09 mars, 2016
02 août, 2015
Le mythe de la « demande non satisfaite » de contraceptifs explosé : l’exemple de l’Ouganda
C’est la tarte à la crème des
organisations internationales, de l’Organisation mondiale de la santé à l’ONU,
du FMI à la Banque mondiale en passant par les ONG d’aide au
développement : il faut de toute urgence prendre en compte la
« demande non satisfaite » de contraceptifs dans les pays pauvres
afin que les femmes puissent accéder au planning familial. La « santé
sexuelle et reproductive » est à ce prix, à tel point que les dons
internationaux sont souvent accordés sous condition de promouvoir l’accès à la
contraception bon marché pour toutes. Mais voilà : l’existence de cette
« demande non satisfaite » n’est pas démontrée. Le mythe vient même
d’être explosé dans une région de l’Ouganda où une étude vient de prendre de
court ceux qui l’ont réalisée. En général, la « demande non
satisfaite » de contraception y est minime aussi bien parmi les femmes que
parmi les hommes.Libellés : contraceptifs, contraception, demande non satisfaite, démographie, exemple, explosé, fécondité, Ouganda mythe, population
22 janvier, 2013
Le Japon vieillit : “Dépêchez-vous de mourir !”, dit un ministre
Libellés : démographie, dénatalité, Japon, population, population bomb, vieillissement
19 janvier, 2013
Le problème ? Il y a trop d'êtres humains. Le Prince Charles est d'accord
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| Paul et Anne Ehrlich à un dîner de Growthbusters (traqueurs de croissance) en décembre |
« En plus de concentrer leur recherche sur les manières d'éviter le collapsus, il est nécessaire que les scientifiques de la nature coopèrent avec les sociologues, spécialement avec ceux qui étudient la dynamique des mouvements sociaux. De telles coopérations pourraient développer des manières de stimuler une augmentation significative du soutien public à une action immédiate et décisive pour agir sur le problème. Hélas, la conscience parmi les hommes de science du fait que l'humanité se trouve dans une situation très grave n'a pas été accompagnée par une prise de conscience, ni par une pression populaire en vue de contrer les influences politiques et économiques qui jouent sur la crise actuelle. Sans pression significative de la part du public, exigeant que l'on agisse, nous craignons qu'il n'y ait que peu de chance de changer de voie assez rapidement pour empêcher le désastre.
« La pression nécessaire, cependant, pourrait être engendrée par un mouvement populaire basé sur la société universitaire et civile en vue d'aider à conduire l'humanité vers le développement d'une nouvelle intelligence multiple, « l'intelligence de prévision » qui fournisse l'analyse à long terme et la planification que les marchés ne peuvent livrer. L'intelligence de prévision pourrait non seulement systématiquement regarder vers l'avant, mais encore conduire les changements culturels vers des issues souhaitables, telles une résilience économique accrue. Aider à développer un tel mouvement et une intelligence de prévision sont des défis majeures qui s'adressent aujourd'hui aux scientifiques, une lame acérée pour la recherche qui devra couper vite si les chances d'éviter la catastrophe doivent être améliorées.
« Si l'intelligence de prévision devait s'installer, bien plus de scientifiques et de planificateurs de politiques (et la société elle-même) pourraient, par exemple, comprendre la contribution de la démographie au problème, arrêter de traiter la croissance de la population comme une “donnée” et tenir compte des bénéfices nutritionnels, sanitaires et sociaux qu'il y aurait à stopper de manière humaine la croissance en-deçà des neuf milliards et d'initier un lent déclin. Ce serait une tâcher monumentale, vu la dynamique de la croissance de la population. Monumentale, mais non point impossible, si la politique pouvait être programmée de manière globale pour donner aux femmes les pleins droits, l'éducation et les opportunités de travail, et pour doter tous les êtres humains sexuellement actifs des contraceptifs modernes et de l'avortement de secours. Jusqu'à quel point de telles mesures réduiraient la fertilité demeure controversé mais elles sont probablement de l'ordre du gagnant-gagnant pour les sociétés. »
Libellés : contrôle de la population, Ehrlich, malthusianisme, population, population bomb, Royaume-Uni
24 juin, 2012
Premières Dames… Hilary Clinton défend les “droits reproductifs” à Rio+20 (et un cardinal parle vrai)
Romandie.com reproduit cette dépêche de l'AFP :
« RIO DE JANEIRO - La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déploré vendredi que le texte final de la conférence de l'ONU Rio+20 ait exclu la mention sur le droit des femmes à décider d'avoir ou non des enfants.
Si je suis très satisfaite de ce que le document assure les droits sexuels et reproductifs ainsi que l'accès universel au planning familial, pour atteindre nos objectifs sur le développement durable, nous devons aussi assurer les droits reproductifs des femmes, a affirmé Mme Clinton dans son discours au sommet Rio+20.
Il faut donner aux femmes le pouvoir de décider si elles veulent des enfants et combien elles en veulent, a-t-elle souligné. (Lire la suite…)Dans le langage codé des féministes, les « droits reproductifs » désignent les droits absolus des femmes sur la décision de procréer, et cela comprend le « droit à l'avortement ». Ce code est si bien connu que les Etats attachés au respect de la vie travaillent d'arrache-pied à chaque nouvelle rencontre internationale où l'on tente d'introduire ces mots dans les déclarations finales ou les traités, pour éviter qu'ils n'y figurent et ne donnent prise à ceux qui prétendent introduire le « droit à l'avortement sûr et légal » un nouveau droit de l'homme, protégé par les instruments internationaux.
Une nouvelle fois, grâce notamment aux efforts du Saint Siège qui a statut d'observateur aux réunions de l'ONU – Rio+20, sommet sur le développement durable, est sous le patronage des Nations unies – et à plusieurs pays qui lui ont emboîté le pas, ces mots ont été évités.
C'était pourtant la première fois que de multiples personnalités et organisations internationales, gouvernementales ou non, établissaient un lien aussi clairement affirmé entre la croissance démographique et le « développement non durable », et ainsi le document final sur la protection de la planète et « l'économie verte » inclut-il un article sur le droit universel à la contraception. On comprend d'après l'intervention de la Secrétaire d'Etat Hilary Clinton devant le Sommet, que l'accès à l'avortement est un facteur nécessaire pour « atteindre nos buts en matière de développement durable ».
S'exprimant mardi lors d'un événement en marge du sommet, le légat pontifical, chef de la délégation du Saint-Siège, le cardinal Odilo Scherer, s'est exprimé sur la nature réelle du « développement durable », le respect de la création et le caractère central de l'homme : de son long et intéressant discours, je retiendrai ce paragraphe particulièrement significatif venant éclairer sa critique du néo-malthusianisme :
« Alors que le Saint-Siège a cherché à promouvoir une conclusion qui respecte la dignité de la personne humaine, nous continuons de voir certaines délégations tenter de promouvoir des thèmes comme la “dynamique de population” ou les “droits reproductifs” comme une forme de développement durable. Ces propositions sont basées sur l'idée erronée selon laquelle le développement durable et la protection de l'environnement ne peuvent être atteints qu'avec la garantie qu'il y ait moins d'hommes sur notre planète. Fondée sur une herméneutique de la suspicion qui blesse profondément la solidarité humaine, cette idéologie a provoqué une alarmante destruction de la famille et, fondamentalement, elle prive la planète de sa plus grande ressource, la personne humaine, qui est au centre du développement durable. »Vendredi, s'adressant au Sommet Rio+20, le cardinal Scherer a dit les choses encore plus nettement (lien vers le texte complet en portugais sur cette page.)
Le cardinal y rappelle que l'« économie verte », une plus grande solidarité humaine, une répartition plus juste des biens et une vraie protection de la « maison terrestre » supposent « par dessus tout de sauvegarder la relation adéquate des moyens avec leur fin » : la personne humaine qui est au centre du monde créé. « Toute vie humaine, depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, a même valeur et dignité. » Cela englobe toutes les préoccupations actuelles, à quoi le cardinal ajoute :
« Le rôle unique et fondamental de la famille (…) mérite ici une mention spéciale, parce que de fait, l'éducation et le développement humain commencent dans la famille, où tous ces principes sont transmis et assimilés par les générations futures, de manière à ce que leurs membres assument leurs responsabilités propres dans la société. »Tous les droits afffimés à Rio – accès à l'eau, à la nourriture, la santé – sont au service de la personne, affirme le cardinal :
« Le risque d'obscurcir cette relation se manifeste de manière particulière dans le domaine du droit à la santé, où l'on observe que la promotion d'une certaine conception de la santé menace profondément la dignité de la personne humaine. Une sentence de mort imposée sur les vies humaines les plus vulnérables – c'est-à-dire, celle qui sont dans le sanctuaire le plus sûr qu'est le sein de leurs mères – ne peut, selon quelque hypothèse que ce soit, être présentée sous la nomenclature des “soins de santé” ou simplement de la “santé”. Cela ne rend pas un véritable service au développement humain authentique ni à sa véritable appréciation ; c'est injustifiable dès lors que le développement, à tous les stades de la vie, est au service de la vie humaine. »Il a achevé son discours avec ces mots : « Que Dieu nous éclaire tous ! »
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Libellés : avortement, Brésil, catholique, contrôle de la population, démographie, FNUAP, ivg, ONU, population, Saint-Siège, Vatican
14 juin, 2012
RIO+20 : les académies des sciences du monde entier appellent au contrôle de la population
Avec une telle unanimité que l'ensemble des sources que j'ai consultées jugent inutile de détailler leurs noms, « les 105 académies des sciences » reliées dans le réseau mondial IAP ont appelé à une action globale coordonnée sur la population et sur la consommation dans un rapport adressé aux chefs d'Etat qui se réuniront au sommet du « développement durable » à Rio de Janeiro, du 22 au 24 juin. Les dépêches rapportant cette information sont toutes datées de Paris.
Il faut en finir non seulement avec la sur-consommation des pays riches, assurent les académies des Etats-unis, du Japon, du Nicaragua ou de la Lituanie, mais réduire la « rapide croissance de la population » car cela peut « stimuler et faciliter la croissance économique ».
La population et la consommation sont les deux facteurs-clef dont personne ne parle, assure le rapport, alors qu'ils sont primordiaux par rapport à l'épuisement des ressources naturelles et aux atteintes à la biodiversité. Sans compter que la croissance rapide de la population est un obstacle à la « réduction de l'inégalité de genre », souligne leopoldina.org, le site de l'Académie des sciences allemande.
Le rapport note pourtant, selon le résumé de leopoldina.org, que « les changements dans la structure de l'âge de la population résultant du déclin des taux de natalité et de mortalité peuvent avoir des ramifications environnementales, sociales et économiques importantes, par exemple en faisant peser une demande croissante sur les systèmes de soins et de pensions de retraite ». (Alors, elle croît ou elle décroît, la population ? Et que faire lorsqu'il y a trop de vieux ?!)
Le rapport pointe la migration et l'urbanisation croissantes qui, dans la mesure où elles sont inattendues et non planifiées peuvent avoir des conséquences troublantes sur le plan politique et environnemental, empêchant la réalisation du potentiel de développement économique et social, poursuit le résumé.
Le rapport propose donc que des mesures soient prises :
— Prendre en compte la population et la consommation dans tout plan politique, y compris ceux relatifs à la réduction de la pauvreté et au développement économique, la gouvernance globale, l'éducation, la santé, l'égalité de genre, la biodiversité et l'environnement.
— Réduire les niveaux de consommation dangereux et développer des choix plus durables, ces mesures étant d'une urgence critique dans les pays plus riches. (Mais c'est la Chine qui est en tête des pollueurs…)
— Encourager des stratégies de développement qui aident à réduire la croissance démographique, en particulier celles qui promeuvent l'éducation des femmes et des filles.
— Fournir l'accès à la santé reproductive intégrale et aux programmes de planning familial pour tous. Cette question requiert des ressources supplémentaires substantielles et une attention politique de la part des gouvernement et des donateurs internationaux.
— Une poussée globale vers une nouvelle économie verte en réduisant des types de consommation néfastes, avec le développement de choix plus durables.
— Développer des politiques qui améliorent la qualité de vie des personnes plus âgées et créer de nouvelles possibilités pour qu'il puissent continuer d'apporter leur contribution à la société.
Le président du groupe de travail du réseau des Académies (IAP), Charles Godfrey, membre de la Royal Society britannique, a déclaré à la presse, à ce propos : « Pendant trop longtemps, la population et la consommation ont été écartées du débat en raison de leur caractère sensible sur le plan politique et éthique. Ce sont des questions qui touchent aussi bien les nations développées que celles en voie de développement, et nous devons en prendre la responsabilité ensemble », a-t-il déclaré.
Est clairement visé le planning familial – « volontaire » – qu'il s'agit de promouvoir politiquement : « Il faut actionner les leviers qui déterminent la taille des familles. A la base, vous ne pouvez pas sauver l'environnement sans une politique et des programmes de santé reproductive », a commenté Lori Hunter, une démographe déjà présente à Rio.
L'être humain, voilà l'ennemi.
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27 octobre, 2011
7 milliards d'hommes le 31 octobre prochain ? les catholiques n'en sont pas responsables !
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| Safiye Cagar |
Pourquoi ? Eh bien, parce que les catholiques n'en ont généralement rien à faire.
C'est ce qu'a déclaré un officiel du Fonds des nations unies pour la population : Safiye Cagar, directeur de l'information et des relations externes s'exprimait lors d'un point presse pour donner ainsi le point de vue autorisé de cette agence de l'ONU.
A contrario, on comprend que l'interdit catholique est décidément tabou à l'ONU : si les catholiques l'écoutaient, ils seraient parmi les premiers destructeurs de la planète. Et ceux qui l'écoutent ? Eh bien, sachons tirer nos conclusions… (Même si, à titre personnel, Mme Cagar n'établit pas un lien direct entre population et problèmes climatiques : elle accuse la manière de consommer.)
Hélas, ce que dit Safiye Cagar n'est pas faux. « Dans des pays catholiques comme l'Italie, l'Espagne ou Malte les gens utilisent encore des contraceptifs du genre préservatifs, donc l'interdit de l'Eglise n'a aucun impact. En outre, la croissance de la population dans les pays catholiques est limitée si on la compare avec d'autres pays du monde. »
Le Guttmacher Institute, favorable à l'avortement et à la contraception et jadis économiquement lié au Planning familial, avance une statistique selon laquelle 98 % des femmes catholiques sexuellement actives utilisent un moyen contraceptif utilisé par l'Eglise.
Vrai ou faux, le fait est que des pays très catholiques ont vu leur natalité diminuer de façon parfois suicidaire.
Quant à parler d'un « boom » de la population à l'heure actuelle, c'est abusif. Une bonne part de l'augmentation de la population mondiale est liée non au nombre croissant des naissances – bien des pays voient naître de moins en moins d'enfants – mais à la diminution du nombre des morts du fait de l'accroissement de la longévité.
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Libellés : catholique, contraception, contrôle de la population, démographie, dénatalité, FNUAP, population
03 octobre, 2011
La taille des foyers ne cesse de diminuer en Espagne
Une étude de l'Institut de politique familiale (Instituto de politica familiar) vient de révéler que la taille moyenne des foyers a fortement baissé en Espagne pour atteindre péniblement, en moyenne, 2,3 personnes, avec comme corollaire l'explosion du nombre de foyers ; on passe de 11,5 millions de foyers en 1991 à 17,1 millions en 2010, une augmentation de près de 50 %.
Aucune région autonome n'atteint d'ailleurs les 3 individus par foyer et seules quelques-unes dépassent les 2,5.
Rappelons qu'une famille nucléaire compte déjà 3 personnes ; un père, une mère, et un enfant. Mais il est vrai que ce concept-là de la famille est largement dépassé en Espagne où l'adoption homosexuelle est autorisée et où le divorce facile provoque une forte proportion de séparations au sein des ménages.
C'est une tendance lourde qui est mise en évidence par l'IPF dont l'étude prévoit que les foyers espagnols compteront à peine 2 membres en moyenne à l'horizon 2025…
L'IPF cite comme cause de cette situation la baisse de la natalité espagnole, le prix de plus en plus élevé des terrains et la construction de maisons plus petites, « un problème pour les familles qui veulent plusieurs enfants », et note l'augmentation des foyers d'une personne dont le nombre a progressé de deux millions.
Il faudrait sans doute y ajouter le vieillissement de la population et donc le veuvage qui doit aussi peser sur cette dernière statistique.
Et c'est bon pour la planète, ça ? On pourrait au moins au nom de l'écologie combattre cette démultiplication de foyers et favoriser la stabilité familiale, les petits foyers étant bien plus gourmands en énergie que les grands où plusieurs personnes cohabitent…
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04 août, 2011
La population mondiale à 7 milliards en 2011
Parmi les médias français accessibles sur internet, l'un des seuls à faire écho aux estimations de l'ONU et de la revue Science selon lesquelles la population mondiale atteindra les 7 milliards d'individus avant la fin de 2011 est Le Quotidien du médecin. L'article ne détaille pas clairement quelle est la part de l'accroissement de la population (78 millions dans le monde, 1,4 million dans l'UE dont 0,9 million résultant du solde migratoire) dû à l'accroissement de la longévité.
C'est le moment choisi par Anne Erhlich (l'épouse de Paul, avec qui elle a travaillé au livre qu'il publia en 1968, The Population Bomb) pour co-signer avec Mary Ellen Harte un article affolant dans le Los Angeles Times. Et revoilà les épouvantails, les menaces de problèmes insurmontables sous le titre : « Le plus gros problème du monde ? Trop de gens. »
Le niveau de population est en train de piller les ressources mondiales et d'hypothéquer l'avenir, et nous nous voilons la face, assure l'article – même si l'ensemble des grandes organisations supra-nationales sont déjà actives pour répandre et justifier le contrôle de la population.
Accusant la presse de mettre trop l'accent sur les bébés et les problèmes de fertilité de certains couples, Ehrlich et Harte notent qu'aux seuls Etats-Unis, la moitié des grossesses ne sont pas planifiées : « Cela fait beaucoup de consommateurs non planifiés qui viennent peser sur les changements climatiques futurs », assurent les auteurs. Et sans surprise, elles recommandent de mettre fin à toutes les aides aux familles tout en dénonçant le fait que « les femmes sont culturellement conditionnées en vue de se réjouir à l'idée d'avoir des enfants : au pluriel, pas juste un enfant, ou aucun ».
Quant à ceux qui s'inquiètent du vieillissement de la population, Ehrlich et Harte les rabrouent en trois phrases :
« Cet argument est surévalué. Après tout, un individu de 70 ans peut être plus productif, économiquement, qu'un enfant de 7 ans. Et une importante population préactive fait peser des coûts sur la société. De plus, les taux de natalité dans les nations en voie de développement demeurent élevés, et les conséquences de cela nous affecteront tous. »
Je vous passe les prédictions apocalyptiques dont Anne Ehrlich a appris le b-a-ba avec son mari qui annonçait l'extinction des gros animaux marins en 1980, l'évacuation des zones côtières en raison de l'odeur des poissons morts, la transformation du Royaume-Uni en un groupe d'îlots pauvres où s'entasseraient 70 millions d'individus affamés en 2000, l'impossibilité pour l'Inde de nourrir 200 millions de personnes de plus en 1980…
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| Anne et Paul Ehrlich La photo du site Heinz Awards |
Il ne faudrait pas prendre tout cela pour des élucubrations sans incidence. Mary Ellen Harte est une « environnementaliste » reconnue et respectée ; les Ehrlich ont reçu, selon wikipedia, individuellement ou à deux, de multiples prix et récompenses d'organisations écologistes mais aussi universitaires ou fondations d'origine commerciale, comme Volvo, Heinz ou Heineken, ainsi que des Nations unies.
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Libellés : contrôle de la population, démographie, dénatalité, Etats-Unis, population
13 juillet, 2010
Le planning familial du Vietnam s'affole
« La disparité de genre au Vietnam atteint des proportions alarmantes », a annoncé – oh ironie – à l'occasion de la Journée mondiale de la Population, vendredi, Duong Quoc Trong, directeur général du Bureau général pour la Population et le Planning familial de ce pays. »
En 2009, des études menées par le Vietnam et l'ONU ont abouti à la conclusion qu'il naît actuellement 111 garçons pour 100 filles, et que ce chiffre devrait atteindre 115 pour 100 dès 2015 toutes catégories sociales confondues. Chez les populations plus fortunés du Delta de la Rivière Rouge, la disproportion est encore plus grande puisqu'il y naît 130 garçons vivants pour 100 filles vivantes. Et de manière générale, plus les groupes sociaux sont riches, ayant donc un meilleur accès au « dépistage » prénatal – pourtant interdit – des petites filles, plus la disparité est importante. Même si la loi vietnamienne interdit de révéler le sexe d'un enfant à ses parents…
Où passent ces petites filles-là ? A la trappe, bien sûr, puisque l'avortement est alors le recours habituel pour se débarrasser de ces êtres moins « désirés » dans un pays où le contrôle sévère de la population incite les parents à faire des choix.
Lorsque les enfants d'aujourd'hui atteindront l'âge du mariage il manquera 3 millions de femmes : « L'importation de fiancées se produira », estime Trong.
Et comme ces résultats monstrueux de l'ingénierie sociale ne suffisaient pas, on propose de mettre en place une meilleure traque des pratiques interdites de sélection prénatale selon le sexe, sans commencer par mettre en cause le principe du contrôle de la population par l'Etat.
« Il a fallu 50 ans au pays pour accepter le principe de la famille de deux enfants », a souligné le directeur du Bureau. « Cela prendra beaucoup d'années pour les convaincre d'arrêter de choisir des garçons plutôt que des filles… »
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26 mai, 2010
Les écoles se vident au Sri Lanka
Des années de propagande anti-nataliste et de programmes de Planning familial au Sri Lanka portent leurs fruits amers : selon un journal local, The Island, le ministre de l'Education vient de révéler que le nombre d'enfants scolarisés a connu une baisse « drastique » dans la cohorte des jeunes de 5 à 19 ans. Bandula Gunawardena affirme que leur nombre est passé de 5,4 millions en 1981 à 4,1 millions en 2008.
Résultat : des écoles ont fermé, faute d'enfants qui puissent y être inscrits.
« Cela ne sert à rien de garder des écoles ouvertes s'il n'y a pas d'enfants qui puissent y aller », a déclaré le ministre. Moins d'écoles, moins de consommation, moins de besoins en logement, etc… C'est toute une économie qui se trouve bouleversée et la population du Sri Lanka, elle, vieillit rapidement, au point que sa « pyramide des âges » n'a plus rien d'une pyramide.
Qui assurera la subsistance des vieux qui se multiplient bien plus vite que les jeunes ?
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Libellés : contrôle de la population, démographie, dénatalité, population, Sri Lanka
19 février, 2010
Moins d'enfants, plus de personnes âgées : la structure financière du Canada ne sera pas viable à long terme
Le Parlement canadien a commandé un rapport pour évaluer la « viabilité » de sa « structure financière » dans le contexte du vieillissement démographique. Publié jeudi à Ottawa, il pose clairement le problème :
« Une telle évaluation repose sur une perspective à long terme, puisqu’au Canada, comme dans les autres pays industrialisés, une transition démographique majeure est en cours, ce qui entraînera des tensions au niveau des finances du gouvernement. Pendant ce temps, le vieillissement de la population fera en sorte qu’une plus grande part des Canadiens quittera l’âge d’activité maximale pour accéder à la retraite. Alors que la population vieillit, on prévoit que les pressions au niveau des dépenses dans les domaines, comme les soins de santé et les prestations pour les aînés s’intensifieront. Pendant ce temps, on prévoit que le ralentissement au niveau de la croissance de la main-d’œuvre limitera la croissance de l’économie, ce qui, à son tour, ralentira la croissance au niveau des recettes du gouvernement. »
Quel que soit le scénario retenu en fonction de l’engagement financier des pouvoirs publics, le rapport prévoit une hausse vertigineuse de la dette publique qui atteindrait 100 % du PIB d’ici à 2040 ou 2050 environ, et 200 % dès 2050 ou 2065 selon les projections. On préconise donc des mesures pour atténuer ces effets : plus d’impôts, par exemple…
Le déficit démographique, lui, ne semble pas pouvoir s’inverser à en croire les rédacteurs.
« La part de la population canadienne de 65 ans et plus augmentera de façon dramatique dans l’avenir, alors que la baisse du taux de fertilité qu’on a observée depuis la fin des années 1950 combinée aux augmentations de l’espérance de vie observées au cours des 80 dernières années a donné lieu à une structure de la population qui rend une telle situation inévitable. Cette transition sera particulièrement prononcée au cours des 20 prochaines années, alors que la génération des baby-boomers, soit ces gens qui sont nés entre 1947 et 1966, atteindront l’âge de 65 ans. »Ils ajoutent :
« La structure démographique de la population canadienne constitue un des principaux facteurs de la projection économique et financière à long terme du DPB (Directeur parlementaire du budget). »
Et ils n’envisagent pas une remontée du taux de fécondité des femmes canadiennes puisque celui-ci est resté à peu près constant de 1997 à 2006 à 1,5 enfant par femme en âge de procréer. (Précisons qu’avec un tel taux, chaque génération diminue d’un quart par rapport à la précédente : trois personnes à la place de quatre.)
Le rapport rappelle aussi que l’espérance de vie a augmenté de manière spectaculaire, et nous apprend opportunément que « l’espérance de vie des femmes à la naissance a toujours été plus élevée par rapport à leurs homologues mâles » (si, si !). Et la dépendance s’accroît et s’accroîtra d’autant.
Du fait de la décroissance de la main-d’œuvre, prévoit un fort ralentissement de la croissance, tout de même envisagée positive d’ici à 2059 à un peu moins de 1 % par an – bien que la demande sera nécessairement plombée par le vieillissement et du rétrécissement des foyers qui auront de moins en moins de besoins de consommation et de logement, ajouterons-nous.
Sur le plan budgétaire, on attend de la baisse du nombre des jeunes la possibilité de dégager des fonds pour les plus vieux :
« Alors que la population du Canada vieillit, les programmes assortis d’avantages destinés précisément aux groupes plus âgés, comme les prestations aux aînés, ou dont les coûts sont disproportionnellement attribuables aux groupes plus âgés, comme les soins de santé, deviendront relativement plus importants et plus dispendieux. Par contre, les programmes dont les avantages s’adressent aux groupes moins âgés, comme les prestations pour enfants, ou qui sont utilisés relativement plus souvent par les individus des groupes moins âgés, tels les programmes dans le domaine de l’éducation, deviendront relativement plus abordables. »Le rapport propose ensuite une série de scénarios supposés atténuer tous ces problèmes, sans jamais suggérer que l’arrivée de davantage de petits Canadiens pourrait avoir pour effet d’atténuer des projections dont on semble vouloir minimiser le côté pour le moins inquiétant.
On y parle plutôt d’augmentation de la pression fiscale et de baisse des dépenses publiques, sans noter que cette baisse des moyens qu’endurera probablement la population active et jeune dans les années à venir rendra toujours plus difficile le choix d’avoir des enfants.
Le rapport se trouve ici.
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21 janvier, 2010
Corée du Sud : l'avortement avorte l'avenir
Le ministre de la Santé, du Bien-être et des Affaires familiales de la Corée du Sud, Jeon Jae-Hee, a annoncé au début du mois que la pratique des avortements illégaux, jusqu'ici tolérée dans ce pays, allait faire désoramis l'objet de poursuites systématiques. Avec 340.000 avortements enregistrés en 2005, dont seuls 4 % répondaient aux critères légaux (danger pour la santé de la mère, viol, inceste ou désordres génétiques graves), et une seule poursuite, la Corée du Sud a du chemin à parcourir, d'autant que l'aspect éthique de la question n'y est guère présent, sinon parmi les petites minorités chrétiennes.
On peut même dire que ce sont les pouvoirs publics qui ont indirectement promu le recours à l'avortement, en mobilisant tous les moyens pour réduire la natalité depuis 1970 en vue de davantage de croissance économique : avoir plus de deux enfants était dénoncé comme non patriotique et les hommes acceptant de se faire stériliser étaient dispensés de service militaire jusque vers 1990. Le taux de fécondité a chuté depuis lors de 4,5 enfants par femme à 1,19. Maintenant, avec la crise économique et le vieillissement dramatique de la population, la Corée du Sud perçoit les problèmes liés à ce véritable suicide collectif.
Mais ce n'est pas la seule raison pour laquelle un groupe de médecins a lancé voici quelques mois une initiative pour mettre fin aux avortements - opération lucrative car payée comptant aux cliniques d'obstétrique où les naissances ont diminué au fil des ans. Deux médecins, Choi Anna et Shim Sang-Duk, rapportait le New York Times au début du mois, ont créé il y a quelques mois un mouvement nommé Gynob, rapidement suivi de la constitution d'un groupe de médecins pro-vie. Dès ce mois de janvier, ils entendent dénoncer à la police les avortements illégaux dont ils auront connaissance, afin de faire cesser ce qu'ils considèrent comme un fléau. Ils veulent attirer l'attention sur le fait que la loi en vigueur n'est pas mise en pratique, non pour la faire libéraliser (comme on l'a fait dans les pays occidentaux) mais pour mettre fin à l'avortement.
Choi Anna et Shim Sang-Duk ont expliqué leur démarche lors d'une conférence de presse à Séoul, en novembre, où avec des dizaines d'autres médecins ils ont demandé pardon pour avoir eux-même pratiqué des avortements illégaux : 30 par mois dans la clinique où ils exercent (contre 15 naissance). Ils ont stoppé net en septembre dernier. Ils ont expliqué qu'ils avaient « vendu leur âme pour l'argent ». Le Dr Choi, montrant des images de fœtus, a même expliqué que pendant des années, elle s'était lavé les mains après chaque avortement en signe de contrition, signe de la conscience qu'elle avait de pratiquer un « meurtre » comme l'avouent plusieurs membres du groupe.
Son collègue, le Dr Shim, déclarait quant à lui : « Au fil du temps, je n'ai plus ressenti d'émotion. J'ai fini par considérer les résultats de mon travail comme autant de tas de sang. Pendant l'opération, j'avais la même impression que si j'étais en train de traiter des cicatrices ou de guérir des maladies. » Mais peu à peu il a commencé à se déteseter. Non pour des motifs religieux - même si de nombreux membres du groupe pro-vie sont catholiques ou au moins chrétiens - il croyait promouvoir l'économie et préférer parler de gommage ou d'évitement du fœtus. Il semblerait que la réaction de ses patientes l'aient amené à la réflexion : après avoir subi un avortement, la plupart des femmes pleuraient. « Beaucoup de patientes pleurent lorsqu'elles accouchent : mais là c'était une autre sorte de larmes. »
Ainsi la prise de conscience individuelle vient au secours de la catastrophe nationale : manque de filles, mépris des faibles par l'élimination des fœtus « défectueux », qui a été accélérée par le travail des femmes et le coût de l'éducation.
Aujourd'hui, dans Séoul, des panneaux publicitaires portent ce message simple : « L'avorteme avorte l'avenir. »
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20 janvier, 2010
Russie : embellie démographique ou sursaut avant le gouffre ?
La population russe est repartie modestement à la hausse, les estimations tablant pour la première fois depuis 1995 sur une hausse que l’on estime de 15.000 à 25.000 au 1er janvier 2010 par rapport à la même date en 2009. Le nombre de naissances a augmenté, dépassant pour la première fois le nombre de morts au mois d’août 2009 (+ 1000). L’agence ITAR-TASS rapporte la déclaration du ministre de la Santé, Mme Tatyana Golikova annonçant 1.760.000 naissances en 2009 contre 1.714.000 en 2008, soit une progression de 2.8 % et un solde positif de 46.000 naissances supplémentaires. C’est peu, comparé à la perte de 6.000.000 enregistrée depuis les années 1990. La Russie a récemment instauré une allocation spécifique à l’occasion des naissances de deuxième rang et plus.
Mais la mortalité demeure forte, soit 1.950.000 de morts en 2009, malgré un léger mieux, le taux de mortalité enregistrant une baisse de 4 % en 2009. La Russie compte toujours lourdement sur l’immigration pour compenser son taux de natalité très bas : environ 1,48 enfant par femme en 2008, ce qui se traduit par une diminution d’un quart de la population à la génération suivante.
Ces chiffres, dévoilés lundi, ont été analysés lors du Conseil présidentiel sur la politique démographique, le lendemain, le ministre de la Santé proposant à cette occasion des mesures à prendre pour inverser durablement la tendance au suicide démographique qui préoccupe les autorités russes en raison de ses menaces sur la croissance, sur le rôle mondial auquel peut prétendre la Russie et même sur l’intégrité territoriale de ce pays le moins densément peuplé du monde, rapporte un média russe. L’ONU annonce d’ici à 2050 un recul de la population de 142 millions à 116.
Libellés : avortement, démographie, dénatalité, ivg, population, Russie
19 janvier, 2010
2 Pacs pour 3 mariages, et ça continue
En 2009, selon l'INSEE, 175.000 pacs ont été conclus pur 256.000 mariages célébrés, soit 2 Pacs pour 3 mariages (on en comptait 2 pour 4 l'année précédente). 95 % des Pacs - créés pour doter de droits les unions de fait homosexuelles - sont conclus entre des partenaires de sexes différents. La proportion des naissances hors mariage a quant à elle légèrement progressé pour atteindre 53 % des niassances,contre 37 % en 1994.
Ces chiffres sont le symptôme d'une véritable révolution sociétale. Celle-ci a été accélérée par le rapprochement des statuts du pacs et du mariage en 2005 qui, sans améliorer la stabilité du premier, l'a rendu plus attrayant du point de vue des droits. Moins onéreux que le mariage à part entière et beaucoup plus souple pour ce qui est des devoirs d'aide et d'assistance qui peuvent être réglés par convention entre les parties, le pacs est aussi bien plus simple à rompre puisque cela peut se faire de manière unilatérale, si l'une des parties le désire, en signifiant sa volonté par acte d'huissier.
C'est la répudiation de plein droit...
Les enfants nés dans le cadre d'un pacs n'ont pas de lien légal automatique avec leur père qui doit faire la démarche de les reconnaître afin que celui-ci soit établi.
Ainsi voit-on in vivo comment un statut de « sous-mariage » créé pour donner une existence légale aux unions homosexuelles a d'ores et déjà porté atteinte au statut du mariage légitime et « naturel » en tendant progressivement à prendre sa place à travers un « modèle » nouveau adopté par les couples hétérosexuels. Dans le meme temps et tout à fait logiquement ce sont les droits des enfants qui sont touchés.
Désormais, en France, plus d'un enfant sur deux naît en dehors d'une relation légale stable, c'est-à-dire en dehors d'une famille établie dans la durée et affichant au moins dans le principe sa volonté de rester unie, puisque la facilité de rupture fait partie des avantages que les couples peuvent trouver au pacs. Plus d'un enfant sur deux : si l'on ne peut encore parler de norme, c'est devenu une situation habituelle qui est en voie de devenir le cas de figure le plus fréquent.
Par ailleurs, l'âge moyen au premier mariage et à la première naissance progresse, l'âge moyen à l'accouchement ayant dépassé pour la première fois 30 ans en Métropole et 22 % des naissances se produisant désormais après les 35 ans de la mère. Si la fécondité annoncée par l'INSEE est de 1,99 enfant par femme en 2009 (chiffre qui devra être commenté et expliqué par des démographes), proche du seuil de renouvellement, elle ne fera pas changer la situation en profondeur, comme le suggère cette précision de l'INSEE :
« Le changement dans les comportements de fécondité, avec notamment la hausse des taux de fécondité après 28 ans depuis 1999, aurait dû entraîner 82.000 naissances de plus qu’il y a dix ans. Mais en 1999, le nombre de femmes d’âge fécond était plus élevé qu’aujourd’hui et la part des femmes entre 25 et 35 ans était plus favorable à une forte fécondité. C’est l’évolution de la population féminine qui a limité à 45.000 la hausse du nombre de naissances entre 1999 et 2009. »En clair : les femmes sont un peu plus fécondes mais il y a nettement moins de femmes en âge fertile qu'il y a dix ans. Et on ne voit pas comment cette tendance s'inverserait dans l'état actuel des choses.
Pour une population totale estimée à 64,7 personnes au 1er janver 2010 en France et départements d'outre-mer, par l'INSEE, celle-ci enregistre 821.000 naissances en 2009 contre 546.000 décès. A titre de comparaison, on comptait 862.300 naissances en 1950, 800.400 en 1980 ; le taux de mortalité, lui, passait de plus de 11 pour 1000 dans la décennie 1960 (soit en gros 440.000 décès pour une population inférieure du tiers environ) à moins de 9 pour mille. L'espérance de vie augmente quant à elle de 2 mois aussi bien pour les hommes que pour les femmes en 2009. Le léger accroissement de la population va donc toujours de pair avec son vieillissement, même si l'on enregistre une légère hausse des décès en chiffres absolus (plus 3.500). L'INSEE évoque enfin un solde migratoire (entrées compensées par les départs) à 71.000, chiffre jugé « modeste ».
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15 janvier, 2010
Hiver démographique : l'ONU confirme
Plus d'un cinquième de la population mondiale aura plus de 60 ans en 2050, soit le double des 11 % enregistrés aujourd'hui (8 % en 1954), et le nombre de personnes âgées (60 ans et plus) dépassera celui des enfants (15 ans et moins) dans le monde dès 2045, selon les projections de la division Population du Département des affaires sociales de l'ONU. Celle-ci vient de publier un rapport sur le vieillissement de la population qui prévoit le triplement du nombre de personnes âgées de 60 ans et plus dans le monde en 2050, pour atteindre les 2 milliards.
Tout en continuant de faire la promotion du contrôle de la population, l'agence onusienne prévoit que cette situation entraînera des conséqences majeures pour les populations actives chargées d'entretenir un nombre croissant de retraités, avec un impact sur la croissance, les investissements, la consommation, les retraites, les impôts et les systèmes de santé. C'est un « vieillissement sans précédent, un processus qui n'a pas d'équivalent au cours de l'histoire de l'humanité », souligne le rapport, en précisant que cette tendance s'observe dans presque tous les pays du monde. Et qu'elle est irréversible vu que les taux de fécondité mondiaux ont peu de chances de retrouver leurs niveaux d'antan. Et si la population âgée dépasse déjà les 20 % dans les zones les plus développées, les autres pays les rattrapent à une vitesse accélérée, avec moins de temps pour s'y « adapter . Et partout, les personnes âgées vivent plus longtemps : l'âge moyen des vieux augmentera aussi.
Le rapport énumère nombre de changements à prévoir sans les qualifier directement de problèmes, et en invitant les Etats à tenir compte des données qu'il fournit pour prévoir les réponses politiques rendues nécessaires par la situation. « Il est urgent que les Gouvernements des pays en voie de développement commenent à prendre des mesures pour confronter les défis et tirer le meilleur parti des chances qu'offre le vieillissement de la population » (sic).
La réduction prévisible du nombre d'écoles pourrait ainsi compenser, suggère le rapport, les besoins accrus en maisons d'accueil à long terme des personnes âgées qui auront une voix de plus en plus prépondérante dans l'arène politique (pour reprendre le résumé de LifeSite).
Peu repris par la presse internationale, ces données sont commentées dans l'Irish Times où la croissance de la population âgée est l'une des plus rapides d'Europe : les plus de 65 ans y progresseront de 59 % de 2007à 2021, et encore de 142 % avant 2061, rappelle le quotidien en citant les projections gouvernementales sur l'avenir des retraites.
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10 janvier, 2010
Bangladesh : vers la politique de l'enfant unique
L'agence chinoise Xinhua vient de publier les propos du Directeur général de la direction du Planning familial au Bangladesh qui annonce la pleine mise en œuvre d'une politique de l'enfant unique d'ici à 2015, dans son pays qui connaît actuellement un taux de fécondité de 2,7 enfant par femme. Mohammad Abdul Qayyum a précisé : « La politique chinoise a influencé le cadrage de notre politique mais nous ne la rendrons pas obligatoire. »
Mais en dehors des avortements forcés, de la persécution judiciaire des opposants et des lourdes peines pécuniaires infligées au contrevenants - quelques-uns des moyens de coercition utilisés en Chine - la politique « volontaire » annoncée par le Bangladesh prévoit quand même des sanctions indirectes, comme le refus de différentes formes d'aides d'Etat aux couples qui ne se conformeraient pas aux directives, et la mise en place d'une préférence systématique pour l'inscription dans les écoles d'Etat ou l'attribution de dotations financières aux familles à enfant unique.
Et les autorités ne cachent pas qu'elles entendent travailler avec les responsables chinois de la politique de l'enfant unique pour la formation des hommes, le recours aux contraceptifs modernes et autres questions (alors même que la Chine va devoir faire face à un problème énorme lié au vieillissement de sa population).
Le slogan de cette campagne ? « Pas plus de deux enfants, un c'est mieux. »
Il est question de faire participer 21 ministères bangladais à la mise en œuvre de cette politique qui vise à assurer les « droits basiques » de la population : l'éducation, la santé, la santé, le logement et l'alimentation - droits qui dans ce pays à très forte majorité musulmane ne sont nullement assurés aujourd'hui. Ainsi le ministère de la Santé et du Bien-être serait en première ligne, mais celui de l'Education devrait assurer la diffusion du message contraceptif et celui de l'Information serait chargé d'assurer une bonne « couverture » du sujet par la presse écrite et audiovisuelle chargée, par ce biais, des opérations de propagande. Le ministère des Affaires religieuses serait également sollicité puisque les religions traditionnelles sont perçus comme de obstacles à la mise en œuvre du contrôle de la population.
Quant à la manière de l'imposer, on la devine dans cette mesure déjà prévue : encourager chaque femme à n'avoir qu'une fille au cours de la totalité de ses années fertiles. Que fera-t-elle si une deuxième fille s'annonce ?
Ce n'est pas moi qui le dis, mais, paradoxalement, une féministe américaine pro-avortement : au Bangladesh, aujourd'hui, il manque déjà 3 millions de femmes parce que l'on y préfère avoir un garçon (capable d'assurer l'entretien de ses parents âgés) qu'une fille. « Le nombre de femmes manquantes est estimé à 44 millions en Chine, 39 millions en Inde, 6 millions au Pakistan et 3 millions au Bangladesh. C'est le plus grand génocide d'un seul type dans l'histoire de l'humanité. Le plus grand qu'il y ait jamais eu. » (Lucinda Marshall, dans Counterpunch.)
Source : Bioedge.
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18 novembre, 2009
ONU : limiter les naissances pour sauver la planète...
Comment réduire les gaz à effets de serre, modifier la manière dont l'humanité s'adapte à la hausse du niveau des mers, aller vers la décroissance qu'impose la réponse de l'humanité aux changements climatiques ?
Simple, répond le Fonds national unies pour la population (FNUAP) dans son rapport annuel sur la population mondiale rendu public aujourd'hui à midi : les accords internationaux sur la question seront plus efficaces s'ils « prennent en considération la dynamique de la population, les relations entre les sexes, le bien-être des femmes et l’accès aux services et aux possibilités offertes » en prenant en compte « les dimensions humaines et sexospécifiques de chaque aspect du problème », affirme le résumé de presse du rapport. Autrement dit, agir sur la démographie.
En clair : si le climat se réchauffe, c'est à cause de l'activité humaine. Et puisqu'il se réchauffe, il va entraîner des catastrophes épouvantables dont le résumé de presse du FNUAP dresse une liste effrayante. En y ajoutant une bonne dose de l'inusable dialectique de lutte des classes si utile pour faire avancer les révolutions :
Jusqu’à présent, les pays industrialisés ont produit de loin la plus grande part du dioxyde de carbone et d’autres gaz qui changent le climat, mais ont été relativement à l’abri des effets des changements climatiques. Le monde en développement n’a été responsable que d’une faible partie des émissions de gaz à effet de serre, et pourtant supporte déjà le plus gros du fardeau qu’implique la nécessité de faire face et de s’adapter aux phénomènes météorologiques extrêmes, à savoir la hausse du niveau des mers, les inondations et les sécheresses. Les pays industrialisés ont créé pour l’essentiel le problème, mais ce sont les pauvres du monde qui auront à relever les plus grands défis pour s’y adapter.
Mais ayant dit cela le FNUAP ajoute aussitôt qu'il faut mettre un frein à la croissance démographique mondiale dont les pays pauvres sont (restent encore...) selon lui les principaux responsables : aux pays pauvres, donc, de cesser d'avoir trop d'enfants.
Pour le FNUAP, ce sont les femmes des pays pauvres qui portent déjà un « fardeau écrasant en matière de procréation et d'éducation des enfants » qui supporteront l'essentiel des désagréments liés aux réchauffement. Il s'agit de dire cela très fort pour les convaincre de travailler elles-mêmes à la « stabilisation » de la population, « sans recours à la coercition ni au contrôle », en facilitant l'accès de toutes aux services de « santé reproductive ». Le FNUAP veut donc que toute discussion internationale sur le climat prenne en compte la donnée démographique en adoptant les objectifs de la Conférence internationale de 1994 sur la population et le développement. La baisse de la fécondité aboutirait à la réduction des gaz à effets de serre et même à une population moindre que celle prévue par le GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques). Et ce « même parallèlement avec un taux accru de survie maternelle et infantile », pensez-donc combien ce serait efficace ! Ainsi l'écrit le FNUAP :
Le ralentissement de la croissance démographique dans les pays tant développés qu’en développement pourrait faciliter la tâche d’équilibrer les émissions mondiales de gaz avec l’atmosphère sur le long terme et de rendre possible une adaptation plus immédiate aux changements déjà en cours.
Dans le rapport lui-même, on trouve une définition « prudente » de la santé reproductive, sans référence explicite à l'avortement légal ; et aussi une multitude d'images « fais-moi peur » de catastrophes naturelles et autres glaciers fondus... Quant à l'insistance sur la baisse de la population mondiale, elle est aussi formulée de manière précautionneuse, selon les nouvelles normes de la gouvernance mondiale. L'idée est de faire croire qu'il n'y a aucune contrainte: c'est par une dynamique de groupe qu'on veut laisser croire à chacun, et surtout à chacune, que le contrôle de la fertilité résulte de libres choix personnels. Voilà ce qu'en dit le rapport :
Les négociateurs commencent à faire une place aux questions de population dans le cadre du processus qui aboutira à un nouvel accord sur le climat à Copenhague en décembre 2009. Aucun gouvernement ni entité des Nations Unies ne propose de “contrôler” la population. En fait, la crainte de paraître favorable à une régulation de la démographie a jusqu’à une date récente fait éviter toute mention de la “population" dans le débat sur le climat. Pourtant, quelques participants au débat avancent prudemment qu’il pourrait être nécessaire au moins d’examiner les impacts de la croissance démographique. L’Union européenne a déposé une proposition aux termes de laquelle les tendances démographiques sont au nombre des facteurs à prendre en considération au moment de fixer les cibles d’atténuation des gaz à effet de serre. Les autres facteurs sont le produit intérieur brut par habitant, l’“intensité de la production de gaz à effet de serre” propre au produit intérieur brut de chaque pays, et les tendances enregistrées dans le passé en matière d’émissions.
Plus loin, le rapport spécule sur l'impact du vieillissement de la population. Plus ou moins de gaz à effet de serre ? Plus, si l'on considère que les ménages moins nombreux en émettent davantage par tête que les individus au sein de ménages plus nombreux ; mais moins puisque dans une population vieillie on pourrait « tolérer un volume d’émissions plus élevé par habitant puisque moins de personnes seraient responsables d’émissions de gaz à effet serre ». Ce qui passe sous silence le fait qu'une grosse part de l'accroissement de la population projeté d'ici à 2050 résultera de l'allongement de l'espérance de vie. Le monde comptera de plus en plus de vieux.
Mais le rapport est formel :
Une étude portant sur le coût d’éviter une quantité donnée d’émissions de dioxyde de carbone produites par les combustibles fossiles a établi que, dollar pour dollar, des investissements dans la planification familiale volontaire et l’éducation des filles réduiraient à long terme les émissions de gaz à effet de serre au moins autant que des investissements d’importance égale dans l’énergie nucléaire ou éolienne.
Je résume : ce sont les femmes qui souffriront le plus du changement climatique, celui-ci est lié à la croissance démographique, il faut donc leur donner les moyens de réduire la population... Elles seront par conséquent responsables de faire baisser la population et si elles ne le font pas, ce seront elles les responsables du « réchauffement climatique » !
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