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25 novembre, 2019

Avec la Pachamama, l'Eglise participe à la propagande pour le gouvernement mondial : Mgr Carlo Maria Viganò explique

En donnant les raisons pour lesquelles il a décidé d'ajouter sa signature à la « Protestation contre les actes sacrilèges du pape François », Mgr Carlo Maria Viganò a précisé les raisons de ses critiques à l'égard de la « stratégie » actuelle du pape qui s'inscrit selon lui dans un plan bien plus vaste « développé sous l’égide des Nations unies et soutenu par les grandes puissances financières et maçonniques ».

Et de faire le lien entre le culte de Pachamama tel qu'il a eu lieu en des cérémonies syncrétiques au Vatican et en divers lieux de Rome lors du synode sur l'Amazonie et la promotion de la « Terre Mère » sous cette appellation par les Nations unies depuis plusieurs décennies.

Là est en effet le nœud d'une opération où « tout se tient et s'emboîte parfaitement », où l'Eglise n'est qu'un acteur parmi d'autres au service d'une « écologie intégrale » oublieuse des droits de Dieu et de la véritable destinée de l'homme.

Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale de ce texte de Mgr Viganò, paru ici en italien chez Aldo Maria Valli et ici en anglais sur LifeSite.

*

Cela fait vingt siècles que l’Église catholique professe la foi en Jésus-Christ, le seul Sauveur, foi qui nous a été transmise intacte, telle qu’elle l’a reçue des Apôtres et des Pères de l’Église au prix du sang des martyrs, et par le témoignage des Confesseurs de la foi et des innombrables Saints de tous peuples et de toutes langues. Cette foi a été transmise par les parents à leurs enfants, par les prêtres et les religieux ; elle a été répandue par des missionnaires zélés sur tous les continents du monde, sous la direction des successeurs de l’apôtre Pierre qui ont sauvegardé l’unité de l’épouse du Christ en confirmant les frères dans la foi.

Depuis près de sept ans, le successeur du Prince des Apôtres, à qui a été remis le mandat que le Christ a confié à Pierre après sa profession de foi – « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,18) – a renoncé à son ministère de confirmation des frères dans la foi. Le pape François n’a jamais confirmé personne. Nous constatons avec douleur à quel point son ministère a été diviseur et destructeur.

Par la déclaration qu’il a signée à Abu Dhabi, où il affirme que « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine », et à travers ses condamnations erronées constantes du « prosélytisme », François a non seulement mortifié toute impulsion missionnaire mais a rejeté le mandat que le Christ a donné à tous ses apôtres : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28, 18-20).

La stratégie du pontife actuel est camouflée par la tromperie et le mensonge, et cachée par le silence ; quand elle se révèle  dans ses desseins déviants, quelle confusion parmi les fidèles, alors qu’elle est habilement vantée par les ennemis de l’Église.

Le Synode sur l’Amazonie fait également partie d’un projet dissimulé, bien plus vaste. Il ne constitue qu’un élément, pour perturbant qu’il soit, d’un vaste projet, développé sous l’égide des Nations unies et soutenu par les grandes puissances financières et maçonniques. Comment expliquer, sinon, que l’idole de Pachamama soit déjà présente, par le biais d’une initiative des Nations Unies, dans des textes destinés à l’endoctrinement idéologique des enfants ?

Tout se tient et s’emboîte parfaitement : une fausse science fondée sur un prétendu réchauffement catastrophique de la terre d’origine principalement humaine ; une écologie intégrale qui place au centre de la création non point l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et appelé à vivre de la vie divine avec son Créateur dans une bienheureuse éternité, mais la « divinité » nommée Terre Mère, à savoir la Pachamama d’où l’homme est tiré et vers laquelle il doit retourner. De ce point de vue, donc, même l’idolâtrie est voulue par Dieu, et le Pape François la glorifie à la face du monde, en profanant le lieu le plus saint de la Rome chrétienne : la basilique élevée sur la tombe de saint Pierre.

Au cours du récent Synode, un grave acte sacrilège a été accompli lors de la célébration inaugurale dans les Jardins du Vatican et lorsque la Pachamama a paru dans la basilique Saint-Pierre et à Santa Maria in Traspontina. Le culte du Dieu vivant et vrai, révélé et manifesté en Jésus-Christ, que l’Eglise catholique adore et professe, a été contaminé par des éléments clairement idolâtres et syncrétiques.

L’idolâtrie, ou son simulacre, constitue l’attaque la plus grave qui puisse être perpétrée contre la Majesté divine. Les martyrs ont versé leur sang et payé du don suprême de leur vie la résistance à l’idolâtrie. Ces mêmes martyrs dont le sang a arrosé et consacré la terre de la Rome païenne antique, ont vu leur glorieux souvenir profané par les célébrations de la Pachamama.

Les Saintes Ecritures de l’Ancien Testament nous enseignent que l’idolâtrie est impudeur et prostitution, elle est profanation de l’alliance nuptiale que Dieu a scellée avec son peuple.

Saint Paul, pour sa part, met en garde les premiers chrétiens de Corinthe : « Quoi donc ? Veux-je dire que ce qui a été immolé aux idoles soit quelque chose, ou que l’idole soit quelque chose ? Non ; mais ce que les païens immolent, ils l’immolent aux démons, et non à Dieu. Or je ne veux pas que vous soyez en société avec les démons. Vous ne pouvez pas boire le calice du Seigneur, et le calice des démons. Vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur, et à la table des démons.Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Est-ce que nous sommes plus forts que lui ? »  (1 Co 10, 19-22).

L’Eglise catholique, au lieu d’être vigilante et de dénoncer les menaces qui la guettent et qui assombrissent l’horizon de l’ensemble de la famille humaine, accepte d’être une caisse de résonance au service d’une idéologie utopiste et anti-chrétienne, dans une effrayante soumission aux forces puissantes qui dominent la scène mondiale et font la promotion active de vastes processus visant à établir un gouvernement mondial.

Face à un tel scénario, où la survie même de l’Eglise catholique est sérieusement menacée ; face à tant d’actions et de déclarations répréhensibles du Souverain Pontife, cent intellectuels ont rédigé une Déclaration demandant « respectueusement au Pape François de se repentir publiquement et sans ambiguïté et de réparer ces offenses ». J’ai estimé qu’il était de mon devoir d’unir ma propre voix à la leur. De même, tous les évêques et cardinaux de l’Église catholique devraient se sentir obligés « d’adresser une correction fraternelle au Pape François pour ces scandales ».

"O Dieu qui, dans la grâce de l’adoption, nous a appelés à devenir des enfants de lumière, ne laissez pas que nous soyons encore enveloppés par les ténèbres de l’erreur, mais accordez-nous de demeurer toujours dans votre vérité, afin d’illuminer la nuit du monde » (De la liturgie ambrosienne de ce jour).

« Venez, Seigneur Jésus ! Manifestez votre royauté souveraine sur votre Eglise et sur le monde ! Ne repoussez pas l’appel de votre Epouse, et ne décevez pas ses attentes. Et lorsque vous n’exaucez pas ce que nous vous demandons, faites que nous l’attendions avec persévérance et avec un amour contrit. »

+ Carlo Maria Viganò



© leblogdejeannesmits pour la traduction
© Photo : Steve Jalsevac, LifeSiteNews


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05 octobre, 2019

Rituel « écologique » païen dans les jardins du Vatican sous les yeux du pape François

Participants kneel before bowing to a set of items during a tree planting ceremony in the Vatican gardens, Oct. 3, 2019. Credit: Vatican Media.




















Ils ont l’air de trouver ça normal, mais franchement, il n’y a pas de quoi rire. La presse catholique convenable annonce gentiment que le pape François a planté un chêne dans les jardins du Vaticans avec des Indiens d’Amazonie à l’orée du synode pan-amazonien. La réalité ? Les dits indigènes ont célébré une « liturgie » qui ressemble à s’y méprendre à une cérémonie de sacrifice à la « Terre-Mère », la Pachamama.




Voir à partir de la 8e minute 

Organisée par le Global Catholic Climate Network, REPAM et l’ordre des Franciscains, la série de danses et d’incantations rituelles a fait évoluer sous les yeux du pape et de cardinaux impassibles des laïcs, des indigènes en costume rituel et un frère franciscain dans une effarante démonstration de syncrétisme. Posés au milieu d’offrandes traditionnelles, deux statuettes de femme indigènes nues et enceintes recevaient les incantations.

Le rituel ressemblait au « Pago a la tierra », selon Catholic News Agency : l’offrande traditionnelle faite à la Terre Mère parmi de nombreux peuples indigènes d’Amérique du Sud.
Un représentant du dicastère pour la promotion du développement humain intégral a fait savoir à l’issue de l’événement que ses représentants avaient été invités mais ne l’avaient ni organisé, ni promu. Mais c’était dans les jardins du Vatican, sous le regard du pape, et personne n’a demandé que cela cesse.

Après s’être prosternés autour d’une couverture recouverte de fruits, de bougies et d’objets sculptés, rapporte CNA, l’une des femmes a offert au pape François une bague noire identique à celle qu’elle portait, et qu’il a aussitôt enfilée.

Il s’agit d’une bague tucum, associée à l’engagement pour certaines causes sociales, souvent associée à Mgr Casaldaliga, promoteur bien connu de la théologie de la libération. Faite en bois de palmier d’Amazonie, elle était du temps de l’esclavage le signe de la lutte pour la libération, et aujourd’hui est associée aux notions d’égalité et de justice sociale.

« Les dieux des nations sont des démons ; mais le Seigneur à fait les cieux », dit le psaume 95.
Les rituels païens les appellent ; le pape et les évêques ne les ont pas chassés. Le pape a laissé de côté le petit discours qu’il devait faire et s’est contenté de dire le Notre Père.

Seigneur, jusques à quand ?


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24 octobre, 2015

Ettore Gotti-Tedeschi parle des environnementalistes, de la gnose, de la guerre contre la religion catholique et du synode : un entretien exclusif

Chers lecteurs, je vous propose aujourd'hui un texte exceptionnel, à méditer alors que le synode sur la famille se termine et que la confusion qui l'entoure est loin d'être dissipée. Ettore Gotti-Tedeschi, économiste, financier, banquier et ancien directeur de l’IOR (Institut des œuvres religieuses, la banque du Vatican) a bien voulu m'accorder une longue interview. Dans cet entretien passionnant, il propose un regard original et lucide sur le monde d’aujourd’hui. Un regard d’économiste frappé par la dimension malthusienne de la crise qui n’en finit pas, et un regard de chrétien qui voit la logique infernale des événements en cours. Je vous invite à découvrir ce texte et à le partager. Et je remercie chaleureusement Ettore Gotti-Tedeschi de bien avoir voulu réserver les propos ci-dessous à ce blog. – J.S.



— Ettore Gotti-Tedeschi, vous avez parlé récemment  du risque d’une Troisième Guerre mondiale, mais en soulignant qu’elle a déjà éclaté et qu’il s’agit d’une guerre contre la vraie foi. Parlons d’abord de ceux qui mènent cette guerre de l’extérieur : qui sont-ils ? Par quoi sont-ils animés ?
— J’ai en réalité évoqué un danger, mis en avant surtout par la culture laïque qui, dans le contexte actuel de la mondialisation, voit les fondamentalismes religieux, les nationalismes et les racismes comme sources du risque d’une troisième guerre mondiale. On dirait qu’à ce stade de la mondialisation, interrompue et déformée par les crises économiques, l’on redoute un processus d’autoprotection de la part des nations, des cultures, des ethnies, en même temps que l’on recherche l’exact opposé : l’homogénéisation morale, culturelle, législative, religieuse, et naturellement aussi celle du modèle de gouvernement.
Ce sont surtout les modèles sociaux à forte identité (comme la famille) ou des valeurs morales et religieuses qui se réfèrent à des dogmes (catholicisme, islam) qui se trouvent en travers de cette « nécessité ». Le processus de relativisation culturelle et religieuse s’oppose donc surtout à la religion catholique « absolutiste » : le pape y est « infaillible », la liberté individuelle y est subordonnée à la Vérité, la conscience ne vaut que si elle est formée par le Magistère de l’Eglise, cette Eglise qui est apostolique et qui a le devoir d’évangéliser.
Ces religions dogmatiques et absolutistes dont on suppose qu’elles peuvent donner naissance à des conflits dans le monde globalisé, il faut donc y substituer une religion universelle, commune à tous : l’environnementalisme, qui non seulement rassemble l’humanité tout entière, mais qui relativise – et paganise même – les religions. Et qui correspond à la phase de « désendettement », de deleveraging des systèmes économiques de post-crise. L’environnementalisme est malthusien, il est immanentiste, c’est-à-dire qui se touche du doigt…
— Quels sont les leviers de cette guerre ?
— C’est la gnose qui coordonne cette « guerre » contre la foi catholique : c’est la « connaissance », celle que le fameux serpent voulait donner à Adam et Eve. La gnose se propose donc de modifier la Création imparfaite. Les leviers utilisés – scientifiques, techniques, culturels – sont divers. Ils se sont focalisés par le passé sur la croissance de la population (pendant les années 1970 avec le néomalthusianisme), alors qu’aujourd’hui ils semblent s’occuper de la dégradation de l’environnement due à l’homme, « cancer » de la nature. En réalité, il s’agit d’une guerre contre la foi. Mais parce que la foi catholique défend la dignité et la valeur unique de l’homme fils de Dieu, le véritable ennemi à combattre est la créature. Pensons à la Genèse, qui dit : « Et Dieu créa l'homme ; il le créa à l'image de Dieu ; il les créa mâle et femelle. Et Dieu les bénit, disant : Croissez et multipliez, remplissez la terre, et dominez sur elle ; soyez maîtres des poissons de la mer, et des oiseaux du ciel, et de tous les bestiaux. » La gnose répond en opposant la théorie du genre au « masculin et féminin » ; la théorie malthusienne au « Croissez et multipliez » ; la théorie environnementaliste au « Remplissez la terre et soumettez-la » ; la théorie animaliste à « Soyez maîtres de tous les êtres vivants ». Voilà les quatre leviers utilisés par la gnose pour combattre les religions qui croient en la Genèse (les religions judéo-chrétiennes). L’environnementalisme devient en fait la religion de la gnose : il est l’incarnation sur terre de l’ange rebelle et tentateur de la Genèse…
— Y a-t-il aussi à votre avis une guerre contre la foi à l’intérieur même de l’Eglise et si oui, comment se manifeste-t-elle ?
— Cela me paraît évident. Mais ce sont les papes eux-mêmes qui l’ont affirmé au cours de ces dernières décennies. La guerre contre l’Eglise a été menée jusqu’à il y a, disons, cent ans, depuis l’extérieur. Les ennemis de l’Eglise se sont rendus compte que persécuter l’Eglise revenait à créer des martyrs qui la rendaient plus forte. Ils ont ainsi compris qu’il serait plus facile et plus efficace de s’insinuer à l’intérieur et de modifier leur stratégie d’attaque. Le pape Léon XIII a vu des démons sur le dôme de Saint-Pierre ; Paul VI a senti les fumées de Satan ; Jean-Paul II et Benoît XVI ont vu la saleté, et perçu les ennemis dans leur dos. François dénonce les quinze maladies de la Curie vaticane… Comment se manifeste cette guerre ? Surtout en cédant devant les pressions de la modernité, en acceptant que le magistère soit relativisé et qu’il y ait une séparation entre la doctrine et la pratique, en cédant sur les thèmes anthropologiques, la sexualité, la loi naturelle, etc. Le monde veut une Eglise consolatrice et charitable plutôt que maîtresse avant tout. Une Eglise qui obéit au monde aidera la doctrine catholique à se transformer en éthique socialement utile, et à devenir elle-même un organisme sans but lucratif. Pauvre, naturellement, de telle sorte qu’elle sera inutile pour les pauvres, que ce soit sur le plan spirituel ou matériel.
— Êtes-vous préoccupé par les attaques contre la famille, largement victorieuses déjà dans le monde sécularisé, mais qui aujourd’hui semblent porter au cœur même de l’Eglise ?
— C’est même ma plus grande préoccupation, puisque, privée de la famille naturelle et catholique, la société elle-même perd son identité et se déresponsabilise, elle perd ses aspirations et tout ce qui la motive. Du point de vue économique cela mettrait fin au cycle économique vertueux – fait de production-épargne-investissement-redistribution interne dans le sens de l’assistance d’assistance, l’auto-production du rendement, etc. – qu’engendre l’existence de la famille lorsqu’elle possède et gère ce cycle. On a vu au cours de ces trente dernières années comment la famille a été empêchée de se développer : nous sommes devenus pauvres, ignorants et moins autonomes. Le fait est que la famille s’oppose au contrôle de l’individu et de la société par le « pouvoir », de telle sorte qu’elle est accusée de créer des ruptures sociales et des inégalités jusque dans l’éducation subjective qu’elle donne à ses membres. On l’accuse aussi de priver la femme de sa liberté de s’exprimer par le travail (?). Elle est accusée d’être obsédée par le sacrement de l’indissolubilité, etc. C’est pourquoi ce qui sera mis en avant au cours du synode sur la famille est préoccupant. L’impression de beaucoup de théologiens experts est que l’on veut aller vers une conception de la famille qui adopte un modèle « néo-luthérien » : c’est l’intention de récupérer les divorcés, d’accepter une tolérance du péché qui devient même salvifique, c’est l’avilissement du sacrement du mariage mais aussi de ceux de la confession et de l’Eucharistie. La famille ne se soutient qu’en dehors de toute confusion, les prêtres sont encouragés à sanctifier la famille et non à justifier l’erreur et le péché. La miséricorde signifie – avant tout – « corriger », et non seulement pardonner. Mais va-t-on pardonner même à ceux qui ne se sont pas repentis ? Il est indispensable qu’il y ait un Magistère sur ces questions, mais aussi que la pratique, l’action, ou la pastorale, ne le contournent et ne le contredisent pas.
— En tant qu’économiste, vous avez fait le lien entre le rejet de la loi naturelle, le refus de la vie, et les crises économiques que nous vivons, spécialement en Europe. Pourquoi ?
— C’est très simple. Je vais répondre par une question : comment le PIB peut-il croître si la population ne croît pas ? Les réponses évidentes ou démenties par la réalité mises à part (comme la croissance de la productivité et les exportations), la vraie réponse est unique. C’est celle que nous avons pu voir au cours de ces trente dernière années : le PIB, si la population ne croît pas, ne peut progresser qu’en faisant progresser la consommation individuelle. Cela s’est produit en inventant le phénomène du « consumérisme » qui a réduit l’homme à sa seule satisfaction matérielle, et non plus sa satisfaction intellectuelle et spirituelle. Pour en arriver là il a fallu détruire l’épargne, en la transformant en consommation ; en rendant le travail précaire, parce que la production a été transférée vers des pays à bas coût de production pour importer des biens à des prix plus bas. A la fin il a fallu arriver à faire consommer de plus en plus à crédit, ce qui a rendu la famille de plus en plus fragile. Par voie de conséquence la population a vieilli, les coûts fixes ont augmenté – santé et pensions – absorbés par une croissance proportionnelle des taxes qui ont pesé de plus en plus lourd sur le pouvoir d’achat et les investissements, ce qui a aggravé encore le cycle. Voilà ce qui arrive lorsqu’on nie l’une des lois naturelles les plus importantes de la Création.
— Pour sortir de ces crises, la première réponse consisterait-elle en ce que les familles retrouvent leur stabilité, leur vocation et leur fécondité ? Est-ce humainement possible ?
— Humainement, oui. Peut-être qu’avec de meilleures incitations économiques en ce sens, les choses iraient mieux. Mais il reste toujours le problème socioculturel : la famille est désacralisée, et cela rend difficile la mise en œuvre de ce projet. Par ailleurs nous savons bien qu’il n’est pas facile de ramener l’homme au vrai sens de la vie. C’est ce qu’affirme Benoît XVI dans Caritas in veritate, lorsqu’il explique que pour sortir d’une crise, ce ne sont pas seulement les instruments qu’il faut changer, mais l’homme… Dans Lumen Fidei il explique qui doit le faire, et comment : l’Eglise, avec la prière, le Magistère, les sacrements…
— Vous avez réagi à l’encyclique Laudato si’ en montrant le lien entre consumérisme et exploitation de l’environnement, entre malthusianisme et pauvreté. Quelle réponse concrète peut-on apporter à cette situation, alors que les familles nombreuses peinent à vivre dans des sociétés où tout favorise la famille de petite taille et où les femmes sont poussées à travailler en dehors de chez elles ?
— Je répondrai en paraphrasant la célèbre question : « Qui de l’œuf ou de la poule est apparu en premier ? », faut-il être riche pour faire une famille et des enfants, ou devient-on riche en faisant une famille et des enfants ? La réponse, cette fois, je vais la laisser au lecteur afin qu’il réfléchisse…
— Que pensez vous du concept de « décroissance », très en vogue dans certains milieux catholiques ?
— Mais nous sommes déjà en décroissance depuis sept ans ! La crise économique a révélé le bluff de la croissance des trente dernières années, qu’on peut évaluer à près de 30 %. L’explosion de la crise a entraîné un désendettement (« deleveraging ») équivalent. Que faut-il faire de plus ? Attention cependant au concept économico-social  d’une décroissance voulue, imposée, et peut-être même béate. J’en parle toujours en rappelant que Caïn aussi était pour la décroissance. De fait il a tué Abel parce que celui-ci était de trop : il dégradait l’environnement en élevant trop de brebis, il polluait l’air en immolant trop d’animaux en sacrifice à Dieu – en les brûlant…
— Vous avez parlé d’une « gnose du XXIe siècle ». Pourriez-vous la définir ? N’y a-t-il pas – dans cet ordre d’idées – aujourd’hui une volonté de faire adorer la Terre-Mère, idolâtrée dans un nouveau panthéisme qui fait de la « Planète » l’objet des louanges et des sacrifices imposés à chacun ?
— La gnose, la connaissance, comme je l’ai déjà dit, est cette connaissance que Dieu n’a pas voulu donner aux hommes et qu’à l’inverse, le « grand tentateur » prétendait leur donner. C’est exactement ce qu’a essayé le serpent avec Eve… Le serpent s’est réfugié, il s’est incorporé dans la terre mère. La terre devient ainsi une divinité à protéger contre l’homme qui veut l’utiliser en la soumettant, et contre la religion qui justifie la soumission naturelle que l’homme doit en faire. Appelée terre mère, ou Sophia, ou par d’autres noms – elle devient le divin. L’homme « perfide » lui fait du mal. L’idée est alors de d’éliminer l’homme. Il y a quelques années on l’a tenté par le néomalthusianisme (qui n’a pas fonctionné, il a au contraire créé la crise en cours) ; aujourd’hui c’est plus directement, par l’environnementalisme (un problème créé par le néomalthusianisme), que les habituels gnostiques exaltent encore plus sur le plan médiatique grâce à l’Encyclique. La prochaine phase ne pourra être autre chose qu’une autorisation de la « chasse à l’homme ».
— Pour évoquer maintenant un autre sujet très actuel : quelle est la juste réponse à la « crise des migrants » ?
— Quels migrants ? Venant d’où ? Nous disposons de diverses classifications pour parler du processus des migrations. Celles-ci vont des véritables réfugiés fuyant la guerre, aux migrants à la recherche de solutions économiques, aux terroristes déguisés en migrants, en passant par les « évangélisateurs » des religions qui doivent entrer en Europe pour chercher à la conquérir après avoir subi diverses défaites au cours de l’histoire ; et enfin aux migrants « soutenus » politiquement pour compenser le déficit de population qui s’est créé en Europe ces trente dernières années, etc. Pour chaque classification, il y a une réponse différente. Mais le problème n’est pas seulement de savoir quelle est la réponse juste, il est de savoir qui décide et ce qui se passe si une nation (encore souveraine) en décide autrement.
— « Cherchez d’abord le royaume de Dieu, et le reste vous sera donné par surcroît » : êtes-vous d’accord pour dire que ce commandement et cette promesse du Christ ont un sens précis et urgent pour la vie politique, économique et sociale ?
— Ce sera ma réponse finale : pour détruire l’homme il suffit de l’éloigner de Dieu… C’est ainsi qu’il perd le sens de la vie, le sens de l’action, et qu’il se perd : les moyens deviennent des fins et vice versa, on sépare la foi et les œuvres, on perd l’unité de la vie… Mais à qui revient la responsabilité de tout cela ? Qui doit enseigner le sens de la vie ? Est-il donc possible que nous autres, pauvres laïcs, nous devions rappeler aux pasteurs qu’ils doivent nous protéger des loups ? Aujourd’hui comment peut-on penser, sans prier pour obtenir un miracle, que celui qui n’a pas su l’enseigner depuis des décennies va apprendre à le faire demain matin, par enchantement ? Désolé, mais je crois davantage aux miracles : allons donc tous à Lourdes, Fatima ou Medjugorje…
Propos recueillis par Jeanne Smits

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18 juin, 2015

Déclaration de “Voice of the Family” sur l'encyclique Laudato Si’

Communiqué

ROME, le 18 Juin 2015


La coalition internationale Voice of the Family est profondément préoccupée par l’absence, dans la lettre encyclique Laudato Si’,  de toute réaffirmation de l'enseignement de l'Église contre la contraception et  pour la procréation comme fin première de l'acte sexuel.


L'encyclique publiée ce matin affirme opportunément  que « la défense de la nature n’est pas compatible … avec la justification de l’avortement » (n° 120) et « que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire »" (n° 50).


Néanmoins, l'omission de toute référence à l'enseignement de l'Église sur la contraception laisse les catholiques mal préparés pour résister  au programme international de contrôle de la population.

« Dieu a commandé à l'homme : “Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la” (Gn 1,28) », a déclaré Maria Madise, porte-parole de Voice of the Family, « mais le mouvement écologiste voit la croissance de la population comme une menace ». « Les pays en développement  croulent sous les contraceptifs et sont soumis à de fortes pressions pour légaliser l'avortement. Étant donné que la contraception et l'écologie vont si souvent main dans la main, il est profondément troublant que l'enseignement de l’Église sur la primauté de la procréation ne soit pas réaffirmée », a-t-elle déploré.


Patrick Buckley, lobbyiste à l’ONU pour la Société pour la protection des enfants à naître (SPUC), a noté que « l’encyclique  appelle, aux paragraphes 173-175,  à renforcer l'action internationale en matière d'environnement, mais oublie en même temps de préparer les catholiques  aux conséquences évidentes de cette même action : une recrudescence des  tentatives d'imposer encore davantage la contraception et l'avortement aux pays en développement ».

Le Pr Hans Schellnhuber a été parmi les personnalités choisies par le Saint-Siège pour présenter ce matin l'encyclique à la presse. Schellnhuber est connu pour avoir déclaré que la « “capacité  d’accueil” de la planète » se situe « en dessous d’un milliard de personnes ». La population mondiale devrait donc être réduite de plus de 80 % pour atteindre cet objectif.


John-Henry Westen, co-fondateur de Voice of the Family et rédacteur en chef de LifeSiteNews, a commenté : « Le professeur Schellnhuber est un activiste favorable à  la création d'un gouvernement mondial doté de pouvoirs pour imposer des mesures  nécessaires pour résoudre la crise de l'environnement, laquelle, selon lui, exige une  diminution de la population. Dans ce contexte, les références dans l'encyclique à la nécessité d’une “véritable autorité politique mondiale” avec le pouvoir de “sanctionner”, sont profondément troublantes. »

Il a été  annoncé hier que le professeur Schellnhuber  venait d’être nommé membre de l'Académie pontificale des Sciences par le pape François.

En novembre prochain, l’Académie pontificale des Sciences accueillera un colloque pour discuter comment utiliser les enfants comme « agents du changement ». Il prévoit dans son ordre du jour de réfléchir aux stratégies possibles pour faire appel aux enfants  comme émissaires  du programme écologiste mondial.  De telles  actions semblent être approuvées par l'encyclique aux paragraphes 209-215. Certains de ceux qui sont impliqués dans les ateliers du colloque, tels Jeffrey Sachs, sont parmi les promoteurs les plus véhéments de la contraception et de l'avortement comme moyens indispensables  au contrôle de la natalité.


John Smeaton, co-fondateur de Voice of the Family et directeur du SPUC, a déclaré: « Le mouvement écologiste international cherche souvent à convaincre les enfants que le monde est surpeuplé et que cela doit être résolu par le contrôle de la natalité  au moyen de la contraception et de l'avortement. Il  existe aujourd’hui un danger grave que nos enfants soient exposés à ce programme, sous couvert de sensibilisation aux questions écologiques. Les projets de l’Académie pontificale des Sciences et l'absence dans l'encyclique d’un enseignement clair sur ces dangers, nous laissent sur nos gardes. Les parents catholiques doivent résister à toutes les attaques contre nos enfants, même quand elles proviennent de l'intérieur du Vatican. »

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Voice of the Family est une coalition internationale d’organisations pro-vie et pro-famille, animées par des laïcs engagés, avec le but d’offrir leur expertise et leurs ressources aux responsables de l’Église, aux médias, aux organismes à but non lucratif et aux gouvernements, avant, pendant et après le Synode des évêques catholiques sur la famille.
Voice of the Family réunit 24 organisations-membres dans les cinq continents :

• Acción Vida y Familia   (Panama)
• Alfa Szövetség/Alpha Alliance  (Hongrie)
• Campagne Québec-Vie (Canada)
• Campaign Life Catholics (Canada)
• Campaign Life Coalition  (Canada)
• Catholic Democrats (Irlande)
• Catholic Voice  (Irlande)
• CENAP (République Tchèque)
• Culture of Life Africa  (Afrique)
• European Life Network (Irlande)
• Famiglia Domani (Italie)
• Family Life International NZ (Nouvelle Zélande)
• Friends of Human Life Foundation/Klub Przyjaciół Ludzkiego Życia (Pologne)
• Holy Family Apostolate (Ecosse)
• Hnutí Pro život ČR  (République Tchèque)
• Human Life International (HLI)  (international)
• Liga pár páru ČR (République Tchèque)
• LifeSiteNews.com  (international)
• National Association of Catholic Families (NACF) (Angleterrre)
• Observatorio Católico del Ecuador (Equateur)
• Profesionales por la Ética  (Espagne)
• Res Claritatis (République Tchèque)
• Society for the Protection of Unborn Children (SPUC)  (Royaume-Uni)
• Voto Catolico Colombia (Colombie)

Les vérités suivantes sont au cœur de l’action de Voice of the Family :
• Le mariage sacramentel qui unit les parents par un lien indissoluble est le plus grand protecteur de tous les enfants, nés ou à naître.
• La séparation artificielle des dimensions unitive et procréative de l'acte conjugal est un composant essentiel de la culture de mort.
• Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants et c’est par l'éducation et la formation des parents et des futurs parents que l’on doit bâtir la culture de vie.

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“Laudato sii” : la première version pilonnée ? L'encyclique du pape François révisée ?

On saura tout à l'heure si l'encyclique « environnementale » du pape François, Laudato sii, correspond à la version qui en a été « fuitée » mardi par le magazine italien L'Espresso. Si des changements sont constatés, voilà qui ajoutera foi à une information de plusieurs sources italiennes comme le quotidien Il Libero Quotidiano et Il Giorno, selon lesquelles la destruction d'une première version « originale » de l'encyclique a été ordonnée. Laudato sii « 1 » mis au pilon ?

Le 14 juin – avant la fuite – ces sources annonçaient que la Librairie éditrice vaticane avait reçu « il y a quelques jours » le texte bon à tirer de l'encyclique du pape François sur la sauvegarde de la Création, Laudato sii, afin de l'imprimer en plusieurs langues. L'impression était déjà en cours depuis « quelques heures » lorsqu'est arrivé l'ordre de cesser l'impression de l'encylique, assorti d'un deuxième : détruire complètement tous les exemplaires imprimés depuis lors, afin qu'il n'en subsiste pas trace.

Il Giorno notait que le caractère péremptoire de l'ordre fait penser que les erreurs à corriger n'étaient pas de petite importance, mais que le pape entendait apporter des corrections majeures au texte. On sait en tout cas que la date de présentation de l'encyclique a été déplacée : prévue à l'origine pour le 16 juin, elle a été repoussée à ce jeudi 18 juin.

La lecture de la version mise en ligne mardi par L'Espresso – la version définitive ou justement pas ? – comporte des éléments inquiétants. Il est question de l'établissement d'une autorité globale, de la prise en compte de l'émergence de l'homme à travers un processus d'évolution, certes en tant que « nouveauté qualitative » mais sans que la création de l'âme ne soit mentionnée : l'âme n'est mentionnée, en passant, que dans une note de bas de page. Et s'il est beaucoup parlé du malaise éthique généralisé et de la pauvreté, de l'inégalité, elles ne sont nulle part mises en relation avec l'abandon massif de la vie chrétienne, orientée vers l'éternité et soumise à l'autorité et à l'enseignement de l'Eglise.

Dans le même temps, la version fuitée affiche le rejet du malthusianisme, de l'idéologie du genre, de l'écologisme radical…



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03 mai, 2013

Le lettre exonérant Cohn-Bendit d'actes pédophiles : un montage

La glorification de la pédophilie de l’euro-député Vert refait surface. Alors que le président de la Cour constitutionnelle allemande, Andreas Vosskuhle, vient de refuser de prononcer le traditionnel discours à l’occasion de la remise du prix de la Fondation Theodor-Heuss à Daniel Cohn-Bendit pour ne pas donner l’impression que la Cour puisse approuver ses déclarations favorables à la pédophilie, l’un de ses soutiens des années 1970 vient de faire faux bond. En 2001, 26 ans après la publication du livre où Cohn-Bendit relatait ses expériences érotiques avec des enfants en classes maternelles, plusieurs parents des enfants qui y étaient scolarisés ont écrit une lettre pour assurer qu’aucun abus sexuel réel n’avait eu lieu à l’époque.

L’un de ses auteurs, Mme Thea Vogel, vient de déclarer aux médias allemands que la motivation de cette lettre était purement politique, destinée à protéger Daniel Cohn-Bendit des accusations qui se renouvelaient alors à son égard. Elle a assuré qu’elle n’avait même pas lu les passages incriminés de son livre et que son fils n’était même pas dans la classe où Cohn-Bendit raconte ses expériences sexuelles avec les enfants. L’ensemble de la lettre, a-t-elle avoué, était un montage.

Cohn-Bendit n’a donc plus de témoins de moralité prêts à attester qu’il n’a pas commis d’abus d’enfants.

Pour autant, cela ne permet pas d’affirmer qu’il en a effectivement commis.

En revanche, cela met en relief l’action politique précise de cet écologiste franco-allemand : la promotion et la banalisation de la révolution sexuelle, pédophilie comprise, par le renversement des tabous sexuels, en vue de détruire le mariage et la famille, comme le souligne l’avocat européen J.C. von Krempach dans un article publié par le site de veille sur le droit de la famille, C-Fam.

Cet article a paru aujourd'hui dans Présent.


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14 juin, 2012

RIO+20 : les académies des sciences du monde entier appellent au contrôle de la population

Avec une telle unanimité que l'ensemble des sources que j'ai consultées jugent inutile de détailler leurs noms, « les 105 académies des sciences » reliées dans le réseau mondial IAP ont appelé à une action globale coordonnée sur la population et sur la consommation dans un rapport adressé aux chefs d'Etat qui se réuniront au sommet du « développement durable » à Rio de Janeiro, du 22 au 24 juin. Les dépêches rapportant cette information sont toutes datées de Paris.

Il faut en finir non seulement avec la sur-consommation des pays riches, assurent les académies des Etats-unis, du Japon, du Nicaragua ou de la Lituanie, mais réduire la « rapide croissance de la population » car cela peut « stimuler et faciliter la croissance économique ».

La population et la consommation sont les deux facteurs-clef dont personne ne parle, assure le rapport, alors qu'ils sont primordiaux par rapport à l'épuisement des ressources naturelles et aux atteintes à la biodiversité. Sans compter que la croissance rapide de la population est un obstacle à la « réduction de l'inégalité de genre », souligne leopoldina.org, le site de l'Académie des sciences allemande.

Le rapport note pourtant, selon le résumé de leopoldina.org, que « les changements dans la structure de l'âge de la population résultant  du déclin des taux de natalité et de mortalité peuvent avoir des ramifications environnementales, sociales et économiques importantes, par exemple en faisant peser une demande croissante sur les systèmes de soins et de pensions de retraite ». (Alors, elle croît ou elle décroît, la population ? Et que faire lorsqu'il y a trop de vieux ?!)

Le rapport pointe la migration et  l'urbanisation croissantes qui, dans la mesure où elles sont inattendues et non planifiées peuvent avoir des conséquences troublantes sur le plan politique et environnemental, empêchant la réalisation du potentiel de développement économique et social, poursuit le résumé.

Le rapport propose donc que des mesures soient prises :

— Prendre en compte la population et la consommation dans tout plan politique, y compris ceux relatifs à la réduction de la pauvreté et au développement économique, la gouvernance globale, l'éducation, la santé, l'égalité de genre, la biodiversité et l'environnement.

— Réduire les niveaux de consommation dangereux et développer des choix plus durables, ces mesures étant d'une urgence critique dans les pays plus riches. (Mais c'est la Chine qui est en tête des pollueurs…)

— Encourager des stratégies de développement qui aident à réduire la croissance démographique, en particulier celles qui promeuvent l'éducation des femmes et des filles.

— Fournir l'accès à la santé reproductive intégrale et aux programmes de planning familial pour tous. Cette question requiert des ressources supplémentaires substantielles  et une attention politique de la part des gouvernement et des donateurs internationaux.

— Une poussée globale vers une nouvelle économie verte en réduisant des types de consommation néfastes, avec le développement de choix plus durables.

— Développer des politiques qui améliorent la qualité de vie des personnes plus âgées et créer de nouvelles possibilités pour qu'il puissent continuer d'apporter leur contribution à la société.

Le président du groupe de travail du réseau des Académies (IAP), Charles Godfrey, membre de la Royal Society britannique, a déclaré à la presse, à ce propos : « Pendant trop longtemps, la population et la consommation ont été écartées du débat en raison de leur caractère sensible sur le plan politique et éthique. Ce sont des questions qui touchent aussi bien les nations développées que celles en voie de développement, et nous devons en prendre la responsabilité ensemble », a-t-il déclaré.

Est clairement visé le planning familial – « volontaire » – qu'il s'agit de promouvoir politiquement : « Il faut actionner les leviers qui déterminent la taille des familles. A la base, vous ne pouvez pas sauver l'environnement sans une politique et des programmes de santé reproductive », a commenté Lori Hunter, une démographe déjà présente à Rio.

L'être humain, voilà l'ennemi.



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14 mai, 2011

Sans contrôle des naissances, l'apocalypse ?

L'un des thèmes récurrents de l'écologie idéologique est clairement anti-humain : il faut réduire la population mondiale pour assurer l'avenir de la planète. Alors que la Division population des Nations unies vient de réviser ses prévisions à la hausse, annonçant 10 milliards d'habitants à la fin du siècle au lieu du pic de 9 milliards suivi d'une baisse après 2050, l'occasion est rêvée pour faire peur. L'un des principaux fournisseurs de contenu radio aux Etats-Unis, NPR, largement repris par un grand nombre de radios locales et subventionné par les pouvoirs publics, vient d'ajouter sa pierre à l'édifice en publiant un article intitulé « Politique étrangère : sans contrôle des naissances, la planète est condamnée ».

C'est la notoriété de l'organe qui me pousse à citer cet article comme exemplaire du point de vue qui est aujourd'hui « mainstream », comme diraient les anglophones, c'est-à-dire ayant cours dans les gros médias et considéré généralement comme « correct ». C'est la face d'apparence acceptable d'un courant qui a des facettes plus obscures – celui de la « Deep Ecology » partisane de la réduction de la population mondiale de plus de 90 %, moins marginal qu'on n'aimerait le croire.

L'article, signé Malcolm Potts (professeur tenant une chaire prestigieuse au School of Public Health de l'Université de Californie, et Martha Campbell, conférencière en prospective à la même université.

On appréciera le bon goût de leur prose en notant que l'augmentation de la fertilité que l'ONU n'avait donc pas prévue est due au fait que l'Afrique n'a pas eu suffisamment accès au planning familial et que le sida n'a pas eu les effets attendus, même en Ouganda où la population devrait « tripler » d'ici à 2050 malgré un taux  épidémique très élevé. « En fait, en dehors d'une poignée de pays, le HIV-sida n'a qu'un minuscule impact sur la population. Considérez ceci : au cours des cinq premiers mois de cette année, la population mondiale a crû suffisamment pour équivaloir à toutes les morts causées par le sida depuis le début de l'épidémie il y a trente ans. »


Faut-il lire dans ce constat un soupçon de regret ?

Quoi qu'il en soit cette croissance démographique est considérée comme une « mauvaise nouvelle » pour le continent africain, capable de peser plus lourd que ses progrès économiques, et les auteurs estiment qu'il n'est possible d'inverser le courant qu'à travers une politique de planning familial volontariste. Il est entendu, selon les auteurs, que les choses sont graves en raison du « nombre de gens qui se reproduisent » : ainsi, si en moyenne chaque femme a « un demi enfant de plus », comme disent les démographes, les conséquences seraient « inimaginablement profondes ».

Et cela s'ajouteraient à nos problèmes actuels : « nourrir de plus en plus de citoyens de classe moyenne-mangeurs-de-viande », par exemple, tout en sortant de la pauvreté le tiers de la population mondiale qui en souffre et tout en assurant le fameux « développement durable ».

Vient alors l'avalanche de statistiques : l'Afrique sub-saharienne verra – si rien n'est fait – sa population « exploser, pour atteindre par exemple un chiffre « non soutenable » de 80 millions.

On serait presque ému si des prophéties de malheur tout à fait semblables n'avaient promis de semblables horreurs sans voir leurs prédictions se réaliser – comme Paul Ehrlich et sa « Population Bomb » qui auraient dû nous laisser tous morts de faim il y a vingt ans.

Le problème, assurent Malcolm Potts et Martha Campbell, est la difficulté d'accès à la contraception et à la réduction de la mortalité infantile, puisque les femmes africaines n'ont pas moins d'enfants que jadis et qu'une proportion plus grande d'entre eux survit – les morts infantiles sont passées, entre 1960 et 2001, de 126 à 57 pour mille, grâce aux progrès de la médecine.

La propagande repart donc de plus belle : 215 millions de femmes dans les pays non développés n'ont pas accès aux contraceptifs modernes, assure Babatunde Osotimehin du FNUAP (Fonds des nations unies pour la population), 80 millions de grossesses non désirées par an aboutissent à 22 millions d'avortements dangereux (traduisez : illégaux) et à 358.000 morts liées à la maternité, dont 47.000 des suites d'un avortement.

Sans surprise, la réponse qu'il envisage ne concerne pas directement de meilleurs soins aux femmes enceintes et parturientes. Les auteurs dénoncent au contraire une contamination du sujet de l'aide au planning familial dans le Tiers-monde par la question de l'avortement, et déplorent la diminution des fonds publics alors que la diffusion de la contraception permet de faire diminuer la taille des familles.

« Au cours de toute notre recherche, nous n'avons trouvé aucun pays, mis à part quelques Etats riches en pétrole, qui aient réussi à se développer ou à s'extraire de la pauvreté alors que la taille moyenne de leurs famille demeure importante », faute de pouvoir maintenir les services de santé et d'éducation au niveau, assurent les auteurs.

A vrai dire l'article n'avance guère d'autres faits, se contentant de brandir ces épouvantails sans s'interroger sur les autres facteurs qui peuvent jouer pour expliquer la pauvreté de certains pays où la corruption est endémique : le but est finalement de dénoncer les cultures favorables à la vie, forcément coupables et responsables de tous leurs propres malheurs :

« Un monde de 10 milliards et plus en 2050 pourrait causer des torts irréversibles à la planète. Cela fait tout simplement trop de gens. Voilà, nous sommes avertis. »

Mais nous ne sommes pas obligés de les croire…

© leblogdejeannesmits.

16 novembre, 2010

Le scandale écologique dont on ne parle pas : la pilule

Cristina Alarcon
Voici un remarquable article publié par MercatorNet sous la plume de Cristina Alarcon, tant par les informations qu'il apporte que pour la pertinence de son analyse. Je vous en propose ici la traduction intégrale. Et vous prie de bien vouloir de respecter les droits d'auteur originaux en voulant bien, si vous souhaitez attirer l'attention sur ce texte, renvoyer sur ce blog et citer la source anglophone. Je n'ai  pas repris tous les liens ajoutés par Cristina Alarcon vers les nombreux articles et études scientifiques sur lesquels elle appuie son développement ; vous les trouverez dans la version anglaise sur MercatorNet. Cette pharmacienne, également enseignante à l'Université de British Columbia, détient un master en bioéthique de l'Université de Navarre en Espagne. Elle s'exprime régulièrement dans les médias sur le respect de la vie et les droits de la conscience des professionnels de la santé. – J.S.


On consent actuellement un effort énorme pour protéger l'environnement des effets non voulus de l'activité humaine. Des accords internationaux et des politiques décidées au niveau national visent à réduire le réchauffement climatique en freinant l'excès d'émissions de carbone, produites par la recherche par l'homme de son bien-être matériel.

A plus petite échelle, chacun d'entre nous s'efforce de fermer les robinets, d'éteindre les lampes, d'utiliser les transports en commun, de réduire les émissions polluantes, de recycler, encore recycler et puis, surtout, de ne pas jeter les médicaments dans les égoûts – spécialement ceux qui affectent le cerveau ou les perturbateurs endocriniens. Oui, nous sommes constamment à la recherche de manières de réduire la pollution de l'air et de l'eau ; et au Canada, la Loi sur l'environnement permet même aux citoyens d'engager une action civile lorsque le gouvernement ne fait pas appliquer les lois environnementales.

Mais malgré tous nos efforts, des signes qui ne trompent pas indiquent qu'un type très particulier de polluant, le perturbateur endocrinien, produit actuellement des ravages sur nos écosystèmes.  Et alors que les rivières du monde se trouvent dans une situation de crise aux proportions alarmantes, nous sommes témoins des effets néfastes causés par les substances œstrogènes sur la vie aquatique. Des poissons mâles féminisés qui pondent des œufs et (ou) qui ont perdu leurs capacités reproductrices, ont été trouvés près des zones où confluent des eaux usées.

On s'inquiète également de plus en plus à propos des dommages provoqués sur les corps humains par les polluants, même si apparemment il n'existe pas de données humaines sur l'exposition à ces polluants dans la durée. Que l'Organisation mondiale de la santé ait fait savoir qu'il existe encore beaucoup d'inconnues n'est pas pour nous rassurer.

Dans son effort pour freiner la pollution, le Canada vient de déclarer que le bisphenol A (BPA) est une substance toxique aux termes de la loi canadienne de protection de l'environnement : une belle victoire pour les écologistes, et un énorme soulagement pour les Canadiens, puisque les rongeurs exposés à cette substance ont montré des signes de problèmes neurologiques et de développement comportemental.

Utilisé pour la fabrication de plastique durs et transparents, et pour le revêtement interne des boîtes de conserve, le BPA est connu comme « la molécule qui dévie le genre ». Même les traces qu'on trouve sur certains tickets de courses pourraient contribuer à l'impuissance des consommateurs mâles – tout en boostant les ventes de Viagra – s'ils touchent leur bouche ou manipulent la nourriture.

Le perturbateur endocrinien est également associé à une libido déprimée et à l'endommagement de l'ADN du sperme ; il peut dérégler les systèmes reproducteurs féminins, et contribuer au développementn des cancers et des maladies du métabolisme. Son statut légal est actuellement sous les projecteurs en Europe et aux Etats-Unis.

Mais pourquoi les croisés de l'environnement traquent-ils les fabricants de plastique et l'industrie de la conserve tout en ignorant le coupable le plus visible : les produits pharmaceutiques dans nos réseaux de distribution d'eau ? Pas seulement ceux qui y sont déversés par les fabricants ou les consommateurs, mais – et c'est plus important – ceux qui y aboutiront après consommation humaine et passage par les toilettes.

Car le fait est là : ces 50 dernières années, des millions innombrables de femmes ont ingéré des hormones synthétiques – d'importants perturbateurs endocriniens – afin d'empêcher la conception, et elles en ont éliminé les résidus par cette voie.

Voilà ce qu'affirme un article (soumis à l'évaluation de leurs pairs) d'Alan D. Pickering du Natural Environment Research Council et par John D. Sumpter de l'Université Brunel : ils soulignent que, certes, certains de ces perturbateurs endocriniens sont des produits chimiques industriels, mais qu'il semble clair que les œstrogènes les plus envahissants dans l'environnement aquatique sont des stéroides dérivés des excrétions humaines. Ils reconnaissant cependant volontiers que si en théorie, il devrait être possible de contrôler la pilule à la source, « les implications sociales de cela seraient totalement inacceptables ». En attendant, savoir si l'industrie pharmaceutique est en mesure de « développer un produit alternatif efficace mais moins persistant dans l'environnement… demeure une question ouverte ».

Hé ! Vraiment ? Qu'est-ce qui fait que la contraception hormonale est sacrosaint parmi les autres polluants ? N'y a-t-il vraiment aucun autre moyen, meilleur, de garantir le « choix reproductif » des femmes ? Ou se trouve-t-il, derrière ce slogan, une attitude vis-à-vis du corps de la femme qui est déphasée par rapport à la pensée écologique, et – à dire vrai – pas du tout préoccupée de donner de vrais choix aux femmes ?

Pensez-y : si les contaminants œstrogènes ne conviennent pas aux rongeurs ou au poissons, pourquoi les femmes devraient-elles les consommer ? Après tout, les femmes elles-mêmes subissent les effets indésirables des contraceptifs hormonaux qui sont révélés peu à peu, alors même que les forums de la blogosphère sont de plus en plus envahis par l'expression de malaises personnels.

Combien de femmes savent-elles qu'en 2005, l'OMS a classé la pilule contraceptive dans le groupe I des carcinogènes en raison de liens prouvés avec le cancer du sein et quelques autres ? Savent-elles que les hormones sexuelles peuvent compromettre le système immunitaire ?

Et quid alors des découvertes récentes indiquant que la pilule pourrait bien altérer les déclencheurs biologiques qui aident la femme à trouver un partenaire compatible ? (Imaginez que vous arrêtiez la pilule simplement pour vous réveiller un beau matin et vous apercevoir que vous êtes couchée à côté d'un type que vous détestez !) Autre chose encore : des chercheurs ont constaté un lien entre la pilule et le dysfonctionnement sexuel, et des neurologues soupçonnent le progestatif présent dans la pilule d'affecter notre capacité à penser. Un petit coup d'Alzheimer, les amis ?

En réalité, cette façon de jouer avec le bien-être des femmes remonte aux débuts de la pilule dans les années 1950, lorsque des scientifiques américains ont exploité des Portoricaines pauvres, sans les avertir qu'on les embarquait dans une expérience médicale aux effets secondaires potentiellement dangereuses. Cela a continué avec la controverse autour du Depo Provera et encore récemment avec le fiasco du patch Evra.

Et pourtant, alors que les procès contre Evra sont menés discrètement aux Etats-Unis et au Canada – le gouvernement de Colombie britannique demande des dommages pour couvrir les coûts sanitaires passés et futurs liés aux dommages causés aux femmes –, comme l'annonce NBC, les millions versés aux victimes, c'est « peanuts » comparé aux milliards tirés de profits des ventes.

Comment se fait-il qu'au bout de 50 ans de féminisme militant et d'écologisme personne n'accorde d'intérêt à l'écologie du corps de la femme et à l'intégrité de leur personne ? Combien de temps encore les femmes vont-elles accepter d'être des cobayes « pour le bien de la planète » – ou pour le bien des profits de Big Pharma ?

Et qu'est-ce qui pourrait inverser le courant ? La menace d'impuissance et de stérilité sur la population mâle ?

Si la force agissante derrière la contraception est effectivement le choix pour les femmes – et pas seulement le contrôle social de la fertilité – l'alternative existe, comme l'alternative existe pour les plastiques et les boîtes de conserve, le pétrole et le charbon, si nous voulons vraiment le trouver. En réalité, nous n'avons même pas besoin de chercher une méthode saine de planning familial : elle existe déjà.

L'auto-observation de la fertilité, ou méthode naturelle de régulation de naissances, est bien, comme le montrent des études scientifiques, une méthode hautement efficace lorsque les couples sont bien formés et qu'ils l'utilisent de manière appliquée – comme c'est le cas avec les méthodes hormonales ou autres.

Cela demande effectivement de changer de style de vie, mais le frein le plus important à ce changement est désormais du côté des professionnels de la santé, puisque la plupart d'entre eux n'en savent tout simplement  pas assez, comme l'a clairement démontré une récente étude co-signée par le Dr Ellen Wiebe, du département de pratique généraliste de l'Université de la Colombie britannique. En fait, la plupart des médecins sous-estiment l'efficacité de la régulation naturelle des naissances, et seule une petite proportion d'entre eux fournissent une information sur cette option plus saine.

Dans un monde qui porte une attention croissante à la conservation de la nature et à la célébration des valeurs naturelles, il s'agit d'une anomalie, pour ne pas dire plus. Continuer à promouvoir des contraceptifs tout en laissant de côté une option saine ressemblerait fort à un engagement idéologique ou commercial qui n'aurait absolument rien à voir avec la santé reproductive des femmes. Ni même, d'ailleurs, avec la protection de la planète.

© Mercatornet, par Cristina Alarcon.

© pour la traduction : leblogdejeannesmits.

02 septembre, 2010

Fait divers ? Ou preuve de l'extrémisme des partisans du contrôle de la population ?

Pour moi, c'est un fait divers. Bien triste. Un militant écologiste, tourneboulé par les théories de Darwin et de Malthus, a été abattu mercredi après-midi dans les locaux de la chaîne Discovery, près de Washington D.C., après avoir retenu en otages trois employés de la chaîne. Il était armé d'un pistolet et, selon la police, portait sur lui une bombe prête à amorcer. Le déséquilibré – car il s'agit forcément de cela – était bien connu sur les lieux. Cela faisait des années qu'il y protestait contre la chaîne au motif que celle-ci n'en faisait pas assez pour promouvoir le contrôle de la population.

Pour autant James J. Lee – d'origine hawaïenne – avait toujours pu tranquillement manifester, réclamant des mesures coercitives pour « stériliser les minables », « arrêter les naissances », « mettre un terme à la naissance d'enfants humains parasites » pour « sauver la planète »… Il avait été arrêté une seule fois, en 2008, pour avoir troublé l'ordre public.

« La civilisation doit être révélée comme la saleté qu'elle est. Cela, et toutes ses répugnantes racines religieuses et culturelles et sa gloutonnerie. Diffusez ce message jusqu'à ce que la pollution de la planète soit inversée et que la population humaine ! C'est votre devoir », écrivait-il à Discovery sur son site, pêle-mêle de textes de partisans du malthusianisme et d'incantations incohérentes.

Il semblerait que James J. Lee visait particulièrement la chaîne pour deux séries qu'elle diffuse depuis plusieurs années : l'une sur une famille de huit enfants (« Kate plus Eight ») et l'autre sur une famille chrétienne de 19 enfants (« 19 Kids and Counting »).

En passant à la prise d'otages et aux menaces de mort, arme au poing, le « militant écologiste » aura finalement signé son propre arrêt de mort, que plusieurs heures de négociations avec les forces de l'ordre n'auront pu éviter.

Curieusement, si la presse américaine met l'accent sur l'activisme de Lee pour la réduction de la population humaine, politique réclamée de manière drastique par le mouvement Deep ecology, et qui inspire à plus ou moins grande échelle les mesures de contrôle de la population recommandées et soutenues par de grands organismes supranationaux, la presse française qui a largement rapporté ce fait divers insiste plutôt sur le côté « militant écologiste » de James J. Lee, le présentant comme un « solitaire », un atypique.

Certes, son action violente n'aura engagé que lui. Même si, de fait, elle aura été l'écho de prises de position d'apparence plus convenable qui ont contribué à désaxer le cerveau de James J. Lee.

Cela, gageons que personne ne le dira.

Imaginez pourtant qu'un militant du respect de la vie se soit ainsi comporté : manifestations quotidiennes, année après année, puis passage à l'acte. Je croirais les entendre d'ici, les réactions : on dénoncerait « un commando pro-vie », « chauffé à blanc par un discours de haine », « un adversaire du droit des femmes », « prêt au crime pour combattre l'IVG », « il faut arrêter le harcèlement du personnel médical », « l'extrémisme des activistes anti-IVG »…

Entre le fait divers qui hélas a abouti à mort d'homme et mon scénario hypothétique (mais pas tant que ça : si le Dr Dor entre dans une clinique avec un chapelet, il mérite la prison) il y a cependant une différence de taille : l'avortement tue, et ses adversaires ne sont pas à confondre avec des individus isolés qui pour autant passent parfois à l'acte violent. Le contrôle de la population existe, il cause déjà le génocide des filles dans plusieurs pays du globe, il bafoue les droits des familles et s'appuie sur la contraception à hautes doses, éventuellement abortive, et le droit à l'avortement sans danger et légal.

© leblogdejeannesmits.

 
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