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20 juin, 2019

L’Instrumentum Laboris du synode sur l’Amazonie : au service du néo-paganisme

Voici une passionnante critique synthétique de l’Instrumentum Laboris en vue du prochain synode pan-amazonien. J’en publie ma traduction avec l’aimable autorisation de son auteur, José Antonio Ureta de l’Institut Plinio Corrêa de Oliveira – de l’association Tradition, Famille, Propriété – dont l’implantation sud-américaine lui a permis de connaître et d’étudier de près la théologie du peuple et la théologie indienne.

Le commentaire de José Antonio Ureta a d’abord paru en anglais sur le blog du vaticaniste Edward Pentin.

C’est un véritable néo-paganisme qui est promu, à travers la glorification de la spiritualité indigène. De mon côté, j’ai commencé à traduire et commenter les éléments les plus significatifs de l’Instrumentum Laboris et poursuivrai ce travail dès que possible. – J.S.

*

Le Synode au service néo-paganisme 

Le journaliste Edward Pentin du National Catholic Register a eu la gentillesse de me demander mes premières impressions sur l'Instrumentum Laboris pour la prochaine Assemblée Extraordinaire du Synode des Évêques, rendu public lundi. Je suis heureux de le faire en tant qu'éditorial pour le site panamazonsynodwatch.org.

A mon avis, l'Instrumentum Laboris représente l'ouverture en grand des portes du Magistère à la théologie et à l'éco-théologie indiennes, toutes deux des dérivées latino-américaines de la Théologie de la Libération (TL). Les tenants de celle-ci, après la chute de l'URSS et l'échec du « socialisme réel », ont attribué aux peuples indigènes et à la nature, selon une clef de lecture marxiste, le rôle historique de la force révolutionnaire.

Comme la TL, l'Instrumentum Laboris prend comme base de ses élucubrations non pas la Révélation de Dieu contenue dans la Bible et dans la Tradition, mais la réalité de la prétendue « oppression » à laquelle l'Amazonie serait soumise. De simple zone géographique et culturelle, la voici transformée en « interlocutrice privilégié », en « lieu théologique », un « lieu épiphanique », en « source de la révélation divine » (n° 2, 18 et 19).

Du point de vue théologique, l'Instrumentum Laboris recommande non seulement l'enseignement de la théologie indienne « dans toutes les institutions éducatives » en vue d’« une meilleure et plus grande compréhension de la spiritualité indigène », et afin de « prendre en considération les mythes, traditions, symboles, rites et célébrations originels » (n° 98), mais il en reprend tous les principes dans le document. En d'autres termes, les « semences de la Parole » ne sont pas seulement présentes dans les croyances ancestrales des peuples autochtones, mais elles ont déjà « poussé et porté du fruit » (n° 120), de sorte que l'Eglise, au lieu d’accomplir l'évangélisation traditionnelle qui cherche leur conversion, doit se limiter au « dialogue » avec eux puisque « le sujet actif de l'inculturation, ce sont les peuples autochtones eux-mêmes » (n° 122).

Dans ce dialogue inter-culturel, l'Eglise doit aussi s'enrichir des éléments clairement païens et (ou) panthéistes de ces croyances, tels « la foi en Dieu Père-Mère créatrice », « les relations avec les ancêtres », « la communion et l'harmonie avec la terre » (n° 121) et la connexion avec « les différentes forces spirituelles » (n° 13). Même la sorcellerie n’est pas exclue de cet « enrichissement ». Selon le document, « la richesse de la flore et de la faune de la forêt contient de véritables “pharmacopées vivantes” et des principes génétiques inexplorés » (n° 86). Dans ce contexte, « les rituels et cérémonies indigènes sont essentiels pour la santé intégrale car ils intègrent les différents cycles de la vie humaine et de la nature. Ils créent l'harmonie et l'équilibre entre les êtres humains et le cosmos. Ils protègent la vie contre les maux qui peuvent être causés à la fois par les êtres humains et les autres êtres vivants. Ils aident à guérir les maladies qui nuisent à l'environnement, à la vie humaine et aux autres êtres vivants » (n° 87).

Sur le plan ecclésiologique, l'Instrumentum Laboris est un véritable tremblement de terre pour la structure hiérarchique donnée à l'Eglise par mandat divin. Au nom de l'« incarnation » dans la culture amazonienne, le document nous invite à reconsidérer « l'idée que l'exercice de la juridiction (pouvoir du gouvernement) doive être lié dans tous les domaines (sacramentel, judiciaire, administratif) et de manière permanente au sacrement de l'ordre » (n° 127). Il est inconcevable que le document de travail d'un Synode puisse remettre en question une doctrine de foi, telle que la distinction, dans la structure de l'Église, entre clercs et laïcs, affirmée dès le premier Concile de Nicée et fondée sur la différence essentielle entre le sacerdoce commun des fidèles et le sacerdoce ministériel des religieux, qui a ses racines dans la succession apostolique, et qui est doté de pouvoirs sacrés.

L'appel à reconsidérer le caractère obligatoire du célibat (n° 129 § 2) et, en outre, la demande d'identifier quel type de « ministère officiel » peut être conféré aux femmes (§ 3), font partie de cette dilution du sacerdoce catholique pour en faire quelque chose de semblable au « sacerdoce » du pasteur protestant. Le cardinal Joseph-Albert Malula du Zaïre et l'évêque Samuel Ruiz du Chiapas ont dû se retourner dans leurs tombes en voyant que les projets qu'ils ont essayé de mettre en œuvre (et qui ont été vite stoppés par le Vatican) sont maintenant proposés dans un Synode qui, selon ses organisateurs, a une certaine valeur universelle.

D'un point de vue écologique, l'Instrumentum Laboris représente l'acceptation par l'Eglise de la divinisation de la nature promue par les conférences des Nations unies sur l'environnement.

En effet, dès 1972, à Stockholm, des documents officiels de l’ONU indiquaient que l'homme avait mal géré les ressources naturelles, principalement en raison d'une « certaine conception philosophique du monde ». Alors que les « théories panthéistes… attribuaient aux êtres vivants une partie de la divinité… les découvertes de la science ont conduit à… une sorte de désacralisation des êtres naturels », pour laquelle la meilleure justification a été trouvée « dans les conceptions judéo-chrétiennes selon lesquelles Dieu aurait créé l'homme à son image et lui aurait donné la terre à soumettre ». A l’inverse, selon l'ONU, les pratiques du culte des ancêtres « constituaient un rempart pour l'environnement, dans la mesure où les arbres, ou cours d'eau, étaient protégés et vénérés comme réincarnation des ancêtres » (Aspects éducatifs, sociaux et culturels des problèmes de l'environnement et questions de l'information, ONU, Assemblée générale, Stockholm, 5-6 juin 1972, A/CONF.48.9, p.8 et 9).

En outre, dans le discours de clôture de l'Eco92 de Rio de Janeiro, le Secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros-Ghali, a déclaré que « pour les anciens, le Nil était un Dieu à vénérer, ainsi que le Rhin, source infinie des mythes européens, ou la jungle amazonienne, mère des jungles. Partout, la nature était la demeure des dieux. Ils ont donné à la jungle, au désert, à la montagne, une personnalité qui imposait l'adoration et le respect. La Terre avait une âme. La trouver, la ressusciter, telle est l'essence même de [la Conférence inter-gouvernementale de Rio] » (A/CONF.151/26, vol. IV, p. 76).
Ce programme néo-païen de l'ONU est désormais proposé par une Assemblée synodale de l'Eglise catholique !

L'Instrumentum Laboris, citant un document bolivien, affirme que « la forêt n'est pas une ressource à exploiter, c'est un être ou plusieurs êtres avec lesquels se relier » (n° 23), et il poursuit en affirmant : « La vie des communautés amazoniennes non encore affectées par l'influence de la civilisation occidentale (sic !) se reflète dans la foi et dans les rites relatifs à l'action des esprits, de la divinité – à qui l’on donne tant de noms différents – avec et dans le territoire, avec la nature et dans la relation avec elle. Cette cosmovision est recueillie dans le “mantra” de François : “Tout est lié” (n° 25). »

Du point de vue économique et social, l'Instrumentum Laboris est une apologie du communisme, déguisé en « communautarisme ». C’est en outre la pire forme de communisme : le collectivisme des petites communautés. En effet, selon le document, le projet du « bien vivre » (sumak kawsay) des aborigènes suppose  qu'il y a « une intercommunication à l’intérieur de tout le cosmos, où il n'y a ni excluants ni exclus ». La note explicative à propos du mot indigène renvoie à une déclaration de plusieurs entités indigènes, intitulée « Le cri du sumak kawsay en Amazonie », qui affirme que ce mot « est la Parole la plus ancienne et la plus nouvelle » (avec un P majuscule dans le texte ; c'est-à-dire, une Révélation divine) qui nous propose « un style de vie communautaire avec un seul et même SENS, PENSER et AGIR » (ici également, les majuscules sont dans le texte).

Cette phrase nous rappelle la dénonciation par Plinio Corrêa de Oliveira, en 1976, du tribalisme indigène comme une nouvelle étape encore plus radicale de la Révolution anarchique : « Le structuralisme voit dans la vie tribale une synthèse illusoire entre l’apogée de la liberté individuelle et du collectivisme consensuel, dans lequel ce dernier finit par dévorer la liberté. Dans un tel collectivisme, les différents « moi » et personnes individuelles, avec leur pensée, leur volonté, leur sensibilité et manières d'être, caractéristiques et divergentes, se fondent et se dissolvent, selon eux, dans la personnalité collective de la tribu qui engendre une pensée, une volonté, et manière d’être intensément communes ».

Ce que propose l'Instrumentum Laboris n'est pas autre chose, en définitive, qu’une invitation à l'humanité à faire le dernier pas vers l'abîme final de la Révolution anti-chrétienne : l'anarcho-primitivisme de John Zerzan et du terroriste Unabomber.

José Antonio Ureta

© leblogdejeannesmits pour la traduction.



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25 mars, 2017

“Europe, ton soleil revient !” Réflexions sur la vidéo de l'Institut Iliade


« Europe, ton soleil revient. » Je viens de regarder la vidéo mise en ligne par l’Institut Iliade. Elle laisse un goût amer, celui d’une pensée renfermée sur la matière, sacralisant la jeunesse et la race, fermée à la grâce.
Oui, j’aime l’Europe, mais l’Europe dont les racines les plus profondes plongent dans la vérité de la foi chrétienne, et qui ont façonné son identité. Je ne crois pas au « sol invictus », le soleil invaincu qu’on adore comme un dieu. La lumière de l’Europe, la lumière du monde, c’est le Christ.
J’aime l’Europe des nations, « prunelles de nos yeux » dont la culture est d’autant plus belle parce qu’elle a reçu l’infusion du christianisme. Je sais qu’elle peut et qu’elle doit se défendre, que son identité, ses traditions, sa culture sont des bien précieux. Mais cela ne suffit pas.
Dans mon Europe il y a de beaux jeunes gens et de superbes jeunes filles, comme dans la video qui glorifie leur marche vers le feu communautaire. Mais pas seulement.
Mon Europe est celle des vieux et des jeunes, des moches et des jolis, des malades et des bien-portants, des trisomiques comme des génies. Des femmes et des hommes ordinaires riches d’un passé commun – et qui souvent ne le savent plus – mais formés vaille que vaille à l’idée qu’une civilisation se juge à la protection qu’elle apporte au plus faible, au plus fragile, au plus petit. Elle l’oublie ? Oui ! Mais la volonté de puissance la fait sombrer encore plus bas.
Mon Europe est celle de l’égale dignité de tout homme aux yeux de Dieu, dignité qui lui vient de son âme immortelle, de son appel à devenir fils de Dieu et à jouir avec Lui de la vie éternelle.
Mon Europe est celle qui a pris le large pour annoncer cet Evangile jusqu’aux confins de la terre, parce que cette vérité est universelle et vaut pour chaque être humain, qu’il vive dans la forêt nordique ou les steppes d’Asie, dans le désert du Sahara ou dans les montagnes d’Amérique latine, à Jérusalem, Athènes ou Rome.
Mon Europe s’est lancée à la conquête du monde mais elle a aussi soigné, nourri, aidé, converti. Elle a arraché le monde à son paganisme qui idolâtre des dieux d’argile – quand il ne sacrifie pas des pauvres gens pour faire revenir le soleil. Elle a révélé la valeur de la personne, qui lui vient non de sa communauté ou d’une culture partagée, mais de son caractère unique, irremplaçable, corps et âme capables de Dieu et appelés au salut individuel.
Mon Europe connaît la valeur et le sens de la souffrance offerte, la grandeur de la faiblesse acceptée et de l’obéissance à la loi de Dieu ; elle connaît la lumière de la charité et de la compassion.
Mon Europe n’idolâtre pas la jeunesse et la force, elle est à la recherche passionnée de la Vérité. Et lorsqu’elle la trouve, ou la retrouve, elle se met à genoux, et adore – comme les bergers à Bethléem.
Dans mon Europe, la plus belle des rencontres communautaires n’est pas la convergence vers un feu de camp scout quelque part dans une clairière, dans l’attente du soleil. Elle est au pied de l’autel, dans la plus magnifique des cathédrales ou la plus pauvre des chapelles, voire dans la clandestinité d’une prison totalitaire, pour adorer le Christ crucifié en son sacrifice renouvelé par les mains du prêtre, pour commémorer sa résurrection qui nous a ouvert le ciel.
Qui a versé jusqu’à la dernière goutte de son Précieux Sang pour moi, pour vous, pour les enfants à naître et pour les rois, les braves gens et ceux qui se croient de la race des seigneurs, pour les Blancs, les Noirs, les Jaunes, les Latinos et les Maghrébins, rachetant chaque faute à un prix infini, ouvrant la porte à la seule fraternité universelle qui vaille.
Dans mon Europe, la prière de la vieille petite Noire qui récite pieusement son chapelet à la rue du Bac fait, je le crois, davantage pour la paix et la justice que toute œuvre qui prétend s’accomplir sans ou contre le Christ. Dans mon Europe, tristement submergée par ses ennemis, les sans Dieu comme les adorateurs de faux dieux, la réponse ne viendra pas du fond des forêts mais de l’eau du baptême. Celui qui fait de l’athée d’hier – ou du païen, ou du musulman converti… – mon ami et mon frère.
Mon Europe ne vénère pas Venner, et son suicide sacrilège – là-même où le Christ continue de se livrer pour les pécheurs – glorifié toujours comme un héros et un exemple par l’Institut Iliade.
Mon Europe a pour exemple, pour protectrice, pour mère, une petite jeune fille juive de Nazareth dont nous célébrons aujourd’hui le « oui » à Dieu, sa décision libre et aimante d’être son humble servante, prête à accueillir le Verbe de Dieu comme elle avait médité sa Parole dans l’Ecriture Sainte. La Vierge immaculée, dont le chaste sein enveloppa Celui que l’univers ne peut contenir.
Le soleil qui nous réchauffe et nous vivifie n’est pas un but, c’est une image, une pâle image de la puissance et de la bonté du Créateur.
Et les soleils, il y en a des milliards de milliards. Dans notre beau Cosmos, ils sont comme les plus simples des fleurs des champs – autant d’ornements de la demeure offerte par Dieu-Trinité à son humble créature. Offerte en premier lieu à sa Fille, sa Mère, son Epouse, comme cadeau de noces lui disant un peu de la beauté du ciel.
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C’est Marie, reine de l’Univers, couronnée d’étoiles, victorieuse de tout orgueil parce qu’elle écoute la parole de Dieu, et la garde !



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