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18 novembre, 2015

La COP peut-elle ignorer la question démographique ? Depuis les malthusiens jusqu'à Radio Notre Dame

Je garde Radio Notre Dame pour la fin. Parlons d'abord des malthusiens de Démographie Responsable.

« La COP21 peut-elle ignorer la question démographique ? » C'est le thème d'une conférence-débat organisée à Paris, ce 19 novembre, par l'association Démographie Responsable qui a pour objectif l'« autolimitation de la natalité » pour « Préserver la Vie sur la planète » pour défendre l'espèce humaine et les « autres espèces vivantes présentes à ses côtés ». Elle œuvre « pour la stabilisation, voire la diminution, de la population humaine ».

Chose amusante, pour adhérer, il faut prendre l'engagement suivant (fautes d'orthographe et de typographie comprises) :
« Notre action portant sur un sujet délicat et controversé, il est demandé aux adhérents de se reconnaître dans la charte suivante : « pour ne pas porter préjudice à la cause que je défend, lorsque je m’exprime dans un espace public en temps qu’adhérent, je m’engage à respecter mes interlocuteurs et à ne pas tenir de propos excessifs.»
On peut donc espérer que jeudi soir, les prises de paroles seront des plus correctes. Mais allez, notez tout de même que Démographie responsable prône la fin des allocations familiales supplémentaires au-delà de deux enfants, tout comme les parts pour le quotient familial au-delà du 2e enfant : 
« Autre effet bénéfique de premier ordre, n’incitant plus à la surnatalité, c'est à dire ne faisant plus partie des "mauvais élèves de la classe", la France  pourrait intervenir dans les organismes internationaux pour promouvoir une politique démographique planétaire responsable. »
Les invités de jeudi ? Yves Cochet, Roger Martin de Population matters, Gérard Charollois (Convention vie et nature), Denis Garnier de Démographie Responsable et… Odon Vallet, professeur à Science-Po, « spécialiste des religions », chroniqueur occasionnel à La Croix.

Le logo de l'association ne laisse guère de doute quant à ses préoccupations et aux solutions proposées.


Le site distribue également des bons points, notamment à Hubert de Beaufort pour une chronique sur Radio Notre-Dame sur les réalités démographiques, le 24 octobre dernier. Plaidant in fine pour que la France maintienne les « valeurs de son passé », il s'en prend surtout à la démographie des pays pauvres et ses rapports avec la crise migratoire :

« Un des aveuglements les plus spectaculaires concerne l’écologie. Elle redoute à juste titre les conséquences du réchauffement climatique, mais n’évoque jamais, nous disons bien jamais sa raison principale : l’explosion démographique ayant fait passer en un siècle la population humaine de un à sept milliards d’habitants. Il est pourtant évident que la pollution s’est propagée au rythme de cette croissance, mais le mot démographie est un mot tabou et la fameuse conférence mondiale sur le climat qui va se tenir à Paris n’en dira pas un mot ! 
« En réalité, la plupart de mouvements écologistes sont des mouvements de gauche, ce qui est bien entendu leur droit, mais qui se parent du qualificatif pour se donner une éthique. Il est désolant que le débat écologique ne porte pas sur cette question vitale pour l’avenir de l’humanité : quelle population notre terre peut-elle nourrir ? 
« Peut-on considérer comme viable de voir une population de l’Afrique doubler tous les vingt ans ? Un milliard et demi d’habitants aujourd’hui, deux milliards en 2050 ? Seule la Chine a compris le défi en imposant la politique de l’enfant unique.  Quant à l’Europe elle stabiliserait sa population si elle n’avait pas à faire face aux migrations massives que nous constatons aujourd’hui. »

Vous avez bien lu, sur Radio Notre Dame on peut glorifier la politique de l'enfant unique de la Chine, avec son cortège de crimes, d'avortements forcés, de stérilisations, et son ingérence intolérable dans la vie des familles… On peut s'y réjouir de ce que l'Europe sache « stabiliser » sa population (hors migrants), mais c'est à coups de contraception quasi universelle, de génocide de l'avortement, de refus de la vie…

Qu'en pensent les responsables de Radio Notre Dame ?

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24 octobre, 2015

Ettore Gotti-Tedeschi parle des environnementalistes, de la gnose, de la guerre contre la religion catholique et du synode : un entretien exclusif

Chers lecteurs, je vous propose aujourd'hui un texte exceptionnel, à méditer alors que le synode sur la famille se termine et que la confusion qui l'entoure est loin d'être dissipée. Ettore Gotti-Tedeschi, économiste, financier, banquier et ancien directeur de l’IOR (Institut des œuvres religieuses, la banque du Vatican) a bien voulu m'accorder une longue interview. Dans cet entretien passionnant, il propose un regard original et lucide sur le monde d’aujourd’hui. Un regard d’économiste frappé par la dimension malthusienne de la crise qui n’en finit pas, et un regard de chrétien qui voit la logique infernale des événements en cours. Je vous invite à découvrir ce texte et à le partager. Et je remercie chaleureusement Ettore Gotti-Tedeschi de bien avoir voulu réserver les propos ci-dessous à ce blog. – J.S.



— Ettore Gotti-Tedeschi, vous avez parlé récemment  du risque d’une Troisième Guerre mondiale, mais en soulignant qu’elle a déjà éclaté et qu’il s’agit d’une guerre contre la vraie foi. Parlons d’abord de ceux qui mènent cette guerre de l’extérieur : qui sont-ils ? Par quoi sont-ils animés ?
— J’ai en réalité évoqué un danger, mis en avant surtout par la culture laïque qui, dans le contexte actuel de la mondialisation, voit les fondamentalismes religieux, les nationalismes et les racismes comme sources du risque d’une troisième guerre mondiale. On dirait qu’à ce stade de la mondialisation, interrompue et déformée par les crises économiques, l’on redoute un processus d’autoprotection de la part des nations, des cultures, des ethnies, en même temps que l’on recherche l’exact opposé : l’homogénéisation morale, culturelle, législative, religieuse, et naturellement aussi celle du modèle de gouvernement.
Ce sont surtout les modèles sociaux à forte identité (comme la famille) ou des valeurs morales et religieuses qui se réfèrent à des dogmes (catholicisme, islam) qui se trouvent en travers de cette « nécessité ». Le processus de relativisation culturelle et religieuse s’oppose donc surtout à la religion catholique « absolutiste » : le pape y est « infaillible », la liberté individuelle y est subordonnée à la Vérité, la conscience ne vaut que si elle est formée par le Magistère de l’Eglise, cette Eglise qui est apostolique et qui a le devoir d’évangéliser.
Ces religions dogmatiques et absolutistes dont on suppose qu’elles peuvent donner naissance à des conflits dans le monde globalisé, il faut donc y substituer une religion universelle, commune à tous : l’environnementalisme, qui non seulement rassemble l’humanité tout entière, mais qui relativise – et paganise même – les religions. Et qui correspond à la phase de « désendettement », de deleveraging des systèmes économiques de post-crise. L’environnementalisme est malthusien, il est immanentiste, c’est-à-dire qui se touche du doigt…
— Quels sont les leviers de cette guerre ?
— C’est la gnose qui coordonne cette « guerre » contre la foi catholique : c’est la « connaissance », celle que le fameux serpent voulait donner à Adam et Eve. La gnose se propose donc de modifier la Création imparfaite. Les leviers utilisés – scientifiques, techniques, culturels – sont divers. Ils se sont focalisés par le passé sur la croissance de la population (pendant les années 1970 avec le néomalthusianisme), alors qu’aujourd’hui ils semblent s’occuper de la dégradation de l’environnement due à l’homme, « cancer » de la nature. En réalité, il s’agit d’une guerre contre la foi. Mais parce que la foi catholique défend la dignité et la valeur unique de l’homme fils de Dieu, le véritable ennemi à combattre est la créature. Pensons à la Genèse, qui dit : « Et Dieu créa l'homme ; il le créa à l'image de Dieu ; il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit, disant : Croissez et multipliez, remplissez la terre, et dominez sur elle ; soyez maîtres des poissons de la mer, et des oiseaux du ciel, et de tous les bestiaux. » La gnose répond en opposant la théorie du genre au « masculin et féminin » ; la théorie malthusienne au « Croissez et multipliez » ; la théorie environnementaliste au « Remplissez la terre et soumettez-la » ; la théorie animaliste à « Soyez maîtres de tous les êtres vivants ». Voilà les quatre leviers utilisés par la gnose pour combattre les religions qui croient en la Genèse (les religions judéo-chrétiennes). L’environnementalisme devient en fait la religion de la gnose : il est l’incarnation sur terre de l’ange rebelle et tentateur de la Genèse…
— Y a-t-il aussi à votre avis une guerre contre la foi à l’intérieur même de l’Eglise et si oui, comment se manifeste-t-elle ?
— Cela me paraît évident. Mais ce sont les papes eux-mêmes qui l’ont affirmé au cours de ces dernières décennies. La guerre contre l’Eglise a été menée jusqu’à il y a, disons, cent ans, depuis l’extérieur. Les ennemis de l’Eglise se sont rendus compte que persécuter l’Eglise revenait à créer des martyrs qui la rendaient plus forte. Ils ont ainsi compris qu’il serait plus facile et plus efficace de s’insinuer à l’intérieur et de modifier leur stratégie d’attaque. Le pape Léon XIII a vu des démons sur le dôme de Saint-Pierre ; Paul VI a senti les fumées de Satan ; Jean-Paul II et Benoît XVI ont vu la saleté, et perçu les ennemis dans leur dos. François dénonce les quinze maladies de la Curie vaticane… Comment se manifeste cette guerre ? Surtout en cédant devant les pressions de la modernité, en acceptant que le magistère soit relativisé et qu’il y ait une séparation entre la doctrine et la pratique, en cédant sur les thèmes anthropologiques, la sexualité, la loi naturelle, etc. Le monde veut une Eglise consolatrice et charitable plutôt que maîtresse avant tout. Une Eglise qui obéit au monde aidera la doctrine catholique à se transformer en éthique socialement utile, et à devenir elle-même un organisme sans but lucratif. Pauvre, naturellement, de telle sorte qu’elle sera inutile pour les pauvres, que ce soit sur le plan spirituel ou matériel.
— Êtes-vous préoccupé par les attaques contre la famille, largement victorieuses déjà dans le monde sécularisé, mais qui aujourd’hui semblent porter au cœur même de l’Eglise ?
— C’est même ma plus grande préoccupation, puisque, privée de la famille naturelle et catholique, la société elle-même perd son identité et se déresponsabilise, elle perd ses aspirations et tout ce qui la motive. Du point de vue économique cela mettrait fin au cycle économique vertueux – fait de production-épargne-investissement-redistribution interne dans le sens de l’assistance d’assistance, l’auto-production du rendement, etc. – qu’engendre l’existence de la famille lorsqu’elle possède et gère ce cycle. On a vu au cours de ces trente dernières années comment la famille a été empêchée de se développer : nous sommes devenus pauvres, ignorants et moins autonomes. Le fait est que la famille s’oppose au contrôle de l’individu et de la société par le « pouvoir », de telle sorte qu’elle est accusée de créer des ruptures sociales et des inégalités jusque dans l’éducation subjective qu’elle donne à ses membres. On l’accuse aussi de priver la femme de sa liberté de s’exprimer par le travail (?). Elle est accusée d’être obsédée par le sacrement de l’indissolubilité, etc. C’est pourquoi ce qui sera mis en avant au cours du synode sur la famille est préoccupant. L’impression de beaucoup de théologiens experts est que l’on veut aller vers une conception de la famille qui adopte un modèle « néo-luthérien » : c’est l’intention de récupérer les divorcés, d’accepter une tolérance du péché qui devient même salvifique, c’est l’avilissement du sacrement du mariage mais aussi de ceux de la confession et de l’Eucharistie. La famille ne se soutient qu’en dehors de toute confusion, les prêtres sont encouragés à sanctifier la famille et non à justifier l’erreur et le péché. La miséricorde signifie – avant tout – « corriger », et non seulement pardonner. Mais va-t-on pardonner même à ceux qui ne se sont pas repentis ? Il est indispensable qu’il y ait un Magistère sur ces questions, mais aussi que la pratique, l’action, ou la pastorale, ne le contournent et ne le contredisent pas.
— En tant qu’économiste, vous avez fait le lien entre le rejet de la loi naturelle, le refus de la vie, et les crises économiques que nous vivons, spécialement en Europe. Pourquoi ?
— C’est très simple. Je vais répondre par une question : comment le PIB peut-il croître si la population ne croît pas ? Les réponses évidentes ou démenties par la réalité mises à part (comme la croissance de la productivité et les exportations), la vraie réponse est unique. C’est celle que nous avons pu voir au cours de ces trente dernière années : le PIB, si la population ne croît pas, ne peut progresser qu’en faisant progresser la consommation individuelle. Cela s’est produit en inventant le phénomène du « consumérisme » qui a réduit l’homme à sa seule satisfaction matérielle, et non plus sa satisfaction intellectuelle et spirituelle. Pour en arriver là il a fallu détruire l’épargne, en la transformant en consommation ; en rendant le travail précaire, parce que la production a été transférée vers des pays à bas coût de production pour importer des biens à des prix plus bas. A la fin il a fallu arriver à faire consommer de plus en plus à crédit, ce qui a rendu la famille de plus en plus fragile. Par voie de conséquence la population a vieilli, les coûts fixes ont augmenté – santé et pensions – absorbés par une croissance proportionnelle des taxes qui ont pesé de plus en plus lourd sur le pouvoir d’achat et les investissements, ce qui a aggravé encore le cycle. Voilà ce qui arrive lorsqu’on nie l’une des lois naturelles les plus importantes de la Création.
— Pour sortir de ces crises, la première réponse consisterait-elle en ce que les familles retrouvent leur stabilité, leur vocation et leur fécondité ? Est-ce humainement possible ?
— Humainement, oui. Peut-être qu’avec de meilleures incitations économiques en ce sens, les choses iraient mieux. Mais il reste toujours le problème socioculturel : la famille est désacralisée, et cela rend difficile la mise en œuvre de ce projet. Par ailleurs nous savons bien qu’il n’est pas facile de ramener l’homme au vrai sens de la vie. C’est ce qu’affirme Benoît XVI dans Caritas in veritate, lorsqu’il explique que pour sortir d’une crise, ce ne sont pas seulement les instruments qu’il faut changer, mais l’homme… Dans Lumen Fidei il explique qui doit le faire, et comment : l’Eglise, avec la prière, le Magistère, les sacrements…
— Vous avez réagi à l’encyclique Laudato si’ en montrant le lien entre consumérisme et exploitation de l’environnement, entre malthusianisme et pauvreté. Quelle réponse concrète peut-on apporter à cette situation, alors que les familles nombreuses peinent à vivre dans des sociétés où tout favorise la famille de petite taille et où les femmes sont poussées à travailler en dehors de chez elles ?
— Je répondrai en paraphrasant la célèbre question : « Qui de l’œuf ou de la poule est apparu en premier ? », faut-il être riche pour faire une famille et des enfants, ou devient-on riche en faisant une famille et des enfants ? La réponse, cette fois, je vais la laisser au lecteur afin qu’il réfléchisse…
— Que pensez vous du concept de « décroissance », très en vogue dans certains milieux catholiques ?
— Mais nous sommes déjà en décroissance depuis sept ans ! La crise économique a révélé le bluff de la croissance des trente dernières années, qu’on peut évaluer à près de 30 %. L’explosion de la crise a entraîné un désendettement (« deleveraging ») équivalent. Que faut-il faire de plus ? Attention cependant au concept économico-social  d’une décroissance voulue, imposée, et peut-être même béate. J’en parle toujours en rappelant que Caïn aussi était pour la décroissance. De fait il a tué Abel parce que celui-ci était de trop : il dégradait l’environnement en élevant trop de brebis, il polluait l’air en immolant trop d’animaux en sacrifice à Dieu – en les brûlant…
— Vous avez parlé d’une « gnose du XXIe siècle ». Pourriez-vous la définir ? N’y a-t-il pas – dans cet ordre d’idées – aujourd’hui une volonté de faire adorer la Terre-Mère, idolâtrée dans un nouveau panthéisme qui fait de la « Planète » l’objet des louanges et des sacrifices imposés à chacun ?
— La gnose, la connaissance, comme je l’ai déjà dit, est cette connaissance que Dieu n’a pas voulu donner aux hommes et qu’à l’inverse, le « grand tentateur » prétendait leur donner. C’est exactement ce qu’a essayé le serpent avec Eve… Le serpent s’est réfugié, il s’est incorporé dans la terre mère. La terre devient ainsi une divinité à protéger contre l’homme qui veut l’utiliser en la soumettant, et contre la religion qui justifie la soumission naturelle que l’homme doit en faire. Appelée terre mère, ou Sophia, ou par d’autres noms – elle devient le divin. L’homme « perfide » lui fait du mal. L’idée est alors de d’éliminer l’homme. Il y a quelques années on l’a tenté par le néomalthusianisme (qui n’a pas fonctionné, il a au contraire créé la crise en cours) ; aujourd’hui c’est plus directement, par l’environnementalisme (un problème créé par le néomalthusianisme), que les habituels gnostiques exaltent encore plus sur le plan médiatique grâce à l’Encyclique. La prochaine phase ne pourra être autre chose qu’une autorisation de la « chasse à l’homme ».
— Pour évoquer maintenant un autre sujet très actuel : quelle est la juste réponse à la « crise des migrants » ?
— Quels migrants ? Venant d’où ? Nous disposons de diverses classifications pour parler du processus des migrations. Celles-ci vont des véritables réfugiés fuyant la guerre, aux migrants à la recherche de solutions économiques, aux terroristes déguisés en migrants, en passant par les « évangélisateurs » des religions qui doivent entrer en Europe pour chercher à la conquérir après avoir subi diverses défaites au cours de l’histoire ; et enfin aux migrants « soutenus » politiquement pour compenser le déficit de population qui s’est créé en Europe ces trente dernières années, etc. Pour chaque classification, il y a une réponse différente. Mais le problème n’est pas seulement de savoir quelle est la réponse juste, il est de savoir qui décide et ce qui se passe si une nation (encore souveraine) en décide autrement.
— « Cherchez d’abord le royaume de Dieu, et le reste vous sera donné par surcroît » : êtes-vous d’accord pour dire que ce commandement et cette promesse du Christ ont un sens précis et urgent pour la vie politique, économique et sociale ?
— Ce sera ma réponse finale : pour détruire l’homme il suffit de l’éloigner de Dieu… C’est ainsi qu’il perd le sens de la vie, le sens de l’action, et qu’il se perd : les moyens deviennent des fins et vice versa, on sépare la foi et les œuvres, on perd l’unité de la vie… Mais à qui revient la responsabilité de tout cela ? Qui doit enseigner le sens de la vie ? Est-il donc possible que nous autres, pauvres laïcs, nous devions rappeler aux pasteurs qu’ils doivent nous protéger des loups ? Aujourd’hui comment peut-on penser, sans prier pour obtenir un miracle, que celui qui n’a pas su l’enseigner depuis des décennies va apprendre à le faire demain matin, par enchantement ? Désolé, mais je crois davantage aux miracles : allons donc tous à Lourdes, Fatima ou Medjugorje…
Propos recueillis par Jeanne Smits

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31 juillet, 2014

Ouganda : le président fait volte-face et plaide pour le contrôle de la population

Mais qu’est-ce qui a donc pu convaincre le président ougandais Yoweri Museveni à faire une volte-face radicale sur le planning familial ? The Africa Report ne tarit pas d’éloges : à la première confaérence nationale jamais organisée dans le pays, lundi, il a soutenu le lobby du contrôle de la population.
Il avait été jusqu’alors un défenseur ardent du principe selon lequel il n’est de richesse que d’hommes. Pour Yoweri Museveni, le miracle chinois reposait sur son immense capital humain. Il pensait que la croissance démographique est un excellent carburant pour l’économie.
Le voici qui consent à dire qu’au contraire, la masse des hommes, lorsqu’elle n’est pas valorisée par une formation de bonne qualité, ne peut transformer l’économie.
« Bien que je préconise une population importante, je me rends compte qu’une population de mauvaise qualité ne peut transformer le pays », a-t-il déclaré aux délégués de la conférence nationale sur le planning familial.
Les chantres de la non discrimination et de l’égale dignité de tous les hommes n’ont rien trouvé à y redire…
« Il est nécessaire que les parents aient les enfants qu’ils ont les moyens d’élever, afin qu’ils ne poussent pas comme des plantes sauvages », ajouté le président. Il se dit désormais persuadé que si les familles sont de taille « maniable », « même les dépenses seront supportables » : l’économie ougandaise en profiterait et mieux, « le planning familial, si on le combine avec la croissance et la transformation de l’économie, améliorera les vies des femmes et des enfants ». Les familles comme l’Etat s’y retrouveront en diminuant les frais pour les personnes dépendantes, a-t-il ajouté.
Avant d’accuser carrément le président de soumission au malthusianisme mondialiste, on peut souligner que les difficultés économiques peuvent être valablement invoquées pour restreindre la taille de la famille, espacer les naissances. Mais en l’occurrence il s’agit bien de promouvoir la contraception artificielle : pilule, contraceptifs chimiques de longue durée, dispositifs mécaniques qui empêchent la nidation de l’embryon conçu, préservatifs… L’espacement naturel des naissances – qui ne rapporte aucun dividende aux laboratoires pharmaceutiques – est loin d’être au centre du dispositif, si tant est qu’il en fasse partie.
La remarque sur la « population de mauvaise qualité » porte la marque d’un lobby qui depuis ses débuts eugénistes a toujours entendu limiter les naissances des pauvres, des Noirs, des populations indigènes d’autant plus gênantes qu’elles occupent des territoires aux riches sols et sous-sols.
Aujourd’hui, le « planning familial » – comprenez, le recours aux contraceptifs artificiels – touche 26,7 % de la population ougandaise, alors que le Bureau des statistiques de l’Ouganda estime à 34 % de la population le besoin non satisfait de contraceptifs dans le pays. Celui-ci connaît une croissance de population de 3,1 % annuel, selon The Africa Report : le taux mondial – vieillissement et allongement de la durée compris – n’est qu’à 1,2 %. Depuis l’accession de Museveni au pouvoir il y a près de trente ans, la population de son pays a doublé.
On peut noter ce fait qui n’y est pas tout à fait étranger : après avoir connu une prévalence de l’infection HIV et du sida impressionnante, même pour l’Afrique sub-saharienne, la politique de lutte qui a mis l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage au premier plan, et non le préservatif, a porté ses fruits et ces taux sont redescendus. L’a-t-on jamais pardonné au président ?
Il est impossible de dire qui ou quoi a convaincu Yoweri Museveni. Mais voici quelques liens qui peuvent donner des idées. Ici, FamilyPlanning2020, une association vouée à la promotion des contraceptifs modernes, parle des 34 % de la population ougandaise (quelque 33 millions d’âmes) qui selon elle en ont besoin. Tout cela est financé par Bill & Melinda gates, USAid, l’ONU et ses agences spécialisées.
Ici, on peut lire comment le Dr Jotham Musinguzi, médecin ougandais, recevait l’an dernier un prix décerné par l’agence des Nations unies pour la population (FNUAP) pour son rôle dans la promotion des contraceptifs, ainsi que dans l’organisation du Sommet de Londres de 2012 qui a fixé ces fameux objectifs de 2020.
Ici, le même FNUAP explique comment après avoir navigué dans les
abîmes de la guerre civile et de la catastrophe économique des années 1980, l’Ouganda a su devenir « relativement paisible, stable et prospère ». Tiens : malgré l’augmentation de la population ? Eh bien oui, l’important est et reste de promouvoir l’accès à la « santé reproductive » !
Et enfin ce rapport ougandais officiel de 2008 sur les besoins non satisfaits de « planning familial » des quelque 6 millions de femmes ougandaises en âge de procréer porte en sa première page les armes de l’Ouganda – et le sigle d’ USAid : l’aide offerte par le peuple américain. Tout un symbole.

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19 janvier, 2013

Le problème ? Il y a trop d'êtres humains. Le Prince Charles est d'accord

Paul et Anne Ehrlich à un dîner de Growthbusters
(traqueurs de croissance) en décembre
Si vous ne savez pas qui est Paul Ehrlich, ni son épouse, Anne, vous connaissez au moins Charles, héritier du trône du Royaume-Uni, prince de Galles. Eh bien, les deux premiers – surtout le premier – sont les grands prophètes de malheur qui voyaient le monde sombrer dans la famine, tomber dans l'Apocalypse en raison de la prolifération de l'espèce humaine. The Population Bomb, le livre de Paul paru à la fin des années 1960, contenait une masse de prédictions plus catastrophiques les unes que les autres, jamais réalisées, à tel point que nombre d'entre elles ont été censurées dans des éditions ultérieures de l'ouvrage pour ne pas trop attirer l'attention sur ses multiples erreurs.

Paul et Anne Ehrlich viennent de publier, pour The Royal Society, société savante britannique comparable à l'Académie des sciences en France, un rapport résumant tous les malheurs qui attendent l'humanité du fait du réchauffement climatique, de la surconsommation d'énergies fossiles, le « l'émpreinte écologique » de ce grand nuisible qu'est l'homme, de la course à la croissance. Le prince Charles, grand écologiste devant l'éternel, l'a applaudi des deux mains. Titre du papier : « Le collapsus de la civilisation globale peut-il être évité ? »

Rien de bien étonnant à cela, mais il faut quand même relever ceci : la solution proposée par Paul et Anne Ehrlich – pour le « bien » de l'humanité », cela va de soi – est de contrôler la population qui déjà, soutiennent-ils, a atteint un niveau « insoutenable ».  Moyen radical de réduire la consommation…
« En plus de concentrer leur recherche sur les manières d'éviter le collapsus, il est nécessaire que les scientifiques de la nature coopèrent avec les sociologues, spécialement avec ceux qui étudient la dynamique des mouvements sociaux. De telles coopérations pourraient développer des manières de stimuler une augmentation significative du soutien public à une action immédiate et décisive pour agir sur le problème. Hélas, la conscience parmi les hommes de science du fait que l'humanité se trouve dans une situation très grave n'a pas été accompagnée par une prise de conscience, ni par une pression populaire en vue de contrer les influences politiques et économiques qui jouent sur la crise actuelle. Sans pression significative de la part du public, exigeant que l'on agisse, nous craignons qu'il n'y ait que peu de chance de changer de voie assez rapidement pour empêcher le désastre. 
« La pression nécessaire, cependant, pourrait être engendrée par un mouvement populaire basé sur la société universitaire et civile en vue d'aider à conduire l'humanité vers le développement d'une nouvelle intelligence multiple, « l'intelligence de prévision » qui fournisse l'analyse à long terme et la planification que les marchés ne peuvent livrer. L'intelligence de prévision pourrait non seulement systématiquement regarder vers l'avant, mais encore conduire les changements culturels vers des issues souhaitables, telles une résilience économique accrue. Aider à développer un tel mouvement  et une intelligence de prévision sont des défis majeures qui s'adressent aujourd'hui aux scientifiques, une lame acérée pour la recherche qui devra couper vite si les chances d'éviter la catastrophe doivent être améliorées. 
« Si l'intelligence de prévision devait s'installer, bien plus de scientifiques et de planificateurs de politiques (et la société elle-même) pourraient, par exemple, comprendre la contribution de la démographie au problème, arrêter de traiter la croissance de la population comme une “donnée” et tenir compte des bénéfices nutritionnels, sanitaires et sociaux qu'il y aurait à stopper de manière humaine la croissance en-deçà des neuf milliards et d'initier un lent déclin. Ce serait une tâcher monumentale, vu la dynamique de la croissance de la population. Monumentale, mais non point impossible, si la politique pouvait être programmée de manière globale pour donner aux femmes les pleins droits, l'éducation et les opportunités de travail, et pour doter tous les êtres humains sexuellement actifs des contraceptifs modernes et de l'avortement de secours. Jusqu'à quel point de telles mesures réduiraient la fertilité demeure controversé mais elles sont probablement de l'ordre du gagnant-gagnant pour les sociétés. »
Paul et Anne Ehrlich dénoncent alors « le croissant obscurantisme » (par opposition à l'illuminisme, les Lumières) qui sur le plan culturel et politique empêche cela de se réaliser dans le monde entier. « Que l'arrêt à la croissance de la population conduise inévitablement vers des changement de la structure de la pyramide des âges n'est pas une excuse pour se lamenter sur la baisse des taux de fertilité, comme cela est habituel dans les cercles européens. La réduction de la population dans ces nations sur-consommatrices est une tendance très positive, et la planification sensée peut régler les problèmes du vieillissement de la population. »

Ces travaux, soutenus par deux fondations américaines, ont donc rencontré l'approbation enthousiaste du prince Charles sur son site officiel, c'est ici. Il y exprime la profonde dépendance de l'homme sur la bienveillance de la Nature, approuve toutes les annonces de malheur répertoriées par les Ehrlich comme s'il étaient crédibles après le flop de leurs prédictions du siècle dernier, elles aussi au service d'un malthusianisme effroyable, et pour finit applaudit à leurs propositions de solutions, leur appel à « ajuter notre vision du monde d'une manière profonde et complète ».

« Continuer à faire du “business as usual” – les affaires, comme d'habitude – est un acte de suicide à une échelle gargantuesque », assure Son Altesse Royale avant de pointer un lien vers l'article des Ehrlich.

Mais leur manière d'en finir avec le « suicide » de l'humanité est simplement de l'organiser en faisant des hommes les ennemis et de leur disparition – avant ou après la conception – une solution « humaine ».

C'est peut-être pour cela que les prophètes de malheur du camp écologiste nous sont suspects : parce qu'ils voient l'homme comme l'ennemi, l'homme européen comme l'homme des bidonvilles d'Afrique ou d'Asie, toujours de trop.

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