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27 mars, 2021

A Coire, Mgr Joseph Bonnemain donne la communion à trois protestants lors de son sacre (et quelques autres scandales dont on a moins parlé)

Le nouvel évêque de Coire (Suisse), a donné la communion à trois non-catholiques lors de sa cérémonie su sacre episcopal (comme on ne le dit plus guère), vendredi dernier, en présence du cardinal Kurt Koch, qui venait de l’ordonner à l’épiscopat. L’événement s’est déroulé avec l’assentiment implicite du Pape, qui a désigné Joseph Bonnemain pour prendre la tête du diocèse après que le chapitre de cathédral de Coire, dans un élan de résistance inhabituel, eut rejeté trois candidats progressistes présentés par Rome.

Les trois protestants qui ont reçu l’Eucharistie sont Rita Famos, présidente de l’Eglise évangélique réformée suisse, Michel Müller, président du Conseil de l’Eglise de Zurich, et Mario Fehr, conseiller socialiste du canton de Zurich.
Étaient également présents Mgr Peter Bürcher, qui a administré le diocèse depuis le départ du prédécesseur conservateur de Joseph Bonnemain, Vitus Huonder, en 2019, et Mgr Felix Gmür de Bâle, qui est également à la tête de la Conférence des évêques suisses.

La réception de la communion par trois non-catholiques a été confirmée par le responsable de la communication du diocèse de Coire lors d’un entretien téléphonique que j’ai eu avec lui au nom de LifeSite, jeudi. Il a souligné que Mgr Bonnemain n’a pas innové en agissant ainsi, mais que Mgr Huonder avait fait de même en une occasion en 2012. Il a souligné que les sites web conservateurs qualifiaient de scandaleux l’acte de Mgr Bonnemain alors qu’ils n’ont jamais dénoncé un acte similaire de la part de Mgr Huonder.
Le responsable de la communication de Coire l’a répété plus tard dans un courriel adressé à LifeSiteNews, affirmant que cette « information a été confirmée ».

Il doit donc être clair que si un évêque ayant une réputation méritée de rectitude doctrinale distribue la communion à des protestants, cela ne peut pas être excusé parce qu’il est « conservateur ».

Mgr Huonder et Joseph Ratzinger aussi…


Selon un article publié le 23 mars par kath.ch, le centre médiatique catholique officiel de l’Église catholique en Suisse, Mgr Huonder a participé à une messe lors des « Journées Ensemble » de 2012 pour la dédicace de l’église Sainte-Marie à Zurich, et avant la consécration, il a demandé au prêtre Mario Pinggera, si des réformés étaient également présents et s’ils viendraient communier". Pinggera dit avoir répondu à l’évêque : "Nous avons une très bonne relation œcuménique. Et je souhaite que ce soit encore le cas après la consécration !". Il a ajouté, s’adressant à la presse, qu’avant la communion, Mgr Huonder a dit à l’assistance : "Celui qui croit que le Christ est vraiment présent dans ce pain doit venir". Mario Pinggera a commenté : "Pour cela, je l’ai félicité plus tard dans la sacristie : c’est bien. Plus tard, il a probablement essayé de relativiser tout cela. Mais c’est ainsi que cela s’est passé".

Je n’ai pas réussi à trouver de confirmation de ces allégations dans les archives d’internet.

L’article accusait également la "presse d’extrême droite" de "cacher" le fait que le cardinal Joseph Ratzinger avait lui-même donné la communion au frère Roger Schutz, leader protestant de la communauté œcuménique de Taizé, lors de la messe de requiem du pape Jean-Paul II.

Cela avait pourtant fait scandale à l’époque dans les milieux traditionnels, mais selon l’historien et biographe Yves Chiron, frère Roger s’était en fait converti au catholicisme en 1972, un fait qui a été confirmé par l’ancien évêque d’Autun, Armand Le Bourgeois, qui reçut sa profession de foi catholique, à son successeur dans le diocèse, Raymond Séguy. Si cela n’a pas été rendu public, c’est parce que Schutz ne voulait pas " briser la communion œcuménique " autour de Taizé. Chiron a également cité une lettre que lui a envoyée le Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens affirmant que la "communion de foi avec l’Eglise catholique" de Schutz avait un "caractère objectif et public."

Mais cela n’était pas de notoriété publique et, dans ces circonstances, son admission à la communion, même par une personnalité comme le cardinal Ratzinger, a suscité la confusion et la consternation chez de nombreux catholiques.

Mgr Bonnemain répond


Une réponse sur l’incident de Coire faite par Mgr Bonnemain à des questions posées par un média germanophone a également été transmise à LifeSiteNews. Voici sa déclaration (traduction par mes soins) :

« Les normes et les critères généraux concernant la réception de la communion de la part des non-catholiques sont clairement énoncés tant dans le Directoire sur l’œcuménisme que dans le CIC c. 844. L’application de ces normes à l’égard de personnes concrètes individuelles au cours d’une célébration publique tient compte des circonstances existantes et de l’attitude personnelle de l’individu. Les médias, en raison de la protection de la vie privée, ne sont pas le lieu pour faire des commentaires sur de tels sujets. »

Les normes et les critères généraux concernant la réception de la communion de la part des non-catholiques sont clairement énoncés tant dans le Directoire sur l’œcuménisme que dans le CIC c. 844. L’application de ces normes à l’égard de personnes concrètes individuelles au cours d’une célébration publique tient compte des circonstances existantes et de l’attitude personnelle de l’individu. Les médias, en raison de la protection de la vie privée, ne sont pas le lieu pour faire des commentaires sur de tels sujets.

Nous nous permettrons de n’être pas d’accord avec Son Excellence sur la question de commenter "de tels sujets", alors que la sainte communion a été donnée publiquement à des membres et à des dignitaires de communautés réformées dans des circonstances qui peuvent être contestées, et ce de telle manière que tout internaute peut regarder le flux complet de la cérémonie d’ordination et être témoin de l’événement. Recevoir la sainte Eucharistie a certainement une forte dimension privée, mais c’est aussi un événement éminemment public, non seulement parce que la réception de la Communion est visible par tous (et dans ce cas, sur une vidéo accessible à tous en ligne), mais aussi parce que la communion au cours d’une Messe catholique implique la communion avec l’Eglise catholique.

C’est parce que la Communion est publique que les « pécheurs publics » – c’est-à-dire les personnes qui choisissent de vivre de manière constante et ouverte en opposition avec les enseignements moraux ou doctrinaux de l’Église – ne devraient pas recevoir la Communion publiquement tant qu’il n’a pas été précisé publiquement qu’ils ont rejeté leurs croyances hérétiques ou leur mode de vie erroné, en raison du scandale que cela provoquerait.

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Nous prenons acte du fait que les "circonstances existantes et l’attitude personnelle de l’individu" n’ont pas à être commentées par l’évêque dans les médias ; mais a contrario, il y a eu un acte public d’accueil et de ce qu’on appelle aujourd’hui l’« intercommunion » avec des personnes qui ne sont pas seulement membres de dénominations protestantes, mais aussi des dirigeants de ces communautés.

Le Code de droit canonique (can. 844) dispose : « Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques, restant sauves les dispositions des § 2, 3 et 4 du présent canon et du can. 861, § 2 », et ajoute une série d’exceptions contenues dans les paragraphes visés. Celles-ci concernent la possibilité pour les catholiques de recevoir la communion dans les Églises orientales et autres qui, sans être unies à Rome, ont des sacrements valides, et pour les ministres catholiques de donner les mêmes sacrements aux membres de ces Églises sous certaines conditions.

La section 4 du can. 844 est celle qui a été apparemment invoquée par Mgr Bonnemain : « En cas de danger de mort ou si, au jugement de l’Évêque diocésain ou de la conférence des Évêques, une autre grave nécessité se fait pressante, les ministres catholiques peuvent administrer licitement ces mêmes sacrements aussi aux autres chrétiens qui n’ont pas la pleine communion avec l’Église catholique, lorsqu’ils ne peuvent pas avoir recours à un ministre de leur communauté et qu’ils le demandent de leur plein gré, pourvu qu’ils manifestent la foi catholique sur ces sacrements et qu’ils soient dûment disposés. »

Justifier les abus…


Cette « porte ouverte », entrebâillée pour des raisons pastorales afin d’apporter de l’aide à des personnes qui sont dans une situation critique, est certainement – et malheureusement – formulée de manière à permettre les abus, mais cela ne rend pas les abus bons.

L’amitié et l’entretien de bonnes relations sont-ils une « grave nécessité » suffisante pour autoriser les protestants qui ont une croyance très différente de celle des catholiques en l’Eucharistie ? Sans entrer dans les détails concernant les trois chrétiens « réformés » qui ont reçu la Sainte Communion des mains de l’évêque nouvellement ordonné, il aurait été utile que celui-ci précise à tout le moins que la réception de l’Eucharistie exige la croyance en la Présence réelle de Notre Seigneur sous les espèces du pain et du vin.

Un document postérieur au Code de droit canonique révisé de 1983 a également été invoqué par Mgr Bonnemain : le Directoire pour l’application des principes et des normes sur l’œcuménisme, dont le numéro 129 affirme :

« Le sacrement est une action du Christ et de l’Eglise par l’Esprit. Sa célébration dans une communauté concrète est le signe de la réalité de son unité dans la foi, le culte et la vie communautaire. Tout comme ils sont des signes, les sacrements, tout spécialement l’Eucharistie, sont des sources d’unité de la communauté chrétienne et de vie spirituelle et des moyens de les développer. En conséquence, la communion eucharistique est inséparablement liée à la pleine communion ecclésiale et à son expression visible.

« En même temps, l’Eglise catholique enseigne que par le baptême les membres d’autres Eglises et Communautés ecclésiales se trouvant dans une réelle communion, bien qu’imparfaite, avec l’Eglise catholique et que “le baptême est le lien sacramentel d’unité existant entre ceux qui ont été régénérés par lui [...], il tend tout entier à l’acquisition de la plénitude de la vie du Christ”. L’Eucharistie est, pour les baptisés, une nourriture spirituelle qui les rend capables de surmonter le péché et de vivre de la vie même du Christ, d’être plus profondément incorporés à Lui et de participer plus intensément à toute l’économie du mystère du Christ.

« C’est à la lumière de ces deux principes de base, qui doivent toujours être considérés ensemble, que l’Eglise catholique de façon générale donne accès à la communion eucharistique et aux sacrements de pénitence et d’onction des malades, uniquement à ceux qui sont dans son unité de foi, de culte et de vie ecclésiale. Pour les mêmes raisons, elle reconnaît aussi que, dans certaines circonstances, de façon exceptionnelle et à certaines conditions, l’admission à ces sacrements peut être autorisée ou même recommandée à des chrétiens d’autres Eglises et Communautés ecclésiales. »

Quelles conditions ? Quelles exceptions ? Le document ne le dit pas, ce qui crée le même type de situation que lorsqu’une norme est correctement et clairement formulée et que des échappatoires sont immédiatement créées, comme c’est le cas pour la réception de la communion dans la main (qui est devenue la norme apparente même si elle constitue toujours une exception par le biais d’un « indult ») ou, plus récemment, l’admission à la communion de certains couples divorcés et civilement remariés à la suite d’un « chemin de discernement ».

Il est clair que Mgr Bonnemain n’a pas agi en tant que contrevenant isolé à des règles claires et universelles : les règles elles-mêmes manquent de clarté. Mais cela ne change rien aux graves questions que pose son acte très public.

Le diocèse de Coire n’a pas hésité à confirmer l’information d’abord publiée par un site catholique conservateur, kath.net. Au lieu de cela, le responsable des communications a déclaré à LifeSite qu’« il est important de savoir qu’en Suisse, environ la moitié des couples mariés sont religieusement “mixtes” et que l’œcuménisme est donc une priorité importante. »

Cela indique-t-il qu’une pratique consistant à donner la communion au conjoint protestant dans un couple confessionnel mixte y existe bel et bien ? Lorsque la question de l’« intercommunion » a été soulevée auprès du pape François en 2015 lors d’une visite dans une église luthérienne à Rome, il a refusé de donner une réponse claire, ce qui avait poussé le cardinal Robert Sarah à intervenir : « L’intercommunion n’est pas permise entre catholiques et non-catholiques. (…) Il faut confesser la foi catholique. Un non-catholique ne peut pas recevoir la communion. Cela est très, très clair. Il ne s’agit pas de suivre votre conscience. »

En 2018, de retour de son voyage à Genève, le pape François a donné l’une de ses désormais tristement célèbres interviews en plein vol, déclarant qu’il appartenait aux évêques individuels, et non aux conférences épiscopales, de déterminer si un protestant marié à un catholique peut recevoir la communion. Le pape François citait lui aussi le canon 844 pour justifier sa réponse, mais sans aller jusqu’à dire qu’il recommandait cette pratique.

A Coire, elle ne fait pas de vagues.

Communion aux protestants et hostie méprisée


En regardant la vidéo de la cérémonie d’ordination de Mgr Bonnemain à Coire, il était difficile de vérifier si les trois protestants qui avaient été nommés par kath.net avaient effectivement reçu la communion – notamment parce que tout le monde portait un masque (y compris Joseph Bonnemain lui-même, au moment du sacre). C’est l’une des raisons pour lesquelles LifeSite a contacté le diocèse.

Rita Famos peut être identifiée assez nettement dans la vidéo intégrale de la messe d’ordination (horodatage 1:45:10), mais elle semble marcher devant Bonnemain en venant de la droite, apparemment sans s’arrêter pour recevoir l’Eucharistie. Elle est bientôt suivie par quelqu’un qui ressemble beaucoup à Michel Müller (horodatage 1:45:18). On voit cette personne, masquée, recevoir l’hostie et fermer sa main gauche autour de celle-ci ; l’homme s’éloigne ensuite en longeant la première rangée de bancs sans enlever son masque et sans lever sa main vers sa bouche, marchant avec les bras le long du corps.

L’attitude désinvolte de l’homme et ses actions deviennent très claires lorsqu’on regarde la vidéo au ralenti, et semblent indiquer qu’il n’a aucune idée de ce qu’est réellement l’hostie consacrée, ou qu’il préfère ignorer ce qu’il en sait. Peut-être a-t-il effectivement consommé l’hostie une fois retourné à sa place, mais sans respecter les règles, peu rigoureuses pourtant, qui régissent la réception de la communion dans la main. Un scandale dans le scandale...

A ce jour, aucun désaveu public du geste de Mgr Bonnemain consistant à donner la communion à des protestants qu’il connaissait sûrement, ayant passé les dernières décennies de sa vie dans le diocèse de Coire, n’a été formulé par la hiérarchie de l’Eglise catholique.

Le cardinal Kurt Koch, qui l’a ordonné évêque, a déclaré à kath.net qu’il n’a appris la distribution de la communion aux protestants qu’après la cérémonie. "Je n’en ai pas été informé et je n’ai rien vu. Je n’ai pas distribué la communion pendant la cérémonie de consécration de l’évêque, mais j’ai pris place dans le sanctuaire. Ce sont des moments que je consacre à la prière personnelle ; pas à regarder pour voir qui vient communier. C’est pourquoi j’ai été surpris par les lettres que j’ai reçues par la suite."

Le fait de donner la communion à des leaders protestants n’était pas la seule particularité de la cérémonie. Mgr Bonnemain avait invité trois prostitués du quartier chaud de Zurich, la Langstrasse, deux femmes et un jeune homme, à assister à la cérémonie parmi les cent invités qui ont été autorisés à entrer dans la cathédrale grâce à un aménagement spécial des règles COVID. Des migrants étaient également présents.

Il a également donné un rôle important aux femmes : c’est une femme qui a ainsi fait la lecture solennelle de la bulle papale nommant le nouvel évêque au siège de Coire. Cette lecture est habituellement faite par un clerc, un représentant de la nonciature.

À la fin de la célébration, Mgr Bonnemain a prononcé une brève allocution en trois langues, dans laquelle il a insisté sur le fait qu’il travaillerait à la « guérison » du diocèse – un sous-entendu évident visant l’époque de Mgr Huonder. Mgr Huonder n’était pas aimé des progressistes dans l’Église catholique en Suisse.

A genoux, dos au tabernacle


Avant de quitter l’église lors de la procession finale, Mgr Bonnemain s’est agenouillé face à l’assemblée, le dos tourné au tabernacle, et a demandé la bénédiction des fidèles.

Raphael Rauch, de kath.ch, a établi un parallèle entre Mgr Bonnemain tombant à genoux et la « génuflexion » popularisée par le mouvement Black Lives Matter, la qualifiant de « geste symbolique puissant ».

« Les blessures infligées par les évêques Wolfgang Haas, Vitus Huonder et l’administrateur apostolique Peter Bürcher sont encore douloureuses. Le processus de guérison peut commencer avec l’évêque et médecin Joseph Bonnemain », selon Rauch : « L’agenouillement de Coire représente un nouveau départ dans le diocèse. Ceci est confirmé symboliquement par l’invitation de Martin Kopp. Il y a un an, Peter Bürcher a destitué le populaire vicaire général pour des motifs peu convaincants. Lors de l’ordination épiscopale, il était maintenant l’invité d’honneur – avec trois réfugiés. C’est une forme puissante de réparation. »

Joseph Bonnemain, né à Barcelone d’un père catalan et d’une mère suisse, a étudié la médecine en Suisse et il est devenu numéraire de l’Opus Dei. Il a été ordonné prêtre en tant que membre de la prélature de l’Opus Dei. En 1981, il fut nommé juge diocésain, et un an plus tard, vicaire judiciaire adjoint. Il a pris la tête de l’officialité du diocèse de Coire en 1989. Il a également travaillé à Zurich comme aumônier d’hôpital. Il dit avoir changé d’attitude à l’égard des croyants lorsqu’un mourant a déclaré qu’il préférait faire sa dernière confession à un « capucin gros et bon vivant » plutôt qu’à un homme mince, athlétique et titulaire de deux doctorats qui lui « faisait peur ».

« Je me suis dit : le Saint-Esprit parle ici. Je savais que je devais changer. J’ai compris que la théologie fonctionne différemment dans la réalité et dans les études. Il n’y a pas de noir ou de blanc, mais beaucoup de nuances », a expliqué le nouvel évêque dans une interview.

La cérémonie d’ordination a eu lieu dans la plus ancienne cathédrale de Suisse le jour de la fête de la Saint-Joseph, marquant une pause dans les rigueurs du Carême : fleurs et musique ont agrémenté l’événement, avec un orchestre de chambre et quatre solistes qui ont joué et chanté Haydn, Pablo Casals, Louis Viernes, Gabriel Fauré, Duruflé... Le goût musical de Bonnemain semble impeccable, mais le mélange de pièces sacrées baroques et profanes – comme la Sicilienne de Fauré pendant l’Offertoire – a donné une tonalité non religieuse à la messe.

Mgr Bonnemain, qui a refusé d’avoir ses propres armoiries épiscopales, a adopté un bâton épiscopal en ivoire remontant au Ve siècle et qui est réputé avoir appartenu au premier évêque de Coire.

Bénédiction des couples de même sexe : pas tout à fait exclu


Dans une interview accordée à bazonline.ch, Mgr Bonnemain a répondu à une question relative au fait que l’Église « exclut » des personnes en ne bénissant pas les couples de même sexe : « L’Église est dans un processus de développement sur ces questions. Nous avons déjà appris beaucoup de choses, mais nous devons encore en apprendre davantage. Pour moi, une chose est certaine : chaque personne est bien plus que sa prédisposition sexuelle. » Il a qualifié la récente note de la Congrégation pour la doctrine de la foi interdisant la bénédiction de ces couples de « garde-fous » qui constituent « une aide », ajoutant : « Nous devons toujours considérer la personne dans son ensemble, son développement et son histoire de vie. Et ensuite décider... Comme dans d’autres domaines, j’essaierai de faire la différence entre les directives et les personnes spécifiques qui se trouvent devant moi. Qu’elles soient homosexuelles ou non. Soit dit en passant, j’ai aussi des amis homosexuels et cela ne fait pas de différence ici. »

Lorsqu’on lui demande : « Donc si des pasteurs ouverts d’esprit bénissent des couples de même sexe dans votre diocèse, cela ne vous dérange pas ? », Bonnemain a répondu : « Je leur parlerais et je verrais s’ils ont porté un bon jugement pour prendre leur décision. D’une part il y a des garde-fous généraux, d’autre part les conditions de vie spécifiques du couple. Je fais confiance à la sagesse pastorale de nos pasteurs. »

À ce jour, la Congrégation pour les évêques dirigée par le cardinal Marc Ouellet n’a pas rappelé Mgr Bonnemain (ni aucun autre évêque affichant ouvertement son soutien à la reconnaissance ecclésiale des couples de même sexe, d’ailleurs) à l’ordre, ou s’il l’a fait, de manière privée, au détriment de tous les catholiques qui ont le droit d’entendre la vérité de leurs pasteurs. La doctrine, la morale et le respect infini dû à Notre Seigneur dans la sainte communion sont mis de côté au nom de l’ouverture et de la tolérance.


Ceci est un traduction d'un article que j’ai initialement écrit en anglais pour LifeSiteNews. J’y ajoute ces précisions nécessaires apportées par Yves Daoudal sur Le Forum catholique :

Il faut insister sur le fait que ces trois personnes sont des calvinistes, et parmi elles le chef calviniste de Suisse et le chef calviniste du canton. Ces gens-là ne peuvent pas avoir la conception catholique de l'eucharistie. Pour eux l'eucharistie n'est qu'un symbole. Sinon ils ne seraient plus chefs calvinistes.

Il n’en est pas de même de certains luthériens : il y en a qui ont des bancs de communion et qui communient à genoux sur la langue (et dont les pasteurs se font éventuellement ordonner prêtres par des évêques de l'Eglise vieille-catholique).

Là ce serait une communion illicite, mais ici nous avons un énorme sacrilège, un énorme scandale public. Et l’autre énorme scandale est qu’il ne se passe rien. Parce qu'à Rome on trouve cela normal.

Peut-être faut-il aussi ajouter que les calvinistes sont descendus aussi bas que nous, car naguère les chefs se seraient fait lyncher pour avoir participé à une messe papiste et pour avoir cautionné l’imposture sacramentelle idolâtrique des papistes, et aucun calviniste n’aurait pu devenir chef en ne voyant pas de différence entre la mascarade papiste et le « vrai » culte.

« Papiste »… mais ce mot n’a sans doute plus de sens pour les calvinistes, puisque le pape ne fait pas non plus la différence, selon sa célèbre réponse à une protestante qui lui demandait si elle pouvait communier avec son mari catholique: « Oui, non, je ne sais pas, faites comme vous voulez. » Il est clair que pour un calviniste ce n’est pas « papiste ». Pour un catholique non plus.

Yves Daoudal 




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04 août, 2015

Gill Pharaoh, 75 ans, en pleine santé, obtient le suicide assisté en Suisse parce que la vieillesse est « épouvantable »

Gill Pharaoh, 75 ans, était infirmière, et même infirmière de soins palliatifs. Elle vient de mettre fin à sa vie dans une clinique liée à l’association « Lifecircle » qui travaille avec l’établissement « Eternal SPIRIT » à Bâle. Cette femme britannique, mère de deux enfants et vivant avec un compagnon, n’était atteinte d’aucune maladie grave. Elle ne prenait aucun médicament et était, au fond, en très bonne santé malgré quelques épisodes de mal au dos et des acouphènes. La seule raison de sa mort choisie : elle ne voulait pas se transformer en « vieille dame boitillante ». La vieillesse, dit-elle encore, est « épouvantable ».
Le suicide assisté s’est déroulé le 21 juillet dernier, sans doute après un parcours imposé par l’association « Lifecircle » qui affirme « défendre la vie » et qui à ce titre « ne propose pas d’aide au suicide », mais qui « par conséquent » (sic) « travaille avec la Fondation Eternal SPIRIT pour aider les personnes dont la souffrance est devenue insupportable, pour qu’elles puissent décider pour elles-mêmes de leur vie et de leur mort, en choisissant la mort volontaire assistée. »
Ladite Fondation n’assiste que les membres encartés de LifeCircle et possède son propre organe d’évaluation des demandes, parfois par le biais du recours à un médecin extérieur.
Gill Pharaoh, répétons-le, n’avait pas d’autre « souffrance épouvantable » que la conscience de régresser et la connaissance intime des difficultés de la vieillesse fréquemment côtoyées au titre de son métier d’infirmière des soins palliatifs.
Elle qui avait écrit deux livres sur les soins pour les personnes très âgées se sentait simplement en bout de course et elle voulait « agir tant qu’elle le pouvait encore », persuadée que les choses ne pouvaient plus aller mieux. « J’ai tant d’amis dont les partenaires sont évidemment un poids. Je sais qu’il ne faudrait pas le dire mais j’ai dans la tête l’image mentale de ce qu’il suffit, à mon âge, de se casser le col du fémur, après quoi on dégringole très vite », a-t-elle expliqué dans une interview qu’il faut bien qualifier de militante, à quelques semaines de la date programmée de son suicide.
Elle-même se sentait diminuer « d’une manière presque imperceptible » en vieillissant. Elle ne voulait en aucun cas imposer à ses enfants son éventuelle dépendance : « Beaucoup de personnes âgées s’attendent à obtenir, voire exigent de l’aide de la part de leurs enfants mais à mon avis il s’agit d’une manière de voir à la fois très égoïste et déraisonnable. » « Si vous travaillez dans une maison de soins et que vous êtes face à des personnes incontinentes, qui jurent, qui déambulent dans les pièces et de servent de tout, c’est très difficile. Ce n’est pas un travail auquel vous prenez plaisir », ajoutait-elle
D’où le voyage en Suisse. Elle était accompagnée de son partenaire, John : la veille du suicide, ils se sont promenés en ville, ont fait un bon repas sur les bords du Rhin. Le suicide a eu lieu comme prévu, après quoi John a confirmé aux deux filles de Gill que leur mère était morte.
Mme Pharaoh a elle-même organisé la cérémonie « humaniste » qui aura lieu ce mois-ci.
La décision de Gill Pharaoh, largement commentée par la presse britannique – et pas de manière très négative – s’inscrit dans une mobilisation médiatique en faveur du choix de mourir et de la rédaction de directives anticipées (les fameux « testaments de vie »).
Un sondage en ligne laisse penser que le discours soit efficace – même s’il faut tenir compte des limites évidentes de ce genre de sondage « ouvert » où chacun donne son avis, sans souci de pondérer les résultats. 44 % des répondants affirment qu’ils n’envisageraient le suicide qu’en cas de « maladie en phase terminale », mais un total de 26 % de personnes répondent « oui » (16 %) ou « peut-être » à la question : « Envisageriez-vous l’euthanasie en étant en bonne santé ? »
C’est à peine moins que le pourcentage (27 %) de personnes qui n’envisageraient l’euthanasie en aucun cas.

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18 juin, 2015

Révoltant ! Une maman découvre la photo de sa fille trisomique dans une pub pour le diagnostic prénatal

Voici l’une des histoires les plus poignantes que l’on puisse imaginer… Celle d’une jeune mère de famille canadienne, Christie Hoos, qui a découvert avec horreur la photo de sa fille atteinte de trisomie 21 sur la publicité d’un laboratoire pharmaceutique suisse de diagnostic prénatal. C’était une photo qu’elle avait – exceptionnellement – postée sur son blog, soheresus.com. La société Genoma l’avait utilisée pour illustrer son site où vantait la précision de son « test d’ADN fœtal », sous le nom commercial « Tranquillity », mais aussi sur une bannière publicitaire affichée sur un immeuble en Espagne.
Le message est sans ambiguïté. Avec « Tranquillilty », le « test d’ADN fœtal non-invasif le plus complet », les futurs parents peuvent être… tranquilles. Genoma revendique sur son site la « précision » et la « précocité » du diagnostic de « trisomie 21 et autres désordres chomosomiques » obtenu sur une simple prise de sang prélevée sur la future mère.
« En vous informant à l’avance du risque spécifique de voir se développer une maladie, ou en permettant le diagnostic très précoce d’une maladie, Genoma vous aide à prendre à temps les bonnes décisions médicales. Votre bébé ou vous-même pouvez recevoir immédiatement les traitements médicaux adéquats », assure Genoma sur son site.
Les tests prénataux très précoces sur simple analyse du sang maternel ont la particularité de pouvoir se réaliser dès avant la 10e semaine de grossesse. C’est-à-dire dans une période où, dans la plupart des pays où l’avortement est légal, la procédure est à la fois simple à obtenir et peu onéreuse. En revanche, on ne connaît pas de procédures médicales qui permettent de soigner, et encore moins de guérir les anomalies génétiques des enfants in utero, et on ne sache pas que les rares traitements ou possibilités d’opérations anténatales qui existent se pratiquent jamais avant 10 semaines de grossesse…
Cas d’école de désinformation, la publicité de Genoma a un but réel et un seul : signaler aux futurs parents qu’en dépistant tôt et facilement une trisomie 21 ou une autre anomalie génétique, la décision d’avorter en sera grandement facilitée. A l’heure où, selon les pays, le taux des enfants dépistés avant la naissance comme étant porteurs de trisomie 21, et avortés, peut atteindre 95 %. Une telle publicité fait de la propagande pour l’eugénisme, souligne Christie Hoos.
Pire, en utilisant l’image de sa propre petite fille aux traits caractéristiques de la trisomie 21, avec toute la douceur de l’ange de Reims, Genoma envoie un message simple, clair, glaçant, perceptible sans l’ombre d’une ambiguïté dans le contexte  : Avec Tranquillité, cette petite fille ne serait jamais née. Ou encore : Assurez-vous contre la trisomie 21.
Christie Hoos, d’Aldergrove en Colombie-Britannique, raconte comment elle a découvert, abasourdie, l’utilisation de l’image de sa très chère petite fille. Elle était précisément à son chevet, à l’hôpital – la petite est atteinte d’un cancer et suit une longue et pénible chimiothérapie – lorsqu’une amie, elle-même mère d’un enfant atteint de trisomie 21, l’a appelée. Elle venait de trouver la photo qu’elle avait déjà vue sur le blog de Christie sur Internet, utilisée pour « vendre » les tests qui servent à éliminer ces enfants.
Stupeur, colère, indignation… Pour Christie Hoos, la découverte de la photo a été un cauchemar. Non seulement la photo de sa fille avait été volée – par un site de fourniture de photos gratuites « sans droits d’auteur », www.FreeLargeImages.com – mais une société commerciale qui s’enrichit de la vente de tests eugéniques l’y avait récupérée à ses odieuses fins. La petite fille était devenue le symbole publicitaire du diagnostic prénatal dont le seul but, dans l’immense majorité des cas, est de permettre de détruire les enfants malades avant qu’il ne soit trop tard.
Le directeur général de Genoma, Frédéric Amar, a répondu au moyen d’une déclaration publique assurant que l’utilisation de la photo avait été le résultat d’une « erreur de communication interne » et qu’elle avait été enlevée de tous les supports publicitaires où elle avait pu figurer : elle avait été téléchargée de bonne foi depuis un « site qui la proposait d’une manière apparemment légale ».
Il est allé jusqu’à prétendre que les tests génétiques sanguins permettent de « sauver des vies » en évitant que les mères aient à recourir à l’amniocentèse qui comporte un risque de fausse couche. Comme si les tests positifs n’étaient pas utilisés pour choisir ou recommander l’avortement !
Christie a souligné dans son blog qu’au-delà de l’horreur spécifique de l’utilisation de la photo de sa fille pour vanter un test prénatal, il y a aussi le problème de l’utilisation totalement illégale de la photo de la fillette. En France la protection de la vie privée, et d’autant plus lorsqu’il s’agit de l’image d’une mineure, permettrait des poursuites au succès assuré. C’est aussi le cas au Canada. Mais ici il est question d’une image volée par un site allemand dont le nom de domaine est enregistrée à Istanbul, utilisée par une société suisse sur Internet et, matériellement, en Espagne.
Les images d’enfants atteints de trisomie ont depuis été enlevés du site de « photos gratuites ».
L’affichage de la bannière publicitaire en Espagne avait déjà provoqué un tollé sur place, de nombreux parents ou associations de parents d’enfants handicapés ayant protesté contre l’utilisation de l’image de la fillette. Genoma, sur ce plan-là, fait la sourde oreille.
Mais un internaute s’était demandé sur un réseau social quel parent pouvait bien être suffisamment sans cœur pour permettre une telle utilisation de l’image de sa fille dans une elle campagne.
« Pas moi. Jamais. Je ne l’aurais jamais permis », répond Christie.
Cela tombe sous le sens. Sauf pour Genoma…

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17 février, 2015

Mgr Charles Morerod réagit à l'affaire de la bénédiction d'une « union lesbienne » à Bürglen, en Suisse

Le choix du curé de  Bürglen, du canton d'Uri en Suisse, de « bénir » l'union de deux lesbiennes au cours d'une cérémonie ressemblant à un mariage, a provoqué une réaction publique de l'évêque de son diocèse d'origine, Mgr Charles Morerod de Fribourg. Il a indiqué ne pas savoir s'il aurait agi différemment de l'évêque de Coire qui exige la démission du curé (d'ici à l'été !), en précisant : « Il y a certaines choses qui ne dépendent pas de l'évêque du lieu, le mariage dans l'Eglise catholique, c'est entre un homme et une femme. »

Le curé, le P. Wendelin Bucheli, n'aurait pas dû outrepasser ses fonctions, a ajouté Mgr Morerod : « Un prêtre doit savoir s'abstenir de faire certains gestes qui contribuent à le rendre populaire de manière un peu hâtive. »

Que le prêtre en question ait tiré de la popularité de son geste, voilà qui est certain : une pétition en ligne demandant qu'il puisse rester dans sa paroisse a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures et dimanche, il a été ovationné par ses paroissiens après la messe à Bürglen. La presse helvétique s'était elle aussi déplacé pour l'événement.

Dans l'œil du cyclone du côté des autorités eccésiales depuis l'automne dernier – la bénédiction avait été donnée à ce moment-là – le P. Bucheli a néanmoins reçu le soutien de l'abbaye bénédictine d'Engelberg, également dans le canton d'Uri : son père abbé, Christian Meyer a critiqué la décision de l'évêque de Coire de demander la démission du curé et dit espérer une intervention du nonce apostolique. Parce que la démarche du curé doit être appréciée du point de vue de la « pastorale », assure-t-il : lé bénédiction répondait à une « demande pieuse »…

C'est peut-être cet état d'esprit propre à la Suisse qui explique la timidité des explications de Mgr Morerod : ce n'est pas le « mariage dans l'Eglise catholique » qui est « entre un homme et une femme », aurait-on envie de lui dire, c'est le mariage tout court. Et le problème n'est pas non plus la « popularité », ou non, du prêtre, mais la vérité d'une situation.

Wendelin Bucheli a pour l'heure refusé sa mutation.

La crise que nous vivons est à la fois une crise de doctrine et d'autorité. L'exploitation médiatique qui en est faite dit assez à quel point ce genre de faits divers est utilisée pour manipuler l'Eglise.


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13 février, 2015

Le curé de Bürglen, en Suisse, ne démissionnera pas pour avoir béni l’union de deux lesbiennes ; une pétition le soutient

Le P. Bucheli (source photo : ici.)
Retombée des « réflexions » d’avant-synode et du plaidoyer pour une pastorale du mariage renouvelée ? Tout porte à y croire alors que le curé de Bürglen, dans le canton d’Uri, en Suisse, a déjà recueilli le soutien de plus de 28.000 personnes (selon les chiffres de ce vendredi après-midi) qui ne veulent pas le voir sanctionné pour avoir « béni » une union lesbienne en octobre dernier.
L’appel à la mobilisation a été lancé dimanche dernier alors que l’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, venait de demander au P . Wendelin Bucheli de présenter sa démission comme curé de Bürglen. La pétition demande qu’il reste curé du village.
De son côté le P. Bucheli n’a pas l’intention de faire autre chose. « Je me sens bien à Bürglen. Mon travail ici n’est pas terminé, et je ne vois aucune raison de quitter actuellement ma communauté », a-t-il déclaré à la presse, fort du soutien du conseil de paroisse. La sanction n’était pourtant pas violente : il lui était simplement demandé de quitter Bürglen d’ici à l’été et de retourner dans son diocèse d’origine, celui de Lausanne.
Le site « catholique » homosexualiste de New Ways Ministry raconte que le prêtre avait discuté avec des confrères – et notamment un jésuite – avant de prendre la décision de bénir les deux femmes, et que leur réponse avait été positive. « Aujourd’hui les gens bénissent les animaux, les voitures et même les armes. Pourquoi ne pas bénir un couple qui décide de cheminer dans la vie avec Dieu à ses côtés ? »
Le P. Bucheli reconnaissait peu après l’événement dans l’hebdomadaure Urner Wochenblatt qu’« il n’y avait pas de différence considérable entre cette bénédiction et une cérémonie de mariage ».
Il revendique maintenant le soutien de nombreux paroissiens (les opposants n’ayant pas été sollicités…) et le vice président du conseil paroissial de Bürglen lui, Peter Vorwerk, lui donne raison : « Le christianisme est fondé sur la charité, il est donc difficile de comprendre pourquoi l’Eglise devrait refuser à quelqu’un la bénédiction de Dieu. »
Le P. Bucheli s’est exprimé une nouvelle fois mercredi sur son refus d’accepter la sanction qui lui est adressée, affirmant qu’il relève de sa « tâche de pasteur » de s’occuper « des faibles, des blessés et des marginalisés ». 

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02 février, 2015

Deux cousins écossais ont obtenu l'assistance au suicide en Suisse pour ne pas être séparés

Cela faisait 40 ans que Stuart Henderson, 86 ans, et Phyllis McConachie, 89, vivaient sous un même morts le 10 novembre en Suisse, dans un établissement de « suicide assisté », en se tenant par la main. Ils ont choisi cette « sortie » de la vie à deux pour ne pas risquer d'être séparés en raison de leur état de santé.
toit, dans un logement protégé pour personnes âgées ou vulnérables. Les deux cousins s'apportaient une aide mutuelle et comptaient l'un sur l'autre pour la vie de tous les jours : pas seulement pour les besoins matériels, mais aussi pour conserver une forme de vie de famille. Ils sont

Ni l'un, ni l'autre, n'était en phase terminale d'une quelconque maladie douloureuse ou insupportable. Mme McConachie était tombée, elle s'était fracturée la hanche. Lui, Stuart Henderson, commençait à montrer des signes de démence. Les deux cousins, depuis lors, n'avait qu'une crainte : celle d'être séparés afin d'être placés dans des maisons de retraite différentes. C'est cette perspective qui les a poussés vers la « mort choisie ».

Venus de Troon, dans l'Ayshire, Stuart et Phyllis avaient de toute manière décidé que la mort était la seule issue : un suicide à n'importe quel prix. Ils ont fini par faire appel à l'association « Eternal Spirit », une association qui fait la promotion de la mort choisie et de l'autonomie du patient dans le monde, et à sa clinique de suicide assisté, LifeCircle, qui opère près de Bâle, en Suisse, sous la conduite du Dr Erika Preisig qui pose elle-même la perfusion contenant le poison qui tue, avant de laisser ses clients actionner eux-mêmes la molette pour que le geste mortel soit de leur responsabilité. A 8.500 francs suisses par dossier, en général, le coût de l'acte est loin d'être négligeable. Il comprend une visite médicale assurée par l'association au domicile des demandeurs, et une dernière visite médicale obligatoire en Suisse.

Pour autant il n'est pas du tout exigé que la candidate au suicide ait atteint un certain degré de maladie ou de souffrance effective. Dans le cas de Henderson et McConachie, la crainte d'une solitde ou d'un désarroi futur aura suffi.

Et leur cas suscite, comme il n'est pas rare en Suisse dans le monde très codifié et très officiel du suicide assisté, des envolées lyriques. « La manière dont ils sont partis, emplis de paix et de joie, est fabuleuse. Voilà ce qui arrive lorsque des personnes qui ont vécu ensemble vraiment très longtemps s'en vont ensemble. »

Au Royaume-Uni, leur histoire a suscité comme on pouvait s'y attendre des débats sur l'euthanasie : une militante pour le droit de choisir sa propre mort, le Dr Libby Wilson, du groupe « Friends at the End » (Amis à la fin), a réclamé un changement de la loi britannique afin que les candidats au suicide ne soient plus obligés d'aller se faire suicider en Suisse : « Ils auraient dû pouvoir mourir dans leur propre appartement. »

Mais ce n'est pas tant mourir qu'ils voulaient, que de ne pas être cruellement séparés par un système qui broie les identités et les affections. Le Dr Peter Saunders, directeur de campagne de l'alliance « Care not Killing » (soigner et non tuer), a qualifié la mort des deux cousins de « grande tragédie ». « Le suicide assisté, dans de tels cas, est la forme ultime de l'abandon. Ce cas tragique souligne fortement le besoin de soins complets, abordables et centrés sur le patient, où l'on s'occuper non seulement des besoins physiques des gens, mais aussi de leurs besoins sociaux et spirituels. »

Voilà qui met une fois de plus en évidence l'hypocrisie des lois promues sous la pression des champions de l'ingénierie sociale et de la culture de mort. Car s'il avait vraiment été question de venir en aide à ces deux vieux cousins en plein désarroi, on aurait d'abord cherché à leur assurer une fin de vie paisible en compagnie l'un de l'autre.

De même on aurait pu imaginer, plutôt que la mise en place d'une « union civile » sanctionnant une relation d'ordre sexuel, et plus spécialement une relation homosexuelle, un contrat de cohabitation affective et effective. L'union civile – ce pseudo mariage qui existe au Royaume-Uni comme le pacs existe en France – est frappée des mêmes interdits (de consanguinité par exemple) que le mariage. Pourtant, à notre époque d'isolement et d'éclatement familial, la reconnaissance fiscale, médicale, sociale du lien de protection mutuelle et de compagnonnage entre frères, sœurs, cousins, amis… aurait un vrai sens. Elle aurait peut-être permis d'éviter la tragédie des cousins de Troon. Elle aurait permis d'éviter le scandale de la reconnaissance officielle des unions homosexuelles.

Mais c'est cette reconnaissance qui était recherchée, bien davantage que l'intérêt des braves gens, tout comme le suicide assisté ou l'euthanasie sont en train de s'imposer médiatiquement au point d'oublier qu'il faut d'abord chercher à soigner les malades, les inquiets, les isolés, et à leur apporter le réconfort d'une humanité partagée.

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13 novembre, 2014

“EcoPop” : une initiative mortifère des écologistes radicaux suisses

Je lis sous la plume d’un ami, Vivien Hoch, un éloge de l’initiative « EcoPop » en Suisse (reprise ici par le Salon beige), par laquelle des écologistes demandent une limitation sévère de l’immigration. Vivien Hoch y voit un moyen de retrouver le « chez soi » européen : le sens du « ré-enracinement ». Si je suis évidemment d’accord avec lui sur l’importance de l’« enracinement », en revanche il ne faut pas prendre l’initiative EcoPop pour ce qu’elle n’est pas. Il s’agit en réalité d’une proposition inacceptable qui profite d’un sentiment populaire d’exaspération par rapport aux excès de l’immigration pour faire avaler autre chose : un programme de contrôle de la population qui s’inscrit dans une tradition malthusienne à l’origine du véritable « racisme » contemporain, qui a la haine des populations pauvres.
EcoPop est une initiative fédérale populaire lancée par un « militant indépendant pour le développement durable », Alex Gagneux, qui précise, sur son site, qu’il est « sans enfant ». Le principal ressort de sa campagne est la diffusion de la planification familiale, qui est au cœur des « actions pour le développement » des organisations internationales comme l’ONU, de multiples ONG et des fondations dérivées des grandes multinationales – mais aussi des militants de la Deep Ecology et plus généralement des écologistes qui voient en l’homme le principal ennemi de la planète. Elle sous-tend aussi des actions contre le « réchauffement climatique ». Cela fait du monde… C’est même « le monde », celui du pouvoir : celui, dominant, de la culture de mort.
Le sigle même de l’initiative est tout un programme : l’écologie progresse lorsque la population
diminue, suggère-t-il.
L’initiative Ecopop sera soumise à la votation des Suisses le 30 novembre prochain.
On a beaucoup mis en avant sa proposition n°2, qui vise à modifier la Constitution helvétique en imposant une limite à la croissance de la population attribuable au solde migratoire : celui-ci « ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans ».
On présente cela comme un moyen de permettre d’éviter « le grand remplacement » de population. Tel n’est pourtant pas l’objectif de cette mesure qui pèche déjà par son côté mécanique. Elle vise prioritairement à contrôler la population de manière contraignante.
La proposition n°1 donne la clef : « La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif, notamment dans le cadre de la coopération internationale au développement. »
La proposition n°3 donne les moyens : « Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire. » Autrement dit : l’accès à la contraception sous toutes ses formes artificielles, qui est à la racine de la culture de mort.
La proposition n°4 verrouille le tout : « La Confédération ne peut conclure de traité international qui contreviendrait au présent article ou qui empêcherait ou entraverait la mise en œuvre de mesures propres à atteindre les objectifs visés par le présent article. »
En faisant du volume de la population suisse une prérogative de l’Etat, l’initiative EcoPop est en elle-même d’essence totalitaire. Sa mise en œuvre ouvrirait un droit étatique – sanctuarisé par son adoption par référendum et sa présence dans la Constitution helvétique – d’édicter des lois limitant la liberté des couples de procréer. Comme cela existe en Chine, avec son cortège d’avortements et de stérilisations forcés, de contraintes économiques et de mesures vexatoires. La nouveauté, ce serait de faire adopter une telle mesure par le plus « démocratique » des pays par le biais le plus « démocratique » qui soit : le référendum d’initiative populaire. C’est ce que souligne un communiqué de Choisir la Vie Suisse.
C’est d’autant plus ahurissant que la Suisse a un indice de fécondité d’1,47 enfant par femme (en 2012), bien en deçà de celui qui permet le simple remplacement des générations. A ce rythme, sa population commencera à décroître d’ici à 20 ans. Pour le plus grand bonheur de ceux pour qui l’homme est d’abord une « empreinte écologique »… EcoPop le dit assez clairement : la Suisse souffre aujourd’hui d’un trop plein : « Bouchons sur les routes, trains bondés, loyers en hausse, terres agricoles construites, disparition des espèces: la pression démographique réduit la qualité de vie et évince la nature. »
Tout le texte suinte le malthusianisme qui s’autorise de la « Grande Peur » répandue par les idéologues de l’écologie extrémiste, exactement comme dans les années 1970 les époux Paul et Anne Ehrlich, auteurs de The Population Bomb, annonçaient la surpopulation apocalyptique et la famine mondiale pour les années 1980. Aucune de leurs prédictions ne s’est réalisée : si la population mondiale augmente – notamment et surtout, dans de nombreux pays, par l’allongement de la durée de la vie – les ressources alimentaires ont progressé plus vite per capita, et la faim dans le monde est davantage liée à des difficultés de distribution et des problèmes politiques qu’à un manque de nourriture.

Voici un film de propagande d'EcoPop :





EcoPop s’inscrit très clairement dans cette logique de lutte contre la surpopulation qui est à l’œuvre dans les organisations internationales depuis les prédictions d’Ehrlich. Comme le Saint-Siège n’a cessé de le dire, de nombreux pays ont été soumis à une obligation de contrôle de la population et de programmes de planning familial immoraux en échange d’aide au développement depuis lors. Car pour cette puissante faction du mondialisme, l’ennemi, c’est l’homme. Ce n’est pas un hasard si le site d’EcoPop renvoie vers des vidéos présentant des initiatives de diffusion de la contraception du FNUAP en Afrique (Fonds des Nations unies pour la Population) : cet organisme qui est à la pointe de la lutte pour le libre accès à la contraception et à l’avortement.
Anne-Marie Rey, fondatrice d'EcoPop
Cette « aide » des pays développés aux pays pauvres est d’un cynisme sans fin : elle préfère subventionner les contraceptifs (qui n’ont pas moins de contre-indications physiques et morales pour les femmes africaines que pour les femmes des pays riches !) plutôt que de venir en aide à la misère réelle : la mortalité maternelle et infantile liée à des structures sanitaires déficientes, le manque d’hygiène, le défaut de distribution d’eau, la concentration dans les mégapoles là où les populations pauvres ont elles aussi besoin d’enracinement…
Il faut noter pour finir – avec Choisir la Vie Suisse – que le leader historique d’EcoPop n’est autre qu’Anne-Marie Rey, une féministe de la première heure, socialiste, pro-avortement, pionnière du « droit » à l’avortement et figure de proue de la bataille pour sa décriminalisation en 2002.



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06 novembre, 2014

Suisse : les foyers pour personnes âgées vont devoir accueillir “Exit”


Le Grand Conseil du canton de Neuchâtel a décidé, par 80 voix contre 16, une modification de la loi obligeant les institutions d’utilité publique à accepter l’aide au suicide dans leurs murs. Sont directement visés les « homes » ou foyers pour personnes âgées du canton qui vont donc devoir accueillir l’association Exit qui se charge d’aider ses membres à mourir.
La liberté de choix des patients ou des résidents prime sur tout le reste, a décidé le Parlement cantonal : y compris sur le règlement intérieur des EMS (établissements médico-sociaux) et des homes. Pas question de prévoir une possibilité d’objection de conscience ou de dérogation dans les maisons recevant des fonds publics ; seules les foyers privés pourront refuser l’assistance au suicide.
Deux organismes avaient appelé à la reconnaissance de leur droit de refuser la mise à mort délibérée de leurs patients ou résidents : l’Association neuchâteloise des établissements pour personnes âgées (ANEMPA) et l’Armée du Salut, qui ont mis en avant des questions de religion ou de philosophie.
En cas de demande de mort de la part d’un résident, pourvu qu’il soit capable de discernement, les homes et EMS devront mettre à sa disposition une chambre, mais le personnel ne devra ni intervenir directement ni assister au décès programmé, pris en charge entièrement par Exit, dès lors que le résident n’a plus de domicile ou que son retour dans son logement ne peut être raisonnablement exigé.
Il n’en reste pas moins que cette nouvelle loi oblige les personnes qui travaillent auprès des personnes âgées à se rendre complices de l’assistance à leur suicide, quelles que soient leurs convictions et leur répugnance à voir délibérément donner la mort.
En cas de refus, la loi prévoit que le patient puisse déposer plainte auprès de l’autorité de surveillance de ces institutions.

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12 octobre, 2014

Suisse : interdire les avortements liés au sexe… mais comment ?

La commission de la science du National, la chambre basse de l’Assemblée suisse, vient de recommander à cette institution d’adopter une motion du Conseil des Etats demandant un durcissement des conditions d’obtention d’analyses précoces, pour éviter les avortements liés au sexe de l’embryon.
Même si ces tests sont déjà interdits par la loi suisse, il est apparu que les couples peuvent assez facilement contourner l’obstacle en recourant à des tests non invasifs réalisés dès la 9e semaine de grossesse, bien avant la fin du délai légal d’avortement fixé à 12 semaines.
On envisage d’interdire aux laboratoires de transmettre l’information sur le sexe de l’enfant dans la mesure où elle n’a pas d’utilité pour la détection de futures maladies – l’avortement eugénique étant dans ce dernier cas autorisé.
La commission du National souligne toutefois la difficulté de contrôler le recours aux tests  permettant de déterminer le sexe de l’enfant à naître dans la mesure où ils sont proposés par des laboratoires étrangers qui ne peuvent pas être soumis à la réglementation suisse.
Et comme les procédures dont de plus en plus simples – on sait que les tests sur le sang de la mère permettent d’obtenir un nombre toujours croissant de renseignements sur l’enfant qu’elle porte – il est prévisible que les tests puissent être bientôt effectués par les médecins eux-mêmes, sans passer par un laboratoire.
En fait, si l’on veut, en Suisse ou ailleurs, vraiment tout faire pour arrêter le génocide des filles ou l’avortement en raison du sexe de l’enfant, il n’y a qu’une solution efficace : interdire l’avortement tout court, qui tue dans tous les cas. Ou à tout le moins en finir avec le dépistage de plus en plus serré d’un nombre croissant de maladies, d’anomalies génétiques ou de prédispositions à telle ou telle maladie dans la mesure où il a pour seul but de recommander l’avortement.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...