Affichage des articles dont le libellé est objection de conscience. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est objection de conscience. Afficher tous les articles

10 mars, 2022

Mgr Hector Aguer soutient Mgr Daniel Fernández Torres, destitué de son siège à Porto Rico pour avoir défendu l’objection de conscience par rapport au “vaccin” anti-COVID

Mgr Hector Aguer, archevêque émérite de La Plata en Argentine qui a dû quitter son siège épiscopal quasiment du jour au lendemain dans des circonstances invraisemblables pour laisser la place à Mgr Victor Manuel “Tucho” Fernandez, très proche du pape François, vole au secours dans un communiqué à son confrère d’Arecibo, Porto Rico, « miséricordié » comme il dit pour avoir défendu l’objection de conscience face au “vaccin” expérimental contre le COVID. C’est en termes particulièrement forts, que je vous livre ici au terme d’une traduction rapide, que le prélat argentin s’indigne devant la sanction romaine.

J’y ajoute la traduction de la belle lettre écrite par Mgr Fernandez à tous les catholiques de son diocèse, où il dit son incompréhension devant une mesure qui ne respecte même pas les exigences les plus simples du droit canonique. – J.S.

*

Un bon évêque « miséricordié »



Le progressisme imposé par le Saint-Siège avance sans relâche, sans se soucier des victimes qu’il fait parmi des hommes de Dieu dont l’action fait pourtant fleurir l’Église. L’évêque d'Arecibo, à Porto Rico, Mgr Daniel Fernández Torres, a été renvoyé de son diocèse pour avoir défendu l’[objection de conscience face à la ridicule « obligation morale » de la vaccination imposée par le Saint-Siège.

Mgr Daniel Fernandez Torres
L’Église d’aujourd'hui ne se préoccupe plus de Dieu, ni du mandat d'évangélisation du Christ, mais uniquement d'imposer de « nouveaux paradigmes » et d’adhérer aux principes d’un Nouvel Ordre Mondial, qui est étranger au droit naturel et à la révélation chrétienne. Le cas de Mgr Fernandez Torres est un exemple clair de la manière dont l’Église s’éloigne de ce que devrait être sa mission. Peu importe que le diocèse d’Arecibo ait connu une floraison de vocations, et qu’il se distingue par le plein exercice de ce que devrait être la mission de l’Église. Un faux concept de « synodalité » oblige les bons évêques à se plier aux absurdités décidées par les conférences épiscopales, ou les par groupuscules officialisés qui adhèrent aux nouvelles positions de Rome.

Il y a quelques années, j’ai été invité par Mgr Daniel à prêcher les Exercices spirituels auxprêtres de son diocèse. J’ai alors pu voir comment une Église particulière s’épanouit lorsque son évêque est un homme de Dieu, fidèle à la grande Tradition ecclésiale. Mais Rome ne s’intéresse pas à cela. Comme jamais avant ce temps, la « centralité » de Rome est imposée au nom de l’« unité ». Ces positions nous font aspirer à la liberté que les grands papes ont favorisée, en soutenant l’épiscopat engagé au service de la croissance de l’Église et de l’évangélisation de ceux qui étaient encore hors de son sein.

Par ces lignes, je souhaite assurer Mgr Fernandez Torres, son vicaire général et tout le clergé de ce cher diocèse de ma proximité spirituelle et de mes prières. Je prie également pour que cette mesure injuste, et draconienne, ne conduise pas à la destruction de tant d’initiatives véritablement catholiques qui y ont vu le jour et s’y sont développées. Que Dieu fasse en sorte que les autres évêques de Porto Rico se souviennent de ce qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Actes 5:29), même si ces hommes vivent au Vatican.

+ Héctor Aguer
Archevêque émérite de La Plata

*





Lorsque vous recevrez la nouvelle de mon remplacement comme évêque à la tête du diocèse d’Arecibo, je veux que vous sachiez qu’il ne m’appartient pas de vous expliquer une décision que je ne peux pas expliquer moi-même, bien que je l’accepte avec la patience du Christ pour le bien de l’Église. Il ne vous appartient pas non plus de juger ce que seuls Dieu et l’histoire feront en temps voulu.

En réagissant à ce qui s’est passé, je me considère bienheureux d’avoir à souffrir la persécution et la calomnie (cf. Mt 5, 10-11) pour avoir proclamé la vérité de la dignité de l’homme dans des circonstances comme celles que nous vivons actuellement, comme celui qui « nous incommode, et qui est contraire à notre manière d'agir » (Sg 2, 12). Aujourd’hui, je peux garder la tête haute et même si je suis imparfait et pécheur, je sais que j’ai fait ce qui était juste, et cela me procure une grande paix intérieure. Je suis également réconforté par la signification hébraïque du nom Daniel, que j’ai providentiellement reçu lors de mon baptême, « Dieu est mon juge ».

Je regrette beaucoup que dans l’Église, où l’on prêche tant la miséricorde, certaines personnes n’aient pas, dans la pratique, le moindre sens de la justice. Je n’ai pas été poursuivi, ni accusé formellement de quoi que ce soit. Un jour le délégué apostolique m’a simplement informé, verbalement, que Rome me demandait de démissionner. Aujourd’hui un successeur des apôtres est remplacé sans même qu’on ait engagé la procédure canonique qu’on ouvrirait pour révoquer un curé.

J’ai été informé de ce que je n’avais commis aucun crime, mais que j’avais prétendument « manqué d’obéissance au pape et n’avais pas été suffisamment en communion avec mes frères évêques de Porto Rico ». Il m’a été suggéré que si je démissionnais du diocèse, je resterais au service de l’Église au cas où l’on aurait besoin de moi à un autre poste ; une offre qui prouve en fait mon innocence. Cependant, je n’ai pas démissionné parce que je ne voulais pas me rendre complice d’une action totalement injuste dont j’ai encore du mal à croire qu’elle puisse se produire au sein de notre Église.

Cette expérience personnelle, en revanche, m’a aidé à prendre conscience d’une manière nouvelle de la sérieuse responsabilité qui incombe à tous les évêques dans le gouvernement de l’Église, qui est apostolique et non pyramidale, synodale et non autocratique. Je crois que depuis un certain temps, beaucoup d’entre nous, évêques, observons avec inquiétude ce qui se passe dans l’Église et hésitons à croire ce qui se passe. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous rappeler notre vocation à être des prophètes.

Nous vivons des moments difficiles, mais ne perdons pas espoir. Les paroles du pape émérite Benoît XVI, s’exprimant en tant que prêtre, peuvent nous encourager : « Il me semble certain que des temps très difficiles attendent l’Église. Sa crise véritable a à peine commencé. Il faut s’attendre à des secousses considérables. Mais je suis certain aussi de ce qui restera à la fin : non l’Église du culte politique, qui est déjà exsangue, mais l’Église de la foi. Elle ne dominera jamais plus la société avec la puissance qu’elle a eue jusqu’à une époque récente. Mais elle va fleurir de nouveau et elle se manifestera aux hommes comme une patrie qui leur donne vie et espérance au-delà de la mort. »

Je célèbre humblement ce que nous avons pu faire ensemble dans le cadre du diocèse d’Arecibo, au cours de ces presque douze années, dans la pastorale des jeunes et des vocations, dans la lutte pour la dignité de l’amour humain, la famille et le respect de la vie, dans la liberté de l’Église face aux interférences politiques, dans la formation de saints prêtres et dans le fait d’avoir donné une « Maison » à la Vierge dans notre sanctuaire diocésain. Si, en essayant d’être fidèle à Dieu, je suis remplacé dans ma fonction, cela en vaut la peine, car en tant qu’évêque, je peux être utile à l’Église par mon propre témoignage. Je me souviens des paroles de saint Jean d’Avila : « combien, à chercher l’honneur de Dieu, nous sommes honorés à être déshonorés ».

J’exprime ma communion dans la foi catholique, avec le Pape et mes frères dans l’épiscopat, malgré ma perplexité face à un arbitraire incompréhensible. Et si, à partir de maintenant, je peux vous rendre un quelconque service, je vous fais part de mon entière disponibilité.

Aujourd’hui comme toujours, mes plus grands remerciements vont à Dieu et à Notre Dame du Perpétuel Secours, notre patronne. Je remercie également tous les prêtres, parce qu’ils constituent un clergé bon et fdèle. Merci à tous les fidèles de mon cher diocèse d’Arecibo pour votre affection et vos prières. Merci à tout le personnel de l’évêché, parce qu’il forme vraiment une famille élargie. Merci à ma famille pour son soutien inconditionnel, comme toujours. Merci également à mes frères et sœurs de différentes confessions chrétiennes pour les moments où, ensemble, nous avons élevé la voix pour défendre la famille.

Que Dieu vous bénisse tous.

Dans le Christ mort et ressuscité,

+Daniel
(Mgr Daniel Fernandez Torres)



© leblogdejeannesmits pour la traduction.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement.  S’abonner à la lettre d’informations : clic !


• Voulez-vous soutenir matériellement ce blog ? C'est possible !
D’avance grand merci à ceux d'entre vous qui verseront une libre participation via ce lien : paypal.me/SmitsJeanne.

Pour contribuer par chèque, me contacter en écrivant à jeanne.smits.blog@gmail.com.


© leblogdejeannesmits

16 janvier, 2021

Argentine : Alberto Fernandez promulgue une loi d’avortement à la demande qui méprise les droits des objecteurs de conscience

Le président argentin Alberto Fernandez a promulgué jeudi la loi sur l’avortement qui entrera en vigueur neuf jours après sa publication au Journal. C’était une promesse de campagne de Fernández – après de multiples tentatives infructueuses du lobby de la culture de mort –, et sa discussion a débuté au Congrès national le 1er décembre 2020. Il aura fallu moins de deux mois pour que le projet de loi soit approuvé par le Congrès, suivi par le Sénat qui l’a approuvé par 38 voix pour, 29 contre et 1 abstention. Et il n’aura fallu que deux ans pour inverser le courant depuis le rejet d’un projet de dépénalisation en 2018.

C’est une loi extrêmement libérale puisqu’elle autorise les avortements jusqu’à la 14e semaine de grossesse sans qu’il soit nécessaire d’établir un motif pour en faire la demande. Passé ce délai, il est possible de demander un avortement pour cause de viol, la demande de la femme étant suffisante. Les femmes de plus de 16 ans doivent simplement signer une déclaration sous serment. Pour les filles de moins de 13 ans, aucune attestation ne sera requise et pour celles ayant entre 13 et 16 ans, seul un « consentement éclairé » écrit sera exigé. Après 14 semaines de gestation, un avortement pourra également être pratiqué en raison d’un « danger pour la vie ou la santé » de la mère. 

« Il y a eu un vaste débat sur la question » : c’est avec ces mots qu’on peut résumer, avec ACIPrensa, l’argumentaire des pro-mort. Ils ont en effet mené une campagne d’une rare intensité, qui a culminé avec le délire joyeux des foules de féministes qui ont salué le vote de la loi à Buenos Aires.

Le projet a été adopté à marches forcées : en décembre 2020, les sessions parlementaires ont été modifiées, le nombre de présentations d’experts a été réduit et le projet de loi a été approuvé malgré le fait que plus de 90 % de la population argentine sont opposés à l’avortement légal.

Lors de la cérémonie de promulgation, qui s’est tenue au Musée du Bicentenaire de la Casa Rosada – le palais présidentiel argentin – Alberto Fernandez a déclaré qu’il avait tenu parole et que cette loi rendait l’Argentine « un peu plus égalitaire, un peu plus juste ».

« Nous sommes beaucoup d’hommes à nous sentir très mal de devoir vivre avec l’inégalité », a déclaré Alberto Fernandez, ajoutant foi à l’idée que la pénalisation de l’avortement fait des femmes des citoyennes de seconde zone. Et d’ajouter : « Je suis très heureux de mettre fin au patriarcat car c’est une grande injustice qui a été vécue au sein de l’humanité pendant des siècles. » Le discours sur le patriarcat est évidemment celui du féminisme radical : il fait le lit de l’idéologie du genre et du rejet de toute loi naturelle.

« Nous sommes en train d’élargir la capacité de décision », a ajouté Fernandez avec gourmandise : « Qu’il est saisissant de constater qu’au XXIe siècle, nous discutons de ces choses… Nous donnons plus de liberté aux femmes et plus de capacité de décision… C’est un pas immense et c’est aussi le résultat d’une lutte collective », a-t-il renchéri. Oui : autonomie de la créature humaine qui détermine son propre « bien » et en décide, libérée des dogmes et des lois : si ce n’est pas un discours franc-maçon, je mange mon chapeau.

Le ministre de la femme, de l’égalité des sexes et de la diversité, Elizabeth Gomez Alcorta, le ministre de la santé, Ginés González García, la secrétaire juridique et technique, Vilma Ibarra, et d’autres représentants des partisans de l’avortement se sont joints à la présidente. Vilma Ibarra se trouve avoir été la concubine du président argentin de 2005 à 2014.

Elle a insisté sur le fait que le projet de loi sur l’avortement « répond à un très grave problème de santé publique, l’avortement clandestin » ; tant il est vrai que l’argumentaire du lobby de la mort est invariable. Elle a également déclaré que la loi « ne viole les croyances de personne » : « Personne n’aura à vivre ou à prendre des décisions contre ses convictions, chacun pourra continuer à prendre des décisions en fonction de ses croyances et de ses convictions », a-t-elle assuré.

La loi qui vient d’être promulguée par le président argentin comporte la reconnaissance de la clause de conscience. Mais elle est toute relative puisque le médecin objecteur qui ne peut être contraint à participer directement à un avortement sera obligé d’indiquer à sa patiente un médecin non objecteur pour qu’elle soit « soignée » dans les plus brefs délais.

Pire : si « la vie ou la santé » de la mère sont menacées, le médecin objecteur sera obligé d’exécuter l’opération – et il s’agit là, vu les dispositions de la loi, d’avortements tardifs, au-delà de 14 semaines de gestation.

Par ailleurs, l’objection de conscience est accordée uniquement aux personnes, et non aux institutions. Si dans tel établissement de santé, tous les médecins sont objecteurs, son administration devra renvoyer la femme vers un autre plus complaisant, tout en continuant de gérer son dossier et en se voyant imputer les frais relatifs à l’intervention.

Pour Jorge Nicolás Lafferrière, professeur de « Biodroit » à l’université catholique d’Argentine, la loi est « injuste et inconstitutionnelle » précisément dans la mesure où elle oblige le médecin à une forme de coopération avec l’avortement à travers les mesures précitées. Par ailleurs, souligne-t-il, les autres soignants – échographistes, anesthésistes, généticiens, pharmaciens… sont exclus de l’objection de conscience.

L’entrave et le retardement d’un avortement imputables à un fonctionnaire public ou un soignant sont par ailleurs punis de trois mois à un an de prison.
C’est méconnaître le droit fondamental et même non écrit à l’objection de conscience, juge Lafferrière, et ce d’autant en cette occurrence que « l’avortement contredit des principes fondamentaux de l’éthique médicale, à commencer par le serment d’Hippocrate ».

Des représentants de groupes pro-vie ont annoncé le dépôt d’une procédure de recours devant la cour constitutionnelle argentine.

Il y a moins d’un an, ce président si ravi de donner de nouveaux droits octroyés aux femmes victimes d’un « patriarcat » multiséculaire était de passage à Rome avec son actuelle concubine, Fabiola Yañez. Il y était reçu par le pape François pour un entretien « long et cordial » comme on dit en langage diplomatique pour signifier une belle entente. L’exhortation Amoris laetitia fut remise au couple présidentiel : ça tombait bien, Alberto et Fabiola venaient de communier à la messe célébrée pour eux au Vatican.

Il semble établi que Fernandez s’est fâché très fort en apprenant, une fois rentré chez lui, que d’après le communiqué du Vatican à la suite de sa visite à François, le sujet de l’avortement avait été évoqué, et que le Vatican a noyé le poisson dans un nouveau communiqué rectificatif.

Fernandez, lui, avait été on ne peut plus clair, assurant à la presse, à peine sorti de Sainte-Marthe, qu’il ne reculerait pas sur le sujet de la légalisation de l’avortement. L’affaire aura été un peu retardée par le COVID-19 (et des mois de confinement meurtriers pour l’économie argentine), mais voilà, c’est fait : l’Argentine a basculé officiellement dans le camp de la mort.

A ce jour, le pape argentin n’a pas publiquement commenté la légalisation de l’avortement à la demande en Argentine sinon en déclarant, le 30 décembre après l’adoption définitive du sujet : « Les chrétiens, comme tous les croyants, bénissent Dieu pour le don de la vie. Vivre c’est avant tout avoir reçu la vie. Nous naissons tous parce que quelqu’un a désiré la vie pour nous. » C’est à la fois œcuménique et confus ; on l’a connu, sur le sujet, plus direct.


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

• Pour soutenir ce blog : rendez-vous sur paypal.me/SmitsJeanne, ou virement sur
IBAN : FR78 3000 2089 0000 0058 5657 G83, BIC : CRLYFRPP  (Jeanne Figueras).
D’avance très grand merci pour votre participation !


© leblogdejeannesmits

06 mars, 2020

Les religions doivent se soumettre à l'ONU en matière de droits des femmes, droits LGBT… selon un rapport sur les droits de l'homme

Il est urgent d'abroger les lois qui « discriminent » à l'encontre des femmes et de la communauté LGBT+ au nom de la religion : telle est la conclusion, en substance, d'un rapport publié fin février par le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté de religion et de croyance, le Maldivien Ahmed Shaheed. Le rapport est téléchargeable ici.

La photo ci-dessus illustre le communiqué de presse de l'ONU à son sujet ; elle représente un couple lors de la Gay Pride de Ney York en 2018.

Son rapport met dans le même sac la lapidation pour adultère et l'interdiction de l'avortement, les mariages précoces ou forcés et les « stéréotypes de genre » qui impose tel ou tel rôle aux hommes et aux femmes en fonction de leur sexe, la criminalisation des actes homosexuels et l'accès aux droits familiaux pour les LGBT.

Ce rapporteur onusien chargé d'assurer le droit de chacun de pratiquer sa religion (ou de n'en avoir point) met en balance deux types d'approche : d'une part, une série de droits absolus dont l'ONU assure systématiquement la défense – droits relatifs au genre, droits des femmes, droit à la santé reproductive, etc. –et de l'autre, les droits liés à la religion, plus relatifs, qui peuvent être restreints dès lors qu'ils portent atteint aux premiers. Ces droits d'ordre religieux comprennent évidemment tous les préceptes de la morale traditionnelle qui doive céder le pas devant la nouvelle anti-morale globale.

Précisons tout de suite qu’Ahmed Shaheed, expert indépendant et d'ailleurs non rémunéré pour ce rapport n'émet que des avis consultatifs. Il n'empêche que sa prose est distribuée par les canaux d'information de l'ONU et entre dans le corpus des documents internationaux où il est d'usage qu'on se cite mutuellement, et que la terminologie utilisée dans les documents contraignants en soit affectée.

S'agit-il dans le cas du rapport présenté au Conseil des droits de l'homme de l'ONU de proposer que les religions traditionnelles modifient leurs croyances et leurs préceptes moraux ? Comme l’observe Rebecca Oas de l’organisation pro-famille C-Fam, Shaheed ne va pas jusque-là, mais il pose que le christianisme et l’islam sont susceptibles d'être interprété de manière « patriarcale » ou non, et il cite des universitaires favorables à des réinterprétations « progressistes » des grandes religions traditionnelles.

On retrouve ici l'idée force du mondialisme actuel qui s'accommode de l'existence de religions mais à la condition de leur restructuration afin de les rendre compatibles avec le relativisme global qui les met toutes sur un pied d'égalité, sous la coupole des droits de l'homme est au service d'une prétendue harmonie d'ensemble.

Cette approche permet au demeurant de mettre toutes les religions dans le même sac, sans faire de distinction, par exemple, entre la reconnaissance de mariages forcés dans le cadre musulman et l'interdiction de l'avortement pour quelque motif que ce soit dans des pays de tradition catholique ou chrétienne.

Le rapport dénonce de même comme abusivement fondées sur des considérations religieuses des restrictions imposées en Pologne sur la revendication de « droits LGBT » ou de l'expression de ce mode de vie.

C'est ainsi que le résume le rapport d’Ahmed Shaheed :
« Il est particulièrement préoccupant de constater que dans toutes les régions du monde, les acteurs invoquant des justifications religieuses pour leurs actions ont plaidé auprès des gouvernements et du grand public pour la préservation ou l'imposition de lois et de politiques directement ou indirectement discriminatoires à l'égard des femmes, des filles et des personnes LGBT+. Dans toutes les régions du monde, le rapporteur spécial a identifié des lois promulguées dans le but d'imposer des normes de conduite prétendument exigées par une religion particulière qui privent effectivement les femmes et d'autres personnes du droit à l'égalité et à la non-discrimination sur la base de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. »
Voici ce qu'affirme le rapport à propos de l'avortement, de l’accès à la procréation artificielle, à la contraception et au changement de sexe :

« Le rapporteur spécial note que dans un certain nombre de pays du monde, les gouvernements continuent de maintenir des interdictions partielles ou totales d'accès à l'avortement, et que des personnalités religieuses ont à la fois encouragé ces mesures et plaidé contre les efforts de réforme des lois. Lors des consultations tenues en Amérique latine, il a été affirmé que les lois et les politiques qui restreignent les droits sexuels et reproductifs dans la région sont inspirées par des édits religieux discriminatoires, y compris les interdictions partielles ou totales de l'accès à l'avortement et à la contraception, les interdictions des technologies de reproduction assistée et de la chirurgie de réassignation sexuelle, et la limitation de l'offre d'une éducation sexuelle factuelle. »

Autre exemple :

« Les participants à la consultation ont également indiqué que les lois restrictives sur l'accès à l'avortement et à la contraception en Afrique subsaharienne étaient pour la plupart héritées des lois coloniales antérieures à l'indépendance, mais qu'elles sont maintenues, en partie, en raison des pressions exercées par certains groupes religieux.  Environ 13,2 % des décès maternels dans la région “peuvent être attribués à des avortements non médicalisés”. »

En clair, il s'agit d'une revendication mondiale de la légalisation sans condition de l'avortement, et d’une dénonciation des constitutions protectrices de la vie dès la conception – comme aux Philippines – mais aussi des revendications en dans le sens de la moralité traditionnelle, attribuées à une conception « patriarcale » de la religion.

Lisez plutôt :

« Le rapporteur spécial est profondément préoccupé par les nombreux rapports qu'il a reçus et par les informations fournies à d'autres mécanismes des Nations unies pour les droits de l'homme, selon lesquels des groupes d'intérêt religieux seraient engagés dans des campagnes qualifiant d'“immoraux” les défenseurs des droits qui luttent contre la discrimination fondée sur le sexe et qui cherchent à saper la société en épousant “une idéologie de genre” préjudiciable aux enfants, aux familles, aux traditions et à la religion. Invoquant des principes religieux ainsi que la pseudoscience, ces acteurs plaident pour la défense de valeurs traditionnelles ancrées dans les interprétations des enseignements religieux sur les rôles sociaux des hommes et des femmes en fonction de leurs prétendues capacités physiques et mentales naturellement différentes ; ils demandent souvent aux gouvernements d'adopter des politiques discriminatoires. D'autres Procédures spéciales des Nations unies et des participants à des consultations régionales ont également documenté les activités de groupes de mieux en mieux coordonnés qui abusent, disent-elles,de la liberté de religion ou de conviction sur les différents continents dans les médias, par le biais de litiges et de campagnes politiques visant à contrer les droits de l'homme au nom de la religion ou des croyances. »
Ahmed Shaheed se défend cependant de s’en prendre aux religions en tant que telles en soulignant l’existence de tendances diverses en leur sein :

« Le rapporteur spécial note cependant que le rôle des groupes religieux dans la perpétuation des normes qui favorisent les attitudes inéquitables entre les sexes est complexe car les communautés religieuses elles-mêmes ne sont pas monolithiques. Une multitude de voix s'élèvent au sein des groupes et institutions religieux, y compris des acteurs confessionnels qui font campagne pour les droits des femmes, des filles et des personnes LGBT+ et travaillent à promouvoir l'égalité des sexes au sein de leur confession. Les défenseurs des religions, à travers de multiples traditions, ont longtemps cherché à contester les normes et les attentes qui sapent les droits humains des femmes, des filles et des personnes LGBT+ ; beaucoup ont élargi les rôles de direction et d'influence des femmes dans les religions et ont contesté les interprétations des textes religieux qui sont utilisés pour “justifier” la discrimination et d'autres pratiques néfastes à l'encontre des femmes, des filles et des personnes LGBT+.  
« Leurs travaux montrent clairement que les religions ne sont pas nécessairement la source de la discrimination et de la violence fondées sur le sexe, mais que ce sont plutôt les interprétations de ces croyances, qui ne sont pas protégées en soi et qui ne sont pas nécessairement partagées par tous les membres d'une communauté religieuse, qui sont souvent à l'origine de la violence et de la discrimination fondées sur le sexe. »

En clair, l'ONU ne protège pas ou ne devrait pas protéger les religions en tant que telle mais uniquement les droits individuels de leurs fidèles, et ce à condition que lesdits fidèles se soumettent à l'obligatoire protection des droits du genre, de la « santé reproductive », etc.

Ahmed Shaheed l’exprime ainsi, évoquant « l'intersection » entre les droits religieux et des droits des femmes et des LGBT+ en général :

« Une part essentielle du droit à la liberté de religion ou de conviction est que la liberté de religion ou de conviction ne doit pas être utilisée à des fins incompatibles avec la Charte des Nations Unies ou les instruments pertinents des droits de l'homme. »
L'une de ses recommandations les plus parlantes doit être citée :

« Abroger les lois discriminatoires, y compris celles qui ont été adoptées en référence à des considérations religieuses, qui criminalisent l'adultère, qui criminalisent les personnes sur la base de leur orientation sexuelle ou de leur identité ou expression de genre, réelle ou perçue, qui criminalisent l'avortement dans tous les cas ou qui facilitent les pratiques religieuses qui violent les droits de l'homme. »

D'ailleurs, il réclame ouvertement les restrictions à l'objection de conscience dès lors qu'il s'agit de protéger l'accès à l'avortement par exemple :

« Veiller à ce que les protections juridiques permettant aux individus de manifester leur religion ou leurs convictions, par exemple dans le cadre des soins de santé, n'aient pas pour effet de priver les femmes, les filles ou les minorités fondées sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre du droit à la non-discrimination ou d'autres droits ; dans tous les cas, les États devraient garantir le droit à l'intégrité physique et mentale ainsi que le droit à la santé, y compris à la santé génésique, des femmes, des adolescents et des personnes LGBT+, ainsi que l'accès effectif aux services de santé génésique et à une éducation sexuelle complète, conformément aux normes internationales. »

Voilà comment s'exprime le totalitarisme « soft » de l'ONU : d'abord à travers des textes non contraignants comme celui-ci, mais avec l'objectif à peine dissimulée de disposer à l'avenir d'une argumentation qui permette peu à peu de restreindre la liberté, chrétienne notamment, d'affirmer la morale naturelle.


Aidez-moi à maintenir le rythme des publications sur ce blog


Ce blog est d'accès gratuit et je tiens à ce qu'il en soit ainsi. La très grande majorité des textes et traductions publiés ici – telle l'analyse que vous venez de lire – le sont de manière bénévole. Un immense merci à ceux d'entre vous qui avez versé ou qui verseront une libre participation via le lien ci-dessous :
paypal.me/SmitsJeanne
Facture adressée par mail sur simple demande ; contactez-moi via jeanne.smits.blog@gmail.com si vous souhaitez contribuer par chèque ou virement.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



12 juillet, 2015

Etats-Unis : “Délivrez des licences de mariage homosexuel ou démissionnez”, dit le gouverneur du Kentucky, Steve Beshear

Steve Beshear, gouverneur démocrate du Kentucky
Le gouverneur du Kentucky, Steve Beshear, a publié un communiqué affirmant que les employés du gouvernement, et notamment les greffiers chargés de l'état-civil, doivent établir des licences pour les « mariages » homosexuels sous peine de licenciement. La menace formulée par le gouverneur démocrate précise que les fonctionnaires « sont tenus de reconnaître les mariages de même sexe comme valide et permettre à ceux-ci d'avoir lieu. » Elle a connu sa première exécution lorsque Steve Beshear a donné à un greffier (le « country clerk » comme on l'appelle aux Etats-Unis) l'ordre de choisir entre l'objection de conscience et la démission. C'est une mise en application concrète de l'arrêt Obergefell v. Hodges par lequel la Cour suprême des Etats-Unis a imposé le « mariage » gay à tous les Etats de l'Union.

Le greffier en question, Casey Davis, fait partie des officiers d'état civil qui dans nombre d'Etats ont décidé de ne pas suivre l'injonction de la Cour suprême et qui refusent de fournir des licences en vue du mariage aux couples de gays ou lesbiennes.

Il a été convoqué par le gouverneur qui s'est montré intraitable. Steve Beshear lui a dit : « Délivre des licences de mariage ou démissionne ! ». « Je ne peux pas démissionner… », a déclare Casey Davis à la presse : « J'ai une hypothèque à payer. »

Davis espérait voir Beshear convoquer une session législative extraordinaire en vue de discuter de la question de la liberté religieuse des chrétiens du Kentucky, et plus largement de ceux qui adhèrent à la définition traditionnelle du mariage. Le gouverneur a rejeté sa demande au motif que l'opération serait trop onéreuse : il a préféré opposer à Davis un ultimatum qui marque le mépris des partisans du « mariage » gay à l'égard de ceux qui s'y opposent pour des raisons religieuses – mais aussi par charité et amour des personnes homosexuelles puisqu'ils estiment que leur activité leur fait un tort à la fois spirituel et physique.

Le coût d'une session extraordinaire des législateurs du Kentucky est estimé à 63.000 dollars ; il s'en est tenu 9 au cours de ces 10 dernières années. Au total, 57 des 120 greffiers que compte l'Etat ont réclamé par lettre la tenue d'un tel débat.

Casey Davis : la prison plutôt que
la complicité avec le « mariage » gay
Casey Davis a refusé de plier devant les menaces du gouverneur Beshear: il ne compte ni délivrer des licences pour des « mariages » homosexuels ni démissionner. « La loi de la nature prévaudra sur n'importe quelle loi que l'homme mettra sur un bout de papier. Mon travail ne peut pas passer outre à ce que ma conscience autorise », a-t-il déclaré à la presse locale.

« Je ne suis pas à vendre », a-t-il insisté lors d'un manifestation en sa faveur peu avant son entretien avec le gouverneur. Davis a rappelé qu'il avait été choisi par les électeurs de son comté pour remplir la charge de greffier et qu'il avait juré « devant Dieu » de l'accomplir du mieux qu'il le pouvait . « C'est ce que j'ai l'intention de faire. »

Il a proposé que les licences pour « mariages » gays ne soient plus délivrées par des greffiers, personnes physiques, mais par voie automatisée en ligne, de même qu'on tient ses comptes ou que l'on fait ses courses en ligne. « Nous achetons nos permis de pêche et de chasse en ligne : pourquoi pas les licences de mariage ? Cela soulagerait les 120 greffiers de compté de cet Etat », a-t-il lancé.

Une autre greffière du Kentucky, Kim Davis, a refusé de délivrer une licence à deux gays qui voulaient se « marier » : la vidéo de leurs échanges a été postée en ligne et a déjà été vue plus 1,5 million de fois. Elle fait l'objet de poursuites de la part de l'American Civil Liberties Union (ACLU) qui réclame d'importants dommages et la saisie de la propriété de la greffière.

Si un partisans du « mariage » gay comme le gouverneur du Kentucky est prêt à sanctionner des objecteurs de conscience au nom d'une loi positive, l'affaire révèle que toutes les lois n'ont pas le même poids à ses yeux. Avant la décision de la Cour suprême, le Kentucky était sous le régime de l'amendement de « Protection du mariage » inscrit dans la loi de l'Etat. Jack Conway, procureur de l'Etat, s'était opposé en 2014 à la mise en œuvre cette loi au nom de son opposition à la « discrimination », en refusant d'interjeter appel contre une décision d'un juge de l'Etat qui avait ordonné que le « mariage » gay soit reconnu.

Casey Davis a dénoncé ce « deux poids deux mesures » en ajoutant que si la défense de sa liberté religieuse devait l'amener en prison, il était « prêt ».


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



06 juillet, 2015

Première euthanasie en Colombie : Octavio Gonzalez est mort vendredi après une injonction des autorités de tutelle de sa clinique

Pour la première fois dans l’histoire de la Colombie et même de l’Amérique latine, un Colombien s’est prévalu d’une jurisprudence autorisant le suicide assisté dans son pays pour obtenir l’euthanasie. Octavio Gonzalez, 79 ans, est mort vendredi dernier dans la clinique Oncólogos de Occidente de Pereira, dans la province de Risaralda. Il souffrait d’un cancer de la face en phase terminale pour lequel seuls les soins palliatifs pouvaient lui être proposés. Son histoire a été fortement médiatisée, un fait qui laisse prévoir de nouvelles pressions pour généraliser ce « droit » à la mort choisie dans un pays naguère catholique.
La Colombie a rejoint le petit nombre de pays au monde qui autorisent l’euthanasie par le biais d’une décision de la Cour constitutionnelle qui avait approuvé le suicide assisté dans le courant des années 1990. Faute de régulation de la procédure, la décision – dont il faut préciser qu’elle n’a pas été approuvée par un vote du Congrès colombien – est restée dormante. Ce n’est qu’en mai dernier que le ministère de la Santé a publié une série de directives autorisant non plus le suicide assisté mais l’euthanasie qui est désormais encadré et peut être pratiqué sur une personne qui la demande de manière lucide et délibérée, au nom du « droit fondamental » à « mourir dignement ».
L'euthanasie est arrivée en Colombie par le biais des juges
Gouvernement des juges ? Oui, c’est dans de nombreux pays que les juges font la loi et la poussent dans le sens de la culture de mort. La Colombie est un cas d’école : l’avortement y a également été imposé par voie juridictionnelle.
José Ovidio Gonzalez Correa a adressé sa demande d’euthanasie aux médecins de sa clinique en juin, « sous serment », évoquant son « intention d’être euthanasié » alors qu’il était « en pleine possession de ses facultés mentales et de manière libre et volontaire ». Il était malade depuis cinq ans d’un cancer qui commençait à détruire son visage.
La presse colombienne n’a pas manqué de montrer des images de ce visage meurtri et défiguré, comme si cela était conforme à la dignité humaine : l’intention de susciter l’approbation publique par la force de l’image était évidente.
Le 26 juin tout était prêt, Ovidio Gonzalez avait pris congé de sa femme, de io GOnzalez ses enfants, de ses proches : ses affaires étaient en ordre. Mais à 15 minutes de l’heure prévue pour l’expédier ad patres, le fils du malade recevait un coup de fil dans sa voiture de la part de la clinique : le comité scientifique créé pour l’occasion s’était réuni et l’un des médecins, le thanatologue Juan Pabo Cardona, s’opposait à la procédure. La mort annoncée n’aurait pas lieu…
L'euthanasie d'Octavio Gonzalez imposée par les autorités de tutelle
contre la volonté d'un médecin

Le fils, Julio Cesar Gonzalez, connu en Colombie comme dessinateur de presse sous le nom (prédestiné ?) de « Matador », s’est lancé alors dans une bataille pour obtenir la mise à mort de son père. L’estocade ? Il a en tout cas publié plusieurs dessins sur son père dans son journal, El Tiempo, l'un des principaux quotidiens du pays.

C’est à partir de ce moment-là également que l’affaire fut médiatisée : le fils expliquait qu’il n’était pas possible de donner « un tel coup au moral » de la famille alors que tous avaient fini par « assumer cette si difficile décision ». On attendit le passage du « pont » de la fin juin. Dès le mardi suivant, le père présenta par la voix de son avocate, Adriana Gonzalez, une demande devant les autorités de tutelle pour exiger son « droit à mourir dignement ».
Les autorités ayant ordonné à la clinique de se soumettre, celle-ci céda et se mit d’accord jeudi dernier avec Don Ovidio pour programmer sa mort. Elle était prévue pour les jours qui viennent mais pris d’un accès de fièvre après un changement de médicament il exigea que les choses aillent plus vite. « Il faut que ce soit aujourd’hui ou demain, mais je ne peux pas aller jusqu’à samedi », dit-il à son épouse.
La clinique a pris la décision alors de l’euthanasier pendant son sommeil, vendredi matin, en présence de sa femme et de ses quatre enfants, mais aussi d’un médecin qui avait « accompagné » sa demande, ainsi que son avocate.
Immanquablement, celle-ci a témoigné à la radio des derniers instants de son client : « Tout a été très tranquille, très beau. C’était sublime. »
Bien sûr. L’euthanasie, c’est toujours « sublime » au regard de ses partisans.
Quand en plus ils peuvent l’imposer contre la volonté d’un opposant, comme ce fut le cas pour cette première euthanasie de Colombie, ils la savourent d’autant plus. Car cela les assure contre l’objection de conscience.
L’Eglise catholique de Colombie, qui gère de nombreux établissements de santé dans le pays, a déclaré que l’euthanasie est moralement inacceptable et elle a menacé de fermer ses hôpitaux maintenant que les autorités colombiennes imposent aux médecins un véritable devoir de tuer.
• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



14 juin, 2015

Pologne : Bogdan Chazan, révoqué pour avoir refusé de se rendre complice d'un avortement, blanchi par une commission de discipline

Bogdan Chazan
Bogdan Chazan, le médecin polonais qui a été révoqué de son poste de directeur de l’hôpital de la Sainte Famille à Varsovie l’été dernier pour avoir refusé de pratiquer l’avortement sur une femme dont l’enfant avait de graves malformations, vient d’obtenir une victoire devant la commission de discipline chargée de son cas. Il ne s’est pas rendu coupable d’une « faute professionnelle » dans le traitement d’une patiente et sa dénonciation n’était pas justifiée, a jugé vendredi la commission.
Bogdan Chazan avait osé invoquer son droit à l’objection de conscience, dans un pays où la malformation fœtale constitue l’une des rares « excuses » justifiant l’avortement. Il expliquait à l’époque qu’il avait fait le choix d’exprimer par écrit les raisons de son refus, de manière « ostentatoire ». Il a en effet refusé d’indiquer à la candidate à l’avortement un autre établissement où l’on accéderait à sa demande, comme l’exige la loi en Pologne qui limite ainsi de manière injuste l’objection de conscience.
Ce gynécologue, connu pour ses positions provie, est ainsi resté fidèle à ses convictions de toujours ; on ne peut pas exclure d’ailleurs qu’il ait fait l’objet d’une opération de « testing » puisque l’hostilité personnelle du Dr Chazan est bien connue en Pologne.
La femme qui lui réclamait un avortement avait bénéficié d’une fécondation in vitro dans une clinique qui n’assure pas le suivi des grossesses. Elle s’était adressée à l’hôpital de la Sainte Famille dirigée par le Dr Chazan où le médecin chargé de cette patiente avait décelé une anomalie à l’échographie à 21 semaines de grossesse. Ce médecin l’avait renvoyée vers un hôpital plus « accommodant », l’Institut de la Mère et de l’Enfant, en demandant à celui-ci d’envisager l’avortement… Refus.
De retour à l’hôpital de la Sainte Famille, la femme – désormais enceinte de plus de 24 semaines – demanda de nouveau l’avortement. Le Dr Bogdan Chazan refusa, en lui indiquant les raisons de son refus et en soulignant qu’il ne pouvait faire autrement en tant que catholique pratiquant, mais en proposant de suivre la femme et l’enfant et d’assurer à celui-ci, après la naissance, les soins palliatifs.
Cette fois ce fut la femme qui refusa et qui s’adressa à un autre hôpital connu pour pratiquer des avortements : à l’hôpital Bielański, on lui expliqua que les délais étaient dépassés et c’est là que l’enfant devait naître, un petit garçon qui vécut quelques jours.
Les politiques se sont aussitôt engouffrés dans la brèche. Le maire de Varsovie, Hanna Gronkiewicz-Waltz, imposait des sanctions immédiates sans que le médecin puisse se défendre. Le Premier ministre libéral, Donald Tusk, osait déclarer : « Quoi que lui dicte sa conscience, un médecin doit accomplir la loi. Chaque patient doit avoir la certitude que le médecin accomplira toutes les procédures conformément à la loi et à son devoir. » Le leader de l’Alliance de la gauche démocratique, Leszek Miller, a déclaré que le refus du Pr Chazan de participer à l’avortement relève de la« psychopathie ». (L’asile psychiatrique pour ceux qui pensent mal ?) L’hôpital de la Sainte Famille fut soumis à une forte amende et le Dr Bogdan Chazan relevé de ses fonctions de directeur.
Le ministère polonais de la Santé avait soutenu la sanction, assurant que Bogdan Chazan avait contrevenu aux normes de la bonne pratique médicale en refusant de signaler à la patiente un établissement ou un médecin disposé à pratiquer l’avortement (eugénique) qu’elle réclamait.
Totalement blanchi par la commission disciplinaire, le Dr Bogdan Chazan a indiqué qu’il entend désormais réclamer aux autorités qu’ils le rétablissent à son poste de directeur de l’hôpital.
« J’ai subi une peine très lourde et je considère qu’elle n’était ni raisonnable ni juste », a-t-il indiqué à la presse polonaise, ajoutant que la décision de la commission de discipline lui a fait retrouver la « foi en la justice ».
Alors qu'une plainte déposée auprès du procureur a été classée sans suite, la décision du Dr Chazan n'ayant entraîné aucun danger pour la mère, on assure du côté des autorités municipales de Varsovie que la décision de la commission de discipline relative à l'objection de conscience est une chose, mais que les responsabilités du médecin en tant que directeur de l'hôpital en sont une autre. L'histoire n'est pas terminée.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner



© leblogdejeannesmits



09 février, 2015

Belle victoire pour la vie en Italie : suspension du décret interdisant l'objection de conscience


Le Conseil d'Etat italien a donné partiellement raison au Movimento per la Vita et aux associations des médecins et des gynécologues  catholiques qui avaient fait appel contre un décret régional contre l'objection de conscience en matière de prescription de contraceptifs et de délivrance de certificats attestant d'une demande d'« interruption volontaire de grossesse ». Les associations pro-vie avaient mis en avant le droit des médecins du réseau public de ne pas participer, directement ou indirectement, à l'avortement : ces médecins voulaient continuer de pouvoir refuser la pilule du lendemain ou les dispositifs intra-utérins qui peuvent fonctionner comme des abortifs précoces. La suspension porte sur la signature des attestations de demande d'avortement.

La décision a été rendue publique par le Movimento per la Vita samedi : le Conseil d'Etat a pour partie suspendu le décret qui avait limité l'objection de conscience des médecins, le 12 mai 2014, à la grande satisfaction des pro-avortement qui se plaignent de plus en plus activement en Italie du nombre croissant de médecins objecteurs, notamment dans le Latium. Le décret portait le nom de Nicola Zingaretti, président de la région.

Ce n'est qu'une suspension, et partielle, mais le président du Mouvement italien pour la vie souligne l'importance de cette décision qui « souligne l'importance constitutionnelle de l'objection de conscience ». Carlo Casini a noté que les juges, qui ont agi par « précaution », n'ont pas voulu se prononcer sur le caractère abortif ou non des différentes pilules du lendemain, en se contentant des données fournies par les agences européennes de contrôle des médicaments. Leur hésitation, note Casini, montre « que la documentation fournie par le Mouvement pour la vie a instillé le doute dans le Conseil d'Etat ». Si le caractère potentiellement abortif de la contraception d'urgence peut être démontré, cela ouvrira la voie à un rétablissement complet du droit à l'objection de conscience.

Un autre recours est en attente de jugement devant le tribunal administratif : il concerne le droit des médecins exerçant dans les cliniques de planification familiale d'opposer leur objection de conscience dans les mêmes conditions.

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



17 décembre, 2014

Avortement : la Cour suprême d’Ecosse refuse l’objection de conscience aux sages-femmes

Connie Wood et Mary Doogan.
A elles deux, elles ont mis plus de 10.000 bébés au monde.
Deux sages-femmes écossaises, Mary Doogan et Connie Wood, ont vu rejeter leur demande de reconnaissance de leur droit de ne pas superviser des avortements pratiqués en salle de travail par la Cour suprême d’Ecosse ce mercredi matin. Catholiques toutes deux, étaient en conflit depuis plusieurs années avec le « National Health Service » – NHS, le service public britannique de la santé – de leur secteur, qui cherchait à les obliger à exercer une surveillance hiérarchique de leurs subordonnées dans les procédures d’avortement. Une mesure perçue comme vexatoire alors que les avortements ne représentent qu’une petite partie de la charge de travail dans leur service à l’hôpital de Glasgow qui les emploie : il aurait été très facile d’aménager leur travail afin que leur droit à l’objection de conscience puisse être respecté.
Une cour d’appel d’Edinbourg avait donné raison aux deux sages-femmes l’an dernier, affirmant que Mary Doogan et Connie Wood pouvaient au titre de l’objection de conscience récuser toute forme de participation à l’avortement, y compris la surveillance hiérarchique d’autres personnes qui le pratiqueraient.
Les deux femmes ont réagi en soulignant que la décision de la Cour suprême aboutit à un aménagement de la clause de conscience « qui la rend désormais en pratique sans objet pour les sages-femmes responsables d’une salle de travail ».
L’archevêque catholique de Glasgow, Philip Tartaglia, qui est également président de la conférence des évêques d’Ecosse, a aussitôt déclaré au Scottish Observer : « Je suis consterné et déçu par cette décision de la Cour suprême qui a des répercussions fondamentales sur le droit de chaque citoyen de ce pays d’agir en accord avec sa conscience sur son lieu de travail. Cette affaire n’a jamais été celle du bien-fondé ou non de l’avortement. Ce n’était pas non plus une affaire de religion. Il s’agissait du droit du citoyen ordinaire de voir sa conscience respectée dans la société et au travail. La société tout entière est devenue plus pauvre, moins respectueuse et moins tolérante à cause de cette décision. »
Il souligne – involontairement sans doute – les limites imposées au débat sur l’avortement par l’approche de l’objection de conscience, qui se place forcément sur le plan relatif : le subjectivisme des uns face aux exigences imposées par les autres, les plus forts. On en oublierait que l’objection de conscience n’a de sens que devant des pratiques objectivement rejetées par la conscience au titre d’un interdit moral général. En l’occurrence : « Tu ne tueras pas. » C’est l’existence de cet interdit moral qui explique que l’objection de conscience par rapport au service militaire, par exemple, ait pu être pris en compte. Ne pas porter le débat sur ce plan, c’est déjà une forme de défaite.
La SPUC (Société pour la protection de l’enfant à naître, plus ancienne et plus importante association pro-vie britannique) a soutenu les deux sages-femmes dans leur combat judiciaire, prenant notamment à sa charge les frais judiciaires. Elle a réagi en dénonçant les termes très larges de la décision qui font peser de nouvelles menaces sur les professions de santé britanniques. Son secrétaire général, Paul Tully, a publié ce communiqué :
« La SPUC reconnaît l’immense dette de toute la communauté pro-vie à l’égard de Mary Doogan et Connie Wood qui ont mené ce combat pendant ces sept dernières années. Elle se sont battues non seulement pour leurs propres carrières, mais pour tous les membres actuels et à venir de la professions qui voudraient défendre le droit à la vie de chacun, depuis l’instant de la conception, sans discrimination. Nous sommes amèrement déçus pour elles. 
La décision de ce jour rend probable, malheureusement, que des sages-femmes en poste de responsabilité qui refusent de tuer des bébés doivent quitter leur profession. Les sages-femmes plus jeunes pourront peut-être encore exercer dans des salles de travail où se pratiquent des avortements mais elles seront au  mieux limitées au statut de “membre du staff”. Elles pourraient facilement être placées dans une situation impossible par des supérieurs pro-avortement, et ne pourraient bénéficier d’une promotion à un poste de responsabilité sans craindre de devoir violer leur conscience. Cela aura des répercussions pour toute personne qui s’oppose à l’avortement, qu’elle professe une religion ou qu’elle n’en professe aucune. Cela créera un statut de seconde classe parmi les sages-femmes pour celles qui se limitent à mettre les bébés au monde et qui ne les tuent pas. 
En outre, la Cour a saisi l’occasion de cette affaire pour décider que la clause de conscience de la loi sur l’avortement ne s’appliquait pas aux généralistes, et que les médecins hospitaliers à qui l’on demandera de prescrire des produits abortifs ne seront pas davantage couverts par la clause de conscience. Nous prévoyons que cela conduira à des efforts renouvelés de la part de la hiérarchie des services de santé pour contraindre les médecins ayant une objection de conscience par rapport à l’avortement, soit à compromettre leur respect de la vie humaine, soit à quitter la profession. SPUC soutiendra les médecins et les encouragera à résister à de telles manœuvres d’intimidation. 
Le lobby de l’avortement a longtemps soutenu que les objecteurs de conscience devaient être contraints à renvoyer les femmes cherchant à obtenir un avortement légal vers d’autres praticiens. Des institutions comme le Département de la santé ont restreint le champ de cette obligation en affirmant que cela ne vat que lorsque les conditions légales pour un avortement sont réunies, mais la Cour suprême a décidé que tout professionnel de la médecine qui refuse de procurer un avortement doit renvoyer la patiente vers quelqu’un qui soit disposé à le pratiquer. Cela semble dépasser de très loin le champ de la loi sur l’avortement, et en outre il ne s’agit même pas d’une question sur laquelle la Cour avait à décider dans cette affaire. 
La Cour a pourtant déclaré que les sages-femmes et les médecins qui sont objecteurs de conscience sont obligés de renvoyer les patientes qui réclament l’avortement vers des collègues qui ne sont pas objecteurs. Cela va plus loin que le Conseil général de la médecine dont les directives actuelles affirment que les médecins doivent renvoyer la patiente vers un autre médecin, mais sans exiger qu’ils vérifient que ce dernier soit certifié “pro-avortement”. »

• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



14 décembre, 2014

Argentine : l’Etat demande pardon pour ne pas avoir procuré l’avortement à une jeune handicapée mentale

Des représentants de l’Etat fédéral argentin et de la province de Buenos Aires ont officiellement demandé pardon à une jeune femme aujourd’hui âgée de 27 ans qui était tombée enceinte à la suite d’un viol il y a 8 ans, et qui n’avait pas obtenu l’avortement dépénalisé. Cet avortement n’aurait pas été punissable en effet en tant que la jeune femme était déficiente mentale et avait violée, aux termes du code pénal national argentin. Sa mère et sa sœur avaient fait le tour des hôpitaux et des juridictions de leur région pour obtenir cet avortement, en vain.
« Au nom de l’Etat, je demande pardon pour l’horreur et pour l’erreur de cette affaire », a déclaré Carlos Pisoni, sous-secrétaire à la Promotion des droits humains, lors de la cérémonie de vendredi après-midi. Il était accompagné de Maria Grass, présidente du Conseil national des Femmes.
La jeune femme, Micaela, avait été violée par son oncle en 2006, à 19 ans, mais avec un âge mental de 10 ans. Elle était déjà enceinte de 14 semaines (semaines de gestation) lorsque ses proches sollicitèrent pour elle l’avortement à l’hôpital Saint Martin de la Plata, qui refusa. Dans la foulée, un juge des mineurs, Ines Siro, devait interdire que l’avortement fût pratiqué. On conseilla à la mère, Vicenta, que l’enfant à naître fût donné pour l’adoption.
La mère de Micaela, illettrée, domestique, obtint alors l’aide d’organisations féministes qui entamèrent une procédure judiciaire. Elles menèrent le cas jusqu’à la Cour suprême de l’Argentine qui se prononça en faveur de l’avortement, signalant que dans les cas dépénalisés par la loi il n’était pas nécessaire d’obtenir une autorisation judiciaire préalable. En fait, les associations féministes avaient aidé Micaela à obtenir un avortement « privé »… Elles l’ont accompagnée dans sa demande d’indemnisation qui a culminé avec une résolution du Comité des droits de l’homme de l’ONU : il y a trois ans, celui-ci a qualifié l’entrave à l’avortement de Micaela comme une violation de ses droits humains et a ordonné à l’Argentine de lui offrir des « mesures de réparation comprenant une indemnisation adéquate », et de « prendre des mesures pour éviter que de telles violations aient lieu à l’avenir ».
Lors de la cérémonie… appelons-la « pénitentielle », l’Etat argentin et les autorités de Buenos Aires ont entouré la jeune femme de prévenances et de respect. Elle peint depuis un an : une exposition de ses œuvres a été organisée dans l’auditorium de l’annexe de la Chambre des députés à Buenos Aires et bien sûr, tout a été vendu.
Mais ça, c’est l’anecdote. Sur le fond, Micaela a non seulement reçu des excuses formelles : en août, la coordinatrice des affaires juridiques internationales de la secrétairerie des droits humains de la Nation, Ana Oberlin, et le sous-secrétaire aux droits humains de la province de Buenos Aires s’étaient déjà engagés à offrir à la jeune femme une couverture santé, l’insertion dans le monde du travail, des bourses pour son instruction, une maison et une réparation pécuniaire. Pour faire bonne mesure, la décision du comité de l’ONU sera publiée dans des journaux à tirage national et provincial.
Vicenta, la mère de Micaela, sait lire et écrire désormais et s’est transformée en militante de l’avortement « légal, sûr et gratuit ».
Il semblerait que l’oncle de Micaela qui l’avait violée vive à quelques centaines de mètres de la maison de la jeune femme – n’est-ce pas un bien plus grand scandale ?


• Voulez-vous être tenu au courant des informations originales paraissant sur ce blog ? Abonnez-vous gratuitement à la lettre d'informations. Vous recevrez au maximum un courriel par jour. S'abonner

© leblogdejeannesmits



Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...