’y confronter. La trouille de passer pour primaires, pour incapables de comprendre l’intelligence du monde. Peut-être même – c’est l’interprétation la plus bienveillante – la trouille de ne pas être finalement et visiblement assez nombreux.
Dieu nous garde de cette abominable pusillanimité, et qu’Il maintienne bien vivante notre capacité d’indignation !


08 novembre, 2011

L’image du Christ et la culture contemporaine

Au fil des jours et des travaux des uns et des autres une image plus nette des obsessions de l’auteur de la pièce blasphématoire Sur le concept du Visage du Fils de Dieu se fait jour. Ses mensonges, aussi. Sans vouloir porter de jugement sur son inquiétude spirituelle personnelle, qui le regarde et qui, espérons-le, se résoudra dans l’acceptation du salut offert à chacun au terme d’un sacrifice total et inimaginable par ce Sauveur du Monde que Romeo Castellucci met en scène en arrière-plan d’un vieillard diarrhéique, il faut tout de même rendre justice à la vérité.

Dans un communiqué daté du 22 octobre, l’artiste italien assurait ainsi que jamais il n’y a eu d’excréments sur le visage du Christ : « C’est faux et je trouve cette idée horrible. Ceux qui ont vu la représentation ont pu voir la coulée finale d’un voile d’encre noire descendant tel un suaire nocturne. » Idée qui a permis aux interprètes bienveillants de la pièce de dire que cette déchirure et cette noirceur symbolisaient la Passion et la Mort du Christ, tandis que sa Résurrection était fortement affirmée par la restitution intacte de la belle image du Jésus d’Antonello da Messina aux derniers instants de la représentation.

Mais voilà : plusieurs témoins directs de la pièce, dont une journaliste de MetroFrance peu suspecte de complaisance à l’égard des manifestants chrétiens qui a assisté à la représentation au Théâtre 104, attestent que c’est à ce moment-là, quand dégouline de l’œil déchiré du Christ un liquide brunâtre versé par le vieux qui a précédemment répandu ses « excréments » sur la scène immaculée, qu’une odeur nauséabonde envahit la salle.

Nous savons tous que le cardinal Vingt-Trois a dénoncé ceux qui prient et manifestent contre cette profanation financée par l’argent du contribuable : « les gens conscients de la stratégie » qui tentent de mettre le « lefébvrisme » sur le devant de la scène, et ceux qu’ils sont censés manipuler : « ce que Lénine appelait les idiots sympathiques qui servent de masse de manœuvre ».

Nous savons tous que Mgr d’Ornellas, dont la ville de Rennes accueille jeudi soir la pièce de Castellucci (et une grande manifestation où l’on attend déjà des dizaines de cars de tout l’Ouest) demande que l’on « prenne le temps de comprendre Castellucci », en passant sous silence la nature de la profanation : « La provocation de telle ou telle mise en scène, si elle est conforme à l’intention, n’est pas un blasphème mais une parole ou un geste incisif qui remue, bouleverse, oblige à réagir. » Et nous voilà entrés dans le propre jeu de l’art contemporain qui vit de discours et justifie toutes les transgressions – toutes ! – au nom de ces considérations fumeuses.

Oui, bien des catholiques – et pas seulement ces « lefebvristes » honnis – sont meurtris, blessés par ce mépris.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur Castellucci, ses mises en scène inverties du paradis et de l’enfer, le côté gnostique et infernal de son œuvre (un texte sur le site d’Avenir de la culture le montre bien).
Mais il ne faut pas non plus oublier la « grande image », dont la pièce de Castellucci, en attendant Golgota Picnic qui s’annonce pire, ne sont hélas que des épisodes. Oublier que nous sommes dans une dimension eschatologique, où les forces du mal sont déchaînées contre la vie même, contre la vérité sur l’homme et son rôle sur terre, contre les commandements les plus élémentaires du Créateur, c’est se condamner à voire l’affaire Castellucci par un tout petit bout de la lorgnette. C’est l’absolutisation du relativisme systématique, prendre le mal pour bien et dire que le bien – la loi divine, le don de Dieu à l’humanité – ne peut produire que le bien : une sorte de concrétisation du péché contre l’Esprit que le démon s’efforce de faire affirmer par toutes les facettes de notre pauvre culture afin qu’elle ne cultive plus que la mort.

Ce combat terrible contre Dieu demande autre chose qu’un dialogue intellectualisant, autre chose qu’une complaisance soucieuse de ne pas heurter la culture contemporaine. C’est elle, l’ennemi, dès lors qu’elle rejette Dieu. Mais non ceux qui la véhiculent, puisque le Christ est mort aussi pour eux, et pour qu’ils puissent jouir du bonheur éternel.

Article paru dans Présent daté du 8 novembre 2011.

06 novembre, 2011

Toujours à propos de la pièce de Castellucci.

Le hasard m'a fait tomber, dans les archives de Riposte catholique, sur ce communiqué du comité permanent pour l'information et la communication de la Conférence des évêques de France, à propos d'un spectacle mettant en scène le Christ et jugé « complaisant » dans sa manière de mettre crûment en scène les supplices de la Passion.

Eh oui, il s'agissait de La Passion du Christ de Mel Gibson.

Ecoutons-les, Mgr Di Falco, Mgr Georges Pontier, Mgr Brac de la Perrière, Mgr Jean-Charles Descubes, Mgr Jacques Perrier, Mgr Jean-Yves Riocreux, signataire de ce communiqué daté de 2004 et reproduit début septembre par Riposte :

« Si le film rappelle crûment l’atrocité des supplices subis et de la mort sur la croix, il le fait avec une complaisance choquante dans le spectacle de la violence. Cette violence, qui submerge le spectateur, finit par occulter le sens de la Passion et plus largement, l’essentiel de la personne et du message du Christ : l’amour porté à sa perfection dans le don de soi consenti. »
Et aujourd'hui, les excréments sur la Sainte Face sont une invitation à découvrir la charité ou à « ouvrir le dialogue » avec la culture contemporaine ?

Mais de qui se moque-t-on ?

Plusieurs évêques ont dénoncé la pièce de Romeo Castellucci, honneur à eux et spécialement à Mgr Centène, qui a courageusement soutenu les catholiques qui ont demandé que cesse la profanation subventionnée. Mais aujourd'hui la plupart se taisent ou pire, comme le cardinal Vingt-Trois ou Mgr d'Ornellas, désapprouvent ouvertement ceux qui prient et manifestent et trouvent toutes sortes de justifications au spectacle excrémentiel.

Ils devraient relire cette réaction du cardinal Lustiger à La Passion du Christ : il ne dénonçait pas, mais disait sa préférence et mettait en garde contre une banalisation du sacré. Son texte suscitait une réelle réflexion dans le respect de ceux qui avaient aimé le film de Gibson. Le cardinal aurait-il été plus indulgent pour les litres de m… de Castellucci ? Ecoutez-le, dans ce compte-rendu publié à l'époque par Zenit :
Christ aux outrages. Mais ce n'est
pas une profanation de son image.
Lors de la rencontre de vendredi dernier 20 février avec les journalistes, lors de la visite ad limina des évêques de la région d’Île de France, le cardinal Lustiger s’est refusé à donner un point de vue sur le film de Mel Gibson La Passion. Il précisait qu’il avait un point de vue "très personnel" sur le rapport entre les récits évangéliques et ses représentations. 
Il expliquait : « Je suis très réservé sur toute théâtralisation de la Passion, même si je comprends que cela puisse se faire, et encore plus sur son expression par l’image électronique ou chimique. » 
« Comme Chrétiens, soulignait l’archevêque de Paris, nous vivons dans le domaine du sacrement. A chaque Eucharistie c’est tout le mystère de la Passion et de la Résurrection qui nous est donné : il ne nous est pas donné sous la forme d’un spectacle que l’on regarde, mais sous la forme d’un acte de la puissance divine qui se communique. La figuration peut-être une régression absolue. Cela touche beaucoup l’affectivité, l’imagination, mais c’est très ambigu. Je ne dis pas que cela est “mal”. Je laisse la liberté à chacun, mais je préfère une icône à la photographie d’un acteur qui joue le Christ, et je préfère encore le sacrement à l’icône. Cela m’est plus utile pour la prière et je pense que c’est plus utile pour le peuple chrétien aussi. » 
Le cardinal évoquait l’exemple du film de Pasolini sur l’Evangile selon saint Matthieu, où il voit une « subtilité double ». D’une part, expliquait le cardinal Lustiger, Pasolini a choisi de prendre « un Evangile complet, et pas une recomposition du récit ». D’autre part, il utilise un « double filtre » : « Il lit la Passion à travers le regard de sa mère » et « il l’a exprimée du point de vue stylistique à travers l’iconographie picturale italienne ». 
Le cardinal disait reconnaître dans la « subtilité des deux filtres », le signe d’un « homme de culture catholique fine, même si on ne sait pas s’il était croyant ». Le film présente « une double distance, grâce aux yeux de sa mère qui dans le film, représentait Marie au pied de la Croix, et à travers les tableaux qu’il avait contemplés dans son enfance ». Il résumait : « le film était déjà supporté par toute une mémoire. »
L’archevêque proposait un autre exemple dans la liturgie : « Quand j’entends des prêtres ou des diacres qui 3mettent le ton” comme des acteurs, cela me gêne », avoue-t-il : « Je préfère la vieille tradition liturgique catholique qui consiste au contraire à chanter sur un air codifié, comme le font les Byzantins de leur côté, et non pas à chanter comme à l’Opéra ; nous aussi nous avons une tradition, il y a un hiératisme réel du texte, il n’est pas irréel, il est réel, ce n’est pas un spectacle. » 
« Quand nous faisons un Chemin de Croix, que faisons-nous ? quelle est la piété du Chemin de Croix, interrogeait le cardinal,c’est que les fidèles “font” le Chemin. Ils ne s’assoient pas dans un fauteuil pour regarder quelqu’un faire le Chemin de Croix. Ils marchent. Certains même portent une croix, ce qui est tout à fait différent. » 
« Les arts plastiques, continuait l’archevêque, ont le mérite d’être des transpositions évidentes. Tout art plastique est une interprétation. Et donc, à ce titre, on peut aimer, ne pas aimer, y être sensible, ne pas y être sensible. Je pense que nous n’avons pas réfléchi à ce que représente notre septième art. Ce sont des problèmes terribles pour notre civilisation, indépendamment de ce film. » 
Il citait le festival chrétien du cinéma qui a lieu chaque année à Paris : des spécialistes sélectionnent des films pour voir comment s’exprime « une certaine profondeur humaine et spirituelle à partir de tel ou tel thème. » 
Le cardinal insistait sur l’importance de l’interprétation, des clefs « herméneutiques » en faisant remarquer : « Faute d’une éducation du regard, et de l’intelligence, la télévision risque d’abrutir les gens plus que de les éduquer. Il faudrait que l’outil télévisuel fasse lui-même une herméneutique, une interprétation de ce qu’il donne. »
L'« herméneutique » de la pièce de Castellucci, c'est qu'il n'y a pas d'herméneutique, pas d'interprétation, seulement une façon de sidérer le spectateur avec la représentation obsessionnelle des excréments. D'aucuns ont voulu en faire une lecture « chrétienne », cette fin – la découverte de la bonté et de la permanence de l'image de la Face du Christ – justifiant tous les moyens, mêmes les plus immondes.

L'« herméneutique » de La Passion du Christ était, elle, sans la moindre ambiguïté : décrire la Passion aussi fidèlement que cela peut s'imaginer en montrant son identification avec le sacrifice eucharistique et en la montrant comme un don d'amour suprême accueilli douloureusement au pied de la Croix par saint Jean, sainte Marie-Madeleine et par notre avocate à tous (dans l'ordre du monde, elle aurait été partie civile !) la sainte Vierge Marie.


© leblogdejeannesmits.

02 novembre, 2011

Pour l’honneur du Christ

Trois « tribunes libres » pour expliquer que finalement, la pièce de Romeo Castellucci, avec ses litres de liquide rappelant la matière fécale déversés sur la Face du Christ ne sont que des manières de nous appeler à la réflexion, et c’est un torrent d’excréments qui s’est déversé contre les centaines de jeunes catholiques qui ont voulu demander le respect de l’image du Rédempteur en allant manifester pacifiquement, soir après soir, aux abords du Théâtre de la Ville à Paris. Je dis pacifiquement : quelques jeunes plus excités ont lancé des œufs, voire de l’huile (olive ou vidange, allez savoir), ce qui, même s’ils ont eu tort, n’en fait ni des incendiaires ni des violents.

Lorsque des gauchistes font de même – et agressent, et frappent, et insultent les manifestants pacifiques de SOS Tout-petits – la presse reste muette. Le « fondamentaliste », « l’intégriste », c’est nécessairement le croyant. Les catholiques mobilisés à l’appel de Civitas, les jeunes d’Action française, ceux qui se sont spontanément levés pour dire qu’il n’est pas acceptable de souiller le visage du Christ avec le soutien des deniers publics, ce sont eux, les sectaires, les béotiens, les moutons manipulés, les iconoclastes, les Cathares (pour une fois décriés – ça allait tant qu’ils étaient anti-catholiques), les frileux, les activistes, les partisans d’une charia chrétienne et d’un « repli communautaire » qui est le suprême péché.

Trois tribunes : c’est un long message de l’abbé Grosjean, du diocèse de Versailles, sur le Forum catholique, qui a mis le feu aux poudres. Il est allé voir Sur le concept du Visage du Christ – à ce moment-là expurgée par l’auteur de quelques-unes de ses séquences les plus immondes – et y a trouvé matière à méditation, et en est ressorti pour dire que l’enthousiasme et la jeune générosité des manifestants avaient été odieusement manipulés à des fins inavouables. Depuis, un nouveau message est venu tenter d’apaiser le mal qui a été fait – notamment vis-à-vis des dizaines et des dizaines de catholiques interpellés qui expérimentent la haine et le mépris du droit ordonné par les hautes autorités à leur égard et qui n’avaient pas besoin de ça – et l’abbé Grosjean « retire le terme “manipulés” ou “instrumentalisés” » en avouant avoir réagi « à chaud ».

Myriam Picard – celle que l’AGRIF avait tant soutenue lorsqu’à Perpignan, elle fut la cible, dans son appartement, avec sa jeune famille, de la haine anti-chrétienne de jeunes Maghrébins hurlant à sa mort – a choisi de s’exprimer sur « Riposte laïque » avant de se voir offrir plusieurs tribunes sur le site Nouvelles de France.

Nouvelles de France – encore – a publié le jour de la Toussaint une violente diatribe de Jacques de Guillebon contre ces cathos qui ne comprennent rien à rien, contre l’AGRIF qui imagine l’existence d’une « race » chrétienne à défendre (Guillebon ne connaît rien au droit ni à la jurisprudence qui permet grâce à l’AGRIF de demander raison à ceux qui agressent la foi des chrétiens et des Français en France). A l’heure d’écrire, il semblerait même que ces prises de défense du provocateur Castellucci, contre « L’honneur des imbéciles » comme le qualifie avec mépris Guillebon, soient en voie de s’exprimer dans la grosse presse pour dénoncer ces cathos minables. La grosse presse qui s’en tord de rire, et qui relaie avec délectation les attaques contre les « réacs » qu’elle dénonce avec une constante malhonnêteté et une invariable haine antichrétienne depuis des décennies…

« Où est-elle votre beauté ? Quelle est la dernière grande pièce que votre frange conservatrice du catholicisme ait donnée au monde ? », accuse Guillebon. Pour lui le catholique qui pleure de voir le visage du Christ lacéré, théâtralement couvert d’excréments, n’est capable que du pharisaïsme le plus primaire. Et de juger ses frères, incapables de voir le Christ dans le visage de la souffrance, incapables de connaître ni de regretter leurs propres péchés qui ont fait saigner la divine Face. Comme il y va. Comme il les accable, sondant les reins et les cœurs, et n’y trouvant que haine et idiotie intellectuelle. Comme il sait se ranger du côté du politiquement correct, pour mélanger tout cela avec la dénonciation du « fascisme » : l’Argentine, le Chili, l’Espagne (de Franco) et le Portugal (de Salazar) servent une fois de plus de faire-valoir. Comme il feint d’ignorer que l’art contemporain, avec son obsession scatologique (une autre œuvre de Castellucci montre un acteur en train d’enfoncer des éclats de verre dans l’anus en criant « Jesu, Jesu, Jesu ! », c’est beau cette beauté-là !) est un art de cour, grassement subventionné, fort du snobisme de ceux qui ont peur de rater le dernier coche de ce qu’il « faut » avoir vu !

On discourt aujourd’hui sur les intentions du blasphème et surtout du blasphémateur pour le laver de tout soupçon. Romeo Castellucci lui-même affirme faire du théâtre « hors sens » pour que chacun puisse y voir ce qu’il veut – toutes les réactions lui paraissent bonnes, a-t-il pu dire. Sauf celles qui le contestent ?
Le ricanement proprement diabolique qui accueille les jeunes défenseurs de l’honneur du Christ devrait lui aussi inciter à réfléchir. Dans notre société déchristianisée, ils posent des questions qui sans eux, seraient oubliées. « L’art » contemporain est le reflet de ce relativisme obligatoire magnifiquement dénoncé par l’abbé de Tannoüarn sur son blog (ab2t.blogspot.com), et qui aura gagné dès qu’il n’y aura plus de réaction.

Christianophobie : pour défendre l'honneur du Christ

A propos de la pièce de Romeo Castellucci, j'ai reçu ce texte de Frédéric Espieux, jeune catholique engagé dans les manifestations contre la profanation du visage de notre Sauveur. Je vous invite à le lire avec attention. Il dit tout. Et il donne la parole à deux personnes qui ont aussi vu la pièce. Et qui en ont été écœurés. – J.S.

Chers amis

L'action pacifique menée depuis le jeudi 20 octobre face à la représentation, au Théâtre de la Ville à Paris, de la pièce de Romeo Castelluci Sul concetto di volto nel figlio di Dio" (sur le concept du visage du Fils de Dieu), a suscité de nombreuses réactions. Les dernières ont vivement secoué nos rangs, et la tempête se relève sur une mer qui commençait enfin à s'apaiser...

On l'a vu récemment le diable est vraiment fort, jusqu’à un certain point, même si de plus en plus de personnes croyantes se refusent a croire à son existence qui pourtant se manifeste clairement! En particulier pour faire passer le mal pour le bien. Il n’y a qu’à voir le langage mystico-dingo de Castelluci : on croirait presque que sa pièce est une grande œuvre chrétienne à la gloire du Fils de Dieu !!  

Tout peut toujours être interprété dans n’importe quel sens, mais il est regrettable de remarquer que ce ne sont que des catholiques qui viennent nous dire "mais non, ce n’est pas si mal" ou encore “je n’ai pas vu d’intention blasphématoire”, alors que de nombreuses personnes d'autres religions ou même athées nous ont exprimé leur soutien et leur dégoût devant cette atteinte a la dignité du Christ et donc de chaque Chrétien. 

Monseigneur Podvin, porte-parole de la Conférence de Évêques de France, disait lui-même  à propos de Golgota Picnic que « la liberté d’expression est à respecter comme sacrée ? Qu’elle respecte donc aussi ce qui est sacré ! »

Et il y a Golgota Picnic qui commence le 8 décembre...Si la contestation s’arrête, toute l’action des jeunes catholiques sera déconsidérée et n’aura plus aucun poids pour Golgota Picnic qui est encore pire. Et ceux qui ont maintenant des poursuites judiciaires ne seront plus soutenus. 

Il est primordial de communiquer, dans la paix, et de rester unis. Chacun doit pouvoir donner son avis, librement, qu'il soit laïc ou Prêtre, sans être détruit par d'autres; afin de construire une action plus efficace car unitaire.

Notre indignation doit donc rester totale.

Cette pièce de théâtre est bien un blasphème.

On nous reproche de mettre en évidence la notion de blasphème sans raison valable. 
On peut toujours discuter sur le terme le plus approprié : blasphème ou sacrilège ou autre, mais ça n'est pas le plus important.

La définition du blasphème nous est donnée dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC 2148)

« Le blasphème s’oppose directement au deuxième commandement. Il consiste à proférer contre Dieu – intérieurement ou extérieurement – des paroles de haine, de reproche, de défi, à dire du mal de Dieu, à manquer de respect envers Lui dans ses propos, à abuser du nom de Dieu... L’interdiction du blasphème s’étend aux paroles contre l’Église du Christ, les saints, les choses sacrées... »

On nous a accusés de démagogie, de malhonnêteté intellectuelle et de manipulation pour avoir décrit après les premières représentations la réalité abrutissante qui était mise en scène. Évidemment, quand les médias refusaient de venir sur place, puis quand les Forces de l'Ordre les ont empêchés de venir, comme lors de la rafle du 25 octobre à Cité, Castellucci pouvait s'en donner à cœur joie: odeurs, étalages... qui se sont atténués avec le temps, preuve que notre action aura été utile.

Les personnes ayant vu la pièce aux dernières représentations n'en auront donc vu qu'une « version dédiabolisée ».

Par exemple, la scène montrant des enfants jetant des grenades sur le Christ a été momentanément supprimée après le festival d'Avignon. Cela ne démontre-t-il pas la gratuité de la scène des grenades ? N'est-ce pas la preuve que cette scène n'existe que pour choquer, puisqu'elle peut être supprimée sans que la pièce s'en ressente ? que la performance de Castellucci est une accumulation gratuite de scènes provocatrices qui ne trouve de cohérence que dans l'abjection ?

Il est nécessaire d'analyser les gestes de manière objective. Une déjection sur le Christ est avant tout une déjection sur le Christ même s'il est possible de lire derrière cela un message et qu'en matière de théâtre l'intention de l'auteur ne peut pas être purement et simplement mise de côté. 

Pour les non-convaincus, voici deux vidéos...

La première est la scène qui a été supprimée avec les enfants qui jettent des grenades sur le visage du christ: ce qui prouve les intentions originelles du metteur en scène !!!! Même si la scène n'est plus jouée en France, il est important de la montrer car elle relativise énormément le récent argumentaire du metteur en scène qui se défend d'intentions christianophobes et présente sa pièce comme HUMANISTE : ici et ici.

 La deuxième, celle qui clôture le spectacle, donc qui synthétise et donne le dernier message de l'ensemble de l'œuvre: la souillure du visage du Christ. Selon des personnes qui sont allé voir la pièce, c'est à ce moment là que l'odeur de merde est diffusée......Donc quid de « l'encre noire » dont parle l'auteur ??? Evidemment cette scène est jouée dans la version actuelle. Elle est à elle seule une offense, un blasphème à Notre Seigneur Jésus Christ dont le visage est au tout final détruit (lacéré).

ON TERMINE LA DESSUS: le message est donc expressif et clair : vidéo ici.

Posons-nous quelques questions :

Y a-t-il, oui ou non, un voile qui recouvre à la fin le visage du christ avec une odeur de merde qui se répand dans la salle ? Même si, lors des dernières représentations, l'odeur a disparu...

Y a-t-il, oui ou non, écrit « You are not my shepherd" (« tu n'es pas mon berger ») ? Même si le « not » est moins éclairé que le reste de la phrase ?

Si la réponse à ces deux questions est oui, indépendamment de toute interprétation personnelle, alors il n'y a pas d'ambiguïté sur le caractère blasphématoire de la pièce; cela justifie notre action pacifique.

 Nous devons nous interroger également sur la mauvaise foi de Castellucci, qui va jusqu'à dire « qu'il nous pardonne car il sait que nous ne savons pas ce que nous faisons ». La perversité de Castellucci va jusqu'à modifier le contenu de son « œuvre» en fonction du public et de l'affluence des médias. 

Mauvaise foi aussi de Frédéric Mitterrand et de Betrand Delanoë, qui refusent tout dialogue. De plus, les réactions du Ministre de la Culture et du Maire de Paris, conjuguées à l'impressionnante mobilisation et à la répression policière illustrent parfaitement la christianophobie ambiante actuelle, alors que bien plus de 90 % des interpellations se sont soldées par un simple relevé d'identité (autant dire qu'ils n’avaient rien à nous reprocher!).

Mauvaise foi enfin d’Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre de la Ville,  qui nous a avoué vendredi 28 octobre ne pas avoir vu la pièce, mais qui demande toujours plus d'aide à la Préfecture de Police pour « mater la rébellion ».

Il faut faire entendre une fatigue et la fin d'une tolérance sans doute gentille mais finalement peu vraie et encore moins charitable. Si les artistes ont libre champ pour détourner et ré-interpréter à leur façon les symboles chrétiens, c'est d'abord parce que les chrétiens eux-mêmes ont endormi leur conscience. Nous maintenons que la première et principale action dans cette bataille eschatologique est la prière. La seconde est la culture : revivifier l'art comme expression d'une transcendance qui reste respectueuse de la nature des choses et de la dignité de la personne humaine.

On nous oppose les points de vue de personnes qui s'estiment plus réalistes car elles ont vu la scène. Soit. Alors lisez ce témoignage bouleversant d'un étudiant qui a vu la scène...

« Le vieux passe derrière le portrait avec un bidon rempli de sa merde, puis une musique stressante se fait entendre. Là, la scène passe dans l'ombre faisant ressortir le portrait. Puis le Christ est déformé, Il se tord, puis des trous se font en haut du visage, et là de la merde coule, le recouvrant de haut en bas. C'est là que j'ai craqué, j'en ai pleuré pour être franc. Et j'ai été sorti. La phrase tu (n') es (pas) mon berger arrive ensuite. Quelque soit l'interprétation qu'on en fasse, personne n'a le droit de couvrir de merde le visage du Sauveur. Qu'on ne me fasse pas croire que c'est un signe d'amour, ou juste un artifice pour faire "réfléchir". Pour cela, il y a beaucoup d'autres moyens qu'un vrai artiste saurait utiliser. » 

Ou encore celui-ci, envoyé par une autre personne ayant sacrifié une heure pour analyser ce blasphème.

« Le seul caractère chrétien de la pièce pendant les 45 premières minutes sur 55) est la très grande image du Christ (environ 3 m sur 5 m) qui semble  projetée en fond de scène mais celle-ci n'intervient pas plus dans l'histoire qu'un crucifix le serait dans un lieu ou se déroulerait une histoire ordinaire.
De plus cette  icône qui est un énorme agrandissement du centre du visage du Christ d'Antonnello de  Messine est si ambiguë que je ne suis même pas certain que tous  les spectateurs ordinaires  comprennent que c'est une image du Christ qui est représentée au fond de la scène… Le premier moment, assez pathétique, où l'image joue un rôle est celui où le fils excédé par la déchéance de son père vient se coller à l'icône et semble l'embrasser en répétant plusieurs fois  le nom de Jésus, nom  qui est repris par une voix susurrante allant crescendo. 

Immédiatement  après, le père quitte la scène par la gauche par rapport à l'icône et il n'y a désormais  plus d'acteur sur scène, les lumières s'éteignent et l'on ne voit plus dans l'obscurité  que l'image du Christ éclairée par derrière, le tout au son presque assourdissant d' une étrange musique plutôt malsaine. 
 En fait le père “réapparaît” car il est manifeste qu'il gravit une sorte d'escalier. On voit très bien qu'il se trouve derrière l'icône car son corps semble se frotter au revers de l'image et on le  devine très bien gravissant une sorte d'escalier; et  c'est en arrivant à la hauteur des yeux de celle-ci qu'il s'oublie une nouvelle fois inondant en quelques secondes tout le visage du Christ  de matière fécale bien marronnasse : ce n'est donc pas “une sorte d'encre qui se répand sur le visage de l'icône” ou “un voile noir qui coule sur le portrait  du fils de Dieu” mais bien le père qui  l'inonde de ses déjections en parfaite contradiction avec ce que déclare l'auteur.

Je cite Romeo Castellucci  repris dans le programme remis au spectateurs : “A la fin du spectacle - sic ! -, un voile noir coule sur le portrait  du fils de Dieu : Dieu se retire dans le brouillard  du fond de scène  depuis lequel il avait fait son apparition - Sic ! - . Il est venu à vous et il vous a regardés : il l'a fait. Le noir représente la couleur de l'univers infini. Déchirer la toile figurant le visage du fils de Dieu ne constitue pas un geste iconoclaste : ce geste nous indique au contraire un chemin, un passage à accomplir  à travers la membrane  d'une image, un passage à travers le Christ, une identification complète avec le Christ, un bain en lui, une mise au monde de lui en nous.”

En tout cas il y a pour les spectateurs une réelle et évidente continuité entre le père qui s'est oublié pendant toute la pièce et les déjections qui inondent le visage du Christ à cet instant.

C'est à partir de ce moment là – et pas du tout avant – que se répand  dans la salle une odeur désagréable  qui veut évoquer celle de la matière fécale.

Après quelques secondes, deux machinistes presque invisibles viennent tirer sur l'image du Christ qui , nous le découvrons à cet instant était reproduit sur une sorte de voile - et le déchire : il ne reste alors qu'un carré blanc sur lequel apparaît le texte “You are my Shepherd” où petit à petit apparaît la mention “not” entre “are”  et “my shepherd” sans que ce supplément ne clignote ni ne soit aussi visible que le reste.

A cet instant la lumière se rallume et la pièce est terminée sans que ne se déroule la scène des enfants qui jetteraient – merde ou grenades – sur l'icône qui de toute façon à disparu. »

La mobilisation menée ne doit pas être le siège de règlements de comptes.

Indépendamment de notre sensibilité religieuse, c'est notre Christ qui est souillé. 

Il est important de noter que les actions menées devant le théâtre n'ont pas été initiées par une fraternité religieuse ni par un mouvement politique comme certains tentent de le faire croire, mais par quelques jeunes, étudiants ou professionnels, qui se sont sentis profondément blessés dans leur âme par ce torchon signé Castellucci et qu'on voudrait nous faire avaler comme étant de l'art… 

Nous ne sommes pas rattachés à une mouvance religieuse plus qu'à une autre, à une communauté plus qu'à une autre, à une association politique plus qu'à une autre.

Nous n'acceptons donc pas qu'au nom de la bienséance on nous traite de fondamentalistes, d'intégristes ou d'extrémistes, ou qu'on nous compare à des jeunesses de Lénine, comme ça a été le cas.

En revanche, nous remercions les personnes et associations qui ont eu le courage et la force de s'engager et de montrer la voie.

Nous ne tolérons pas non plus que cette action, qui doit unir tous les chrétiens dans la défense de leur Dieu, soit le siège de règlements de comptes entre différentes communautés et institutions religieuses, dont les antécédents sont d'ordres dogmatiques, liturgiques, politiques, hiérarchiques, ou personnels... mais n'ont absolument rien à voir avec notre mobilisation.

Nous ne sommes pas concernés par ces problèmes-la, mais sommes heureux et fiers de pouvoir réunir tant de personnes dans la lutte pour l'honneur du Christ. 

Nous agissons pour défendre le Christ. Alors ne perdons pas notre crédibilité en critiquant, à raison ou à tort, des prêtres ou des évêques qui n'ont pas compris ou adopté notre démarche. Tous sont le Christ a l'Autel, et certains sont aussi descendants des Apôtres... Il serait bien maladroit de détruire le Christ en voulant le défendre. 

Cela est vrai dans les deux sens.

Personne n’est donc en droit de  justifier son silence par le fait que ceux qui se sont déjà exprimés n’ont pas la même sensibilité religieuse ou politique.

Nous avons eu le soutien de communautés et de personnalités de mouvances bien différentes qui ont su trouver leur unité dans la défense du même Christ souillé.


Il est temps que les Catholiques des différentes « chapelles" » se retrouvent pour réfléchir ensemble : qu'est ce qu'un blasphème ? Qu'est ce qui est blasphématoire dans l'art, qu'est ce qui ne l'est pas ? Comment réagir chrétiennement face au blasphème ? Il se pourrait qu'un colloque nous permette de travailler ensemble ces questions, qui deviennent urgentes, pour l'unité et la fécondité de notre témoignage dans ce monde.  

En revanche, si nous sommes désireux d’établir un dialogue avec toutes bonnes volontés souhaitant s’exprimer pour défendre le Christ, de la façon qui leur semble la plus efficace, il est nécessaire que tous soient aussi disposés à travailler en amont des événements avec nous. Nous serons ainsi plus puissants face au Mal, et cela évitera les réactions mauvaises face à des déclarations tardives mal interprétées.

Alors que faire?

On continue! 

Car la prière et la manifestation pacifique viendront à bout de la provocation et du blasphème.

Car nous refusons de voir le Christ souillé de merde dans un théâtre bénéficiant de subventions publiques.

Car nous voulons témoigner de notre attachement sans compromission à Celui qui est mort pour nous.

Car en nous taisant quand l'image du Fils de Dieu est salie, nous sommes une insulte vivante pour nos frères d'Orient qui sont tués chaque jour pour avoir affiché leur Foi. 

Car nous sommes Catholiques avant tout!

Nous sommes encore plus déterminés à agir car cette « levée de boucliers » n'est pas honnête.

Les personnes qui ont cherché à démolir notre action occultent la souillure du visage du Christ au profit d'une insistance suspecte sur le caractère humaniste de la pièce. Restons simples et remplis de bon sens: rien que cette image souillée du Christ est une offense, une insulte, un blasphème à l'encontre de Notre-Seigneur.

Nous attendons des idées pour les actions à mener pour la suite des événements, pour manifester contre ces deux pièces de théâtre, à Paris, Rennes, Villeneuve d'Ascq et Toulouse.

Restons unis dans l'action, pour Sa Gloire et notre Honneur!

Frédéric Espieux,
Catholique, étudiant,
Au nom des personnes qui se sont mobilisées librement, à chaque représentation, et depuis la première...

« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. »

Blasphème… ou non ?

“Sur le concept du visage du Fils de Dieu”

Plusieurs milliers de personnes ont répondu à l’appel à la manifestation de l’Institut Civitas à Paris, samedi après-midi, pour protester contre le déferlement de la christianophobie « culturelle ». Civitas est proche de la Fraternité Saint-Pie X, qui a été en pointe de la mobilisation des catholiques depuis dix jours à l’occasion de la représentation de la pièce de Romeo Castellucci, Sur le concept du visage du Fils de Dieu. Et l’on a vu de nombreux prêtres de la Fraternité venir prier avec les fidèles devant le théâtre de la Ville – lourdement subventionné par les deniers publics – comme au pied de la statue de Jeanne d’Arc d’où la manifestation s’est ébranlée pour aller vers la place du Châtelet, pour redire l’indignation des chrétiens devant cette pièce qui « culmine » avec le déversement d’excréments sur une superbe représentation de la Face du Christ par Antonello da Messina.

Il y avait donc la Fraternité Saint-Pie X – l’abbé Beauvais, curé de Saint-Nicolas, présent presque tous les soirs, l’abbé Toulza et bien d’autres – mais pas seulement elle : un soir ou l’autre, on a vu des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre (comme l’abbé Le Coq), des prêtres diocésains, des fidèles traditionalistes et d’autres qui le sont moins. Il y a même eu un groupe islamique, au nom du respect de la religion. Les médias ont vite trouvé la manière de discréditer cette indignation : elle vient des « chrétiens fondamentalistes ».

Et voilà que certains commencent désormais à crier à la « manipulation » de ces jeunes qui ont été amenés à manifester contre une pièce dont on nous dit qu’elle n’est pas si blasphématoire que cela. C’est le cas d’un prêtre, l’abbé Grosjean, du diocèse de Versailles, ou d’une chroniqueuse de Riposte laïque, Myriam Picard, qui ont choisi d’aller voir le spectacle et qui en sont sortis « bouleversés », chacun à sa manière, par la réflexion qu’elle induit sur la déchéance humaine et la bonté du Christ.

Il n’est pas question de mettre en doute ici la sincérité de ces opinions, mais sans perdre de vue qu’elles émanent de personnes qui a priori, n’ont pas d’hostilité vis-à-vis du Christ. Catholiques, prêts à entrer dans le jeu du dramaturge et du théâtre contemporain où tout est possible, surtout la transgression, et de préférence la transgression subventionnée, à partir du moment où cela fait surgir un « discours », une réflexion, quel qu’en soit le sens.

Le blasphème qui, en creux, rend hommage à l’existence de Dieu, nous en connaissons le concept. Il s’installe d’ailleurs de plus en plus dans les théâtres, les salles d’exposition, les installations d’art contemporain accueillies jusque dans les églises et dans les loisirs des jeunes – voyez le « gothique » et le Hellfest, qui peuvent être signe de désespérance autant que de volonté d’exprimer la haine du Christ, cela est entendu.

Il va de soi que la souffrance, la vieillesse, la maladie, l’apparente indignité du corps humain n’excluent pas Dieu. Cela fait des siècles que dans les Hôtels-Dieu – précisément – des âmes charitables accueillent les plus sales, les plus démunis, les plus répugnants sous le regard du Christ. Le Christ lui-même a assumé le visage de l’abjection en prenant sur Lui toute la misère des hommes. Le problème n’est pas là. Il est, fondamentalement, dans l’hypocrisie d’un message « artistique » que chacun doit pouvoir revendiquer d’interpréter à sa guise, en passant concrètement, objectivement, par une sorte de jouissive agression contre ce que notre foi a de plus sacré.

La pièce de Castellucci dure 55 minutes, tout le monde en a vu de larges extraits mis en ligne sur internet. Il n’est pas neutre de faire bombarder le visage du Christ avec des grenades en plastique par des enfants – et il est significatif que cette scène ait été prudemment enlevée entre Avignon, où elle fut donnée au Festival, et Paris, où les catholiques avaient préalablement manifesté leur refus, que ce soit devant les tribunaux, par le biais de l’AGRIF, ou dans la rue. Il n’est pas neutre d’y faire déverser des excréments, quel que soit le but poursuivi. Il n’est pas neutre, je dirais qu’il n’est pas acceptable de faire évoluer un vieillard sur scène en vidant ses intestins. Il est des gestes, des attitudes, des actes qui relèvent de l’intimité. L’« art » contemporain (et le cinéma pornographique) n’accepte pas ces limites. Et son pari de désacralisation, de profanation, de refus de toute pudeur et de toute contrainte est gagné dès lors qu’on accepte de dépasser le fait, pour rechercher l’intention.

C’est chacun de nos péchés, chacun de mes péchés qui souille le visage du Christ, piétine le Crucifié, crache sur le Rédempteur. Nous savons qu’Il est venu précisément pour nous laver de cela. Raison de plus – même pour « faire réfléchir » – de ne pas le mettre en scène de manière aussi excrémentielle, ajoutant l’abjection à l’insulte.

L’affaire de la pièce de Castellucci, on ferait mieux de l’analyser d’après les réactions de ceux qui n’aiment ni le Christ, ni la foi, et qui le disent. La manière dont les jeunes manifestants, qui se sont – à d’infimes exceptions près – contentés de chanter leur foi et demander qu’on ne les blesse pas en ce qu’ils ont de plus cher, ont été malmenés, conspués, ridiculisés, accusés, embarqués, gardés à vue, devrait davantage « poser question » que les défécations artistiques d’une pièce subventionnée. On les taxe de violence : « atteinte à la liberté artistique avec violence », voilà le délit dont nombre d’entre eux devront répondre, la seule « violence » retenue étant l’interprétation de chants religieux !

J’ai parlé avec l’un des 20 jeunes qui ont passé 48 heures en garde à vue, pour s’être levé au cours de la pièce, mercredi dernier, en disant « Halte au blasphème », avant d’entamer un « Je vous salue Marie ». Il a immédiatement suivi l’huissier qui l’invitait à sortir. Le conducteur du car de police qui l’emmenait au commissariat lui a indiqué : « J’ai honte de faire ce que je fais. » La police expliquait agir « sous pression ». Les truands qui voyaient les jeunes arriver au Palais de justice disaient, goguenards : « Tiens, encore un blanc : toi, du dois venir du théâtre ! »

Les voilà donc désignés comme fondamentalistes, violents sans violence, fascistes, tortionnaires – c’est ce que le Père de la Morandais a balancé lors d’une émission télévisée à l’avocat de l’AGRIF et à un jeune représentant de Civitas, qui les accusait de tout ce dont on accable « l’extrême droite » depuis cinquante ans.

La leçon de l’affaire est celle-ci : on peut tout dire et tout faire avec le visage du Christ, sauf le défendre et demander qu’on le respecte.

29 avril, 2011

En Jamaïque, l'archevêque contre une représentation choquante du Christ

Un crucifié nu, en polystyrène doré, sans tête, bras et jambes coupés à mi-avant-bras et à mi-cuisses, précédé de dizaines de roses rouge sang, telle est l'œuvre de l'artiste contemporain Laura Facey qui a provoqué une controverse dans la capitale jamaïcaine. Ce n'est pas tant son exposition dans le centre Pan Caribbean dans le quartier d'affaires de Kingston que son étalage à la une du quotidien national, The Observer, au moment de Pâques, qui a suscité une réaction très vigoureuse de l'archevêque catholique de la ville, Mgr Donald Reece.

L'œuvre s'intitule Le corps et le sang du Christ et ne rend pas compte du tout de la souffrance de la Crucifixion : comme la photographie d'un homme tout rose et nu dans la position du crucifié dans une église de Hasselt, en Belgique, cette « sculpture » aux proportions plus conformes à celles de la statuaire héroïque de l'Antiquité, avec ses trois mètres de haut, prend plutôt une pose avantageuse, à peine marquée par une fente rouge foncée sur le côté droit. Il n'y a là rien du message de la Croix, mais un étalage insistant d'une nudité qui n'a vraiment rien de discret. « La nudité, c'est quelque chose de magnifique. Elle est donnée par Dieu, elle est sacrée ! », soupire l'artiste. (Sans doute, mais pas n'importe où et aux yeux de n'importe qui…)

Laura Facey, qui est anglicane, estime que la sculpture est le résultat de sa compréhension nouvellement trouvée du mystère de l'Eucharistie – qui consisterait à « se vider de ses croyances négatives comme l'Agneau de Dieu enlève le péché du monde, puis à consommer l'hostie et le vin pour assumer symboliquement les manières d'être du Christ ».

Ce discours – qui est la plus grande partie de l'œuvre contemporaine » – n'a pas impressionné l'archevêque de Kingston.

Par retour de courrier, si l'on peut dire, Mgr Reece a vivement interpellé The Observer en l'accusant d'avoir fait preuve de « mauvais goût ».

Son courrier de lecteur précise : « Ce n'est jamais qu'une manifestation de cette tendance » qui veut que l'on attaque tout ce qu'il y a de sacré au sein de la société occidentale pour miner la foi chrétienne.

« Ni de près, ni de loin, je ne puis commencer à comprendre la motivation de l'Observer qui l'a conduit à étaler sur trois pleines pages le corps nu du Christ, en faisant référence à la foi sacrosainte en l'Eucharistie. Je me demande si, dans le cas où un artiste avait caricaturé Mahomet ou certains aspects du Coran, vous l'auriez monté aussi volontiers et aussi visiblement en épingle dans votre journal », écrivait-il.

Il a précisé qu'il ne cherchait pas querelle à Laura Facey : « Elle, comme d'autres artistes, doit avoir des raisons qui expliquent son intérêt focalisé sur la nudité », ce qui le gênait, c'est que « l'article était de très mauvais goût pour commémorer le jour le plus saint de l'année pour les chrétiens, Pâques ». Le christianisme, poursuivait-il, est aujourd'hui une « cible autorisée » pour ceux qui veulent ridiculiser ou contester la foi chrétienne :

« Dans la société occidentale, rien ne semble plus devoir être considéré comme sacré : le sexe n'est plus sacré, c'est devenu un bien de consommation ; les croyances ou les objets religieux ne sont plus tenus pour sacrés ; et le corps humain est constamment banalisé, considéré comme jetable. En somme, le mystère de la vie d'érode peu à peu. Cela ne nous empêche pas de nous interroger sur les mœurs de notre société, et nous tordons nos mains hypocritement quand des filles en âge scolaire organisent des “journées sans culottes”. Nous autres adultes avons ouvert les vannes du relativisme, de l'inconvenance, et de l'indécence : les résultats vont très loin. Le caractère sacré de la vie, lié au sens du mystère, s'évanouit très vite. Les médias doivent-ils vraiment jouer un rôle dans cette triste évolution ? »

© leblogdejeannesmits.

21 avril, 2011

Après le sacrilège, le débile… à Lyon cette fois.

Une œuvre d'art contemporain installée dans l'église Saint-Bonaventure de Lyon a été « vandalisée » mardi soir. Difficile de parler de profanation, bien que l'installation de l'« artiste » camerounais Pascale Marthine Tayou s'appelle « Colonne pascale ». Il s'agit d'un empilement de casseroles de 7 mètres de haut dressé dans la nef de l'église, qu'un plaisantin a fait dégringoler à l'aide d'une corde et d'une poulie, semble-t-il.

Muriel Jaby, responsable du musée d'Art contemporain de Lyon qui expose en même temps les œuvres de Tayou, assure que « rien ne permet d'accréditer la thèse d'un extrémiste religieux ». Ouf. Tandis que l'artiste lui-même, plutôt flatté, a demandé que ses casseroles soient réempilées telles quelles, abîmées ou non. « Ça pouvait arriver dans la vie d'une œuvre », s'émerveille-t-il.

(On se demande pourquoi les restaurateurs de tableaux se crèvent le tempérament…)

Mais le plus significatif dans l'histoire, c'est sans doute le discours savant développé par le curé de la paroisse, « Luc Forestier, père de l'Oratoire », vers lequel pointe un lien de la section Art, culture et foi du site de la conférence des évêques de France.

Je vous la fais courte, mais pas trop, pour l'exemple…

« …Une installation d’art contemporain ne cherche jamais seulement à être jolie, quoique ce ne soit pas interdit, mais aussi à interroger celui qui la remarque, au risque de ne pas être vue ou de paraître insignifiante. Quelle question est posée à notre monde ? Quelle est cette recherche de l’artiste, dont l’oeuvre témoigne, et qui peut toucher celui qui la contemple ? Quelle place dans l’histoire des représentations et dans l’interaction des cultures ?
« Pourtant, une église n’est jamais seulement un espace que l’on visite bien longtemps après qu’il ait perdu toute utilité, comme on le ferait d’un château ou, hélas, d’un musée, mais elle est toujours un bâtiment habité, non seulement par la liturgie de l’Église dans son déploiement fastueux ou modeste, mais aussi par les présences très discrètes de ces priants de toutes origines, des touristes qui se hasardent dans le coeur commerçant de Lyon, des pauvres qui sont aux portes, des visiteurs hésitants qui profitent de la pénombre et du calme pour se réchauffer, pleurer ou réfléchir, des habitués qui se retrouvent pour bavarder chaleureusement. C’est pour tous qu’est dressée cette « colonne Pascale » au centre de l’église, c’est à tous qu’elle s’adresse, suscitant nécessairement des réactions variées, en particulier parce qu’elle n’est pas d’abord « utile » ce qui constitue une transgression majeure dans notre monde où règne l’économie.
« Même si son titre joue volontairement sur une ambivalence, il y a un rapprochement évident entre le prénom de l’artiste et le sommet de la vie chrétienne qu’est la fête de Pâques, célébrée cette année par l’ensemble des confessions chrétiennes le dimanche 24 avril. Mais il y a, au moins, deux autres éléments de rapprochement entre ce qui nous rassemble autour de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ et l’installation que nous avons le privilège d’accueillir. Non seulement, le rappel d’une forte verticalité est particulièrement pertinent dans un bâtiment qui, au fur et à mesure des ajouts, est très large. La colonne pascale montre bien la juste posture chrétienne, qui est d’être debout – et non pas écrasé par son péché ou les forces de l’histoire – face à Dieu et face aux autres. Dans sa forme même, l’oeuvre n’est pas sans rappeler cet élément essentiel de notre squelette, qui tient tout le reste et qui combine solidité et souplesse. Même si mort et violence semblent triompher partout, et d’abord en nos corps, nous sommes appelés à être relevés, autre mot qui désigne la résurrection, non seulement dans la vie future, mais en anticipant aujourd’hui notre relèvement dans l’amour et le service.
« Mais le deuxième élément, plus intime encore, entre la « colonne Pascale » et ce que l’Église célèbre à Pâques tient au matériau choisi pour constituer la colonne. Il n’y a pas qu’un renvoi qui pourrait sembler exotique à la culture africaine, dont il est quand même temps de prendre conscience de son importance pour notre pays, mais il y a surtout l’usage d’éléments du quotidien que l’accumulation conduit à transcender. Ces casseroles – il faut bien choisir le mot le plus banal pour honorer la démarche – ces casseroles empilées renvoient aux incertitudes actuelles sur la capacité des humains, et non de la Terre, à suffire à leur subsistance, tout en désignant le lieu même où s’actualise pour nous le relèvement de l’humanité. Car la source et le sommet de notre rassemblement se trouve dans un repas ritualisé, qui renvoie au dernier repas de Celui qui a librement engagé son existence dans le don de lui-même. Et la taille même des ustensiles choisis conduit à penser à un repas qui dépasse toujours le petit groupe, mais qui annonce le festin ultime de l’humanité tout en exigeant de nous un partage qui est toujours le signe de la maturité humaine… »
Il n'est pas interdit d'en rire : c'est aussi un signe de maturité humaine.

© leblogdejeannesmits.

Exposition blasphématoire à Hasselt, Belgique

Et, comme l'écrit le site christianophobie.fr, qui invite les chrétiens à se joindre à sa protestation en écrivant à l'évêque du lieu, Mgr Hoogmartens, elle est plus grave qu'en Avignon puisqu'elle se tient dans la cathédrale avec ce qu'il faut bien appeler la complicité de la hiérarchie catholique locale. Le groupe « Dignement catholique” a organisé une manifestation contre l'exposition, mardi, visant particulièrement l'« œuvre » qui montre une gigantesque photographie d'un homme totalement nu dans la position du Crucifié, avec un petit bloc rectangulaire en bois posé sur la photo pour cacher son intimité. Un peu comme le carré blanc des photos pornographiques…

L'exposition est le fruit d'une collaboration entre la ville limbourgeoise de Hasselt et la paroisse, signale la presse locale : elle visait à donner une interprétation contemporaine des sept sacrements. Si l'eucharistie est très justement représentée par l'image d'un crucifié, la banalité et la « sexualisation » de l'image et la « marginalisation » des plaies du Christ sont inacceptables, selon Jens Taskin, 20 ans, le jeune porte-parole des catholiques indignés.

De fait, ce n'est pas l'image d'un homme souffrant, « transpercé à cause de nos péchés », « broyé » à cause de nos fautes, qui s'étale devant le maître-autel de la cathédrale de Mgr Hoogmartens, mais l'image très nue, très lisse, d'un corps où l'attention est attirée d'abord par le « cache-sexe » sans dignité. Georges Jannes, 60 ans, qui a posé pour la photo il y a quelques mois, avoue qu'il avait presque oublié la session. A l'origine, confie-t-il, il était prévu que l'image serait montrée sans cache. « Je trouve tout cela un peu exagéré », a-t-il dit, rejoignant ainsi le doyen de la cathédrale, le P. Lambert Verherk, qui assure n'avoir eu « que des réactions positives » : « L'expo continuera normalement jusqu'au lundi de Pâques », a-t-il déclaré.

« Waardig Katholiek », de son côté, dénonce le sacrilège. « Le doyen de Hasselt trouve normal que le Christ soit présenté d'une manière aussi profane dans cette exposition, avec un petit bloc de bois devant ses parties génitales. Le Saint Sacrement est ainsi sexualisé : c'est quelque chose qu'on ne doit pas faire. de telles représentations sont totalement déplacées dans une église, encore plus en carême. Nous estimons que les prêtres aussi doivent avoir ce sens de la norme. Nous lisons tous dans les journaux ce qui se passe lorsque ce n'est plus le cas », a fait savoir Jens Taskin.

Vini Ganimara, dans son blog Osservatore Vaticano, appelle lui aussi à signer la lettre de protestation et demande qu'elle soit traduite en flamand pour soutenir la démarche des catholiques de Hasselt.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...