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24 avril, 2013

Questions éthiques autour des iPS

John Gurdon
Un chercheur de tout premier plan dans le domaine des cellules souches induites (iPS, induced pluripotent stem cells), John Gurdon, a affirmé lors d'un entretien avec Hilary White, journaliste à LifeSite, que ces cellules sont « probablement » déjà des embryons, affirmation confortée par le fait que certaines d'entre elles ont déjà pu se développer pour donner des « animaux complets » lors d'expériences réussies.

Il s'exprimait en marge d'une conférence sur les cellules souches organisée la semaine dernière avec le concours du Vatican, à laquelle il avait souligné que « l'on peut en fait obtenir un un animal adulte, totalement normal et capable de se reproduire à partir d'une cellule de peau, sans utiliser un œuf ».

Lui-même pionnier du clonage par transfert nucléaire, John Gurdon a reçu le prix Nobel de médecine en 2012 conjointement avec Shinya Yamanaka qui a développé la technique de « rajeunissement » des cellules somatiques vers le stade des iPS. Technique qui allait, nous a-t-on beaucoup répété, permettre d'avoir un accès « éthique » aux cellules souches sans avoir besoin de détruire des embryons.

A la différence des cellules souches adultes qui se trouvent dans chaque corps, et qui sont des cellules « pluripotentes » pouvant produire divers types de tissus ou d'organes selon leur provenance, les iPS reprogrammées deviennent pluripotentes, mais aussi pour certaines d'entre elles « totipotentes », c'est-à-dire capables de donner un organisme complet en devenant spontanément des embryons. Yamanaka avait lui-même signalé ce fait dans ses articles scientifiques.

Dr Gurdon, à la question de savoir quelle différence il y a entre une cellule reprogrammée vers un état de pluripotence et un embryon à son premier stade unicellulaire, a répondu : « Probablement aucune. Mais c'est toujours difficile à prouver. »

Voilà un ensemble de faits qui fait surgir des questions quant au caractère éthique des iPS.

LifeSite cite encore le Dr Dianne Irving, biochimiste américaine qui a travaillé auprès des National Institutes of Health : interrogée sur les iPS, elle a déclaré que « certaines d'entre elle sont potentiellement des embryons », ainsi que l'avait noté Yamanaka en signalant que certaines iPS ont des réactions positives aux antigènes embryonnaires, et non aux antigènes pluripotents.

« C'étaient des embryons », affirme le Dr Irving. « Dans le cadre de cet essai certaines cellules iPS sont déjà des embryons. La plupart n'en sont pas, mais ont le potentiel de remonter à ce stade. »

Elle précise que cela se produit lors de certaines procédures utilisées pour créer des cellules iPS : « elles ramènent l'ADN trop loin en arrière, et aboutissent à un nouvel embryon unicellulaire à part entière, ou à une cellule totipotente – plutôt qu'à une cellule pluripotente – comme celles que l'on trouve dans un embryon de huit cellules, qui a déjà la capacité de remonter à un nouvel embryon.

Cela peut se produire selon le processus de la régulation, qui fait naturellement partie des systèmes génétiques de l'embryon, et qui réagit automatiquement aux modifications dans une cellule embryonnaire en vue de corriger un dommage génétique pour ré-aiguiller son développement en vue de produire un embryon complet avec ses 46 chromosomes normaux. Ce processus peut également fait remonter l'ADN vers une cellule totipotente distincte pourvu des moyens nécessaires pour fonctionner en tant qu'embryon plutôt qu'en simple cellule. Ce processus, dans la nature, permet l'apparition de jumeaux monozygotes.

Ethiques, les iPS ? La question mérite d'être posée, et la réponse semble devoir être : pas dans tous les cas, et pas à n'importe quel prix. Pour Dianne Irving, il s'agit d'être vigilant dans la mesure où la technique permet à n'importe quelle cellule somatique d'être utilisée à des fins de reproduction. Si l'on veut les utiliser de manière respectueuse de la vie, il faut bien déterminer quel type de cellule va être créée et utilisée, et quelles méthodes sont utilisées pour l'obtenir.

D'autant que certains tests de « pleine pluripotence » des iPS ont recours à des cellules embryonnaires et fœtales : dans le cas des cellules embryonnaires, ces tests entraînent la destruction de deux embryons, explique Dianne Irving.

Aucun de ces inconvénients éthiques ne se rencontre lors de l'utilisation – souvent réussie déjà sur le plan thérapeutique – de cellules souches adultes.

Voilà des questions qui sont posées sur ce blog depuis l'annonce de la découverte de Yamanaka, et que vous trouverez ici.

Au cours de sa conférence, le Dr Gurdon a également brièvement abordé le thème du clonage humain. Il a expliqué que celui-ci n'a jamais abouti selon la technique du transfert nucléaire, mais personne ne sait pourquoi. Lui-même a expérimenté avec succès le clonage des grenouilles, et en théorie la technique devrait être la même pour les êtres humains, d'autant que la procédure – qui consiste à vider le noyau d'un œuf et à le remplacer par un noyau avec un jeu de gènes complet – fonctionne bien pour d'autres mammifères, y compris les singes.

Implanter le noyau dans le cytoplasme de l'ovule sans aucun matériel génétique de la mère ne marche pas. Il faut une participation des chromosomes de l'œuf, sans quoi l'embryon meurt. « Telle est l'issue, invariablement », précise le Dr Gurdon.

Le clonage par transfert chez les humains requiert la présence du noyau de l'ovule ainsi que le deuxième noyau provenant d'une autre cellule : « Alors l'embryon est capable de se développer », explique-t-il. « Cela veut dire est qu'avec la race particulière des humains, il faut des chromosomes de l'œuf ainsi qu'un noyau provenant d'une cellule somatique pour obtenir un développement normal. »

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© leblogdejeannesmits



13 décembre, 2012

Faire des bébés sans père et sans mère avec les cellules souches induites

Une conférence scientifique internationale sur la sauvegarde de la fertilité des malades du cancer se tiendra en février prochain à Hong Kong, relève Michael Cook de BioEdge, avec pour objectif l'enseignement d'une technique permettant de créer des embryons à partir de cellules souches dites iPS (cellules souches totipotentes induites à partir de cellules adultes).

Il s'agit d'apprendre aux praticiens à obtenir la « néo-création » (sic) d'ovules et de spermatozoïdes en partant de la technique déjà utilisée sur des souris (j'avais commenté cela ici en décembre 2010). « Voilà la solution d'avenir pour les cas d'infertilité les plus compliqués, qui permettra de faire du sperme et des œufs à partir de cellules somatiques. Chez les souris, des portées normales ont pu naître grâce à cette approche. »

Michael Cook explique que la détermination de la paternité et de la maternité des embryons qui pourraient un jour résulter de cette technique sera un « casse-tête juridique ». Les spermatozoïdes pourraient être génétiquement liés à une personne qui pourrait aussi bien être un homme qu'une femme et les ovules créées à partir des cellules adultes d'une personne qui pourrait être une femme ou un homme. Mieux : on pourrait utiliser le sperme et les ovules obtenus d'une même personne pour créer un embryon.

Cette perspective passionne Evelyn Telfer, chercheuse en développement ovarien à Edinburgh, qui en prévoyait la possibilité dans une interview au New Scientist en expliquant : « Si vous preniez les cellules souches sur le même individu pour pourriez éviter la reproduction par voie sexuelle. »

A l'époque ou la découverte « éthique » du Pr Yamanaka, pionnier de la reprogrammation cellulaire et récent lauréat du prix Nobel pour ses travaux, la question de la sûreté des cellules iPS, qui à l'instar des cellules souches embryonnaires provoquent des rejets immunitaires, ainsi que de leur utilisation éventuelle pour obtenir les cellules de la reproduction humaine avaient été soulevées par le scientifique lui-même (voir ici sur ce blog). Dans le même message, je faisais écho aux inquiétudes d'un spécialiste canadien de l'éthique médicale, le Dr John Shea, qui précisait alors qu’on avait obtenu des cellules souches similaires au blastomère : « L’ennui avec le blastomère, si c’est cela qu’ils ont obtenu, c’est qu’il peut former un jumeau qui devient lui-même un embryon. »

Jusqu'ici il n'a pas été fait état de tels développements.

En revanche l'utilisation des iPS pour court-circuiter la reproduction humaine normale semble être en passe de devenir une réalité qui jette pour le moins une ombre sur la technique.

A la différence des cellules souches embryonnaires ou des iPS, les cellules souches adultes, pluripotentes (c'est-à-dire capables de donner seulement certains types de tissus ou d'organes selon leur provenance) restent les seules à éviter totalement les écueils éthiques et présentent déjà de nombreuses applications thérapeutiques réussies ou prometteuses.

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15 mai, 2011

Cellules IPS : pas si sûres que cela ?

BioEdge note un problème survenu avec des essais sur des cellules pluripotentes induites (obtenues à partir de cellules humaines adultes que l'on fait retourner à l'état de cellules souches), dites IPS : une équipe de l'Université de Californie, conduite par Yang Xu, a montré que les IPS provoquent des réactions immunes lorsqu'on les implante dans des souris, alors même que le code génétique de la souris et des IPS était identique.

Dans certains cas, toutes les IPS injectées avaient été détruites par le système immunitaire de la souris.

Ce problème sera résolu, rétorque George Daley, de Harvard, puisqu'il devrait disparaître avec l'introduction d'IPS déjà différenciées.

 Qu'il s'agisse de Daley ou de Yang Xu, cependant, on s'accorde pour dire que la recherche devrait s'effectuer sur des cellules souches embryonnaires.

Cela pose indirectement la question de savoir si les IPS sont capables de « régresser » jusqu'à devenir une cellule embryonnaire totipotente à part entière.

Saluées comme l'alternative à l'utilisation de cellules souches embryonnaires, les IPS semblent pouvoir rencontrer elles aussi leurs limites physiques, médicales et éthiques. L'utilisation de cellules souches adultes ne pose aucun de ces problèmes et, de surcroît, donne déjà des résultats thérapeutiques.

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11 décembre, 2010

Enfants de deux papas : souriceaux et souricelles…

Des chercheurs en reproduction animale du Texas ont réussi à obtenir des souris mâles et femelles à partir de « papas » souris, à la grande satisfaction – déjà – de groupes LGBT qui voient poindre la possibilité pour les couples d'hommes homosexuels de « procréer » un jour. Même si ce jour s'annonce lointain, vu l'extrême complexité de la procédure. Mais côté chercheurs, le Meilleur des Mondes est déjà parmi nous…

Les chercheurs ont utilisé les cellules « adultes » d'un fœtus de souris mâle (XY) pour produire une lignée de cellules souches pluripotentes induites (IPS), parmi lesquelles environ 1 % ont perdu le chromosome Y, ne conservant que des chromosomes XO. Ces cellules ont été injectées dans des embryons très précoces de souris, qui ont ensuite été implantés chez des « mères porteuses », donnant naissance à des chimères femelles XO/XX portant un X du fœtus de souris mâle d'origine.

Les ovocytes des chimères femelles étaient donc dérivées des cellules XO. Ces souris femelles ont été accouplées avec des souris mâles normales. Parmi les rejetons, certains – mâles et femelles – comportaient du matériel génétique de deux pères.

Le recours à une mère porteuse demeure indispensable. Et la réversion mâle vers femelle marquée par la perte du Y est une anomalie qui existe chez l'être humain, donnant lieu à des bébés filles parfois viables mais affectées de la maladie de Turner qui se manifeste notamment par l'infertilité, un problème qu'on ne rencontre pas systématiquement chez la souris dans cette situation.

Les chercheurs texans soulignent que le processus des cellules souches induites pourrait être utilisé pour obtenir n'importe quel gamète, ovocytes depuis les cellules d'un mâle ou spermatozoïdes à partir d'une femelle

BioEdge souligne que cette expérience – hallucinante à mon avis ! – montre qu'il existe une utilisation « controversée » des IPS.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...