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11 novembre, 2014

Inde : légalisation des avortements par les sages-femmes, les homéopathes et les médecins ayurvédiques

Un amendement à la loi sur l’avortement (Medical Termination of Pregnancy) vient d’être présenté en Inde en vue d’améliorer l’accès à l’« IVG ». La refonte de la loi vise à permettre aux sages-femmes, mais aussi aux homéopathes et aux médecins traditionnels ayurvédiques de procurer l’avortement médical, et non seulement les médecins allopathes comme c’est le cas actuellement. Dans le même temps, elle veut augmenter le délai de l’avortement légal en le faisant passer de 20 à 24 semaines (au-delà du seuil de viabilité). Au cours du premier trimestre, l’avortement serait procuré de plein droit sur demande de la femme : à l’heure actuelle, le médecin décide si elle peut l’obtenir ou non.
En cas d’anomalie fœtale, ou de grossesse consécutive à un viol ou un inceste l’avortement serait légal encore plus longtemps, voire jusqu’au terme selon l’amendement proposé.
Vinoj Manning,
d'IPAS
Avec une telle loi l’Inde compterait parmi les Etats ayant la législation la plus libérale en matière d’avortement. Commentaire de Vinoj Manning, directeur d’IPAS, une ONG de promotion de l’avortement légal : « Cet amendement constitue la plus grande avancée pour le renforcement du droit des femmes de contrôler leur propre corps et leur propre santé depuis que l’avortement a eté libéralisé en Inde en 1971. »
L’amendement proposé par le ministère indien de la santé et du bien-être familial vise à réduire la mortalité maternelle et à remplir les Objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU : au moins les choses sont claires.

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08 septembre, 2014

Etats-Unis : prison pour une femme qui a donné la pilule abortive à sa fille

Une habitante de Washingtonville, Pennsylvanie, vient d’être condamnée à 12 à 18 mois de prison, une amende de 1.000 $ et 40 heures de travaux d’intérêt général pour avoir fourni des pilules abortives à sa fille de 16 ans enceinte qui ne voulait pas garder son bébé.
Jennifer Ann Whalen, 39 ans, mère célibataire, a plaidé coupable du délit d’« avortement illégal » dans cet Etat où l’avortement ne peut être pratiqué que par un médecin.
En l’absence de clinique d’avortement à proximité de son domicile – la plus proche est à plus de 100 km – et faute d’avoir souscrit un contrat d’assurance santé, la mère a obtenu des pilules abortives par internet en les faisant venir d’Europe.
Peu après avoir avalé les comprimés, sa fille a commencé à ressentir des crampes très douloureuses et s’est mise à saigner abondamment, à tel point qu’elle a dû être conduite aux urgences.
Jennifer Ann Whalen fera donc de la prison. Si elle avait conduit sa fille dans un avortoir, personne n’y aurait trouvé à redire. La loi de Pennsylvanie tient compte de tout, sauf de la réalité.

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31 décembre, 2013

Une belle histoire pour finir l'année : celle d'un bébé qui a survécu à la RU 486

Shannon Skinner et Anthony Hunt, symboles d'une
génération désorientée – mais ils ont fini par
choisir la vie.
C'est en Angleterre que se passe cette histoire qui se termine bien, un peu douce-amère… Il y a trois mois et demi, Shannon Skinner, 19 ans, de Knowles près de Bristol, découvrait qu'elle était enceinte – pour la deuxième fois. Avec son petit copain, Anthony Hunt, elle élevait déjà leur premier enfant qui avait alors neuf mois. Trop tôt, trop vite : ce deuxième bébé arrivait à un mauvais moment, où le couple rencontrait des problèmes : fallait-il accueillir une nouvelle vie dans ces conditions tout sauf idéales ?

Shannon et Anthony discutent, se posent des questions, et finissent par opter pour un avortement médicamenteux. Les comprimés et le suivi seront fournis par une clinique spécialisée dans la suppression des toutes petites vies : Marie Stopes International. Et Shannon – c'est elle qui le raconte } pleure son bébé.

Mais voilà qu'elle continue de souffrir de nausées matinales, et qu'elle ressent des mouvements en son sein. Les médecins qu'elle consulte assurent que ce sont des effets secondaires de l'avortement médicamenteux. De toute façon, dans la foulée de l'« IVG », Marie Stopes l'a persuadée d'accepter un implant contraceptif, alors ?

Mais Shannon Skinner se pose toujours des questions, fait un test de grossesse à domicile, qui s'avère positif. Quelques semaines se sont déjà écoulées depuis qu'elle a pris ses comprimés de RU 486 ; son médecin lui explique que cela est « normal » après un avortement, et prescrit lui-même un test qui sera négatif.

Le 20 décembre, se sentant toujours mal, elle retourne chez le médecin. Cette fois, il confirme qu'elle est enceinte. Et suggère qu'il s'agit d'un raté de l'implant : ce serait donc la troisième grossesse de Shannon… Le lendemain, elle fait vérifier l'affaire et découvre que c'est en réalité l'avortement qui a raté : le bébé qu'elle porte, une petite fille, en est à vingt semaines !

Mais va-t-elle bien ? C'est l'angoisse de la jeune maman : quel peut être l'état de santé d'un bébé qui a subi un avortement médicamenteux capable de causer des anomalies, et les doses d'hormones contraceptives libérées par l'implant ? Une échographie pratiquée la veille de Noël montre que tout va pour le mieux, mais l'échographiste douche bientôt l'optimisme de sa patiente en annonçant sombrement en s'autorisant à lui dire que la petite pourrait bien développer des anomalies fonctionnelles plus tard.

Bref, le corps médical essaie de se prémunir, n'est-ce pas ? Plusieurs médecins vont se charger de dire à Shannon qu'elle a encore trois semaines pour « choisir », puisque l'avortement est légal en  Grande-Bretagne jusqu'à 24 semaines…

Mais avec son ami, Shannon ne se sent pas le cœur de faire cela au bébé, qui a déjà survécu à tant de périls. « Nous avons décidé de garder le bébé, car nous pensons que ce serait pas bien d'avorter à ce stade. C'est évidemment un petit battant, et nous ne voulons pas lui faire davantage de mal. »

La naissance de cette petite fille-miracle est prévue pour le 7 mai, elle est enfin la bienvenue.

En attendant ses parents se sont plaints à Marie Stopes International, qui s'est contenté de publier un communiqué expliquant que « très occasionnellement, la pilule abortive peut ne pas fonctionner ». L'organisation assure qu'elle en avertit les femmes afin qu'elles puissent faire vérifier si leur avortement médicamenteux s'est fait avec succès « afin qu'un nouveau “traitement” puisse être demandé si nécessaire ».

Mais l'acharnement meurtrier a lui aussi ses ratés !

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25 mai, 2012

Pilule abortive : la Hongrie résiste

L’introduction éventuelle de la pilule abortive en Hongrie provoque un vif débat dans le pays, le gouvernement se montrant réticent à autoriser sa commercialisation. L’AFP explique que ce refus était dénoncé jeudi par « la presse indépendante », qui évidemment est partisan de la mort sur ordonnance.

Vendredi dernier, le quotidien de droite Magyar Nemzet, citant le ministère des Ressources humaines qui inclut la Santé, avait annoncé que la pilule abortive avait reçu les différentes autorisations pour être commercialisée en Hongrie.

Mais dès lundi, le secrétaire d’Etat pour la Santé Miklos Szocska a précisé que si son inscription dans le registre des médicaments autorisés est une « obligation pour les pays membres de l’Union européenne » (qui se mêle, comme on sait, de diffuser la culture de mort), cela ne signifiait pas qu’elle serait commercialisée.

Miklos Szocska fait état d’un « débat professionnel intense » entre médecins sur cette pilule. Il a clairement ajouté qu’une commercialisation n’était pas à l’ordre du jour.

Mais la Hongrie elle aussi à son « grand journal quotidien de référence », comme ils disent. Nepszabadsag (« centre-gauche », précise l’AFP !) a dénoncé jeudi le comportement du ministère de la Santé, « simplement incapable », dit-il, de fournir des explications tangibles quant à son refus de laisser commercialiser la pilule RU 486. Le journal cite aussi le président de l’Association des médecins Jenö Racz, qui craint de voir les institutions de santé « impliquées dans un débat politique ».

Mercredi, à l’appel de l’« association Alfa pour la vie », des dizaines de manifestants se sont rassemblés devant le ministère de la Santé pour protester contre une éventuelle introduction de la pilule. Le vice-Premier ministre Zsolt Semjen, l’adjoint du chef de gouvernement conservateur Viktor Orban, et deux députés du parti Jobbik étaient présents.

En Hongrie, le nombre des avortements est en baisse régulière depuis les 20 dernières années : il atteignait en 1990 le total effarant de 90 400 « interruptions », pour environ 10 millions d’habitants, pour passer à 56 400 en 2001, 40 450 en 2010 et 38 400 en 2011. La population, elle, est restée constante.

En Hongrie, la nouvelle Constitution, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, défend « la vie humaine dès sa conception ».

Article extrait du n° 7609 de Présent, du samedi 26 mai 2012



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28 septembre, 2011

L'avortement chimique est plus traumatisant

On savait déjà que l'avortement chimique, réalisé avec la RU 486, entraîne plus de complications. Une étude menée en Angleterre révèle que les femmes qui ont subi un avortement, loin de préférer l'avortement « médical », réputé plus « sûr » et moins stressant, font part de davantage de problèmes médicaux et de plus de problèmes psychiques après avoir avoir avalé les comprimés et ressenti le passage de leur enfant mort.

L'étude portait sur des femmes ayant subi des avortements entre 13 et 20 semaines de grossesse, interrogées après l'intervention, puis (pour 66 % d'entre elles) deux semaines plus tard. Au Royaume-uni, l'avortement chimique est autorisé jusqu'à la 24e semaine…

Celles ayant subi un avortement chirurgical ont répondu que la procédure n'était pas pire que ce à quoi elle s'étaient attendues, contre un peu plus de la moitié de celles ayant subi un avortement chimique. Mêmes proportions à peu près pour celles à qui on demandait si elles étaient prêtes à recommencer : celles ayant subi un avortement chirurgical ont répondu oui, les autres non, pour moitié.

De même les répercussions psychologiques (à court terme, précise l'étude de Teresa Kelly et autres à l'université de Newcastle) étaient moins fortes après un avortement chirurgical : celles qui avaient perdu leur enfant « à domicile » après avoir pris les pilules abortives ont été nombreuses à faire état de « pensées non désirées » et de cauchemars…

L'avortement chimique est également associé à plus de douleur et d'hémorragie.

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10 mai, 2011

L'avortement chimique entraîne plus de complications

C'est le constat fait en Australie au terme d'une étude grandeur nature des suites d'avortements chirurgicaux et chimiques réalisés en 2009 et 2010 dans le South Australia. L'information devrait jeter le discrédit sur le message promotionnel des diffuseurs du RU-486 qui vantent l'avortement chimique comme étant plus « sûr » – comme l'explique le journal The Australian.

Pas un pays sûr pour les petits…
Près de 7.000 interventions réalisées au cours de la période dans cet Etat australien ont été prises en compte : il s'avère que dans 3,3 % des cas d'avortements chimiques au mifépristone (RU 486) au cours du 1er trimestre, la femme était revenue au service des urgences d'un hôpital, contre 2,2 % des femmes ayant subi un avortement chirurgical.

La proportion des femmes admises à l'hôpital à la suite de leur avortement (hors urgences) a même atteint 5,7 % des utilisatrices du mifépristone contre 0,4 % des patientes ayant subi une opération, et ayant besoin de soins post-chirurgicaux.

L'Australie n'a autorisé le RU 486 qu'en 2006 et il s'est trouvé un professeur de médecine pour expliquer que le pays se trouve encore au début de la « phase d'apprentissage » quant à l'utilisation de la molécule… Encourageant !

Quant aux infections ayant justifié une hospitalisation post-abortive, elles ont touché une femme sur 1.500 pour les avortements chirurgicaux précoces, contre 1 pour 480 dans le cadre d'avortements chimiques. « Statistiquement insignifiant », mais quand même.

Il est vrai que le taux de complications après des avortements de 2e trimestre, souvent pratiqués pour éliminer un bébé présentant une anomalie, atteint 33 % aux termes de l'étude.

Le nombre de doses létales – pour l'enfant ! – de RU 486 prescrites et répertoriées en Australie par l'administration des Biens thérapeutiques (sic) a atteint 11.173 depuis son autorisation en 2006 et le procédé ne représente qu'une fraction des avortements totaux, quelque 100.000 par an.

Mais en Australie du Sud le taux de recours à l'avortement chimique atteint déjà plus d'un sur 5.

L'étude des Drs Ea Mulligan et Hayley Messenger a porté sur la plus grande part des quelque 9.000 avortements enregistrés en Australie du Sud en 2009 et 2010  ; quel que soit l'angle adopté, l'avortement chimique devait s'y révéler plus périlleux. Ainsi en va-t-il de l'incidence de complications graves : deux des 5.823 patientes « chirurgicales » étudiées ont souffert d'hémorragie importante (perte de plus d'un litre de sang) lors de leur avortement de 1er trimestre, soit un petit 1 pour 3.000, tandis qu'elles étaient quatre pour 947 utilisatrices du RU 486 à avoir connu une hémorragie aussi sévère, plus d'une pour 230.

Le Pr Caroline da Costa, obstétricienne, qui a fait pression pour introduire l'avortement chimique en Australie, estime que ces taux de complications restent très bas et veut aussi rassurer en expliquant que la procédure est très neuve pour les personnes qui y recourent et qu'il n'est pas étonnant de voir un « petit nombre » se présenter aux urgences au vu de « l'importance de la douleur et (ou) de l'hémorragie ». Les complications n'en seraient donc pas parce qu'elles sont normales…

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01 janvier, 2011

Finlande : de plus en plus d'avortements chimiques

Le journal régional finlandais Karjaleinen révèle que désormais les trois quarts des avortements en Finlande sont pratiqués « à domicile », pour un quart d'avortements chirurgicaux. En Carélie du Nord, la proportion atteint  80 %.

 Mika Gissler, responsable de l'Institut national de la santé et du bien-être, a présenté ces chiffres en se félicitant des économies entraînées par cette tendance puisque la procédure chimique est moins onéreuse et qu'on évite le recours aux infrastructures hospitalières.

L'avortement à domicile permet de simplifier considérablement les démarches : la femme absorbe des comprimés sous la surveillance d'un médecin, puis retourne chez elle en attendant que l'avortement se déclenche.

C'est – presque – la banalisation ultime.

Car ces chiffres ne disent pas l'angoisse, la souffrance et la détresse psychologique que peut entraîner l'attente de la mort de son tout-petit, souvent dans l'isolement, puis le choc de l'avortement lui-même qui n'est pas moins ressenti parce qu'il se pratique à 4 ou 5 semaines de gestation…

Mais cette banalisation est exactement celle qui était souhaitée à l'origine par des partisans du « droit » à l'avortement. Pierre Simon, dans son autobiographie De la Vie avant toute chose, explique comment il rêve pour les femmes d'une sorte de « vidange utérine » mensuelle pratiquée par le médecin qui leur permettrait de ne jamais savoir si elles avortent ou non au cours d'un cycle… L'ancien Grand-Maître de la Grande Loge de France fut l'une des chevilles ouvrières de la loi Neuwirth et de la loi Veil (et l'on ose encore prétendre que celle-ci, appliquée à la lettre, était faite pour éviter des avortements !).

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13 septembre, 2010

En Equateur, des graffiti recommandent l'avortement chimique

Derrière les mots, des blasphémateurs. Et des financeurs. Les habituels… mais aussi des catholiques…

Photo du site El Universo
La poussée internationale pour faire adopter globalement un médicament anti-ulcers, le Cytotec (misoprostol) pour faciliter l'accès de toutes à l'avortement pendant le premier trimestre de la grossesse, que j'évoque régulièrement ici, trouve ces jours-ci une illustration particulièrement significative dans plusieurs provinces en Equateur. Dans plusieurs petites villes des provinces de Santa Elena, Manabi et quelques autres, une campagne de graffiti fleurit sur les murs : deux mots (Aborto seguro – avortement sans danger) flanqués d'un numéro de téléphone portable, qui se révèle être une hotline de conseils sur la manière d'avorter (en toute illégalité) avec le Cytotec. Des dizaines de faits de ce genre ont été constatés à travers le pays.

Un reportage d'El Universo explique que la campagne est menée par une ONG, « Salud Mujeres » (Santé Femmes) dont le siège est à Quito et qui rassemble une Coordinatin des jeunes féministes (filles et garçons !) de 15 à 24 ans mobilisés pour défendre « l'équité de genre ».


Une journaliste a « testé » le numéro d'aide proposé sur les murs des villes : c'est une voix de femme qui répond et qui entre tout de suite dans le vif du sujet : « Raconte-moi ton problème. » « Caroline » dit qu'elle est enceinte. L'interlocutrice lui demande à quand remontent les dernières règles, prend son numéro de téléphone et annonce qu'elle va rappeler. Ce qu'elle fait dans les trois minutes, pour faire part de son calcul (8 semaines et 4 jours de grossesse, annonce-t-elle).

Sans autre question ni mise en garde que celle de dire qu'au-delà de 12 semaines, il faut chercher une autre forme d'information, elle demande à « Caroline » de prendre un crayon et du papier et de noter le nom d'un médicament « garanti par l'Organisation mondiale de la Santé » (oui – pour son usage anti-ulcéreux et anti-hémorragique post-partum seulement !), et de prendre note du nombre de pilules, avec leur dosage exact, à acheter sans ordonnance et « de préférence dans une pharmacie de quartier ». Suivent des indications sur la manière d'ingérer les comprimés : « Note bien sur ton papier ! »

La conseillère annonce ensuite que « Caroline » aura des saignements importants pendant deux ou trois jours, des coliques, des vomissements, des accès de froid, de la diarrhée – mais, pas d'inquiétude, ce sont les symptômes d'un avortement spontané. Donc, en cas de complication, il n'est pas risqué d'aller consulter un médecin qui ne pourra établir la réalité de l'avortement volontaire d'après son auscultation.

« Caroline » demande alors s'il n'y a pas de danger. « Le médicament est fiable », susurre la voix au bout du fil.

Fiable pour ses usages recommandés, sans doute. Mais pour Jesica Lopez, obstétricienne de Santa Elena (Equateur), les risques d'infection sont élevés : le Cytotec provoque des contractions utérines mais ne garantit pas qu'une partie du « produit » de la grossesse ne restera pas dans l'utérus ; elle ajoute que beaucoup de femmes ont ainsi perdu cet organe, la plupart du temps des femmes jeunes chez qui la méthode est encore plus dangereuse dans la mesure où leur utérus n'est pas arrivé à complète maturité.

El Universo signale que la Juge de l'Enfance et de l'Adolescence de Santa Elena, Ana Maria Tapie a souligné que si la Constitution de l'Equateur  garantit le droit de prendre des décisions « libres et reponsables », elle vise la responsabilité de la femme enceinte de prendre soin d'elle-même et aussi de son enfant…

L'initiative de Salud Mujeres vise clairement à promouvoir des actes contraires à la loi qui pénalise toujours l'avortement en Equateur, et particulièrement chez des mineures à qui l'on propose ainsi d'avorter à l'insu de leurs parents.

Comble de l'abjection : utiliser Marie pour l'IVG…
En allant voir le site de cette ONG qui se vante d'avoir un réseau dans l'ensemble de l'Amérique latine, j'ai pu constater que l'idée d'inciter les jeunes à l'avortement illégal, discret, gratuit, à domicile et prétendument « sans danger » a fait l'objet d'une première campagne à Quito en juin 2008. Ses militants avaient choisi d'accrocher leur banderole avec le numéro de téléphone – toujours le même – sur la statue de la Vierge du Panecillo, la colline « Pain de Sucre » qui s'élève au bout de la veille ville.

« Par cette action, on entend re-signifier les symboles catholiques pour parvenir à avoir une incidence sur l'imaginaire des personnes qui vivent dans notre société, celle-là même qui est fortement caractérisée par son catholicisme. Le message qu'on entendait donner était de dire que “toutes les femmes, nous avons le droit de poursuivre ou non nos grossesses, y compris la Sainte Vierge qui fut consultée à propos de la poursuite de sa grossesse. »

Lorsqu'on arrive à un tel degré d'inversion et de blasphème, on comprend mieux ce qui se tapit derrière le discours féministe.

 Salud Mujeres et l'association qui chapeaute cette ligne téléphonique d'assistance reçoivent des fonds et de l'aide du monde entier. Par exemple : Ipas, une ONG pro-avortement que j'ai évoqué plusieurs fois sur ce blog, notamment en mars : elle venait alors d'organiser une Journée d'appréciation des fournisseurs d'avortements

Un autre grand bailleur de fonds est le Global Fund for Women (le lien aboutit à une page de recherche qui indique le militantisme de cette ONG pour l'avortement légal). GFW refuse farouchement les fonds gouvernementaux mais qui les accepte (directement ou via leurs fondations caritatives) de la part de JPMorgan, Goldman Sachs, Microsoft, Symantec, Famille Ritz, les fondateurs de Hewlett Packard, American Express, Gap, Google, la Banque mondiale, Freddie Mac, Pfizer, Nestlé, Bill and Melinda Gates Foundation, Astraea Lesbian Foundation for Justice, Isabel Allende Foundation, etc, etc, etc. Et la fédération internationale du Planning familial.

La liste est très longue et vous la trouverez derrière ce lien, en bas de page, sous « Annual Report ».

J'y ai relevé un certain nombre de donateurs surprenants, dont on espère qu'ils auront été simplement naïfs, éblouis par les actions humanitaires de GFW (mais on a du mal à y croire, et il faudrait en tout état de cause qu'ils ouvrent les yeux). Extraits :

Benedictine Sisters, Benedictines for Peace, Brothers of Our Lady Mother of Mercy, Congregation of Notre Dame, Sacramento Catholic Workers, Sisters of Charity, Sisters of St. Dominic, etc, etc.

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04 août, 2010

Misoprostol : pour contrer tous les interdits autour de l'avortement

Le New York Times, dans son édition du 31 juillet, en a dit un  peu plus sur la poussée internationale en faveur de la diffusion du misoprostol (souvent vendu sous le nom commercial de Cytotec) comme abortif chimique facile d’accès pour toute la durée de la grossesse. On va vers une « révolution gynécologique », affirme même l’éditorialiste, Nicholas Krystof, ou plus exactement un « révolutionnement de l’avortement à travers le monde, et spécialement dans les pays pauvres », parce que cette molécule est largement accessible pour traiter les ulcères à l’estomac et les problèmes post-partum.

La molécule n’a donc que des avantages, du point de vue des promoteurs de la culture de mort : elle est bon marché, facilement accessible, légale, vendue sans ordonnance dans certains pays. Surtout, son utilisation abortive est totalement incontrôlable dans les pays où l’avortement reste puni par la loi dans la mesure où elle a des applications thérapeutiques des plus classiques.

Cela fait longtemps que des organisations féministes comme « Women on Waves » en recommandent l’usage pour l’avortement à domicile pour contourner une condamnation pénale. Et il y a quelques jours seulement, un médecin australien, Adrienne Freeman, annonçait la mise en ligne prochaine du mode d’emploi du misoprostol en tant qu’abortif (voir les posts précédents).

Mais on reste là dans le bricolage et l’illégalité. Ce qui a changé, c’est le label de « médicament essentiel » accordé à la molécule par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2009 pour ses applications thérapeutiques, soin des ulcers, donc, et des hémorragies après l’accouchement. Sans avoir approuvé l’usage abortif du misoprostol, l’OMS a ainsi posé les conditions pour que le médicament fasse en quelque sorte partie des médicaments de base qui ne sauraient être interdits ou réglementés sans contrevenir à ses exigences. Sans compter que l’on pourrait accuser l’interdiction d’être à l’origine d’éventuelles morts hémorragiques post-partum…

Et le RU 486 dans tout ça ? En fait, le mifepristone (ou mifégyne) développé par Etienne-Emile Baulieu est surtout utilisé en début de grossesse, et généralement en conjonction avec une prise subséquente de misoprostol, avec une efficacité de 95 % pour stopper la grossesse et provoquer l’expulsion de l’enfant à naître. C’est d’ailleurs sa seule application et le RU 486 demeure interdit dans de nombreux pays.

Pris seul, le misoprostol n’est « efficace » comme abortif qu’à 80 ou 85 %. « Cela peut paraître insuffisant, mais c’est un résultat bien meilleur et moins dangereux que les autres méthodes choisies par les femmes » dans les pays ou l’avortement est illégal, assure Nicholas Krystof.

Et son utilisation est « recommandée » par ses partisans à n’importe quel moment de la grossesse.

Quels que soient les risques ?

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12 juin, 2010

La pilule du surlendemain frappe à la porte des Etats-Unis

« La Food and Drug Administration (FDA) américaine se penchera dans les jours qui viennent sur une demande d'autorisation de mise sur le marché de la « contraception d'urgence » EllaOne, du laboratoire français HRAPharma. Et une campagne de presse accompagne cette arrivée de la « pilule du surlendemain » pour contrer la mobilisation systématique du mouvement pro-vie contre toute pilule potentiellement abortive en tout début de grossesse. Efficace pendant 120 heures après un « rapport mal protégé », Ella est chimiquement très voisine de la pilule abortive RU486.

La même FDA, invitée à donner son avis sur la pilule du lendemain il y a quelques années, s'étaient longuement interrogée sur le début de la vie et l'action éventuellement abortive de la contraception d'urgence active jusqu'à 72 heures après le rapport, mais avec une efficacité qui va sans cesse décroissant dès la première heure. Elle l'avait finalement autorisée même si, contrairement à ce qui se passe en France, elle n'est donnée que sur prescription médicale aux mineures de 17 ans.

Ella affiche des taux d'efficacité plus homogènes pendant les 120 heures affichés par le fabricant, et cette seule durée tend à accréditer l'idée qu'elle inhibe la nidation d'un embryon déjà conçu. Sachant qu'un rapport peut être fécondant jusqu'à 5 jours avant l'ovulation, l'effet contraceptif pur – empêchement de l'ovulation et donc absence de rencontre entre l'ovule et le spermatozoïde – peut en effet se produire sur toute cette période. Mais si cet effet ne se produit pas, le dosage en progestérone de Ella rend l'implantation impossible.

Mais Ella peut être prise « à n'importe quel moment du cycle ». Dès la seconde moitié de celui-ci, quand l'ovulation s'est déjà produite (la fécondation est possible pendant quelque 24 heures après celle-ci) son efficacité ne peut être qu'abortive. Sans quoi elle n'a strictement aucun intérêt. Aussi l'agence européenne d'évaluation des médicaments dit-elle clairement :

« Le principe actif d’Ellaone, l’ulipristal acétate, agit comme un modulateur des récepteurs de la progestérone. Cela signifie qu’il se fixe sur les récepteurs auxquels se lie normalement la progestérone, empêchant ainsi l’hormone d’exercer son effet. Par son action sur les récepteurs de la progestérone, Ellaone empêche les grossesses en interférant avec l’ovulation et peut également induire des modifications au niveau de la muqueuse utérine. »
La presse américaine (faut-il ajouter, « de gauche » ?) dit cela du bout des lèvres et présente aussi les allégations contraires des partisans de la contraception du surlendemain, notant qu'utilisé à 5 jours du rapport non protégé il est « établi » qu'elle n'a d'action que contraceptive : c'est ce qu'affirme Erin Garner, responsable de HRA Pharma Paris.

C'est une affirmation pour le moins étonnante dans la mesure où la notice française EllaOne, mise sur le marché français depuis novembre, affirme ceci :

« Ellaone agit en modifiant l’activité de la progésterone qui est une hormone naturelle. Ellaone est supposé agir en empêchant vos ovaires de libérer un ovule et il peut également modifier l’environnement utérin. Ellaone n’est pas efficace dans tous les cas: sur 100 femmes recevant Ellaone moins de 5 jours après un rapport sexuel non protégé, environ 2 seront enceintes. »

L'analyse de ce texte révèle que HRA Pharma, dans un document qui engage sa responsabilité, émet seulement une « supposition » sur le mode d'action de sa molécule, l'ulipristal acetate, et que le laboratoire ne peut nier son action modificatrice de la muqueuse utérine, la rendant donc hostile à l'implantation de l'embryon.

Mais peut-être Erin Garner essaie-t-il (ou elle ?) simplement de jouer sur les mots, puisque les fabricants de pilules ont promu la fiction selon laquelle la grossesse ne commence qu'à la nidation.

Si le Washington Post présente bien les deux argumentations en présence, on y trouve tout de même ce commentaire qui semble révéler son propre avis : « Ella pose beaucoup de questions lourdement chargées, politiquement, mais de manière encore plus pointue, elle met à l'épreuve l'administration d'Obama sur sa promesse de ne pas laisser l'idéologie influencer ses décisions. »

Pierre-Olivier Arduin avait longuement commenté l'apparition de la pilule du surlendemain ici, et j'avais fait une présentation des laboratoires HRA ici.

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13 juin, 2008

Royaume-Uni : morte pour avoir avorté...

Manon Jones était chrétienne. Mais « complètement entichée » (comme vient de le raconter sa mère lors de l'enquête publique sur les circonstances de son décès) de son peti ami musulman, Naeem Muzzafar. Tombée enceinte, elle ne voulut pas attirer la honte sur la famille de celui-ci et décida, bien qu'elle voulait garder l'enfant, de subir une « IVG » médicamenteuse à 6 semaines de grossesse.

La jeune Galloise se rendit donc avec sa mère, le 11 juin 2005, dans un hôpital de Bristol pour y absorber les doses légales de pilules abortives. Le lendemain, de retour à la maison, il ne restait plus qu'à attendre l'expulsion de l'embryon.

« Elle avait peur et j'essayais de la rassurer. Ce fut un moment de forte émotion pour nous deux que d'être témoins du passage de son bébé et de mon petit-enfant dans le bassin », a raconté sa maman à l'enquête.

Moins de 48 heures plus tard Manon fut prise de saignements et de vertiges : un scanner devait permettre de déclarer que tout était « normal ». Les troubles persistant, elle se rendit à l'hôpital où on jugea son état pei inquiétant ; il y avait d'ailleurs d'autres urgences... Manon fut saisie de convulsions et d'arrêt cardiaque, perdit connaissance et fut « débranchée » après trois jours de coma.

L'autopsie devait révéler qu'elle souffrait de choc et d'une baisse critique du niveau d'hémoglobine consécutive à la rétention de « produits de la conception » : l'embryon n'avait pas été totalement expulsé. Une transfusion sanguine aurait pu la sauver : si elle ne l'avait pas attendue quatre heures...

On attend désormais la conclusion de l'enquête. Mais une chose est sûre : contrairement à la mère de Manon, elle n'évoquera qu'une victime, pas deux.

Source : ici.

01 décembre, 2006

La pilule abortive contre le cancer

Tout le monde en parle (il y avait même un embargo sur la nouvelle jusqu’à 19 h jeudi soir pour mieux mettre l’affaire en scène) : la pilule abortive RU 486, qui fait absorber des doses massives mifésterone pour bloquer en urgence l’ovulation ou par empêchement de la nidation d’un enfant conçu, a un effet anti-cancéreux démontré en évitant le cancer du sein.

C’est ce qui résulte d’une étude conduite par Eva Lee, de l’Université de Californie : elle démontre qu’utilisée chez des souris porteuses d’un gène propice au cancer, le mifépristone, un stéroïde synthétique qui bloque le progestérone nécessaire à la poursuite de la grossesse, empêche cette hormone de déclencher le gène carcinogène BRCA1.

On applaudit très fort, on imagine les femmes porteuses de ce risque absorbant le RU 486 à vie, et on ferme le ban…

Pas si vite. Le site www.lifenews.com signale que ce genre de cancer du sein lié à une prédisposition génétique ne représente que 5 à 10 % des cas. Et donc que le RU 486 n’est en aucun cas une réponse au fléau. D’autant que, si le gène défectueux peut être héréditaire, un autre gène défectueux peut aussi apparaître à la suite d’une exposition à d’autres carcinogènes ou aux œstrogènes, l’exposition dans ce dernier cas ayant lieu à l’occasion de l’avortement provoqué, qui constitue l’un des plus importants facteurs de risque. Par ailleurs il existe des cas de cancers du sein « familiaux » qui ne sont pas liés au BRCA1.

Selon le Breast Cancer Prevention Institute cité par LifeNews, « le fait de subir un avortement provoqué, spécialement à l’adolescence ou avant d’avoir vécu une grossesse jusqu’au terme, accroît le risque de développer un cancer du sein – et si l’on a subi un avortement, le fait d’avaler des stéroïdes contraceptifs aggravera le risque ».

De son côté Eva Lee a précisé qu’elle souhaitait vivement voir développé un « meilleur antiprogestérone » qu’une pilule abortive pour venir en aide à la moitié des femmes effectivement porteuses du gène BRCA1 qui développeront un cancer du sein ou des ovaires avant l’âge de 70 ans.

Source : ici.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...