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15 février, 2020

Les financiers potentiels du Pacte pour l'éducation du pape François selon Jeffrey Sachs : l'ONU, le FMI, l'UE, Bill Gates et quelques autres grands de ce monde

L’économiste américain, Jeffrey Sachs, partisan avoué du contrôle de la population, a annoncé au Vatican le nom de certains partenaires financiers potentiels du Pacte mondial pour l’éducation que le pape François lancera le 14 mai prochain en vue de créer un « nouvel humanisme ». Sur la liste – présentée sur écran lors d’un atelier sur ledit Pacte organisé à l’Académie pontificale des sciences les 6 et 7 février derniers – figurent le milliardaire américain Bill Gates, le magnat des affaires le plus riche de Chine, Jack Ma, Mukesh Ambani, patron de la plus grosse société pétrochomique de l’Inde et l’homme le plus riche d’Asie, l’UNESCO et plusieurs autres agences des Nations Unies, ainsi que la Banque islamique de développement.

Une grande partie des informations et des développements de cet article sont repris dans l’excellent article publié hier par Diane Montagna sur LifeSiteNews, en particulier le compte-rendu de son très révélateur entretien avec Mgr Sanchez Sorondo, organisateur de l'atelier.

Entre l’éducation et la réduction de la fertilité, il y a un lien que les malthusiens contemporains soulignent volontiers. Le propre chancelier de l’Académie pontificale des sciences, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, avait affirmé lors d’un précédent colloque sur la biodiversité – où il n’avait pas hésité à inviter des partisans de premier plan de la contraception et de l’avortement – que les femmes ayant un plus haut degré d’instruction ont en moyenne moins d’enfants que les autres. Il présentait cela comme une sorte de solution éthique pour que les femmes « aient un ou deux enfants au lieu de sept ».

Notez qu’un tel taux de fécondité serait globalement suicidaire : pour remplacer les générations dans les pays développés, il faut 2,1 enfant par femme, nettement plus dans les pays pauvres. Même là où mortalité maternelle et infantile sont peu importantes, ce sont les familles nombreuses qui doivent compenser l’absence d’enfants chez les femmes qui pour diverses raisons ne peuvent ou ne veulent en avoir.

Sachs et plusieurs de ces bailleurs de fonds potentiels mettent égalemennt l’éducation en avant comme un moyen essentiel pour réduire à terme la population mondiale, au motif que les couples – et surtout les femmes – instruits ont des bébés plus tard et comprennent l’avantage matériel qu’il peut y avoir à avoir moins d’enfants.

Les ambitions du Pacte mondial pour l’éducation sont extrêmement élevées. Jeffrey Sachs a ainsi déclaré qu’il avait « parlé avec certaines des personnes les plus riches du monde » : il se dit convaincu de la possibilité de faire abonder un fonds pour l’éducation à hauteur de 26 milliards de dollars par an.

« Voici où nous allons trouver les fonds », a-t-il proclamé en présentant une diapositive intitulée « Partenaires pour le Pacte mondial pour l’éducation et un nouveau fonds pour l’éducation ». En voici la transcription :
Gouvernements donateurs
L’Union européenne
Les grands philanthropes (Bill Gates, Jack Ma, Mukesh Ambani)
Banque islamique de développement
UNESCO, UNICEF, autres agences des Nations unies
Fonds monétaire international
Les promoteurs des ODD du Secrétaire général de l’ONU
L’ONG Global Citizens
« Youth for the Future »
La plupart de ces financeurs potentiels se distinguent par leur hostilité militante à l’égard des principes du catholicisme : on les retrouve généralement à travers le monde dans les entreprises de promotion de la « santé reproductive ». Parmi leur nombre : le programme 2030 des Objectifs du développement durable (ODD) de l’ONU.

« Global Citizens » se présente comme un « mouvement de citoyens » ayant pour objectif de combattre l’extrême pauvreté. Ses leaders, financiers et artistes sont un véritable catalogue des grands de ce monde. Cette ONG milite pour les « droits gays » et a félicité le Canada pour son action en faveur de « l’avortement sûr ». Parmi ses sponsors, pas une seule institution ou association caritative catholique.

Outre ses entretiens apparemment fructueux avec Bill Gates, Jack Ma et Mukesh Ambani, ainsi que les responsables de la Banque islamique de développement, Jeffrey Sachs a évoqué ses pourparlers avec le Fonds monétaire international. Il estime donc pouvoir compter sur le FMI qui l’a assuré, dit-il, de son « engagement total » au service du Pacte. Le conseiller du pape François en matière de « changement climatique » a également annoncé aux participants à l’« Atelier sur l’éducation : le Pacte mondial » que l’ONG Global Citizens comprend « de nombreuses stars du rock et certains des artistes les plus célèbres du monde ».

Mieux : Greta Thunberg et d’autres jeunes sont « prêts à s’y joindre ». Youpi !

Jeffrey Sachs a en outre déclaré qu’en consacrant 26 milliards de dollars à l’Afrique on pourrait de « scolariser tous les enfants africains jusqu’au niveau secondaire ». Avec les programmes d’éducation de l’UNESCO ?

« Le pape François est notre plus grand mobilisateur de (vie) décente dans le monde, et lorsque le pape François appelle à un Pacte mondial pour l’éducation, profitons de l’occasion pour mobiliser le financement de base afin que cela devienne une réalité, et pas seulement une grande idée », a-t-il lancé aux participants.

Jeffrey Sachs, désormais figure incontournable des réunions de l’Académie pontificale des sciences, a également déclaré : « Je crois que si nous nous recommandons du pape François, avec son leadership unique au monde, pour aller chercher ces fonds, si chacun d’entre nous va frapper à la porte de son milliardaire préféré, de ses voisins, des gens qui peuvent faire la différence, nous y arriverons, même d’ici au mois de mai. »

Sachs a ajouté que « certaines personnalités les plus riches du mondeé veulent être à Rome lors du lancement du Pacte mondial pour l’éducation de mai 2020. « Mais je pense qu’il faut clarifier le fait qu’une partie de l’objectif n’est pas seulement le merveilleux but de l’amélioration du contenu, mais qu’il s’agit en fait de faire en sorte que les enfants aient une salle de classe et un siège pour qu’ils puissent bénéficier de ce contenu. »

Si l’objectif d’offrir une éducation de qualité aux enfants du monde entier est incontestablement noble, note Diane Montagna, il est souvent assorti de conditions.

Jeffrey Sachs préconise depuis longtemps la réduction de la population, en particulier en Afrique subsaharienne, en éduquant les filles à « la santé sexuelle et reproductive, et sur les options de contraception ». Il est lui-même favorable à l’avortement légal, en particulier pour réparer les ratés de la contraception.

D’ailleurs, le « lien de causalité » entre le niveau d’éducation et le contrôle de la population a été soulevé lors de cet atelier de deux jours à l’Académie pontificale des sciences.

Dans un exposé sur « l’interaction de l’éducation avec la santé et la démographie de la population », David E. Bloom, professeur d’économie et de démographie à Harvard, a souligné comme un élément positif le fait que l’éducation « réduit les taux de fécondité et de croissance de la population ».
Le développement de l’éducation « est probablement mieux abordé de manière multisectorielle, par un mélange de politiques de santé, de population et d’éducation – en particulier celles qui promeuvent la santé des enfants comme les soins prénataux, la vaccination des enfants et les investissements dans les infrastructures d’eau et d’assainissement des écoles », a-t-il ajouté.
Bloom a cependant évité d’exprimer en ce lieu sa conviction – développée de longue date – selon laquelle la promotion de l’éducation implique également, selon ses propres termes, de fournir « un accès accru aux services de planification familiale » et de « répondre aux besoins considérables non satisfaits en matière de contraception », ainsi qu’il l’écrivait dans une tribune publiée par le New York Times en mai 2011.

Il y affirmait que le « défi de taille » de la croissance démographique en Afrique (selon ses estimations, les femmes africaines ont 4,5 enfants en moyenne) implique également de « modérer les taux élevés de fécondité désirée » observés sur une grande partie du continent. Cela « se produira naturellement à mesure que le statut et l’éducation des femmes s’amélioreront et que les couples reconnaîtront de plus en plus qu’ils seront mieux lotis avec des familles moins nombreuses », écrivait-il.

L’annonce par Jeffrey Sachs que Bill Gates était un partenaire financier potentiel pour le Pacte mondial pour l’éducation du pape François a été suivie quelques jours plus tard, le 10 février, par la publication de la lettre annuelle de la Fondation Bill et Melinda Gates annonçant que « la crise climatique et l’égalité des sexes » sont devenues des priorités pour leurs futurs dons « philanthropiques ».

Melinda Gates affirme dans cette lettre qu’elle veut concentrer ses propres efforts sur l’égalité des sexes, y compris les « droits reproductifs ». « Mon parcours d’engagement public a commencé avec le planning familial », écrit-elle. « Il y a plus de 200 millions de femmes dans les pays en développement qui ne veulent pas tomber enceintes mais qui n’utilisent pas de contraceptifs modernes. »

Elle y déclare en outre  que sa fondation, qui travaille en étroite collaboration avec Jeffrey Sachs, a depuis lors renforcé ses « engagements en matière de planning familial » tout en développant « des stratégies qui donnent la priorité à l’égalité des sexes ».

Au début de ce mois, Edward Pentin du National Catholic Register a indiqué que le Vatican s’était « rapproché » de la Fondation Gates au cours des derniers mois. Des sources fiables ont indiqué au Register qu’en novembre dernier, le pape François avait reçu Melinda Gates lors d’une audience privée qui n’a reçu aucune publicité.

Dans une interview accordée en 2018, Obianuju Ekeocha, militante pro-vie et auteur de Target Africa, notait que le pape François (à l’instar de Jean-Paul II) avait dénoncé le phénomène croissant des pays, entités et fondations occidentales qui viennent en Afrique avec de l’« aide » et des « dons » assortis de « conditions ».

Mme Ekeocha, une scientifique de la médecine biomédicale née au Nigeria et résidant actuellement au Royaume-Uni, expliquait alors :
« Ils avancent dans leurs projets d’aide humanitaire, nous font des cadeaux, et en même temps essaient de nous amener à nous aligner avec eux sur le plan idéologique sur des questions qui sont assez importantes pour les Africains : des questions comme l’avortement, la contraception, le contrôle de la population, ce qui se passe avec la jeunesse et la sexualité humaine, l’identité sexuelle. (…) Ils introduisent cela dans le cadre de leurs projets d’aide aux pays en développement, et c’est en fait assez dangereux pour nous parce que c’est nous qui sommes leur cible. Non seulement nous recevons l’argent, mais nous recevons aussi tout ce qui va avec, tout ce qui menace maintenant de porter atteinte à notre propre vision et à nos valeurs culturelles. »
Elle ajoutait que l’Église est « en plein cœur de la tempête », identifiant la Fondation Gates comme l’une des principales fondations qui se présentent comme « amie » et essaient de « s’associer avec l’Église, parce que l’Église dispose d’un si grand réseau partout sur le continent africain ». « L’Eglise voit alors des programmes de contraception, des programmes de préservatifs cibler les enfants. Les évêques s’expriment et appellent cela par son nom : de l’impérialisme culturel ou du néocolonialisme idéologique. »

« L’Eglise doit être le rempart face à ces initiatives », ajoutait-elle.

En 2012, Mme Ekeocha écrivait une lettre ouverte à Melinda Gates en réponse à son plan et à sa promesse de « planter les graines » de son « héritage » – en rassemblant 5 milliards de dollars de promesses – dans 69 des pays les plus pauvres du monde, dont la plupart se trouvent en Afrique subsaharienne, afin d’obtenir que la femme africaine soit moins fertile. La « Lettre ouverte d’une femme africaine à Melinda Gates » est disponible intégralement sur le site du Conseil pontifical pour les laïcs.

Lors de la session du matin de l’atelier du 6 février (avant que Sachs n’ait fait son annonce), Diane Montagna s’est entretenu au nom de LifeSiteNews avec Monseigneur Vincenzo Zani, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, que le pape François a chargé de superviser le Pacte global pour l’éducation.

A la question de savoir qui allait financer cet événement, Mgr Zani a répondu : « Nous recherchons des fondations qui nous donneront un coup de main. Le Vatican n’a presque rien, nous cherchons une aide extérieure. »

Après la conférence de Jeffrey Sachs, LifeSite s’est entretenu dans l’après-midi avec le chancelier de l’Académie pontificale des sciences, l’Argentin Mgr Marcelo Sánchez Sorondo.

Celui-ci a déclaré à LifeSite que l’atelier des 6 et 7 février avait été organisé en réponse à une demande de la Congrégation pour l’éducation catholique et constituait une sorte de réunion consultative sur le contenu du Pacte mondial pour l’éducation. Il a ajouté que l’académie est « très heureuse » de voir l’enseignement obligatoire se répandre dans le monde entier. Mais d’ajouter : « Comme l’a expliqué Jeffrey Sachs, le grand problème est l’argent. Nous n’avons pas l’argent nécessaire. »

Mgr Sánchez a confirmé que les personnes et les organisations citées par Jeffrey Sachs étaient des collaborateurs potentiels du Pacte éducatif. Il a ajouté que « ce n’est rien en réalité pour les personnes qui ont de l’argent réel. »

« Il y a un milliard de personnes sans instruction, et celle-ci est la clé du développement des personnes et de la personne », a-t-il déclaré.

À la question de savoir si le Pacte mondial pour l’éducation est donc un moyen de mobiliser des fonds afin de les orienter vers l’éducation, Mgr Sánchez a répondu : « Cela en fait partie. L’autre question est celle-ci : quel type d’éducation ? »

Le prélat argentin a affirmé que selon le pape François, en matière d’éducation « nous avons besoin du langage de l’esprit » mais aussi « du langage des valeurs, du langage du cœur ». Il est très important, a dit Sánchez Sorondo, d’avoir une éducation qui mette la personne humaine, la dignité de la personne humaine au centre », ainsi que « la question du genre, la question de la femme ».
Il a précisé que le contenu du Pacte mondial pour l’éducation sera particulièrement axé sur les femmes, en partie pour lutter contre les nouvelles formes d’esclavage et de traite des êtres humains.

Le chancelier de la PAS a également déclaré qu’il espérait que le Pacte se focalisera sur « la vérité qui vient des sciences », telles que « le changement climatique » et « l’évolution ». Soit deux théories…

Sánchez Sorondo a également reconnu que la relation entre le Pacte mondial pour l’éducation et la réalisation des objectifs de développement durable pour 2030 est « très étroite », mais il a ajouté que « le pape veut mettre davantage l’accent sur la question des valeurs et de l’éthique, et sur la question de la femme. En ce sens, il y a des différences ».

Diane Montagna a alors rappelé que ce certains ODD, notamment ceux concernant l’égalité des sexes, la santé et l’éducation, sont en contradiction avec l’enseignement de l’Église. En particulier, a-t-elle rappelé, les Nations unies aimeraient former les filles africaines à l’utilisation de la contraception, et leur conseiller d’avorter si elles tombent enceintes et ne veulent pas garder leur bébé. Rappelant également l’enseignement des Écritures sur le combat entre le monde et l’Église, elle a demandé à Mgr Sánchez comment l’Église pouvait collaborer avec les Nations unies sur cette question.

« Ça, c’est typique du peuple américain, en particulier de la droite : exagérer idée selon laquelle l’avortement est inclus dans ces objectifs, et ce n’est pas vrai », a-t-il rétorqué.

Diane Montagna lui a alors fait remarquer que les organisations que Sachs pressent comme partenaires financiers du pacte sont les mêmes que celles contre lesquelles Ekeocha et d’autres se battent parce qu’elles font la promotion de la contraception et de l’avortement auprès des populations africaines, et ceci contre leur gré.

Réponse de Mgr Sanchez Sorondo : « Oui, mais cela dépend du pays. Cela ne dépend pas des Nations unies, c’est la question. Les Nations unies ne sont pas favorables à l’avortement. Peut-être certains des bureaucrates, mais ce n’est pas dans les documents. Les documents ne parlent pas de l’avortement. »

Confronté au fait que l’ONU a recours au langage des « droits reproductifs » et de la « santé reproductive » pour signifier la contraception et l’avortement, Mgr Sorondo a une fois de plus nié. « C’est une question typique. Ils ne disent pas cela », a-t-il dit.

Mais ils le font – et même explicitement. L’ODD 3 de l’ONU sur la santé vise à « élargir l’accès aux méthodes modernes de contraception » d’ici à 2030, et présente cela comme « essentiel pour assurer l’accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive ».

L’ODD sur l’égalité des sexes (5.6.1) vise, d’ici à 2030, à « assurer l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive et aux droits reproductifs », y compris « l’utilisation de la contraception » et « les soins de santé » – terme que la Fédération internationale Planned Parenthood utilise volontiers pour désigner l’avortement.

L’ODD sur l’éducation (4.7) vise à garantir que « tous les apprenants acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour promouvoir… des modes de vie durables (et) l’égalité des sexes ». Selon des économistes comme Sachs et Bloom, la réduction de la fécondité des femmes africaines est essentielle pour atteindre cet objectif.

Mais les « droits reproductifs » renvoient à la famille selon l’interprétation de l’Eglise », a insisté Mgr Sánchez. « Nous pouvons avoir une interprétation et pas l’autre ».

D’où la question de savoir comment l’Eglise pourra garantir qu’un pacte d’éducation financé par les personnes et les organisations figurant sur la liste de Sachs ne conduira pas à ce que les filles africaines reçoivent un enseignement sur la contraception et l’avortement.

Mgr Sánchez a répondu en rappelant une rencontre qu’il avait eue avec un prêtre catholique en 1971 à l’université du Latran. Mgr Sánchez a déclaré que le prêtre lui avait dit que « la solution au problème de la reproduction est la nécessité pour la femme d’étudier, car ayant étudié, elle aura un esprit critique, et lorsqu’elle se mariera, elle sera plus intelligente et n’épousera pas le premier venu. Ensuite, elle pourra avoir un ou deux enfants, mais pas plus. »

« C’est la vérité », a dit Sanchez Sorondo en riant.

Oui, en riant…

Diane Montagna a insisté auprès du prélat sur le problème de la participation aux ateliers de personnalités tel David Bloom, qui souligne le « lien de causalité » entre l’éducation et le contrôle de la population, notamment à la lumière des écrits et des déclarations de Jeffrey Sachs sur la nécessité de réduire la fécondité en Afrique.

« Pas ici », a rétorqué Mgr Sánchez à propos des déclarations de Sachs. « C’est un autre mythe » que Jeffrey Sachs soutienne la contraception et l’avortement en Afrique, a-t-il ajouté.

En 2011, Sachs déclarait à CNN que l’éducation est l’un des meilleurs moyens de parvenir à une baisse « volontaire » de la fécondité. Et dans son ouvrage de 2015, The Age of Sustainable Development, il préconisait d’instruire les filles en Afrique sub-saharienne quant à  « la santé sexuelle et reproductive, et sur les options de contraception ».

Interrogé sur la sagesse de conclure un pacte éducatif avec des personnes dont la vision des ODD prévoit d’inonder les Africains de contraceptifs et d’entreprises de lobbying pour l’avortement légal, Sánchez Sorondo a rétorqué que « l’Église a une politique complètement différente ».

Le pape François n’est d’accord qu’« en partie » avec l’objectif d’éducation des ODD, car « il n’y a rien à propos des valeurs », a déclaré Sánchez Sorondo, qui a ajouté avoir « critiqué » Jeffrey Sachs « à de nombreuses reprises » pour « ne pas avoir mis la famille au centre » de ses objectifs.

Interrogé sur la manière dont le Vatican va garantir, dans le cadre du Pacte mondial pour l’éducation, que les filles africaines soient informées de la véritable signification de la famille et non de la contraception, Mgr Sánchez a répondu que l’« accord » vise à « garantir ces choses ». C’est, selon lui, la « différence entre l’accord du Pape et l’accord des Nations unies ».

Interrogé sur le fait de savoir s’il pensait que Melinda Gates serait d’accord avec cela, Sánchez a répondu « non ». « Nous n’avons pas d’accord avec Melinda Gates », a-t-il déclaré. « C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas l’argent de ces gens ».

Lorsqu’il a été souligné que Jeffrey Sachs avait inscrit la Fondation Gates et d’autres organisations pro-contraception et pro-avortement sur la liste des bailleurs de fonds potentiels du Pacte mondial pour l’éducation, le prélat a affirmé que ces partenaires étaient « pour les objectifs [de Sachs] ».
Lorsqu’on lui a fait remarquer que Sachs avait intitulé sa liste « Partenaires pour le Pacte mondial pour l’éducation et un nouveau fonds pour l’éducation », Mgr Sánchez a répondu : « Je ne sais pas, mais il est clair que le pape est contre cela ; le pape l’a dit, à maintes reprises. »

« Beaucoup d’Américains nous critiquent pour les mêmes raisons. Alors pourquoi le pape collaborerait-il avec ces gens ? », a-t-il demandé, perplexe.

Et Diane Montagna de répondre :

« Je ne sais pas. Nous voyons qu’il y a une coopération croissante entre les Nations unies et le Vatican. Saint Paul parle de l’inimitié entre l’Église et le monde. Les valeurs de l’Église catholique ne sont souvent pas en accord avec les valeurs de ces organismes supranationaux, comme les Nations unies. Nous ne voulons pas donner l’esprit de nos enfants aux Nations unies pour que celles-ci les éduquent. Car que vont-ils leur enseigner ? Si j’avais une petite fille, on lui enseignerait qu’à 13 ou 14 ans, elle peut être sous contraception. Et on ne lui apprendra rien sur la famille. On lui apprendra qu’elle a des “droits”. »

« Alors, quelle est la solution pour vous, ne collaborer en rien avec quoi que ce soit ? », a rétorqué Sánchez Sorondo.

Lorsque Diane Montagna lui a répondu que la solution est la clarté et que les catholiques pratiquants voient bien qu’une bataille fait rage à propos de la famille, il a répondu : « Désolé, quelle est la solution, ne pas parler avec ces gens ? Dire : nous ne voulons pas parler avec vous, vous êtes complètement entre les mains du diable ? »

Lorsqu’elle a répété que l’Église et l’Académie pontificale avaient besoin de clarté, il a insisté : « C’est très clair, il n’y a aucune ambiguïté. Jeffrey Sachs connaît parfaitement notre position. Parfaitement. »

Il reste donc à savoir si les organisations pressenties au nom du Vatican par Jeffrey Sachs vont ouvrir leur tiroir-caisse. Car on le sait bien : qui paye décide.



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21 novembre, 2014

Après la mort de 14 femmes de leur stérilisation en Inde, une attaque féministe contre le contrôle de la population

Kalpana Wilson, féministe, femme de gauche…
mais opposée au contrôle de la population.
Le texte dont je vous propose ci-dessous la traduction est dû à un professeur spécialiste de la théorie du genre : le Dr Kalpana Wilson, « Senior Fellow » au Gender Institute de la London School of Economics, en Théorie du genre, globalisation et développement. Il va de soi que je ne partage pas tous les points de vue de cette universitaire et il est encore plus certain qu'elle ne partage pas ceux de ce blog. Mais ce qu'elle expose ici est d'autant plus intéressant qu'elle dit tout cela à la place où elle est, depuis une perspective de « droits des femmes », « anticapitaliste », pour montrer que le discours actuel sur la surpopulation y est radicalement opposé. Publié il y a trois jours sur le site de la LSE, le texte n'y est plus disponible qu'en cache (ici). Je vous laisse faire la part des choses. — J.S.

L’horrible mort d’au moins 14 femmes ayant subi des opérations dans des camps de stérilisation dans le Chhattisgarh, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde, met en lumière la violence persistante des politiques de contrôle de la population dont le gouvernement Britannique est l’un des premiers promoteurs à l’échelle mondiale. Loin de donner aux femmes pauvres du Sud du globe les contraceptifs dont elles ont besoin, ces politiques les déshumanisent, les taxant de « reproduction excessive », et fixe des « objectifs » qui rendent possibles les atrocités comme celles du Chhattisgarh. Et bien que ces politiques soient enracinées dans des idées profondément racistes et patriarcales, elles sont aujourd’hui mises en œuvre au nom des droits et des « choix » reproductifs.
Il y a deux ans le gouvernement britannique et la Fondation Bill et Melinda Gates, qui a joué un rôle majeur pour inciter le Royaume-Uni à jouer un rôle de premier plan à propos des questions de population, ont accueilli le sommet de Londres sur le planning familial. Avec USAID, le FNUAP et d'autres organisations internationales, ils ont annoncé une stratégie de planning familial chiffrée à 2,6 milliards de dollars. Quelques mois plus tard la Secrétaire au développement, Justine Greening a annoncé que le Royaume-Uni allait « entreprendre une action déterminée par rapport au planning familial » : outre les projets existants visant à inciter 120 millions de femmes et jeune filles supplémentaires dans les pays les plus pauvres à recourir au planning familial volontaire d'ici à 2020, ses initiatives allaient comprendre une distribution accrue d'implants contraceptifs.
Bien qu'il affirme s'opposer à toute forme de contrainte, il a déjà été révélé que le Département pour le développement international (DfID) contribuait au financement de stérilisations forcées dans les États indiens de Madhya Pradesh et de Bihar au cours desquelles – comme cela s’est produit dans le camp de stérilisation il y a quelques semaines – beaucoup de femmes pauvres sont mortes. [NDLR : une version amendée du texte publiée par The Guardian, précise que le DfID a protesté contre cette rédaction, assurant qu'il avait explicitement condamné les stérilisations forcées, prenant en outre des mesures pour assurer que l'aide britannique ne puisse y être consacrée.] On mentait à ces femmes, souvent issues des castes Dali, à propos de l'opération, on les menaçait de perdre leur carte de rationnement ou leur accès aux plans d’aide sociale du gouvernement, on les soudoyait avec des petites sommes d’argent, avant de les opérer dans des conditions d’insécurité épouvantables afin de remplir les objectifs fixés par le gouvernement.
La stérilisation des femmes a longtemps été le principal moyen utilisé pour mettre en œuvre des politiques de contrôle de la population de l'Inde. Pendant l’état d’urgence en Inde au milieu des années 1970, les libertés civiles étant suspendues, des hommes étaient emmenés de force vers des camps de stérilisation similaires pour y subir des vasectomie, mais cela a provoqué une opposition massive, et, au bout du compte, la défaite électorale historique du Parti du Congrès en 1977. Des recherches menées en 2005-2006 laissent penser qu’environ 37 % des femmes mariées avaient été stérilisées. Les morts officiellement répertoriées comme étant dues à la stérilisation entre 2003 et 2012 sont évaluées à 12 par mois en moyenne ; les chiffres réels pouvant être plus bien plus élevés encore. En 2012 un rapport de Human Rights Watch a prévenu que si cette politique de stérilisation n'était pas modifiée, les engagements pris par le gouvernement indien au Sommet sur le planning familial à Londres allaient conduire à de nouveaux abus et à une pression accrue sur les travailleurs de santé en vue d’atteindre ces objectifs.
Le soutien britannique à la stérilisation de masse des femmes pauvres et marginalisées qui caractérise la politique de population indienne n'est pas public. Mais un grand nombre des contraceptifs que le DfID et ses partenaires institutionnels recommandent de manière plus ouverte ne laissent pas aux femmes le droit au contrôle, et mettent leur vie en danger. Les féministes du Sud du globe et les féministes de couleur en Amérique du Nord et au Royaume-Uni ont fait campagne pendant des années contre les essais de nouveaux médicaments menés de manière contraire à l'éthique, et contre le dumping de contraceptifs injectables et implantables tels Net-En, Norplant et Depo-Provera. Ce dernier est par exemple, selon certaines sources, administrées de force à des femmes éthiopiennes en Israël.
La Fondation Gates a été critiquée de nombreuses fois pour ses étroites relations avec des géants pharmaceutiques, ainsi que pour son rôle dans le financement d’essais de médicaments et de programmes de vaccination qui se sont révélés contraire à l'éthique, et dangereux. Cela comprend des essais cliniques du vaccin HPV contre le cancer cervical, fabriqué par Glaxo SmithKline et Merck Sharp & Dohme en Inde en 2009, dont on a mensongèrement affirmé qu'il s'agissait d'une « étude d'observation post licence », pour lesquels 23.000 jeunes filles âgées de 9 à 15 ans issues de communauté pauvres ont été choisies, en se passant du nécessaire consentement parental. L’essai a été suspendu après la mort de sept adivasi – des jeunes filles indigènes âgées de 9 à 15 ans.
L'initiative actuelle du DfID avec Merck consiste à pouvoir l'implant de longue durée Implanon auprès de « 14,5 millions des femmes les plus pauvres » d'ici à 2015. L’Implanon a cessé d'être utilisé au Royaume-Uni en 2010 parce que les personnels de santé formés le trouvaient trop difficile à insérer, et l’on avait des craintes à propos de son innocuité. Outre des effets secondaires débilitants, il y avait des cas où l’implant disparaissait dans le corps des femmes. Merck a développé une nouvelle version, Nexplanon, détectable aux rayons X, mais a obtenu l’autorisation de continuer la vente des stocks existants d’Implanon. C’est ce médicament qui est promu par les programmes DfID et FNUAP dans les pays les plus pauvres, bien que ces pays affichent un déficit épouvantable de personnel de santé formé. En Ethiopie, l'un des pays cibles, les insertions massives font partie des transferts de tâches ou des auxiliaires formés à la hâte doivent jouer le rôle des médecins et des infirmières expérimentés.

Comme les approches antérieures de la question de la population, qui remontent à Malthus, celles qui sont en cours reposent sur l'idée de rendre les pauvres responsables de leur propre pauvreté, en dédouanant le capital. De même, la croissance de la population dans le Sud du globe est  reliée au changement climatique, en détournant l'attention du rôle des émissions carbone du Nord, et elle est tenue pour responsable des crises alimentaires causées par l'accaparement des terres par des sociétés transnationales et des gouvernements étrangers. Alors qu’on affirme que le contrôle de la population est lié à une mortalité maternelle en baisse et à un meilleur taux de survie des enfants, ceux-ci ne peuvent s’obtenir sans changer le modèle économique dominant, rendant possible des investissements substantiels pour rendre les soins accessibles. Mais le discours actuel sur la population insiste sur le fait que les politiques néolibérales imposées par la Banque mondiale et le FMI, où les soins ainsi que l'éducation, les systèmes d’assainissement et d’autres services publics essentiels été décimés depuis des années 1980, peuvent rester en place. Il est révélateur que l'ancien Secrétaire au développement, Andrew Mitchell, ait pu décrire les politiques de population comme étant  d'un « excellent rapport qualité-prix », citant l'exemple de la Tanzanie : il a affirmé qu'elle « aura besoin de 131.000 professeurs de moins en 2035 si la fécondité continue de baisser – ce qui économisera des millions de livres sur le long terme ».

Le contrôle de la population aujourd'hui fait en réalité partie d'une stratégie plus large du capital global, où le travail des femmes est élargi et intensifié, la responsabilité pour la survie du foyer étant de plus en plus féminisée, tandis qu’un nombre croissant de femmes sont incorporées dans des chaînes de valeur mondiale, dominées par des sociétés transnationales. C'est bien cela, et non une préoccupation à propos des droits et des choix, qui est à la racine des politiques comme celles de la DfID et de la Fondation Gates qui empêchent les femmes au Sud du globe d’obtenir un vrai contrôle de leur corps. De plus en plus, les femmes demandent la justice reproductive : cela implique d’exposer cette stratégie au grand jour et de confronter les structures de pouvoir et d’inégalité,  seul moyen d'empêcher d'autres morts comme celles qui se sont produites au Chhattigarh.









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17 novembre, 2014

Contraception bon marché : pour inonder les pays pauvres

Les laboratoires Pfizer se sont entendus avec des organisations d'aide internationale pour créer une
version peu chère (grâce aux subventions) et facilement transportable du contraceptif injectable Depo-Provera, dont l'efficacité sur trois mois est très recherchée, paraît-il, par les femmes des régions les plus pauvres du monde, et notamment en Afrique. L'intérêt d'une injection trimestrielle étant que l'homme, au sein du couple, n'a pas à être nécessairement au courant, contrairement à ce qui se passe pour les contraceptifs oraux – et chers.

Jusqu'ici les seuls obstacles à une diffusion du Depo-Provera dans les zones reculées des pays en voie de développement était son coût et sa présentation, qui rendait l'administration par des soignants qualifiés obligatoire, et obligeait par la même les femmes à de grands déplacements, tous les trois mois, pour venir chercher leur piqûre.

Pfizer en a donc développé une nouvelle version, largement financée par des groupes comme la Bill & Melinda Gates Foundation, Children's Investment Fund Foundation et USAID ; ils aideront également à subventionner sa distribution.

Au lieu de se présenter comme une injection classique où le produit doit être introduit dans une seringue au moment de la piqûre, le nouveau contraceptif « léger », baptisé Sanaya Press, comporte une dose un peu réduite qui est conditionnée dans un système « Uniject » : une sorte de bulle de plastique avec une courte aiguille. Le produit est injecté en sous-cutané en pressant sur la bulle et peut être administré sans formation particulière.

A 1,50 $ la dose, le produit reste cher à l'aune africaine, par exemple, mais l'aide internationale fera que le produit puisse être vendu à 1 $ la dose aux institutions de santé des pays « aidés » par le biais de la stérilisation de leurs femmes… Sanaya Press devrait ensuite être administré gratuitement, ou moyennant une très petite somme, à celles qui le demandent.

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04 novembre, 2014

Toujours plus de femmes stérilisées par la contraception

Le nombre de femmes ayant accès à la contraception dans les pays en voie de développement a augmenté de 8,4 millions l’an dernier, selon le dernier rapport Family Planning 2020, publié lundi, qui regrette cependant de voir que l’objectif de Londres n’ait pas été atteint.
Cet objectif avait été fixé en 2012 par le Sommet international sur le planning familial, convoqué à l’initiative de la fondation Gates, où de nombreuses organisations caritatives s’étaient engagés à verser plusieurs milliards de dollars en vue de rendre les contraceptifs modernes plus accessibles.
Le rapport affirme que le meilleur accès au planning familial a aidé à éviter 125.000 morts maternelles l’an dernier, contre 120.000 l’année précédente, ainsi que 24 millions d’avortements dangereux, contre 23 millions en 2012. Une précision remarquable pour des estimations…
Le rapport, intitulé « Partenariat pour le progrès », veut voir 120 millions de femmes supplémentaires accéder au planning familial d’ici à 2020. Il se félicite particulièrement des progrès de l’implant contraceptif à longue durée d’action, obtenue grâce notamment à une diminution du prix rendu possible par les subventions offertes dans le cadre du projet : 50 % moins cher dans 60 pays.
La promotion des contraceptifs de longue durée est actuellement au centre des projets des partisans du contrôle de la population.
Au Sénégal, au Burkina Faso, au Niger, au Sénégal, en Ouganda on propose plutôt le contraceptif injectable, « Sayana Press », qui a une efficacité de trois mois, moins dosée que le Depo-Provera, composée uniquement de progestatifs. C’est une méthode qui repose pour une large part sur l’effet anti-nidatoire qui cause la mort de l’éventuel embryon, car elle ne bloque pas l’ovulation et la fécondation reste possible. Au Burkina Faso, il en sera distribué 250.000 cette année.
Douze pays en voie de développement ont organisé des conférences sur le planning familial l’an dernier.

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20 août, 2014

Distribution de contraceptifs de longue durée aux Philippines

Le ministère de la Santé aux Philippines n'attend que le feu vert de la « Food and Drug Administration» locale attestant que les implants contraceptifs de provoquent pas d'avortement en inhibant la nidation pour mettre en œuvre un plan de distribution de 600.000 de ces contraceptifs hormonaux efficaces pendant trois ans.

Ils seront proposés à autant de femmes de 25 à 49 ans (les mineures devront obtenir le consentement parental) de manière totalement gratuite : un dixième du coût sera à la charge des pouvoirs publics, les 90 % restants étant financés par la Fondation Bill & Melinda Gates. Le patron de Microsoft et son épouse sont prêts à « aider » le programme jusqu'en 2016.

Leur Fondation ne fait pas mystère de sa volonté de promouvoir le contrôle des naissances, et les Philippines sont une cible de choix : l'avortement y demeure hors la loi et ce n'est qu'au terme d'années de mobilisation, de pression internationale et de propagande que la contraception officiellement distribuée y est devenue légale. On met en avant les 100 millions d'habitants des Philippines – chacun doit-il se sentir de trop ? – et des images de maternités qui débordent pour recommander la contraception chimique. Au lieu de promouvoir de meilleurs soins pour tous…

Janette Garin, sous-secrétaire du département de la Santé, a déclaré que le seul inconvénient de l'implant contraceptif sous-cutané est l'apparition éventuelle de boutons ou de maux de tête.

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09 juillet, 2014

La fondation Bill Gates finance la recherche sur une micro-puce contraceptive télécommandable

Une micro-puce contraceptive avec une durée de vie de 16 ans, activable et désactivable par télécommande, à porter sous la peau : c’est la contraception dernier cri à laquelle travaille la start-up MicroCHIPS de Lexington, Massachusetts.  Le projet est déjà bien avancé puisque les tests pré-cliniques sont programmés pour l’année prochaine. Une fois acquise l’autorisation de commercialisation de la part de la Food and Drug Administration, la micropuce pourrait être mise sur le marché américain dès 2018. Demain…
La genèse de l’objet est révélatrice. A l’origine, la recherche sur une micro-puce capable de distribuer des médicaments dans le corps sur une longue durée et grâce à une commande externe remonte aux années 1990. La population visée était celle des femmes âgées ayant besoin de recevoir régulièrement des doses de molécules pour combattre l’ostéoporose.
Il y a deux ans, Bill Gates rendait visite à Robert Langer, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), pour lui demander s’il était envisageable de créer un produit contraceptif utilisable bien au-delà des cinq ans que durent aujourd’hui les implants sous-cutanés, et capable d’être activé et désactivé par la femme elle-même à volonté. Robert Langer avait précisément participé aux travaux sur la micro-puce dont la licence avait été vendue à MicroCHIPS.

Les choses sont allées très vite. Grâce à un financement consenti par la Fondation Bill et Melinda Gates, qui soutient toutes sortes de programmes de contrôle des naissances, la recherche a déjà abouti à la création d’une micro-puce mesurant 20x20x7 millimètres, à implanter sous la peau des fesses, du bras ou de l’abdomen. Chargée de levonorgestrel, elle peut diffuser 30 microgrammes de l’hormone par jour – le dosage pouvant être modifié par un médecin. L’hormone est logée dans un réceptacle scellé par une membrane hermétique en titane et platine qui, sous l’impulsion d’une petite batterie interne, fond temporairement pour laisser passer la dose de contraceptif quotidienne.
A la femme, ensuite, d’activer ou de désactiver le système d’un simple clic, selon qu’elle veut concevoir ou non…
Merveille de technologie. Mais au-delà même du problème moral du recours à la contraception, et même au-delà de l’aspect potentiellement abortif du levonorgestrel (c’est la molécule utilisée à haute dose dans le cadre de la « contraception d’urgence », ou pilule du lendemain, et elle a un effet anti-nidatoire comme le montre une tribune publiée par LifeSite ici), se pose la question du contrôle des populations qu’autoriserait une telle méthode.
C’est la phase suivante de la recherche sur la micro-puce contraceptive, explique le Dr Robert Farra du MIT : assurer leur encryptage afin que les données circulant par transmission sans fil restent privées et que la puce ne puisse être commandée par un tiers. Il annonce que la communication avec la puce ne pourrait avoir lieu qu’à la distance qui la sépare de la peau. « Vient ensuite l’encryptage sécurisé. Elle empêche un tiers d’essayer d’interpréter les communications ou d’y interférer. »
Mais quelle confiance accorder à cet encryptage ? Même mis en place, il relèvera de manipulations informatiques dont on sait qu’elles peuvent être piratées. Et là le champ est vaste, comme l’a expliqué John Whitehead, avocat constitutionnel et fondateur de l’association libertarienne The Rutherford Institute à LifeSite : un proche, des pirates, des agences publiques travaillant dans l’illégalité – chose à envisager sérieusement puisque « quelle que soit la technologie dont nous disposions, celle du gouvernement est bien plus puissante ». Pour lui il n’y a pas de doute : « Tout ce qui sera émis par cette puce ira dans un fichier gouvernemental. La puce pourrait même “savoir” à quel moment vous avez des relations sexuelles. Donc, il n’y aura pas de respect de la vie privée, non. »
Sans compter que la puce pourrait être activée « d’une façon dommageable », ajoute-t-il, en servant à empêcher certaines personnes ou certaines catégories de personnes d’avoir des enfants.
De fait la commercialisation ou la distribution de la micro-puce contraceptive est présentée comme une aubaine pour les pays en voie de développement.
La recherche coïncide avec un engagement de plusieurs organismes internationaux, gouvernementaux et non-gouvernementaux, de financer des programmes de contraceptifs de longue durée à destination de 120 millions de femmes vivant dans les pays les plus pauvres d’ici à 2020, pour un coût estimé de 4 milliards de dollars (j’évoquais cela sur ce blog en 2012 ici).
Cela concorde avec les explications données à la BBC par Gavin Corley, ingénieur biomédical, qui voit dans l’utilisation contraceptive de cette nouvelle technologie annonciatrice des « médicaments intelligents » une « application humanitaire plutôt que la satisfaction d’un besoin du monde développé ».

ERRATUM : j'avais écrit par erreur que les données circuleraient vers la micro-puce par WIFI : il s'agit en fait d'une communication sans fil au sens large.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...