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29 juin, 2020

Jeunes mariés, restez à 2 mètres l'un de l'autre : la distanciation sociale COVID-19 selon l'évêque de Prince Albert, Canada

Parmi la longue liste de mesures absurdes adoptées pour freiner la propagation du coronavirus – qu’il soit présent ou non d’ailleurs, selon les régions – la plus ubuesque nous est venue d’un évêque catholique du Canada. Mgr Albert Thevenot du diocèse de Prince Albert, Saskatchewan, a pris sur lui au mois d’avril de suivre scrupuleusement les indications des autorités sanitaires concernant les offices religieux publics, précisant que cela devrait au moins jusqu’à la fin juin.  Et cela valait pour les mariages. Par exception, 10 personnes en tout et pour tout (prêtre, organiste, mariés, famille, invités y compris) seraient autorisées à participer à une telle cérémonie dans l’église, mais cela restait fortement déconseillé. Car tous, je dis bien tous les participants devraient observer la distanciation sociale de 2 mètres. Y compris les jeunes mariés !

Vous avez déjà essayé, vous, d’enfiler une alliance à une personne se trouvant à deux mètres de vous ? De lui tenir la main droite ? Et je vous fais grâce du reste…

On se demande évidemment ce que Mgr Thevenot peut bien avoir dans la tête pour imaginer qu’il puisse être d’une quelconque utilité de « distancier socialement » deux fiancés qui – par les temps qui courent – ont très probablement cohabité pendant des mois ou des années (ils seraient 40 % dans le diocèse de Prince Albert d’après la correspondance d’un fidèle du diocèse adressée à One Peter Five).

Même dans le cas contraire, et en s’en tenant à un code moral strictement victorien, il est probable qu’ils se soient frôlé la main de temps en temps. Assez pour faire circuler le coronavirus, mais enfin on se partage tout, non, quand on s’aime ?

Cela dit il n’y a guère de risque. Le Saskatchewan est grand comme la France mais ne compte qu’un peu plus d’un million d’habitants ; le nombre total de cas de COVID-19 dans la province à ce jour est de 778, pour un total de 13 décès ; et le diocèse Prince Albert ne représente que le quart de son secteur nord. Modeste pandémie.

Peut-être les célébrants des mariages covidiens de Prince Albert enjoignaient-ils aux amoureux de ne surtout pas s’embrasser. De ne surtout pas partager la table et le lit.  De respecter la règle des deux mètres en toute circonstance. Histoire de ne pas donner la mort. Histoire de ne pas donner la vie…
C’est le paroxysme du principe de précaution, de l’épidémie de la peur. Dans cette terreur qui met fin à la vie comme elle va, c’est la mort qui gagne en réalité. Le message est clair : on a arrêté de laisser les jeunes vivre leur vie, de s’engager, de recevoir la grâce propre au mariage, on les a peut-être même poussé à cohabiter encore plus qu’avant, parce que les portes des églises leur étaient pour ainsi dire fermées !

Et les baptêmes ? Et la confession ? Et la communion ? Et la confirmation ? N’y pensez même pas. Dans certains pays, les catholiques ont été invités à remettre cela aux calendes, et cela continue dans de nombreuses régions. Là où le confinement se lève progressivement, il se trouve des conférences épiscopales pour interdire la communion sur les lèvres, comme en Autriche.

Notre religion étant celle du réel, appuyée sur la nature et sur les réalités tangibles, elle est frappée de plein fouet par la folie « distanciatrice ». On nous dit – comme aux Pays-Bas où une loi est en gestation qui veut imposer, sous peine d’amende, 1,5 mètres de distance entre les citoyens dans l’espace public – qu’il y a lieu par temps de COVID-19 de proscrire toute proximité humaine, tout geste d’onction, le soufflet donné au confirmand, tout contact commun avec le pain, le vin, l’huile, le sel…

(Et pourtant Notre Seigneur a rendu la vue à un aveugle en oignant ses paupières de sa salive…)

La dictature de l’empathie mise sur pied par la grâce inversée du coronavirus est celle de la stérilité. De l’asepsie totale et au demeurant impossible : ne sommes-nous pas faits du limon de la terre ?

Cette stérilité qui proscrit les embrassades, les poignées de mains, le pain partagé et le sel qu’on se passe, eh bien finalement, ces mariés « distanciés » de deux mètres en sont l’exemple le plus exact, le plus abouti.


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26 novembre, 2019

Garder le silence et prier ?

Garder le silence et prier…

C’est un conseil d'ordre général que j’ai entendu plusieurs fois ces derniers jours, ces derniers mois : dans la situation de crise où se trouve l’Eglise, mieux vaudrait ne s’occuper de rien, fuir internet, bannir de nos lectures les sites qui dénoncent l’apostasie. N’écoutons plus ceux qui se désolent de cérémonies « catholiques » paganisées au cœur de la chrétienté, des déclarations et des actes douteux, voire matériellement hérétiques du pape François, et de la confusion… qui me semble pourtant véritablement sans précédent.

« Faites votre devoir d’état. »

« Laissez passer l’orage. »

« Accrochez-vous à la saine doctrine et la tradition de l’Eglise, et ne vous occupez pas de ce qui se passe à Rome… »

« Vous créez la division, vous alimentez le mépris du Saint-Père… »

« Vous semez la confusion chez les catholiques qui se posent des questions sur la légitimité du pape… »

Bien sûr, j’ai pris tout cela pour moi. Et notamment pour les nombreux articles que j’ai mis en ligne sur ce blog, et spécialement ces derniers mois alors que le synode sur l’Amazonie a donné lieu à une véritable foire aux scandales, allant de la glorification du panthéisme indigène – la fameuse « spiritualité amazonienne » – à l’introduction d’éléments de paganisme et même de sorcellerie chamanique au cours d’une messe à Saint-Pierre de Rome (je pense au bol rempli de terre et de vilaines plantes utilisé pour le culte de la Pachamama, placé sur l’autel à la demande du pape François au moment de l’Offertoire de la messe de clôture du synode).

Ces objections méritent réflexion, tant il est vrai que nous sommes responsables de nos actes et de leurs répercussions sur autrui.

Que les choses soient donc claires. Quels que puissent être mes interrogations, mes inquiétudes, oui, même mon sentiment de révolte face à ce pontificat :

malgré la démission de Benoît XVI et le spectacle qui nous est offert aujourd’hui, en passant par les manœuvres ayant abouti à l’élection de Jorge Bergoglio, la confusion doctrinale qu’il entretient en tant que pape, la soumission de l’Eglise à la marche vers une spiritualité globale à travers l’inféodation de toutes les religions à celle de la Terre ;

je ne dis pas, n’ayant ni la compétence, ni la volonté pour ce faire, que François n’est pas pape.

Je ne prétends nullement connaître les intentions qui gouvernent ses actes.

Et encore moins juger les fidèles qui choisissent la prière dans le silence.

Je crois que nous avons en effet l’obligation comme jamais de prier non seulement pour la papauté en général mais pour ce pape en particulier, qui pose des actes objectivement scandaleux. Il encourage objectivement les plus petits qu’il est censé confirmer dans la foi à croire et à faire ce qui n’est ni vrai, ni bon : se prosterner devant une Terre idolâtrée, imaginer que la doctrine traditionnelle sur le mariage ait pu changer.

Je sais que l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique a reçu cette promesse : les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. Ce qui signale, soit dit en passant, que les portes de l’enfer font tout pour la faire chanceler, et ça ne date pas d’aujourd’hui !

Alors, devons-nous simplement faire confiance à cette promesse, à la Providence divine dont nous sommes absolument certains qu’elle est à l’œuvre ? Attendre et voir venir ?

 La leçon de la barque dans la tempête ne nous dit pas cela, ce me semble : il faut identifier le mal, et il faut demander les grâces nécessaires pour en sortir. Nous sommes ainsi faits, libres et dotés d’une intelligence, que nous devons prier, demander à Dieu le bien qui nous est nécessaire et qui est nécessaire au monde qui nous entoure. Il est notre Père. Tout est dit.

Nous devons aussi être armés face à ce qui se présente à nous sous l’apparence du bien. Savoir, par exemple, qu’on ne se prosterne pas devant une couverture dressée par terre selon les rites du culte de la Pachamama, la Terre-Mère des Andins mais plus largement la « Gaïa » adorée par les écolo-panthéistes modernes, à cause du Premier commandement. Et il nous faut le dire et en rendre compte si nous en avons reçu la possibilité, parce que la vérité doit être dite, sous peine de voir le monde catholique sombrer dans un indifférentisme dont il n’aura même pas conscience.

Car c’est bien beau d’encourager les catholiques de s’accrocher à ce qui leur a toujours été enseigné… quand le drame de notre temps est que l’immense majorité des catholiques n’a justement pas été catéchisée, et ignore une grande part sinon l’essentiel de sa foi !

Si nous crevons de quelque chose aujourd’hui, c’est du silence des pasteurs. Silence gêné, apeuré, honteux peut-être. Je veux bien croire, ou plus exactement je veux croire qu’il n’est pas complice.
Mais il laisse trop de catholiques de bonne volonté dans la confusion : tentés par le relativisme (combien suivent docilement l’idée qu’après tout, toutes les religions mènent à Dieu !), ou par la colère et son corollaire, la volonté de tout plaquer là et d’aller voir d’autres chrétiens apparemment plus fermes dans leur foi, ou par le sédévacantisme, qui n’est pas une solution.

Ce silence de tant de pasteurs laisse insulter notre Mère, défigurée sous les traits de la Pachamama. Il laisse envahir les sanctuaires qui sont autant de Golgotha par le ricanement du Malin. Il doit être brisé. En tant que journaliste et laïque, je crois avoir le droit et sans doute aussi le devoir de le briser.

Nous sommes dans le même bateau : la barque de l’Eglise, solidaires dans la communion des saints et portant, chacun, notre part de responsabilité pour que la vérité soit sauvegardée. L’unité ne pourra se faire qu’en elle. Nous savons que le rétablissement se fera ; mais nous pouvons y œuvrer en tentant de le hâter.

Nous sommes l’Eglise militante, confrontée aux puissances du mal mais assurés de la grâce nécessaire et de la victoire finale.

Alors, ne refusons pas la bataille. Nous ne portons pas le deuil d'une Eglise morte – ni même
mourante. Nous portons les couleurs du Christ Roi !


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