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12 novembre, 2014

Soirées « congélation d’ovules » : la soirée Tupperware façon Silicon Valley

Aimée Eyvadazzeh
On apprenait à la mi-octobre que Facebook et Apple ont décidé de financer la congélation d’ovules pour leurs employées pour leur permettre de mieux « gérer » leur carrière. A Silicon Valley, une « experte de la fertilité » a lancé des réunions en soirée, autour d’un verre de vin et de petits fours salés, pour inciter les femmes à franchir le pas. On appelle cela des « egg-freezing parties », ou soirées « congélation d’ovules », où – à la manière d’une réunion Tupperware ou Flexipan – ces dames peuvent obtenir les renseignements nécessaires et poser toutes les questions qui leur viendraient à l’esprit.
Cette semaine, le Dr Aimée Eyvazzadeh a programmé trois soirées spécialement organisées pour les employées des compagnies high-tech qui travaillent toute la journée et sortent tard. Elle surfe ainsi sur la vague créée par les employeurs qui désormais incluent la technique dans leur offre d’assurance santé : pour laisser le choix aux femmes, comme ils disent, ou plutôt pour s’assurer qu’elles ne quittent pas leur poste pour aller bêtement procréer à l’heure où la nature leur donne une fécondité (et une énergie) maximales.
La « murmureuse des ovules » – c’est ainsi qu’elle se désigne – propose une remise de 10 % sur la procédure à toute femme qui participe à une telle réunion. A 15.000 $ l’opération, cela fait une jolie réduction. Quant aux femmes qui acceptent d’organiser une soirée à domicile, elles peuvent obtenir une remise encore plus importante : « significative ».
« C’est la version 2014 de la réunion Tupperware. J’ai pensé que ce serait une manière amusante de promouvoir la sensibilisation sur la fertilité avant qu’il ne soit trop tard », assure le Dr Eyvazzadeh, qui a organisé sa première soirée lundi à Piperade, San Francisco. Elle a bien insisté sur le fait qu’il était nécessaire de subir une intervention chirurgicale. Et que la fertilité commence à décliner dès 25 ans. Mais cela revient deux fois moins cher que de faire appel à une donneuse !
De quoi convaincre une jeune femme de 22 ans, scientifique dans une entreprise de biotechnologie, qui envisage de se soumettre à la procédure. On suppose en effet que les présentations ne s’attardent pas sur l’inconfort (litote…) du processus de stimulation hormonale.
D’autres médecins spécialistes de la fertilité humaine sont d’ailleurs plus prudents : avoir des œufs congelés n’est pas une garantie de grossesse future car chaque ovule récupéré n’a qu’une chance sur 20 d’aboutir à une naissance.
En attendant la méthode fonctionne – pour la vente : le marketing par réunion, où un produit est vanté par des proches, est bien plus efficace que la publicité générale. Tupperware n’est pas aussi démodé que les esprits forts voudraient le faire croire, et chez des personnes qui passent leur vie derrière des claviers d’ordinateur, le fait de discuter en chair et en os est au contraire vécu comme « innovant ».
En même temps, l’approche est dans l’air. Les entreprises de la Silicon Valley sont en pointe dans l’ingénierie sociale : à la manière d’une Najat Vallaud-Belkacem (à moins que ce ne soit l’inverse) ils font pression pour rendre hommes et femmes interchangeables. Sans doute estiment-elles la chose profitable pour le commerce et les affaires. Facebook propose déjà un bonus de 4.000 $ pour chaque enfant né et adopté, quatre mois de rémunération de congé… paternel et une subvention pour la mise en crèche.
Ce n’est plus Big Brother, mais Big Father…

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19 mars, 2014

Pour Jacques Testart, “le risque eugénique se précise”

Le biologiste Jacques Testart, qui a fait naître Amandine, premier « bébé-éprouvette » français, dénonce fermement la logique eugéniste de la procréation médicale dans un entretien à La Vie. Extraits par ici.

A retenir, à propos de la généralisation probable du diagnostic pré-implantatoire :
« On ne voit pas pourquoi on ne se proposerait pas le DPI à tous les parents, pour rechercher toutes les maladies possibles. Cette logique est imparable, on ne peut que l'accepter ou la rejeter en bloc. Seule la pénibilité actuelle de la FIV limite la médicalisation généralisée. »
Il parle carrément d'un « changement d'humanité »


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12 novembre, 2013

Pays-Bas : méga-étude sur la santé des « bébés-PMA »

L'hôpital universitaire AMC (Centre médical académique) d'Amsterdam lance une grande enquête sur in vitro. Le but de l'étude est de comprendre pourquoi, en moyenne, ces personnes ont de plus gros risques de présenter un diabète ou une maladie cardio-vasculaire sur le long terme.
la santé des « bébés FIV », ces enfants nés à la suite d'une fécondation

Pour Tessa Rosenboom, professeur à l'AMC, l'inquiétude à propos de la santé des « bébés FIV » (ou PMA) ne date pas d'aujourd'hui : on sait qu'en grandissant, ces enfants ont une pression artérielle un peu plus élevée que celle des autres enfants de leur classe d'âge, de même que leur taux de glucose est un peu plus important. Dans l'ensemble, ils ont également un poids plus élevé. On parle ici d'enfants en bonne santé générale, « mais présentant un petit déficit de santé pour laquelle il n'existe pas, pour l'heure, d'explication », souligne Mme Rosenboom. « Nous voulons vraiment savoir quelle en est la cause », explique le professeur.

Ces différences laissent présager de plus grandes différences et un plus gros risque de diabète ou de maladies cardiovasculaires, soulignent les chercheurs au moment de mettre en place leur enquête, qui ne saurait donner dans l'immédiat de résultats définitifs sur les pourcentages de risque : aux Pays-Bas, le plus « vieux » bévé-FIV vient d'avoir 30 ans, tandis que la première d'entre eux, Louise Brown, vient seulement d'avoir 35 ans.

La recherche portera sur les particularités des cliniques de fertilité ainsi que sur l'état de santé des parents (mais quid en cas de donneur anonyme ?) ; elle s'intéressera aussi au traitement de stimulation hormonale subi par la mère, pour comprendre si celui-ci joue un rôle.

Pas moins de 30.000 enfants sont nés aux Pays-Bas au cours de ces dernières dix années à la suite d'une fécondation in vitro réalisée dans l'une des 13 cliniques de fertilité du pays. Tous leurs dossiers seront pris en compte dans l'étude, facilitée par le fait que ces enfants ont fait l'objet d'un suivi serré.

Les enfants eux-mêmes pourraient participer dans un deuxième temps à l'étude en se soumettant à des analyses, sur la base du volontariat.

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16 avril, 2013

Embryons à vendre : le filon d'une clinique californienne

Vache ou humain, qu'est-ce que ça change ?

Une clinique de fertilité de Davis, Californie, vient de lancer une innovation commerciale. Histoire de proposer une procréation médicalement assistée un peu moins chère, elle a décidé de mettre en vente des embryons aux couples stériles en vue de leur implantation. Cela permet de leur éviter toute l'onéreuse procédure de la récolte de gamètes et de la fécondation in vitro, rapporte l'Irish Examiner.

Jusqu'ici il était possible aux Etats-Unis d'acheter des gamètes – sperme ou ovules – séparément. La clinique californienne brûle désormais les étapes en créant une « fournée » d'embryons obtenus à partir d'un donneur de sperme et d'une donneuse d'ovules, pour après les vendre à des patients multiples. A 9.800 $ (7.500 €) l'embryon, le gain n'est pas négligeable.

Evidemment, les embryons vendus ainsi n'ont aucun lien génétique avec leurs acheteurs.

Depuis quelque temps, les couples en Californie se sont vu offrir la possibilité d'« adopter » des embryons surnuméraires résultant de traitements de fertilité, ce qui ne relève pas tout à fait de la même logique puisqu'il s'agit alors de ne pas laisser mourir des embryons laissés pour compte. La nouvelle « offre » suppose la création volontaire d'embryons surnuméraires en vue de la vente. Et elle passe sous silence la possibilité ultérieure d'inceste si des un garçon et une fille conçus ainsi tombent amoureux par la suite sans se savoir frère et sœur.

Un juriste de la Harvard Law School, Glenn Cohen, estime que le fait de vendre des embryons n'est pas par nature différent de la vente de gamètes et ne voit pas bien où est le problème ». Mais il note que la procédure laisse tout de même des questions ouvertes quant aux droits parentaux sur les embryons : il se demande si la clinique a des droits parentaux ou de tutorat, et pose aussi la question de savoir qui aurait les droits parentaux en cas de faillite de la clinique…

STOP !

L'urgence serait de montrer que la fécondation in vitro est en soi aberrante et indigne du petit d'homme, surtout si elle implique des cellules reproductrices extérieures au couple bénéficiaire.

Cela aurait évité d'expliquer aux homosexuels candidats au « mariage » et à l'homoparentalité qu'ils n'ont pas droit à la PMA, mais les couples composés d'un homme et d'une femme, oui, alors même que cela pose tout autant le problème de la filiation.

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07 mars, 2013

10 000 dollars pour avorter ? Une mère porteuse dit non

Voici une histoire qui montre où peuvent mener la gestation pour autrui, le don de gamètes et l'eugénisme. Elle se termine de manière étonnante…

Tout commence avec un couple du Connecticut désespéré à l'idée de ne pas pouvoir avoir un quatrième enfant après trois fécondations in vitro réussies. Trois petites filles, donc, mais aussi la conscience d'avoir quelque part dans l'« enceinte concentrationnaire » des embryons surgelés « surnuméraires ». Ils cherchaient une mère porteuse, la femme ne pouvant plus mener une grossesse à bien.

La mère porteuse, c'est Crystal Kelley, qui avait déjà deux filles mais aussi deux fausses couches à son actif, et le désir, à cause de ces dernières, d'« aider » un couple en détresse, moyennant finances bien sûr : c'était aussi une entreprise commerciale. Pour 22.000 $, elle était prête à porter deux embryons congelés.

L'un des embryons devait mourir après l'implantation, mais l'autre se développait bien… jusqu'au jour où, lors de l'échographie du 5e mois, on décela un bec-de-lièvre, un kyste au cerveau et une anomalie cardiaque complexe. Elle avait de bonnes chances de survivre après la naissance mais aurait environ 25 % de chances de mener une vie « normale », selon les médecins.

Les parents biologiques tentèrent alors de convaincre Crystal d'avorter, alors que celle-ci disait haut et fort vouloir « donner une chance au bébé » : une petite fille.

On proposa de faire une amniocentèse pour confirmer le diagnostic. Crystal était prête à l'accepter mais pour les parents du bébé, le résultat n'allait de toute façon rien changer : que Crystal avorte – « Qu'elle tente d'être comme Dieu, miséricordieuse pour l'enfant, et qu'elle la laisse partir. »

La jeune mère porteuse refusa : ils l'avaient choisie pour porter et protéger cette enfant, et c'était cela qu'elle entendait faire. Elle leur répondit qu'il ne leur appartenait pas de jouer à être Dieu. Pour autant elle ne voulait pas être la mère de l'enfant : elle portait bien le bébé pour une autre famille, non pour avoir un enfant à elle… Une représentante de Surrogacy International (une agence de mères porteuses), rRita Kron, venait de l'avertir : si elle choisissait de mener la grossesse à terme, les parents biologiques n'accepteraient pas d'être les parents légaux du bébé.

C'est alors que les parents biologiques lui proposèrent 10.000 $ supplémentaires si elle avortait. De quoi tenter cette jeune femme qui s'était toujours dite pro-vie mais qui avait besoin d'argent… D'autant que Rita Kron emmena Crystal déjeuner pour lui expliquer par le menu toutes les difficultés qu'elle rencontrerait avec un enfant handicapé et malade, sans compter le gouffre financier, et combien ses propres enfants allaient en souffrir.

« Dans un moment de faiblesse, raconte Crystal, je lui ai dit que j'avorterais pour 15.000 $. » Elle le regretta aussitôt remontée dans sa voiture… Mais les parents biologiques refusèrent le marché, et Crystal resta décidée à ne choisir l'avortement en aucun cas.

C'est alors que commença une nouvelle pression. Six jours s'étaient écoulés depuis l'échographie : le 22  février 2012, Crystal fut contactée par l'avocat de ses clients qui annonça qu'en refusant d'avorter, elle se rendait coupable d'une violation de ses obligations contractuelles, puisqu'elle s'était engagée à le faire  en cas de « grave anomalie fœtale ». On la menaça de procès pour récupérer les sommes déjà versées plus 8.000 $, sans compter les frais médicaux et légaux.

Crystal obtint alors l'assistance bénévole d'un avocat qui soutint l'impossibilité de la forcer à avorter, quels que soient les termes du contrat. Contre-offensive des parents : qu'elle poursuive la grossesse, ils accepteraient de prendre la responsabilité légale de l'enfant et l'abandonneraient aussitôt, faisant de la fillette une pupille de l'Etat. L'avocat de Crystal lui expliqua que malgré sa répugnance à voir l'enfant abandonné à une famille d'accueil elle devrait accepter cette solution faute de pouvoir obtenir autre chose d'un tribunal.

Mais Crystal choisit une autre option. Avec ses deux filles, enceinte de 6 mois, elle quitta le Connecticut pour l'Etat le plus proche où elle, en donnant le jour à l'enfant, serait considérée comme sa mère, et non les parents biologiques, mais aussi où les soins médicaux seraient les plus à même de venir au secours de l'enfant. Le meilleur service pédiatrique du pays se trouvait justement, d'après ses recherches, à l'université du Michigan. C'est là qu'elle s'installa, profitant d'une sous-location proposée par un étudiant ; MediAid allait lui donner la possibilité d'accéder à un suivi médical pour les grossesses à hauts risques.

Restait à savoir si elle garderait l'enfant alors que, mère célibataire de deux enfants, sans travail et sans domicile permanent, elle n'en avait pas les moyens. Mais elle s'était « attachée émotionnellement » à l'enfant qu'elle portait, et elle n'arrivait pas à se décider. Elle finit néanmoins par trouver un couple désirant adopter le bébé.

C'est alors, à un mois du terme prévu, que les parents biologiques intentèrent une action pour faire reconnaître leurs droits parentaux dans le Connecticut… Et c'est là qu'ils avouèrent que la « mère biologique » n'avait en réalité pas de lien génétique avec l'enfant, puisque les embryons avaient été fabriqués avec des ovules donnés par une femme restée anonyme.

A la naissance de l'enfant, le 25 juin, on ne savait toujours pas comment l'affaire allait être résolue. Trois semaines plus tard, on négocia un accord : le père acceptait d'abandonner ses droits parentaux contre l'assurance de pouvoir obtenir des nouvelles de la santé de l'enfant auprès de la famille adoptante. Depuis, le père biologique a pu rendre visite à la fillette et la tenir dans ses bras.

L'état de santé du bébé s'est révélé bien plus grave que ce que les échographies avaient laissé supposé. Un gros problème cérébral – les deux hémisphères mal séparés – des organes comme le foie et l'estomac mal placés, deux rates, un bec-de-lièvre et des défauts cardiaques importants ont conduit « Baby S » à subir plusieurs opérations et il lui en faudra d'autres. Ses parents adoptifs savent qu'elle mourra peut-être bientôt, et que si elle vit, elle ne marchera ni parlera normalement, mais ils voient en elle, avant tout, un bébé plein de joie de vivre, qui rit avec ses frères et sœurs, joue et se méfie des gens qu'elle ne connaît pas.

Le dernier mot à Crystal Kelley :

« Je ne peux vous dire combien de gens m'ont dit que j'étais mauvaise, que j'avais tort, que j'aurais dû me faire avorter, que je serais damnée en enfer. (…) Mais personne ne ressentait cette grossesse comme moi je le faisais. Personne d'autre ne la sentait bouger et donner des coups de pieds de l'intérieur. Je savais depuis le début que cette petite fille avait un esprit combatif étonnant, et que tous les défis qui lui étaient lancés seraient relevés par elle avec chaque once de courage dont elle dispose. Peu importe ce qu'on m'a dit, je suis devenue sa mère. »

En attendant, on pourrait s'économiser beaucoup d'imbroglios procréatifs en reconnaissant qu'un enfant devrait naître de l'acte d'amour de son père et de sa mère !



Photos : ici.


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13 décembre, 2012

Faire des bébés sans père et sans mère avec les cellules souches induites

Une conférence scientifique internationale sur la sauvegarde de la fertilité des malades du cancer se tiendra en février prochain à Hong Kong, relève Michael Cook de BioEdge, avec pour objectif l'enseignement d'une technique permettant de créer des embryons à partir de cellules souches dites iPS (cellules souches totipotentes induites à partir de cellules adultes).

Il s'agit d'apprendre aux praticiens à obtenir la « néo-création » (sic) d'ovules et de spermatozoïdes en partant de la technique déjà utilisée sur des souris (j'avais commenté cela ici en décembre 2010). « Voilà la solution d'avenir pour les cas d'infertilité les plus compliqués, qui permettra de faire du sperme et des œufs à partir de cellules somatiques. Chez les souris, des portées normales ont pu naître grâce à cette approche. »

Michael Cook explique que la détermination de la paternité et de la maternité des embryons qui pourraient un jour résulter de cette technique sera un « casse-tête juridique ». Les spermatozoïdes pourraient être génétiquement liés à une personne qui pourrait aussi bien être un homme qu'une femme et les ovules créées à partir des cellules adultes d'une personne qui pourrait être une femme ou un homme. Mieux : on pourrait utiliser le sperme et les ovules obtenus d'une même personne pour créer un embryon.

Cette perspective passionne Evelyn Telfer, chercheuse en développement ovarien à Edinburgh, qui en prévoyait la possibilité dans une interview au New Scientist en expliquant : « Si vous preniez les cellules souches sur le même individu pour pourriez éviter la reproduction par voie sexuelle. »

A l'époque ou la découverte « éthique » du Pr Yamanaka, pionnier de la reprogrammation cellulaire et récent lauréat du prix Nobel pour ses travaux, la question de la sûreté des cellules iPS, qui à l'instar des cellules souches embryonnaires provoquent des rejets immunitaires, ainsi que de leur utilisation éventuelle pour obtenir les cellules de la reproduction humaine avaient été soulevées par le scientifique lui-même (voir ici sur ce blog). Dans le même message, je faisais écho aux inquiétudes d'un spécialiste canadien de l'éthique médicale, le Dr John Shea, qui précisait alors qu’on avait obtenu des cellules souches similaires au blastomère : « L’ennui avec le blastomère, si c’est cela qu’ils ont obtenu, c’est qu’il peut former un jumeau qui devient lui-même un embryon. »

Jusqu'ici il n'a pas été fait état de tels développements.

En revanche l'utilisation des iPS pour court-circuiter la reproduction humaine normale semble être en passe de devenir une réalité qui jette pour le moins une ombre sur la technique.

A la différence des cellules souches embryonnaires ou des iPS, les cellules souches adultes, pluripotentes (c'est-à-dire capables de donner seulement certains types de tissus ou d'organes selon leur provenance) restent les seules à éviter totalement les écueils éthiques et présentent déjà de nombreuses applications thérapeutiques réussies ou prometteuses.

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11 novembre, 2012

En Australie, plus de femmes d'affaires choisissent la PMA pour devenir mères célibataires

Un nombre croissant de femmes célibataires proches de la quarantaine se tourne aujourd’hui vers la fécondation in vitro en Australie, affirment des responsables de cliniques de fertilité dans ce pays. Ce sont, le plus souvent, des femmes qui n’ont jamais eu de partenaire masculin stable et donc le métier leur assure des revenus suffisants pour élever seules un enfant. Michael Cook, de BioEdge, rapporte les propos de Michael Chapman, de l’Association australienne de la fertilité : « Nous voyons toujours davantage de ces dames. Des femmes qui n’arrivent pas à trouver le partenaire idéal mais qui se rendent compte que c’est une option pour elles. C’est devenu presque normal d’être une mère célibataire. Du coup, quand elles ont 38 ou 39 ans, elles se dirigent vers le don de sperme et la reproduction assistée. »
Leur nombre a progressé de 10 % au cours des trois dernières années.

Selon le Pr Gab Kovacs, de Monash IVF, ces femmes préfèrent se tourner vers la fécondation artificielle plutôt que se rabattre sur un amour d’une nuit parce que les donneurs de sperme en clinique subissent des tests de dépistage de défauts génétiques et de maladies infectieuses : « Si vous récupérez un type dans un pub, vous ne savez pas ce que vous allez avoir. »

Un article de la presse australienne donne l’exemple d’Allison Myers, « une » plombier (difficile d’écrire : plombière !) de Melbourne. A 39 ans, elle est « fière » de ce qu’elle a fait : « Regardez ce que j’ai. Elle est magnifique… D’une certaine manière, elle m’a sauvé la vie. En tant que célibataire on fait la fête, on boit, on claque son argent, on n’imagine pas un avenir positif. La voilà qui arrive et c’est fantastique, je veux la voir grandir. »


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11 septembre, 2012

France : Christiane Taubira présente le projet de “mariage” homosexuel

Non à l'objection de conscience, prévient le ministre

Tout en annonçant un important « travail de réflexion et d’élaboration du projet de loi » de légalisation du « mariage » des couples homosexuels au cours d’« auditions conduites dans un esprit de grande franchise et de grande écoute », le garde des Sceaux a déjà une religion toute faite sur le sujet. L’égalité, l’égalité et encore l’égalité sera la seule notion déterminante dans ce pseudo-débat et au bout du compte elle fera taire toutes les oppositions, a en substance déclaré Christiane Taubira en présentant les intentions du gouvernement à La Croix :

« Nous sommes bien conscients de toutes les dimensions philosophiques et anthropologiques entourant le mariage. Mais nous estimons qu’elles ne peuvent venir percuter l’exigence d’égalité. C’est à cela, à cette exigence d’égalité, que nous satisfaisons avec ce projet de loi. »

Alors, qu’elle promette ou qu’elle ne promette pas de « discuter » avec les associations favorables ou hostiles au « mariage » gay – qu’elle appelle « le mariage pour tous » –, les « représentants des cultes », etc., le contenu du texte de loi qui sera déposé d’ici à la fin du mois d’octobre avec toute la force d’un projet de loi gouvernemental promis explicitement au cours de la campagne présidentielle, est déjà largement fixé.

Il s’inscrit profondément dans le refus de toute « discrimination » considérée comme un mal en soi, et rejoint un mouvement de fond qui progresse toujours davantage sur le plan international. D’ici à deux semaines, l’Assemblée générale de l’ONU, lors de sa 67e session annuelle, sera invitée à ajouter en droit international « l’orientation sexuelle » et « l’identité de genre » aux catégories contre lesquelles la « discrimination » est interdite, avertit Austin Ruse de l’organisme de veille catholique sur les institutions internationales, C-Fam. C’est cette notion qui est utilisée pour promouvoir le mariage homosexuel, pour imposer l’adoption homosexuelle. N’imaginons pas que l’affaire est marginale et ne concerne que les homosexuels entre eux : outre l’intérêt des enfants – que Mme Taubira prétend avoir pour première préoccupation – il y va des droits de ceux qui refusent ces aberrations pour des motifs éthiques et religieux. En Angleterre, les organismes d’adoption catholiques ont déjà été sommés de choisir entre fermer leurs portes ou fournir leur prestation à des demandeurs homosexuels.

Les prises de position de Mme Taubira laissent entrevoir un même radicalisme. Elle a d’ores et déjà averti, en termes impérieux, que la loi ne prévoirait aucune objection de conscience de la part des maires et officiers publics qui « représentent l’Etat lorsqu’ils célèbrent un mariage ». « Nous sommes dans un Etat de droit, le code civil va être modifié, il s’impose à tous, y compris aux maires », a-t-elle martelé.

Christiane Taubira est consciente de présider à « une révolution sociétale, mais aussi juridique ». En même temps, peut-être pour tenter de faire plus facilement avaler la pilule, elle a annoncé trois limites aux droits des homosexuels « mariés ». Ils ne bénéficieront pas d’une présomption de « parentalité » (la « paternité », ça ne colle plus !), devant passer par la procédure d’adoption pour obtenir des droits parentaux sur l’enfant biologique de leur « époux ». Le projet de loi, en l’état actuel, n’entend pas non plus leur ouvrir l’accès à la procréation médicalement assistée auquel ont droit, dans certaines conditions, les couples « hétérosexuels » : infertilité de l’un ou de l’autre ou existence d’une pathologie grave. Enfin, la légalisation de la « gestation pour autrui » – mères porteuses – n’est pas à l’ordre du jour.

Cependant, par une décision datant de mars 2012 (Valérie Gas contre la France), la Cour européenne des droits de l’homme a fait comprendre qu’à statut égal doivent correspondre des droits égaux. Ainsi entrevoit-on qu’un couple d’homosexuels « marié » satisfaisant à l’une des conditions actuellement en vigueur pour accéder à la procréation médicalement assistée ne pourrait se la voir refusée sous peine de voir le refus condamné par la Cour européenne. On pourrait même aller plus loin, en faisant de l’infertilité de nature des couples homosexuels un motif valable entrant dans le cadre actuel de la loi française. Quant à la « parentalité » présumée, elle existe de plein droit pour les couples mariés : pourra-t-on en exclure longtemps les « époux » gays ?

Pour ce qui est des mères porteuses, la France résiste encore. Mais l’expérience prouve – aux termes d’une enquête menée par le site australien d’informations pro-famille MercatorNet – que la légalisation de l’adoption homosexuelle dans un pays s’accompagne toujours d’un accroissement de la demande de ces services dans des pays plus accommodants avec des femmes suffisamment pauvres pour se laisser exploiter de la sorte.

Mme Taubira a choisi de s’exprimer dans La Croix, c’est tout un symbole. Elle sait que la résistance sera d’abord religieuse même si elle ne se fonde pas sur des exigences confessionnelles. L’éditorial de Dominique Greiner en dit long lui aussi : le journaliste demande à juste titre qu’on sorte du « domaine émotionnel » pour penser d’abord au « bien commun », à la « dimension sociale du mariage » et à la « différence sexuelle », mais il craint déjà que « certains catholiques » ne soient « tentés de faire valoir de manière plus démonstrative leur opposition, quitte à tomber dans la caricature ».

C’est vraiment ça, le danger qui guette la France ?

Cet article a paru dans Présent daté du 12 septembre.

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10 septembre, 2012

Fécondation “in vitro” : la pression monte sur le Costa Rica

Dans la procédure en cours pour tenter d'imposer au Costa Rica la légalisation de la fécondation in vitro, trois juges de la Cour interaméricaine des droits de l'homme – l'équivalent, en gros, de la Cour européenne des droits de l'homme – ont mené une audience publique où ils ont clairement, et même de manière goguenarde, affirmé leurs préjugés. Tout montrait que leur opinion était faite : la manière d'interroger les représentants du gouvernement costaricain, leurs commentaires, leurs mauvaises blagues. Pour Rita Chaves, secrétaire de l'Assemblée législative du Costa Rica, qui a assisté aux séances des 5 et 6 septembre, la partialité des juges ne fait pas de doute, ainsi qu'elle l'a fait savoir en publiant un communiqué à l'issue de  la dernière audience.

« A l'expert juridique, ils ont posé des questions scientifiques ; à l'expert juridique, des questions scientifiques : leur objectif évident était d'embrouiller et de décontextualiser leurs réponses », a-t-elle noté. Et en écoutant les représentants du Costa Rica parler, les juges ne se sont pas privés de gesticuler pour montrer leur désaccord ; quand ils ont évoqué le fait que la fécondation in vitro aboutit à la destruction de nombreux embryons, les juges se sont carrément moqués d'eux.

La même élue costaricaine a observé que la salle où se déroulaient les audiences et le salle contiguë où on pouvait les suivre étaient blindées par un public trié sur le volet – des membres d'associations favorables à la fécondation in vitro et toutes les personnes participant actuellement à une session de formation organisée par la Cour. Les personnes réclamant le droit à la fécondation artificielle étaient aussi présentes, entourées de nombreux proches selon les officiels de la Cour. La presse avait aussi été convoquée en grand nombre. En revanche, Rita Chaves a eu le plus grand mal à obtenir le droit d'entrer…

Tout cela pour voir le président de la Cour, Diego Garcia Sayan, la juge jamaïcaine Margarette May Macauly et l'Uruguayen Alberto Perez Perez manifester ostensiblement leur soutien à l'avortement et aux techniques de procréation artificielle…

Le directeur du Population Research Institute pour l'Amérique latin, Carlos Polo, a fait remarquer que si la Cour juge avec la partialité dont on fait preuve ces juges à l'audience, les lois et constitutions protégeant la vie qui restent en vigueur en Amérique latine seraient en grand danger  : « Ainsi, on laissera le champ libre aux organisations internationales abortistes et cette protection de l'enfant à naître risque d'être renversée », a-t-il observé.

Sans compter que la Cour interaméricaine, ce faisant, outrepasserait sa compétence, puisqu'il lui revient uniquement de se prononcer sur les droits que protège la convention américaine des droits de l'homme, la Pacto de San José. Ni celle-ci, ni aucun instrument international, a-t-il ajouté, ne peut être interprété de manière à imposer au Costa Rica d'autoriser et de réguler la fécondation in vitro.


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30 juillet, 2012

Argentine : les avocats catholiques contre la “FIV”

La Corporation des avocats catholiques d'Argentine a publié vendredi un argumentaire en treize points contre la loi autorisant la fécondation artificielle qui vient d'être approuvée en ce pays par la chambre des députés. Belle synthèse, non confessionnelle dans ses arguments, mais précisément appuyée sur la loi naturelle et le bien de l'enfant qui devrait éclairer chacun, croyant ou non. A ce titre elle n'est pas seulement d'intérêt local pour l'Argentine, même si elle s'intéresse de près aux dispositions particulières de cette loi. Je vous donne ici une traductuion succincte de la déclaration signée par Eduardo A. Sambrizzi et Cosme Maria Beccar Varela, respectivement président et secrétaire de la Corporacion de Abogados Catolicos.

1. La possibilité de recourir au don de gamètes et d'embryons porte atteinte au droit constitutionnellement reconnu des enfants à leur identité.

2. L'absence de limite pour les dons de gamètes augmente le risque de pratiquer des fécondations entre proches par le sang.

3. L'absence d'obligation pour les centres de recueil de gamètes de consigner l'identité des donneurs porte atteinte au droit à l'identité des enfants conçus à partir de ces dons.

4. On n'a pas limité le recours à la fécondation artificielle aux couples souffrant d'une infertilité ou d'une stérilité médicalement constatée.

5. La cryoconservation des embryons, n'étant pas interdite pas le texte, est donc autorisée, avec un risque pour leur vie alors que la Constitution argentine reconnaît que ce sont des personnes humaines.

6. Pas de limitation des ovules à féconder ni du nombre d'ovules fécondés à implanter lors de chaque tentative, ce qui peut être préjudiciable aux embryons ou de la femme.

7. Le texte ne limite pas l'accès à la technique de procréation artificielle aux femmes mariées ou du moins vivant en couple – avec un homme.

8. Le texte n'interdit pas non plus l'accès à la FIV aux personnes mariées ou vivant avec une personne du même sexe, « ce qui prive l'enfant aussi bien de son identité que de son droit d'avoir un père et une mère.

9. Le texte ne prévoit aucune instance de veille ou de contrôle sur le plan pénal, administratif ou civil, pas même pour sanctionner le non respect de ses propres dispositions.

10. Le fait de permettre aux donateurs de gamètes de rétracter leur consentement jusqu'après la fécondation et avant l'implantation entraîne la privation pour l'enfant de son droit de se développer jusqu'à la naissance.

11. La loi ne prévoit aucune objection de conscience, ni pour les médecins, ni pour les institutions où ils travaillent.

12. Elle méconnaît un avant-projet en voie d'adoption qui entend insérer dans le code civil et commercial de la nation argentine une loi spéciale de protection de l'embryon non implanté dans la mère.

13. Elle impose la couverture des techniques de procréation artificielle par le Programme médical obligatoire, avec des hausses de prix subséquentes pour les cotisations pour le secteur privé, ou la baisse des moyens de ce secteur.

On notera que la déclaration des avocats catholiques ne prend pas la question de front, n'avançant pas les arguments par lesquels l'Eglise condamne toute forme de fécondation artificielle. En revanche elle souligne quel serait le minimum éthique à respecter, en pointant les incohérences de la loi et en rappelant que les fécondations in vitro avec donneur posent un réel problème pour les enfants qui sont par ce biais coupés de leurs origines. La déclaration pose également le principe du respect de la vie de chaque embryon, dès qu'il existe, et cherche à limiter l'accès à la FIV aux couples « hétérosexuels » stables.

Il ne s'agit pas de dire que dans certains cas la fécondation artificielle est un bien, mais de montrer quels sont les points qui, en la matière, ne souffrent aucune discussion, aucune négociation, pour que le bien commun de la société soit sauvegardé.

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12 mai, 2012

Académie pontificale pour la vie : clarifications et révélations

Le site d'information catholique Catholic News Agency annonce que le président de l'Académie pontificale pour la vie (APV), Mgr Ignacio Carrasco de Paula, a présenté ses excuses pour les deux lettres envoyées au nom de cette institution à des personnes s'inquiétant des dérives éthiques constatées de manière particulièrement évidente lors du congrès international qu'elle avait organisée sur le traitement de l'infertilité en février, et dans le choix des orateurs lors d'un autre congrès sur les cellules souches prévu en avril qui, lui, a été annulé. A la même occasion, le prélat a réitéré son « entier engagement » au service de l'Evangile de la vie.

Cette lettre datée du 8 mai reconnaît, selon CNA, qu'une lettre d'avril 2012 critiquant certains « activistes pro-vie » pour avoir dénoncé certains aspects du congrès sur les cellules souches « contenaient certaines formulations malheureuses qui, mal comprises, pouvaient avoir heurté la sensibilité de certaines personnes ». Derrière la langue de bois, une réalité : il y avait bien matière à apporter des éclaircissements et Mgr Carrasco de Paula s'est trouvé dans l'embarras à cause de la démarche de Josef Seifert, rapportée hier sur ce blog, et d'autres membres historiques de l'APV.

Les mots offensants ne cherchaient pas « à faire montre d'irrespect, et encore moins à ceux avec qui nous collaborons de manière étroite et reconnaissante depuis des années au service de la vie humaine et de sa défense », écrit Mgr Carrasco de Paula.

CNA rapporte qu'un autre membre dirigeant de l'APV lui a assuré qu'aussi bien la conférence de février sur l'infertilité que celle, annulée, sur les cellules souches, n'avait pas été organisée par l'APV – le bruit court qu'il s'agit d'une école de médecine catholique – et que « tous les membres du conseil de gouvernement » de l'APV avaient exprimé leur « consternation ». Lui-même a parlé de cette « effarante conférence sur l'infertilité ».

Mais de cette « consternation », on n'avait rien su. Qu'elle apparaisse à l'occasion d'une confidence anonyme à un organe d'information pose en soi beaucoup de questions.

Le même interlocuteur a évoqué le fait que le congrès pour les cellules souches avait lui aussi organisé par « d'autres », l'APV n'apportant que son patronage : « J'espère que de dures leçons auront été apprises  », a-t-il déclaré selon CNA. Il a souhaité plus de « vigilance » de l'APV lorsqu'elle sous-traite l'organisation de tels événements et rappelé la manière dont cela se passait du temps du cardinal Sgreccia. Celui-ci appelait tous les intervenants prévus à un congrès « quatre mois » avant sa tenue. « Chaque orateur devait présenté sa conférence écrite au préalable, telle qu'elle serait donnée. De telle sorte qu'il n'y eût pas de surprises ».

Avant lui, le cardinal Angelini présidait l'APV et il avait carrément pour habitude d'interrompre l'orateur qui dirait quelque chose de contraire à la vérité morale, en soulignant avec force que cela était contraire à l'enseignement de l'Eglise.

De son coté Vatican Insider publie une note publiée le 10 mai par l'APV à la suite des critiques exprimée par le Pr Seifert et d'autres. (Ma traduction.)
« Les incompréhensions qui se sont récemment fait jour autour de certains événements organisés par l'Académie pontificale pour la vie doivent être considéreés comme une occasion d'examiner et de réaffirmer l'identité de l'Académie. 
L'APV a été fondée par le bienheureux Jean-Paul II pour étudier et informer à propos des principaux problèmes de la biomédecine et du “biodroit” par rapport à la promotion et à la défense de la vie humaine. Cela signifie que l'Académie continuera sur la voie d'un dialogue ouvert avec le monde scientifique, tout en restant dans le même temps totalement fidèle à l'enseignement du Magistère catholique. 
Pour cette raison, même si cela peut être parfois astreignant, le dialogue interne avec les membres apparaît comme fondamental pour notre mission et notre unité, et requiert de notre part tous les efforts possibles. Nous tendons tous vers la même fin à laquelle nous nous employons : la défense de la vie humaine depuis sa conception jusqu'à la mort naturelle, et ce avec intégrité et dans une sincère adhésion à la Vérité, suivant les objectifs de l'Académie au service de l'Eglise. »
La publication d'une telle note est tout sauf anodine. Si une telle protestation de fidélité était devenue nécessaire, c'est bien qu'il y avait un (gros) problème. Pourquoi ce changement de ton ? Décidé et imposé par qui ? Il donne en tout cas raison à ceux qui se démènent comme des lions depuis des mois et même des années pour faire respecter la parole de l'Eglise même dans les « cas limites » dont ses adversaires se servent si bien pour tenter de vider son message de son contenu.

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10 mai, 2012

L'Académie pontificale pour la vie est en « grand danger »…

En publiant une lettre ouverte à propos de récents incidents qui se sont produits lors d'événements organisés par l'Académie pontificale pour la vie (APV), l'un de ses membres ordinaires, Jozef Seifert, a voulu faire part de la profondeur de son inquiétude par rapport aux orientations de l'institution créée par Jean-Paul II pour se mettre au service de l'Evangile de la Vie. Ce blog avait publié une interview que le Pr Seifert avait accordée à Présent à propos de l'affaire de Recife, alors que le président de l'APV à l'époque, Mgr Rino Fisichella, avait laissé entendre que l'avortement « thérapeutique » pouvait en certains cas être acceptable.

Depuis, d'autres scandales ont secoué l'APV : fin février de cette année, une conférence sur l'infertilité avait largement donné la parole à des spécialistes de méthodes de procréation assistée proscrites par l'Eglise catholique, provoquant la colère de nombre de ses membres, notamment les plus anciens. Un congrès sur les cellules souches qui devait avoir lieu du 25 au 28 avril a carrément été annulée, officiellement pour des raisons financières mais aussi à la suite de l'indignation de nombreux membres de l'Académie pontificale pour la vie qui dénoncèrent l'absence de discernement dans le choix des intervenants, dont plusieurs militent pour la recherche destructrice sur l'embryon.

La lettre de Jozef Seifert rappelle la succession de dysfonctionnements qui exige une réaction vigoureuse, en précisant qu'il la publie parce qu'il avait publiquement déclaré, lors de la session de février, qu'il venait de vivre « la pire journée de l'histoire de l'APV », et que son nouveau président, Mgr Ignacio Carrasco de Paula, lui avait par la suite demandé de s'expliquer à ce sujet.

Je vous propose ici ma traduction de plusieurs passages de cette longue lettre.

« J'écris cette lettre avec un profond sentiment de tristesse et une énorme inquiétude quant au grand danger que je perçois pour l'APV de perdre la plénitude et la pureté de son engagement au service de la vérité. (…) »

Le Pr Seifert relève huit raisons de critiquer la conférence sur l'infertilité organisée en février.

« 1. La discussion neutre à propos des traitements de l'infertilité, que l'APV devrait aussi et même avant tout traitervdu point de vue de l'éthique et du magistère. »

Cinq conférences sur 7 à ce sujet ont « presque entièrement » omis de le faire, passant sous silence « toues les explications magistérielles de la doctrine morale catholique à propos de ces questions sensibles », se contentant de décrire de manière neutre et scientifique les techniques – pilule, insémination artificielle, fécondation in vitro… « Tout traitement “purement scientifique” de ces questions les falsifie en omettant de prendre en compte les vérités les plus importantes à leur propos. »


« 2. L'ensemble des 5 premières interventions (sur 7), pour peu qu'elles aient évoqué l'éthique, l'ont fait en opposition frontale avec l'enseignement moral de l'Eglise. (…) La pilule contraceptive a été célébrée dans la mesure où elle serait prise pour un temps, et présentée comme un moyen sain pour restreindre les périodes de fertilité, ce qui constitue une attaque directe contre Humanae vitae, Famiriaris Consortio  et de nombreuses allocutions de Jean-Paul II, le fondateur de notre Académie. La fécondation in vitro et ses méthodes associées (…) ont été présentées comme moralement acceptables et comme des réussites majeures et montrées de manière très visuelle à l'aide de clips où l'on voyait l'orateur montrer avec fierté comment il introduisait des spermatozoïdes isolés et sélectionnés dans des ovules. Son évidente justification éthique de ces méthodes était une attaque directe contre Donum Vitae et d'autres documents ecclésiastiques, et ce n'était que le début. »


(…)

« 3. Ceux qui ont critiqué cette conférence, ainsi que la conférence annulée sur les cellules souches, ont été mal traités et offensés que ce soit lors de la conférence ou par courrier. De plus, la moquerie cynique s'y est ajoutée : au lieu de proposer de rembourser les participants qui avaient été gravement trompés et qui avaient gaspillé leur argent pour assister à une réunion façon Planning familial sous les auspices de l'APV, il leur a été brutalement annoncé que s'ils n'appréciaient pas ce qu'ils entendaient, il n'avaient qu'à ne pas revenir l'an prochain. »


Josef Seifert rappelle à cet égard les lettres du P. Renzo Pegoraro, chancelier de l'APV accusant ces critiques d'avoir « menacé » des « personnalités haut placées » ; une lettre co-signée avec Mgr Jacques Suaudeau allait jusqu'a expliquer que les critiques pro-vie « ne  jouissent d'aucun crédit auprès de l'APV » ou « d'autres organismes du Saint-Siège » et avaient soulevé « des controverses inutiles ».

« 4. Des remarques insultantes non seulement à propos des membres de l'APV mais aussi à propos de problèmes centraux évoqués par les documents de l'Eglise. »


De fait, qualifier ces questions et le respect de cet enseignement de « controverses inutiles » va directement à l'encontre de documents qui les présentent comme importantes – notamment Donum Vitae rédigé par celui qui était alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi… « Impensable sous la présidence du vénérable Jérôme Lejeune, du Pr Juan de Dios Vial Correa, ou de Mgr Sgreccia, ou même celle de votre prédécesseur immédiat ».

« 5. Le niveau scientfique peu élevé de 6 interventions sur 7 lues lors de la conférence publique. » Le Pr Seifert rappelle ici qu'on n'évoqua même pas les effets secondaires négatifs de la pilule, ni ses effets potentiellement abortifs, ni sur les recherches à propos de son lien avec des infertilités permanentes parfois constatées, les effets négatifs psychologiques… Il parle même de « propagande contre l'enseignement de l'Eglise » s'ajoutant au « principal scandale constitué par la promotion sans réserve de ce que l'Eglise présente comme intrinsèquement mauvais ».

De telle sorte que la seule intervention qui s'en soit démarquée, celle du Pr Hilgers, en est apparue isolée et qu'il a même fait l'objet d'observations critiques de la part d'un des présidents de séance.

« 6. Des discussions non scientifiques et inutiles. » C'est une situation qui tend à se généraliser aux événements organisés par l'APV, assure Seifert : les séances de questions consistent à ne retenir qu'une partie des objections des personnalités présentes, elles sont résumées, voire édulcorées ou ridiculisées et présentées de manière à faire apparaître l'orateur auquel elles s'adressent comme l'autorité ultime sur la question et celui-ci retrouve une occasion de répéter ses erreurs, dit-il.

« 7. L'échec académique et doctrinal du seul orateur invité à présenter l'éthique du traitement de la fertilité. » Elle n'était tout simplement pas au  niveau, protestant de sa docilité à l'égard de l'enseignement de l'Eglise mais « en répétant explicitement certaines des erreurs bioéthiques avancées péremptoirement par les cinq premiers orateurs ».

« 8. La connaissance de la vérité et l'image de l'APV ont gravement souffert des suites de cette conférence, et ses effets sur le monde seront désastreux. Présenter une telle conférence, qui aurait fait jubiler le Planning familial et qui a dû faire pleurer les anges du ciel, à un auditoire parmi lequel beaucoup étaient venus de loin pour entendre la position de l'Eglise sur ces questions, ainsi que le prescrit explicitement notre constitution, est à mon avis quelque chose de profondément triste et même scandaleux. »


Et d'espérer que les Actes de ce congrès ne seront jamais publiés, car ils ne sauraient faire autre chose que de promouvoir  « l'exact contraire » le l'enseignement de l'Eglise au nom de l'APV.

« Je ne suis pas seul à avoir ce sentiment de profonde indignation à propos de la conférence publique et certaines communications officielles de l'APV, et puis comprendre les membres (la plupart desquels ne l'ont jamais critiquée et s'expriment en général avec douceur) qui m'ont dit que la seule option qui reste au bureau directorial de l'APV après cette conférence publique est de démissionner. »


Le Pr Seifert invite alors les organisateurs de la conférence à exprimer des regrets écrits aux participants et à tous les membres de l'APV « qui ont dû avoir honte de tout cela et dont l'image sera ternie du fait que cette conférence puisse être attribuée à l'APV ».

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14 mars, 2012

Israël : deux “mères biologiques” pour un seul enfant

La presse israélienne citée par LifeSite rapporte la décision d'une cour de l'Etat hébreu accordant un statut de mère biologique à deux lesbiennes qui ont participé à la mise au monde d'un enfant conçu en 2006 à partir d'une fécondation in vitro avec le sperme d'un donneur. L'une avait « contribué » un ovule, l'autre avait porté l'enfant.

Lors de l'inscription à l'état civil les autorités n'avaient retenu comme mère de l'enfant que celle qui lui avait donné naissance, exigeant que l'autre femme l'adopte pour obtenir des droits parentaux. La couple avait alors assigné l'Etat d'Israël en justice, s'affirmant victime de discrimination sexuelle au motif qu'une demande similaire émanant du donneur de sperme pour faire reconnaître sa paternité aurait probablement abouti.

Emue ou non par cet argument, la cour a en tout cas décidé que les deux femmes devaient pouvoir jouir du statut de mère vis-à-vis de l'enfant.

Qu'aurait dit Salomon ?

Désormais les repères sont totalement brouillés par l'acceptation de  pratiques qui vont contre la loi naturelle et contre l'intérêt de l'enfant : l'exclusion du père biologique, le recours à une fécondation artificielle, puis le choix délibéré d'implanter l'embryon obtenu chez une femme qui n'a aucun lien de sang – ou d'ADN – avec lui, mais qui se trouve seulement être la concubine de sa mère génétique…

Heureusement cette affaire ne devrait pas faire jurisprudence dans la mesure où l'an dernier, le ministère de la Santé en Israël a mis fin à la tolérance qui permettait aux couples homosexuelles d'avoir recours aux techniques de procréation assistée de ce type.

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01 mars, 2012

Colère à Rome : L'assemblée de l'Académie pontificale pour la vie marquée par des conférences “amorales”



Si Benoît XVI a clairement rappelé, samedi matin, la doctrine catholique à propos de la fécondation artificielle dans son discours à l’Académie pontificale pour la vie (APV) qui tenait sa 18e assemblée annuelle à Rome la semaine dernière, il n’en a pas été ainsi pour les conférenciers choisis pour évoquer ce sujet, à la grande colère de bon nombre de membres de cette institution. Le thème de cette année était l’infertilité : il apparaît qu’une majorité des intervenants a présenté la fécondation in vitro et même la fécondation directe de l’ovule par injection d’un spermatozoïde comme constituant une solution viable pour les couples infertiles.

C’est ce que rapporte Kathleen Gilbert, de LifeSiteNews.com, qui était à Rome et à qui j’emprunte les présentes informations, qui m’ont été confirmées in vivo par l’un des membres fondateurs de l’APV, mercredi à Paris.

Curieusement, vu le contexte – une série de conférences organisée par l’Académie fondée par Jean-Paul II en vue de promouvoir le respect de la vie et « plus spécialement la bioéthique en ce qui regarde la moralité chrétienne » – le dossier de presse de l’événement avait posé le cadre : l’Assemblée n’allait pas « s’occuper des considérations éthiques relatives à la fécondation artificielle » car c’est « un autre sujet ». Citations tirées d’une interview de celui qui a remplacé Mgr Rino Fisichella à la tête de l’APV, Mgr Ignacio Carrasco de Paula…

L’approche se voulait « rigoureusement médicale et scientifique », ajoutait le prélat, avec l’objectif de faire connaître des moyens insuffisamment connus permettant de venir en aide aux couples infertiles.

Evacué, donc, le regard chrétien sur la procréation artificielle : évacué le nécessaire dialogue entre « foi et raison » dont Benoît XVI allait rappeler l’importance cruciale le lendemain précisément en ce qui concerne la bioéthique. Le Pape a précisément rejeté l’approche techniciste de la question. Il suffit de rappeler ses premiers mots pour aborder le sujet : « Le thème choisi par vous cette année, “diagnostic et thérapie de l’infertilité”, outre qu’il a une grande importance humaine et sociale, possède une particulière valeur scientifique et exprime la possibilité concrète d’un dialogue fécond entre la dimension éthique et la recherche biomédicale. »

Foin de tout cela ! Vendredi matin, au moins trois sur les quatre intervenants ont explicitement évoqué la FIV comme une manière appropriée de traiter certaines femmes souffrant d’infertilité, selon des témoins cités par Kathleen Gilbert. Et même si les modérateurs de l’Assemblée ont pris soin de prendre des distances au nom de l’APV par rapport à ces prises de position, cela n’a pas calmé la colère de bien des participants qui parlaient de « désastre », d’un « exemple type de science amorale » et même de « tragédie ».

L’après-midi, Eberhard Nieschlag du Centre de médecine reproductive et d’andrologie à l’Université de Münster a évoqué l’insémination artificielle : « on peut l’essayer en cas de manque de sperme » ; il a également montré une vidéo de la fécondation d’un ovule par l’injection d’un spermatozoïde en expliquant que la procédure n’était « pas vraiment artificielle ». Interpellé, il a précisé que la fécondation n’était pas artificielle, mais seulement la manière de rapprocher le spermatozoïde et l’œuf : « Je crois que c’est surtout un problème sémantique. »

C’est ça : cela s’appelle la « Novlangue »…

L’assistance, de plus en plus indignée, à commencé à gronder, et même, pour certains, à taper sur les fauteuils… Sur quoi la modératrice, le Pr Angélique Goverde, a observé que le public n’était pas d’accord, mais qu’elle se refusait à entrer dans un débat « théorique ou philosophique ou religieux ».

Une autre controverse est née lorsque des orateurs ont soutenu, comme l’industrie de la contraception hormonale, que la pilule protège du cancer des ovaires, sans rappeler qu’elle est aussi liée au cancer du sein dont le nom explose littéralement.

On pensait que le changement à la tête de l’APV, avec le départ de Mgr Fisichella, avait mis fin aux dérives de cette institution. Certes, Mgr Ignacio Carrasco de Paula a protesté de manière vive en 2010 lorsqu’un pionnier de la fécondation in vitro a reçu le prix Nobel pour sa recherche. Mais il a pris la responsabilité d’une réunion censée promouvoir à la fois la bonne science et la bonne éthique.

Celles-ci n’auront pas été absentes de la journée grâce à des présentations sur de nouvelles découvertes et procédures pour aider plus efficacement les couples infertiles que par la FIV. Mais qu’une bonne part des membres de l’APV – des scientifiques, des médecins, des chercheurs, des personnes soucieuses de promouvoir la morale familiale catholique dans de très nombreux pays du monde – en sorte indignés, c’est franchement mauvais signe.



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25 février, 2012

Exclusif : traduction française du discours de Benoît XVI à l'Académie pontificale pour la vie, 25 février 2012

Le Pape rappelle que la procréation artificielle n'est pas digne de l'homme.

Benoît XVI s'adressait tout à l'heure aux participants à l'assemblée annuelle de l'Académie pontificale pour la vie, dont le thème était : Diagnostic et thérapie de l'infertilité. Je vous propose ici en avant-première ma traduction de ce texte autant philosophique et spirituel que moral, et qui tombe à pic en France alors que l'on célèbre médiatiquement, avec une unanimité que rien ne vient troubler dans la presse « convenable », les 30 ans de la naissance du premier « bébé-éprouvette » français, Amandine, « obtention » du Pr René Frydman. Invité partout, celui-ci raconte son émerveillement devant la naissance de cet être humain « fabriqué » par lui dans un tube en verre – non sans lâcher que deux grossesses démarrées par lui de la même manière « n'avaient pu être menées à terme » (mais pourquoi ?, comment ?).

Benoît XVI rappelle rapidement le principe qu'il avait clairement exposé – en tant que cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – dans Donum vitae : c'est l'acte conjugal qui est le « lieu » de la fécondation et de la procréation. Et il s'attarde surtout de manière plus générale et plus profonde sur la responsabilité des scientifiques qui se doivent de respecter le Vrai et le Bien en acceptant le « dialogue avec la foi ».

Voici l'essentiel de ce texte.
Le thème choisi par vous cette année, « diagnostic et thérapie de l’infertilité », outre qu’il a une grande importance humaine et sociale, possède une particulière valeur scientifique et exprime la possibilité concrète d’un dialogue fécond entre la dimension éthique et la recherche biomédicale. Face au problème de l’infertilité des couples, vous avez en effet choisi de rappeler et de prendre en compte avec attention la dimension morale, cherchant les voies d’une évaluation diagnostique correcte et d’une thérapie qui puisse corriger la cause de l’infertilité. Cette approche est motivée par le désir non seulement de donner un enfant au couple, mais de rendre aux époux leur fertilité et toute la dignité d’être responsables de leurs propres choix procréatifs, pour être collaborateurs de Dieu par la génération d’un nouvel être humain. La recherche d’un diagnostic et d’une thérapie représente l’approche scientifiquement la plus correcte des problèmes de l’infertilité, et aussi celle qui est la plus respectueuse de l’humanité intégrale des sujets concernés. En effet, l’union de l’homme et de la femme cette communauté de vie et d’amour qu’est le mariage constitue le seul « lieu » digne pour appeler à l’existence un nouvel être humain, qui est toujours un don. 
 C’est mon souhait, par conséquent, d’encourager l’honnêteté intellectuelle de votre travail, expression d’une science qui maintient en éveil son esprit de recherche de la vérité, au service du bien authentique de l’homme, et qui évite le risque d’être une pratique simplement utilitariste. La dignité humaine et chrétienne de la procréation, en effet, ne consiste pas en un « produit » mais en son lien avec l’acte conjugal, expression de l’amour des conjoints, de leur union non seulement biologique mais aussi spirituelle. 
 L’instruction Donum vitae nous rappelle, à ce propos, que « par sa structure intime, l’acte conjugal, unissant les époux par un  lien très profond, les rend aptes à la génération de nouvelles vies, selon les lois inscrites dans l’être même de l’homme et de la femme » (n°126). Les désirs légitimes de procréer du couple qui se trouve dans une situation d’infertilité doivent donc trouver, avec l’aide de la science, une réponse qui respecte pleinement leur dignité de personnes et d’époux. L’humilité et la précision avec laquelle vous approfondissez cette problématique, considérée par certains de vos collègues comme désuète par rapport à la fascination de la technologie de la fécondation artificielle, méritent encouragements et soutien. A l’occasion du dixième anniversaire de l’encyclique Fides et Ratio, je rappelais comment « le gain facile ou, pire encore, l’arrogance de vouloir se substituer au Créateur jouent, parfois, un rôle déterminant. C’est là une forme d’hybris de la raison, qui peut revêtir des caractéristiques dangereuses pour l’humanité elle-même » (Discours aux participants du congrès international de l’université pontificale du Latran, 18 octobre 2008). En effet, le scientisme et la logique du profit semblent aujourd’hui dominer le champ de l’infertilité et de la procréation humaine, ce conduisant même à limiter bien d’autres aires de recherche. 
 L’Eglise prête une grande attention aux souffrances des couples infertiles, elle s’en préoccupe et, précisément à cause de cela, encourage la recherche médicale. La science n’est pas à l’heure actuelle en mesure de répondre aux désirs de tant de couples… J’aimerais donc rappeler aux époux qui vivent une situation d’infertilité, que ce n’est pas pour autant que leur vocation matrimoniale est frustrée. Les époux, par leur vocation baptismale et matrimoniale, sont toujours appelés à coopérer avec Dieu dans la création d’une humanité nouvelle. La vocation à l’amour est en effet une vocation au don de soi et c’est là une possibilité qu’aucune condition organique ne peut empêcher. Là, donc, où la science ne trouve pas de réponse, la réponse qui donne la lumière vient du Christ. 
 Je voudrais vous encourager tous, vous qui vous êtes réunis pour ces journées d’étude et qui parfois travaillez dans un contexte médico-scientifique où la dimension de la vérité est occultée : continuez sur ce chemin où vous vous êtes engagés, d’une science intellectuellement honnête et habitée par la recherche continuelle du bien de l’homme. Dans votre parcours intellectuel, ne laissez pas de côté le dialogue avec la foi. Je vous répète cet appel expresse et pressant de l’encyclique Deus caritas est : « Pour pouvoir agir de manière droite, la raison doit constamment être purifiée, car son aveuglement éthique, découlant de la tentation de l’intérêt et du pouvoir qui l’éblouissent, est un danger qu’on ne peut jamais totalement éliminer. (…) La foi permet à la raison de mieux accomplir sa tâche et de mieux voir ce qui lui est propre » (n° 28). D’ailleurs la matrice culturelle elle-même créée par le christianisme – qui s’enracine dans l’affirmation de l’existence de la Vérité et de l’intelligibilité du réel à la lumière de la Vérité Suprême – a rendu possible dans l’Europe du Moyen-Age le développement du savoir scientifique moderne, un savoir qui dans les cultures précédentes n’existait qu’en germe. 
 Eminents scientifiques, vous tous membres de l’Académie soucieux de promouvoir la vie et la dignité de la personne humaine, ayez toujours présent à l’esprit le rôle que vous jouez dans la société et l’influence que vous avez sur la formation de l’opinion publique. Mon prédécesseur, le bienheureux Jean-Paul II rappelait que les scientifiques, « précisément parce qu’ils savent davantage, sont appelés à servir davantage » (Discours à l’Académie pontificale des sciences, 11 novembre 2002). Les gens ont confiance en vous, pensant que vous servez la vérité, ils ont confiance en votre engagement de soutenir celui qui a besoin de réconfort et d’espérance. Ne cédez plus à la tentation de vous occuper du bien de la personne en le réduisant à un simple problème technique ! L’indifférence de la conscience par rapport au vrai et au bien constitue une dangereuse menace pour un authentique progrès scientifique. 
 J’aimerais conclure en renouvelant le souhait formulé par le Concile Vatican II en s’adressant aux penseurs et aux scientifiques : « Heureux sont ceux qui, possédant la vérité, continuent de chercher, pour la renouveler, pour l’approfondir, pour la donner aux autres » (Message aux hommes de la pensée et de la science, 8 décembre 1965).
Benoît XVI, 25 février 2012

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© leblogdejeannesmits pour la traduction.

21 janvier, 2012

C'est la grossesse qui n'est pas “éthique” !

Anna Smajdor au premier plan
Source photo : progress.org.uk
Les fonds publics devraient servir à la recherche sur l'ectogenèse – la gestation en utérus artificiel – pour mettre fin à la réalité « barbare » de la grossesse et de l'accouchement. C'est ce que propose une « bioéthicienne » britannique reconnue, Anna Smajdor, pour qui c'est là la seule façon de mettre un terme aux inégalités entre hommes et femmes.

C'est l'idéologie du genre poussée à son paroxysme – mais en même temps il ne s'agit pas d'une proposition considérée comme aberrante ou extrémiste puisqu'elle s'exprime dans une revue universitaire de premier plan, le Cambridge Quarterly of Healthcare Ethics, et qu'elle émane d'un professeur d'éthique à l'université d'East Anglia.

Anna Smajdor soutient que la grossesse et l'accouchement sont si douloureux, si risqués et imposent tant de limites aux femmes sur le plan social qu'aucune société libérale ne devrait les tolérer.

Aujourd'hui l'utérus artificiel est de l'ordre de la science-fiction, affirme Anne Smajdor, mais il n'est pas impossible de le réaliser. Et il le faut, estime-t-elle :
« Le changement des structures financières et sociales peuvent bien améliorer les choses à la marge, mais il faut trouver une meilleure solution. Soit nous considérons les femmes comme des porteuses de bébés qui doivent subordonner leurs autres intérêts au bien de leurs enfants, ou bien nous devons admettre que nos valeurs sociales et notre niveau d'expertise médicale ne sont désormais plus compatibles avec la reproduction “naturelle”. »
Pour Anna Smajdor, la grossesse est un processus « barbare », rapporte l'excellent site australien BioEdge à qui j'emprunte cette information : une maladie comparable à la rougeole, fatale à l'occasion, mais qui ne dure pas neuf mois…

La chercheuse a bénéficié du soutien financier de la Wellcome Trust (la deuxième fondation mondiale pour la recherche médicale après celle de Bill et Melinda Gates) pour sa thèse de doctorat et pour co-réaliser un court-métrage sur la fécondation in vitro sur une femme scientifique qui, cherchant à échapper aux restrictions légales imposées à la recherche, en fécondant un de ses ovules à partir de sperme fabriqué avec sa propre moelle osseuse.

Le Dr Jean-Pierre Dickès a décidément raison d'annoncer que le véritable objectif de la procréation artificielle est de permettre de créer L'homme artificiel

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30 décembre, 2011

L'avortement sélectif à la hausse au Royaume-Uni

On connaissait la tendance, la voici confirmée par des chiffres officiels : en Grande-Bretagne, le nombre de femmes ayant choisi d'avorter un ou plusieurs de leurs enfants à naître lors d'une grossesse multiple, pour donner naissance à un ou plusieurs survivants, est en forte hausse. Elles étaient 59 en 2006, 85 en 2010 – année au cours de laquelle 101 enfants à naître ont été avortés de cette manière puisque certaines femmes ont fait supprimer deux ou plusieurs fœtus.

Selon les experts britanniques cela est dû à l'augmentation des fécondations in vitro (FIV) au cours de ces dernières années : pour augmenter les chances de réussite de cette procédure pour le moins aléatoire, il est habituel d'implanter plusieurs embryons. C'est pour éviter ensuite les risques liés aux grossesses multiples que certaines femmes choisissent la « réduction sélective ». Selon des chiffres publiés par la Human Fertilisation and Embryology Authority, près du tiers de ces avortements « partiels » pratiqués en 2009 étaient liés à un traitement de la fertilité. Pour le Pr Richard Fleming cette réalité ne fait pas de doute : le directeur scientifique du Glasgow Centre for Reproductive Medicine assure qu'il y a un lien entre la procréation assistée : « Les grossesses multiples les plus compliquées se présentent presque exclusivement dans le domaine de la FIV. C'est une décision horrible à prendre, mais elle est très raisonnable. »

Le nombre de femmes choisissant la « réduction sélective » lors d'une grossesse gémellaire a fortement augmenté, passant de 30 en 2006 à 51 en 2010 ; en 2010, 20 interventions ont supprimé un fœtus sur trois portés et 9 ont supprimé deux fœtus sur trois. On compte également un « réduction » de quatre à deux, et une de 5 à 2 fœtus.

Evidemment, les autorités sanitaires ont souligné le caractère risqué des grossesses multiples, et pour la mère et pour l'enfant, et soulignent que trois quarts des réductions ont été faites pour « raisons médicales ». Et de donner la liste des graves affections qui touchent davantage les enfants fruits de grossesses multiples… Comme si la mort n'était pas la plus grave affection de toutes. Et comme si l'on ne jouait pas avec le feu en implantant de multiples embryons lors de FIV en prenant le risque de devoir soit en tuer une partie, soit de les exposer avec leur mère à des dangers tout aussi multiples.

On « craint » maintenant de voir apparaître un nouveau débat éthique sur le bien-fondé de l'avortement d'un fœtus potentiellement en bonne santé pendant qu'un ou plusieurs de ses frères ou sœurs sont laissés en vie. D'autant que plusieurs femmes ayant eu recours à l'avortement sélectif ont simplement indiqué qu'elles ne se sentaient pas d'attaque pour s'occuper de plusieurs bébés à la fois…

On envisage maintenant d'encadrer davantage la FIV pour éviter les implantations multiples qui aboutissent à faire supprimer des bébés qu'on s'est donné tant de mal à concevoir, à un prix exorbitant. Et au bout du compte, ce seront peut-être les raisons financières et une rationalisation financière qui imposeront d'éviter ces situations.

Qui révèlent, avant tout, que le respect de la vie est malmené de la même manière et dans une même logique dans l'avortement et dans la procréation artificielle.


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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...