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04 août, 2015

Gill Pharaoh, 75 ans, en pleine santé, obtient le suicide assisté en Suisse parce que la vieillesse est « épouvantable »

Gill Pharaoh, 75 ans, était infirmière, et même infirmière de soins palliatifs. Elle vient de mettre fin à sa vie dans une clinique liée à l’association « Lifecircle » qui travaille avec l’établissement « Eternal SPIRIT » à Bâle. Cette femme britannique, mère de deux enfants et vivant avec un compagnon, n’était atteinte d’aucune maladie grave. Elle ne prenait aucun médicament et était, au fond, en très bonne santé malgré quelques épisodes de mal au dos et des acouphènes. La seule raison de sa mort choisie : elle ne voulait pas se transformer en « vieille dame boitillante ». La vieillesse, dit-elle encore, est « épouvantable ».
Le suicide assisté s’est déroulé le 21 juillet dernier, sans doute après un parcours imposé par l’association « Lifecircle » qui affirme « défendre la vie » et qui à ce titre « ne propose pas d’aide au suicide », mais qui « par conséquent » (sic) « travaille avec la Fondation Eternal SPIRIT pour aider les personnes dont la souffrance est devenue insupportable, pour qu’elles puissent décider pour elles-mêmes de leur vie et de leur mort, en choisissant la mort volontaire assistée. »
Ladite Fondation n’assiste que les membres encartés de LifeCircle et possède son propre organe d’évaluation des demandes, parfois par le biais du recours à un médecin extérieur.
Gill Pharaoh, répétons-le, n’avait pas d’autre « souffrance épouvantable » que la conscience de régresser et la connaissance intime des difficultés de la vieillesse fréquemment côtoyées au titre de son métier d’infirmière des soins palliatifs.
Elle qui avait écrit deux livres sur les soins pour les personnes très âgées se sentait simplement en bout de course et elle voulait « agir tant qu’elle le pouvait encore », persuadée que les choses ne pouvaient plus aller mieux. « J’ai tant d’amis dont les partenaires sont évidemment un poids. Je sais qu’il ne faudrait pas le dire mais j’ai dans la tête l’image mentale de ce qu’il suffit, à mon âge, de se casser le col du fémur, après quoi on dégringole très vite », a-t-elle expliqué dans une interview qu’il faut bien qualifier de militante, à quelques semaines de la date programmée de son suicide.
Elle-même se sentait diminuer « d’une manière presque imperceptible » en vieillissant. Elle ne voulait en aucun cas imposer à ses enfants son éventuelle dépendance : « Beaucoup de personnes âgées s’attendent à obtenir, voire exigent de l’aide de la part de leurs enfants mais à mon avis il s’agit d’une manière de voir à la fois très égoïste et déraisonnable. » « Si vous travaillez dans une maison de soins et que vous êtes face à des personnes incontinentes, qui jurent, qui déambulent dans les pièces et de servent de tout, c’est très difficile. Ce n’est pas un travail auquel vous prenez plaisir », ajoutait-elle
D’où le voyage en Suisse. Elle était accompagnée de son partenaire, John : la veille du suicide, ils se sont promenés en ville, ont fait un bon repas sur les bords du Rhin. Le suicide a eu lieu comme prévu, après quoi John a confirmé aux deux filles de Gill que leur mère était morte.
Mme Pharaoh a elle-même organisé la cérémonie « humaniste » qui aura lieu ce mois-ci.
La décision de Gill Pharaoh, largement commentée par la presse britannique – et pas de manière très négative – s’inscrit dans une mobilisation médiatique en faveur du choix de mourir et de la rédaction de directives anticipées (les fameux « testaments de vie »).
Un sondage en ligne laisse penser que le discours soit efficace – même s’il faut tenir compte des limites évidentes de ce genre de sondage « ouvert » où chacun donne son avis, sans souci de pondérer les résultats. 44 % des répondants affirment qu’ils n’envisageraient le suicide qu’en cas de « maladie en phase terminale », mais un total de 26 % de personnes répondent « oui » (16 %) ou « peut-être » à la question : « Envisageriez-vous l’euthanasie en étant en bonne santé ? »
C’est à peine moins que le pourcentage (27 %) de personnes qui n’envisageraient l’euthanasie en aucun cas.

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18 juin, 2015

Révoltant ! Une maman découvre la photo de sa fille trisomique dans une pub pour le diagnostic prénatal

Voici l’une des histoires les plus poignantes que l’on puisse imaginer… Celle d’une jeune mère de famille canadienne, Christie Hoos, qui a découvert avec horreur la photo de sa fille atteinte de trisomie 21 sur la publicité d’un laboratoire pharmaceutique suisse de diagnostic prénatal. C’était une photo qu’elle avait – exceptionnellement – postée sur son blog, soheresus.com. La société Genoma l’avait utilisée pour illustrer son site où vantait la précision de son « test d’ADN fœtal », sous le nom commercial « Tranquillity », mais aussi sur une bannière publicitaire affichée sur un immeuble en Espagne.
Le message est sans ambiguïté. Avec « Tranquillilty », le « test d’ADN fœtal non-invasif le plus complet », les futurs parents peuvent être… tranquilles. Genoma revendique sur son site la « précision » et la « précocité » du diagnostic de « trisomie 21 et autres désordres chomosomiques » obtenu sur une simple prise de sang prélevée sur la future mère.
« En vous informant à l’avance du risque spécifique de voir se développer une maladie, ou en permettant le diagnostic très précoce d’une maladie, Genoma vous aide à prendre à temps les bonnes décisions médicales. Votre bébé ou vous-même pouvez recevoir immédiatement les traitements médicaux adéquats », assure Genoma sur son site.
Les tests prénataux très précoces sur simple analyse du sang maternel ont la particularité de pouvoir se réaliser dès avant la 10e semaine de grossesse. C’est-à-dire dans une période où, dans la plupart des pays où l’avortement est légal, la procédure est à la fois simple à obtenir et peu onéreuse. En revanche, on ne connaît pas de procédures médicales qui permettent de soigner, et encore moins de guérir les anomalies génétiques des enfants in utero, et on ne sache pas que les rares traitements ou possibilités d’opérations anténatales qui existent se pratiquent jamais avant 10 semaines de grossesse…
Cas d’école de désinformation, la publicité de Genoma a un but réel et un seul : signaler aux futurs parents qu’en dépistant tôt et facilement une trisomie 21 ou une autre anomalie génétique, la décision d’avorter en sera grandement facilitée. A l’heure où, selon les pays, le taux des enfants dépistés avant la naissance comme étant porteurs de trisomie 21, et avortés, peut atteindre 95 %. Une telle publicité fait de la propagande pour l’eugénisme, souligne Christie Hoos.
Pire, en utilisant l’image de sa propre petite fille aux traits caractéristiques de la trisomie 21, avec toute la douceur de l’ange de Reims, Genoma envoie un message simple, clair, glaçant, perceptible sans l’ombre d’une ambiguïté dans le contexte  : Avec Tranquillité, cette petite fille ne serait jamais née. Ou encore : Assurez-vous contre la trisomie 21.
Christie Hoos, d’Aldergrove en Colombie-Britannique, raconte comment elle a découvert, abasourdie, l’utilisation de l’image de sa très chère petite fille. Elle était précisément à son chevet, à l’hôpital – la petite est atteinte d’un cancer et suit une longue et pénible chimiothérapie – lorsqu’une amie, elle-même mère d’un enfant atteint de trisomie 21, l’a appelée. Elle venait de trouver la photo qu’elle avait déjà vue sur le blog de Christie sur Internet, utilisée pour « vendre » les tests qui servent à éliminer ces enfants.
Stupeur, colère, indignation… Pour Christie Hoos, la découverte de la photo a été un cauchemar. Non seulement la photo de sa fille avait été volée – par un site de fourniture de photos gratuites « sans droits d’auteur », www.FreeLargeImages.com – mais une société commerciale qui s’enrichit de la vente de tests eugéniques l’y avait récupérée à ses odieuses fins. La petite fille était devenue le symbole publicitaire du diagnostic prénatal dont le seul but, dans l’immense majorité des cas, est de permettre de détruire les enfants malades avant qu’il ne soit trop tard.
Le directeur général de Genoma, Frédéric Amar, a répondu au moyen d’une déclaration publique assurant que l’utilisation de la photo avait été le résultat d’une « erreur de communication interne » et qu’elle avait été enlevée de tous les supports publicitaires où elle avait pu figurer : elle avait été téléchargée de bonne foi depuis un « site qui la proposait d’une manière apparemment légale ».
Il est allé jusqu’à prétendre que les tests génétiques sanguins permettent de « sauver des vies » en évitant que les mères aient à recourir à l’amniocentèse qui comporte un risque de fausse couche. Comme si les tests positifs n’étaient pas utilisés pour choisir ou recommander l’avortement !
Christie a souligné dans son blog qu’au-delà de l’horreur spécifique de l’utilisation de la photo de sa fille pour vanter un test prénatal, il y a aussi le problème de l’utilisation totalement illégale de la photo de la fillette. En France la protection de la vie privée, et d’autant plus lorsqu’il s’agit de l’image d’une mineure, permettrait des poursuites au succès assuré. C’est aussi le cas au Canada. Mais ici il est question d’une image volée par un site allemand dont le nom de domaine est enregistrée à Istanbul, utilisée par une société suisse sur Internet et, matériellement, en Espagne.
Les images d’enfants atteints de trisomie ont depuis été enlevés du site de « photos gratuites ».
L’affichage de la bannière publicitaire en Espagne avait déjà provoqué un tollé sur place, de nombreux parents ou associations de parents d’enfants handicapés ayant protesté contre l’utilisation de l’image de la fillette. Genoma, sur ce plan-là, fait la sourde oreille.
Mais un internaute s’était demandé sur un réseau social quel parent pouvait bien être suffisamment sans cœur pour permettre une telle utilisation de l’image de sa fille dans une elle campagne.
« Pas moi. Jamais. Je ne l’aurais jamais permis », répond Christie.
Cela tombe sous le sens. Sauf pour Genoma…

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17 février, 2015

Mgr Charles Morerod réagit à l'affaire de la bénédiction d'une « union lesbienne » à Bürglen, en Suisse

Le choix du curé de  Bürglen, du canton d'Uri en Suisse, de « bénir » l'union de deux lesbiennes au cours d'une cérémonie ressemblant à un mariage, a provoqué une réaction publique de l'évêque de son diocèse d'origine, Mgr Charles Morerod de Fribourg. Il a indiqué ne pas savoir s'il aurait agi différemment de l'évêque de Coire qui exige la démission du curé (d'ici à l'été !), en précisant : « Il y a certaines choses qui ne dépendent pas de l'évêque du lieu, le mariage dans l'Eglise catholique, c'est entre un homme et une femme. »

Le curé, le P. Wendelin Bucheli, n'aurait pas dû outrepasser ses fonctions, a ajouté Mgr Morerod : « Un prêtre doit savoir s'abstenir de faire certains gestes qui contribuent à le rendre populaire de manière un peu hâtive. »

Que le prêtre en question ait tiré de la popularité de son geste, voilà qui est certain : une pétition en ligne demandant qu'il puisse rester dans sa paroisse a recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures et dimanche, il a été ovationné par ses paroissiens après la messe à Bürglen. La presse helvétique s'était elle aussi déplacé pour l'événement.

Dans l'œil du cyclone du côté des autorités eccésiales depuis l'automne dernier – la bénédiction avait été donnée à ce moment-là – le P. Bucheli a néanmoins reçu le soutien de l'abbaye bénédictine d'Engelberg, également dans le canton d'Uri : son père abbé, Christian Meyer a critiqué la décision de l'évêque de Coire de demander la démission du curé et dit espérer une intervention du nonce apostolique. Parce que la démarche du curé doit être appréciée du point de vue de la « pastorale », assure-t-il : lé bénédiction répondait à une « demande pieuse »…

C'est peut-être cet état d'esprit propre à la Suisse qui explique la timidité des explications de Mgr Morerod : ce n'est pas le « mariage dans l'Eglise catholique » qui est « entre un homme et une femme », aurait-on envie de lui dire, c'est le mariage tout court. Et le problème n'est pas non plus la « popularité », ou non, du prêtre, mais la vérité d'une situation.

Wendelin Bucheli a pour l'heure refusé sa mutation.

La crise que nous vivons est à la fois une crise de doctrine et d'autorité. L'exploitation médiatique qui en est faite dit assez à quel point ce genre de faits divers est utilisée pour manipuler l'Eglise.


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13 février, 2015

Le curé de Bürglen, en Suisse, ne démissionnera pas pour avoir béni l’union de deux lesbiennes ; une pétition le soutient

Le P. Bucheli (source photo : ici.)
Retombée des « réflexions » d’avant-synode et du plaidoyer pour une pastorale du mariage renouvelée ? Tout porte à y croire alors que le curé de Bürglen, dans le canton d’Uri, en Suisse, a déjà recueilli le soutien de plus de 28.000 personnes (selon les chiffres de ce vendredi après-midi) qui ne veulent pas le voir sanctionné pour avoir « béni » une union lesbienne en octobre dernier.
L’appel à la mobilisation a été lancé dimanche dernier alors que l’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder, venait de demander au P . Wendelin Bucheli de présenter sa démission comme curé de Bürglen. La pétition demande qu’il reste curé du village.
De son côté le P. Bucheli n’a pas l’intention de faire autre chose. « Je me sens bien à Bürglen. Mon travail ici n’est pas terminé, et je ne vois aucune raison de quitter actuellement ma communauté », a-t-il déclaré à la presse, fort du soutien du conseil de paroisse. La sanction n’était pourtant pas violente : il lui était simplement demandé de quitter Bürglen d’ici à l’été et de retourner dans son diocèse d’origine, celui de Lausanne.
Le site « catholique » homosexualiste de New Ways Ministry raconte que le prêtre avait discuté avec des confrères – et notamment un jésuite – avant de prendre la décision de bénir les deux femmes, et que leur réponse avait été positive. « Aujourd’hui les gens bénissent les animaux, les voitures et même les armes. Pourquoi ne pas bénir un couple qui décide de cheminer dans la vie avec Dieu à ses côtés ? »
Le P. Bucheli reconnaissait peu après l’événement dans l’hebdomadaure Urner Wochenblatt qu’« il n’y avait pas de différence considérable entre cette bénédiction et une cérémonie de mariage ».
Il revendique maintenant le soutien de nombreux paroissiens (les opposants n’ayant pas été sollicités…) et le vice président du conseil paroissial de Bürglen lui, Peter Vorwerk, lui donne raison : « Le christianisme est fondé sur la charité, il est donc difficile de comprendre pourquoi l’Eglise devrait refuser à quelqu’un la bénédiction de Dieu. »
Le P. Bucheli s’est exprimé une nouvelle fois mercredi sur son refus d’accepter la sanction qui lui est adressée, affirmant qu’il relève de sa « tâche de pasteur » de s’occuper « des faibles, des blessés et des marginalisés ». 

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02 février, 2015

Deux cousins écossais ont obtenu l'assistance au suicide en Suisse pour ne pas être séparés

Cela faisait 40 ans que Stuart Henderson, 86 ans, et Phyllis McConachie, 89, vivaient sous un même morts le 10 novembre en Suisse, dans un établissement de « suicide assisté », en se tenant par la main. Ils ont choisi cette « sortie » de la vie à deux pour ne pas risquer d'être séparés en raison de leur état de santé.
toit, dans un logement protégé pour personnes âgées ou vulnérables. Les deux cousins s'apportaient une aide mutuelle et comptaient l'un sur l'autre pour la vie de tous les jours : pas seulement pour les besoins matériels, mais aussi pour conserver une forme de vie de famille. Ils sont

Ni l'un, ni l'autre, n'était en phase terminale d'une quelconque maladie douloureuse ou insupportable. Mme McConachie était tombée, elle s'était fracturée la hanche. Lui, Stuart Henderson, commençait à montrer des signes de démence. Les deux cousins, depuis lors, n'avait qu'une crainte : celle d'être séparés afin d'être placés dans des maisons de retraite différentes. C'est cette perspective qui les a poussés vers la « mort choisie ».

Venus de Troon, dans l'Ayshire, Stuart et Phyllis avaient de toute manière décidé que la mort était la seule issue : un suicide à n'importe quel prix. Ils ont fini par faire appel à l'association « Eternal Spirit », une association qui fait la promotion de la mort choisie et de l'autonomie du patient dans le monde, et à sa clinique de suicide assisté, LifeCircle, qui opère près de Bâle, en Suisse, sous la conduite du Dr Erika Preisig qui pose elle-même la perfusion contenant le poison qui tue, avant de laisser ses clients actionner eux-mêmes la molette pour que le geste mortel soit de leur responsabilité. A 8.500 francs suisses par dossier, en général, le coût de l'acte est loin d'être négligeable. Il comprend une visite médicale assurée par l'association au domicile des demandeurs, et une dernière visite médicale obligatoire en Suisse.

Pour autant il n'est pas du tout exigé que la candidate au suicide ait atteint un certain degré de maladie ou de souffrance effective. Dans le cas de Henderson et McConachie, la crainte d'une solitde ou d'un désarroi futur aura suffi.

Et leur cas suscite, comme il n'est pas rare en Suisse dans le monde très codifié et très officiel du suicide assisté, des envolées lyriques. « La manière dont ils sont partis, emplis de paix et de joie, est fabuleuse. Voilà ce qui arrive lorsque des personnes qui ont vécu ensemble vraiment très longtemps s'en vont ensemble. »

Au Royaume-Uni, leur histoire a suscité comme on pouvait s'y attendre des débats sur l'euthanasie : une militante pour le droit de choisir sa propre mort, le Dr Libby Wilson, du groupe « Friends at the End » (Amis à la fin), a réclamé un changement de la loi britannique afin que les candidats au suicide ne soient plus obligés d'aller se faire suicider en Suisse : « Ils auraient dû pouvoir mourir dans leur propre appartement. »

Mais ce n'est pas tant mourir qu'ils voulaient, que de ne pas être cruellement séparés par un système qui broie les identités et les affections. Le Dr Peter Saunders, directeur de campagne de l'alliance « Care not Killing » (soigner et non tuer), a qualifié la mort des deux cousins de « grande tragédie ». « Le suicide assisté, dans de tels cas, est la forme ultime de l'abandon. Ce cas tragique souligne fortement le besoin de soins complets, abordables et centrés sur le patient, où l'on s'occuper non seulement des besoins physiques des gens, mais aussi de leurs besoins sociaux et spirituels. »

Voilà qui met une fois de plus en évidence l'hypocrisie des lois promues sous la pression des champions de l'ingénierie sociale et de la culture de mort. Car s'il avait vraiment été question de venir en aide à ces deux vieux cousins en plein désarroi, on aurait d'abord cherché à leur assurer une fin de vie paisible en compagnie l'un de l'autre.

De même on aurait pu imaginer, plutôt que la mise en place d'une « union civile » sanctionnant une relation d'ordre sexuel, et plus spécialement une relation homosexuelle, un contrat de cohabitation affective et effective. L'union civile – ce pseudo mariage qui existe au Royaume-Uni comme le pacs existe en France – est frappée des mêmes interdits (de consanguinité par exemple) que le mariage. Pourtant, à notre époque d'isolement et d'éclatement familial, la reconnaissance fiscale, médicale, sociale du lien de protection mutuelle et de compagnonnage entre frères, sœurs, cousins, amis… aurait un vrai sens. Elle aurait peut-être permis d'éviter la tragédie des cousins de Troon. Elle aurait permis d'éviter le scandale de la reconnaissance officielle des unions homosexuelles.

Mais c'est cette reconnaissance qui était recherchée, bien davantage que l'intérêt des braves gens, tout comme le suicide assisté ou l'euthanasie sont en train de s'imposer médiatiquement au point d'oublier qu'il faut d'abord chercher à soigner les malades, les inquiets, les isolés, et à leur apporter le réconfort d'une humanité partagée.

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13 novembre, 2014

“EcoPop” : une initiative mortifère des écologistes radicaux suisses

Je lis sous la plume d’un ami, Vivien Hoch, un éloge de l’initiative « EcoPop » en Suisse (reprise ici par le Salon beige), par laquelle des écologistes demandent une limitation sévère de l’immigration. Vivien Hoch y voit un moyen de retrouver le « chez soi » européen : le sens du « ré-enracinement ». Si je suis évidemment d’accord avec lui sur l’importance de l’« enracinement », en revanche il ne faut pas prendre l’initiative EcoPop pour ce qu’elle n’est pas. Il s’agit en réalité d’une proposition inacceptable qui profite d’un sentiment populaire d’exaspération par rapport aux excès de l’immigration pour faire avaler autre chose : un programme de contrôle de la population qui s’inscrit dans une tradition malthusienne à l’origine du véritable « racisme » contemporain, qui a la haine des populations pauvres.
EcoPop est une initiative fédérale populaire lancée par un « militant indépendant pour le développement durable », Alex Gagneux, qui précise, sur son site, qu’il est « sans enfant ». Le principal ressort de sa campagne est la diffusion de la planification familiale, qui est au cœur des « actions pour le développement » des organisations internationales comme l’ONU, de multiples ONG et des fondations dérivées des grandes multinationales – mais aussi des militants de la Deep Ecology et plus généralement des écologistes qui voient en l’homme le principal ennemi de la planète. Elle sous-tend aussi des actions contre le « réchauffement climatique ». Cela fait du monde… C’est même « le monde », celui du pouvoir : celui, dominant, de la culture de mort.
Le sigle même de l’initiative est tout un programme : l’écologie progresse lorsque la population
diminue, suggère-t-il.
L’initiative Ecopop sera soumise à la votation des Suisses le 30 novembre prochain.
On a beaucoup mis en avant sa proposition n°2, qui vise à modifier la Constitution helvétique en imposant une limite à la croissance de la population attribuable au solde migratoire : celui-ci « ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois ans ».
On présente cela comme un moyen de permettre d’éviter « le grand remplacement » de population. Tel n’est pourtant pas l’objectif de cette mesure qui pèche déjà par son côté mécanique. Elle vise prioritairement à contrôler la population de manière contraignante.
La proposition n°1 donne la clef : « La Confédération s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif, notamment dans le cadre de la coopération internationale au développement. »
La proposition n°3 donne les moyens : « Sur l’ensemble des moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à encourager la planification familiale volontaire. » Autrement dit : l’accès à la contraception sous toutes ses formes artificielles, qui est à la racine de la culture de mort.
La proposition n°4 verrouille le tout : « La Confédération ne peut conclure de traité international qui contreviendrait au présent article ou qui empêcherait ou entraverait la mise en œuvre de mesures propres à atteindre les objectifs visés par le présent article. »
En faisant du volume de la population suisse une prérogative de l’Etat, l’initiative EcoPop est en elle-même d’essence totalitaire. Sa mise en œuvre ouvrirait un droit étatique – sanctuarisé par son adoption par référendum et sa présence dans la Constitution helvétique – d’édicter des lois limitant la liberté des couples de procréer. Comme cela existe en Chine, avec son cortège d’avortements et de stérilisations forcés, de contraintes économiques et de mesures vexatoires. La nouveauté, ce serait de faire adopter une telle mesure par le plus « démocratique » des pays par le biais le plus « démocratique » qui soit : le référendum d’initiative populaire. C’est ce que souligne un communiqué de Choisir la Vie Suisse.
C’est d’autant plus ahurissant que la Suisse a un indice de fécondité d’1,47 enfant par femme (en 2012), bien en deçà de celui qui permet le simple remplacement des générations. A ce rythme, sa population commencera à décroître d’ici à 20 ans. Pour le plus grand bonheur de ceux pour qui l’homme est d’abord une « empreinte écologique »… EcoPop le dit assez clairement : la Suisse souffre aujourd’hui d’un trop plein : « Bouchons sur les routes, trains bondés, loyers en hausse, terres agricoles construites, disparition des espèces: la pression démographique réduit la qualité de vie et évince la nature. »
Tout le texte suinte le malthusianisme qui s’autorise de la « Grande Peur » répandue par les idéologues de l’écologie extrémiste, exactement comme dans les années 1970 les époux Paul et Anne Ehrlich, auteurs de The Population Bomb, annonçaient la surpopulation apocalyptique et la famine mondiale pour les années 1980. Aucune de leurs prédictions ne s’est réalisée : si la population mondiale augmente – notamment et surtout, dans de nombreux pays, par l’allongement de la durée de la vie – les ressources alimentaires ont progressé plus vite per capita, et la faim dans le monde est davantage liée à des difficultés de distribution et des problèmes politiques qu’à un manque de nourriture.

Voici un film de propagande d'EcoPop :





EcoPop s’inscrit très clairement dans cette logique de lutte contre la surpopulation qui est à l’œuvre dans les organisations internationales depuis les prédictions d’Ehrlich. Comme le Saint-Siège n’a cessé de le dire, de nombreux pays ont été soumis à une obligation de contrôle de la population et de programmes de planning familial immoraux en échange d’aide au développement depuis lors. Car pour cette puissante faction du mondialisme, l’ennemi, c’est l’homme. Ce n’est pas un hasard si le site d’EcoPop renvoie vers des vidéos présentant des initiatives de diffusion de la contraception du FNUAP en Afrique (Fonds des Nations unies pour la Population) : cet organisme qui est à la pointe de la lutte pour le libre accès à la contraception et à l’avortement.
Anne-Marie Rey, fondatrice d'EcoPop
Cette « aide » des pays développés aux pays pauvres est d’un cynisme sans fin : elle préfère subventionner les contraceptifs (qui n’ont pas moins de contre-indications physiques et morales pour les femmes africaines que pour les femmes des pays riches !) plutôt que de venir en aide à la misère réelle : la mortalité maternelle et infantile liée à des structures sanitaires déficientes, le manque d’hygiène, le défaut de distribution d’eau, la concentration dans les mégapoles là où les populations pauvres ont elles aussi besoin d’enracinement…
Il faut noter pour finir – avec Choisir la Vie Suisse – que le leader historique d’EcoPop n’est autre qu’Anne-Marie Rey, une féministe de la première heure, socialiste, pro-avortement, pionnière du « droit » à l’avortement et figure de proue de la bataille pour sa décriminalisation en 2002.



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06 novembre, 2014

Suisse : les foyers pour personnes âgées vont devoir accueillir “Exit”


Le Grand Conseil du canton de Neuchâtel a décidé, par 80 voix contre 16, une modification de la loi obligeant les institutions d’utilité publique à accepter l’aide au suicide dans leurs murs. Sont directement visés les « homes » ou foyers pour personnes âgées du canton qui vont donc devoir accueillir l’association Exit qui se charge d’aider ses membres à mourir.
La liberté de choix des patients ou des résidents prime sur tout le reste, a décidé le Parlement cantonal : y compris sur le règlement intérieur des EMS (établissements médico-sociaux) et des homes. Pas question de prévoir une possibilité d’objection de conscience ou de dérogation dans les maisons recevant des fonds publics ; seules les foyers privés pourront refuser l’assistance au suicide.
Deux organismes avaient appelé à la reconnaissance de leur droit de refuser la mise à mort délibérée de leurs patients ou résidents : l’Association neuchâteloise des établissements pour personnes âgées (ANEMPA) et l’Armée du Salut, qui ont mis en avant des questions de religion ou de philosophie.
En cas de demande de mort de la part d’un résident, pourvu qu’il soit capable de discernement, les homes et EMS devront mettre à sa disposition une chambre, mais le personnel ne devra ni intervenir directement ni assister au décès programmé, pris en charge entièrement par Exit, dès lors que le résident n’a plus de domicile ou que son retour dans son logement ne peut être raisonnablement exigé.
Il n’en reste pas moins que cette nouvelle loi oblige les personnes qui travaillent auprès des personnes âgées à se rendre complices de l’assistance à leur suicide, quelles que soient leurs convictions et leur répugnance à voir délibérément donner la mort.
En cas de refus, la loi prévoit que le patient puisse déposer plainte auprès de l’autorité de surveillance de ces institutions.

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12 octobre, 2014

Suisse : interdire les avortements liés au sexe… mais comment ?

La commission de la science du National, la chambre basse de l’Assemblée suisse, vient de recommander à cette institution d’adopter une motion du Conseil des Etats demandant un durcissement des conditions d’obtention d’analyses précoces, pour éviter les avortements liés au sexe de l’embryon.
Même si ces tests sont déjà interdits par la loi suisse, il est apparu que les couples peuvent assez facilement contourner l’obstacle en recourant à des tests non invasifs réalisés dès la 9e semaine de grossesse, bien avant la fin du délai légal d’avortement fixé à 12 semaines.
On envisage d’interdire aux laboratoires de transmettre l’information sur le sexe de l’enfant dans la mesure où elle n’a pas d’utilité pour la détection de futures maladies – l’avortement eugénique étant dans ce dernier cas autorisé.
La commission du National souligne toutefois la difficulté de contrôler le recours aux tests  permettant de déterminer le sexe de l’enfant à naître dans la mesure où ils sont proposés par des laboratoires étrangers qui ne peuvent pas être soumis à la réglementation suisse.
Et comme les procédures dont de plus en plus simples – on sait que les tests sur le sang de la mère permettent d’obtenir un nombre toujours croissant de renseignements sur l’enfant qu’elle porte – il est prévisible que les tests puissent être bientôt effectués par les médecins eux-mêmes, sans passer par un laboratoire.
En fait, si l’on veut, en Suisse ou ailleurs, vraiment tout faire pour arrêter le génocide des filles ou l’avortement en raison du sexe de l’enfant, il n’y a qu’une solution efficace : interdire l’avortement tout court, qui tue dans tous les cas. Ou à tout le moins en finir avec le dépistage de plus en plus serré d’un nombre croissant de maladies, d’anomalies génétiques ou de prédispositions à telle ou telle maladie dans la mesure où il a pour seul but de recommander l’avortement.

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24 février, 2014

L'étrange “suicide assisté” d'une femme triste de vieillir

Oriella Cazzanello avait 85 ans, elle était riche, et elle avait été fort belle. Si belle, si attachée à son style de vie très libre – rapporte ce site suisse – qu'elle avait choisi de ne pas avoir d'enfant. Elle supportait mal de vieillir. Elle s'offrait volontiers, à l'occasion, une escapade dans un spa et ses proches ne se sont pas inquiétés lorsque, fin janvier, ils n'arrivaient pas à la joindre. Mais l'absence s'est prolongée et ils ont fini par avertir la police de la disparition de leur parente.

C'est mardi dernier que le notaire de la famille de la vieille dame a reçu, par la poste, l'urne contenant les cendres d'Oriella Cazzanello et un certificat de décès établi en Suisse. Et une lettre, émanant de la « clinique » Dignitas de Bâle où elle avait bénéficié du « suicide assisté ». La lettre expliquait que Mme Cazzanello, « en pleine possession de ses facultés mentales » aux termes d'une visite auprès d'un spécialiste effectuée auprès d'un spécialiste avant de demander le geste fatal, avait choisi de mourir parce qu'elle ne supportait ni la solitude, ni la perte de sa beauté physique.

Le « suicide assisté » avait été facturé 10 000 euros.

Histoire particulièrement macabre et désespérante, signe d'une perte du sens de la vie ?

C'est possible. Mais pour Dignitas, malgré tout, l'affaire est gênante puisque les motifs indiqués suggèrent que la mort y est « vendue » de manière bien légère, à l'heure où le discours officiel sur l'euthanasie voudrait y voir seulement une « solution » ultime quand rien d'autre ne peut plus soulager la personne qui la demande. Même si la loi Suisse permet à une personne dépressive de bénéficier du suicide assisté à condition d'avoir fait constater son état par deux experts. Il « n'est pas habituel », souligne l'autre association de suicide assisté suisse, Exit Suisse, que de tels certificats soient délivrés.

Exit Italia, de son côté, met en doute les motifs du suicide assisté avancés par la presse italienne : pour le Dr Emilio Coveri, son coordinateur, les médias italiens sont tous « asservis par le Vatican », prompts à « discréditer les associations offrant l'euthanasie ». « Mme Cazzanello, je la connaissais. Elle était dans un très mauvais état de santé, elle avait subi diverses opérations. Sa dépression était la conséquence de tous ces maux physiques. »

Mais en fait, l'histoire semble plus compliquée que cela. Si Dignitas – selon l'article cité plus haut – n'a pas voulu s'exprimer sur le cas de la vieille dame, il semblerait qu'une autre association ait été mêlée à l'affaire : Life Circle dans le canton de Bâle. La même association qui avait facilité le suicide assisté d'un magistrat italien, Pietro d'Amico, 62 ans, en certifiant qu'il souffrait d'une pathologie grave. L'autopsie réalisée à la demande de sa famille avait permis d'établir qu'il n'en était rien…

Mme Cazzanello, habitant à Arzignano, se serait donc approchée de Life Circle qui aujourd'hui, assure qu'en effet la vieille dame avait fait le choix de s'adresser à cette association avec un dossier attestant que son état était « particulièrement grave ».

Vrai ? Faux ? La famille d'Oriella Cazzanello, pour sa part, n'en croit rien. Elle a intenté une action en justice. « Parce qu'Oriella allait bien », assure son avocat, Claudia Longhi. « Elle était mélancolique, ça oui. Elle ne supportait pas de vieillir, surtout parce que jeune, elle était très belle. C'était une dame un peu spéciale, qui par choix avait décidé de ne pas avoir d'enfant et d'avoir des relations assez libres. Une personne très riche, habituée à être au centre des regards. Mais sa santé était bonne. J'ai moi-même parlé avec son médecin. Elle n'avait aucune maladie grave, ce que raconte M. Coveri est tout à fait faux. »

Seule, elle ne l'était pas non plus puisqu'elle habitait le même immeuble que son frère et des neveux : une quinzaine de proches au total, assure l'avocat.

Mais surgit un autre personnage. Celui qu'on a recherché en pensant que Mme Cazzanello avait été conseillée dans son choix d'euthanasie. Qui l'avait aidée à s'approcher d'Exit Italia. A organiser le voyage peut-être, voire qui l'avait conduite à Bâle. Claudia Longhi assure qu'un « cher ami » de Mme Casanelli a pu jouer ce rôle, que c'est lui qui a pris contact avec Exit Italia. « Selon ce qui est en train d'émerger lentement, il pourrait recevoir un bel héritage. Le conditionnel est de rigueur, mais l'affaire est tout sauf limpide », assure-t-elle.

Une enquête a été ouverte par le parquet d'Arzignano.

Et on se dit que si les médias italiens étaient vraiment « aux ordres du Vatican » pour discréditer les organismes d'aide à l'euthanasie et au suicide assisté, ils seraient passés dans cette affaire à côté d'accusations bien plus graves que celles qui ont fait la une des journaux la semaine dernière. Aujourd'hui, les journaux locaux d'Arzignano en sont d'ailleurs à expliquer que le fameux « cher ami » est recherché dans le cadre de l'enquête et que des bijoux ont disparu du domicile de la… victime.

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01 octobre, 2013

Hans Küng, exit ?

Le théologien suisse Hans Küng n'entend pas atteindre son 90e anniversaire. Souffrant de la maladie de Parkinson, il envisage d'avoir recours au suicide assisté pour ne pas subir ce qu'il voit comme une déchéance. « Je ne veux pas continuer de vivre comme une ombre de moi-même », écrit-il dans le troisième tome de ses mémoires, dont les bonnes feuilles ont été diffusées aujourd'hui par son éditeur allemand, Piper Verlag. « Je ne suis pas fatigué de la vie, mais j'en ai assez de vivre ». A 85 ans, il a tout prévu.

Son Parkinson déjà avancé menace de le laisser aveugle, c'est cette éventualité que le pousse à considérer de se confier à une clinique du genre Dignitas ou Exit : « L'être humain a le droit de mourir quand il n'a plus aucun espoir de continuer de mener ce qui de son point de vue constitue une existence humaine », écrit-il.

Depuis le début de l'année, Küng vit retirée de toute vie publique et il n'a plus l'intention d'écrire après la publication de ce dernier tome de ses mémoires.

La mauvaise théologie, on le voit, est aussi mauvaise conseillère…

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26 janvier, 2013

Davos : les grands de ce monde veulent plus de contraception

A l'occasion de la réunion annuelle des Forum économique mondial à Davos, jadis discret et aujourd'hui sous les lumières des médias, la contraception et sa diffusion dans le monde a fait une entrée remarquée. Des leaders africains sont en plein accord avec leurs partenaires pourvoyeurs de fonds pour le développement se sont mis d'accord pour dire que la demande contraceptive dans leurs pays n'est pas satisfaite et qu'il faut également communiquer en direction des femmes, des familles et de leurs sociétés pour dire quels bénéfices elles peuvent tirer d'une meilleure diffusion de la contraception.

Voilà qui suscite l'enthousiasme de Karl Hofmann, président de Population Services International – un organisme d'aide au tiers-monde focalisé sur la fourniture de « services de santé reproductive » – qui s'en explique dans le Huffington Post. Il explique comment les chefs d'Etat mondiaux et autres responsables politiques, économiques et médiatiques sont en train de discuter pour savoir comment le planning familial et la santé reproductive doivent être visés dans les Objectifs du développement durable qui vont remplacer les Objectifs de développement du millénaire qui arrivent à échéance en 2015.

On trouvera la liste des orateurs lors des événements publics du Sommet ici : pour la France, il y aura Pierre Moscovici et Fleur Pellerin, mais aussi, évidemment, Jacques Attali. Car c'est la fine fleur du mondialisme qui se réunit là : on croisera David Cameron et David Tusk, Ban ki-moon et Gordon Brown (ex-Premier ministre du Royaume-Uni recyclé à l'ONU, George Soros et Ahmet Davutoglu, Medvedev et Kissinger, Viviane Reding et Pascal Lamy, Carlos Ghosn et Bill Gates… Et même Diarmuid Martin, archevêque de Dublin de son état et membre de la commission vaticane Justice et Paix.

Karl Hofman est donc heureux de voir qu'après le Sommet de Londres cet été qui a fixé l'objectif de fournir des moyens de modernes de contraception à 120 millions de femmes supplémentaires d'ici à 2020, avec promesses de dons à la clefs, Davos s'y penche au nom de « l'amélioration du monde », s'intéressant tout particulièrement aux moyens contraceptifs de longue durée.

On apprend par Associated Press que le plus haut responsable onusien pour la population, Babatunde Ostimehin (FNUAP) a déclaré à l'agence, en marge du forum de Davos, que les gouvernements doivent en faire plus pour assurer l'accès des femmes au planning familial, car un milliard de personnes vont s'ajouter à la population mondiale au cours de la décennie à venir – une nouvelle tension en vue pour les ressources de la planète, comme ils disent.

Il faut plus de « planning familial » pour faire reculer la mortalité maternelle, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il faut donner aux jeunes filles une « éducation sexuelle complète ».

On sait ce que cela recouvre.

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22 novembre, 2012

Ne plus financer l'avortement par l'impôt ? Des évêques suisses ne suivent pas

Est-ce parce qu'il s'agit d'une initiative émanant de personnalités de l'UDC (Union démocratique du centre, la formation politique suisse classée la plus à droite) ou parce qu'ils croient vraiment ce qu'ils disent ? Quoi qu'il en soit, des évêques helvétiques ont exprimé leur opposition au référendum d'initiative populaire « financer l'avortement est une affaire privée » qui visent à mettre fin au remboursement de l'avortement par l'assurance maladie en Suisse.

Mgr Markus Büchel.
Il verrait bien des femmes diacres
Mgr Markus Büchel, rapporte La Croix, a déclaré au quotidien alémanique Blick que le projet touchera davantage les femmes en situation difficile que celles qui sont aisées. Drôle d'argument… Il est vrai que l'évêque de Saint-Gall – et futur président de la conférence épiscopale suisse – précise que l'initiative passera « à côté du but » qui devrait être « la réduction du nombre d'interruptions de grossesse ». Mais il assure qu'il y aura toujours des femmes qui opteront pour un avortement : « En tant qu'Eglise, nous ne pouvons pas l'empêcher, et l'initiative ne l'empêchera pas non plus », raison pour laquelle il estime que la privatisation du financement sera « un pas vers une médecine à deux vitesses ».

On croît rêver : le prélat semble plus préoccupé par sa vision collectiviste de la médecine et de l'assurance maladie que par la volonté d'un grand nombre de Suisses de ne coopérer en rien, et surtout pas en finançant les opérations, la mise à mort des tout-petits.

Mgr Martin Werlen, abbé d'Einsideln, développe une argumentation du même acabit, reconnaissant certes « une bonne intention » dans la volonté de s'en prendre à la « normalité institutionnalisée de l'avortement », mais il l'accuse de ne pas en mettre en cause le principe de l'« interruption volontaire de grossesse ». « L'avortement n'est justement pas une affaire privée. »

Ce n'est pas faux de dire que toute la société devrait concourir pour qu'il n'y ait plus de raisons d'avorter, comme il l'affirme. Mais une fois de plus, il s'agit de permettre aux contribuables de ne pas porter la responsabilité de ces morts.

On pourra juger de la pertinence (ou non…) des prises de position de ces évêques d'après ce communiqué des jeunes UDC en Valais romand, daté de janvier dernier :

Comme nous l’a rappelé hier soir l’émission Temps Présent de la TSR, quelque 11’000 interruptions de grossesse ont lieu chaque année en Suisse. Cette situation est d’autant plus choquante que l’avortement est actuellement remboursé par l’assurance maladie de base. Cela doit cesser ! 
Non, l’avortement n’est pas une maladie. Il est le fruit d’une conception du monde purement matérialiste, d’une société qui se donne le droit de choisir entre tuer ou laisser vivre l’enfant. La solution des délais en Suisse est un crime contre la génération à venir.
C’est pourquoi, il est important de soutenir l’initiative populaire « Financer l’avortement est une affaire privée » qui a été déposée en juillet 2011 avec 111.000 signatures. 
Par cette initiative populaire, il s’agit également d’informer les citoyennes et les citoyens de notre pays qu’ils participent notamment au financement des avortements avec leurs primes maladie. Beaucoup en sont étonnés et n’approuvent pas cette manière de faire. Le peuple doit donc avoir la possibilité de décider s’il veut ou non continuer à financer les avortements avec ses primes maladie. 
Les caisses d’assurance maladie ont pour mission de préserver des vies, non de les anéantir !
Jeunes UDC du Valais romand
Grégory Logean, Co-président
Conseiller municipal d’Hérémence

Oskar Freysinger, conseiller national de l'UDC, est sur cette même ligne comme il l'avait confié l'an dernier à Nouvelles de France : « L’avortement est inclus dans les remboursements de la caisse maladie, donc des gens comme moi paient pour ce qu’ils considèrent comme un crime, je trouve ça totalement anormal. Nous estimons que si quelqu’un, dans son plan de vie, veut avorter, il doit faire payer cela par des caisses complémentaires. »

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20 juillet, 2012

La CEDH renvoie le « suicide assisté » à la compétence des Etats


La Cour européenne des droits de l’homme, invitée à condamner l’Allemagne pour avoir refusé à une femme presque complètement paralysée à la suite d’une chute le droit de bénéficier d’un suicide assisté, a refusé jeudi de s’engager dans cette voie. Elle n’a donc pas posé le principe d’un « droit » au suicide assisté, ce qui lui était demandé. En revanche, par un arrêt de chambre, les juges ont décidé à l’unanimité que l’Allemagne a violé l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme (droit au respect de la vie privée et familiale) en raison du refus des juridictions allemandes d’examiner au fond l’action engagée par le requérant.

Cette affaire était évoquée ici en 2010 sur ce blog.

Dans cette affaire connue sous le nom de Koch c. Allemagne, le requérant, Ulrich Koch, avait réclamé en 2004 l’autorisation de se procurer des médicaments létaux en vue d’accéder à la demande de suicide formulée par son épouse, Bettina, 55 ans, paralysée par un chute devant son domicile trois ans plus tôt et placée depuis lors sous assistance respiratoire permanente.

Devant le refus de l’Institut fédéral des produits pharmaceutiques et médicaux, avant même d’obtenir une réponse à leur interjection d’appel, le couple se rendit en 2005 dans un établissement d’aide au suicide en Suisse géré par l’association Dignitas pour y mettre fin à la vie de Bettina.

Ulrich Koch s’est lancé depuis dans une démarche judiciaire pour faire reconnaître l’illégalité du refus de l’Institut fédéral, demande rejetée par les tribunaux allemands au motif qu’il n’avait pas qualité pour agir, ne pouvant prétendre être victime d’une violation de ses propres droits.

La CEDH s’est fondée sur la « relation très étroite » existant au sein de ce couple marié depuis 25 ans et l’implication personnelle d’Ulrich pour aider sa femme à se suicider, pour aboutir à la conclusion que ce sont bien ses droits qui ont été méconnus par le refus des juridictions allemandes de déclarer son action recevable. Aux cours allemandes, ensuite, de juger : « d’examiner le fond de la demande, compte tenu en particulier du fait qu’il n’y a aucun consensus parmi les Etats membres du Conseil de l’Europe sur la question de savoir s’il faut ou non autoriser une forme quelconque de suicide assisté ».

Celui-ci n’est légal aujourd’hui que dans quatre Etats-membres du Conseil de l’Europe, dont l’Allemagne ne fait pas partie.

Bref, la Cour européenne n’affirme ni le respect de la vie, ni le droit au suicide assisté, mais ne reconnaît pas que la demande initiale d’Ulrich Koch d’obtenir des médicaments pour tuer était aberrante par rapport au droit allemand : au contraire, elle estime que les juges auraient dû se pencher sur la question.

S'agissant d'un jugement de chambre, les parties disposent de trois mois pour faire appel.


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25 février, 2012

Suisse : le nombre des suicides assistés progresse

Selon des chiffres publiés lundi dernier par le groupe « Exit » en Suisse, le nombre de suicides assistés organisé par ce dernier en 2011 est en nette augmentation par rapport à l'année précédente. 416 personnes sont mortes grâce à ses soins l'an dernier, dont 305 en Suisse alémanique, contre 348 (dont 257 en Suisse alémanique) en 2010. Le nombre total de demandes d'aide au suicide s'est élevé à quelque 1.500. Dont 182 en Suisse romande. Toutes n'aboutissent pas à un passage à l'acte puisque la demande d'aide ne signifie pas que l'intéressé désire réellement aller au bout du processus ; certains meurent de mort naturelle avant d'avoir été « assistés » ; d'autres cherchent simplement à s'assurer une sortie si leur état de santé doit se détériorer.

Le nombre des adhérents d'« Exit » est également en forte augmentation : le groupe a enregistré 6.000 nouveaux membres en 2011, un record qui porte le total de ses adhérents à quelque 80.000. Cette hausse s'explique, selon l'association, par la prochaine entrée en vigueur, en 2013, de nouvelles mesures sur les dispositions de fin de vie, plus favorables aux soins palliatifs, même si le « droit » au suicide assisté n'arrive pas à être remis en cause.

L'adhésion à « Exit » est réservée aux résidents suisses ; elle leur ouvre le droit aux « services » du groupe qui sont entièrement « gratuits ». L'âge moyen des « suicidés » tourne autour de 75 ans et concerne en majorité des cancéreux.

De son côté, le groupe « Dignitas » qui seul accueille des demandes de personnes étrangères faisant le voyage de la Suisse pour y mourir, a « aidé » 144 personnes à mettre fin à leur vie, soit 35 % de plus qu'en 2010, selon le SonntagZeitung.



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04 juillet, 2011

Suisse : le suicide assisté restera légal

Le gouvernement suisse a décidé de ne pas modifier la loi autorisant le suicide assisté sur son territoire, faculté qui attire chaque année des dizaines d'étrangers qui viennent se faire exécuter dans les « cliniques » Exit ou Dignitas.

La modification législative avait d'abord été proposée à une votation populaire qui n'avait pas abouti. Elle visait à mettre fin aux abus de ces lugubres (et onéreuses) « cliniques » de la mort d'où filtrent parfois des récits d'agonies qui se prolongent et de macabres va-et-vient, mais dont le pire scandale est celui dont personne ne parle : la déshumanisation absolue de la vie et de la mort privées de toute dimension spirituelle.

Le ministre suisse de la justice, Simonetta Sommaruga assure que tout changement de la loi aurait pu aboutir à « donner un sceau d'approbation officielle aux organismes offrant leur services pour le suicide assisté ». Les soumettre à des conditions reviendrait à reconnaître leur légitimité, estime donc le ministre.

Il eût pourtant été simple de dire qu'on ne peut en aucun cas tirer profit d'un suicide assisté…

De fait Exit et Dignitas ont fait part de leur satisfaction en ajoutant que les cas de suicide d'étrangers sont rares et à la baisse : de 195 en 2006 à 97 en 2010, selon l'Office de Santé fédéral, les cas autochtones étant estimés à la hausse (de 150 à 257 sur la même période).

Rappelons qu'il s'agit de chiffres officiels…

Le gouvernement suisse entend toutefois allouer plus de fonds aux soins palliatifs et à la prévention du suicide.

14 juin, 2011

Un documentaire pro-euthanasie suscite des critiques au Royaume-Uni

La BBC a diffusé lundi soir un documentaire réalisé par Sir Terry Pratchett où il met en scène les dernières heures d'un ami, parti se faire suicider en Suisse dans une clinique « Dignitas ». Le film ne  cachait rien des derniers instants de Peter Smedley, entourée de sa femme, de Pratchett et d'une femme médecin de ma clinique au moment où il venait d'avaler la potion létale. C'est la première fois qu'une chaîne terrestre britannique montrait ainsi l'ensemble d'une procédure de « suicide assisté », décès y compris.

Près de 1.000 personnes ont déjà manifesté leur colère auprès de la BBC, l'accusant de favoriser des comportements similaires chez les personnes qui souffrent de maladies graves, de se rendre coupable de voyeurisme de la pire espèce, de se faire l'avocat unilatéral et malhonnête d'une pratique qui reste illégale dans l'immense majorité des pays du monde. C'est un chiffre énorme quand on considère que la plupart des personnes irritées ou indignées par une émission de télévision… ne font rien, tout simplement. Une part significative des téléspectateurs a bien été choquée par cette transgression.

Le documentaire, Choisir de mourir, n'a certes pas réussi à gommer toutes les aspérités de cette mort volontaire, pilotée par une « clinique » qui en fait son gagne-pain. On a pu voir Peter Smedley – un propriétaire d'hôtel riche à millions, 71 ans, affecté d'une maladie neuronale du système moteur – devenir tout rouge, chercher de l'air, crier pour réclamer de l'eau avant de s'éteindre au bout de convulsions pénibles. Pas un joli tableau, certes.

Mais cela n'empêche le documentaire d'avoir été tourné de manière à rendre son choix esthétique, depuis le « courage » d'avoir su dire non à la vie jusqu'au voyage en Suisse où les montagnes aux neiges éternelles renvoient au calme définitif de la « mort choisie ». Pratchett parlera de moments « heureux » et de son admiration pour l'homme – lui-même affecté d'un Alzheimer commençant, il ne fait pas mystère d'espérer prendre la même porte de sortie. Sa caméra est là, insolente et indiscrète, pour filmer le dernier baiser entre Peter et sa femme épousée 40 ans plus tôt, et ses derniers mots : « Sois forte, ma chérie ! »

Comme s'il l'avait été…

Perçu comme une véritable idéalisation du suicide assisté, le soi-disant documentaire de la BBC était bien davantage une fiction engagée – fiction par le gommage volontaire de tous les aspects contestables, immoraux, illégaux, et riches de conséquences néfastes de ce départ montré comme un heureux aboutissement. Combien de personnes abandonnées et malades, et qui se sentent à charge, ne finiront-elles pas par penser que c'est cela, la seule solution « digne », puisque la télé et un romancier aussi connu outre-Manche que Sir Terry Pratchett disent que c'est bien ?

Multiples sources, mises à jour et liens intéressants sur le blog de John Smeaton, directeur de SPUC (societé pour la protection des enfants à naître) qui s'est mobilisée contre ce documentaire scandaleux.


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