Je lis sous la plume d’un ami,
Vivien Hoch, un éloge
de l’initiative « EcoPop » en Suisse (reprise ici
par le Salon beige), par laquelle des écologistes demandent une limitation
sévère de l’immigration. Vivien Hoch y voit un moyen de retrouver le
« chez soi » européen : le sens du
« ré-enracinement ». Si je suis évidemment d’accord avec lui sur
l’importance de l’« enracinement », en revanche il ne faut pas prendre
l’initiative EcoPop pour ce qu’elle n’est pas. Il s’agit en réalité d’une
proposition inacceptable qui profite d’un sentiment populaire d’exaspération
par rapport aux excès de l’immigration pour faire avaler autre chose : un
programme de contrôle de la population qui s’inscrit dans une tradition
malthusienne à l’origine du véritable « racisme » contemporain, qui a
la haine des populations pauvres.
EcoPop est une initiative fédérale
populaire lancée par un « militant indépendant pour le développement
durable », Alex
Gagneux, qui précise, sur son site, qu’il est « sans enfant ». Le
principal ressort de sa campagne est la diffusion de la planification
familiale, qui est au cœur des « actions pour le développement » des
organisations internationales comme l’ONU, de multiples ONG et des fondations
dérivées des grandes multinationales – mais aussi des militants de la Deep Ecology et plus généralement des
écologistes qui voient en l’homme le principal ennemi de la planète. Elle
sous-tend aussi des actions contre le « réchauffement climatique ».
Cela fait du monde… C’est même « le monde », celui du pouvoir :
celui, dominant, de la culture de mort.
Le sigle même de l’initiative est
tout un programme : l’écologie progresse lorsque la population
diminue,
suggère-t-il.
L’initiative Ecopop sera soumise à
la votation des Suisses le 30 novembre prochain.
On a beaucoup mis en avant sa
proposition n°2, qui vise à modifier la Constitution helvétique en imposant une
limite à la croissance de la population attribuable au solde migratoire :
celui-ci « ne peut excéder 0,2 % par an sur une moyenne de trois
ans ».
On présente cela comme un moyen de
permettre d’éviter « le grand remplacement » de population. Tel n’est
pourtant pas l’objectif de cette mesure qui pèche déjà par son côté mécanique.
Elle vise prioritairement à contrôler
la population de manière contraignante.
La proposition n°1 donne la
clef : « La Confédération
s’attache à faire en sorte que la population résidant en Suisse ne dépasse pas
un niveau qui soit compatible avec la préservation durable des ressources
naturelles. Elle encourage également d’autres pays à poursuivre cet objectif,
notamment dans le cadre de la coopération internationale au
développement. »
La proposition n°3 donne les
moyens : « Sur l’ensemble des
moyens que la Confédération consacre à la coopération internationale au
développement, elle en affecte 10 % au moins au financement de mesures visant à
encourager la planification familiale volontaire. » Autrement
dit : l’accès à la contraception sous toutes ses formes artificielles, qui
est à la racine de la culture de mort.
La proposition n°4 verrouille le
tout : « La Confédération ne
peut conclure de traité international qui contreviendrait au présent article ou
qui empêcherait ou entraverait la mise en œuvre de mesures propres à atteindre
les objectifs visés par le présent article. »
En faisant du volume de la
population suisse une prérogative de l’Etat, l’initiative EcoPop est en elle-même
d’essence totalitaire. Sa mise en œuvre ouvrirait un droit étatique –
sanctuarisé par son adoption par référendum et sa présence dans la Constitution
helvétique – d’édicter des lois limitant la liberté des couples de procréer.
Comme cela existe en Chine, avec son cortège d’avortements et de stérilisations
forcés, de contraintes économiques et de mesures vexatoires. La nouveauté, ce
serait de faire adopter une telle mesure par le plus « démocratique »
des pays par le biais le plus « démocratique » qui soit : le
référendum d’initiative populaire. C’est ce que souligne
un communiqué de Choisir la Vie Suisse.
C’est d’autant plus ahurissant que
la Suisse a un indice de fécondité d’1,47 enfant par femme (en 2012), bien en
deçà de celui qui permet le simple remplacement des générations. A ce rythme,
sa population commencera à décroître d’ici à 20 ans. Pour le plus grand bonheur
de ceux pour qui l’homme est d’abord une « empreinte écologique »…
EcoPop le dit assez clairement : la Suisse souffre aujourd’hui d’un trop
plein : « Bouchons sur les
routes, trains bondés, loyers en hausse, terres agricoles construites, disparition
des espèces: la pression démographique réduit la qualité de vie et évince la
nature. »
Tout le texte suinte le
malthusianisme qui s’autorise de la « Grande Peur » répandue par les
idéologues de l’écologie extrémiste, exactement comme dans les années 1970 les
époux Paul et Anne Ehrlich, auteurs de The
Population Bomb, annonçaient la surpopulation apocalyptique et la famine
mondiale pour les années 1980. Aucune de leurs prédictions ne s’est
réalisée : si la population mondiale augmente – notamment et surtout,
dans de nombreux pays, par l’allongement de la durée de la vie – les
ressources alimentaires ont progressé plus vite per capita, et la faim dans le monde est davantage liée à des
difficultés de distribution et des problèmes politiques qu’à un manque de
nourriture.
Voici un film de propagande d'EcoPop :
Voici un film de propagande d'EcoPop :
EcoPop s’inscrit très clairement
dans cette logique de lutte contre la surpopulation qui est à l’œuvre dans les
organisations internationales depuis les prédictions d’Ehrlich. Comme le
Saint-Siège n’a cessé de le dire, de nombreux pays ont été soumis à une
obligation de contrôle de la population et de programmes de planning familial
immoraux en échange d’aide au développement depuis lors. Car pour cette
puissante faction du mondialisme, l’ennemi, c’est l’homme. Ce n’est pas un
hasard si le site d’EcoPop renvoie vers des vidéos présentant des initiatives
de diffusion de la contraception du FNUAP en Afrique (Fonds des Nations unies
pour la Population) : cet organisme qui est à la pointe de la lutte pour
le libre accès à la contraception et à l’avortement.
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| Anne-Marie Rey, fondatrice d'EcoPop |
Il faut noter pour finir – avec
Choisir la Vie Suisse – que le leader historique d’EcoPop n’est autre qu’Anne-Marie
Rey, une féministe de la première heure, socialiste, pro-avortement,
pionnière du « droit » à l’avortement et figure
de proue de la bataille pour sa décriminalisation en 2002.
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