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26 février, 2020

Le Pacte éducatif mondial du pape François au service d'un étrange humanisme : entretien avec Mgr Vincenzo Zani (traduction intégrale)

LifeSiteNews vient de publier un entretien réalisé par Diane Montagna lors de l'atelier en vue du Pacte éducatif mondial à Rome, les 6 et 7 février derniers. Mgr Vincenzo Zani, secrétaire de la Congrégation pour l'Education catholique, chargé de l'organisation de l'événement du 14 mai prochain à Rome – et des rencontres et manifestations qui l'accompagnent – a présenté le « nouvel humanisme » que le pape veut promouvoir par le biais de ce Pacte proposé à de multiples acteurs en provenance de la société civile, multiculturelle et pluri-religieuse.

Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de cet entretien, non sans relever quelques points très révélateurs. On y apprend par exemple que selon cet archevêque, Dieu se « retire » de l'histoire après la Création : « Dieu crée mais se retire ensuite. Il quitte l'homme en disant : “Va !” »


Dans cette curieuse conception de la liberté, quid de l'action surnaturelle de Dieu dans le monde ? Interpellé sur ce point par Diane Montagna, Mgr Zani a un peu aménagé son propos pour rappeler que Dieu intervient pour dire (à Caïn) : « Où est ton frère ? » « Par conséquent, Dieu ne se retire pas. Il est là, mais Il ne veut pas remplacer l'homme. » Tout cela ne brille pas par la clarté, mais on retiendra que la notion du péché originel est absente du propos de Zani, qui interprète d'ailleurs l'Incarnation à cette sauce étrange :

« Et donc, au moment de la Création – ceci est un point de vue chrétien car le christianisme a sa propre vision spécifique – à un certain moment, Dieu voit l'homme désorienté, et il envoie son Fils – l'Incarnation. » L'Incarnation n'est plus la venue du Messie et du Sauveur, promise depuis l'origine pour racheter l'humanité privée du salut éternel par la faute des premiers parents, mais une espèce de séance de rattrapage au moment où l'homme ne sait plus où il va.


Parmi les propos plus ou moins classiques de Mgr Zani, on retiendra aussi ceux-ci : le pacte éducatif mondial veut se mettre « au service de toute l'humanité dans la liberté », sans qu'il soit jamais question de mission, de conversion, d'attirer les jeunes à la vérité. Le premier objectif commun n'est d'ailleurs pas de prêcher la vraie foi, mais de « prendre soin de la création et de l'avenir du monde » –  ce n'est pas pour rien que l'affaire s'inscrit dans la logique de Laudato si' et qu'il est placé sur un pied d'égalité avec la COP qui se déroulera en décembre à Glasgow.

Je note aussi avec intérêt que Mgr Zani a refusé catégoriquement de révéler les noms de ceux qui selon lui travaillent déjà depuis un an à l'élaboration du « Manifeste » qui sera signé le 14 mai sous l'égide du pape François : on sait seulement que plusieurs religions sont représentées et que les experts sont de variétés diverses. Pourquoi cette culture du secret ? Qu'y a-t-il à cacher ?


Zani ne cache pas non plus que les signataires du Pacte offriront leur « collaboration » aux Nations unies et plus particulièrement à l'UNESCO, promotrice en effet d'une vision « humaniste » de l'Education qui voit dans les religions sous leur forme traditionnelle une menace pour la paix mondiale et qui, accessoirement, a tant fait pour le décervelage à l'échelle mondiale en imposant des méthodes pédagogiques néfastes. Lire à ce sujet le remarquable Machiavel pédagogue de Pascal Bernardin.


A la question de savoir qui financera le Pacte, le prélat a répondu que le Vatican « n'a presque rien » et cherche donc des mécènes. Diane Montagna a publié un autre article il y a quelques jours sur LifeSite pour raconter comment Jeffrey Sachs a expliqué lors de son intervention à l'atelier que des personnalités comme Bill Gates et des institutions comme l'UNESCO ou le FMI seraient prêtes à mettre la main au portefeuille.


Notons enfin que les grands leaders religieux mondiaux seront reçus dans la Chapelle Sixtine le 13 mai pour une présentation mi-culturelle, mi-religieuse de la Création de Michel-Ange, dont on peut déjà subodorer les relents « humanistes » (au sens maçonnique du terme?). 


Quant à l'événement officiel de clôture, le 14 mai, on a choisi de l'organiser dans la salle Saint-Paul parce que celle-ci est « plus respectueuse des sensibilités », « plus neutre ». C'est là que sera signé le Manifeste, dont on ne sait pas grand chose, si ce n'est qu'il ne sera certainement pas catholique.


Et voici donc ma traduction de l'entretien de Diane Montagna avec Mgr Zani.


*


Mgr Zani, quel sera le rôle des deux autres religions monothéistes lors de l'événement du Pacte éducation mondial le 14 mai prochain ? Il s'est dit que cet événement a été organisé à leur demande.

Oui, la demande venait aussi de leur part. Elle a été motivée par le fait qu'ils attendent du pape une parole d'autorité éthique et morale. Ils reconnaissent l'autorité du pape dans le monde, une autorité qui a du poids dans le monde entier, et ils veulent donc discuter avec le pape du thème de l'éducation. Ils pensent que l'éducation est un outil très important, mais on ne peut pas éduquer dans une culture neutre où il n'y a pas de points de référence. Ces personnalités sont venues rendre visite au pape pour lui dire : nous pensons que lorsque le pape s'exprime, sa parole est bien fondée et pertinente.

Sur quoi est-elle fondée ? Pourquoi ces personnes voient-elles cela chez le pape ?

Parce que ces religions ont une racine commune. Toutes les religions monothéistes ont une racine commune, mais d'autres religions y font également référence. Nous avons entendu, par exemple, il y a peu de temps, cet hindou [à la conférence de l'Académie pontificale des sciences]. Des bouddhistes veulent venir aussi, et donc les responsables d'autres religions sont invités. Mais la demande est venue des autres religions monothéistes parce qu'elles ont dit : nous avons ici un point de référence. Et c'est pourquoi le pape, dans le message par lequel il a lancé l'initiative, invite tout le monde, mais il fait référence à la nécessité de lancer un « nouvel humanisme ».

Il y aura un moment spécial pour les chefs des religions dans la Chapelle Sixtine le 13 mai, à travers un événement artistique et culturel qui entend réfléchir sur la représentation de la Création de Michel-Ange, où nous voyons le doigt de Dieu rencontrer le doigt de l'homme, sans qu'ils se touchent. Dans cette représentation de la Création, on voit Dieu qui donne à l'homme la force, la liberté et la vie, mais qui le laisse libre. C'est une rencontre de liberté où l'on voit une présence de Dieu qui n'écrase pas l'homme, mais le libère. Il le lance dans sa responsabilité. Nous avons ici deux concepts très importants. L'idée chrétienne est celle de la Création, mais elle n'est pas seulement chrétienne. Cette idée appartient aux trois religions monothéistes. Par conséquent, c'est la racine très importante. Tout le reste vient de là. C'est le caractère central de la personne. Dieu crée mais se retire ensuite. Il quitte l'homme en disant : « Va ! »

Pardonnez-moi, mais est-ce là vraiment manière chrétienne de considérer la création de l'homme ? En tant que chrétiens, nous ne croyons pas en un Dieu qui nous laisse seuls. Nous croyons en son action surnaturelle dans le monde.

Oui, mais au moment où Dieu crée l'homme, Il lui donne l'intelligence, le cœur et la capacité d'agir, et il lui dit : « Va ! » Puis, à un certain moment, Il dit : « Où est ton frère ? » Par conséquent, Dieu ne se retire pas. Il est là, mais Il ne veut pas remplacer l'homme. Et donc, au moment de la Création – ceci est un point de vue chrétien car le christianisme a sa propre vision spécifique – à un certain moment, Dieu voit l'homme désorienté, et il envoie son Fils – l'Incarnation. À ce moment-là, nous trouvons donc la dimension spécifiquement chrétienne, où Dieu lui-même devient rien pour élever l'humanité. C'est cela, le nouvel humanisme. C'est le nouvel humanisme, c'est-à-dire l'humanisme qui se remet sur pied, qui reprend le chemin de la relation à Dieu, qui ne coupe pas cette relation, mais la renforce, et surtout – puisque l'homme est fait à l'image et à la ressemblance de Dieu – cette impression de Dieu dans l'âme de l'homme doit être comprise et développée.

Dieu n'est pas fait à mon image, je suis fait à l'image de Dieu. Qu'est-ce que Dieu ? Dieu est amour. Dieu est agapè. Dieu est relation : Père, Fils et Saint-Esprit – la dimension trinitaire de Dieu. C'est le fondement de la liberté et de la relation et du don de sa vie pour l'autre. Si nous voulons aller au cœur de l'éducation d'un point de vue particulièrement chrétien, nous devons aller à la racine trinitaire.

Oui, mais sur le plan pratique, quel est le rôle des autres religions monothéistes – ou des bouddhistes, par exemple – dans l'événement qui se tiendra en mai ?

Elles sont invitées à participer, à écouter, à dire et à entendre que chacun dans le monde a une tâche importante à accomplir. Ce n'est pas que le pape, avec le Pacte éducatif mondial, veuille tout absorber et devenir lui-même le point de référence. Telle n'est pas la vision. Il s'agit de se mettre au service de toute l'humanité dans la liberté. Il est clair que les premiers à accueillir ce message sont les catholiques, parce qu'il y a une révélation, une vérité que nous devons mieux comprendre, que nous devons développer. L'éducation chrétienne a un potentiel extraordinaire que nous ne développons pas toujours. L'éducation chrétienne doit être repensée. Dans ce cas précis, elle est proposée comme une vision.

Alors, bien sûr, on ne peut pas imposer. À ce stade, chacun peut trouver sa place dans cette expérience qui commence. En ce sens, nous devons également nous rendre compte que dans le monde, nous avons 218.000 écoles catholiques qui sont fréquentées par plus de six [en réalité : soixante] millions d'élèves, dont 35 % ne sont pas chrétiens, pas catholiques, mais qui fréquentent ces écoles parce qu'ils apprécient l'éducation chrétienne. Et donc, nous avons une très grande responsabilité.

C'est ainsi que nous concevons le pacte éducatif, mais nous devons nous mettre d'accord parce que nous avons un problème mondial : prendre soin de la création et de l'avenir du monde. C'est pourquoi l'éducation est un outil important pour répondre aux nombreux défis auxquels nous sommes aujourd'hui confrontés. En ce sens, le pape invitera les représentants des religions et d'autres organismes à signer un manifeste contenant les principes fondamentaux de l'éducation pour l'avenir.

Qui est responsable de la rédaction du manifeste du Pacte global pour l'éducation ?

Un groupe d'experts y travaille depuis plus d'un an. Il a déjà été bien préparé.

Pouvez-vous dire qui fait partie de ce groupe ?

Non. Ce sont des experts de différentes disciplines, de différentes sensibilités, de différents points de vue car l'éducation n'est pas seulement une question de pédagogie au sens strict. Nous devons avoir une vision. Il y a des anthropologues, des scientifiques, ceux qui représentent le thème de la paix. Donc le groupe est déjà très varié.

Ce groupe comprend-il des représentants de différentes religions ?

Oui.

L'UNESCO a-t-elle un rôle important à jouer dans la rédaction du manifeste ? Fait-elle partie de ce groupe ?

Non, car le Saint-Siège est un observateur permanent de l'UNESCO et travaille avec l'UNESCO. Mais en ce sens, le pape n'a pas voulu les obliger. Il s'agit plutôt la société civile. Des organisations comme les Nations unies et l'UNESCO sont invitées en mai. Mais elles sont seulement invitées, elles ne sont pas impliquées dans ce type de travail. Le pape veut plutôt travailler avec le monde de la culture, de la science, de l'art, du sport et des religions. C'est la société civile, coordonnée, qui offre cette possibilité de collaboration, mais la collaboration viendra après. C'est-à-dire que nous savons ce que veulent l'UNESCO et les Nations unies parce que nous travaillons toujours ensemble. Nous ne voulons pas imposer ou conditionner, nous devons aider à ouvrir une nouvelle voie de collaboration.


Lors de votre intervention ici à l'atelier de l'Académie Pontificale des Sciences, vous avez dit que la Via della Conciliazione sera transformée pendant plusieurs jours en un village éducatif. Que pouvez-vous nous dire sur l'événement de clôture qui se tiendra sur la place Saint-Pierre le 14 mai prochain ?

Il ne se déroulera pas sur la Place. Il se tiendra dans la salle Paul VI, car celle-ci est plus respectueuse des différentes sensibilités, elle est plus neutre. Il se tiendra là, mais il sera diffusé dans le monde entier. On pourra se connecter, et il y aura un moment où tout le monde pourra exposer les grands problèmes d'aujourd'hui ...

Comme par exemple ?

Comme, par exemple, les grandes tensions, le climat, la violence, la marginalisation, la pauvreté – tout ce qui assaille l'humanité aujourd'hui – afin de dire : que peut faire l'éducation ? Ensuite, les jeunes qui seront présents poseront des questions aux grands de la terre, puis les représentants des différentes catégories, les prix Nobel de la paix, etc., seront invités à signer le manifeste. Ce sera le moment symbolique de clôture de l'événement du 14 mai.

Mais en même temps, comme vous l'avez dit lors de votre intervention ici à l'atelier du PAS, ce ne sera qu'un début.

Oui, pour ce qui est des quatre thèmes que j'ai mentionnés dans ma présentation [droits, écologie, paix et solidarité]. Mais les ministres de l'éducation du monde entier participeront le lendemain, le 15 mai, et auront l'occasion de dire : hier, le manifeste a été signé, et maintenant, que faisons-nous ? C'est leur tâche, pas la nôtre. Mais nous les inviterons, et les ministres de l'éducation qui accepteront notre invitation se réuniront à l'université du Latran le matin du 15 mai.

Vous avez mentionné que le village de l'éducation qui sera construit en mai sur la Via della Conciliazione durera plusieurs jours.

Oui, il sera installé pendant une semaine, et nous y présenterons des expériences, des débats, des rencontres avec des jeunes, des étudiants, des familles, et nous l'ouvrirons à tous ceux qui souhaitent le visiter de 10 h à 19 h.

Quelle est la relation entre cette initiative et les objectifs de développement durable (ODD), en particulier l'objectif ODD sur l'éducation ?

Il y aura trois ou quatre événements majeurs cette année. L'un d'eux sera l'Économie de [« Francesco Econmy » à Assise. Nous n'en avons pas beaucoup parlé car c'est autre chose, mais nous demanderons que les conclusions d'Assise soient intégrées au village.

Les conclusions de l'événement "L'économie de François" seront-elles également incorporées dans le manifeste ?

Quelque chose sera inclus dans le manifeste, mais nous devons garder les choses séparées, sinon nous allons créer une confusion. Immédiatement après l'Économie de François, d'autres événements seront promus afin de commémorer le cinquième anniversaire de Laudato Si'. Après nous, le Dicastère pour le développement humain intégral fera quelque chose sur Laudato Si'. C'est la troisième chose. La quatrième est la COP, qui aura lieu en décembre, et il y a donc une préparation considérable en vue de cela.

Il s'agit de quatre choses distinctes. L'éducation présente un intérêt dans tous ces domaines, c'est clair. Mais nous devons aussi laisser les choses un peu distinctes. Ensuite, nous verrons comment définir ces quatre grands thèmes [dont j'ai parlé dans ma présentation] : les droits, l'écologie, la paix et la solidarité. C'est une tâche qui doit être orientée vers l'avenir.

Quel est exactement le rôle de la Fondation pontificale « Scholas Occurrentes » dans le Pacte global pour l'éducation ?

Oui, oui. Elle y est incorporée. Ils collaborent avec nous.

Mais que font-ils ?

Ils ont un instrument important, une plate-forme numérique, et ils sont en contact avec un grand nombre d'écoles, d'enfants du monde entier, qui travaillent déjà et se mobilisent pour cet événement. Beaucoup d'entre eux sont à la périphérie et suivront l'ensemble de l'événement depuis plusieurs grandes villes. Les universités se connecteront également à l'événement en mai, en particulier l'événement final dans la salle Paul VI. En utilisant la Mondovisione [transmission transcontinentale par satellite]. Il existe déjà des universités qui se connectent afin de mener à bien des initiatives locales.

Qui finance l'événement du Pacte global pour l'éducation ? Est-ce le Vatican qui paie ?

Nous recherchons des fondations qui nous aideront à l'organiser. Oui, oui. Le Vatican n'a presque rien. Nous recherchons une aide extérieure.

Ici, à l'atelier de l'Académie pontificale des sciences sur le Pacte mondial pour l'éducation, nous avons entendu l'économiste de Harvard, David Bloom, parler de la croissance démographique comme d'un problème. Il a également parlé de manière positive du « lien de causalité » entre l'éducation et la réduction de la population. Les objectifs de développement durable des Nations unies font la promotion des droits reproductifs, ce qui, dans le langage des Nations unies, signifie contraception et avortement. Et selon l'UNESCO, l'ODD 2030 pour l'éducation cherche à promouvoir les droits des « LGBT ». L'Église ne peut pas abandonner le Christ pour se lier d'amitié avec le monde. Comment l'Église s'y prend-elle pour négocier des accords tels que le Pacte mondial pour l'éducation ?

Sur le site de la Congrégation pour l'éducation catholique, on peut trouver un document sur le genre publié l'année dernière. Nous avons une vision très claire. Nous ne l'imposons pas, mais elle est certainement très claire. Notre éducation est basée sur ces principes. Lorsque vous éduquez, vous rencontrez des problèmes, et vous devez faire face à ces problèmes. Donc vous écoutez, vous comprenez le problème et la souffrance, mais je ne peux pas éliminer ma vision, la vision de la personne humaine, de la liberté humaine, des droits, de la famille. C'est précisément l'un des points sur lesquels le pape insiste. Il a évoqué le rôle de la famille et de l'école, de la famille et de la société, et nous devons retrouver cette dimension. Nous entrons donc dans une discussion sur ce qu'est la famille, la vision chrétienne de la famille et de la personne humaine.

L'Église est-elle prête à dire cela, et à l'enseigner au monde ?

Nous parlons en ce moment du Pacte éducatif mondial, qui n'est pas le « Big Bang » universel. C'est un moment particulier pour l'Église : après une réflexion très claire, nous allons lancer un engagement en faveur de l'éducation. Il est évident que, sur ces quatre thèmes que nous avons évoqués précédemment, la vision doit être traduite en quelque chose de concret. Que signifient la dignité et les droits de l'homme ? Et c'est déjà un point sur lequel nous devons réfléchir en fonction de notre vision et de celle des autres. L'écologie, mais pas une écologie abstraite – une écologie intégrale qui prend en considération la personne dans son ensemble. La paix, la discussion sur la paix, les différences, être citoyen dans un monde de tension. Quels sont les éléments qui nous aideront à être des citoyens de ce monde mais aussi des citoyens qui proposent et ne se contentent pas de subir ? La solidarité est le quatrième aspect. Il y a aussi le service et la disponibilité, mais là aussi nous avons des idées très claires.

Y aura-t-il quelque chose dans le manifeste concernant les droits de la mère et du père – c'est-à-dire le droit premier des parents d'éduquer leurs enfants ?

Il me semble que oui, parce que c'est fondamental et parce que c'est naturel. C'est naturel, et l'Église le voit. C'est très important.

Propos recueillis par Diane Montagna pour LifeSiteNews

© leblogdejeannesmits pour la traduction.



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© leblogdejeannesmits



15 février, 2020

Les financiers potentiels du Pacte pour l'éducation du pape François selon Jeffrey Sachs : l'ONU, le FMI, l'UE, Bill Gates et quelques autres grands de ce monde

L’économiste américain, Jeffrey Sachs, partisan avoué du contrôle de la population, a annoncé au Vatican le nom de certains partenaires financiers potentiels du Pacte mondial pour l’éducation que le pape François lancera le 14 mai prochain en vue de créer un « nouvel humanisme ». Sur la liste – présentée sur écran lors d’un atelier sur ledit Pacte organisé à l’Académie pontificale des sciences les 6 et 7 février derniers – figurent le milliardaire américain Bill Gates, le magnat des affaires le plus riche de Chine, Jack Ma, Mukesh Ambani, patron de la plus grosse société pétrochomique de l’Inde et l’homme le plus riche d’Asie, l’UNESCO et plusieurs autres agences des Nations Unies, ainsi que la Banque islamique de développement.

Une grande partie des informations et des développements de cet article sont repris dans l’excellent article publié hier par Diane Montagna sur LifeSiteNews, en particulier le compte-rendu de son très révélateur entretien avec Mgr Sanchez Sorondo, organisateur de l'atelier.

Entre l’éducation et la réduction de la fertilité, il y a un lien que les malthusiens contemporains soulignent volontiers. Le propre chancelier de l’Académie pontificale des sciences, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, avait affirmé lors d’un précédent colloque sur la biodiversité – où il n’avait pas hésité à inviter des partisans de premier plan de la contraception et de l’avortement – que les femmes ayant un plus haut degré d’instruction ont en moyenne moins d’enfants que les autres. Il présentait cela comme une sorte de solution éthique pour que les femmes « aient un ou deux enfants au lieu de sept ».

Notez qu’un tel taux de fécondité serait globalement suicidaire : pour remplacer les générations dans les pays développés, il faut 2,1 enfant par femme, nettement plus dans les pays pauvres. Même là où mortalité maternelle et infantile sont peu importantes, ce sont les familles nombreuses qui doivent compenser l’absence d’enfants chez les femmes qui pour diverses raisons ne peuvent ou ne veulent en avoir.

Sachs et plusieurs de ces bailleurs de fonds potentiels mettent égalemennt l’éducation en avant comme un moyen essentiel pour réduire à terme la population mondiale, au motif que les couples – et surtout les femmes – instruits ont des bébés plus tard et comprennent l’avantage matériel qu’il peut y avoir à avoir moins d’enfants.

Les ambitions du Pacte mondial pour l’éducation sont extrêmement élevées. Jeffrey Sachs a ainsi déclaré qu’il avait « parlé avec certaines des personnes les plus riches du monde » : il se dit convaincu de la possibilité de faire abonder un fonds pour l’éducation à hauteur de 26 milliards de dollars par an.

« Voici où nous allons trouver les fonds », a-t-il proclamé en présentant une diapositive intitulée « Partenaires pour le Pacte mondial pour l’éducation et un nouveau fonds pour l’éducation ». En voici la transcription :
Gouvernements donateurs
L’Union européenne
Les grands philanthropes (Bill Gates, Jack Ma, Mukesh Ambani)
Banque islamique de développement
UNESCO, UNICEF, autres agences des Nations unies
Fonds monétaire international
Les promoteurs des ODD du Secrétaire général de l’ONU
L’ONG Global Citizens
« Youth for the Future »
La plupart de ces financeurs potentiels se distinguent par leur hostilité militante à l’égard des principes du catholicisme : on les retrouve généralement à travers le monde dans les entreprises de promotion de la « santé reproductive ». Parmi leur nombre : le programme 2030 des Objectifs du développement durable (ODD) de l’ONU.

« Global Citizens » se présente comme un « mouvement de citoyens » ayant pour objectif de combattre l’extrême pauvreté. Ses leaders, financiers et artistes sont un véritable catalogue des grands de ce monde. Cette ONG milite pour les « droits gays » et a félicité le Canada pour son action en faveur de « l’avortement sûr ». Parmi ses sponsors, pas une seule institution ou association caritative catholique.

Outre ses entretiens apparemment fructueux avec Bill Gates, Jack Ma et Mukesh Ambani, ainsi que les responsables de la Banque islamique de développement, Jeffrey Sachs a évoqué ses pourparlers avec le Fonds monétaire international. Il estime donc pouvoir compter sur le FMI qui l’a assuré, dit-il, de son « engagement total » au service du Pacte. Le conseiller du pape François en matière de « changement climatique » a également annoncé aux participants à l’« Atelier sur l’éducation : le Pacte mondial » que l’ONG Global Citizens comprend « de nombreuses stars du rock et certains des artistes les plus célèbres du monde ».

Mieux : Greta Thunberg et d’autres jeunes sont « prêts à s’y joindre ». Youpi !

Jeffrey Sachs a en outre déclaré qu’en consacrant 26 milliards de dollars à l’Afrique on pourrait de « scolariser tous les enfants africains jusqu’au niveau secondaire ». Avec les programmes d’éducation de l’UNESCO ?

« Le pape François est notre plus grand mobilisateur de (vie) décente dans le monde, et lorsque le pape François appelle à un Pacte mondial pour l’éducation, profitons de l’occasion pour mobiliser le financement de base afin que cela devienne une réalité, et pas seulement une grande idée », a-t-il lancé aux participants.

Jeffrey Sachs, désormais figure incontournable des réunions de l’Académie pontificale des sciences, a également déclaré : « Je crois que si nous nous recommandons du pape François, avec son leadership unique au monde, pour aller chercher ces fonds, si chacun d’entre nous va frapper à la porte de son milliardaire préféré, de ses voisins, des gens qui peuvent faire la différence, nous y arriverons, même d’ici au mois de mai. »

Sachs a ajouté que « certaines personnalités les plus riches du mondeé veulent être à Rome lors du lancement du Pacte mondial pour l’éducation de mai 2020. « Mais je pense qu’il faut clarifier le fait qu’une partie de l’objectif n’est pas seulement le merveilleux but de l’amélioration du contenu, mais qu’il s’agit en fait de faire en sorte que les enfants aient une salle de classe et un siège pour qu’ils puissent bénéficier de ce contenu. »

Si l’objectif d’offrir une éducation de qualité aux enfants du monde entier est incontestablement noble, note Diane Montagna, il est souvent assorti de conditions.

Jeffrey Sachs préconise depuis longtemps la réduction de la population, en particulier en Afrique subsaharienne, en éduquant les filles à « la santé sexuelle et reproductive, et sur les options de contraception ». Il est lui-même favorable à l’avortement légal, en particulier pour réparer les ratés de la contraception.

D’ailleurs, le « lien de causalité » entre le niveau d’éducation et le contrôle de la population a été soulevé lors de cet atelier de deux jours à l’Académie pontificale des sciences.

Dans un exposé sur « l’interaction de l’éducation avec la santé et la démographie de la population », David E. Bloom, professeur d’économie et de démographie à Harvard, a souligné comme un élément positif le fait que l’éducation « réduit les taux de fécondité et de croissance de la population ».
Le développement de l’éducation « est probablement mieux abordé de manière multisectorielle, par un mélange de politiques de santé, de population et d’éducation – en particulier celles qui promeuvent la santé des enfants comme les soins prénataux, la vaccination des enfants et les investissements dans les infrastructures d’eau et d’assainissement des écoles », a-t-il ajouté.
Bloom a cependant évité d’exprimer en ce lieu sa conviction – développée de longue date – selon laquelle la promotion de l’éducation implique également, selon ses propres termes, de fournir « un accès accru aux services de planification familiale » et de « répondre aux besoins considérables non satisfaits en matière de contraception », ainsi qu’il l’écrivait dans une tribune publiée par le New York Times en mai 2011.

Il y affirmait que le « défi de taille » de la croissance démographique en Afrique (selon ses estimations, les femmes africaines ont 4,5 enfants en moyenne) implique également de « modérer les taux élevés de fécondité désirée » observés sur une grande partie du continent. Cela « se produira naturellement à mesure que le statut et l’éducation des femmes s’amélioreront et que les couples reconnaîtront de plus en plus qu’ils seront mieux lotis avec des familles moins nombreuses », écrivait-il.

L’annonce par Jeffrey Sachs que Bill Gates était un partenaire financier potentiel pour le Pacte mondial pour l’éducation du pape François a été suivie quelques jours plus tard, le 10 février, par la publication de la lettre annuelle de la Fondation Bill et Melinda Gates annonçant que « la crise climatique et l’égalité des sexes » sont devenues des priorités pour leurs futurs dons « philanthropiques ».

Melinda Gates affirme dans cette lettre qu’elle veut concentrer ses propres efforts sur l’égalité des sexes, y compris les « droits reproductifs ». « Mon parcours d’engagement public a commencé avec le planning familial », écrit-elle. « Il y a plus de 200 millions de femmes dans les pays en développement qui ne veulent pas tomber enceintes mais qui n’utilisent pas de contraceptifs modernes. »

Elle y déclare en outre  que sa fondation, qui travaille en étroite collaboration avec Jeffrey Sachs, a depuis lors renforcé ses « engagements en matière de planning familial » tout en développant « des stratégies qui donnent la priorité à l’égalité des sexes ».

Au début de ce mois, Edward Pentin du National Catholic Register a indiqué que le Vatican s’était « rapproché » de la Fondation Gates au cours des derniers mois. Des sources fiables ont indiqué au Register qu’en novembre dernier, le pape François avait reçu Melinda Gates lors d’une audience privée qui n’a reçu aucune publicité.

Dans une interview accordée en 2018, Obianuju Ekeocha, militante pro-vie et auteur de Target Africa, notait que le pape François (à l’instar de Jean-Paul II) avait dénoncé le phénomène croissant des pays, entités et fondations occidentales qui viennent en Afrique avec de l’« aide » et des « dons » assortis de « conditions ».

Mme Ekeocha, une scientifique de la médecine biomédicale née au Nigeria et résidant actuellement au Royaume-Uni, expliquait alors :
« Ils avancent dans leurs projets d’aide humanitaire, nous font des cadeaux, et en même temps essaient de nous amener à nous aligner avec eux sur le plan idéologique sur des questions qui sont assez importantes pour les Africains : des questions comme l’avortement, la contraception, le contrôle de la population, ce qui se passe avec la jeunesse et la sexualité humaine, l’identité sexuelle. (…) Ils introduisent cela dans le cadre de leurs projets d’aide aux pays en développement, et c’est en fait assez dangereux pour nous parce que c’est nous qui sommes leur cible. Non seulement nous recevons l’argent, mais nous recevons aussi tout ce qui va avec, tout ce qui menace maintenant de porter atteinte à notre propre vision et à nos valeurs culturelles. »
Elle ajoutait que l’Église est « en plein cœur de la tempête », identifiant la Fondation Gates comme l’une des principales fondations qui se présentent comme « amie » et essaient de « s’associer avec l’Église, parce que l’Église dispose d’un si grand réseau partout sur le continent africain ». « L’Eglise voit alors des programmes de contraception, des programmes de préservatifs cibler les enfants. Les évêques s’expriment et appellent cela par son nom : de l’impérialisme culturel ou du néocolonialisme idéologique. »

« L’Eglise doit être le rempart face à ces initiatives », ajoutait-elle.

En 2012, Mme Ekeocha écrivait une lettre ouverte à Melinda Gates en réponse à son plan et à sa promesse de « planter les graines » de son « héritage » – en rassemblant 5 milliards de dollars de promesses – dans 69 des pays les plus pauvres du monde, dont la plupart se trouvent en Afrique subsaharienne, afin d’obtenir que la femme africaine soit moins fertile. La « Lettre ouverte d’une femme africaine à Melinda Gates » est disponible intégralement sur le site du Conseil pontifical pour les laïcs.

Lors de la session du matin de l’atelier du 6 février (avant que Sachs n’ait fait son annonce), Diane Montagna s’est entretenu au nom de LifeSiteNews avec Monseigneur Vincenzo Zani, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, que le pape François a chargé de superviser le Pacte global pour l’éducation.

A la question de savoir qui allait financer cet événement, Mgr Zani a répondu : « Nous recherchons des fondations qui nous donneront un coup de main. Le Vatican n’a presque rien, nous cherchons une aide extérieure. »

Après la conférence de Jeffrey Sachs, LifeSite s’est entretenu dans l’après-midi avec le chancelier de l’Académie pontificale des sciences, l’Argentin Mgr Marcelo Sánchez Sorondo.

Celui-ci a déclaré à LifeSite que l’atelier des 6 et 7 février avait été organisé en réponse à une demande de la Congrégation pour l’éducation catholique et constituait une sorte de réunion consultative sur le contenu du Pacte mondial pour l’éducation. Il a ajouté que l’académie est « très heureuse » de voir l’enseignement obligatoire se répandre dans le monde entier. Mais d’ajouter : « Comme l’a expliqué Jeffrey Sachs, le grand problème est l’argent. Nous n’avons pas l’argent nécessaire. »

Mgr Sánchez a confirmé que les personnes et les organisations citées par Jeffrey Sachs étaient des collaborateurs potentiels du Pacte éducatif. Il a ajouté que « ce n’est rien en réalité pour les personnes qui ont de l’argent réel. »

« Il y a un milliard de personnes sans instruction, et celle-ci est la clé du développement des personnes et de la personne », a-t-il déclaré.

À la question de savoir si le Pacte mondial pour l’éducation est donc un moyen de mobiliser des fonds afin de les orienter vers l’éducation, Mgr Sánchez a répondu : « Cela en fait partie. L’autre question est celle-ci : quel type d’éducation ? »

Le prélat argentin a affirmé que selon le pape François, en matière d’éducation « nous avons besoin du langage de l’esprit » mais aussi « du langage des valeurs, du langage du cœur ». Il est très important, a dit Sánchez Sorondo, d’avoir une éducation qui mette la personne humaine, la dignité de la personne humaine au centre », ainsi que « la question du genre, la question de la femme ».
Il a précisé que le contenu du Pacte mondial pour l’éducation sera particulièrement axé sur les femmes, en partie pour lutter contre les nouvelles formes d’esclavage et de traite des êtres humains.

Le chancelier de la PAS a également déclaré qu’il espérait que le Pacte se focalisera sur « la vérité qui vient des sciences », telles que « le changement climatique » et « l’évolution ». Soit deux théories…

Sánchez Sorondo a également reconnu que la relation entre le Pacte mondial pour l’éducation et la réalisation des objectifs de développement durable pour 2030 est « très étroite », mais il a ajouté que « le pape veut mettre davantage l’accent sur la question des valeurs et de l’éthique, et sur la question de la femme. En ce sens, il y a des différences ».

Diane Montagna a alors rappelé que ce certains ODD, notamment ceux concernant l’égalité des sexes, la santé et l’éducation, sont en contradiction avec l’enseignement de l’Église. En particulier, a-t-elle rappelé, les Nations unies aimeraient former les filles africaines à l’utilisation de la contraception, et leur conseiller d’avorter si elles tombent enceintes et ne veulent pas garder leur bébé. Rappelant également l’enseignement des Écritures sur le combat entre le monde et l’Église, elle a demandé à Mgr Sánchez comment l’Église pouvait collaborer avec les Nations unies sur cette question.

« Ça, c’est typique du peuple américain, en particulier de la droite : exagérer idée selon laquelle l’avortement est inclus dans ces objectifs, et ce n’est pas vrai », a-t-il rétorqué.

Diane Montagna lui a alors fait remarquer que les organisations que Sachs pressent comme partenaires financiers du pacte sont les mêmes que celles contre lesquelles Ekeocha et d’autres se battent parce qu’elles font la promotion de la contraception et de l’avortement auprès des populations africaines, et ceci contre leur gré.

Réponse de Mgr Sanchez Sorondo : « Oui, mais cela dépend du pays. Cela ne dépend pas des Nations unies, c’est la question. Les Nations unies ne sont pas favorables à l’avortement. Peut-être certains des bureaucrates, mais ce n’est pas dans les documents. Les documents ne parlent pas de l’avortement. »

Confronté au fait que l’ONU a recours au langage des « droits reproductifs » et de la « santé reproductive » pour signifier la contraception et l’avortement, Mgr Sorondo a une fois de plus nié. « C’est une question typique. Ils ne disent pas cela », a-t-il dit.

Mais ils le font – et même explicitement. L’ODD 3 de l’ONU sur la santé vise à « élargir l’accès aux méthodes modernes de contraception » d’ici à 2030, et présente cela comme « essentiel pour assurer l’accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive ».

L’ODD sur l’égalité des sexes (5.6.1) vise, d’ici à 2030, à « assurer l’accès universel à la santé sexuelle et reproductive et aux droits reproductifs », y compris « l’utilisation de la contraception » et « les soins de santé » – terme que la Fédération internationale Planned Parenthood utilise volontiers pour désigner l’avortement.

L’ODD sur l’éducation (4.7) vise à garantir que « tous les apprenants acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour promouvoir… des modes de vie durables (et) l’égalité des sexes ». Selon des économistes comme Sachs et Bloom, la réduction de la fécondité des femmes africaines est essentielle pour atteindre cet objectif.

Mais les « droits reproductifs » renvoient à la famille selon l’interprétation de l’Eglise », a insisté Mgr Sánchez. « Nous pouvons avoir une interprétation et pas l’autre ».

D’où la question de savoir comment l’Eglise pourra garantir qu’un pacte d’éducation financé par les personnes et les organisations figurant sur la liste de Sachs ne conduira pas à ce que les filles africaines reçoivent un enseignement sur la contraception et l’avortement.

Mgr Sánchez a répondu en rappelant une rencontre qu’il avait eue avec un prêtre catholique en 1971 à l’université du Latran. Mgr Sánchez a déclaré que le prêtre lui avait dit que « la solution au problème de la reproduction est la nécessité pour la femme d’étudier, car ayant étudié, elle aura un esprit critique, et lorsqu’elle se mariera, elle sera plus intelligente et n’épousera pas le premier venu. Ensuite, elle pourra avoir un ou deux enfants, mais pas plus. »

« C’est la vérité », a dit Sanchez Sorondo en riant.

Oui, en riant…

Diane Montagna a insisté auprès du prélat sur le problème de la participation aux ateliers de personnalités tel David Bloom, qui souligne le « lien de causalité » entre l’éducation et le contrôle de la population, notamment à la lumière des écrits et des déclarations de Jeffrey Sachs sur la nécessité de réduire la fécondité en Afrique.

« Pas ici », a rétorqué Mgr Sánchez à propos des déclarations de Sachs. « C’est un autre mythe » que Jeffrey Sachs soutienne la contraception et l’avortement en Afrique, a-t-il ajouté.

En 2011, Sachs déclarait à CNN que l’éducation est l’un des meilleurs moyens de parvenir à une baisse « volontaire » de la fécondité. Et dans son ouvrage de 2015, The Age of Sustainable Development, il préconisait d’instruire les filles en Afrique sub-saharienne quant à  « la santé sexuelle et reproductive, et sur les options de contraception ».

Interrogé sur la sagesse de conclure un pacte éducatif avec des personnes dont la vision des ODD prévoit d’inonder les Africains de contraceptifs et d’entreprises de lobbying pour l’avortement légal, Sánchez Sorondo a rétorqué que « l’Église a une politique complètement différente ».

Le pape François n’est d’accord qu’« en partie » avec l’objectif d’éducation des ODD, car « il n’y a rien à propos des valeurs », a déclaré Sánchez Sorondo, qui a ajouté avoir « critiqué » Jeffrey Sachs « à de nombreuses reprises » pour « ne pas avoir mis la famille au centre » de ses objectifs.

Interrogé sur la manière dont le Vatican va garantir, dans le cadre du Pacte mondial pour l’éducation, que les filles africaines soient informées de la véritable signification de la famille et non de la contraception, Mgr Sánchez a répondu que l’« accord » vise à « garantir ces choses ». C’est, selon lui, la « différence entre l’accord du Pape et l’accord des Nations unies ».

Interrogé sur le fait de savoir s’il pensait que Melinda Gates serait d’accord avec cela, Sánchez a répondu « non ». « Nous n’avons pas d’accord avec Melinda Gates », a-t-il déclaré. « C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas l’argent de ces gens ».

Lorsqu’il a été souligné que Jeffrey Sachs avait inscrit la Fondation Gates et d’autres organisations pro-contraception et pro-avortement sur la liste des bailleurs de fonds potentiels du Pacte mondial pour l’éducation, le prélat a affirmé que ces partenaires étaient « pour les objectifs [de Sachs] ».
Lorsqu’on lui a fait remarquer que Sachs avait intitulé sa liste « Partenaires pour le Pacte mondial pour l’éducation et un nouveau fonds pour l’éducation », Mgr Sánchez a répondu : « Je ne sais pas, mais il est clair que le pape est contre cela ; le pape l’a dit, à maintes reprises. »

« Beaucoup d’Américains nous critiquent pour les mêmes raisons. Alors pourquoi le pape collaborerait-il avec ces gens ? », a-t-il demandé, perplexe.

Et Diane Montagna de répondre :

« Je ne sais pas. Nous voyons qu’il y a une coopération croissante entre les Nations unies et le Vatican. Saint Paul parle de l’inimitié entre l’Église et le monde. Les valeurs de l’Église catholique ne sont souvent pas en accord avec les valeurs de ces organismes supranationaux, comme les Nations unies. Nous ne voulons pas donner l’esprit de nos enfants aux Nations unies pour que celles-ci les éduquent. Car que vont-ils leur enseigner ? Si j’avais une petite fille, on lui enseignerait qu’à 13 ou 14 ans, elle peut être sous contraception. Et on ne lui apprendra rien sur la famille. On lui apprendra qu’elle a des “droits”. »

« Alors, quelle est la solution pour vous, ne collaborer en rien avec quoi que ce soit ? », a rétorqué Sánchez Sorondo.

Lorsque Diane Montagna lui a répondu que la solution est la clarté et que les catholiques pratiquants voient bien qu’une bataille fait rage à propos de la famille, il a répondu : « Désolé, quelle est la solution, ne pas parler avec ces gens ? Dire : nous ne voulons pas parler avec vous, vous êtes complètement entre les mains du diable ? »

Lorsqu’elle a répété que l’Église et l’Académie pontificale avaient besoin de clarté, il a insisté : « C’est très clair, il n’y a aucune ambiguïté. Jeffrey Sachs connaît parfaitement notre position. Parfaitement. »

Il reste donc à savoir si les organisations pressenties au nom du Vatican par Jeffrey Sachs vont ouvrir leur tiroir-caisse. Car on le sait bien : qui paye décide.



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