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14 décembre, 2014

GPA : l’Espagne aussi retouche son droit civil !

Le ministre de la justice qui a remplacé
Ruiz Gallardon après le refus du
gouvernement de limiter l'avortement.
Le ministre espagnol de la justice, Rafael Catalá, a annoncé vendredi que le Partido Popular (PP), actuellement au gouvernement, présentera bientôt plusieurs modifications relatives aux registres civils parmi lesquelles un droit d’inscription à l’état civil des naissances faisant suite à une « gestation de substitution ». C’est donc le même mouvement, et quasiment au même moment, que celui déclenché en France par la reconnaissance de la nationalité française aux enfants nés de père français par GPA, ou « gestation pour autrui », dans un pays étranger.
Rafael Catalá a précisé que ce changement répond à une exigence de la Cour européenne des droits de l’homme qui affirme le droit des enfants nés par mère porteuse à un état civil.
Le plus paradoxal, c’est que la réforme de l’état civil renforce en même temps les prises de mesures médicales et biométriques pour assurer la filiation maternelle et mettre fin au risque des « bébés volés ».
Les socialistes sont opposés aux autres changements apportés à la loi sur les registres civils – comme l’inscription qui serait désormais faite par les centres sanitaires « obligées » de déclarer les naissances – mais ils ont applaudi à l’annonce concernant les enfants nés par GPA.
Aujourd’hui en Espagne la gestation pour autrui n’est pas légale, puisque tout contrat portant sur une renonciation de filiation maternelle en faveur du cocontractant ou d’un tiers est nul de plein droit (loi du 26 mai 2006). Mais une instruction du 5 octobre 2010 de la direction générale des registres et du notariat, permettait l’inscription au registre civil des enfants nés par GPA dans un pays ou celle-ci est légal, si l’un des parents est espagnol et qu’il existe un cadre juridique qui garantisse les droits de la mère porteuse – dont le nom ne figurera pas sur les registres espagnols.
C’est à peu près la même logique que celle de la circulaire Taubira en France.
Au début de cette année, le Tribunal suprême espagnol avait annulé cette instruction, la laissant sans effet.
Voilà qui va de nouveau être renversé, sous la pression de la CEDH et avec la complicité du Partido Popular, donnant un peu plus de poids aux demandes de légalisation de la GPA elle-même.
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11 novembre, 2014

Irlande : la Cour suprême refuse d’inscrire une mère génétique à l’état civil à la suite d’une GPA

La Cour suprême irlandaise a décidé que la mère génétique de jumeaux nés d’une mère porteuse – sa sœur en l’occurrence – qui a accueilli les embryons résultant de la fécondation des ovules de cette femme avec le sperme de son mari. Bien que la remise des jumeaux à la mère génétique ait été programmée dès avant la naissance, l’officier d’état civil a refusé d’amender le certificat de naissance en y faisant figurer à la fois la mère génétique et la mère porteuse, alors que celle-ci était d’accord.
Une première juridiction a estimé que la mère génétique avait le droit de figurer sur l’acte de naissance comme mère légale des enfants, en se fondant sur le lien biologique entre eux et en tenant compte de l’intention des parties.
C’est le gouvernement irlandais qui a contesté ce jugement au motif que la mère qui accouche est en droit considérée comme la mère légale, hormis le cas d’adoption. Il ne s’agit pas d’un refus absolu : le représentant du gouvernement, Michael McDowell a souligné que ces questions de maternité de substitution et de lien de parenté sont de la compétence du Parlement : l’Oreichtas pourrait se trouver embarrassé s’il devait légiférer dans le contexte d’une jurisprudence déjà établie.
Preuve qu’on se trouve là devant une boîte de Pandore bien ouverte, McDowell a également souligné que la reconnaissance de la mère génétique comme mère légale pourrait entraîner des difficultés pour les femmes qui utilisent des donneuses d’ovules et qui pourraient de ce fait ne pas être reconnues, au bout du compte, comme les mères de leurs propres enfants.
Une telle déclaration ne se comprend que dans la mesure où l’on admet que la paternité et la maternité ne se constatent pas dans la réalité, comme un fait, mais résultent du désir d’enfant, créateur du lien, de l’humanité de l’enfant et du droit à un état civil donné.
La Cour suprême a suivi l’avis du représentant du gouvernement par 6 voix contre 1. « Il n’appartient pas à la Cour de combler cette lacune de la loi », souligne le jugement : « Les questions soulevées sont importantes, complexes et intéressent la société, il s’agit d’affaires de politique publique à fixer par l’Oreichtas. »
C’est au moins un coup d’arrêt au gouvernement des juges. Mais le risque de voir « normaliser » la GPA, ou gestation pour autrui, en Irlande est maintenant bien réel, puisque le ministre de la justice, Frances Fitzgerald, se disant pleine de « sympathie » à l’égard des circonstances humaines de cette affaire, a pris note avec approbation de l’appel à légiférer émis par la Cour suprême. « Je note que la Cour suprême a dit que ce doit être une priorité pour le Gouvernement de légiférer sur la GPA et de donner un cadre aux familles comme celle se trouvant dans la situation actuelle », a-t-elle déclaré, ajoutant que le ministre de la santé irlandais présentera un projet au gouvernement « avant la fin de l’année ».

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12 août, 2014

Les “acheteurs” de Gammy auraient préféré qu’il soit avorté

Le couple d’Australiens accusés d’avoir abandonné Gammy, leur fils trisomique, porté à terme par une
Thaïlandaise dans le cadre d’une « gestation pour autrui », a avoué ce week-end qu’il aurait mieux valu selon lui que l’enfant soit avorté.
David Farnell a déclaré au cours de la première interview publique donnée par le couple au journal australien 60 Minutes : « S’il avait été possible de faire “terminer” l’embryon en toute sécurité, nous l’aurions probablement “terminé”. » Je choisis délibérément le terme anglais, violent mais juste, de « terminer » au lieu d’écrire avorter, même si ce dernier mot est plus exact. Car il s’agit bien d’une fin violente. Non d’une « interruption ».
« Je ne crois pas qu’il y ait de parent qui désire un fils ayant un handicap », a-t-il poursuivi, flanqué de son épouse Wendy. « Les parents veulent que leurs enfants soient heureux et en bonne santé et qu’ils puissent faire tout ce que font les autres enfants. »
Mieux : le couple a révélé qu’ils ont demandé à l’agence de gestation pour autrui opérant à Bangkok de leur faire une ristourne parce que l’un des deux enfants portés s’est révélé atteint de trisomie 21. « Je leur ai dit : “Rendez-nous notre argent. Tout cela est de votre faute. » Le couple accuse l’agence d’avoir mal fait son travail parce que le diagnostic de trisomie 21 n’a été fait qu’à un stade avancé de la grossesse, et ils ont donc été avertis très tard. « Nous étions très désemparés et nous leur avons dit : “C’est de votre faute. Vous devez maintenant assumer au moins une part de la responsabilité. »
David et Wendy Farnell assurent néanmoins qu’ils n’ont jamais fait pression sur la mère porteuse afin qu’elle avorte, et qu’ils n’ont jamais abandonné l’enfant. Ils avaient simplement l’intention de retourner plus tard à Bangkok pour le récupérer, ont-ils affirmé. Ils affirment aussi que la mère porteuse semblait vouloir garder la petite fille, elle en parfaite santé : « Nous avons pris peur, nous avons craint de la perdre. Il fallait que nous partions aussi vite que possible avec elle », raconte désormais le père.
Dans cette opération, la mère porteuse, Pattharamon Janbua, a gagné 12.000 $ pour mener la gestation à terme. Devant s’occuper de Gammy, le petit garçon trisomique, elle a lancé un appel à l’aide international qui lui a déjà rapporté, à elle et son mari, quelque 240.000 $. Elle n’entend plus le lâcher. Dans un contexte de marchandisation des êtres humains provoquée par le recours à la GPA, on serait tenté de croire que la maladie de ce petit garçon a elle aussi une valeur marchande… Comment ne pas devenir cynique devant de telles affaires ?
De son côté, David Farnell a dû répondre au cours de son interview à des questions sur ses condamnations à la fin des années 1990 pour agressions sexuelles sur des mineures et même des fillettes d’à peine 7 ans. Ses pulsions, a-t-il répondu, ont cesse « à 100 % ». « Je ne pourrai pas recommencer. Je ne peux pas. Je sais que je n’ai aucune pulsion de cette nature. J’ai su cela depuis 30 ans. Je n’ai aucune pulsion. » Ah…
Le tollé international autour de l’affaire Gammy a quelque chose de surréaliste. Tout le monde sait que la GPA, c’est de la location de ventre : même Pierre Bergé. 96 % des enfants à naître diagnostiqués porteurs (ou plutôt probables porteurs) de trisomie 21 sont avortés en France ; la proportion est semblable dans d’autres pays dits civilités. La « réduction embryonnaire » – l’élimination d’un bébé malformé ou juste de trop au cours d’une grossesse multiple – est elle aussi monnaie courante. L’existence de contrats relevant de l’esclavage dans le cadre de la GPA est elle aussi connue de tous, ou peut l’être avec un minimum de curiosité.
On sait déjà quelle sera la retombée de cette tragédie pour la France : on réclamera l’encadrement légal de la pratique de la GPA afin que les femmes et les couples n’aillent pas l’organiser à l’étranger dans des conditions épouvantables…

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27 septembre, 2013

Riches Chinoises : le business des mères porteuses américaines

Le site geneticsandsociety.org publie une dépêche de Reuters sur des « libres-échanges » d'un nouveau style : des femmes Chinoises de la Nomenklatura commercialo-communiste ont de plus en plus recours à des jeunes femmes américaines pour leur faire porter des « bébés sur mesure ». L'opération vise à la fois à contourner la politique chinoise de l'enfant unique, à pallier une stérilité ou à obtenir la citoyenneté des Etats-Unis pour les enfants qu'elles y font naître. Prix moyen : 120.000 dollars – environ 90.000 euros.

Screen shot 2013 09 13 at 12.39.18 PM Only children: Spoilt. Lonely. Anti social. Pu lease.C'est aussi une assurance pour l'avenir : une fois âgés de 21 ans, les enfants nés aux Etats-Unis sont en droit de demander une Carte verte – sésame pour l'immigration – pour leurs parents. Même si les frais annexes peuvent faire grimper l'addition jusqu'à 300.000 dollars, c'est toujours moins cher que les 500.000 qu'il faut investir aux Etats-Unis dans une entreprise créant de l'emploi pour obtenir un visa EB-5.

Les contrats sont négociés par le biais d'agences de « gestation pour autrui » et leur nombre est à la hausse, ont indiqué ces entreprises basées de chaque côté du Pacifique, sans fournir de données chiffrées. Une hausse qui s'accélère même depuis ces deux dernières années. Une indication révélatrice : des agences américaines traduisent désormais leurs sites internet en chinois et engagent des employés qui connaissent le mandarin… Certaines d'entre elles envisagent même d'ouvrir des bureaux en Chine.

Histoire de se donner bonne conscience, les agences américaines ont tendance à demander qu'une véritable relation inter-personnelle s'établisse entre leurs clients et leurs mères porteuses. Mais avec les couples chinois, cela s'avère difficile, et source de « tensions culturelles » comme le note Reuters. Les clients chinois considèrent la relation comme « strictement commerciale ».

La Chine compte désormais 40 millions de personnes infertiles – soit 12,5 % des personnes en âge d'avoir des enfants, une proportion qui été multipliée par quatre au cours de ces vingt dernières années. C'est là l'une des motivations qui pousse ces personnes vers la recherche d'une « GPA » à l'étranger, la procédure étant illégale en Chine. La Thaïlande, l'Inde et l'Ukraine proposent ces « services » mais les Etats-Unis, quoique plus chères, offrent aussi un meilleur système de santé.

Mais ce n'est pas le seul moteur de cette « industrie ». La politique de l'enfant unique fait risquer aux fonctionnaires la perte de leur emploi s'ils ont un second enfant, tous risquent peines, amendes et autres contraintes ; le faire naître à l'étranger permet dans une certaine mesure d'éviter les tracas puisque les enfants auront une nationalité étrangère et qu'ils passeront par une demande de visa et de permis de séjour au lieu d'avoir à s'inscrire sur le registre domestique qui donne accès à l'assurance maladie et aux écoles d'Etat.

Dans l'ensemble les Chinois cherchent à faire porter leur propre bébé, conçu in vitro grâce aux gamètes du père et de la mère, mais ils sont de plus en plus nombreux à envisager un don d'ovule soigneusement sélectionné. La plupart choisissent une donneuse d'origine ethnique asiatique – et, de préférence, un diplôme délivré par une des plus prestigieuses universités américaines. D'autres préfèrent programmer un enfant eurasien, recherchant des donneuses grandes et blondes.

La procédure de fécondation in vitro leur permet en même temps de commander des garçons – le choix le plus fréquent – ce qui suppose évidemment des destructions d'embryons, renforcées par les sélections génétiques là où les parents veulent éviter de transmettre un défaut héréditaire repérable lors du diagnostic préimplantatoire.



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08 avril, 2013

La loi Taubira n'est qu'une étape…

Deux très intéressantes informations ont paru ces derniers jours sur le blog de Patrice de Plunkett :

• Sur le colloque de l'IRIS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux) qui s'est tenu lundi à Paris : on y découvre à peine voilé l'objectif d'« artificialisation marchande des rapports humains », c'est par ici.

• L'offensive publicitaire des entreprises de biotechnologie (procréation artificielle en tous genres, GPA comprise) sur Paris démarre – un nouveau marché s'ouvre avec la loi Taubira ! C'est par .

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07 mars, 2013

10 000 dollars pour avorter ? Une mère porteuse dit non

Voici une histoire qui montre où peuvent mener la gestation pour autrui, le don de gamètes et l'eugénisme. Elle se termine de manière étonnante…

Tout commence avec un couple du Connecticut désespéré à l'idée de ne pas pouvoir avoir un quatrième enfant après trois fécondations in vitro réussies. Trois petites filles, donc, mais aussi la conscience d'avoir quelque part dans l'« enceinte concentrationnaire » des embryons surgelés « surnuméraires ». Ils cherchaient une mère porteuse, la femme ne pouvant plus mener une grossesse à bien.

La mère porteuse, c'est Crystal Kelley, qui avait déjà deux filles mais aussi deux fausses couches à son actif, et le désir, à cause de ces dernières, d'« aider » un couple en détresse, moyennant finances bien sûr : c'était aussi une entreprise commerciale. Pour 22.000 $, elle était prête à porter deux embryons congelés.

L'un des embryons devait mourir après l'implantation, mais l'autre se développait bien… jusqu'au jour où, lors de l'échographie du 5e mois, on décela un bec-de-lièvre, un kyste au cerveau et une anomalie cardiaque complexe. Elle avait de bonnes chances de survivre après la naissance mais aurait environ 25 % de chances de mener une vie « normale », selon les médecins.

Les parents biologiques tentèrent alors de convaincre Crystal d'avorter, alors que celle-ci disait haut et fort vouloir « donner une chance au bébé » : une petite fille.

On proposa de faire une amniocentèse pour confirmer le diagnostic. Crystal était prête à l'accepter mais pour les parents du bébé, le résultat n'allait de toute façon rien changer : que Crystal avorte – « Qu'elle tente d'être comme Dieu, miséricordieuse pour l'enfant, et qu'elle la laisse partir. »

La jeune mère porteuse refusa : ils l'avaient choisie pour porter et protéger cette enfant, et c'était cela qu'elle entendait faire. Elle leur répondit qu'il ne leur appartenait pas de jouer à être Dieu. Pour autant elle ne voulait pas être la mère de l'enfant : elle portait bien le bébé pour une autre famille, non pour avoir un enfant à elle… Une représentante de Surrogacy International (une agence de mères porteuses), rRita Kron, venait de l'avertir : si elle choisissait de mener la grossesse à terme, les parents biologiques n'accepteraient pas d'être les parents légaux du bébé.

C'est alors que les parents biologiques lui proposèrent 10.000 $ supplémentaires si elle avortait. De quoi tenter cette jeune femme qui s'était toujours dite pro-vie mais qui avait besoin d'argent… D'autant que Rita Kron emmena Crystal déjeuner pour lui expliquer par le menu toutes les difficultés qu'elle rencontrerait avec un enfant handicapé et malade, sans compter le gouffre financier, et combien ses propres enfants allaient en souffrir.

« Dans un moment de faiblesse, raconte Crystal, je lui ai dit que j'avorterais pour 15.000 $. » Elle le regretta aussitôt remontée dans sa voiture… Mais les parents biologiques refusèrent le marché, et Crystal resta décidée à ne choisir l'avortement en aucun cas.

C'est alors que commença une nouvelle pression. Six jours s'étaient écoulés depuis l'échographie : le 22  février 2012, Crystal fut contactée par l'avocat de ses clients qui annonça qu'en refusant d'avorter, elle se rendait coupable d'une violation de ses obligations contractuelles, puisqu'elle s'était engagée à le faire  en cas de « grave anomalie fœtale ». On la menaça de procès pour récupérer les sommes déjà versées plus 8.000 $, sans compter les frais médicaux et légaux.

Crystal obtint alors l'assistance bénévole d'un avocat qui soutint l'impossibilité de la forcer à avorter, quels que soient les termes du contrat. Contre-offensive des parents : qu'elle poursuive la grossesse, ils accepteraient de prendre la responsabilité légale de l'enfant et l'abandonneraient aussitôt, faisant de la fillette une pupille de l'Etat. L'avocat de Crystal lui expliqua que malgré sa répugnance à voir l'enfant abandonné à une famille d'accueil elle devrait accepter cette solution faute de pouvoir obtenir autre chose d'un tribunal.

Mais Crystal choisit une autre option. Avec ses deux filles, enceinte de 6 mois, elle quitta le Connecticut pour l'Etat le plus proche où elle, en donnant le jour à l'enfant, serait considérée comme sa mère, et non les parents biologiques, mais aussi où les soins médicaux seraient les plus à même de venir au secours de l'enfant. Le meilleur service pédiatrique du pays se trouvait justement, d'après ses recherches, à l'université du Michigan. C'est là qu'elle s'installa, profitant d'une sous-location proposée par un étudiant ; MediAid allait lui donner la possibilité d'accéder à un suivi médical pour les grossesses à hauts risques.

Restait à savoir si elle garderait l'enfant alors que, mère célibataire de deux enfants, sans travail et sans domicile permanent, elle n'en avait pas les moyens. Mais elle s'était « attachée émotionnellement » à l'enfant qu'elle portait, et elle n'arrivait pas à se décider. Elle finit néanmoins par trouver un couple désirant adopter le bébé.

C'est alors, à un mois du terme prévu, que les parents biologiques intentèrent une action pour faire reconnaître leurs droits parentaux dans le Connecticut… Et c'est là qu'ils avouèrent que la « mère biologique » n'avait en réalité pas de lien génétique avec l'enfant, puisque les embryons avaient été fabriqués avec des ovules donnés par une femme restée anonyme.

A la naissance de l'enfant, le 25 juin, on ne savait toujours pas comment l'affaire allait être résolue. Trois semaines plus tard, on négocia un accord : le père acceptait d'abandonner ses droits parentaux contre l'assurance de pouvoir obtenir des nouvelles de la santé de l'enfant auprès de la famille adoptante. Depuis, le père biologique a pu rendre visite à la fillette et la tenir dans ses bras.

L'état de santé du bébé s'est révélé bien plus grave que ce que les échographies avaient laissé supposé. Un gros problème cérébral – les deux hémisphères mal séparés – des organes comme le foie et l'estomac mal placés, deux rates, un bec-de-lièvre et des défauts cardiaques importants ont conduit « Baby S » à subir plusieurs opérations et il lui en faudra d'autres. Ses parents adoptifs savent qu'elle mourra peut-être bientôt, et que si elle vit, elle ne marchera ni parlera normalement, mais ils voient en elle, avant tout, un bébé plein de joie de vivre, qui rit avec ses frères et sœurs, joue et se méfie des gens qu'elle ne connaît pas.

Le dernier mot à Crystal Kelley :

« Je ne peux vous dire combien de gens m'ont dit que j'étais mauvaise, que j'avais tort, que j'aurais dû me faire avorter, que je serais damnée en enfer. (…) Mais personne ne ressentait cette grossesse comme moi je le faisais. Personne d'autre ne la sentait bouger et donner des coups de pieds de l'intérieur. Je savais depuis le début que cette petite fille avait un esprit combatif étonnant, et que tous les défis qui lui étaient lancés seraient relevés par elle avec chaque once de courage dont elle dispose. Peu importe ce qu'on m'a dit, je suis devenue sa mère. »

En attendant, on pourrait s'économiser beaucoup d'imbroglios procréatifs en reconnaissant qu'un enfant devrait naître de l'acte d'amour de son père et de sa mère !



Photos : ici.


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30 janvier, 2013

Elton John et son compagnon ont un nouveau bébé…

Elton John, 65 ans, et son « compagnon civil » David Furnish, 50 ans, viennent d'accueillir dans leur foyer un deuxième enfant, Elijah Joseph Daniel Furnish-John, né le 11 janvier d'une mère porteuse californienne. C'est la même jeune femme qui avait donné naissance, il y a deux ans, au premier enfant  « du couple », Zachary. Elton John – pardon, Sir Elton John – a déclaré que David et lui l'aiment « comme une sœur ».

Tout au long de la grossesse, qui a rapporté 23.000 euros à la Californienne, selon les tabloïdes britanniques, la mère porteuse a fait partager l'expérience en restant en contact étroit, en envoyant les images d'échographies, en racontant « tous ces petits détails qui rendent ces neuf mois tellement excitants ».

La mère porteuse n'est pas pour autant la mère biologique. Les deux enfants sont nés grâce aux gamètes d'une même donneuse d'ovules, ils sont donc au moins demi-frères. Mais l'identité de leur père (deux fois le même ? une fois l'un, une fois l'autre ?) n'a pas été rendue publique. Tout ce que l'on sait avec certitude, c'est qu'ils n'ont pas… deux pères.

Sur le certificat de naissance de Zachary, Elton John est identifié comme « le père » et David Furnish comme « la mère ».

Jugez vous-même :


Lors de la naissance de Zachary, fin 2010, Elton John avait déclaré ;

« Cela va lui fendre le cœur de grandir et d'apprendre qu'il n'a pas de maman. »

En mettant le petit Elijah dans la même situation, il pense sans doute avoir réglé le problème de Zachary.


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11 septembre, 2012

France : Christiane Taubira présente le projet de “mariage” homosexuel

Non à l'objection de conscience, prévient le ministre

Tout en annonçant un important « travail de réflexion et d’élaboration du projet de loi » de légalisation du « mariage » des couples homosexuels au cours d’« auditions conduites dans un esprit de grande franchise et de grande écoute », le garde des Sceaux a déjà une religion toute faite sur le sujet. L’égalité, l’égalité et encore l’égalité sera la seule notion déterminante dans ce pseudo-débat et au bout du compte elle fera taire toutes les oppositions, a en substance déclaré Christiane Taubira en présentant les intentions du gouvernement à La Croix :

« Nous sommes bien conscients de toutes les dimensions philosophiques et anthropologiques entourant le mariage. Mais nous estimons qu’elles ne peuvent venir percuter l’exigence d’égalité. C’est à cela, à cette exigence d’égalité, que nous satisfaisons avec ce projet de loi. »

Alors, qu’elle promette ou qu’elle ne promette pas de « discuter » avec les associations favorables ou hostiles au « mariage » gay – qu’elle appelle « le mariage pour tous » –, les « représentants des cultes », etc., le contenu du texte de loi qui sera déposé d’ici à la fin du mois d’octobre avec toute la force d’un projet de loi gouvernemental promis explicitement au cours de la campagne présidentielle, est déjà largement fixé.

Il s’inscrit profondément dans le refus de toute « discrimination » considérée comme un mal en soi, et rejoint un mouvement de fond qui progresse toujours davantage sur le plan international. D’ici à deux semaines, l’Assemblée générale de l’ONU, lors de sa 67e session annuelle, sera invitée à ajouter en droit international « l’orientation sexuelle » et « l’identité de genre » aux catégories contre lesquelles la « discrimination » est interdite, avertit Austin Ruse de l’organisme de veille catholique sur les institutions internationales, C-Fam. C’est cette notion qui est utilisée pour promouvoir le mariage homosexuel, pour imposer l’adoption homosexuelle. N’imaginons pas que l’affaire est marginale et ne concerne que les homosexuels entre eux : outre l’intérêt des enfants – que Mme Taubira prétend avoir pour première préoccupation – il y va des droits de ceux qui refusent ces aberrations pour des motifs éthiques et religieux. En Angleterre, les organismes d’adoption catholiques ont déjà été sommés de choisir entre fermer leurs portes ou fournir leur prestation à des demandeurs homosexuels.

Les prises de position de Mme Taubira laissent entrevoir un même radicalisme. Elle a d’ores et déjà averti, en termes impérieux, que la loi ne prévoirait aucune objection de conscience de la part des maires et officiers publics qui « représentent l’Etat lorsqu’ils célèbrent un mariage ». « Nous sommes dans un Etat de droit, le code civil va être modifié, il s’impose à tous, y compris aux maires », a-t-elle martelé.

Christiane Taubira est consciente de présider à « une révolution sociétale, mais aussi juridique ». En même temps, peut-être pour tenter de faire plus facilement avaler la pilule, elle a annoncé trois limites aux droits des homosexuels « mariés ». Ils ne bénéficieront pas d’une présomption de « parentalité » (la « paternité », ça ne colle plus !), devant passer par la procédure d’adoption pour obtenir des droits parentaux sur l’enfant biologique de leur « époux ». Le projet de loi, en l’état actuel, n’entend pas non plus leur ouvrir l’accès à la procréation médicalement assistée auquel ont droit, dans certaines conditions, les couples « hétérosexuels » : infertilité de l’un ou de l’autre ou existence d’une pathologie grave. Enfin, la légalisation de la « gestation pour autrui » – mères porteuses – n’est pas à l’ordre du jour.

Cependant, par une décision datant de mars 2012 (Valérie Gas contre la France), la Cour européenne des droits de l’homme a fait comprendre qu’à statut égal doivent correspondre des droits égaux. Ainsi entrevoit-on qu’un couple d’homosexuels « marié » satisfaisant à l’une des conditions actuellement en vigueur pour accéder à la procréation médicalement assistée ne pourrait se la voir refusée sous peine de voir le refus condamné par la Cour européenne. On pourrait même aller plus loin, en faisant de l’infertilité de nature des couples homosexuels un motif valable entrant dans le cadre actuel de la loi française. Quant à la « parentalité » présumée, elle existe de plein droit pour les couples mariés : pourra-t-on en exclure longtemps les « époux » gays ?

Pour ce qui est des mères porteuses, la France résiste encore. Mais l’expérience prouve – aux termes d’une enquête menée par le site australien d’informations pro-famille MercatorNet – que la légalisation de l’adoption homosexuelle dans un pays s’accompagne toujours d’un accroissement de la demande de ces services dans des pays plus accommodants avec des femmes suffisamment pauvres pour se laisser exploiter de la sorte.

Mme Taubira a choisi de s’exprimer dans La Croix, c’est tout un symbole. Elle sait que la résistance sera d’abord religieuse même si elle ne se fonde pas sur des exigences confessionnelles. L’éditorial de Dominique Greiner en dit long lui aussi : le journaliste demande à juste titre qu’on sorte du « domaine émotionnel » pour penser d’abord au « bien commun », à la « dimension sociale du mariage » et à la « différence sexuelle », mais il craint déjà que « certains catholiques » ne soient « tentés de faire valoir de manière plus démonstrative leur opposition, quitte à tomber dans la caricature ».

C’est vraiment ça, le danger qui guette la France ?

Cet article a paru dans Présent daté du 12 septembre.

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01 septembre, 2012

France : une proposition de loi pour le mariage homosexuel

Esther Benbassa
Le lundi 27 août dernier a été déposé à la présidence du Sénat une proposition de loi visant à légaliser le mariage homosexuel. Elle porte la signature de tous sénateurs écologistes (EELV), emmenés par Esther Benbassa : Mmes Leila Aïchi, Kalliopi Ango Ela, Aline Archimbaud, Marie-Christine Blandin, Corinne Bouchoux, et MM. Ronan Dantec, Jean Dessessard, André Gattolin, Joël Labbé, Hélèbe Lipietz – celle-ci nommée, curieusement, parmi les messieurs signataires, ça doit faire genre – et Jean-Vincent Placé.

Ce texte sera-t-il le « bon » ? Celui qui sera discuté effectivement ? Ou le gouvernement Hollande lancera-t-il à son tour un projet ? Pour l'heure, la proposition, qui a été selon l'expression consacrée « envoyée à la commission des lois constitutionnelles, de législation, du suffrage universel, du Règlement et d'administration générale, sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement », mérite cependant d'être étudiée attentivement, car son exposé des motifs contient des arguments qui seront repris, c'est certain, au cours de la campagne pour le « mariage » gay qui s'annonce.

Voici les points importants de ce que la proposition entend faire légaliser.
  • Légalisation du mariage des personnes du même sexe par une modification explicite du code civil.
  • Elimination de toute référence au sexe dans les lois régissant le mariage, au profit de termes neutres : époux, beaux-parents etc.
  • Adoption plénière ouverte aux couples de même sexe, s'ils sont mariés, adoption simple par les pacsés ou concubins.
  • Révision des accords bilatéraux d'adoption à l'étranger pour éliminer les refus opposés aux couples homosexuels par certains pays.
  • Ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes, en reconnaissance de la « demande parentale d'un couple de femmes » ajoutée aux conditions exigées pour pouvoir y recourir.
  • Transcription à l'état-civil français des actes de naissance des enfants nés par « gestation pour autrui » (mère porteuse) à l'étranger.
La proposition de loi s'abstient volontairement d'introduire plusieurs changements souhaités par les sénateurs EELV, laissant aux « états généraux sur la famille en vue de la réforme du code civil » le soin de débattre de la notion de « parentalité », et de la présomption de paternité que « plusieurs associations LGBT voudraient voir remplacée par la présomption de parentalité » (pour que l'« époux » du même sexe soit présumé parent de l'enfant). Les mêmes états-généraux seraient l'occasion de faire légaliser la « gestation pour autrui » (et tant pis pour l'exploitation des femmes pauvres que cela suppose : la pire qui soit…).

Pour ce qui est des raisons avancées à l'appui de la proposition dans l'exposé des motifs, elles visent, sans surprise, les sondages dits favorables au « mariage » homosexuel, le principe de non-discrimination (dont il faut rappeler qu'il a été fortement affirmé par la Cour européenne des droits de l'homme disant qu'à partir du moment où les couples homosexuels avaient accès au mariage civil, ils devaient bénéficier de l'entièreté de ses droits), et l'évolution déjà largement entamée des droits des homosexuels avec un pacs qui s'est de plus en plus aligné sur le mariage, le pacs étant présenté comme « un des avatars du mariage ».

Sur le plan de la logique de l'interprétation du droit comme il va, il n'y a me semble-t-il pas grand chose à opposer à cela. Du moins si l'on admet que les intérêts de l'enfant ne sont pas lésés par le fait de grandir auprès d'un couple homosexuel…

Je lis avec intérêt ces paragraphes de l'exposé des motifs.
(1) Certes, le fait de réserver le mariage à des couples de sexes différents est clairement un dispositif de régulation sociale. En même temps, l'accorder aux personnes du même sexe n'apporte et ne retire rien aux couples de sexes différents. Il convient en ce cas de s'interroger sur la légitimité de ce refus, sauf à considérer que le mariage entre personnes du même sexe risque de mettre irrémédiablement en cause le contrôle social sur les couples et les familles. 
(2) Si l'objectif du mariage civil n'est pas la procréation comme l'entendait l'Église, il semble difficile de trouver une raison convaincante d'empêcher la réalisation du mariage souhaité par deux hommes ou deux femmes qui s'aiment. Il faudrait alors préconiser l'interdiction du mariage de couples stériles ou n'étant plus en âge de procréer. En outre, les nouvelles techniques d'aide à la procréation ont révolutionné le rapport des couples à cette dernière, rendant notamment possible à ceux qui le souhaitaient de réaliser un projet familial. 
(3) Si le mariage consacre l'amour entre deux personnes, croit-on que des personnes du même sexe ne sont pas en mesure d'éprouver l'une pour l'autre ce sentiment qui n'a pas de sexe ? Retenir cette hypothèse reviendrait à réduire à la sexualité seulement les relations amoureuses entre deux personnes du même sexe. 
Il y a là trois points auxquels il faut réfléchir. Le premier s'énonce à peu près ainsi : le mariage des homosexuels ne change rien à la situation des mariages hétérosexuels, l'interdiction n'indiquant qu'une (coupable) volonté de « contrôle social sur les couples et les familles » : ce serait donc une atteinte aux libertés dont les couples hétérosexuels sont victimes du fait même de leur statut privilégié.

Ici il faut répondre avec netteté – et ce ne sera pas facile – que la société, le bien commun exigent que ce contrôle social se fasse effectivement, dans le respect des libertés et des droits des familles qui contribuent à la pérennité de la société, en promouvant celles-ci, en évitant que les enfants deviennent objets de désir, en faisant le maximum pour que leur droit d'être élevés conjointement par leur vrai père et leur vraie mère soit sauvegardé de manière durable.

Le deuxième point, qui frappe, ma foi, très fort mais de manière incomplète, affirme que si le mariage a pour finalité la procréation « comme l'entendait l'Eglise », alors il serait logique d'en exclure les homosexuels.

C'est le point central. Présenté de manière injuste puisque ce n'est pas seulement l'« Eglise » qui affirme cela, mais la raison, et la sagesse multi-séculaire des religions et des peuples. Peu à peu la finalité première du mariage, la procréation, est passée au second plan dans beaucoup d'esprits, même des esprits d'Eglise. Jusqu'à disparaître psychologiquement au fur et à mesure que la contraception, le divorce, l'union libre sont venus dévaluer le mariage.

Il faut bien comprendre à cet égard que s'il est vrai que le « mariage » homosexuel dévaluera certainement le mariage que nous appelons normal, naturel, traditionnel – il faudra se mettre d'accord sur le terme –, le fait que les pouvoirs publics en soient aujourd'hui à l'envisager procède d'une dévaluation préalable. C'est la dévaluation du mariage lui-même : elle a déjà eu lieu et elle a fait du mariage instable, infécond par choix, fondé sur le seul sentiment, facile à rompre, une quasi norme sociale.

Autrement dit, le mariage, en oubliant sa finalité, s'ouvre forcément à tous vents. La bataille contre la légalisation du mariage homosexuel en sera singulièrement compliquée. C'est pourquoi, probablement, elle sera sur le bien et le droit des enfants. La réflexion devrait pourtant aller plus loin.

Passons sur le mariage qui devrait, aux dires des sénateurs, être aussi interdits aux couples stériles ou trop âgés pour procréer. C'est la différence entre la potentialité et l'impossibilité de nature qui compte ici, l'acte homosexuel étant par nature infécond et non par accident.

Troisième point : l'amour. Les adversaires du mariage homo disent-ils que deux partenaires homosexuels sont incapables d'amour l'un pour l'autre au-delà de la relation homosexuelle ? Il me semblerait injuste de dire les choses de façon aussi absolue. Mais il y a un véritable amour entre parent et enfant, entre deux amis proches, entre frère et frère ou frère et sœur, etc., et il n'ouvre aucun droit au mariage. Ce n'est pas l'amour, pour profond qu'il soit, qui fonde l'institution du mariage. Pas n'importe quel amour. Pas n'importe quelle union.

Il est important de comprendre que c'est bien sur l'existence de rapports physiques que les homosexuels qui demandent l'accès au mariage fondent celle-ci, rapports physiques dont on a préalablement exclu toute notion de finalité. On revient aussitôt au point numéro 2.

Non, le mariage ne consacre pas uniquement l'amour-sentiment entre deux personnes : il est un engagement, une alliance, une communion de personnes dans laquelle l'homme et la femme entrent librement en vue de plusieurs biens : il consacre et affirme la volonté de rechercher toujours le bien de l'autre – amour vrai –, quoi qu'il arrive, fidèlement et jusqu'à la mort, en vue de la procréation et de l'éducation des éventuels enfants qui naîtront et dont le bien sera alors l'œuvre commune de l'homme et de la femme qui leur auront donné le jour.

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01 août, 2012

Contrat de “mère porteuse” : un nouvel esclavagisme

L'un des corollaires obligatoires du « mariage » homosexuel est l'« homoparentalité », puisque qui dit mariage dit famille et donc enfants, que ce soit par voie d'adoption, de fécondation artificielle pour les lesbiennes ou de mère porteuse pour les gays. La « gestation pour autrui » s'adresse aussi aux couples hétérosexuels, en principe pour pallier une incapacité de la femme à porter l'enfant, voire – des cas sont répertoriés – pour répondre à un simple désir de confort, celui de s'éviter les désagréments d'une grossesse.

Le Centro de Bioética basé à Buenos Aires vient d'analyser un contrat de « location de ventre » tel qu'il se pratique au Pulse Hospital à Ahmedabad en Inde, relevant qu'il s'agit bien d'une exploitation de la femme et d'une commercialisation du corps humain, alors que le débat en cours sur le nouveau code civil argentin porte notamment sur la « location de ventres » dont la légalisation est prévue en son article 562.

En France – pour l'instant du moins – la pratique de la mère porteuse demeure interdite et le principe d'indisponibilité du corps humain protège contre le risque d'en faire une activité rémunérée (mais pour combien de temps ?). Mais les abus ne sont pas constitués par les seuls aspects commerciaux, comme on le voit dans l'étude proposée par Milagros Berti Garcia, Bernadita Berti Garcia et Fernando Nasazzi.

Ils analysent le contrat le plus simple : celui où ceux qui apportent les gamètes sont le père et la mère génétiques de l'enfant « commandé », le père et la mère « porteurs » s'engagent à leur remettre l'enfant dès la naissance.

Voici – succinctement traduits – quelques-unes des clauses du contrat :
• La mère porteuse et son mari d'engagent à subir les examens médicaux et psychologiques demandés soit par leur médecin traitant soit par les parents génétiques et renoncent au secret médical y afférant ; ils peuvent intervenir avant, pendant ou après la grossesse. La filiation génétique de l'enfant conçu peut être établie. Les parents génétiques peuvent assister aux examens, comme ils peuvent assister à l'accouchement. 
• La mère porteuse s'engage à ne pas avoir de relations sexuelles avec qui que ce soit entre le premier jour de son cycle et la confirmation de la grossesse après le transfert de l'embryon. 
• La mère doit suivre pendant la grossesse toutes les prescriptions médicales du médecin agréé par les… appelons-les « clients » – ainsi que les échographies auxquelles ceux-ci peuvent assister, et elle doit accepter les tests vérifiant qu'elle n'a consommé ni drogues ni tabac, ou dépistant les MST et les maladies infectieuses. Elle doit subir tous les tests demandés, même invasifs, visant par exemple à dépister les défauts génétiques ou congénitaux du fœtus, et accepter les injonctions de repos prolongé, d'absence de relations sexuelles, les échographies fréquentes, etc… 
Sa conduite fait également l'objet d'un suivi serré et elle peut se voir interdire la pratique de certains sports, l'éloignement pour un voyage sans accord des clients ; on pourra lui interdire de se teinter les cheveux, de consommer de la caféine ou des édulcorants, d'être soignée par l'acupuncture, etc… 
• Si les parents génétiques meurent, une tierce personne désignée se charge de l'enfant. 
• Dès la naissance, l'enfant doit être remis aux clients et les parents porteurs renoncent à leur autorité parentale en s'interdisant tout type de réclamation à cet égard ; il s'engagent aussi à ne pas avoir ou rechercher de contact avec les parents génétiques ou à intervenir dans l'éducation du « mineur gestationné ». 
• Hormis quelques clauses spécifiques, la mère porteuse et son mari assument tous les risques médicaux, financiers et psychologiques possibles, les parents génétiques, le médecins et tous les professionnels intervenant dans l'affaire étant dégagés de toute responsabilité légale, sauf en cas de mauvaise pratique. 
• La mère porteuse s'engage à subir un avortement sur simple demande des parents génétiques en cas d'anomalie physique ou mentale du fœtus. Tout refus constitue un non accomplissement du contrat et entraîne pour la mère porteuse des conséquences économiques et légales. 
• Jusqu'à trois embryons peuvent être transférés : s'ils s'implantent tous le contrat prévoit que l'un d'eux peut être avorté. Le refus de cet avortement constitue là encore une violation du contrat sauf si le geste mettait, de l'avis du médecin, la santé de la mère porteuse en danger.
• En cas de mort de la mère porteuse, les parents génétiques versent une somme déterminée et fixée d'avance par le contrat. 
• En cas d'échec, la mère porteuse doit subir trois tentatives d'implantation en un délai maximum d'un an avant de pouvoir résilier le contrat. 
• Si la mère porteuse ne respecte pas le contrat ou adopte des conduites que celui-ci interdit, elle perd le droit à l'indemnisation de ses frais, qu'elle devra rembourser s'ils ont déjà été perçus, et elle est tenue pour responsable de tous les frais encourus par les parents génétiques, y compris les frais médicaux, de psychologie, de voyage et légaux, liste évidemment non limitative.
Les auteurs du Centro de Bioética observent que seule une forte motivation économique (pour ne pas dire détresse) peut conduire une femme à accepter une telle atteinte à des biens comme « son intimité, sa liberté, son affectivité ». « De même, l'enfant est privé d'une des composantes fondamentales de son identité, de la mère qui lui a donné le jour, il voit sa vie manipulée comme si c'était une chose qu'on remet contre une somme d'argent », poursuivent-ils – et aussi de l'allaitement maternel.

Ils ajoutent que le désir de maternité ou de paternité est lui aussi exploité par les centres de procréation assistée à des fins franchement commerciales. Non seulement on leur propose une « solution expéditive » mais on introduit une « logique productive dans la transmission de la vie humaine ».

Ils n'évoquent pas un autre risque, et pourtant il est dans la logique de ce qui précède : celui de voir un jour toute grossesse, toute « gestation » humaine soumise aux obligations, interdictions, examens et critères que celles imposées aujourd'hui aux pauvres femmes indiennes qui en sont réduites à louer leur corps pour « produire » des bébés…


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11 avril, 2011

Salomon, reviens ! Ou encore une histoire de bébés substitués

BioEdge rapporte cette histoire supposée toute de générosité d'un couple américain. Carolyn et Sean Savage, habitants de l'Ohio, avaient déjà deux garçons conçus naturellement et une fille conçue par fécondation in vitro. Voulant un autre enfant en 2009, ils ont de nouveau eu recours à une FIV. Mais, patatras, alors que Carolyn était enceinte à la suite de la procédure, le couple allait apprendre que le bébé implanté avait le patrimoine génétique de Shannon et Paul Morell : c'était un embryon de ce couple qui avait été transféré par erreur chez Carolyn.

Les Savage ont décidé de ne pas choisir l'avortement : c'était leur première option (toutes proportions gardées, celle de la mère qui avait perdu son propre bébé dans l'histoire du jugement de Salomon…).

Au contraire, ils ont décidé de mener la grossesse à terme.

Plus extraordinaire encore, ils n'ont pas exigé des tribunaux d'avoir la garde de l'enfant. Ils l'ont donné dès sa naissance aux Morell, sans même demander un droit de visite. « Qui sommes-nous pour demander quoi que ce soit ? Nous ne le pouvons pas. Chaque photo que nous recevrons sera un cadeau, et nous le savons. Il est leur fils. Mais il sera toujours mon bébé », a déclaré Carolyn au Daily Mail.

Pendant qu'elle menait à terme le petit garçon, le couple Savage a tout de même pris contact avec une mère porteuse pour pouvoir avoir un enfant à eux.

Ils ont écrit un libre sur leur expérience (Inconceivable, « Inconcevable ») qui se termine peu avant la naissance, chez la mère porteuse, de leur petite Jennifer.

Ils reconnaissent l'ironie de la situation qui leur a fait vivre la souffrance de la « gestation pour autrui » et qui leur a fait en même temps recourir à une mère porteuse.

Et elle ne souffre pas, elle ?

Carolyn et Sean remercient leur avocat en droit de la famille pour les avoir aidé à surmonter ces contradictions.

Mais on aurait plutôt besoin d'un Salomon qui rappelle la réalité d'un lien familial, et l'absurdité de le contredire volontairement au nom du droit à l'enfant et de l'exigence démesurée du bonheur qu'il apporte.

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25 février, 2011

Mères porteuses : une entreprise qui marche

Trouvé dans le fil de l’actualité de l’AFP, jeudi, ce communiqué d’entreprise surprenant : « La plus importante agence américaine de maternité pour autrui nomme son directeur de prospection clientèle pour l’Europe ». Véritable signe des temps, au moment même où la loi bioéthique française devrait selon toute vraisemblance maintenir l’interdiction de la pratique des mères porteuses. Il faut bien comprendre que les offensives de la culture de mort sont, aussi, commerciales. Dans le cadre d’une Europe de plus en plus ouverte, comment résister ? Je vous laisse découvrir le communiqué tel quel, avec ses maladresses et ses barbarismes. Vous avez entendu : « barbarie » ? Oui, aussi ! 
Growing Generations est depuis 1996 une société dévouée à la vision de créer la vie, tout en changeant le monde. Sa mission est simple : la société s’emploie à rendre cette expérience plus simple, plus sûre et plus agréable, tant pour les individus et les couples, les mères porteuses, les donneuses d’ovules et les donneurs de sperme que pour les autres professionnels, afin de former des familles par le biais de la procréation médicalement assistée. Pour réaffirmer cette mission, Growing Generations est fière d’annoncer la nomination d’Andrew Ferren en tant que directeur, prospection de clientèle pour l’Europe. 
M. Ferren, qui travaillera depuis Madrid, offrira des consultations informatives et servira de liaison pour les clients de Growing Generations à travers l’Europe et les pays hispanophones d’Amérique latine. 
« La première fois que j’ai contacté Growing Generations c‘était en qualité de client, et en tant que futur parent par substitution, je comprends combien il est important d’obtenir des réponses honnêtes, ainsi que de bénéficier de conseils compatissants et de soutien tout au long de ce processus », explique M. Ferren. « Après quelques tentatives sans succès faites en Inde, mon mari (sic) et moi avons décidé de consacrer les ressources financières nécessaires à la maternité pour autrui aux Etats-Unis et nous avons fait appel à la meilleure agence. Ma nouvelle position chez Growing Generations souligne ma conviction d’avoir fait le bon choix. Au fur et à mesure que l’opinion publique internationale est davantage sensibilisée au sujet de la maternité pour autrui aux Etats-Unis, le besoin d’offrir aux potentiels parents des informations claires augmente, et je me réjouis à l’idée d’aider d’autres couples et individus pleins d’espoir de l‘étranger à comprendre cette expérience à la fois complexe et extrêmement enrichissante, et à s’y retrouver. » 
Après avoir fait des études d’Histoire de l’art au , – (sic dans la dépêche) – Andrew Ferren a travaillé pendant 20 ans dans le domaine des médias et des relations publiques, dirigeant à ses débuts des institutions culturelles de premier plan aux Etats-Unis comme le Metropolitan Museum of Art et LACMA (Los Angeles County Museum of Art). Depuis 2002, il vit en Espagne où il travaille en tant que journaliste collaborant pour des rubriques de voyage, culture et style de vie avec des publications telles The  (re-sic), Town and Country, ELLE Decor et avec le principal journal espagnol El Pais. En tant qu’expatrié américain, Andrew Ferren connaît en profondeur le système de soins de santé des Etats-Unis ainsi que les problèmes auxquels sont confrontés les clients internationaux lorsqu’ils décident de former une famille. 
« Nous sommes ravis de pouvoir compter sur quelqu’un du calibre d’Andrew et avec son expertise au sein de notre équipe », a déclaré Stuart Miller, PDG de Growing Generations, tout en rajoutant, « En plus d’avoir un CV impressionnant, il apporte beaucoup de compassion et de chaleur à ce poste ». 
En tant que première agence ayant pour mission d’aider les membres de la communauté gay et lesbienne, Growing Generations propose des programmes de maternité pour autrui, de don d’ovules et de don de sperme à tout type de famille, indépendamment de leur statut matrimonial ou orientation sexuelle. De plus, grâce aux avancées récentes en matière de technologie, Growing Generations est désormais en mesure d’offrir ses services aux hommes séropositifs qui peuvent utiliser leur sperme de manière sécuritaire afin de former des familles.
Il me semble inutile d’ajouter les coordonnées de cette entreprise. Mais pour vous dire à quel point cette information donne un avant-goût d’un avenir étrange, voici une autre information publiée le même jour par l’AFP, signée Roddy Thomson, dont vous apprécierez le ton… qui n’est pas tout à fait celui de la stricte neutralité. Son titre : « Belgique : un couple gay récupère son enfant bloqué en Ukraine. » Sauf que… cela concerne directement la France.
Après avoir combattu pendant des années la nature, les préjugés et les arcanes de la justice, deux Belges homosexuels vont finalement accueillir ce week-end leur fils, né en Ukraine d’une mère porteuse et échoué dans un orphelinat d’Etat. Le petit Samuel, aujourd’hui âgé de deux ans et quatre mois, touchera pour la première fois le sol belge samedi soir à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem avec ses deux pères, Laurent Ghilain, 27 ans, et Peter Meurrens, 37 ans. 
Ce couple marié installé dans la région de Montpellier (sud de la France) a déboursé quelque 90.000 euros et connu un long parcours d’obstacles avant d’apprendre, la semaine dernière, que le gouvernement belge les autorisait à réaliser leur rêve de paternité en délivrant un passeport à Samuel. Avant cela, les deux hommes avaient dû surmonter leur crainte que la mère porteuse ukrainienne ne pratique un avortement, comme elle avait menacé de le faire alors qu’elle était déjà enceinte de six mois. 
« Samuel a souffert depuis si longtemps que les psychologues s’attendent à une réunion difficile », a déclaré à l’AFP Laurent Ghilain, qui peine toujours à croire à une issue positive, alors qu’il s’apprête à s’envoler pour aller chercher son fils. « Au plus profond de moi, je me demande : Comment va-t-il réagir ? Va-t-il pleurer lorsque je le prendrai dans les bras ? Va-t-il me rejeter ? », explique cet employé d’une salle de sport, père biologique du garçonnet. 
Sauf difficultés de dernière minute avec les autorités ukrainiennes, que Laurent Ghilain n’exclut pas, les retrouvailles tant attendues doivent avoir lieu dans un pays d’Europe de l’Est, à l’abri des caméras, sept mois après leur dernière rencontre, a-t-il encore expliqué.
Samuel a été conçu en Ukraine, où la gestation pour autrui est autorisée. La Belgique, qui permet aux homosexuels de se marier et d’adopter des enfants, ne reconnaît cependant pas le recours aux mères porteuses. Après la naissance du petit garçon en novembre 2008, Bruxelles a donc refusé de lui octroyer un passeport. A leur tour, les autorités ukrainiennes ont refusé qu’ils l’emmènent en Belgique. 
Samuel a donc d’abord été confié à une famille d’accueil ukrainienne. Incapables de payer sa pension très longtemps et face au blocage administratif, Laurent et Peter ont alors tenté, en mars 2010, de le faire passer frauduleusement en Pologne. Intercepté à la frontière, le petit garçon a été placé dans un orphelinat par les autorités ukrainiennes, qui ont refusé d’en dévoiler l’adresse aux deux hommes, alors désespérés. 
Après des mois de recherche, la chaîne de télévision belge RTBF a retrouvé le petit garçon dans son orphelinat et lui a consacré en décembre dernier un reportage qui a ému la Belgique. Finalement, le tribunal de première instance de Bruxelles a reconnu début février le lien biologique entre Samuel et Laurent, ce qui a poussé le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, à lui délivrer un passeport vendredi.
Pauvre Samuel…

Source : Présent daté du samedi 26 février 2011.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...