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06 juillet, 2014

Irlande : un bébé miracle survit à une fausse couche et à la pilule abortive

La belle histoire du dimanche

Megan est une petite fille dodue de 18 semaines qui se porte à merveille. Mais l’histoire de sa venue au monde a tout du miracle. Au point que les médecins qui ont eu suivi l’aventure de sa maman, Michelle Hui ont décrété qu’elle devait être particulièrement « bénie ». Car l’enfant a survécu à une fausse couche et à la pilule abortive.
Michelle, 31 ans, était enceinte de 6 semaines et se rendait vers la gare pour aller au travail. Soudain, elle a commencé à saigner abondamment. Paniquée, elle appelle son mari : « Je suis en train de perdre mon bébé ! » Ross Hui s’occupe des deux autres enfants du couple­, Mya, 4 ans, et Noah, 2 ans, il ne peut les laisser pour venir la chercher. Elle rentre seule, puis elle rejoint l’hôpital Rotunda de Dublin.
Cinq échographies vont permettre aux médecins d’établir qu’elle a effectivement perdu son enfant. Pour s’assurer que son utérus est bien vide – dans le cas contraire, elle risque une grave infection – on lui prescrit deux pilules abortives et elle reste sous surveillance jusqu’au lendemain.
Il ne s’agit pas pour autant d’un avortement volontaire. Mais bien d’un soin après une fausse couche, une mesure de précaution dans une situation où l’enfant à naître a cessé de vivre et a été expulsé.
Michelle Hui raconte qu’elle était « dévastée ». Le lendemain soir, elle sort avec des amis. Boit une bouteille et demie de vin. « Je n’avais jamais bu autant. Je ne suis pas une buveuse. » Pour elle et pour son mari, pas de doute, même en tout début de grossesse, ce n’est pas un embryon ou un fœtus que l’on perd, mais un fils ou une fille…
Toujours pour s’assurer que tout allait bien, les médecins ont alors demandé à Michelle de subir un test de grossesse – non parce qu’elle pouvait être toujours enceinte, mais pour vérifier s’il restait des caillots dans l’utérus. Test positif. On décide de pratiquer un curetage.
C’est alors que se produit le miracle. Un dernier scan de contrôle permet au médecin de déceler ce qu’il ne se serait jamais attendu à voir. Incrédule, il part chercher un collègue plus expérimenté. « Vous n’allez pas le croire : il y a un battement de cœur », dit-il enfin à la maman, ivre de bonheur cette fois.  Michelle, enceinte de jumeaux, avait bien perdu l’un des enfants. Mais l’autre, inexplicablement, a survécu à tout. Et a probablement été caché, lors des échographies au moment de la fausse couche, par le sang et les caillots qui ont créé une « ombre », ont expliqué les médecins. Ils ne s’expliquent pas que le deuxième bébé n’ait pas été vu d’emblée, ni qu’il ait survécu au mifepristone…
Ce petit battement de cœur a été accueilli dans la joie. Megan est née le 25 février, à près de 3 kg, elle est parfaitement normale.
« Elle est notre petit miracle », assure Michelle. « Nous avons toujours été une famille forte, mais cette histoire nous a rendus plus forts encore. Je n’aurais pas pu traverser cette épreuve sans mon mari et mes deux enfants. Cela a été incroyablement difficile, mais aujourd’hui nous avons une petite fille précieuse et en pleine santé. »

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26 avril, 2013

Irlande : vers l'avortement légal ? Et du nouveau sur Savita

Alors que le vice-Premier ministre irlandais vient de déclarer, en marge du Conseil des affaires générales du Conseil de l'Europe à Luxembourg, que son gouvernement entend légiférer sur l'avortement d'ici aux vacances parlementaires d'été, nombre d'élus, même de gauche, se révoltent contre une mesure qui va rendre légale la mise à mort des enfants à naître.

Vidéo : ici.

Qu'Eamon Gilmore ait choisi le cadre européen pour annoncer le calendrier à la presse n'est pas fortuit.

Ce sont en effet deux faits qui sont utilisés pour faire pression sur l'Irlande afin qu'elle revienne sur son interdiction générale de l'avortement, deux pressions abusives fort commodes pour les partisans de l'« IVG » parmi les travaillistes irlandais.

Il y a d'une part la décision A, B, C contre Irlande de la Cour européenne des droits de l'homme qui a enjoint à l'Irlande de rendre plus claires les conditions auxquelles une femme dont la vie ou la santé serait exposée à un grave risque en raison de sa grossesse pourrait prétendre à un avortement à l'étranger. Cette décision reconnaissait le droit de l'Irlande de protéger la vie mais ouvrait une brèche discrète dans laquelle le lobby de l'avortement s'est évidemment engouffré, jusqu'à pousser (ou aider…) le gouvernement irlandais à préparer autorisant l'intervention en Irlande sous conditions.

D'autre part, l'affaire Savita Halappanavar, plusieurs fois commentée sur ce blog : c'est le cas d'une Indienne morte d'une septicémie alors qu'elle était enceinte de 17 semaines, et dont le mari a assuré que l'avortement qui lui avait été refusé en raison des lois irlandaises lui aurait sauvé la vie. Cette affaire qui s'est produite à quelques jours de la publication du rapport que le gouvernement irlandais avait commandé dans la foulée de la décision A, B, C de la CEDH.

A la faveur de cette affaire, l'idée s'est répandue en Irlande que l'on peut et même que l'on doit provoquer une fausse couche sur une femme pour lui sauver la vie même si l'enfant n'est pas viable et que cet acte équivaut à son arrêt de mort. S'agissant d'un acte visant directement à éliminer, et donc à tuer l'enfant, il n'est à l'évidence pas conforme au respect de la vie.

Et une chose amenant l'autre, on a décidé que les cas où l'avortement pouvait, voire devait être légal, s'étendraient aux cas où la mère menacerait de se suicider en cas de poursuite de la grossesse, même si de nombreux psychiatres estiment que cela n'est en rien une solution. (Exemple : ici.) Une polémique s'est même déclenchée ces derniers jours à propos d'une exigence que contiendrait la loi à ce propos : que la femme désirant avorter dans ce cadre voie 6 médecins, dont 4 psychiatres, pour confirmer son état suicidaire. Le gouvernement s'est empressé de dire que bien sûr une telle chose ne serait pas demandée.

A photo of the Irish abortion bill's language. 

Le vrai projet est plus étrange et plus cynique, comme le révèle Hilary White sur LifeSite en reproduisant cette photo.

Dans son état actuel, la loi exigerait l'accord d'un obstétricien et deux psychiatres pour dire que la femme présente un risque substantiel de s'en prendre à sa propre vie, et que « ce risque ne peut être prévenu que par la procédure médicale au cours de laquelle ou par l'effet de laquelle une vie humaine à naître est détruite ».

Voilà qui a au moins le mérite de la sincérité.

Et qui va se heurter de front à la Constitution irlandaise où le respect de la vie de la mère comme de l'enfant à naître est affirmé solennellement, tout en laissant la porte ouverte aux fausses couches induites en cas de danger immédiat pour la vie de mère.

MercatorNet vient de son côté de faire un résumé de l'issue de l'enquête sur la mort de Savita Halappanavar, que je n'ai pas pu évoquer en ce début de semaine faute de temps.

Sa mort, estime l'enquête officielle, résulte d'une « mésaventure médicale » : il n'est pas question dans le rapport de conclure que Savita est morte du fait qu'on lui a refusé l'avortement et encore moins parce qu'on aurait appliqué le « dogme catholique » pour justifier le refus. C'est pourtant ce qu'en ont retenu les médias.

En réalité, ce n'est pas le refus d'avortement qui a tué Savita, mais le retard de diagnostic pour une infection à l'E.coli par voie urinaire qui a abouti à un choc septique. Ce n'est pas une situation inouïe : au Royaume Uni, le Royal College of Obstetricians and Gynaecologists note que la plupart des décès de femmes enceintes de moins de 24 semaines souffrant d'une telle infection est due à des soins non-conformes aux exigences minimales, le défaut de dépistage de l'infection étant en tête de liste.

UUne septicémie comme celle dont est morte Savita est liée à un taux de mortalité de 60% et son dépistage précoce est « vital » pour augmenter les chances de survie. Le diagnostic doit être confirmé au plus tôt par des examens sanguins et il faut tout de suite administrer des antibiotiques à large spectre par voie intraveineuse, le tout accompagné d'un suivi régulier.

Savita Halappanavar s'est présentée à l'hôpital le 21 octobre, souffrant de mal de dos : étant donné qu'elle avait eu des problèmes de dos par le passé elle a simplement été renvoyée chez elle. Elle revint le soir, ayant eu des saignements. Un prélèvement sanguin eut lieu ; il révéla très rapidement un fort taux de globules blancs, qui indique la présence d'une infection. Mais personne ne s'en préoccupa.

C'est seulement 24 heures plus tard, le lundi soir, qu'un membre du personnel de l'hôpital en prit connaissance ; et c'est seulement le mercredi que le médecin chargé de Savita, le Dr Katherine Astbury, s'y référa, à 11 h 24. On avait diagnostiqué la septicémie de Savita cinq heures plus tôt et son état s'était déjà beaucoup détérioré.

Lors de l'enquête, le Dr Astbury a déclaré qu'elle aurait mis fin à la grossesse de Savita le lundi ou le mardi si elle avait été au courant de l'infection ; elle s'était appuyée sur les seuls examens pour juger que la jeune femme se trouvaitt certes mal en point, mais n'était pas en état de risque.

Autrement dit, la loi irlandaise n'était pas en cause, puisqu'elle autorise (quoi qu'on en pense par ailleurs) que l'on induise une fausse couche alors que l'enfant non viable vit encore. Dès le dimanche soir, Savita avait perdu les eaux et pour le personnel de l'hôpital de Galway, la fausse couche devait se produire spontanément très vite. La rupture des membranes, en tout état de cause, plaçait Savita en état de risque d'infection et dès lundi, on lui administra par précaution des antibiotiques par voie orale, sans tenir compte de la véritable grave infection dont elle souffrait déjà.

Après quoi, selon l'enquête, les contrôles qui auraient dû être faits tous les quatre heures, avec comptage des globules blancs, n'eurent pas lieu. Et les bons antibiotiques ne furent administrés qu'à 13 h le mercredi. D'autant qu'un test au lactosérum pratiqué tôt le mercredi matin fut fait dans de telles conditions que le labo ne put l'analyser.

A partir du mercredi matin, ayant spontanément fait sa fausse couche, Savita fut transférée vers une unité de soins intensifs et reçut « les meilleurs soins possibles », mais qui n'allaient pas compenser les erreurs précédentes.

L'avortement l'eût-il sauvée ? Les opinions divergent : l'opération elle-même comporte des risques supplémentaires d'infection et la septicémie la rend contre-indiquée. D'autre part l'enfant de Savita n'était pas la source de son infection bactérienne, puisque l'utérus et les membranes forment un environnement stérile. L'usage du misoprostol pour induire des contractions en vue d'accélérer l'expulsion n'aurait pas non plus garanti que celle-ci se produise effectivement plus vite et n'aurait pas assuré que l'on puisse se passer d'une intervention chirurgicale.

En cas de fausse couche spontanée, l'approche clinique privilégiée consiste à laisser faire ; en l'absence de signes évidents d'infection, ceux-ci étant masqués par les analgésiques, l'absence d'intervention était somme toute normale.

Ayant appris d'une fausse couche était dans son cas inévitable, avec son issue tragique pour l'enfant, l'enquête révèle que Savita a demandé l'avortement afin de pouvoir quitter l'hôpital le plus radidement possible. Ses parents étaient venus la voir depuis l'Inde et s'apprêtaient à repartir. Elle voulait leur dire au revoir à l'aéroport.

Le Dr Ashbury a refusé cette demande, s'exprimant uniquement en termes légaux et sans expliquer les raisons médicales de ce choix, en disant que la loi irlandaise ne permet pas l'avortement. Une réponse qui allait désorienter Savita et son mari Praveen. Ils devaient en parler par la suite avec une sage-femme, Ann Maria Burke, en lui demandant pourquoi l'avortement est illégal en Irlande. Savita lui expliqua que l'Inde est un pays Hindou. Mme Burke répondit que l'Irlande est un « pays catholique » pour tenter d'expliquer le contexte de la loi.

Ann Maria Burke s'est excusée lors de l'enquête pour cette déclaration, qui a été amplement exploitée par les partisans de l'avortement depuis la mort de Savita alors même que la sage-femme n'était en rien chargée de prendre des décisions par rapport à la situation de la jeune femme.

Un expert, Peter Boylan, partisan connu de l'avortement légal, a assuré que c'est la loi anti-avortement qui est responsable de la mort de Savita. Cette affirmation n'a pas été reprise par le jury d'enquête qui a souligné au contraire, avec le représentant du ministère public, les erreurs médicales commises et recommandé que des procédures soient mises en place pour les éviter à l'avenir.

L'Irlande est l'un des pays les plus sûrs pour les futures mères et la mortalité maternelle laffiche le taux le plus bas du monde, alors même, et sans doute parce que l'avortement y est illégal. Et dans des cas similaires, un médecin venu témoigner a assuré qu'il avait lui-même accéléré quatre fausses couches sur des femmes souffrant de septicémie, où les bébés n'ont pas survécu. Au cours de ces 40 dernières années, on compte 5 cas d'avortement lié à une septicémie en Irlande.

Savita aura été la première femme à mourir en couches à l'hôpital de Galway en 17 ans : à Londres, 100 femmes sont mortes en couches au cours de ces 5 dernières années.

Et comme la septicémie est très difficile à contrôler, rien ne garantit que Savita aurait survécu même en recevant les meilleurs soins possibles.

Caroline Farrow, qui a publié le compte-rendu de l'enquête sur Savita ici, termine en notant que l'hôpital de Galway est depuis plusieurs années dans le collimateur comme le pire hôpital d'Irlande – une situation qui n'est pas sans lien avec les mesures d'austérité qui par ailleurs ont des effets inquiétants sur les maternités, où l'on souffre d'un manque de personnel et de moyens.

On comprend que Praveen Halappanavar soit en colère : sa femme n'aurait peut-être pas survécu, mais elle a certainement été victime d'erreurs et de fautes médicales.

Il est vrai cependant que dans son pays d'origine, l'Inde, le taux de mortalité maternelle est 33 fois plus élevé qu'en Irlande – et même aux Etats-Unis, il est 3,5 fois plus élevé.

Reste une question médicale : l'administration d'antibiotiques efficaces, d'emblée, aurait-elle permis d'attendre que la fausse couche se fasse naturellement ? Je ne connais pas la réponse.

Reste aussi la question morale. A-t-on le droit, moralement, de prendre la vie d'un enfant à naître, fût-on certain de sa mort prochaine, pour sauver la vie de sa mère ? L'éthique catholique dit non, sachant que cela demande de l'héroïsme de la part de la mère, mais le principe du respect de la vie de l'être humain innocent ne souffre pas d'exception. Ici les choses ne se posaient de toute manière pas en termes de morale catholique, puisque la loi irlandaise ne prévoit pas de poursuivre pénalement l'avortement en ce cas, et que c'est l'absence de connaissance de la situation grave où se trouvait Savita qui explique l'absence d'action pour la sauver.

En tout état de cause, accuser la loi ou accuser le dogme catholique relève d'une même manipulation.

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02 avril, 2013

Irlande : le rapport sur l'affaire Savita va être exploité en faveur de l'avortement

L'affaire de la jeune maman d'origine indienne morte en Irlande à l'occasion d'une fausse couche septique prend un nouveau tour avec la publication du rapport provisoire final qui détaille les circonstances du décès de Savita Halappanavar au Galway University Hospital en octobre dernier. Cette affaire, longuement commentée sur ce blog, ouvre la porte à une légalisation partielle de l'avortement dans ce pays qui par ailleurs présente l'un des taux de mortalité maternelle les plus bas du monde.

Ce que l'on en sait nous vient de l'avocat du veuf de Savita, qui a depuis le départ concouru à l'opération visant à rendre la loi anti-avortement en Irlande responsable de la mort de son épouse : cela reste donc sujet à caution.

L'Irish Times, toujours sous la plume de la journaliste Kitty Holland qui est impliquée dans la lutte pro-avortement, rapporte que le rapport attribue la mort de Savita à une erreur d'appréciation des médecins et personnels médicaux qui ont « apparemment » trop mis l'accent sur le bien-être du fœtus et pas assez sur celui de la patiente.

Mais il apparaît surtout que l'hôpital n'a pas fait le travail de suivi nécessaire sur la jeune femme qui présentait déjà, le dimanche soir à son premier passage, un taux de globules blancs élevé qui indiquait la présence d'une infection. A ce moment-là le médecin avait déjà refusé de tenté de recoudre le col de l'utérus de la patiente pour prévenir la fausse couche, jugeant qu'il n'y avait aucun moyen de l'arrêter, selon des indications données par la presse le mois dernier.

Les signes vitaux de Mme Halappanavar ont été insuffisamment suivis et ce n'est que le mercredi, alors que son état de santé empirait terriblement, que des prises de sang supplémentaires ont été effectués et elle n'a été transférée vers le service compétent pour lutter contre l'infection qu'après la cessation du battement du cœur de son enfant. Ce même mercredi, l'équipe médicale avait envisagé un avortement mais n'avait pas donné suite, selon le rapport. En état de choc septique, Savita est morte le vendredi 28 octobre 2012.

Praveen Halappanavar n'est pas satisfait : il estime que le rapport n'indique pas que l'absence d'avortement – réclamé selon lui par sa femme et par lui-même dès le lundi lors de son admission à l'hôpital – est responsable de la mort de son épouse.

Ce qui apparaît clairement, en revanche, c'est que le traitement antibiotique qu'il aurait fallu administrer d'emblée n'a pas été donné, et – s'il faut en croire des fuites du rapport publiées par la presse en février – 
cela était dû non au choix préférentiel en faveur du fœtus qui vu son âge n'avait pas de chance de survivre mais au mauvais jugement de médecins inexpérimentés et débordés et à une cascade de mauvais suivis et transmissions d'informations,

Praveen continue d'accuser le personnel de l'hôpital qui lui aurait répondu : « Nous ne faisons pas d'avortements ici, c'est un pays catholique », pour rendre la doctrine catholique responsable de la mort de sa femme.

Quelles étaient ses chances de survie ? Sans doute élevées si l'infection avait été prise à temps, et dans ce cadre, si la situation avait été correctement évaluée, il est probable que la décision d'accélérer la fausse couche eût été prise malgré le fait que le fœtus n'était pas viable. Le rapport indique qu'une incertitude quant à la loi a pu empêcher les médecins d'agir. Mais les chances de survie de Savita étaient de toute façon nulles si l'on considère qu'il y a eu de multiples erreurs quant à l'évaluation de son état : aucune loi, pour ou contre l'avortement, n'aurait pu la sauver.

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15 juillet, 2012

Argentine : un carré de cimetière pour les enfants morts avant de naître

Le département de 9 de Julio, en la province de San Juan en Argentine, vient de réserver un espace de 900 mètres carrés d'un cimetière-parc aux enfants morts prématurément du fait d'un avortement spontané ou provoqué. Le projet a été porté conjointement par la municipalité et l'archevêché et c'est Mgr Alfonso Delgado qui a béni le carré de terre vendredi dernier – le « jardin des anges ». Une Vierge à l'enfant, commandée à un sculpteur local, orne le lieu.



Walberto Allende
Pour le responsable municipal, Walberto Allende, l'idée de créer cet espace est né de « la douleur que connaissent beaucoup de familles lors de la perte d'un bébé », et, de manière plus brutale, de la découverte des restes d'un fœtus retrouvés il y a quelques mois sur le voie publique. « Au bout du compte, on traite ces enfants comme des déchets », a-t-il déploré. Le plus souvent, en effet, après une fausse couche ou un avortement, les fœtus sont traités comme des résidus pathologiques, leur remise à la famille et leur enterrement en terre chrétienne demeurant l'exception.

Pour eux, donc, il y a désormais une terre bénite, qui pourra accueillir plus de 2.000 fœtus – sans frais pour les parents puisque le lieu est mis à disposition et que l'entretien sera assuré par la municipalité. Pour en bénéficier il suffira de pouvoir produire un document attestant du lien de parenté avec le petit corps à inhumer.

Quant aux tout-petits victimes d'un avortement provoqué, ou trouvés dans la rue comme celui qui avait poussé Walberto Allende à agir, ils pourront être enterrés moyennant une injonction judiciaire, et même d'office si les proches ne voulaient pas accepter le principe de l'inhumation, comme l'a expliqué un juge local, Roberto Pagéz.

Mgr Alfonso Delgado Evers
L'archevêque, Mgr Delgado, a suggéré pour sa part que les bébés enterrés là reçoivent un nom et qu'une pierre vienne orner chaque tomber « parce qu'ils méritent, de par leur dignité d'êtres humains, le même traitement que n'importe qui d'autre ».

Le vice-gouverneur de la province, de nombreuses autorités locales ainsi que des représentants de mouvements pour le respect de la vie assistaient à l'inauguration, qui a été suivie de l'inhumation de deux tout-petits.

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10 novembre, 2010

Comment George W. Bush est devenu pro-vie

Avec la permission de sa mère, l'ancienne First Lady des Etats-Unis, Barbara Bush, l'ancien président, deuxième du nom, raconte dans ses Mémoires publiées aujourd'hui sous le titre Decision Points comment la vue de l'enfant perdu lors d'une fausse-couche de sa mère a ancré en lui des sentiments pro-vie.

Déjà grand adolescent, c'est le jeune George qui emmène d'urgence sa mère à l'hôpital alors qu'elle vient de perdre son bébé. Barbara a placé les restes du fœtus dans un bocal en verre pour les montrer aux médecins aux urgences. Et elle permet à son fils de regarder. « C'était une vie humain : un petit frère ou une petite sœur », raconte-t-il. Bouleversé, il comprend que l'enfant à naître est une personne à part entière.

Voilà qui explique qu'au milieu de décisions et de choix politiques dont nous connaissons, hélas, les conséquences néfastes sur le plan international, cet homme de pouvoir a eu sur ce point des convictions aussi fortes et aussi inébranlables.

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31 janvier, 2007

Italie : une sépulture pour les fœtus

Yves Daoudal présente la nouvelle possibilité, en Lombardie, de donner une sépulture à tous les fœtus morts prématurément, quel que soit leur âge. Et il commente les critiques que cette décision du conseil régional a suscitées.

Voir le blog d'Yves Daoudal.

06 décembre, 2006

Risques de fausses couches...

...Ils sont augmentés, aux termes d'une étude menée par la London School of Hygiene and Tropical Medicine, par plusieurs facteurs. Ainsi un avortement précédent, une fausse couche précédente, la fécondation in vitro, un poids d'avant-grossesse trop faible, le changement de partenaire, la conception hors mariage se révèlent des facteurs significatifs de risque pour une fausse couche pendant le premier trimestre, ainsi que l'âge maternel ou paternel élevé.

En revanche, les nausées, l'absorption de fruits et de légumes, la prise de vitamines et le bien-être émotionnel sont associés à un risque moindre.

L'étude menée par l'équipe de Noreen Maconochie a été réalisée d'une part auprès de 6.300 femmes âgées de 18 à 55 ans, dont la grossesse récente s'était terminée par une fausse couche pendant le premier trimestre, et d'autre part auprès de 6.116 femmes dont la grossesse récente avait dépassé les 12 semaines.

Les femmes ayant avorté présentent d'après l'étude un risque augmenté de 60 % de fausse couche par rapport à celles n'ayant pas avorté au cours de leur vie.

L'abstract de l'étude à paraître en janvier dans le British Journal of Gynaecology se trouve ici.

Source : ici.

01 décembre, 2006

L'avortement comme un homicide involontaire...

La mort de Naomie, petite fille née à la suite d’une fausse couche à six mois de grossesse, a été prise en compte par la cour d’appel de Lyon, qui a aggravé les peines prononcées en première instance à l’encontre du chauffard qui avait causé sa naissance prématurée à l’occasion d’un accident de la route. Jean-Pierre Grosclaude, qui se savait fatigué et sujet aux endormissements en plein jour, avait néanmoins pris le volant un jour de 2004, et s’étant endormi avait heurté la voiture d’une jeune femme enceinte. Il a été condamné à un an de prison dont 8 mois avec sursis et à l’annulation de son permis pour trois ans pour « homicide involontaire », la circonstance aggravante de manquement à la sécurité ayant été retenue par la cour.

L’affaire est symbolique dans la mesure où le décès de Naomie n’a été pris en compte qu’au seul motif qu’elle a respiré avant de mourir du fait de l’accident. Mort-née, on aurait fait comme si elle n’avait pas existé et Jean-Pierre Grosclaude aurait risqué tout au plus une amende ou un retrait de permis pour blessures involontaires sur adultes.

« Si cet enfant n’avait pas respiré, nous n’en parlerions même pas et cet être qui vivait en cette femme ne compterait pas », avait relevé Me Agnès Tricoire, avocate de ses parents, soulignant l’état de « vide juridique » où nous nous trouvons du fait de la non-existence d’un statut du foetus.

Mais cette schizophrénie juridique est indispensable pour continuer à justifier l’avortement volontaire. Tant pis pour la réalité.

Source : Présent daté du 2 décembre.

25 octobre, 2006

Bébés morts-vivants...

Le « Royal College of Obstetricians and Gynaecologists » britannique s’apprête, selon le Sunday Times, à publier des recommandations sur la conduite à tenir devant des enfants nés à moins de 22 semaines de gestation : il serait question de ne plus leur délivrer un certificat de naissance même s’ils naissent vivants – donc s’ils respirent, s’ils bougent ou si leur cœur bat. La raison ? Ils ont de toute façon peu de chances de survivre…

On enregistre quelque 300 naissances par an à moins de 22 semaines au Royaume-Uni : quelques-uns survient, mais la plupart vivent quelques minutes avant de mourir dans les bras de leurs parents, mais une cinquantaine naissent ainsi vivants à la suite d’un avortement raté. C’est pour ceux-ci que le « Royal College » envisagerait de modifier ses recommandations, étant donné que l’établissement d’un certificat de naissance est cause de « douleur évitable » chez les mères qui souhaitaient avorter. On créerait donc une catégorie de bébés « pré-viables ».

Et tant pis pour la grande majorité des parents d’enfants qui disparaissent ainsi tragiquement chaque année, et pour qui le certificat de naissance est une sorte de reconnaissance de leur deuil, la preuve que la brève existence de leur petit a été réelle. Du point de vue de certains médecins, le refus de reconnaître la réalité de cette vie s’avère également problématique : « Je trouve cette idée incroyable et profondément dérangeante. Prétendre qu’un fœtus est mort-né alors qu’il est né en réalité avec des signes de vie, aussi petit ou prématuré qu’il ait été, constituerait une grave tromperie », souligne ainsi le Dr Paul Clarke, docteur en néonatalogie à l’université de Norfolk et Norwich.

Chose non dite, mais probablement sous-entendue à l’heure où l’on sauve les prématurés de plus en plus tôt : on pourrait se dispenser de tout soin à un tout-petit de moins de 22 semaines né à la suite d’une fausse couche ou d’un avortement.

Cela dit les nouvelles recommandations attendues posent un nouveau problème aux « abortistes » : en signalant que 17 % des bébés nés entre 22 et 24 semaines survivent aujourd’hui, elles apportent des arguments solides à ceux qui militent outre-Manche pour la réduction du délai de l’avortement légal au Royaume-Uni, fixé dans le cas des avortements non « thérapeutiques » (possibles jusqu’à la naissance comme en France) à 24 semaines. 875 avortements non « thérapeutiques » y ont été pratiqués l’an dernier entre 22 et 24 semaines.

Source : Sunday Times

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...