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07 mai, 2025
Conclave : la « synodalité », enjeu majeur – et inquiétant – du futur pontificat
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29 avril, 2025
La messe de funérailles du pape François, une liturgie pauvre…
Quel contraste ! Oui, quel contraste entre la messe d’obsèques du pape François et celle de n’importe quelle messe des funérailles selon le rite latin traditionnel… Et celle d’un pape, alors ! Le contraste est visuel bien sûr, il suffit de regarder quelque vidéo des obsèques de Pie XII en 1958 – et de l’extraordinaire procession à travers Rome qui la précéda, pour voir à quel point les cérémonies catholiques des funérailles pontificales ont été vidées de leur solennité. Mais au-delà de cette pompe abandonnée, et même rejetée, qu’on peut regretter ou pas, le choix de la « simplification » de la messe elle-même révèle en cette occasion l’immensité de la perte subie.
Comment ne pas faire la comparaison avec la terrible mais si consolante liturgie des défunts selon le rite traditionnel ?
En suivant pas à pas la messe d’enterrement du pape François samedi matin…
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17 décembre, 2021
Saint-Pierre de Rome comme Notre-Dame de Paris ? François lance la Fondation Fratelli Tutti pour en faire un centre de promotion de ses idées globalistes
Les domaines de mission de la Fondation sont les suivants :1. soutenir et concevoir des parcours d’art et de foi ;2. investir dans la formation culturelle et spirituelle à travers des événements, des expériences, des parcours et des exercices spirituels ;3. promouvoir le dialogue avec les cultures et les autres religions sur les thèmes des dernières encycliques du Souverain Pontife, afin de construire une « alliance sociale ».Les buts de la Fondation sont repris à l’article 3 des statuts :La Fondation a des buts de solidarité, de formation, de diffusion de l’art et en particulier de l’art sacré ; elle promeut la synodalité, la culture de la fraternité et le dialogue. A cette fin, la Fondation :I. promeut une formation holistique, attentive aux niveaux spirituel et culturel, à la dimension communautaire et à l’engagement de servir dans le monde ;II. encourage les touristes à vivre l’expérience du pèlerin à travers des itinéraires spirituels, culturels et artistiques dans la Basilique Saint-Pierre et dans les espaces mis à disposition pour la Fabrique de Saint-Pierre ;III. organise des itinéraires, des événements et des expériences pour promouvoir la fraternité et l’amitié sociale entre les Églises, les différentes religions et entre les croyants et les non-croyants ;IV. promeut la culture de la paix dans les différents domaines de la vie, de la dimension personnelle à la dimension sociale et politique ;V. promeut de « nouvelles rencontres » nourries par le dialogue social, par le sens du pardon social, par la purification de la mémoire, par la promotion de la justice réparatrice comme alternative à la vengeance sociale ;VI. nourrit les initiatives visant à favoriser le développement d’un humanisme fraternel, à travers la promotion des principes de liberté, d’égalité et de fraternité, conditions pour construire un « amour universel » qui reconnaît et protège la dignité des personnes ;VII. encourage les projets pour le soin de la création, la protection des ressources environnementales, la solidarité internationale et la responsabilité sociale ;VIII. promeut l’alliance sociale, l’entrepreneuriat responsable, l’investissement social, les formes humaines et durables de travail ; l’écologie intégrale, le développement durable, la transition écologique, la santé et la recherche scientifique et technologique, à la lumière des principes de la Doctrine sociale de l’Église ;IX. soutient la communication responsable, la véracité des sources, la crédibilité et la fiabilité des personnes engagées dans la construction de ponts ;X. assume, dans l’étreinte symbolique de la colonnade de la basilique Saint-Pierre, les personnes les plus faibles, l’étranger et le marginal, les frontières culturelles et sociales, pour relire les souffrances du monde et proposer des solutions à la lumière de l’Évangile et du Magistère pontifical.Pour mener à bien ses activités, la Fondation sera présidée par le Cardinal Mauro Gambetti, par un Conseil d’administration de neuf membres, par un Auditeur unique et par un Secrétaire général. Les futurs organes directeurs de la Fondation seront : le Conseil Général composé de membres des Dicastères du Vatican auxquels se rapportent les thèmes de mission de la Fondation, et le Comité de Durabilité dans lequel sont représentés les bienfaiteurs de la Fondation.
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J’ai appris avec satisfaction que la Fabrique de Saint-Pierre, ainsi que certains fidèles, souhaitent s’associer pour créer une Fondation de la Religion et du Culte destinée à collaborer à la diffusion des principes énoncés dans ma récente encyclique Fratelli tutti, afin d’encourager les initiatives liées à la spiritualité, à l’art, à l’éducation et au dialogue avec le monde, autour de la Basilique Saint-Pierre et dans l’étreinte de sa colonnade.J’accède donc volontiers à la demande qui m’a été exprimée de créer dans l’État de la Cité du Vatican une fondation autonome aux fins susmentionnées.En vertu de mon pouvoir apostolique dans l’Église et de ma souveraineté dans la Cité du Vatican, j’institue la Fondation Fratelli tutti comme personne juridique canonique publique et comme personne juridique civile ayant son siège dans l’État de la Cité du Vatican.La Fondation sera régie par les lois canoniques, en particulier par les normes spéciales qui régissent les Organes du Saint-Siège, par les normes civiles en vigueur dans l’État de la Cité du Vatican, et par les statuts ci-joint que j’approuve par cette même occasion.Du Vatican, le 8 décembre 2021FRANÇOIS
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Nous avons déjà en tête, probablement au début de l’année prochaine, quelques initiatives liées au double thème de l’art et de la spiritualité, qui sont les premières et aussi les plus simples à activer. Mais nous pensons aussi à quelque chose sur la formation, et il est probable que nous commencerons par les jeunes, bien que cela ne soit pas encore décidé parce que nous devons bien l’étudier. Quoi qu’il en soit, l’idée est d’organiser quelques semaines de rencontres résidentielles pour permettre aux gens de se réunir, de partager, de réfléchir à certaines questions et d’essayer ensuite de faire émerger quelque chose de nouveau ou une nouvelle façon de faire. Par exemple, si nous pensons aux jeunes, il pourrait s’agir d’une startup dans un certain segment de l’économie, de la mobilité, des questions climatiques et environnementales. Ou si nous nous tournons vers le monde de l’entreprise, en réunissant des personnes qui ont des rôles de direction, ou en tout cas des rôles importants, nous pourrions nous pencher sur le thème des nouveaux modèles de développement.Vous pencherez-vous également sur la politique ?Nous pourrions également réfléchir à de nouvelles façons de faire de la politique, qui sont peut-être un peu fatiguées ou étouffées par les problèmes qui existent, des problèmes qui sont évidemment réels et auxquels il faut s’attaquer. Mais parallèlement à cette fatigue, nous devons aussi regarder au-delà, vers l’avenir. Si nous ne nous aidons pas mutuellement à imaginer l’avenir, ou une société dans laquelle nous souhaitons vivre, et pas seulement voir les autres la vivre, peut-être que la politique en particulier perdra un peu de sa propre vocation.
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06 avril, 2021
J’étais au Club des hommes en noir pour évoquer le voyage du pape François en Irak
16 mars, 2021
Le pape François revisite le « salut du monde » et appelle le « nouvel ordre mondial » de ses vœux
C’est une petite relecture de la communion des saints ou je n’y connais rien. Ce qui devrait nous tarauder au sujet de notre sort pour l’éternité, et celui de nos frères en humanité qui sont bien loin de connaître tous le vrai Dieu et la Bonne nouvelle du salut. Est-ce à dire qu’il ne faut pas se préoccuper ni chercher à remédier aux injustices et aux souffrances ? Certes non. Mais nous connaissons le chemin : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice. » Et ce royaume n’est pas de ce monde.
On retrouve ici la fascination du pape François pour les « mouvements populaires », en totale cohérence avec sa « théologie du peuple » dérivée de la théologie de la libération, et qui voit dans « le peuple » en tant que catégorie un « lieu théologique », source de vérité transcendante, donc. Et puis : quelle est la cause de nos malheurs, le péché originel et nos péchés individuels et collectifs (à travers la « culture de mort » notamment), qui offensent Dieu, ou nos manquements (réels ou supposés) à l’égard du « jardin sacré » ?Quant aux « choix politiques radicaux », ils s’alignent ici sur l’économie « verte » en pratique synonyme de socialisme et de perte de libertés.
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Le problème, ici, vient non de la volonté de moraliser et d’humaniser la finance et l’industrie, mais dans la définition que l’on donne de « l’inclusion des exclus » – car dans le langage mondialiste, on sait que cela vise notamment les migrants, les LGBT+, les minorités estampillées. Or on sait que le pape soutient à cet égard les ODD, Objectifs du développement de l’ONU, qui définissent en ce sens les actions à entreprendre.
Quels décombres ? Ceux créés de toutes pièces par les confinements à l’échelle mondiale, qui ont privé tant d’êtres humains de leur gagne-pain et de leurs libertés fondamentales, y compris celle de rendre le culte public à Dieu, et particulièrement au vrai Dieu ?
Autrement dit, le monde doit avancer de concert vers un même objectif défini en commun, dans cette « fraternité humaine » qui se définit – dans l’esprit du pape lui-même – à travers l’affirmation selon laquelle la diversité des religions est une sage volonté de Dieu.
On a déjà entendu cela quelque part, de manière plus ou moins identique : l’expression churchillienne a été maintes fois reprise, en substance, par un prince Charles (Nous avons une occasion en or de tirer quelque chose de bon de cette crise : ses ondes de choc sans précédent pourraient bien rendre les gens plus réceptifs aux grandes visions du changement), un Klaus Schwab (« La pandémie représente une fenêtre d’opportunité rare mais étroite pour réfléchir, réimaginer et réinitialiser notre monde »), un Emmanuel Macron parlant de « la bête de l’événement ». La question est bien sûr de savoir ce que l’on en fait : ici elle est clairement considérée comme un bien et une chance, mais un an plus tard, sa gestion finalement assez similaire dans le monde entier a donné les résultats catastrophiques que l’on sait quant aux libertés, à la santé mentale, à l’appauvrissement d’un très grand nombre…
Et pour ne pas gâcher cette crise, que faire ?
Au moins, c’est clair. Voici la citation complète :
Cela passe donc par un rejet suggéré des préférences nationales, des solutions prises au niveau mondial même si elles sont mises en œuvre localement, par un système d’assurance maladie unifié, universel et obligatoire.
Le pape condamne ainsi une nouvelle fois la fabrication d’armes, dans sa vision irénique et utopique d’une humanité unie par le haut, à l’exclusion, forcément, de la « seule internationale qui tienne » comme disait Maurras. C’est le rêve supranational qui nie la diversité des nations que Dieu, pour le coup, a voulue dans sa sagesse, et que les apôtres ont reçu pour mission non point d’unir, mais de baptiser.
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07 janvier, 2021
Vidéo du pape : en ce mois de janvier, François appelle à la fraternité interreligieuse.
« En priant Dieu à la suite de Jésus, nous nous unissons en tant que frères et sœurs à ceux qui prient selon d’autres cultures, d’autres traditions et d’autres croyances.
« Nous sommes des frères et sœurs qui prient.
« La fraternité nous amène à nous ouvrir au Père de tous et à voir dans l’autre un frère, une sœur avec qui partager la vie, se soutenir, s’aimer, se connaître. »
« L’Eglise valorise l’action de Dieu dans les autres religions… »
«… sans pour autant oublier que pour nous chrétiens, la source de dignité humaine et de fraternité se trouve dans l’Évangile de Jésus-Christ. »
« Nous les croyants devons retourner à nos sources pour nous concentrer sur l’essentiel. L’essentiel de notre foi, l’adoration de Dieu et l’amour du prochain. »
« Prions pour que le Seigneur nous donne la grâce de vivre en pleine fraternité avec nos frères et sœurs d’autres religions, en cessant de nous opposer, et en priant les uns pour les autres, ouverts à tous. »
« Après une année 2020 marquée par l’impact de la pandémie, tant sur le plan sanitaire que sur le plan socio-économique, il est particulièrement important que cette intention du Saint-Père nous aide à nous percevoir réellement comme des frères et sœurs sur le chemin de la paix, devenue de plus en plus nécessaire. Pour François, le rôle des religions est fondamental dans ce but ; c’est ce qu’il a signifié en signant le Document sur la Fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, avec le Grand Imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb. Un peu plus d’un an plus tard, il développe plus profondément ses idées dans sa dernière encyclique, Fratelli tutti, notamment au chapitre 8 : “Les différentes religions, par leur valorisation de chaque personne humaine comme créature appelée à être fils et fille de Dieu, offrent une contribution précieuse à la construction de la fraternité et pour la défense de la justice dans la société.” Puissions-nous, au nom de Dieu qui nous a créés tous égaux en droits, en devoirs et en dignité, et qui nous a appelés à vivre ensemble en frères et sœurs, favoriser cette fraternité afin de faire face ensemble aux défis du monde et de notre “maison commune”. La fraternité, qui respecte et valorise la diversité, est le style du Royaume de Dieu. »
Il faut une belle dose de naïveté, d’ignorance ou de mystification pour oser dire que les différentes religions valorisent chaque personne humaine comme créature appelée à être fils et fille de Dieu… Quant à ce Royaume de Dieu fait de la diversité des croyances, il me semble qu’il passe assez largement à côté de la vérité, mais il est vrai que celle-ci est éclipsée par l’égalité et la fraternité.
04 avril, 2020
“Vicaire du Christ”, un simple “titre historique” pour le pape François ? Mgr Carlo Maria Viganò réagit. Fort…
La présentation du pape François dans cette édition de l'Annuaire pontifical rompt avec la tradition d'une manière hautement symbolique, reléguant ses titres de Vicaire du Christ (et les autres) en deuxième partie de page sous les mots en petits caractères italiques : « Titres historiques ». La fonction pontificale y semble ramenée à la personne de « Jorge Maria Bergoglio », présenté principalement comme « Pasteur universel de l'Eglise », tandis que cette page ne comporte même pas la mention de son nom de pape, François. La page précédente porte ces seuls mots : « Francesco, vescovo di Roma » (évêque de Rome).
Le blog d'Yves Daoudal donne les détails et les images : c'est par là.
Voici la lettre de Mgr Carlo Maria Viganò, in extenso, telle qu'elle m'est parvenue en langue française. Elle est choquante, terrible. Excessive ? Nous vivons un temps de désert et d'abandon, d'églises fermées, d'absence de messes et de refus des sacrements aux fidèles. Cette lettre est en tout cas un document, une pièce dont l'histoire tiendra compte. – J.S.
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02 février, 2020
Le nouveau président d’Argentine, Alberto Fernandez, pro-avortement et divorcé “remarié”, communie au Vatican (et un commentaire de Mgr Aguer)
Le président argentin s’était marié en 1993 avec Marcela Luchetti, de laquelle il a divorcé en 2005, « laissant » un fils. De 2005 à 2014, il vivait avec Vilma Ibarra, par ailleurs mère de trois enfants. Les thuriféraires de François nous expliqueront peut-être un jour que Fernandez a bénéficié d’une déclaration de nullité de son mariage et qu’il s’est en fait marié secrètement avec son actuelle concubine. Dans cette éventualité hautement improbable, une seule réponse : on s’en fiche, le scandale a été public. Si les mariages catholiques sont publics, ce n’est pas pour des prunes !
L’entretien du président et de sa « copine » avec le pape François a été précédé d’une messe célébrée par un autre compatriote, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales à laquelle le président argentin, partisan actif de la légalisation de l’avortement, a communié, tout comme sa compagne. Vidéo et preuves sur Infovaticana et en français sur Gloria.tv.
Comble de l’ironie, le pape François prêchait le matin même à Sainte-Marthe à propos de ces catholiques qui vont à la messe le dimanche et qui se disent chrétiens mais qui ont « perdu la conscience du péché ». Il ajoutait que ces chrétiens auraient besoin de quelqu’un qui leur dise la vérité, souhaitant que le Seigneur leur envoie un « prophète » qui leur « donne une petite claque » quand ils se laissent glisser « dans cette atmosphère où tout semble permis ». Evidemment, il évoquait ceux qui paient mal leurs domestiques ou les ouvriers des champs, selon des schémas bien usés…
Et comme si cela ne suffisait pas, la première lecture du jour (dans le Nouvel Ordo) de la messe à laquelle assistaient Alberto et Fabiola correspondait au récit du meurtre d’Urie à l’instigation du roi David qui convoitait sa femme, Bethsabée… Cela aussi, on le voit sur la vidéo.
On se demande combien de temps ils ont pu passer à « discerner » sur tout cela avant de convier le couple présidentiel argentin à une messe spécialement célébrée pour eux…A tout cela s’ajoute un imbroglio diplomatique : peu après sa rencontre avec le pape François, Alberto Fernandez a envoyé à son hôte un courriel courroucé pour demander pourquoi le communiqué du Vatican sur la visite avait annoncé que le sujet de l’avortement avait été évoqué. Il venait lui-même d’affirmer expressément que tel n’avait pas été le cas, au cours de la conférence de presse donnée à l’ambassade d’Argentine peu après la rencontre.
« Je fais corriger tout de suite », a répondu quelques minutes plus tard le pape, selon la délégation argentine. Fernandez, de son côté, précisait que le thème de l’avortement avait seulement été abordé lors de sa réunion avec le Secrétaire d’Etat, le cardinal Parolin, qui lui « manifesta sa préoccupation par rapport à ce thème, (lui) rappelant que la position de l’Eglise est toujours la défense de la vie dès la conception », selon les dires du président argentin à La Nacion.
Le nouveau communiqué du Vatican précisa donc que « tous les thèmes cités dans le communiqué de presse sur l’audience » avec Fernandez « n’avaient pas été abordés lors de toutes les conversations ».
On a compris. Le pape François n’a pas abordé le sujet. Cela semble avoir été convenu dès avant l’entretien (voir ci-dessous).
De son côté Fernandez a évoqué saint Thomas d’Aquin pour assurer à Parolin que le Docteur angélique n’était pas contre l’avortement « avant l’animation ». Et de suggérer que si l’Eglise catholique perd des fidèles en Argentine au profit des évangéliques c’est parce que ces derniers sont contre l’avortement mais admettent « les méthodes de prévention de la grossesse ».
Lors de sa rencontre avec la presse, à peine sorti de Sainte-Marthe et ayant communié le jour même, Alberto Fernandez a confirmé qu’il ne reculera pas sur le projet de légalisation de l’avortement en Argentine ; le projet gouvernemental sera envoyé au Parlement dès le 1er mars.
Pour que ce dossier soit complet je vous propose ci-dessous ma traduction de l’éditorial publié sur Infocatolica.com par Mgr Hector Aguer, ancien archevêque de La Plata, viré comme un malpropre il y a peu pour laisser la place à un proche du pape François, rédacteur des passages dit « controversés » d’Amoris laetitia, Mgr Victor Manuel « Tucho » Fernandez.
La version originale du texte de Mgr Aguer est ici. – J.S.
Nos politiciens sont moralement relativistes, et ils doivent penser que le Pape l’est aussi. Le député Valdéz, ancien ambassadeur près le Saint-Siège, avait déjà déclaré que François « comprendrait ». A la veille de sa rencontre avec le pape, le président a annoncé que le sujet de l’avortement ne serait pas abordé dans la conversation ; le crime abominable – c’est ainsi que le Concile Vatican II a appelé l’avortement – n’est pas un problème majeur comparé à ceux de la pauvreté, de la faim et de la dette. Se pourrait-il qu’il en soit ainsi ? Nous n’avons aucun moyen de le savoir, mais ne pouvons-nous pas penser que le pape serait très attristé si son pays d’origine rejoignait ceux qui ont déjà inclus dans leur législation la permission de tuer impunément des enfants à naître ? Et que cela étant, il ait rappelé au Dr Fernandez – qui s’est identifié comme catholique pour l’occasion – qu’il encourrait une très grave responsabilité devant Dieu en encourageant une telle mesure ? On dit que la question a été discutée à la Secrétairerie d’État. Cela aura-t-il quelque effet ? Parce que ce n’est pas la même chose. On est saisi de voir que le président se soit déclaré fils de l’Église, qu’il ait assisté à la messe avec sa compagne, qu’il ait reçu la Sainte Communion des mains d’un archevêque argentin. C’est incroyable, mais entre compatriotes de même rang tout est finalement possible ! Un scandale de plus, parmi tant d’autres...
Au même moment, le Dr Ginés González García, ministre de la Santé de la Nation, a mis en place un protocole qui permet aux adolescentes de 14 et 15 ans, enceintes à la suite d’un viol, d’avorter à l’insu de leurs parents. Le ministre actuel, au même poste dans une précédente administration, était alors un distributeur enthousiaste de préservatifs. J’ai osé le critiquer publiquement ; il m’a traité de fanatique, entre autres gentillesses, et il a décroché avec une phrase d’anthologie : Dieu pardonne toujours, mais le SIDA ne pardonne pas. Je l’ai corrigé publiquement : Dieu pardonne toujours si nous nous repentons et proposons de faire amende honorable, et non si nous persévérons obstinément dans notre erreur. J’appelle le péché erreur, considérant que dans le grec classique, et dans le Nouveau Testament, le péché est appelé hamartía, substantif du verbe qui signifie rater la cible, se tromper de chemin, s’égarer, s’écarter de la vérité, et donc, pécher volontairement.
Dans son deuxième portefeuille ministériel, le Dr González García n’a pas amélioré son objectif : il s’occupe de promouvoir l’avortement comme solution à un problème de santé publique, comme si la grossesse était une maladie. Il aurait suffisamment de travail à faire s’il s’appliquait à remédier au système de santé lamentable de ce pays ; il n’aurait plus le temps de programmer la liquidation illégitime et immorale des enfants à naître.
Un malentendu fréquent conduit à identifier l’opposition à l’avortement comme une position religieuse, confessionnelle. Elle l’est en effet, mais pas en premier lieu. La raison qui justifie l’opposition à l’avortement est avant tout scientifique : qu’est-ce qui pousse silencieusement dans le sein d’une femme enceinte ? Et qu’est-ce qui pousse de soi-même, et de l’intérieur, comme dirait Platon ? La conviction pro-avortement du président l’a conduit, dans une lettre de 2018, à soutenir que saint Thomas d’Aquin admettait l’élimination de l’embryon avant que celui-ci ne reçoive l’animation définitive de l’âme rationnelle. Comme il ignore manifestement l’œuvre du Docteur commun de l’Église, il ne pouvait pas se rendre compte de ce que même si celui-ci acceptait une animation progressive, et la succession d’âmes végétative, sensible et rationnelle, Thomas reconnaissait l’unité et la continuité de ce processus, raison pour laquelle il affirmait qu’il était immoral de l’interrompre dans l’une de ses étapes. Il l’a enseigné en acceptant les données de la biologie aristotélicienne et l’opinion des scientifiques de son temps, qui a été largement dépassée par les découvertes ultérieures. Il faut cependant noter que dans son étude de l’Incarnation du Fils de Dieu, il laisse de côté l’embryologie ; Jésus, vrai Dieu, est un homme vrai et complet dès le premier instant de sa conception dans le sein de la Vierge Marie.
J’insiste : le principal argument contre l’avortement est d’ordre rigoureusement scientifique. Les études de génétique développées au cours du XXe siècle, notamment celles de Jérôme Lejeune, montrent que l’embryon microscopique a un ADN différent de celui de ses parents ; dès le premier instant de sa conception, il est XX ou XY, une personne mâle ou femelle, un être humain, et non une bestiole d’une autre espèce. Ce n’est pas un appendice du corps de sa mère, de telle sorte qu’elle puisse dire : je fais de mon corps ce que je veux. Il doit être reconnu pour ce qu’il est, et son droit à la vie, à grandir, à naître et à voir la lumière du soleil doit être protégé.
Le crime de l’avortement a été utilisé par les régimes totalitaires et les impérialismes pour empêcher la croissance démographique dans les pays pauvres ; c’est aussi une aspiration typique de la bourgeoisie. C’est dommage pour les partis de gauche qui, dans leur aveuglement idéologique, ne comprennent pas que les femmes pauvres, en général, ne veulent pas abandonner leur petit enfant, même s’il a été conçu contre leur volonté. Elles possèdent un sens de la vie, de l’ordre naturel, méprisé par les sociétés confortables d’un Occident déshumanisé. Chez de nombreux hommes politiques argentins, des préjugés idéologiques ont pris le pas sur la réflexion qui découvre la vérité de l’être ; ils ignorent ou répudient le concept métaphysique de la nature, et ne peuvent donc pas appréhender la réalité qu’elle désigne, et l’ordre naturel qui en découle.
Il faut résister à cette nouvelle tentative « avortiste » de l’Etat qui, si elle se réalise, apportera des malheurs plus grands que ceux que la société argentine subit déjà. Ce serait un pas de plus vers l’abîme de la dégradation de la communauté nationale, le triomphe du matérialisme et de l’individualisme égoïste qui priverait notre peuple de l’avenir digne qu’il mérite.
ADDENDUM : Mgr Marcelo Sanchez Sorondo a justifié le fait d'avoir donné la communion au couple présidentiel argentin en affirmant – faussement – qu'elle ne peut être refusée qu'en cas d'excommunication expresse. Toute son interview accordée à Diane Montagna de LifeSiteNews à ce propos est à lire : je l'ai traduite ici.
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