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23 juillet, 2020

Le bidonville de Dharavi (Inde) a battu la pandémie du COVID-19 grâce à l’hydroxychloroquine

Dharavi est l’un des bidonvilles les plus peuplés du sous-continent indien, avec une densité de population parmi les plus importantes au monde. Pas moins de 650 000 âmes – sur le million de personnes que compte ce concentré de pauvreté – se pressent sur 2,5 km2 dans sa « poche » la plus dense, dans Mumbai (Bombay). Quand le coronavirus chinois y a débarqué le 1er avril, faisant de Dharavi un haut-lieu potentiel d’infection et de contagion, on avait toute raison de craindre le pire. Un foyer était découvert et menaçait de faire de Dharavi une zone sinistrée par le COVID-19, à la mesure de sa population entassée dans la pauvreté et le manque d’hygiène. Les eaux usées coulent au milieu des rues. Pourtant, trois mois plus tard, le 9 juillet, on n’y enregistra pourtant qu’un (1) nouveau test positif au coronavirus.
Dharavi est aujourd’hui mis en avant, jusque par l’OMS, comme l’un de ces lieux exemplaires qui ont su stopper la diffusion du coronavirus chinois. Evidemment, ce n’est pas par hasard.
Les grands médias, rapporte The American Thinker, ont attribué cette victoire d’abord à une politique de tests à grande échelle associée au traçage des contacts. Ils ont bien dû reconnaître que les malades étaient massivement soignés à l’hydroxychloroquine. Mais ils sont passés à côté de plusieurs facteurs décisifs, qui expliquent qu’après un fort démarrage, Dharavi ait réussi à maîtriser la situation.
Ainsi, les testés positifs, à l’instar de ce qui s’est passé dans le reste de l’Inde, ont été traités d’emblée à l’hydroxychloroquine associée à la vitamine D et au cachets de zinc, le tout soutenu par des traitements homéopathiques.
Mais en outre, et suivant en cela les recommandations du Conseil indien de la recherche médicale, chargé de gérer la crise du COVID-19, on y a donné l’hydroxychloroquine à titre préventif pour les personnes à risque, notamment les médecins et tous les soignants risquant d’être en contact avec des personnes contagieuses. Cela comprend les soignants « asymptomatiques » travaillant directement avec des personnes contaminées, mais aussi tous ceux travaillant des les zones « non-COVID » des hôpitaux ou des blocs affectés aux patients COVID.
L’hydroxychloroquine est également recommandée en Inde pour tous les « travailleurs des lignes de fronts » présentant quelque symptôme, notamment les policiers chargés des zones de confinement. Et encore pour les familiers de personnes testées positives.
D’aucuns se sont émus de voire les pauvres de Dharavi servir de « cobayes », disaient-ils, pour l’hydroxychloroquine, et ont prétendu faire interdire judiciairement son utilisation.
La Haute Cour de Bombay leur a donné tort, en juin, en ces termes fleuris : « Or, si dans un cas donné, le respect de la loi stricto sensu dans l'attente d'un essai clinique d'un médicament doit entraîner une perte de temps précieux pour sauver un patient, et qu'il faut choisir entre le diable et la haute mer que représenterait la HCQ, à défaut de tout autre médicament, bien qu'il n'ait pas fait l'objet d'un essai clinique pour le traitement de la maladie, n'est-ce pas la dernière option qui reste au médecin pour sauver la vie d'un tel patient ; le médecin doit-il se croiser les bras et laisser le patient à la merci du Tout-Puissant au motif que le médicament en question n'a pas été enregistré pour être utilisé à titre prophylactique ? Nous pensons que la réponse doit être négative. »
Vijay Jayaraj, universitaire chercheur en sciences de l’environnement, auteur de l’article, signale qu’il habite à Delhi à 10 minutes d’un hôpital où une étude a montré la moindre incidence du coronavirus chez les soignants traités de manière préventive à l’hydroxychloroquine, statistiques confirmées par des études similaires dans trois autres hôpitaux de la ville.
A la date du 19 juillet, l’Inde ne déplorait que 27.497 morts du COVID-19 : pour une population totale de 1,3 milliards d’âmes, cela représente 19 morts par million d’habitants (à comparer avec 607 pour un million en Espagne et 461 pour un million en France).

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19 mai, 2015

Inde : Aruna Shanburg, le Vincent Lambert de Bombay, est morte naturellement, pleurée par ses infirmières

Aruna Shanbaugh avant son agression
Aruna Shanbaug, l’infirmière indienne qui a été au centre d’une demande d’euthanasie lancée par une « amie » partisane du « droit de mourir dans la dignité », est morte de sa mort naturelle à 67 ans ce lundi après 42 ans dans un état dit « végétatif », aimée et soignée jusqu’au bout.
Son cas avait défrayé la chronique en 2011 alors que l’écrivain et militante indienne de l’euthanasie, Pinki Virani, avait saisi la justice pour qu’Aruna cesse de recevoir hydratation et nourriture et qu’on la « laisse mourir »  pour la libérer de ses souffrances au bout de 37 ans de « coma », comme le disent les grands médias anglophones. « Laisser mourir » est en l’occurrence un euphémisme qui cache une réalité violente : on la demande pour des patients qui ne sont pas malades et qui, avec des soins de base, n’ont aucune raison de mourir. C’est la privation de nourriture et de l’hydratation qui provoque la mort : une mort de faim et de soif.
Dans cette affaire qui rappelle celle de Terri Schiavo aux Etats-Unis et celle de Vincent Lambert en France – toujours pendante devant la Cour européenne des droits de l’homme – on a affaire à une personne qui malgré son handicap profond n’est pas abandonnée de ses proches, ou du moins une partie d’entre eux. Dans le cas d’Aruna Shanbaug, la Cour suprême de l’Inde avait pris en 2011 une décision de principe autorisant « l’euthanasie passive » pour les patients se trouvant dans sa situation mais sans l’appliquer à l’intéressée, au motif que Pinki Virani n’avait pas qualité pour demander qu’elle meure.

Comme Vincent Lambert, Aruna Shanbaug a été décrétée en “état végétatif”

Les « proches » d’Aruna auront été ceux qui l’ont défendue et soignée sans relâche, et qui aujourd’hui pleurent sa mort comme celle d’un être cher, et non comme l’arrêt d’une mécanique corporelle qui ne serait qu’une coquille vide depuis l’entrée de la jeune femme dans son « coma » il y a 42 ans – comme l’a déclaré pourtant Pinki Virani à la presse indienne.
Aruna n’avait que 25 ans lorsqu’elle a subi l’agression qui l’a laissée tétraplégique et dans un « état végétatif permanent, comme le dit la presse, ou dans un état de conscience minimale, comme le constatent ceux qui la soignaient. Elle était infirmière au King Edward Memorial Hospital de Mumbai (Bombay) ; elle s’était éclipsée dans un local pour se changer, le soir du 27 novembre 1973. Un balayeur l’avait suivie, l’avait étranglée avec une chaîne pour chiens et l’avait violée en la sodomisant ; puis l’avait laissée pour morte. Lorsqu’elle fut retrouvée – le lendemain seulement – les médecins constatèrent que par manque d’oxygène, son cerveau avait été gravement abîmé, notamment son cortex.
Son fiancé – un médecin du même hôpital – devait l’attendre quatre ans. Mais son état n’évolua pas. Il quitta le pays, s’établit et se maria à l’étranger.

Aruna Shanbaug a été soignée le mieux possible jusqu'à sa mort naturelle

Depuis lors, Aruna Shanbaug est restée au KEM Hospital dans une petite chambre individuelle où le personnel soignant lui prodigua toute l’attention, l’affection et la sollicitude possible. La famille lui rendait souvent visite, mais peu à peu sa présence se fit moins soutenue et la dernière sœur de la patiente mourut en 2013.
Qu’importe : les infirmières, les aides soignantes se succédaient quotidiennement au chevet d’Aruna ; ce sont elles qui se sont mobilisées pour empêcher sa mise à mort en se portant devant la Cour suprême pour contrer l’initiative de Pinki Virani.
Un premier épisode de pneumonie fut jugulé en 2013, mais la semaine dernière, Aruna Shanbaug a contracté une nouvelle infection pulmonaire. Loin d’abandonner la patiente, le personnel médical de KEM Hospital lui a administré des antibiotiques et l’a mise sous ventilation artificielle. Mais Aruna est partie lundi matin, sa vie était vraiment arrivée à son terme.
A-t-elle vécu pendant ces 42 années où elle était clouée dans son lit, incapable de parler, une affreuse « torture » comme le soutiennent les partisans de l’euthanasie ? Pour les infirmières de KEM Hospital, certainement pas. Elles sont nombreuses, encore en activité ou parties à la retraites, qui ont défilé dans la minuscule chambre d’hôpital où elle était restée depuis le début, pour rendre leurs derniers hommages à Aruna, pleurant celle qui avait été pour elles autant une amie qu’une source d’inspiration.
Aruna Shanbaug, “la pierre d'angle de notre vie d'infirmières”
« Elle était la pierre d’angle de notre vie d’infirmières. C’est auprès d’elle que nous cherchions l’inspiration, à travers son combat et à travers sa vie. Nous fêtions ses anniversaires, nous lui donnions du curry de poisson et de la purée de pulpe de mangue, qu’elle aimait bien », raconte l’infirmière en chef, Anuradha Parade. Shanti Tai, qui s’occupait quotidiennement d’Aruna, ajoute comment on lui apportait des fleurs : « Elle souriait et hochait la tête quand elle sentait la fragrance des fleurs. Aruna n’a jamais été une patiente pour nous, mais un membre de la famille, une sœur qui a enfin trouvé le repos. »
L’ancien doyen de l’hôpital, le Dr Pradnya Pai, avait l’habitude quant à lui de parler à Aruna dans sa langue natale, le Konkani ; il lui lisait des histoires et lui racontait des blagues, et lui montrait des photos de son enfance pour l’aider à raviver ses souvenirs. Il faisait aussi le cerbère, écartant de la petite chambre les curieux et surtout les inconnus : Aruna tremblait et paniquait dès qu’un homme inconnu entrait dans la chambre…
De nombreuses infirmières ont assisté à la crémation d’Aruna, pleurant son départ lors d’une cérémonie empreinte d’émotion. Ce n’est pas une morte-vivante qu’elles ont accompagnée pour son dernier voyage…
Aruna n’a pas obtenu justice face à son prédateur, qui a pris sept ans pour vol et tentative de meurtre (il a été libéré au bout de six ans). Sohanlal Bharta Valmiki n’a pas été condamné pour viol parce que le rapport médical de l’agression de sa victime montre qu’elle a été sodomisée, ce qui ne correspond pas à la définition indienne du viol…
Mais elle a obtenu le respect de sa vie, jusqu’au bout, dans une bienveillance réelle de la part de soignants qui ont compris qu’elle n’a jamais cessé de leur rendre bien pour bien en les amenant à donner le meilleur d’eux-mêmes.

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09 février, 2015

Inde : une mère de quatre enfants meurt d'une stérilisation dans un centre du Planning familial

Elle avait 25 ans. Son plus jeune fils n'avait que 20 jours. Elle était la cible idéale de ceux qui « vendent » la stérilisation féminine par ligature des trompes aux jeunes Indiennes qui ont déjà plusieurs enfants. Après quatre grossesses, Indu Bai a écouté les sirènes de la « planification familiale » violents (une stérilisation, une amputation volontaire pour supprimer le fonctionnement d'un organe sain, c'est violent !), peut-être a-t-elle reçue la mince rétribution que les pouvoirs publics indiens proposent aux femmes qui se soumettent à la « contraception chirurgicale » quasi irréversible. Elle en est morte, vendredi dernier.

Indu Bai s'était rendue dans un centre du Planning familial indien, associé à la Fédération internationale du Planning familial (IPPF). Il semblerait qu'elle ait succombé à un arrêt cardiaque en pleine préparation de l'intervention. C'est du moins ce qu'ont expliqué les responsables de la clinique, à la grande colère des leaders locaux qui ont organisé une manifestations sous les fenêtres de l'établissement.

Un conseiller municipal, Ratnesh Bagdi, s'est joint à la foule pour exiger des poursuites à l'encontre du centre du Planning familial d'Indore. « Les médecins attribuent la mort à l'arrêt cardiaque. J'en doute : une femme de 25 ans ne meurt pas d'arrêt cardiaque lors d'une procédure chirurgicale simple. Il a dû y avoir une négligence de la part des soignants qui a provoqué la mort de la patients. » L'élu a annoncé qu'il saisissait les autorités sanitaires locales.

Du côté de l'Association indienne du Planning familial, on assure que la femme est morte d'un « traumatisme » lié à l'opération et que les efforts pour la ranimer ont été sérieux : « L'incident est malheureux. »

C'est le moins que l'on puisse dire : c'est une famille brisée qui pleure aujourd'hui la mort d'une jeune maman ; ses quatre enfants n'ont plus de mère, le plus jeune ne l'aura pour ainsi dire pas connue…

L'« incident » – comme le dit le Planning familial » – n'est pas isolé. On se souviendra des 13 morts lors d'un camp de stérilisation en novembre. La mort la plus récente fait suite à un autre décès il y a quelques jours dans une ville voisine à la suite d'une opération de stérilisation dans un hôpital privé.

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11 décembre, 2014

Inde : des stérilisations en série se terminent dans les ronflements alcooliques du chirurgien pris de boisson

Les femmes mortes au camp de stérilisation de l’Etat de Chhastisgarh sont à peine enterrées qu’une nouvelle affaire défraie la chronique en Inde, où les opérations en série continuent de plus belle. Cette fois c’est dans une zone reculée de l’Himachal Pradesh, Seraj dans le district de Mandi, qu’une femme s’est trouvée abandonnée sur la table d’opération au beau milieu de l’intervention tandis que le chirurgien, pris de boisson, s’endormait sur place. Ledit médecin venait d’opérer cinq autres femmes, mercredi.
Le scénario est au départ le même qu’il y a un mois. Un camp de stérilisation avait été érigé au Primary Health Centre du village de Thunag, à 80 km du QG de district. 67 femmes y avaient convergé pour obtenir une ligature des trompes – avec quelles promesses, quelles menaces, quel paiement pour se soumettre à l’opération ? Une première fournée (je traduis littéralement d’après le texte du quotidien indien) de 30 femmes se vit administrer des injections d’atropine en vue de l’anesthésie qu’elles allaient subir.
Six d’entres elles entrèrent simultanément dans la salle d’opération et reçurent l’anesthésie. Le médecin, Kapil Malhotra, opéra les cinq premières (sans qu’il y eut, semble-t-il, de séquelles), mais la fatigue le gagnait peu à peu. Arrivé à la sixième patiente, il se sauva pour aller s’enfermer à clef dans un autre local et s’endormit profondément.
Voyant que les femmes suivantes sur la liste n’étaient pas convoquées dans la salle d’opération, des membres de leurs familles sont allés se renseigner. La réponse tarda, mais finit par venir : le médecin « n’était pas bien », il était « parti se reposer ».
L’affaire est très vite remontée à l’Assemblée du Himachal Pradesh et le médecin a été aussitôt suspendu en attendant la réalisation d’une enquête ». Le ministre de la santé local assure que le Dr Malhotra est honorablement connu et a déjà pratiqué « des centaines » d’« opérations chirurgicales de planning familial », comme ils disent (à la chaîne ?). Il était « ivre », certes, mais avait « peu bu »…
Mais un membre de l’Assemblée, Jairam Thakur, assure que le gynécologue est connu pour être porté sur les boissons alcooliques et que lors d’un précédent camp de stérilisations il s’était endormi sur une patiente qu’il était en train d’opérer. Cela expliquerait qu’il ait utilisé ce qui lui restait d’énergie pour aller dormir à l’abri des regards.
Que les choses soient claires, cependant. En Inde, seule la mort arrête les stérilisations. A peine l’indisposition du Dr Malhotra était-elle connue des autorités qu’une nouvelle équipe médicale a été dépêchée sur place, et avant 13 h, 25 opérations supplémentaires avaient déjà été réalisées. Le gouvernement s’est engagé à s’« occuper » de toutes les patientes qui s’étaient inscrites pour la stérilisation.

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21 novembre, 2014

Après la mort de 14 femmes de leur stérilisation en Inde, une attaque féministe contre le contrôle de la population

Kalpana Wilson, féministe, femme de gauche…
mais opposée au contrôle de la population.
Le texte dont je vous propose ci-dessous la traduction est dû à un professeur spécialiste de la théorie du genre : le Dr Kalpana Wilson, « Senior Fellow » au Gender Institute de la London School of Economics, en Théorie du genre, globalisation et développement. Il va de soi que je ne partage pas tous les points de vue de cette universitaire et il est encore plus certain qu'elle ne partage pas ceux de ce blog. Mais ce qu'elle expose ici est d'autant plus intéressant qu'elle dit tout cela à la place où elle est, depuis une perspective de « droits des femmes », « anticapitaliste », pour montrer que le discours actuel sur la surpopulation y est radicalement opposé. Publié il y a trois jours sur le site de la LSE, le texte n'y est plus disponible qu'en cache (ici). Je vous laisse faire la part des choses. — J.S.

L’horrible mort d’au moins 14 femmes ayant subi des opérations dans des camps de stérilisation dans le Chhattisgarh, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde, met en lumière la violence persistante des politiques de contrôle de la population dont le gouvernement Britannique est l’un des premiers promoteurs à l’échelle mondiale. Loin de donner aux femmes pauvres du Sud du globe les contraceptifs dont elles ont besoin, ces politiques les déshumanisent, les taxant de « reproduction excessive », et fixe des « objectifs » qui rendent possibles les atrocités comme celles du Chhattisgarh. Et bien que ces politiques soient enracinées dans des idées profondément racistes et patriarcales, elles sont aujourd’hui mises en œuvre au nom des droits et des « choix » reproductifs.
Il y a deux ans le gouvernement britannique et la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a joué un rôle majeur pour inciter le Royaume-Uni à jouer un rôle de premier plan à propos des questions de population, ont accueilli le sommet de Londres sur le planning familial. Avec USAID, le FNUAP et d'autres organisations internationales, ils ont annoncé une stratégie de planning familial chiffrée à 2,6 milliards de dollars. Quelques mois plus tard la Secrétaire au développement, Justine Greening a annoncé que le Royaume-Uni allait « entreprendre une action déterminée par rapport au planning familial » : outre les projets existants visant à inciter 120 millions de femmes et jeune filles supplémentaires dans les pays les plus pauvres à recourir au planning familial volontaire d'ici à 2020, ses initiatives allaient comprendre une distribution accrue d'implants contraceptifs.
Bien qu'il affirme s'opposer à toute forme de contrainte, il a déjà été révélé que le Département pour le développement international (DfID) contribuait au financement de stérilisations forcées dans les États indiens de Madhya Pradesh et de Bihar au cours desquelles – comme cela s’est produit dans le camp de stérilisation il y a quelques semaines – beaucoup de femmes pauvres sont mortes. [NDLR : une version amendée du texte publiée par The Guardian, précise que le DfID a protesté contre cette rédaction, assurant qu'il avait explicitement condamné les stérilisations forcées, prenant en outre des mesures pour assurer que l'aide britannique ne puisse y être consacrée.] On mentait à ces femmes, souvent issues des castes Dali, à propos de l'opération, on les menaçait de perdre leur carte de rationnement ou leur accès aux plans d’aide sociale du gouvernement, on les soudoyait avec des petites sommes d’argent, avant de les opérer dans des conditions d’insécurité épouvantables afin de remplir les objectifs fixés par le gouvernement.
La stérilisation des femmes a longtemps été le principal moyen utilisé pour mettre en œuvre des politiques de contrôle de la population de l'Inde. Pendant l’état d’urgence en Inde au milieu des années 1970, les libertés civiles étant suspendues, des hommes étaient emmenés de force vers des camps de stérilisation similaires pour y subir des vasectomie, mais cela a provoqué une opposition massive, et, au bout du compte, la défaite électorale historique du Parti du Congrès en 1977. Des recherches menées en 2005-2006 laissent penser qu’environ 37 % des femmes mariées avaient été stérilisées. Les morts officiellement répertoriées comme étant dues à la stérilisation entre 2003 et 2012 sont évaluées à 12 par mois en moyenne ; les chiffres réels pouvant être plus bien plus élevés encore. En 2012 un rapport de Human Rights Watch a prévenu que si cette politique de stérilisation n'était pas modifiée, les engagements pris par le gouvernement indien au Sommet sur le planning familial à Londres allaient conduire à de nouveaux abus et à une pression accrue sur les travailleurs de santé en vue d’atteindre ces objectifs.
Le soutien britannique à la stérilisation de masse des femmes pauvres et marginalisées qui caractérise la politique de population indienne n'est pas public. Mais un grand nombre des contraceptifs que le DfID et ses partenaires institutionnels recommandent de manière plus ouverte ne laissent pas aux femmes le droit au contrôle, et mettent leur vie en danger. Les féministes du Sud du globe et les féministes de couleur en Amérique du Nord et au Royaume-Uni ont fait campagne pendant des années contre les essais de nouveaux médicaments menés de manière contraire à l'éthique, et contre le dumping de contraceptifs injectables et implantables tels Net-En, Norplant et Depo-Provera. Ce dernier est par exemple, selon certaines sources, administrées de force à des femmes éthiopiennes en Israël.
La Fondation Gates a été critiquée de nombreuses fois pour ses étroites relations avec des géants pharmaceutiques, ainsi que pour son rôle dans le financement d’essais de médicaments et de programmes de vaccination qui se sont révélés contraire à l'éthique, et dangereux. Cela comprend des essais cliniques du vaccin HPV contre le cancer cervical, fabriqué par Glaxo SmithKline et Merck Sharp & Dohme en Inde en 2009, dont on a mensongèrement affirmé qu'il s'agissait d'une « étude d'observation post licence », pour lesquels 23.000 jeunes filles âgées de 9 à 15 ans issues de communauté pauvres ont été choisies, en se passant du nécessaire consentement parental. L’essai a été suspendu après la mort de sept adivasi – des jeunes filles indigènes âgées de 9 à 15 ans.
L'initiative actuelle du DfID avec Merck consiste à pouvoir l'implant de longue durée Implanon auprès de « 14,5 millions des femmes les plus pauvres » d'ici à 2015. L’Implanon a cessé d'être utilisé au Royaume-Uni en 2010 parce que les personnels de santé formés le trouvaient trop difficile à insérer, et l’on avait des craintes à propos de son innocuité. Outre des effets secondaires débilitants, il y avait des cas où l’implant disparaissait dans le corps des femmes. Merck a développé une nouvelle version, Nexplanon, détectable aux rayons X, mais a obtenu l’autorisation de continuer la vente des stocks existants d’Implanon. C’est ce médicament qui est promu par les programmes DfID et FNUAP dans les pays les plus pauvres, bien que ces pays affichent un déficit épouvantable de personnel de santé formé. En Ethiopie, l'un des pays cibles, les insertions massives font partie des transferts de tâches ou des auxiliaires formés à la hâte doivent jouer le rôle des médecins et des infirmières expérimentés.

Comme les approches antérieures de la question de la population, qui remontent à Malthus, celles qui sont en cours reposent sur l'idée de rendre les pauvres responsables de leur propre pauvreté, en dédouanant le capital. De même, la croissance de la population dans le Sud du globe est  reliée au changement climatique, en détournant l'attention du rôle des émissions carbone du Nord, et elle est tenue pour responsable des crises alimentaires causées par l'accaparement des terres par des sociétés transnationales et des gouvernements étrangers. Alors qu’on affirme que le contrôle de la population est lié à une mortalité maternelle en baisse et à un meilleur taux de survie des enfants, ceux-ci ne peuvent s’obtenir sans changer le modèle économique dominant, rendant possible des investissements substantiels pour rendre les soins accessibles. Mais le discours actuel sur la population insiste sur le fait que les politiques néolibérales imposées par la Banque mondiale et le FMI, où les soins ainsi que l'éducation, les systèmes d’assainissement et d’autres services publics essentiels été décimés depuis des années 1980, peuvent rester en place. Il est révélateur que l'ancien Secrétaire au développement, Andrew Mitchell, ait pu décrire les politiques de population comme étant  d'un « excellent rapport qualité-prix », citant l'exemple de la Tanzanie : il a affirmé qu'elle « aura besoin de 131.000 professeurs de moins en 2035 si la fécondité continue de baisser – ce qui économisera des millions de livres sur le long terme ».

Le contrôle de la population aujourd'hui fait en réalité partie d'une stratégie plus large du capital global, où le travail des femmes est élargi et intensifié, la responsabilité pour la survie du foyer étant de plus en plus féminisée, tandis qu’un nombre croissant de femmes sont incorporées dans des chaînes de valeur mondiale, dominées par des sociétés transnationales. C'est bien cela, et non une préoccupation à propos des droits et des choix, qui est à la racine des politiques comme celles de la DfID et de la Fondation Gates qui empêchent les femmes au Sud du globe d’obtenir un vrai contrôle de leur corps. De plus en plus, les femmes demandent la justice reproductive : cela implique d’exposer cette stratégie au grand jour et de confronter les structures de pouvoir et d’inégalité,  seul moyen d'empêcher d'autres morts comme celles qui se sont produites au Chhattigarh.









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12 novembre, 2014

Stérilisations mortelles en Inde : ils ont continué !

On en sait un peu plus sur les stérilisations mortelles en Inde. Depuis mardi, le bilan s’est alourdi pour passer à au moins douze morts, voire treize selon les sources, et il semble établi que ce soient à la fois les mauvaises conditions d’hygiène et le recours à des médicaments périmés qui ont causé des septicémies graves et souvent mortelles chez la plupart des victimes.
Il en va ainsi de Nem Bai, 35 ans, 5 enfants, le plus jeune, 3 mois, était encore au sein  : c’est en rentrant du camp de stérilisation organisé samedi qu’elle a été prise de douleurs qui l’ont torturée toute la nuit. Le lendemain matin son mari la conduisait à l’hôpital. 20 minutes après avoir été placée en réanimation, elle était morte.
On apprend que le médecin qui a opéré à la chaîne 83 femmes samedi, avec l’aide de deux assistants, s’était installé dans un hôpital désaffecté et sale, et utilisait des instruments rouillés.
Deux jours plus tard, lundi, un camp similaire s’est tenu dans la même ville de Bilaspur dans l’Etat indien de Chhattisgarh, sous la conduite d’un autre médecin. Là, une femme est morte et plus d’une douzaine se sont retrouvées en état de choc, prises de vomissements.
La répartition des victimes parmi plusieurs hôpitaux de la ville fait que les autorités publiques se disent incapables de donner le nombre exact de celles qui sont mortes. Les survivantes pourraient avoir des séquelles, des problèmes rénaux notamment.
Les opérations de samedi étaient réalisées par un médecin expérimenté, le Dr Gupta ; en soi le camp de stérilisation – avec « rémunération » des femmes à la clef, l’équivalent de 23 $ US – n’a rien d’illégal puisque l’exercice répond aux dispositions de contrôle de la population mises en place par le gouvernement indien. Les travailleurs de santé « rabatteurs » reçoivent une somme un peu inférieure. Le médecin a juste exagéré sur le nombre : en principe un médecins ne doit pas pratiquer plus de trente interventions par jour. Gupta fait l’objet d’une information pour avoir causé la mort par négligence.
Près de 4 millions de femmes subissent des stérilisations chaque année en Inde, encouragées par cette petite rémunération. Le Chhattisgarh, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde, s’est vu assigner des objectifs par le gouvernement indien central : 165.000 stérilisations féminines et 26.000 stérilisations masculines pour 2013-2014.
C’est bien le mépris des pauvres qui guide cette politique.
Mère Teresa et à sa suite les Missionnaires de la charité ont choisi d’enseigner aux femmes indiennes à connaître leur propre corps et à pratiquer la régulation naturelles des naissances, qui permet de promouvoir ou d’éviter une naissance dans le plein respect de la nature – et de la loi naturelle. Et gratuitement en outre. Une étude sur ces pauvres en Inde a montré que les couples qui pratiquaient l’abstinence pendant les périodes fertiles a montré l’extraordinaire efficacité de la méthode : le taux de grossesse des 19.483 femmes participant à l’étude était de moins de 1 %.

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11 novembre, 2014

Inde : légalisation des avortements par les sages-femmes, les homéopathes et les médecins ayurvédiques

Un amendement à la loi sur l’avortement (Medical Termination of Pregnancy) vient d’être présenté en Inde en vue d’améliorer l’accès à l’« IVG ». La refonte de la loi vise à permettre aux sages-femmes, mais aussi aux homéopathes et aux médecins traditionnels ayurvédiques de procurer l’avortement médical, et non seulement les médecins allopathes comme c’est le cas actuellement. Dans le même temps, elle veut augmenter le délai de l’avortement légal en le faisant passer de 20 à 24 semaines (au-delà du seuil de viabilité). Au cours du premier trimestre, l’avortement serait procuré de plein droit sur demande de la femme : à l’heure actuelle, le médecin décide si elle peut l’obtenir ou non.
En cas d’anomalie fœtale, ou de grossesse consécutive à un viol ou un inceste l’avortement serait légal encore plus longtemps, voire jusqu’au terme selon l’amendement proposé.
Vinoj Manning,
d'IPAS
Avec une telle loi l’Inde compterait parmi les Etats ayant la législation la plus libérale en matière d’avortement. Commentaire de Vinoj Manning, directeur d’IPAS, une ONG de promotion de l’avortement légal : « Cet amendement constitue la plus grande avancée pour le renforcement du droit des femmes de contrôler leur propre corps et leur propre santé depuis que l’avortement a eté libéralisé en Inde en 1971. »
L’amendement proposé par le ministère indien de la santé et du bien-être familial vise à réduire la mortalité maternelle et à remplir les Objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU : au moins les choses sont claires.

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Onze femmes meurent des suites de stérilisations en Inde ; bilan provisoire…

Onze femmes sont mortes et 34 autres sont dans un état « critique » ce mardi, trois jours après leur passage dans un « camp de stérilisation » à l’hôpital Nimichand Jain de Bilaspur où les opérations de ligature des trompes par laparoscopie ont eu des conséquences tragiques.
Sur les 83 femmes opérées à la chaîne, une soixantaine ont été prises de vomissements ou de difficultés respiratoires plusieurs heures après l’intervention et ont dû être hospitalisées dans les différents établissements de Bilaspur.
Une enquête est en cours mais selon le Congrès, les conditions d’hygiène déplorables sur le lieu des opérations et l’administration de médicaments périmés ont donné lieu à ce bilan qu’ils estiment en outre trompeur : le maire de Bilaspur, Vani Rao, estime que 18 femmes sont mortes mais que leur nombre a été occulté par le gouvernement.
Ils se demandent également comment les 83 stérilisations (gratuites…) ont pu être réalisées en 5 heures, alors que chaque opération prend au minimum 20 minutes.
Le gouvernement a proposé une compensation financière : l’équivalent de 5.200 pour les familles des
décédées, 650 euros pour celles qui se seront remises.
Une manifestation a eu lieu ce mardi devant la résidence du ministre de la santé de l’Etat de Chhattisgarh.

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09 août, 2013

Inde : une stérilisation qui tourne mal

Voici une histoire poignante. Mamatarani Behera, une jeune femme d’une vingtaine d’années, est entre la vie et la mort après avoir été victime d’une stérilisation ratée dans sa ville d’Odisha dans la province indienne de Maharasthra. Le médecin retraité qui l’a opérée a sectionné son petit intestin au lieu de couper sa trompe de Fallope.

L’erreur est humaine ? Sans doute. Mais cette affaire porte toutes les marques de la culture de mort qui est, précisément, anti-humaine.

Mamatarani faisait partie d’un groupe de plus de 90 femmes rassemblées le 24 juillet dernier au camp-hôpital gouvernemental d’Odisha pour y subir des tubectomies à la chaîne. De l’abattage. Le soir même elle était de retour à la maison pour y retrouver son mari et ses deux petits garçons.

Se plaignant dès le lendemain de fortes douleurs à la poitrine et à l’abdomen, prise de vomissements, elle a enfin été admise dans son hôpital local quatre jours après l’intervention. Avant d’être emmenée d’urgence vers un hôpital mieux équipé à Balasore, où l’erreur fut constatée. Malgré une tentative de chirurgie réparatrice, le 28 juillet, l’état de la jeune femme s’est aggravé et on l’a transférée vers un hôpital universitaire à Cuttack.

Mamatarani et sa famille ont dû se battre pour qu’elle soit prise en charge. Et ils vont sans doute devoir se battre pour obtenir une juste compensation. Certes les autorités médicales de la province ont promis une somme à la famille en réparation de l’« erreur ». Mais pas question d’affirmer que le médecin s’est rendu coupable d’une « négligence » médicale. Il n’y a aura ni enquête ni procès, a précisé le directeur du bien-être familial (sic), B.K. Mohanty.

Et si Mamatarani devait mourir de cette « erreur » qui n’est pas une « négligence », eh bien tant pis. C’est juste une opération de planning familial qui a mal tourné et comment reprocher cela à un médecin et à des autorités publiques qui conjuguent si bien leurs efforts pour lutter contre la surpopulation mondiale ?

Aussi les médias du monde n’en ont guère parlé.

Mais cette histoire fait irrésistiblement penser à une autre affaire concernant une jeune femme indienne : Savita Halappanavar, morte à la suite d’un défaut de diagnostic de septicémie au cours d’une fausse couche, a fait la une de médias du monde entier au motif qu’elle serait morte d’un refus d’avortement. Elle était à la fois d’un milieu plus aisé et utile à la cause…


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26 avril, 2013

Irlande : vers l'avortement légal ? Et du nouveau sur Savita

Alors que le vice-Premier ministre irlandais vient de déclarer, en marge du Conseil des affaires générales du Conseil de l'Europe à Luxembourg, que son gouvernement entend légiférer sur l'avortement d'ici aux vacances parlementaires d'été, nombre d'élus, même de gauche, se révoltent contre une mesure qui va rendre légale la mise à mort des enfants à naître.

Vidéo : ici.

Qu'Eamon Gilmore ait choisi le cadre européen pour annoncer le calendrier à la presse n'est pas fortuit.

Ce sont en effet deux faits qui sont utilisés pour faire pression sur l'Irlande afin qu'elle revienne sur son interdiction générale de l'avortement, deux pressions abusives fort commodes pour les partisans de l'« IVG » parmi les travaillistes irlandais.

Il y a d'une part la décision A, B, C contre Irlande de la Cour européenne des droits de l'homme qui a enjoint à l'Irlande de rendre plus claires les conditions auxquelles une femme dont la vie ou la santé serait exposée à un grave risque en raison de sa grossesse pourrait prétendre à un avortement à l'étranger. Cette décision reconnaissait le droit de l'Irlande de protéger la vie mais ouvrait une brèche discrète dans laquelle le lobby de l'avortement s'est évidemment engouffré, jusqu'à pousser (ou aider…) le gouvernement irlandais à préparer autorisant l'intervention en Irlande sous conditions.

D'autre part, l'affaire Savita Halappanavar, plusieurs fois commentée sur ce blog : c'est le cas d'une Indienne morte d'une septicémie alors qu'elle était enceinte de 17 semaines, et dont le mari a assuré que l'avortement qui lui avait été refusé en raison des lois irlandaises lui aurait sauvé la vie. Cette affaire qui s'est produite à quelques jours de la publication du rapport que le gouvernement irlandais avait commandé dans la foulée de la décision A, B, C de la CEDH.

A la faveur de cette affaire, l'idée s'est répandue en Irlande que l'on peut et même que l'on doit provoquer une fausse couche sur une femme pour lui sauver la vie même si l'enfant n'est pas viable et que cet acte équivaut à son arrêt de mort. S'agissant d'un acte visant directement à éliminer, et donc à tuer l'enfant, il n'est à l'évidence pas conforme au respect de la vie.

Et une chose amenant l'autre, on a décidé que les cas où l'avortement pouvait, voire devait être légal, s'étendraient aux cas où la mère menacerait de se suicider en cas de poursuite de la grossesse, même si de nombreux psychiatres estiment que cela n'est en rien une solution. (Exemple : ici.) Une polémique s'est même déclenchée ces derniers jours à propos d'une exigence que contiendrait la loi à ce propos : que la femme désirant avorter dans ce cadre voie 6 médecins, dont 4 psychiatres, pour confirmer son état suicidaire. Le gouvernement s'est empressé de dire que bien sûr une telle chose ne serait pas demandée.

A photo of the Irish abortion bill's language. 

Le vrai projet est plus étrange et plus cynique, comme le révèle Hilary White sur LifeSite en reproduisant cette photo.

Dans son état actuel, la loi exigerait l'accord d'un obstétricien et deux psychiatres pour dire que la femme présente un risque substantiel de s'en prendre à sa propre vie, et que « ce risque ne peut être prévenu que par la procédure médicale au cours de laquelle ou par l'effet de laquelle une vie humaine à naître est détruite ».

Voilà qui a au moins le mérite de la sincérité.

Et qui va se heurter de front à la Constitution irlandaise où le respect de la vie de la mère comme de l'enfant à naître est affirmé solennellement, tout en laissant la porte ouverte aux fausses couches induites en cas de danger immédiat pour la vie de mère.

MercatorNet vient de son côté de faire un résumé de l'issue de l'enquête sur la mort de Savita Halappanavar, que je n'ai pas pu évoquer en ce début de semaine faute de temps.

Sa mort, estime l'enquête officielle, résulte d'une « mésaventure médicale » : il n'est pas question dans le rapport de conclure que Savita est morte du fait qu'on lui a refusé l'avortement et encore moins parce qu'on aurait appliqué le « dogme catholique » pour justifier le refus. C'est pourtant ce qu'en ont retenu les médias.

En réalité, ce n'est pas le refus d'avortement qui a tué Savita, mais le retard de diagnostic pour une infection à l'E.coli par voie urinaire qui a abouti à un choc septique. Ce n'est pas une situation inouïe : au Royaume Uni, le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists note que la plupart des décès de femmes enceintes de moins de 24 semaines souffrant d'une telle infection est due à des soins non-conformes aux exigences minimales, le défaut de dépistage de l'infection étant en tête de liste.

UUne septicémie comme celle dont est morte Savita est liée à un taux de mortalité de 60% et son dépistage précoce est « vital » pour augmenter les chances de survie. Le diagnostic doit être confirmé au plus tôt par des examens sanguins et il faut tout de suite administrer des antibiotiques à large spectre par voie intraveineuse, le tout accompagné d'un suivi régulier.

Savita Halappanavar s'est présentée à l'hôpital le 21 octobre, souffrant de mal de dos : étant donné qu'elle avait eu des problèmes de dos par le passé elle a simplement été renvoyée chez elle. Elle revint le soir, ayant eu des saignements. Un prélèvement sanguin eut lieu ; il révéla très rapidement un fort taux de globules blancs, qui indique la présence d'une infection. Mais personne ne s'en préoccupa.

C'est seulement 24 heures plus tard, le lundi soir, qu'un membre du personnel de l'hôpital en prit connaissance ; et c'est seulement le mercredi que le médecin chargé de Savita, le Dr Katherine Astbury, s'y référa, à 11 h 24. On avait diagnostiqué la septicémie de Savita cinq heures plus tôt et son état s'était déjà beaucoup détérioré.

Lors de l'enquête, le Dr Astbury a déclaré qu'elle aurait mis fin à la grossesse de Savita le lundi ou le mardi si elle avait été au courant de l'infection ; elle s'était appuyée sur les seuls examens pour juger que la jeune femme se trouvaitt certes mal en point, mais n'était pas en état de risque.

Autrement dit, la loi irlandaise n'était pas en cause, puisqu'elle autorise (quoi qu'on en pense par ailleurs) que l'on induise une fausse couche alors que l'enfant non viable vit encore. Dès le dimanche soir, Savita avait perdu les eaux et pour le personnel de l'hôpital de Galway, la fausse couche devait se produire spontanément très vite. La rupture des membranes, en tout état de cause, plaçait Savita en état de risque d'infection et dès lundi, on lui administra par précaution des antibiotiques par voie orale, sans tenir compte de la véritable grave infection dont elle souffrait déjà.

Après quoi, selon l'enquête, les contrôles qui auraient dû être faits tous les quatre heures, avec comptage des globules blancs, n'eurent pas lieu. Et les bons antibiotiques ne furent administrés qu'à 13 h le mercredi. D'autant qu'un test au lactosérum pratiqué tôt le mercredi matin fut fait dans de telles conditions que le labo ne put l'analyser.

A partir du mercredi matin, ayant spontanément fait sa fausse couche, Savita fut transférée vers une unité de soins intensifs et reçut « les meilleurs soins possibles », mais qui n'allaient pas compenser les erreurs précédentes.

L'avortement l'eût-il sauvée ? Les opinions divergent : l'opération elle-même comporte des risques supplémentaires d'infection et la septicémie la rend contre-indiquée. D'autre part l'enfant de Savita n'était pas la source de son infection bactérienne, puisque l'utérus et les membranes forment un environnement stérile. L'usage du misoprostol pour induire des contractions en vue d'accélérer l'expulsion n'aurait pas non plus garanti que celle-ci se produise effectivement plus vite et n'aurait pas assuré que l'on puisse se passer d'une intervention chirurgicale.

En cas de fausse couche spontanée, l'approche clinique privilégiée consiste à laisser faire ; en l'absence de signes évidents d'infection, ceux-ci étant masqués par les analgésiques, l'absence d'intervention était somme toute normale.

Ayant appris d'une fausse couche était dans son cas inévitable, avec son issue tragique pour l'enfant, l'enquête révèle que Savita a demandé l'avortement afin de pouvoir quitter l'hôpital le plus radidement possible. Ses parents étaient venus la voir depuis l'Inde et s'apprêtaient à repartir. Elle voulait leur dire au revoir à l'aéroport.

Le Dr Ashbury a refusé cette demande, s'exprimant uniquement en termes légaux et sans expliquer les raisons médicales de ce choix, en disant que la loi irlandaise ne permet pas l'avortement. Une réponse qui allait désorienter Savita et son mari Praveen. Ils devaient en parler par la suite avec une sage-femme, Ann Maria Burke, en lui demandant pourquoi l'avortement est illégal en Irlande. Savita lui expliqua que l'Inde est un pays Hindou. Mme Burke répondit que l'Irlande est un « pays catholique » pour tenter d'expliquer le contexte de la loi.

Ann Maria Burke s'est excusée lors de l'enquête pour cette déclaration, qui a été amplement exploitée par les partisans de l'avortement depuis la mort de Savita alors même que la sage-femme n'était en rien chargée de prendre des décisions par rapport à la situation de la jeune femme.

Un expert, Peter Boylan, partisan connu de l'avortement légal, a assuré que c'est la loi anti-avortement qui est responsable de la mort de Savita. Cette affirmation n'a pas été reprise par le jury d'enquête qui a souligné au contraire, avec le représentant du ministère public, les erreurs médicales commises et recommandé que des procédures soient mises en place pour les éviter à l'avenir.

L'Irlande est l'un des pays les plus sûrs pour les futures mères et la mortalité maternelle laffiche le taux le plus bas du monde, alors même, et sans doute parce que l'avortement y est illégal. Et dans des cas similaires, un médecin venu témoigner a assuré qu'il avait lui-même accéléré quatre fausses couches sur des femmes souffrant de septicémie, où les bébés n'ont pas survécu. Au cours de ces 40 dernières années, on compte 5 cas d'avortement lié à une septicémie en Irlande.

Savita aura été la première femme à mourir en couches à l'hôpital de Galway en 17 ans : à Londres, 100 femmes sont mortes en couches au cours de ces 5 dernières années.

Et comme la septicémie est très difficile à contrôler, rien ne garantit que Savita aurait survécu même en recevant les meilleurs soins possibles.

Caroline Farrow, qui a publié le compte-rendu de l'enquête sur Savita ici, termine en notant que l'hôpital de Galway est depuis plusieurs années dans le collimateur comme le pire hôpital d'Irlande – une situation qui n'est pas sans lien avec les mesures d'austérité qui par ailleurs ont des effets inquiétants sur les maternités, où l'on souffre d'un manque de personnel et de moyens.

On comprend que Praveen Halappanavar soit en colère : sa femme n'aurait peut-être pas survécu, mais elle a certainement été victime d'erreurs et de fautes médicales.

Il est vrai cependant que dans son pays d'origine, l'Inde, le taux de mortalité maternelle est 33 fois plus élevé qu'en Irlande – et même aux Etats-Unis, il est 3,5 fois plus élevé.

Reste une question médicale : l'administration d'antibiotiques efficaces, d'emblée, aurait-elle permis d'attendre que la fausse couche se fasse naturellement ? Je ne connais pas la réponse.

Reste aussi la question morale. A-t-on le droit, moralement, de prendre la vie d'un enfant à naître, fût-on certain de sa mort prochaine, pour sauver la vie de sa mère ? L'éthique catholique dit non, sachant que cela demande de l'héroïsme de la part de la mère, mais le principe du respect de la vie de l'être humain innocent ne souffre pas d'exception. Ici les choses ne se posaient de toute manière pas en termes de morale catholique, puisque la loi irlandaise ne prévoit pas de poursuivre pénalement l'avortement en ce cas, et que c'est l'absence de connaissance de la situation grave où se trouvait Savita qui explique l'absence d'action pour la sauver.

En tout état de cause, accuser la loi ou accuser le dogme catholique relève d'une même manipulation.

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21 janvier, 2013

Inde : les mères porteuses pour les couples gays, c’est fini.

L’Inde interdit désormais le recours à une mère porteuse par les couples homosexuels ou les célibataires étrangers, selon une annonce publiée sur le site internet du ministère de l’Intérieur. Le secteur des mères porteuses rémunérées est en plein essor en Inde – parmi les femmes les plus pauvres, soumises ainsi à une exploitation barbare –, et de plus en plus de couples gays, ou de célibataires, venus de l’étranger, y ont recours pour devenir parents, dès l’instant où leur pays d’origine reconnaît d’une façon ou d’une autre l’« homoparentalité ».

Les nouvelles directives, transmises aux ambassades étrangères fin 2012, disposent que les couples étrangers souhaitant avoir recours à une mère porteuse en Inde doivent être « un homme et une femme, mariés ensemble depuis au moins deux ans ». Par ailleurs les demandeurs doivent apporter la preuve que l'enfant pourra bénéficier d'un visa de retour vers leur pays d'origine.


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01 août, 2012

Contrat de “mère porteuse” : un nouvel esclavagisme

L'un des corollaires obligatoires du « mariage » homosexuel est l'« homoparentalité », puisque qui dit mariage dit famille et donc enfants, que ce soit par voie d'adoption, de fécondation artificielle pour les lesbiennes ou de mère porteuse pour les gays. La « gestation pour autrui » s'adresse aussi aux couples hétérosexuels, en principe pour pallier une incapacité de la femme à porter l'enfant, voire – des cas sont répertoriés – pour répondre à un simple désir de confort, celui de s'éviter les désagréments d'une grossesse.

Le Centro de Bioética basé à Buenos Aires vient d'analyser un contrat de « location de ventre » tel qu'il se pratique au Pulse Hospital à Ahmedabad en Inde, relevant qu'il s'agit bien d'une exploitation de la femme et d'une commercialisation du corps humain, alors que le débat en cours sur le nouveau code civil argentin porte notamment sur la « location de ventres » dont la légalisation est prévue en son article 562.

En France – pour l'instant du moins – la pratique de la mère porteuse demeure interdite et le principe d'indisponibilité du corps humain protège contre le risque d'en faire une activité rémunérée (mais pour combien de temps ?). Mais les abus ne sont pas constitués par les seuls aspects commerciaux, comme on le voit dans l'étude proposée par Milagros Berti Garcia, Bernadita Berti Garcia et Fernando Nasazzi.

Ils analysent le contrat le plus simple : celui où ceux qui apportent les gamètes sont le père et la mère génétiques de l'enfant « commandé », le père et la mère « porteurs » s'engagent à leur remettre l'enfant dès la naissance.

Voici – succinctement traduits – quelques-unes des clauses du contrat :
• La mère porteuse et son mari d'engagent à subir les examens médicaux et psychologiques demandés soit par leur médecin traitant soit par les parents génétiques et renoncent au secret médical y afférant ; ils peuvent intervenir avant, pendant ou après la grossesse. La filiation génétique de l'enfant conçu peut être établie. Les parents génétiques peuvent assister aux examens, comme ils peuvent assister à l'accouchement. 
• La mère porteuse s'engage à ne pas avoir de relations sexuelles avec qui que ce soit entre le premier jour de son cycle et la confirmation de la grossesse après le transfert de l'embryon. 
• La mère doit suivre pendant la grossesse toutes les prescriptions médicales du médecin agréé par les… appelons-les « clients » – ainsi que les échographies auxquelles ceux-ci peuvent assister, et elle doit accepter les tests vérifiant qu'elle n'a consommé ni drogues ni tabac, ou dépistant les MST et les maladies infectieuses. Elle doit subir tous les tests demandés, même invasifs, visant par exemple à dépister les défauts génétiques ou congénitaux du fœtus, et accepter les injonctions de repos prolongé, d'absence de relations sexuelles, les échographies fréquentes, etc… 
Sa conduite fait également l'objet d'un suivi serré et elle peut se voir interdire la pratique de certains sports, l'éloignement pour un voyage sans accord des clients ; on pourra lui interdire de se teinter les cheveux, de consommer de la caféine ou des édulcorants, d'être soignée par l'acupuncture, etc… 
• Si les parents génétiques meurent, une tierce personne désignée se charge de l'enfant. 
• Dès la naissance, l'enfant doit être remis aux clients et les parents porteurs renoncent à leur autorité parentale en s'interdisant tout type de réclamation à cet égard ; il s'engagent aussi à ne pas avoir ou rechercher de contact avec les parents génétiques ou à intervenir dans l'éducation du « mineur gestationné ». 
• Hormis quelques clauses spécifiques, la mère porteuse et son mari assument tous les risques médicaux, financiers et psychologiques possibles, les parents génétiques, le médecins et tous les professionnels intervenant dans l'affaire étant dégagés de toute responsabilité légale, sauf en cas de mauvaise pratique. 
• La mère porteuse s'engage à subir un avortement sur simple demande des parents génétiques en cas d'anomalie physique ou mentale du fœtus. Tout refus constitue un non accomplissement du contrat et entraîne pour la mère porteuse des conséquences économiques et légales. 
• Jusqu'à trois embryons peuvent être transférés : s'ils s'implantent tous le contrat prévoit que l'un d'eux peut être avorté. Le refus de cet avortement constitue là encore une violation du contrat sauf si le geste mettait, de l'avis du médecin, la santé de la mère porteuse en danger.
• En cas de mort de la mère porteuse, les parents génétiques versent une somme déterminée et fixée d'avance par le contrat. 
• En cas d'échec, la mère porteuse doit subir trois tentatives d'implantation en un délai maximum d'un an avant de pouvoir résilier le contrat. 
• Si la mère porteuse ne respecte pas le contrat ou adopte des conduites que celui-ci interdit, elle perd le droit à l'indemnisation de ses frais, qu'elle devra rembourser s'ils ont déjà été perçus, et elle est tenue pour responsable de tous les frais encourus par les parents génétiques, y compris les frais médicaux, de psychologie, de voyage et légaux, liste évidemment non limitative.
Les auteurs du Centro de Bioética observent que seule une forte motivation économique (pour ne pas dire détresse) peut conduire une femme à accepter une telle atteinte à des biens comme « son intimité, sa liberté, son affectivité ». « De même, l'enfant est privé d'une des composantes fondamentales de son identité, de la mère qui lui a donné le jour, il voit sa vie manipulée comme si c'était une chose qu'on remet contre une somme d'argent », poursuivent-ils – et aussi de l'allaitement maternel.

Ils ajoutent que le désir de maternité ou de paternité est lui aussi exploité par les centres de procréation assistée à des fins franchement commerciales. Non seulement on leur propose une « solution expéditive » mais on introduit une « logique productive dans la transmission de la vie humaine ».

Ils n'évoquent pas un autre risque, et pourtant il est dans la logique de ce qui précède : celui de voir un jour toute grossesse, toute « gestation » humaine soumise aux obligations, interdictions, examens et critères que celles imposées aujourd'hui aux pauvres femmes indiennes qui en sont réduites à louer leur corps pour « produire » des bébés…


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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...