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10 mars, 2022

Mgr Hector Aguer soutient Mgr Daniel Fernández Torres, destitué de son siège à Porto Rico pour avoir défendu l’objection de conscience par rapport au “vaccin” anti-COVID

Mgr Hector Aguer, archevêque émérite de La Plata en Argentine qui a dû quitter son siège épiscopal quasiment du jour au lendemain dans des circonstances invraisemblables pour laisser la place à Mgr Victor Manuel “Tucho” Fernandez, très proche du pape François, vole au secours dans un communiqué à son confrère d’Arecibo, Porto Rico, « miséricordié » comme il dit pour avoir défendu l’objection de conscience face au “vaccin” expérimental contre le COVID. C’est en termes particulièrement forts, que je vous livre ici au terme d’une traduction rapide, que le prélat argentin s’indigne devant la sanction romaine.

J’y ajoute la traduction de la belle lettre écrite par Mgr Fernandez à tous les catholiques de son diocèse, où il dit son incompréhension devant une mesure qui ne respecte même pas les exigences les plus simples du droit canonique. – J.S.

*

Un bon évêque « miséricordié »



Le progressisme imposé par le Saint-Siège avance sans relâche, sans se soucier des victimes qu’il fait parmi des hommes de Dieu dont l’action fait pourtant fleurir l’Église. L’évêque d'Arecibo, à Porto Rico, Mgr Daniel Fernández Torres, a été renvoyé de son diocèse pour avoir défendu l’[objection de conscience face à la ridicule « obligation morale » de la vaccination imposée par le Saint-Siège.

Mgr Daniel Fernandez Torres
L’Église d’aujourd'hui ne se préoccupe plus de Dieu, ni du mandat d'évangélisation du Christ, mais uniquement d'imposer de « nouveaux paradigmes » et d’adhérer aux principes d’un Nouvel Ordre Mondial, qui est étranger au droit naturel et à la révélation chrétienne. Le cas de Mgr Fernandez Torres est un exemple clair de la manière dont l’Église s’éloigne de ce que devrait être sa mission. Peu importe que le diocèse d’Arecibo ait connu une floraison de vocations, et qu’il se distingue par le plein exercice de ce que devrait être la mission de l’Église. Un faux concept de « synodalité » oblige les bons évêques à se plier aux absurdités décidées par les conférences épiscopales, ou les par groupuscules officialisés qui adhèrent aux nouvelles positions de Rome.

Il y a quelques années, j’ai été invité par Mgr Daniel à prêcher les Exercices spirituels auxprêtres de son diocèse. J’ai alors pu voir comment une Église particulière s’épanouit lorsque son évêque est un homme de Dieu, fidèle à la grande Tradition ecclésiale. Mais Rome ne s’intéresse pas à cela. Comme jamais avant ce temps, la « centralité » de Rome est imposée au nom de l’« unité ». Ces positions nous font aspirer à la liberté que les grands papes ont favorisée, en soutenant l’épiscopat engagé au service de la croissance de l’Église et de l’évangélisation de ceux qui étaient encore hors de son sein.

Par ces lignes, je souhaite assurer Mgr Fernandez Torres, son vicaire général et tout le clergé de ce cher diocèse de ma proximité spirituelle et de mes prières. Je prie également pour que cette mesure injuste, et draconienne, ne conduise pas à la destruction de tant d’initiatives véritablement catholiques qui y ont vu le jour et s’y sont développées. Que Dieu fasse en sorte que les autres évêques de Porto Rico se souviennent de ce qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Actes 5:29), même si ces hommes vivent au Vatican.

+ Héctor Aguer
Archevêque émérite de La Plata

*





Lorsque vous recevrez la nouvelle de mon remplacement comme évêque à la tête du diocèse d’Arecibo, je veux que vous sachiez qu’il ne m’appartient pas de vous expliquer une décision que je ne peux pas expliquer moi-même, bien que je l’accepte avec la patience du Christ pour le bien de l’Église. Il ne vous appartient pas non plus de juger ce que seuls Dieu et l’histoire feront en temps voulu.

En réagissant à ce qui s’est passé, je me considère bienheureux d’avoir à souffrir la persécution et la calomnie (cf. Mt 5, 10-11) pour avoir proclamé la vérité de la dignité de l’homme dans des circonstances comme celles que nous vivons actuellement, comme celui qui « nous incommode, et qui est contraire à notre manière d'agir » (Sg 2, 12). Aujourd’hui, je peux garder la tête haute et même si je suis imparfait et pécheur, je sais que j’ai fait ce qui était juste, et cela me procure une grande paix intérieure. Je suis également réconforté par la signification hébraïque du nom Daniel, que j’ai providentiellement reçu lors de mon baptême, « Dieu est mon juge ».

Je regrette beaucoup que dans l’Église, où l’on prêche tant la miséricorde, certaines personnes n’aient pas, dans la pratique, le moindre sens de la justice. Je n’ai pas été poursuivi, ni accusé formellement de quoi que ce soit. Un jour le délégué apostolique m’a simplement informé, verbalement, que Rome me demandait de démissionner. Aujourd’hui un successeur des apôtres est remplacé sans même qu’on ait engagé la procédure canonique qu’on ouvrirait pour révoquer un curé.

J’ai été informé de ce que je n’avais commis aucun crime, mais que j’avais prétendument « manqué d’obéissance au pape et n’avais pas été suffisamment en communion avec mes frères évêques de Porto Rico ». Il m’a été suggéré que si je démissionnais du diocèse, je resterais au service de l’Église au cas où l’on aurait besoin de moi à un autre poste ; une offre qui prouve en fait mon innocence. Cependant, je n’ai pas démissionné parce que je ne voulais pas me rendre complice d’une action totalement injuste dont j’ai encore du mal à croire qu’elle puisse se produire au sein de notre Église.

Cette expérience personnelle, en revanche, m’a aidé à prendre conscience d’une manière nouvelle de la sérieuse responsabilité qui incombe à tous les évêques dans le gouvernement de l’Église, qui est apostolique et non pyramidale, synodale et non autocratique. Je crois que depuis un certain temps, beaucoup d’entre nous, évêques, observons avec inquiétude ce qui se passe dans l’Église et hésitons à croire ce qui se passe. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons nous rappeler notre vocation à être des prophètes.

Nous vivons des moments difficiles, mais ne perdons pas espoir. Les paroles du pape émérite Benoît XVI, s’exprimant en tant que prêtre, peuvent nous encourager : « Il me semble certain que des temps très difficiles attendent l’Église. Sa crise véritable a à peine commencé. Il faut s’attendre à des secousses considérables. Mais je suis certain aussi de ce qui restera à la fin : non l’Église du culte politique, qui est déjà exsangue, mais l’Église de la foi. Elle ne dominera jamais plus la société avec la puissance qu’elle a eue jusqu’à une époque récente. Mais elle va fleurir de nouveau et elle se manifestera aux hommes comme une patrie qui leur donne vie et espérance au-delà de la mort. »

Je célèbre humblement ce que nous avons pu faire ensemble dans le cadre du diocèse d’Arecibo, au cours de ces presque douze années, dans la pastorale des jeunes et des vocations, dans la lutte pour la dignité de l’amour humain, la famille et le respect de la vie, dans la liberté de l’Église face aux interférences politiques, dans la formation de saints prêtres et dans le fait d’avoir donné une « Maison » à la Vierge dans notre sanctuaire diocésain. Si, en essayant d’être fidèle à Dieu, je suis remplacé dans ma fonction, cela en vaut la peine, car en tant qu’évêque, je peux être utile à l’Église par mon propre témoignage. Je me souviens des paroles de saint Jean d’Avila : « combien, à chercher l’honneur de Dieu, nous sommes honorés à être déshonorés ».

J’exprime ma communion dans la foi catholique, avec le Pape et mes frères dans l’épiscopat, malgré ma perplexité face à un arbitraire incompréhensible. Et si, à partir de maintenant, je peux vous rendre un quelconque service, je vous fais part de mon entière disponibilité.

Aujourd’hui comme toujours, mes plus grands remerciements vont à Dieu et à Notre Dame du Perpétuel Secours, notre patronne. Je remercie également tous les prêtres, parce qu’ils constituent un clergé bon et fdèle. Merci à tous les fidèles de mon cher diocèse d’Arecibo pour votre affection et vos prières. Merci à tout le personnel de l’évêché, parce qu’il forme vraiment une famille élargie. Merci à ma famille pour son soutien inconditionnel, comme toujours. Merci également à mes frères et sœurs de différentes confessions chrétiennes pour les moments où, ensemble, nous avons élevé la voix pour défendre la famille.

Que Dieu vous bénisse tous.

Dans le Christ mort et ressuscité,

+Daniel
(Mgr Daniel Fernandez Torres)



© leblogdejeannesmits pour la traduction.


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29 juin, 2020

Jeunes mariés, restez à 2 mètres l'un de l'autre : la distanciation sociale COVID-19 selon l'évêque de Prince Albert, Canada

Parmi la longue liste de mesures absurdes adoptées pour freiner la propagation du coronavirus – qu’il soit présent ou non d’ailleurs, selon les régions – la plus ubuesque nous est venue d’un évêque catholique du Canada. Mgr Albert Thevenot du diocèse de Prince Albert, Saskatchewan, a pris sur lui au mois d’avril de suivre scrupuleusement les indications des autorités sanitaires concernant les offices religieux publics, précisant que cela devrait au moins jusqu’à la fin juin.  Et cela valait pour les mariages. Par exception, 10 personnes en tout et pour tout (prêtre, organiste, mariés, famille, invités y compris) seraient autorisées à participer à une telle cérémonie dans l’église, mais cela restait fortement déconseillé. Car tous, je dis bien tous les participants devraient observer la distanciation sociale de 2 mètres. Y compris les jeunes mariés !

Vous avez déjà essayé, vous, d’enfiler une alliance à une personne se trouvant à deux mètres de vous ? De lui tenir la main droite ? Et je vous fais grâce du reste…

On se demande évidemment ce que Mgr Thevenot peut bien avoir dans la tête pour imaginer qu’il puisse être d’une quelconque utilité de « distancier socialement » deux fiancés qui – par les temps qui courent – ont très probablement cohabité pendant des mois ou des années (ils seraient 40 % dans le diocèse de Prince Albert d’après la correspondance d’un fidèle du diocèse adressée à One Peter Five).

Même dans le cas contraire, et en s’en tenant à un code moral strictement victorien, il est probable qu’ils se soient frôlé la main de temps en temps. Assez pour faire circuler le coronavirus, mais enfin on se partage tout, non, quand on s’aime ?

Cela dit il n’y a guère de risque. Le Saskatchewan est grand comme la France mais ne compte qu’un peu plus d’un million d’habitants ; le nombre total de cas de COVID-19 dans la province à ce jour est de 778, pour un total de 13 décès ; et le diocèse Prince Albert ne représente que le quart de son secteur nord. Modeste pandémie.

Peut-être les célébrants des mariages covidiens de Prince Albert enjoignaient-ils aux amoureux de ne surtout pas s’embrasser. De ne surtout pas partager la table et le lit.  De respecter la règle des deux mètres en toute circonstance. Histoire de ne pas donner la mort. Histoire de ne pas donner la vie…
C’est le paroxysme du principe de précaution, de l’épidémie de la peur. Dans cette terreur qui met fin à la vie comme elle va, c’est la mort qui gagne en réalité. Le message est clair : on a arrêté de laisser les jeunes vivre leur vie, de s’engager, de recevoir la grâce propre au mariage, on les a peut-être même poussé à cohabiter encore plus qu’avant, parce que les portes des églises leur étaient pour ainsi dire fermées !

Et les baptêmes ? Et la confession ? Et la communion ? Et la confirmation ? N’y pensez même pas. Dans certains pays, les catholiques ont été invités à remettre cela aux calendes, et cela continue dans de nombreuses régions. Là où le confinement se lève progressivement, il se trouve des conférences épiscopales pour interdire la communion sur les lèvres, comme en Autriche.

Notre religion étant celle du réel, appuyée sur la nature et sur les réalités tangibles, elle est frappée de plein fouet par la folie « distanciatrice ». On nous dit – comme aux Pays-Bas où une loi est en gestation qui veut imposer, sous peine d’amende, 1,5 mètres de distance entre les citoyens dans l’espace public – qu’il y a lieu par temps de COVID-19 de proscrire toute proximité humaine, tout geste d’onction, le soufflet donné au confirmand, tout contact commun avec le pain, le vin, l’huile, le sel…

(Et pourtant Notre Seigneur a rendu la vue à un aveugle en oignant ses paupières de sa salive…)

La dictature de l’empathie mise sur pied par la grâce inversée du coronavirus est celle de la stérilité. De l’asepsie totale et au demeurant impossible : ne sommes-nous pas faits du limon de la terre ?

Cette stérilité qui proscrit les embrassades, les poignées de mains, le pain partagé et le sel qu’on se passe, eh bien finalement, ces mariés « distanciés » de deux mètres en sont l’exemple le plus exact, le plus abouti.


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08 juin, 2015

Affaire Vincent Lambert : le communiqué de Mgr Thierry Jordan de Reims (Rectificatif !)

Le Forum catholique publie le communiqué de Mgr Thierry Jordan, évêque de Reims,  et de Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire. Le voici : 

Réflexions de Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims, et de Mgr Bruno Feillet, évêque auxiliaire, 
à propos de l’arrêt de la CEDH concernant M. Vincent Lambert accueilli à l’Hôpital Sébastopol de Reims. 

« Choisis la vie »


La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a conclu « par 12 voix contre 5, qu’il n’y aurait pas violation de l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’Homme, régissant le droit à la vie, en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État autorisant l’arrêt des soins ». 
Du point de vue éthique, les questions demeurent. Il s’agit d’abord d’une personne polyhandicapée en état de conscience minimale et non d’une affaire. M. Vincent Lambert n’est, strictement parlant, ni malade, ni en fin de vie. Sommes-nous dans le cas d’une obstination déraisonnable ? Nous ne pensons pas que nourrir une personne qui ne peut plus s’alimenter puisse être confondu avec une thérapie. Arrêter volontairement l’alimentation et l’hydratation, même de manière progressive et indolore, ne peut se faire que dans la perspective de faire mourir. On peut donc légitimement se demander s’il ne s’agit pas d’une forme, consciente ou inconsciente, d’euthanasie. 
Nous savons combien le corps médical, dont nous admirons la compétence et le dévouement, est parfois affronté à des situations qui l’amènent aux frontières de l’éthique. Il n’est alors pas toujours aisé de discerner ce qui est le vrai bien pour le patient, son entourage et le personnel soignant. 
Nous rappelons que la dignité d’une personne ne dépend pas de son utilité pour la société, de son autonomie, ni de la conscience qu’elle pourrait avoir éventuellement d’elle-même. Notre dignité vient de Dieu qui a créé chacun à son image et pour qui Jésus-Christ a donné sa vie. 
Nous espérons que le débat oubliera les formules à effet de manche : « un petit pas pour Vincent Lambert et un grand pas pour l’humanité » ou encore « un baroud d’horreur » des parents de Vincent Lambert, pour retrouver un débat à la hauteur des enjeux : la vie. La vie de Vincent Lambert et des 1500 personnes qui partagent sa condition sur notre territoire national. 
Il serait plus que regrettable que notre pays se donne le droit de transgresser une loi qui est inscrite au plus profond du cœur de l’homme : « tu ne tueras point ». D’autant plus qu’il existe des hommes et des femmes ainsi que des institutions prêts à accueillir Vincent Lambert tel qu’il est. 
« Tu as devant toi la vie et la mort, choisis la vie ! » nous dit la Bible (Deutéronome 30, 19). 
                                                         + Thierry Jordan, Archevêque de Reims
                                                         + Bruno Feillet, Évêque auxiliaire, diocèse de Reims

Les propos sur le « baroud d'honneur » (et même sur le « barroud d'horreur ») des parents de Vincent Lambert ont été tenus non par les évêques (comme je l'ai lu trop vite) mais par le Dr Eric Kariger. Toutes mes plus plates excuses à Mgr Jordan et à Mgr Feillet, leur communiqué n'en a que plus de force. 

Je reproduis ici le message que j'ai posté sur le Forum catholique sous le titre « Baroud d'honneur » pour commenter ce communiqué :

Mgr Thierry Jordan et Mgr Bruno Feillet ont réagi, plutôt bien, à la décision de la CEDH. 

Ils demandent que le débat « oublie les effets de manche » : « Un petit pas pour Vincent Lambert et un grand pas pour l'humanité ! » – la phrase est d'Eric Kariger, l'homme qui a décidé de mettre Vincent Lambert en procédure de fin de vie.

Mais ils poursuivent : ils espèrent aussi que le débat « oublie » un « baroud d'honneur des parents de Vincent Lambert ».

« Baroud d'honneur », que de demander le respect de la vie de leur fils ?

S'ils n'avaient pas été là Vincent Lambert serait mort dans le silence et l'indifférence.

Vouloir sauver un être humain, et à travers lui des être humains des effets iniques d'une loi n'est pas un baroud d'honneur. C'est un combat juste, pour l'honneur de l'humanité. Pour qu'elle ne fasse pas un grand pas en arrière.



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17 février, 2015

Mgr Charles Morerod réagit à l'affaire de la bénédiction d'une « union lesbienne » à Bürglen, en Suisse

Le choix du curé de  Bürglen, du canton d'Uri en Suisse, de « bénir » l'union de deux lesbiennes au cours d'une cérémonie ressemblant à un mariage, a provoqué une réaction publique de l'évêque de son diocèse d'origine, Mgr Charles Morerod de Fribourg. Il a indiqué ne pas savoir s'il aurait agi différemment de l'évêque de Coire qui exige la démission du curé (d'ici à l'été !), en précisant : « Il y a certaines choses qui ne dépendent pas de l'évêque du lieu, le mariage dans l'Eglise catholique, c'est entre un homme et une femme. »

Le curé, le P. Wendelin Bucheli, n'aurait pas dû outrepasser ses fonctions, a ajouté Mgr Morerod : « Un prêtre doit savoir s'abstenir de faire certains gestes qui contribuent à le rendre populaire de manière un peu hâtive. »

Que le prêtre en question ait tiré de la popularité de son geste, voilà qui est certain : une pétition en ligne demandant qu'il puisse rester dans sa paroisse a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures et dimanche, il a été ovationné par ses paroissiens après la messe à Bürglen. La presse helvétique s'était elle aussi déplacé pour l'événement.

Dans l'œil du cyclone du côté des autorités eccésiales depuis l'automne dernier – la bénédiction avait été donnée à ce moment-là – le P. Bucheli a néanmoins reçu le soutien de l'abbaye bénédictine d'Engelberg, également dans le canton d'Uri : son père abbé, Christian Meyer a critiqué la décision de l'évêque de Coire de demander la démission du curé et dit espérer une intervention du nonce apostolique. Parce que la démarche du curé doit être appréciée du point de vue de la « pastorale », assure-t-il : lé bénédiction répondait à une « demande pieuse »…

C'est peut-être cet état d'esprit propre à la Suisse qui explique la timidité des explications de Mgr Morerod : ce n'est pas le « mariage dans l'Eglise catholique » qui est « entre un homme et une femme », aurait-on envie de lui dire, c'est le mariage tout court. Et le problème n'est pas non plus la « popularité », ou non, du prêtre, mais la vérité d'une situation.

Wendelin Bucheli a pour l'heure refusé sa mutation.

La crise que nous vivons est à la fois une crise de doctrine et d'autorité. L'exploitation médiatique qui en est faite dit assez à quel point ce genre de faits divers est utilisée pour manipuler l'Eglise.


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08 février, 2015

Mgr Henryk Hoser, de Varsovie : “L'Eglise a trahi Jean-Paul II”

« Je vous le dis de la manière la plus brutale, l'Eglise a trahi Jean-Paul II. Non pas l'Eglise, épouse du Christ. Non pas l'Eglise de notre Credo, car Jean-Paul II était une expression, une voix authentique de l'Église ; non, il s’agit de la pratique pastorale qui a trahi Jean-Paul II. »
Ces mots très durs d'un évêque polonais constituent une grave accusation à l’égard de ses confrères de certains pays à l'occasion du Synode extraordinaire sur la famille. La décision de parler de manière aussi claire montre la gravité du combat qui se mène actuellement en vue de la deuxième partie du Synode, puisqu'il faut clarifier désormais des points que l'on pouvait croire acquis au sein de l'Eglise. L’auteur de ces propos est l'archevêque Mgr Henryk Hoser, s’exprimant dans le magazine catholique polonais Niedziela sur la proposition de donner la communion aux catholiques divorcés et « remariés ». LifeSite les rapporte ici sous la plume de Steve Weatherbe.
Mgr Henryk Hoser,
archevêque de Varsovie-Praga
L’archevêque de Varsovie-Praga, Mgr Henryk Hoser, prévoit une « confrontation » majeure entre évêques fidèles à l’Eglise et à l’enseignement de Jean-Paul II sur la famille et le mariage, et « des délégués de pays qui comptent déjà une majorité de familles pathologiques – des familles brisées, des familles recomposées, avec un petit pourcentage seulement de mariages restés entiers – et où existe la demande de donner aux divorcés l’accès à la Sainte communion ».
Lors du Synode extraordinaire en octobre, Mgr Hoser s’était joint aux cardinaux – comme le cardinal Burke – et évêques qui avaient souligné l’impossibilité de retenir la « miséricorde » comme seul critère de jugement face aux homosexuels qui revendiquent leur style de vie et aux divorcés remariés : « Il est faux de présumer que la miséricorde de Dieu serait sans justice, alors qu’il faut commencer par dire que la vie conjugale et la vie de famille doivent être fondée sur la justice. »
L’une des raisons invoquées par Mgr Hoser pour expliquer la destruction de la famille est imputable à l’Eglise elle-même, a-t-il déclaré. Elle n’a pas soutenu les familles en mettant en œuvre l’Exhortation apostolique Familiaris consortio donnée par Jean-Paul II en 1981, qui contenait pourtant des indications nettes sur la manière dont les évêques et les pasteurs devaient former et soutenir des familles fidèles : à l’école, lors de la préparation au mariage et au sein de groupes de soutien pour couples déjà mariés, sans compter le « parrainage » des jeunes mariés par des couples ayant une longue expérience du mariage.
Des évêques et des prêtres « n’ont pas voulu suivre sa voix », accuse aujourd’hui Mgr Hoser : « Ils ne se sont pas familiarisés avec son enseignement… Tout le monde disait que c’était difficile… Les pasteurs ne l’ont pas partagé parce qu’ils ne l’avaient pas lu. » Une attitude qu’il a reliée à une certaine « rébellion » contre l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité dès le temps de Paul VI.
L’Eglise polonaise a enseigné Humanae vitae, a noté Mgr Hoser : « Dans d’autres pays, en raison de la contestation des enseignements de l’Eglise tels qu’ils ont été proclamés par le bienheureux Paul VI, on a mis fin au soin pastoral des familles. »
Ce sont les « valeurs mondaines » qui mettent le plaisir sexuel au-dessus de la finalité de la famille qui ont prévalu, a-t-il poursuivi, soulignant que cela est spécialement vrai dans les médias où « toutes les relations personnelles sont érotisées ». L’archevêque, qui a reçu une formation de médecin avant d’embrasser la prêtrise, estime que d’aucuns voudraient voir l’Eglise abandonner son « rôle prophétique », et qu’ils se battront en ce sens lors du prochain synode afin qu’elle accepte la position selon laquelle « le monde est gouverné par la satisfaction sexuelle ».

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Mgr Reig Pla présente un livre important sur les liens entre doctrine et pastorale du mariage

Mgr Juan Antonio Reig Pla
L’évêque d’Alcala de Henares, Mgr Juan Antonio Reig Pla, a présidé à la présentation du livre Eucharistie et divorce, vers un changement doctrinal ?, du P. José Granados Garcia, consulteur de la Congrégation pour la doctrine de la Foi et vice-président de l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. La cérémonie s’est déroulée en l’université Francisco de Vitoria. Voilà une importante réflexion à verser au débat que certains voudraient voir ouvert sur une nouvelle « pastorale » du mariage – et des divorcés “remariés”. Je vous propose ci-dessous ma traduction de l’allocution de Mgr Reig Pla. –J.S.
Le livre que nous présentons, Eucharistie et divorce, vers un changement doctrinal ?, du Pr José Granados Garcia, publié par la BAC (Biblioteca de Autores Cristianos 2015), est une œuvre de maturité, fruit de nombreuses années d’études sur le mariage et la famille. L’auteur a pour propos d’approfondir les questions débattues lors du synode extraordinaire sur la famille (2014) de telle sorte que la prochaine assemblée synodale puisse être « providentielle, pour recréer de l’espérance sur le chemin des familles ».
Prenant comme point de départ le débat suscité autour de la « possibilité de voir les divorcés remariés accéder de nouveau aux sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie » (Relatio synodi, 52), le professeur Granados nous invite à analyser les principes de base sans lesquels il est impossible d'envisager avec lucidité une pastorale familiale en accord avec l'Evangile du mariage et de la famille. A partir de la lecture de ce travail qui a pour fil conducteur le lien inséparable entre la doctrine chrétienne et la pastorale, je voudrais m’attarder sur quelques questions que je considère d’un grand intérêt.
1. Le nécessaire réalisme
Tout au long de cette première étape synodale on a continuellement fait référence à la nécessité d'analyser la réalité actuelle de la famille pour faire face aux nouveaux défis que doit relever une pastorale familiale adéquate. De fait il s'agit là de la première question que la secrétairerie du synode formule en vue la préparation de l’Instrumentum laboris en vue de la prochaine Assemblée synodale en faisant explicitement référence au fait qu'il faut « faciliter le nécessaire réalisme dans la réflexion des divers épiscopats, évitant ainsi que leurs réponses puissent être fournies selon des schémas et perspectives propres à une pastorale qui ne ferait qu’appliquer la doctrine » (Lineamenta pour la XIVe Assemblée générale ordinaire, introduction de la première partie.)
Suivant les règles du livre que nous présentons, et conformément au magistère des derniers papes, il est nécessaire de clarifier ce que nous entendons par « nécessaire réalisme ». Déjà le pape Benoît 16 nous disait : « La Parole de Dieu nous pousse à changer notre idée du réalisme : la personne réaliste est celle qui reconnaît dans le Verbe de Dieu, le fondement de tout. » (Verbum Domini, 10.) Nous devons donc pas confondre le réalisme avec la sociologie ou les statistiques, ou pire encore si c’était possible, en cédant devant la réalité sociologique et en canonisant ce qui détruit les personnes. Imaginons ce qui se serait passé si Pierre et Paul avaient choisi ce type de réalisme au vu de la société de la Rome impériale, où il leur a incombé de vivre. Le réalisme n’est ni pragmatisme, ni l'utilitarisme, ni le conséquentialisme. Le fondement de la réalité est le Christ, c'est-à-dire, le Fils de Dieu qui prend notre chair blessée et faible pour la sauver ; être réaliste c'est se laisser guider par Dieu pour qui rien n’est impossible (Luc, 1, 37).
Comme son prédécesseur, le pape Francois est très clair à cet égard : « Le chrétien est une personne qui pense et qui agit dans la vie quotidienne selon Dieu, une personne qui laisse sa vie être animée, alimenté par le Saint-Esprit, pour qu'elle soit vie en plénitude, la vie même d'enfants véritables. Et cela signifie réalisme et fécondité. Celui qui se laisse guider par le Saint-Esprit est réaliste, il sait comment mesurer et évaluer la réalité, il est aussi fécond. Sa vie engendre la vie autour de lui.
2. La relation entre la doctrine chrétienne et la pastorale
Tout au long de l'étape entre la convocation et la célébration de l'Assemblée synodale extraordinaire sur le mariage et la famille, nous avons entendu continuellement répéter cette proposition de : « Il ne s'agit pas de changer la doctrine sur l'indissolubilité du mariage mais de “rénover” ou de “changer” la pratique pastorale. »
Le livre du Pr Granados
est édité par la
Biblioteca de Autores Cristianos
Devant ce dilemme : « doctrine ou pastorale », l'apport du professeur Granados est à mon avis très abouti et il apporte une grande lumière pour le moment présent. Son étude, pour éclairer ce que signifie la doctrine chrétienne et son lien inséparables avec la pratique pastorale de l'Église, nous entraîne à déterminer tout ce que l'on veut dire à travers les termes « vérité », « doctrine chrétienne » et « dogme », à partir de l'Ancien Testament, du Nouveau Testament et la Tradition chrétienne. La doctrine, conclut l'auteur, s'identifie avec le récit de l'action de Dieu qui en Jésus s'est fait chair et chemin pour notre existence. Pour reprendre les mots du professeur Granados, « la doctrine se met au service de la vérité de notre vie, elle nous dit comment le Christ a vécu, et comment vivre chaque instant à la lumière du Christ. » Cela rend impossible la séparation entre la doctrine et la pratique pastorale, ou encore – et c'est la même chose – on ne peut rompre le Christ, de la vie duquel nous participons dès le baptême en devenant son Corps.
L’auteur explique le lien entre l'indissolubilité du mariage et la pratique eucharistique en analysant la tradition liturgique de l'Église (lex orandi, lex credendi), en s'attardant sur une étude détaillée des textes de saint Irénée de Lyon, de saint Augustin et de saint Thomas d'Aquin. « Le propre du christianisme, conclut-il, est d’avoir introduit un nouveau principe de cohérence, le don de la Charité que nous confère l'Esprit de Jésus. Celui qui aime sait que ce qu'il connaît et ce qu'il aime ne peuvent se séparer, parce que l'amour est un, et qu'il possède à la fois lumière et force. L'unité de doctrine et de pratique ne se trouve pas en se focalisant sur l'individu, qui essaie de les unir en vain, mais à partir de l'amour, qui nous les offre depuis toujours entrelacés. »
Le pape François a lui aussi clairement montré que la vérité la doctrine qu'enseigne l'Eglise n'est pas une idée mais le Christ lui-même, le Bon Pasteur, qui touche et qui guérit la volonté et la vie des personnes – pastorale : Pour transmettre un contenu purement doctrinal, une idée, un livre suffirait sans doute, ou bien la répétition d’un message oral. Mais ce qui est communiqué dans l’Église, ce qui se transmet dans sa Tradition vivante, c’est la nouvelle lumière qui naît de la rencontre avec le Dieu vivant, une lumière qui touche la personne au plus profond, au cœur, impliquant son esprit, sa volonté et son affectivité, et l’ouvrant à des relations vivantes de communion avec Dieu et avec les autres. » « Pour transmettre un contenu purement doctrinal, une idée, un livre suffirait sans doute, ou bien la répétition d’un message oral. Mais ce qui est communiqué dans l’Église, ce qui se transmet dans sa Tradition vivante, c’est la nouvelle lumière qui naît de la rencontre avec le Dieu vivant, une lumière qui touche la personne au plus profond, au cœur, impliquant son esprit, sa volonté et son affectivité, et l’ouvrant à des relations vivantes de communion avec Dieu et avec les autres. » (Pape François, Lumen Fidei, 40 et 41).
3. Indissolubilité du mariage : un idéal où le commandement du Christ ?
Au cours du débat synodal il s’est trouvé des personnes pour défendre la doctrine de l’indissolubilité du mariage comme un idéal auquel il faut tendre mais que certains ne peuvent atteindre en raison de différentes circonstances parfois difficiles et douloureuses. Bien plus, certains aimeraient même voir dans le langage du pape François lorsqu'il parle de l'« idéal évangélique » une expression de cette même opinion.
Comment faut-il donc interpréter les paroles du Saint-Père recueillies dans les Lineamenta pour la prochaine assemblée ordinaire du Synode, au numéro 19 : « Sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour » (Evangelii gaudium, 44).
C'est le même pape François qui est dans son propre texte (Evangelii gaudium, 50) renvoie à l'Exhortation apostolique Familiaris consortio de saint Jean Paul II qui traite de l'itinéraire moral des époux et qui dit textuellement : « Ils ne peuvent toutefois considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais ils doivent la regarder comme un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles. “C'est pourquoi ce qu'on appelle la ‘loi de gradualité’ ou voie graduelle ne peut s'identifier à la ‘gradualité de la loi‘, comme s'il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses. Tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu, et cette vocation se réalise dans la mesure où la personne humaine est capable de répondre au précepte divin, animée d'une confiance sereine en la grâce divine et en sa propre volonté”. »
Les paroles de Jésus : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas » (Mt. 19, 6), outre qu’elles renvoient au dessein créateur de Dieu (« au début il n'en était pas ainsi »), supposent la nouveauté de la grâce de la rédemption par laquelle ce qui n'est pas possible aux hommes est possible à Dieu. Précisément parce que l'indissolubilité est un don de Dieu, qui se reçoit dans le sacrement du mariage (participation de la Charité sponsale du Christ), elle devient un commandement.
C'est ce que ratifie la doctrine enseignée par saint Jean-Paul II dans la Lettre encyclique Veritatis splendor : « Les possibilités “concrètes” de l'homme ne se trouvent que dans le mystère de la Rédemption du Christ. “Ce serait une très grave erreur que d'en conclure que la règle enseignée par l'Eglise est en elle même seulement un ‘idéal’ qui doit ensuite être adapté, proportionné, gradué, en fonction, dit-on, des possibilités concrètes de l'homme, selon un ‘équilibrage des divers biens en question’. Mais quelles sont les ‘possibilités concrètes de l'homme’ ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme dominé par la concupiscence ou bien de l'homme racheté par le Christ ? Car c'est de cela qu'il s'agit : de la réalité de la Rédemption par le Christ. Le Christ nous a rachetés ! Cela signifie : il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence”. » (Veritatis Splendor,103)
4. Peut-on changer la doctrine sur l'indissolubilité du mariage ?
A la suite du débat du synode sur la famille on a entendu des voix réclamer une révision de la doctrine sur l'indissolubilité du mariage et la possibilité d'élargir ce qu'on appelle le pouvoir des clefs où le pouvoir du pape pour dissoudre le lien conjugal.
Pour nous saisir de cette question il convient de rappeler que lorsque nous parlons du caractère absolu de l'indissolubilité du mariage nous nous référons au mariage contracté « entre baptisés, ratifié (valide) et consommé ». En ce sens le professeur Granados nous offre, de la main de John Newman, une explication magnifique sur le développement de la doctrine chrétienne, en prenant comme image ce qui se passe dans un organisme vivant identifié « comme le Corps du Christ, comme extension de la présence de Jésus dans le monde à travers les âges ».
Le Pr José Granados
de l'Institut pontifical Jean-Paul II
Selon l'auteur « ce pouvoir de l'Église s’est clarifié au cours du temps, au fur et à mesure que l'on résolvait des cas difficiles ; le pape pouvait dissoudre un mariage entre non chrétiens (privilège paulin) et aussi un mariage sacramentel non consommé (le mal nommé privilège pétrinien). Dans les deux cas le principe de discernement est le même : ces mariages n'entrent pas pleinement dans l'ordre de la rédemption du Christ, soit parce qu'ils se réalisent entre des non baptisés, soit parce qu'ils ne contiennent pas la plénitude de l'union entre le Christ et de son Eglise en une seule chair.
Face à ceux qui affirment le pouvoir du pape de dissoudre ces unions, saint Jean Paul II a clos la question « de manière définitive » : « Il ressort donc avec clarté que la non-extension de la puissance du Pontife Romain aux mariages sacramentels conclus et consommés est enseignée par le Magistère de l'Eglise comme doctrine à conserver de façon définitive, même si celle-ci n'a pas été déclarée sous une forme solennelle à travers un acte définitif. En effet, cette doctrine a été proposée de façon explicite par les Pontifes Romains en termes catégoriques, de façon constante et sur une période suffisamment longue. Elle a été adoptée et enseignée par tous les évêques en communion avec le Siège de Pierre, dans la conscience qu'elle doit toujours être maintenue et acceptée par les fidèles. Dans ce sens, elle a été reproposée par le Catéchisme de l'Eglise catholique. Il s'agit par ailleurs d'une doctrine confirmée par la pratique pluriséculaire de l'Eglise, maintenue avec une pleine fidélité et avec héroïsme, parfois même face à de graves pressions de la part des puissants de ce monde. » (Discours du 21 janvier 2000.)
5. Une pastorale familiale féconde
Au tréfonds de l'œuvre que nous présentons il y a cette ferme conviction du Pr Granados : la pastorale suit la doctrine parce qu'il s'agit de mener à leur accomplissement les paroles du Seigneur : « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l'ayez en abondance » (Jn, 10,10.) Ainsi, « en vertu de la sacramentalité de leur mariage, les époux sont liés l'un à l'autre de la façon la plus indissoluble. S'appartenant l'un à l'autre, ils représentent réellement, par le signe sacramentel, le rapport du Christ à son Eglise ». (Familiaris consortio, 13). De là provient le lien nécessaire entre l'indissolubilité et le mystère, actualisation du sacrifice du Christ, où Il unit à l’Eglise à lui, en l’unissant à son corps et formant « une seule chair ».
« A partir de là, conclut l'auteur, la pratique de l'indissolubilité, qui se traduit par le fait de maintenir le lien entre la vie eucharistique et la vie matrimoniale, est la véritable pastorale féconde. L'alternative qui consisterait à dissocier ces deux dimensions, en éliminant la relation étroite entre l'Eucharistie et la vie conjugale, conduit à de fausses pistes pastorales, qui se révèlent stériles. »
L'histoire, maîtresse de vie, nous enseigne que c'est là le véritable chemin de la Miséricorde, qui comprend le fait de ne pas occulter le sens de la souffrance, c'est-à-dire le fait de ne pas occulter la Croix glorieuse du Seigneur ressuscité qui est scandale pour les enfants et folie pour les autres (CF 1. Co. 1, 23), mais « la folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que la force des hommes » (1 Co. 1, 25). Les premiers chrétiens se laissaient conduire par le Bon Samaritain, qui leur offrait la rédemption du cœur, guérissant leurs plaies avec l'huile de l’Esprit Saint, et qui les a conduits vers l'auberge : l'Eglise ou le bercail où se trouvent les pâturages qui nous font atteindre la plénitude de vie. Ainsi ont-ils gagné peu à peu le cœur de cette vieille Europe qui aujourd'hui, séduite par d'autres voix et chants de sirènes, se refuse à écouter la voix du Bon Pasteur. »
Mgr Juan Antonio Reig Pla


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07 février, 2015

Slovaquie : les évêques encouragent à voter pour la famille vraie au référendum de ce 7 février


La Slovaquie tient ce samedi un référendum pour définir le mariage. Une lettre pastorale diffusée par la Conférence des évêques slovaque encourage fortement les fidèles à participer au scrutin afin de protéger les générations futures, les familles et les enfants.
« Les enfants sont notre espérance pour l'avenir », affirme la lettre des évêques. « Ce n'est pas chaque génération qui a la chance de pouvoir décider quel sera l'avenir de sa patrie. Nous nous trouvons face un défi où nous devons exprimer notre point de vue sur les valeurs-clef de la vie. »
 La lettre pastorale affirme que la participation au référendum constituera un témoignage sur la vérité et la dignité de la personne humaine. Elle met également en garde contre les changements législatifs qui risquent de mettre en cause les traditions morales et culturelles du pays par le jeu du pouvoir de l'État.
Soulignant la gravité de l'enjeu de la défense de la famille pour les générations futures, la lettre pastorale demande : « Pouvons nous accepter de voir déformer la personnalité et la sexualité des personnes en violant leur droit de connaître leur responsabilité dans le cadre d’une future union matrimoniale ? Les parents désirent intensément avoir des enfants et des petits-enfants. Allons nous donner la préférence à une éducation sexuelle, pour les enfants et pour les jeunes, qui se focalise sur la prévention de la conception plutôt que d'enseigner à devenir des parents responsables et aimants ? »
Le référendum a pu se lancer grâce à une initiative de l’Alliance pour la famille. Il s’agit d’un « grand combat pour la conscience », a déclaré Danka Jaceckova, porte-parole d’une association du réseau Human Life International. Et d’un bon exercice de la démocratie.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...