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13 mars, 2020

Amazon contraint de retirer un T-shirt pour “l’extinction de la trisomie”

C’est sous la pression de plusieurs mamans britanniques que le géant mondial de la vente en ligne, Amazon, a retiré de la vente un T-shirt portant le slogan : « Let’s make Down syndrome extinct » – « Parvenons ensemble à l’extinction la trisomie 21 ».
Le T-shirt est illustré d’un grand singe vu de dos, marchant tête baissée et avec la plante du pied, d’apparence humaine, visible de l’arrière.
Deux Anglaises, Rachel Mewes et Caroline Wylde, toutes deux mères d'un enfant trisomique de deux ans, sont les premières à avoir réagi à la diffusion par Amazon de cette discrimination contre ces victimes d’anomalie génétique. Dès qu’elles en ont eu connaissance, elles ont soumis une plainte dénonçant la « promotion d’un crime de haine » par la plate-forme. Elles ont dénoncé « l'eugénisme » du slogan.
Amazon a retiré l’objet de la vente mais on attend toujours une réaction et il n’y a pas eu la moindre demande d’excuses, comme c’est pourtant l’usage lorsque d’autres catégories de la population sont visées.
Une maman écossaise, Stacey Corrigan, 34 ans, horrifiée par l’affaire, dénonce désormais dans les médias britanniques l’attitude d’Amazon. Mère d’un petit Daniel, 6 ans, lui-même atteint de trisomie 21, veut clamer sa colère : certes, le T-shirt n’est plus disponible chez le vendeur en ligne abrité par Amazon, mais elle estime que la plate-forme n’aurait jamais dû accepter que cet article fût vendu.
« Je ne peux même pas imaginer qu’ils aient eu le droit de vendre cet objet. Comment peut-on même avoir l’idée de le concevoir ? », a-t-elle déclaré au Daily Record.
Le quotidien britannique montre des photos souriantes et joyeuses de Stacey avec son compagnon Colin Murray et leur petit garçon « tendrement aimé ».
« Jamais ils n’auraient pu écrire des slogans homophobes ou racistes. Viser un groupe en raison de son handicap est tout simplement infect et je suis horrifié de voir qu’Amazon leur a fourni une plate-forme pour partager leur haine », s’est indignée cette jeune maman.
« Pour nous, Danielle était tout simplement parfait et nous le changerions en rien », ajoutait-t-elle.
Le T-shirt est encore disponible en ligne à cette heure auprès de multiples vendeurs directs.
Il est souvent présenté parmi les produits comportant des slogans de mauvais goût.
L’appel visant à « l’extinction » de la trisomie 21 renvoie à une épouvantable réalité, puisqu’aujourd’hui ce n’est pas cette maladie de l’intelligence que les grands systèmes de santé visent à éliminer, mais les malades eux-mêmes, dépistés avant leur naissance est exterminés à grande échelle.
En France, 96 % des bébés souffrant de trisomie 21 dont le handicap est dépisté avant leur naissance sont avortés, et ce bien souvent sous la forte pression du corps médical et du regard de la société.
Dans le même temps, les techniques et les lois – notamment la loi de bioéthique en cours d’adoption en France – se conjuguent pour intensifier et faciliter le dépistage à tous les niveaux avant la naissance, en vue d’éliminer ces tout petits êtres humains porteurs d’anomalies génétiques ou de lourdes maladies.
Le T-shirt qu’Amazon a retiré de la vente n’est à cet égard que la pointe visible de l’iceberg, la manifestation choquante d’une réalité qui par ailleurs bénéficie de l’odieuse complicité du législateur et d’une certaine partie du corps médical.

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25 avril, 2013

Feu vert du comité consultatif d'éthique au dépistage simplifié de la trisomie 21

La nouvelle est tombée il y a quelques minutes : le CCNE, comité consultatif national d'éthique, approuve le dépistage prénatal de la trisomie 21 par prélèvement sanguin sur la mère. En France, 96 % des enfants dépistés trisomiques avant leur naissance sont avortés. 

Au nom de l'éthique, c'est l'eugénisme en marche. Et pour le CCNE, c'est un « progrès ».

L'introduction en France de nouveaux tests de détection de trisomie 21 sur simple prélèvement de sang maternel, représente un progrès , mais ils devraient être réservés dans un premier temps aux femmes enceintes à risque identifiées, selon le Comité consultatif national d'Ethique (CCNE). 
Le test génétique fœtal de trisomie 21 ne peut encore, à ce jour, remplacer le diagnostic actuel apporté par l'analyse des chromosomes (caryotype) de cellules fœtales prélevées par ponction du liquide amniotique ou des villosités choriales (futur placenta), note toutefois le Comité d'Ethique dans un avis rendu public jeudi. 
Néanmoins, ce test correspond à une amélioration technique du dépistage actuel, par sa plus grande facilité et avec moins d'effet secondaires. Il est dit ultra-précoce car la décision d'interrompre la grossesse peut intervenir dans les délais de l'IVG. 
En France où depuis de nombreuses années, il a été décidé de proposer, et rembourser, un dépistage plus complexe de la trisomie 21 à toutes les femmes enceintes, rendre ce dépistage à la fois plus efficace et moins dangereux (en épargnant à environ 20.000 femmes enceintes chaque année un examen invasif non dénué de risque pour le foetus et pour elles-mêmes) ne peut être considéré que comme un progrès du point de vue éthique ajoute le CCNE. 
Dans un premier temps limité aux femmes à risque identifiées, ce nouveau test, déjà disponible en Allemagne, Autriche, Suisse et au Liechtenstein, permettrait de diminuer le nombre de gestes invasifs (type ponction de liquide amniotique) et ainsi de réduire une grande partie des fausses couches qu'ils peuvent provoquer, relève-t-il.
Avec ce nouveau test, il est désormais techniquement possible de dépister la trisomie 21à l'insu de la femme enceinte, ce qui n'était pas le cas dans le cadre des amniocentèses qui nécessitent son consentement. On nous dira que le consentement est également nécessaire pour l'analyse du sang. Mais on n'est pas obligé d'y croire.


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03 octobre, 2012

France : l'eugénisme en marche avec le dépistage sanguin de la trisomie 21

 Un nouveau test prénatal de diagnostic de la trisomie 21 à travers le sang maternel, moins invasif que l’amniocentèse puisqu’il se fait sur un prélèvement sanguin de la mère, fait l’objet de premiers essais en France. Les recherches sur cette nouvelle technique qui consiste à isoler l’ADN fœtal circulant dans le sang de la mère sont aujourd’hui en plein essor ; elle a été notamment développée par une équipe de chercheurs de l’Université de Washington et a fait l’objet d’une présentation dans la presse scientifique en juin dernier.

L’ADN sans cellule de l’enfant à naître est récupérable dans le sang de la mère peu de semaines après le début de la grossesse ; son séquençage complet est aujourd’hui possible et doit permettre, théoriquement, le dépistage de plus de 3…000 désordres génétiques dit « mendéliens », faciles à repérer car liés à un défaut sur un seul gène.

En ciblant la trisomie 21 – sachant qu’aujourd’hui 96 % des enfants porteurs de cette anomalie sont éliminés si elle est dépistée avant la naissance – c’est une maladie symbolique qui est visée, comme si l’on voulait tout faire pour éradiquer jusqu’au dernier enfant porteur.

Pourtant ce test sur le sang maternel n’est actuellement pas permis en France, faute d’une autorisation par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou bien d’un feu vert au niveau européen, a précisé vendredi la patronne de l’Agence de la biomédecine, Emmanuelle Prada-Bordenave.

Depuis l’été, un test basé sur ce principe, le PraenaTest commercialisé par la société Lifecodexx, est autorisé en Suisse et se trouve disponible en Allemagne et en Autriche.

« Les résultats scientifiques publiés dans plusieurs congrès (…) sur des cohortes importantes avec plusieurs milliers de patientes vont dans le sens d’un test efficace et permettent d’envisager une alternative à l’amniocentèse pour le diagnostic », a expliqué la directrice générale de l’Agence de la Biomédecine lors d’une rencontre avec la presse, histoire de préparer le terrain à une légalisation de la technique en France.

Les trois organismes publics français concernés par le dossier – Haute autorité à la santé (HAS), Agence de la biomédecine et ANSM – ont inscrit ce sujet à « leur agenda » et deux « protocoles » d’essais sont actuellement en cours, a-t-elle indiqué lors de la présentation du rapport 2011 de l’Agence. « Des femmes sont testées selon ce protocole et aussi par la méthode habituelle. Ces recherches sont en cours », a expliqué Mme Prada-Bordenave.

La nouvelle technique est présentée comme plus sûre pour le fœtus, les amniocentèses pouvant provoquer des fausses couches, mais elle a l’inconvénient d’être nettement plus coûteuse (environ 1 500 euros par test contre moins de 500 euros pour une amniocentèse). Elle mène aussi plus sûrement à la mort les enfants à naître dont la trisomie 21 est confirmée…

« Ce test sur l’ADN circulant dans le sang maternel peut être envisagé comme outil de diagnostic, mais en aucun cas comme outil de dépistage et cela ne doit pas remplacer l’échographie comme outil indispensable de surveillance de la grossesse », a souligné Mme Prada-Bordenave. A qui veut-on faire croire cela ? On ferait donc le test uniquement pour confirmer une trisomie déjà dépistée ? Dans un premier temps peut-être. Mais dans un premier temps seulement.

La Fondation Jérôme Lejeune, premier financeur de la recherche sur la trisomie en France (les pouvoirs publics misant tout sur « l’élimination »), attachée à la défense de la « vie des personnes handicapées dès la conception », s’est déjà élevée contre les « graves conséquences humaines et éthiques » de la nouvelle technique. La fiabilité du dépistage fait qu’on « n’éliminera plus que des bébés anormaux, mais on les éliminera tous » grâce à un diagnostic précoce à un stade où l’IVG peut être pratiquée, affirme son communiqué.

De fait l’avortement avant la fin de la 12e semaine de gestation se pratique sur simple décision de la femme, sans nécessité de recourir à la procédure plus lourde de l’« IMG » (interruption médicale de grossesse) qui est pourtant possible face au handicap de la trisomie 21.

Aujourd’hui en France, le dépistage précoce de la trisomie 21 concerne près de la moitié des femmes enceintes en France (chiffres de 2011) et se base sur une échographie d’une part et sur une prise de sang afin d’évaluer les marqueurs sériques d’autre part. Ces deux examens non invasifs permettent d’évaluer le risque que le fœtus soit porteur de l’anomalie génétique. Si le risque est considéré comme élevé (plus d’une chance sur 250), un « diagnostic » est proposé (avec insistance) à la femme, avec, selon l’état de la grossesse, une amniocentèse ou bien une biopsie des villosités choriales (pour les grossesses les moins avancées : elle consiste à prélever un petit morceau de placenta). Mais ces deux techniques comportent un risque pour la grossesse – c’est-à-dire de mort pour l’enfant – situé entre 0,5 et 1 % des prélèvements.

Avec la possibilité de séquencer l’ADN de l’enfant à naître à partir d’une simple prise de sang sur la mère, apparaît également le risque de voir du dépistage effectué sans son consentement.

Cet article a paru dans Présent daté du 3 octobre 2012.

Voir aussi :

• La présentation du Praenatest par Pierre-Olivier Arduin dans La Nef d'octobre 2012.

Et la présentation de la nouvelle technique sur ce blog en juin dernier : ici.

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23 juin, 2012

Connaître facilement l'identité du père “in utero” : quelles perspectives ?

Il est désormais de plus en plus facile de vérifier qui est le père d'un enfant à naître, dès la 8e ou 9e semaine de grossesse, en faisant un test génétique sur des échantillons d'ADN du bébé présents dans le sang de la mère et en les comparant avec celui du ou des papas possibles – là encore, un simple test sanguin suffit. L'avantage de la technique – évidemment liée à celle qui permet de décoder le génome de l'enfant à un âge aussi précoce – est de ne poser aucun risque pour le fœtus, contrairement à l'amniocentèse qui provoque 1 à 2 % de fausses couches.

Qu'une telle technique puisse faire l'objet d'études scientifiques et même être à l'origine d'entreprises potentiellement prospères, comme celle du Dr Ravinder Dhallan récemment installée à Columbia, Maryland, est évidemment dû au fait que bien des femmes ont plus d'un partenaire mâle au moment de concevoir, et aimeraient être « fixées ». (Chez le Dr Dhallan, la vérification coûte entre 950 et 1.650 $, à comparer avec les 500 $ généralement facturés après la naissance.)

Pour l'heure, ces tests n'ont pas encore de valeur légale : lorsque ce sera le cas, on pourrait imaginer de réclamer aides et pensions alimentaires au père dès son identité connue.

Mais leur fiabilité est désormais mieux établie comme en attestait récemment un article du New England Journal of Medicine, portant sur 30 cas.

Un article du New York Times souligne qu'à l'inverse, connaître de manière aussi précoce l'identité du père de son enfant peut faciliter la décision de la femme… d'avorter ou non, selon qu'elle en est satisfaite ou non. Il cite l'exemple de Courtney Herndon, 19 ans : après avoir rompu avec son petit ami, elle a eu une brève aventure avec quelqu'un qu'elle considérait plutôt comme un ami. Elle allait rapidement se découvrir enceinte. Ledit ami a accepté le test : une fois sa paternité établie, il a aussitôt choisi d'aider la jeune femme à subvenir aux besoins de l'enfant. Le Dr Dhallan, de son côté, indique que le fait de connaître l'identité du père pourrait aider des femmes à garder leur enfant à la suite d'un viol si le violeur s'avérait ne pas être le père.

Il semblerait, selon cet article américain, qu'entre 0,80 et 30 % des enfants à naître ne sont pas de leur père putatif, selon les études, la valeur médiane de ce pourcentage étant de 3,7 %. On note aussi que l'incertitude sur l'identité du père est liée à un pourcentage plus élevé de mortalité infantile.

En gros, la nouvelle technique est présentée comme un bienfait, notamment en responsabilisant les hommes qui découvrent avec certitude leur paternité après avoir eu un doute, et décident de s'intéresser à l'enfant à naître.

Mais on voit que la logique du système permet bien des effets pervers qu'évitaient à la fois le mariage légitime et la notion du père putatif, en même temps qu'il rend compte d'une dégradation des mœurs à l'heure où une proportion croissante des enfants naissent hors mariage. En France, elle était de 42,6 % en 2000, et de 54,1 % en 2010 : une augmentation spectaculaire en un laps de temps aussi court.

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09 juin, 2012

Dépistage génétique : vers une procédure simplifiée

Une équipe de chercheurs de l'Université de Washington et de Seattle ont réussi à développer une technique qui leur permet de séquencer plus facilement et à moindre coût le génome complet d'un fœtus sans avoir recours à des gestes invasifs sur l'enfant à naître. Bonne nouvelle ? Pas sûr, car il s'agit en réalité de faciliter le dépistage in utero des désordres génétiques dits « mendéliens », aisés à repérer car liés à un défaut sur un seul gène. Il en a été repertorié plus de 3.000 à ce jour.

Jacob Kitzman et Matthew Snyder et leurs collègues viennent de rendre compte de leur nouvelle approche dans Science Translational Magazine.

Jacob Kitzman
Compte tenu du fait que le plasma sanguin d'une femme enceinte contient de l'ADN sans cellule de son enfant à naître – environ 10 % du total de l'ADN sans cellule présent dans le sang – dès quelques semaines après le début de la gestation, les chercheurs ont prélevé du sang maternel sur des femmes enceintes à différentes étapes de la grosssesse : vers 18 semaines, puis plus tôt sur un autre couple. L'échantillon était analysé en le comparant avec l'ADN paternel recueilli dans la salive du père, et, en utilisant des données statistiques, en recherchant le distinguant de l'ADN maternel. La méthode permet alors de repérer les mutations nouvelles, qu'elles se soient produites dans les gamètes du père ou de la mère.

La méthode n'est pas nouvelle dans le principe mais l'équipe de Kitzman a réussi à l'affiner de manière à identifier d'infimes variations de l'ADN : une seule lettre du code. Ce qu'a permis de vérifier la comparaison du code obtenu avec celui effectivement constaté après la naissance en analysant le sang du cordon ombilical. La méthode aura permis d'établir les correspondances de l'ADN de l'enfant avec ceux de ses parents respectifs à 98,1 %.

Dans un des exemples étudiés par les chercheurs ceux-ci ont pu identifier 39 sur les 44 mutations de novo effectives de l'enfant alors qu'il était encore au stade fœtal.

L'idée est maintenant de standardiser et d'automatiser autant que possible la procédure pour permettre, à l'avenir, de dépister les quelque 3.000 désordres mendéliens de manière simple et rapide.

Ce qui posera fatalement le problème moral de l'utilisation de cette connaissance. Comment l'interpréter, comment évaluer la gravité des désordres génétiques constatés, comment en informer les parents – ou non ? Et sera-t-elle utiliser pour éliminer par l'avortement les malades de l'intelligence, les schizophrènes ou les autistes qu'on pensera avoir identifiés ?

Aujourd'hui, le dépistage de la trisomie 21 aboutit, on le sait, à 96 % d'avortements en cas de test positif, le test demeurant bien plus lourd et invasif, d'ailleurs non dénué de risques, qu'un simple examen de sang et de salive, puisqu'il faut prélever de l'ADN dans le liquide amniotique dans lequel baigne l'enfant à naître.

Demain les données dont disposeront les praticiens seront incroyablement plus nombreuses – et potentiellement plus dangereuses pour les tout-petits.

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11 août, 2011

Nouveau diagnostic prénatal… plutôt inquiétant

Un article publié hier par le Journal of the American Medical Association révèle que les tests sanguins vantés depuis plusieurs années sur internet comme permettant de connaître le sexe de l'enfant porté par une femme enceinte sont, en effet, désormais efficaces à 95 %. Cela veut dire que de manière non invasive, dès les 7 semaines de gestation, sans échographie ni amniocentèse, en-deçà du délai de l'avortement légal dans de nombreux pays, il est possible de savoir si elle porte un garçon ou une fille et, pourquoi pas, procéder à un avortement si l'on veut choisir. Le garçon plutôt que la fille, bien sûr…

Dans les pays qui font face à des taux dramatiques de fœticides (appelons les choses par leur nom) de bébés filles, la lutte annoncée contre un fléau qui crée un dangereux déséquilibre au bénéfice des garçons risque de devenir quasi impossible. Passons sur le côté hypocrite de ces mesures qui répondent souvent à des mesures drastiques de contrôle de la population, comme en Chine ; le fait est qu'avec une connaissance quasi-certaine du sexe de l'enfant attendu sans avoir à recourir à des diagnostics « voyants » comme l'échographie à 5 mois, il n'y a plus de raison (pratique) pour que les futurs parents se gênent.

On sait en effet de mieux en mieux étudier l'ADN des cellules fœtales qui dès ce stade précoce de la grossesse circulent dans le sang de la mère qui au demeurant portera ainsi la « chair de sa chair » dans son propre corps bien des années après avoir donné le jour à son enfant : on a actuellement la preuve de la présence de telles cellules jusqu'à 40 ans après la naissance (et frères et sœurs ultérieurs reçoivent aussi des cellules de leurs aînés comme en attestent des études récentes).

La presse française reprend sans la moindre critique l'affirmation des chercheurs selon laquelle la connaissance précoce du sexe de l'enfant permettrait d'aider les femmes susceptibles de donner naissance à des enfants « ayant un risque d'anomalies liées au sexe » : on « éviterait » ainsi la myopathie de Duchenne qui ne touche que les garçons… en éliminant d'emblée tout fœtus mâle. Ce type de tests commence paraît-il d'être utilisé en France et en Espagne.

Je lis même sur culturefemme.com qu'il s'agit là d'un « diagnostic prénatal innovant, indolore et sans risque pour détecter et prévenir les anomalies chromosomiques ».

Mais non, il ne prévient rien du tout ! Il sert juste à éliminer les bébés non conformes…

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22 février, 2010

Pays-Bas : interrogations autour de l'échographie des 20 semaines

L'offre généralisée de l'échographie de la 20e semaine aux Pays-Bas, effective depuis 2007, a entraîné un doublement des avortements volontaires tardifs. Devant ce chiffre effrayant, le parti « Christen-Unie » (petit parti membre de la dernière coalition de gouvernement Balkenende) a proposé soit de repousser l'échographie au-delà des 24 semaines, puisque l'avortement est légal aux Pays-Bas jusqu'à ce terme, ou bien de raccourcir le délai légal de l'« IVG » à 18 semaines.

Aberrant, répondent des membres du groupe de travail MetaMedica de l'Université de Maastricht : dans une tribune publiée par NRC, Wybo Dondorp, Antina de Jong et Guido de Wert soulignent que le but de l'écho des 20 semaines est précisément de déceler des affections graves – ou moins graves – chez le fœtus afin d'informer au mieux la femme (et éventuellement son partenaire) et de permettre une décision « éclairée » : avorter ou, si la mère se considère capable d'endurer la charge d'un enfant handicapé, le garder...

Ce choix, expliquent les auteurs, est « fort heureusement » de la compétence de la femme enceinte seule, et éventuellement de son partenaire.

Raccourcir le délai de l'avortement légal à 18 semaines pose un gros problème, selon les auteurs, puisque le dépistage de la trisomie 21 intervient à la 16e semaine environ par amniocentèse, et que les résultats de ce test ne sont généralement obtenus qu'au cours de la 18e ou 19e semaine, à quoi s'ajoute le délai légal de réflexion de 5 jours qui court dès une demande d'avortement. On ne pourrait plus éliminer les trisomiques dans de bonnes conditions : dramatique !

La question n'est donc pas de changer les délais pour éviter des avortements, assurent les auteurs, mais de changer la logique de l'échographie – l'examen de conformité – des 20 semaines dont il faut  déterminer les contours de manière individualisée. Sachant que cette écho n'est en aucun cas obligatoire, ils suggèrent que la femme enceinte puisse d'avance définir le type d'affection qu'elle souhaite voir dépistée, des plus importantes comme la spina bifida à d'autres comme le bec-de-lièvre (qui dans certains cas aboutissent à des avortements). Affirmer, en quelque sorte, aussi bien un droit de savoir qu'un droit de ne pas savoir.

Les sages-femmes néerlandaises soulignent volontiers que le dépistage de nombre d'affections dépistées à la 20e semaine permettent de mieux soigner l'enfant dès sa naissance et de s'y préparer psychologiquement. L'échographie n'est pas un mal en soi, c'est son utilisation qui peut se faire dans un esprit eugéniste.

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19 janvier, 2010

Pays-Bas : les échographies à 20 semaines font augmenter le nombre d'avortements

Une étude remise au pouvoirs publics avant Noël mais seulement rendue publique ces derniers jours atteste que depuis début 2007, date à partir de laquelle une échographie totalement prise en charge par les assurances sociales est systématiquement proposée aux femmes enceintes à la 20e semaine de grossesse, le nombre d'avortements a fortement augmenté pour les bébés atteints de spina bifida et d'hydrocéphalie. Ces avortements ne sont pas comptabilisés en tant que tels : on parle d'enfants « morts nés » à la 22e semaine, le nombre d'enregistrements de ces naissances ayant donc fortement progressé en 2007 par rapport à 2006. Il semble également que le nombre d'enfants atteints d'un « bec de lièvre » (fente labiale) d « morts-nés » ait progressé sur la période 2005-2007, et que le nombre d'enfants nés vivants atteints de cette affection ait diminué, sans que la corrélation soit aussi forte, affirme le rapport.

On se demande ainsi si la prescription d'acide folique aux femmes enceintes n'a pas fait reculer le nombre fentes labiales mais pour le Dr R. Seldenrijk, président de l'association néerlandaise des patients, rien ne permet d'affirmer que le recours à l'acide folique ait significativement augmenté depuis 2005, en tout cas pas assez pour justifier le recul de cette affection fœtale.

La fente labiale se soigne par chirurgie,  le spina bifida se prévient aussi par l'acide folique et se soigne par chirurgie, prothèses et éducation du malade, l'hydrocéphalie (qui lui est associée dans 80 % des cas) par neurochirurgie.

L'échographie du 2e trimestre a clairement pour but de dépister des anomalies fœtales ; elle permet la mise en place d'un eugénisme public qui ne dit pas son nom, la responsabilité des décisions étant portée par les mères ou les couples qui décident « personnellement » (mais sous quelle pression médicale ?) de recourir à un avortement dit « médical ».

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18 novembre, 2009

Le cardinal Vingt-Trois dénonce le dépistage pré-implantatoire de la trisomie 21

Dans un communiqué qui vient d'être publié sur le site de la Conférence des évêques de France, le cardinal Vingt-Trois dénonce les « risques de dérive eugéniste » que révèle le dernier avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) autorisant le dépistage de la trisomie 21 avant l'implantation d'embryons obtenus par fécondation in vitro. Lire ici.

23 janvier, 2007

“Le Figaro” et l’eugénisme

Un ahurissant article du Figaro daté de ce 23 janvier vient apporter un nouvel exemple du refus de ce quotidien de se démarquer de la pensée unique en matière de culture de mort. On y apprend, sous la plume de Martine Perez, que « les femmes les moins aisées ont plus de risques de faire naître un bébé trisomique ». Non pas parce qu’elles seraient moins bien soignées, ou génétiquement défavorisées : non, elles passent entre les mailles du dépistage qui aboutit, nous apprend sans émotion Le Figaro, au repérage de 70 % des « foetus porteurs » de l'anomalie, dont 94,5 % feront l'objet d'un avortement « médical ». Comme il faut tout de même être convenable, la journaliste ne parle qu’indirectement de cette élimination des indésirables en annonçant :

« Sur la période 1983-2002, il y a eu deux fois plus de naissance de trisomiques chez les femmes sans profession que chez celles des catégories supérieures. L'enquête montre que lorsque le diagnostic de trisomie a été fait, 5,5 % de femmes poursuivent leur grossesse. Mais pour celles sans emploi, ce chiffre monte à 11 % et de 15 à 21 % pour celles originaires d'Afrique. Les résultats mettent donc en évidence pour la première fois une disparité socio-économique dans la répartition des naissances trisomiques. »

Et de préciser que cette disparité ne résulte pas du libre choix des femmes, mais des difficultés qu’éprouvent les plus démunies et les moins instruites d’entre elles à comprendre et à suivre les parcours de dépistage qu’on leur propose : marqueurs sanguins pour toutes, amniocentèse (non sans danger pour l’enfant porté) pour toutes celles âgées de 38 ans ou plus. Du bout des lèvres, les chercheurs responsables de ces statistiques (Babak Khoshnood et autres de l'unité INserm 149) avouent qu’il importe aussi de « prendre en compte les valeurs culturelles des couples » pour comprendre ces chiffres.

Eh non, dans notre Meilleur des Mondes il n'est pas « chic » de mettre au monde un petit « mongolien » et 84 % des femmes cadres, conscientes des enjeux, accèdent au diagnostic, dont la seule issue médicalement envisagée est l'avortement à mi-grossesse.

A quand le dépistage systématique et obligatoire ?

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...