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08 février, 2020

Communion pour le président argentin, pro-IVG et adultère manifeste: Mgr Sanchez Sorondo justifie. Et traite ceux qui s'en scandalisent de “fanatiques”




Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences, s’est défendu d’avoir eu tort de donner la communion au président pro-avortement de l’Argentine et à sa maîtresse lors de leur récente visite au Vatican.Ce n’est un « problème » que pour les catholiques américains et le cardinal Raymond Burke, a-t-il déclaré à Diane Montagna de LifeSiteNews.

Je traduis librement son article paru ici.

Le prélat a plusieurs fois accusé cette journaliste d’être une « fanatique » parce qu’elle lui demandait des explications à ce sujet.

Au cours de cet entretien qui s’est déroulé le 6 février, Mgr Sánchez Sorondo, a vivement soutenu que le droit canon « oblige » un prêtre à donner l’Eucharistie aux hommes politiques ouvertement pro-avortement qui se présentent à la table de communion. Le prélat argentin soutenait que seule une personne qui a été formellement excommuniée peut se voir refuser le sacrement.

« Le président (Fernandez) n’est pas excommunié, donc je peux lui donner la communion », a insisté Mgr Sorondo. Sa politique de légalisation de l’avortement n’a « rien à voir avec cela », a-t-il déclaré.

Les autres approches ne sont que « l’opinion de certains évêques de votre pays », a déclaré Mgr Sorondo à la journaliste américaine, en épinglant au passage le cardinal américain Raymond Burke.

Le canon 915 du Code de droit canonique dispose: « Les excommuniés et les interdits, après l’infliction ou la  déclaration de la peine et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste, ne seront pas admis à la sainte communion. »

Clairement, le président Alberto Fernandez affiche sa volonté de demeurer dans une situation de péché grave et manifeste, de par sa cohabitation assumée avec Fabiola Yañez bien qu’il soit marié religieusement.

En février 2007, le cardinal Burke a écrit un article détaillé de 55 pages pour Periodica De Re Canonica intitulé « Canon 915 : la discipline concernant le refus de la Sainte Communion à ceux qui persévèrent obstinément dans le péché grave manifeste ». Il devait par la suite prendre la tête de la plus haute juridiction du Vatican, la Signature apostolique, pendant plus d’une décennie (2008-2014).

Le 31 janvier, une vidéo a circulé sur les médias sociaux montrant le moment où le président argentin Alberto Fernandez, 61 ans, et de sa maîtresse, Fabiola Yañez, 38 ans, recevaient la Communion lors d’une messe célébrée par Sanchez Sorondo dans la crypte de la basilique Saint-Pierre.

Au cours de cette messe, le prélat a fait l’éloge du péronisme et pris des positions politiques très favorables au nouveau président argentin au cours de son homélie : voir ici la traduction d’un article de la Nuova Bussola Quotidiana sur benoit-et-moi.

Après la messe, Fernandez a eu une réunion de 45 minutes avec le pape François au cours de laquelle la question de l’avortement n’aurait pas été soulevée.

Le nouveau président argentin a fait de la légalisation de l’avortement l’une de ses priorités politiques. Lors d’une conférence de presse suivant sa rencontre avec le Pape, Alberto Fernandez a confirmé qu’il ne renoncera pas à la légalisation de l’avortement et a déclaré que la proposition de loi serait envoyée au Parlement le 1er mars.

Fernandez a divorcé de sa femme en 2005 et vit avec l’actrice Fabiola Yanez, 38 ans, depuis 2014 (après avoir vécu avec une autre femme pendant près de 10 ans). Après son élection en décembre 2019, Yañez a déménagé au Palais présidentiel de Buenos Aires et joue le rôle de Première Dame, bien que le couple ne soit pas marié.

La vidéo du couple recevant la communion a provoqué un scandale international parmi les catholiques. Un prélat de haut rang a déclaré à LifeSite que plusieurs Argentins s’étaient dits choqués et consternés par les actions de leurs compatriotes.

A la suite de cette controverse, LifeSite s’est entretenu avec Mgr Sorondo au siège de l’Académie pontificale des sciences (PAS) au Vatican, lors d’un atelier de deux jours sur le Pacte global pour l’éducation, cette initiative du pape François qui sera lancée en mai 2020 en vue promouvoir un « nouvel humanisme ».

Au cours de son échange avec Diane Montagna, l’évêque Sorondo a déclaré que refuser la Sainte Communion à un homme politique pro-avortement est contraire non seulement à « l’interprétation commune de l’Église », mais aussi à la pratique des « conférences épiscopales des États-Unis, d’Italie et d’Argentine – et du Pape ».

Lorsque Diane Montagna a souligné que les conférences épiscopales n’ont guère d’autorité en la matière, le prélat argentin a modifié son angle d’attaque, justifiant sa position en se fondant sur les prédécesseurs du pape François.

« Le pape Jean-Paul II a donné la communion à tous ceux qui sont en faveur de l’avortement – tous les présidents », a-t-il déclaré.

Le chancelier du PAS a également affirmé que le cardinal Joseph Ratzinger (avant de devenir Benoît XVI), a envoyé en tant que préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, une « seconde lettre » aux évêques américains, « approuvant la conclusion » selon laquelle « nous pouvons donner la Communion aux [responsables politiques pro-avortement] parce qu’ils ne sont pas excommuniés ».

Mais si on la compare avec les faits, la thèse de Mgr Sorondo concernant le cardinal Ratzinger semble plutôt légère. En réalité, le texte principal de ce dernier sur la question s’oppose fermement à ce que la communion soit donnée à des hommes politiques pro-avortement.

En 2004, le cardinal Ratzinger a envoyé une lettre sur la réception de la communion à la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) alors qu’ils discutaient de la question de la communion pour les politiciens pro-avortement en raison de la candidature présidentielle de John Kerry, un démocrate catholique pro-avortement.

Ratzinger avait envoyé la lettre à l’ex-cardinal Theodore McCarrick, alors archevêque de Washington, D.C. et président du groupe de travail de l’USCCB sur les évêques et les politiciens catholiques, et à l’évêque Wilton Gregory, alors président de l’USCCB, pour clarifier la doctrine de l’Église et aider les évêques lors de leur réunion du 14 au 19 juin à Denver.

Dans cette lettre, le cardinal Ratzinger a déclaré, en se basant sur le canon 915 du Code de droit canonique :
« En considération du grave péché de l’avortement ou de l’euthanasie, quand la coopération formelle d’une personne devient manifeste (c’est à dire dans le cas d’un homme politique, qui fait campagne constamment et vote pour permettre les lois sur l’avortement et l’euthanasie), son pasteur doit le rencontrer et l’instruire de l’enseignement de l’Eglise, en l’informant qu’il ne doit pas se présenter à la Sainte Communion jusqu’à ce qu’il mette une fin à sa situation objective de péché, et l’avertir que dans le cas contraire l’Eucharistie lui sera refusée. »
Ayant reçu la lettre de Ratzinger, McCarrick décida de la dissimuler à ses frères évêques, d’en tempérer la vigueur et d’en déformer le contenu.

« J’étais à cette réunion, nous ne l’avons jamais vue », a déclaré le cardinal Burke à LifeSite le 7 février.

À la fin de la réunion de juin 2004, l’USCCB a publié une déclaration intitulée « Les catholiques dans la vie politique ». Le passage en question concernant les politiciens pro-avortement affirme que la « décision prudentielle » de leur refuser la communion incombe « personnallement à l’évêque conformément aux principes canoniques et pastoraux établis ».

La déclaration, quoique faible, note donc bien que la décision d’un évêque doit être « conforme aux les principes canoniques et pastoraux établis ». Le cardinal Ratzinger avait énoncé ces principes dans sa lettre.

Le cardinal Ratzinger aurait envoyé un deuxième mémorandum à l’USCCB affirmant que leur déclaration était « en harmonie avec » sa lettre initiale. Pour autant, il n’était pas d’accord, comme l’a au contraire laissé entendre Mgr Sorondo, pour dire que les évêques et les prêtres « peuvent donner la Sainte Communion aux politiciens pro-avortement ».

Mgr Sorondo a encore minimisé le scandale Fernandez en pointant du doigt des politiciens américains pro-avortement comme l’ancien vice-président Joe Biden, déclarant à Diane Montagna : « C’est votre problème, encore une fois ; c’est un problème de vos évêques, mais ce n’est pas un problème de l’Église. »

Diane Montagna est revenue à la charge en évoquant le grave scandale public provoqué par le fait qu’un président pro-avortement et sa maîtresse aient reçu la communion, et ce au cœur de la chrétienté. Le prélat argentin a déclaré qu’il avait organisé la messe parce que Fernandez voulait offrir à son peuple un « exemple » lors de sa visite à Rome.

Le détail de leur joute est à lire dans la traduction complète de l’entretien, ci-dessous.

*

Diane Montagna (DM) : Monseigneur, pourquoi autorise-t-on Jeffrey Sachs à critiquer autant – ce
n’est pas la première fois, je l’ai entendu en 2017 – à critiquer autant le président Trump ? Il dit des choses terribles sur le président Trump dans cette salle [où se tiennent les réunions de l’Académie pontificale des sciences], alors que le président Trump est le président le plus pro-vie que nous ayons eu. Il est pour le libre choix de l’école, pour l’aide apportée aux jeunes enfants noirs.

Mgr Sorondo (MS) : Il n’est pas critiqué pour cela. Il est critiqué pour d’autres choses.

DM : Pour sa politique en matière de changement climatique ?

MS : Par exemple.

DM : Et quoi d’autre ?

MS : Pour le changement climatique et parce qu’il ne collabore pas du tout collaboration au dialogue avec les autres cultures.

DM : Ce n’est pas vrai.

MS : Eh bien je ne sais pas, ce n’est pas mon problème.

DM : Je dis cela parce que dès qu’il a été élu président, l’une des premières choses qu’il a faites, en fait c’était juste avant de rendre visite au Pape, c’est d’aller rencontrer les dirigeants du monde musulman au sujet du terrorisme, afin de travailler avec eux pour diminuer le terrorisme. Donc, il y a beaucoup de choses… il serait préférable d’avoir une attitude positive. Tout ce qu’on entend ici, ce sont des choses négatives sur le président Trump alors qu’à bien des égards, il a été un très bon président pour tout le monde, pour les pauvres – pour tout le monde. Vous pouvez être en désaccord avec lui sur le climat ...

MS : Je ne veux pas me prononcer sur la question de votre pays, parce que je ne connais pas de choses…

DM : Oui.

MS : Mais Jeffrey Sachs est un Américain, et hier...

DM : J’ai entendu parler de ce qu’il a dit hier.

MS : C’était dans la même ligne.

DM : C’était pire.

MS : Oui, c’était pire… Donc, ce n’est pas mon problème. Mais il y a beaucoup d’Américains qui le critiquent.

DM : C’est vrai.

MS : Beaucoup d’Américains intelligents.

DM : C’est vrai. Je voudrais vous poser une autre question, celle de la récente visite du président argentin au Pape. Il a été scandalisé par le fait que vous lui ayez donné (la communion), ainsi qu’à sa maîtresse – parce qu’il est connu pour être pro-avortement et qu’il n’est pas marié avec cette femme, mais qu’ils vivent ensemble. Ils ont reçu la communion.

MS : C’est une autre discussion propre à votre pays. Nous n’avons pas ce problème.

DM : Comment pouvez-vous leur donner la communion ? C’est Jésus. C’est Jésus. Ils vivent ouvertement dans l’adultère et il soutient l’avortement.

MS : Désolé, désolé, connaissez-vous le droit canon ? Connaissez-vous le droit canon ? Nous devons suivre le droit canonique, pas l’opinion de certains évêques. Et le droit canonique dit qu’on ne peut pas ne pas donner – on est obligé de donner la communion si quelqu’un vous la demande. Seulement dans le cas où il est excommunié. Le Président n’est pas excommunié, donc je peux lui donner la communion s’il me demande de communier.

DM : Mais s’il est pour l’avortement...

MS : Rien à voir. Ils ne disent pas qu’on ne doit pas donner la communion à un politicien qui est pro-avortement. C’est l’opinion de certains évêques de votre pays, mais ce n’est pas l’opinion de la conférence des évêques.

DM : Le cardinal Raymond Burke…

MS : Cardinal Burke !

DM : Mais la conférence des évêques n’a aucune autorité.

MS : Le Pape ne dit pas cela. Le Pape Jean-Paul II a donné la communion à tous les gens qui sont en faveur de l’avortement – tous les présidents. Donc… c’est l’opinion de Burke seulement.

DM : Non... il y en a d’autres.

MS : Peut-être deux ou trois, mais ce n’est pas l’opinion de la conférence des évêques d’Argentine. Ce n’est pas l’avis de la conférence des évêques d’Italie. Ce n’est pas l’opinion du Pape.

DM : Donc n’importe qui, même quelqu’un qui vit dans un scandale public grave et manifeste, peut aller à la communion, et vous, en tant que prêtre, vous ne pouvez pas dire « Je suis désolé, mais… »

MS : Seulement s’il est excommunié !

DM : Mais s’il s’est excommunié par son acte public de scandale ?

MS : Il n’est pas excommunié ! Excommunié est une phrase très importante, et il faut que le fait qu’il est excommunié soit communiquer. Vous ne pouvez pas excommunier une personne.

DM : Non, je le sais.

MS : Seulement l’évêque.

DM : Je sais, mais il vit avec cette femme, ils vivent dans un état d’adultère manifeste…

MS : C’est un problème de conscience. Ce n’est pas mon problème. Je n’ai pas la possibilité de dire non.

DM : Mais ne serait-ce pas l’occasion pour le bien de son âme ...

MS : Vous avez le même problème dans votre pays avec le vice-président d’Obama, non ?

DM : Biden

MS : Biden

DM : Exactement, et Pelosi. Pelosi promeut ouvertement l’avortement et elle se dit catholique.

MS : Donc, c’est votre problème – encore une fois. C’est votre pratique. C’est un problème de vos évêques, mais ce n’est pas un problème de l’Eglise.

DM : Mais l’Eucharistie, c’est Jésus. Comment pouvez-vous donner Jésus ...

MS : Je crois en la conscience des gens. Si des gens me demandent la communion, je ne sais pas s’il est vraiment dans le péché ou non. Je n’ai pas la possibilité de le dire. Peut-être que ce jour-là, ils sont allés se confesser, et il ne veut pas avoir de relations avec sa dame. Donc, il y a beaucoup de questions qui sont impossibles à résoudre sous cette forme.

DM : Je sais, c’est juste que c’était une affaire publique… ça a fait le tour des médias sociaux que le président argentin, que tout le monde connaît, veut faire passer des (lois) pro-avortement…

MS : C’est un exemple que la première chose qu’il ait dit et fait quand il était ici à Rome, a été de parler au Pape et le matin, il voulait aller à la messe, et j’ai organisé cette messe.

DM : C’est merveilleux qu’il aille à la messe.

MS : Et je ne savais pas s’il voulait recevoir la communion. Il m’a demandé de communier, et je n’avais pas de raison de refuser.

DM : Même s’il est pour l’avortement et qu’il veut faire passer une loi en faveur de l’avortement.

MS : Non, ce n’est pas une raison pour refuser la communion selon le droit canon.

DM : Savez-vous de quel canon il s’agit ?

MS : Oui, je peux donner les canons. Il y a trois canons. Le premier canon dit que nous sommes obligés de donner la communion aux personnes qui la demandent. Il n’y a qu’une seule exception, et c’est lorsque la personne est excommuniée. Bien sûr, il y a des cardinaux comme le cardinal Burke, mais c’est l’opinion du cardinal.

DM : Oui, mais il sait ce que dit le droit canonique. Je veux dire qu’il était à la tête de la Signature Apostolique.

MS : Oui, mais c’est une interprétation du canon. Ce n’est pas l’interprétation commune de l’Eglise. C’est seulement son interprétation et elle va aussi contre celle de la Conférence des évêques américains.

DM : Mais tout le monde sait, et Benoît XVI l’a dit, que la conférence des évêques n’a pas vraiment d’autorité, pas dans ce domaine.

MS : Benoît XVI, lorsqu’il était cardinal, a dit : « Je suis d’accord avec la conclusion de la conférence des évêques américains. » Oui ! Oui ! Voilà la question.

DM : Je vais vérifier. Je vais vérifier. Si vous me dites ça, je vais vérifier.

MS : Oui, regardez ces choses.

DM : Vous dites que Benoît XVI a accepté qu’un pro-avortement...

MS : C’est une question que la Conférence épiscopale américaine a posée et après la déclaration du cardinal Ratzinger, celui-ci a envoyé une deuxième déclaration pour dire « Je suis d’accord avec la conclusion de la conférence des évêques d’Amérique. Nous pouvons le faire. Nous pouvons donner la Communion s’ils demandent la Communion parce qu’ils ne sont pas excommuniés ».

DM : Bon, je vais voir ça.

MS : Oui, donc seulement le Cardinal Burke.

DM : Il y en a d’autres aussi.

MS : Oui, peut-être un ou deux évêques. Mais ce n’est pas un problème. Ce n’est pas un problème en Italie. Ce n’est pas un problème pour le Pape. Saint Jean Paul II a donné la communion à [inaudible], à tous les gens qui promeuvent l’avortement. C’est la pratique [inaudible] Peut-être que je ne suis pas content de ça.

DM : Mais ce serait une occasion. C’était un scandale public. Le fait qu’un président pro-avortement qui couche avec sa maîtresse...

MS : C’est vous qui le dites...

DM : Il vit avec sa maîtresse !

MS : Je ne sais pas. Je ne sais pas.

DM : Tout le monde le sait. Elle vit avec lui. Elle agit en tant que Première Dame.

MS : Je ne sais pas.

DM : Comment pouvez-vous ne pas savoir ? Vous êtes argentin.

MS : Ecoutez, c’est son problème. Ce n’est pas mon problème. Et je n’ai aucune raison, aucune raison canonique, de dire non. Alors, qu’est-ce que je peux faire ?

DM : Ne profiteriez-vous jamais d’une telle occasion pour lui parler, avant ou après la messe ? Avant la messe, s’il veut aller à la messe. Tout cela était organisé…

MS : Non, je n’ai pas l’occasion de parler.

DM : Vous êtes prêtre. Vous pourriez créer l’occasion. C’était organisé...

MS : Je n’en dis pas plus, je n’en dis pas plus. Peut-être que j’aurai l’occasion de parler à l’avenir.

DM : Parce que ces choses sont organisées. Il ne s’est pas simplement présenté disant qu’il voulait aller à la messe.

MS : Ok, merci pour ça.

DM : Je pense juste au bien de son âme – et au le bien de son âme à elle. Saint Paul est très clair sur la façon dont nous pouvons manger notre propre condamnation (cf 1 Cor. 1:29)...

MS : Oui, mais Saint Paul est très clair aussi lorsqu’il dit : « Mon seul juge est ma conscience. » Saint Paul l’a dit.

DM : Non, non, il n’a pas dit cela. Il a dit que le Seigneur est son juge. Il a dit : « Même moi, je ne peux pas me juger moi-même. Le Seigneur est mon juge » (cf. 1 Cor. 4:4). [« Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. »]

MS : Le Seigneur est mon juge, mais le Seigneur est dans ma conscience.

DM : Le Seigneur n’y est pas nécessairement si nous n’avons pas ...

MS : Il n’est pas dans la conscience de l’évêque ou du cardinal...

DM : Mais si vous n’avez pas une conscience bien formée, où la grâce divine est réellement active, alors votre conscience vous ment probablement. L’obscurité de l’intellect...

MS : C’est votre interprétation. Désolé, je ne veux pas continuer à parler avec vous parce que vous êtes complètement… et vous voulez seulement faire des polémiques. Vous devez être très heureuse et dire à votre cardinal Burke : « Regardez, le président [de l’Argentine] va à la messe. » C’est là le fait important. Et votre président n’est pas allé à la messe.

DM : Comment ça, mon président ?

MS : Dites ceci.

DM : Mon président, vous voulez dire le président Trump ?

MS : Oui. Il ne va pas à la messe.

DM : Mais il n’est pas catholique. Il n’est pas catholique.

MS : Exactement ! C’est une grande différence.

DM : Il n’est pas catholique. Mais le président Trump est allé en janvier… il a été le premier président américain à aller à la Marche pour la Vie avec des milliers et des milliers de jeunes.

MS : Oui, pour avoir les votes des catholiques. Pour avoir les votes des catholiques. Dites cela au cardinal Burke. Et en fait, j’ai entendu dire que le cardinal Burke est contre le Président Trump.

DM : Il est contre ?

MS : Oui. Oui.

DM : Ou bien est-il allé le voir ?

MS : Il est contre beaucoup de choses que [Trump] dit.

DM : Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec tout ce que fait le président Trump. Mais il sauve des bébés. Il sauve des bébés.

MS : S’il vous plaît, Madame, comprenez les idées catholiques et ne soyez pas fanatique, ne soyez pas fanatique.

DM : D’accord...

MS : Si vous continuez à me parler, ne soyez pas fanatique. Essayez de faire appel à la raison.

DM : Je le fais. D’accord. Je vous remercie beaucoup.


© leblogdejeannesmits pour la traduction.


*


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02 février, 2020

Le nouveau président d’Argentine, Alberto Fernandez, pro-avortement et divorcé “remarié”, communie au Vatican (et un commentaire de Mgr Aguer)

Pour qui douterait encore des effets concrets du message véhiculé par Amoris laetitia, la récente visite du nouveau président argentin Alberto Fernandez est venue apporter une clarification dont il faudra se souvenir. Vendredi 31 janvier, il était reçu par le pape François, son compatriote : un entretien qui fut long et cordial. L’exhortation apostolique qui ouvre la porte à la communion pour les divorcés remariés a été remise au couple présidentiel par le pape François ; ça tombait bien, Fernandez est « fiancé », comme on dit, depuis 2014 avec l’actrice argentine Fabiola Yañez, qui vit avec lui au palais présidentiel de Buenos Aires et joue le rôle de Première dame. Ce n'est certes pas un “remariage” formel mais une union publique, stable et revendiquée.

Le président argentin s’était marié en 1993 avec Marcela Luchetti, de laquelle il a divorcé en 2005, « laissant » un fils. De 2005 à 2014, il vivait avec Vilma Ibarra, par ailleurs mère de trois enfants. Les thuriféraires de François nous expliqueront peut-être un jour que Fernandez a bénéficié d’une déclaration de nullité de son mariage et qu’il s’est en fait marié secrètement avec son actuelle concubine. Dans cette éventualité hautement improbable, une seule réponse : on s’en fiche, le scandale a été public. Si les mariages catholiques sont publics, ce n’est pas pour des prunes !

L’entretien du président et de sa « copine » avec le pape François a été précédé d’une messe célébrée par un autre compatriote, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales à laquelle le président argentin, partisan actif de la légalisation de l’avortement, a communié, tout comme sa compagne. Vidéo et preuves sur Infovaticana et en français sur Gloria.tv.

Comble de l’ironie, le pape François prêchait le matin même à Sainte-Marthe à propos de ces catholiques qui vont à la messe le dimanche et qui se disent chrétiens mais qui ont « perdu la conscience du péché ». Il ajoutait que ces chrétiens auraient besoin de quelqu’un qui leur dise la vérité, souhaitant que le Seigneur leur envoie un « prophète » qui leur « donne une petite claque » quand ils se laissent glisser « dans cette atmosphère où tout semble permis ». Evidemment, il évoquait ceux qui paient mal leurs domestiques ou les ouvriers des champs, selon des schémas bien usés…

Et comme si cela ne suffisait pas, la première lecture du jour (dans le Nouvel Ordo) de la messe à laquelle assistaient Alberto et Fabiola correspondait au récit du meurtre d’Urie à l’instigation du roi David qui convoitait sa femme, Bethsabée… Cela aussi, on le voit sur la vidéo.

On se demande combien de temps ils ont pu passer à « discerner » sur tout cela avant de convier le couple présidentiel argentin à une messe spécialement célébrée pour eux…

A tout cela s’ajoute un imbroglio diplomatique : peu après sa rencontre avec le pape François, Alberto Fernandez a envoyé à son hôte un courriel courroucé pour demander pourquoi le communiqué du Vatican sur la visite avait annoncé que le sujet de l’avortement avait été évoqué. Il venait lui-même d’affirmer expressément que tel n’avait pas été le cas, au cours de la conférence de presse donnée à l’ambassade d’Argentine peu après la rencontre.

« Je fais corriger tout de suite », a répondu quelques minutes plus tard le pape, selon la délégation argentine. Fernandez, de son côté, précisait que le thème de l’avortement avait seulement été abordé lors de sa réunion avec le Secrétaire d’Etat, le cardinal Parolin, qui lui « manifesta sa préoccupation par rapport à ce thème, (lui) rappelant que la position de l’Eglise est toujours la défense de la vie dès la conception », selon les dires du président argentin à La Nacion.

Le nouveau communiqué du Vatican précisa donc que « tous les thèmes cités dans le communiqué de presse sur l’audience » avec Fernandez « n’avaient pas été abordés lors de toutes les conversations ».

On a compris. Le pape François n’a pas abordé le sujet. Cela semble avoir été convenu dès avant l’entretien (voir ci-dessous).

De son côté Fernandez a évoqué saint Thomas d’Aquin pour assurer à Parolin que le Docteur angélique n’était pas contre l’avortement « avant l’animation ». Et de suggérer que si l’Eglise catholique perd des fidèles en Argentine au profit des évangéliques c’est parce que ces derniers sont contre l’avortement mais admettent « les méthodes de prévention de la grossesse ».

Lors de sa rencontre avec la presse, à peine sorti de Sainte-Marthe et ayant communié le jour même, Alberto Fernandez a confirmé qu’il ne reculera pas sur le projet de légalisation de l’avortement en Argentine ; le projet gouvernemental sera envoyé au Parlement dès le 1er mars.

Pour que ce dossier soit complet je vous propose ci-dessous ma traduction de l’éditorial publié sur Infocatolica.com par Mgr Hector Aguer, ancien archevêque de La Plata, viré comme un malpropre il y a peu pour laisser la place à un proche du pape François, rédacteur des passages dit « controversés » d’Amoris laetitia, Mgr Victor Manuel « Tucho » Fernandez.

La version originale du texte de Mgr Aguer est ici. – J.S.


*

Le président Alberto Fernandez est un partisan bien connu de la légalisation de l’avortement. J’écris « légalisation » parce que – même si je ne suis pas juriste – je crois que la dépénalisation d’un tel comportement implique d’en faire un acte arbitraire autorisé par la loi et pouvant être librement exécuté. L’une des premières mesures du gouvernement actuel a été de relancer le projet qui avait été rejeté par le Sénat national il y a deux ans. Une modification surprenante a été introduite : comme le Dr Fernandez avait une visite au Souverain Pontife au programme, il a été ajouté que l’État accompagnera la femme enceinte qui décide d’avoir son bébé. Main de fer d’un côté, gant de velours de l’autre.

Nos politiciens sont moralement relativistes, et ils doivent penser que le Pape l’est aussi. Le député Valdéz, ancien ambassadeur près le Saint-Siège, avait déjà déclaré que François « comprendrait ». A la veille de sa rencontre avec le pape, le président a annoncé que le sujet de l’avortement ne serait pas abordé dans la conversation ; le crime abominable – c’est ainsi que le Concile Vatican II a appelé l’avortement – n’est pas un problème majeur comparé à ceux de la pauvreté, de la faim et de la dette. Se pourrait-il qu’il en soit ainsi ? Nous n’avons aucun moyen de le savoir, mais ne pouvons-nous pas penser que le pape serait très attristé si son pays d’origine rejoignait ceux qui ont déjà inclus dans leur législation la permission de tuer impunément des enfants à naître ? Et que cela étant, il ait rappelé au Dr Fernandez – qui s’est identifié comme catholique pour l’occasion – qu’il encourrait une très grave responsabilité devant Dieu en encourageant une telle mesure ? On dit que la question a été discutée à la Secrétairerie d’État. Cela aura-t-il quelque effet ? Parce que ce n’est pas la même chose. On est saisi de voir que le président se soit déclaré fils de l’Église, qu’il ait assisté à la messe avec sa compagne, qu’il ait reçu la Sainte Communion des mains d’un archevêque argentin. C’est incroyable, mais entre compatriotes de même rang tout est finalement possible ! Un scandale de plus, parmi tant d’autres...

Au même moment, le Dr Ginés González García, ministre de la Santé de la Nation, a mis en place un protocole qui permet aux adolescentes de 14 et 15 ans, enceintes à la suite d’un viol, d’avorter à l’insu de leurs parents. Le ministre actuel, au même poste dans une précédente administration, était alors un distributeur enthousiaste de préservatifs. J’ai osé le critiquer publiquement ; il m’a traité de fanatique, entre autres gentillesses, et il a décroché avec une phrase d’anthologie : Dieu pardonne toujours, mais le SIDA ne pardonne pas. Je l’ai corrigé publiquement : Dieu pardonne toujours si nous nous repentons et proposons de faire amende honorable, et non si nous persévérons obstinément dans notre erreur. J’appelle le péché erreur, considérant que dans le grec classique, et dans le Nouveau Testament, le péché est appelé hamartía, substantif du verbe qui signifie rater la cible, se tromper de chemin, s’égarer, s’écarter de la vérité, et donc, pécher volontairement.

Dans son deuxième portefeuille ministériel, le Dr González García n’a pas amélioré son objectif : il s’occupe de promouvoir l’avortement comme solution à un problème de santé publique, comme si la grossesse était une maladie. Il aurait suffisamment de travail à faire s’il s’appliquait à remédier au système de santé lamentable de ce pays ; il n’aurait plus le temps de programmer la liquidation illégitime et immorale des enfants à naître.

Un malentendu fréquent conduit à identifier l’opposition à l’avortement comme une position religieuse, confessionnelle. Elle l’est en effet, mais pas en premier lieu. La raison qui justifie l’opposition à l’avortement est avant tout scientifique : qu’est-ce qui pousse silencieusement dans le sein d’une femme enceinte ? Et qu’est-ce qui pousse de soi-même, et de l’intérieur, comme dirait Platon ? La conviction pro-avortement du président l’a conduit, dans une lettre de 2018, à soutenir que saint Thomas d’Aquin admettait l’élimination de l’embryon avant que celui-ci ne reçoive l’animation définitive de l’âme rationnelle. Comme il ignore manifestement l’œuvre du Docteur commun de l’Église, il ne pouvait pas se rendre compte de ce que même si celui-ci acceptait une animation progressive, et la succession d’âmes végétative, sensible et rationnelle, Thomas reconnaissait l’unité et la continuité de ce processus, raison pour laquelle il affirmait qu’il était immoral de l’interrompre dans l’une de ses étapes. Il l’a enseigné en acceptant les données de la biologie aristotélicienne et l’opinion des scientifiques de son temps, qui a été largement dépassée par les découvertes ultérieures. Il faut cependant noter que dans son étude de l’Incarnation du Fils de Dieu, il laisse de côté l’embryologie ; Jésus, vrai Dieu, est un homme vrai et complet dès le premier instant de sa conception dans le sein de la Vierge Marie.

J’insiste : le principal argument contre l’avortement est d’ordre rigoureusement scientifique. Les études de génétique développées au cours du XXe siècle, notamment celles de Jérôme Lejeune, montrent que l’embryon microscopique a un ADN différent de celui de ses parents ; dès le premier instant de sa conception, il est XX ou XY, une personne mâle ou femelle, un être humain, et non une bestiole d’une autre espèce. Ce n’est pas un appendice du corps de sa mère, de telle sorte qu’elle puisse dire : je fais de mon corps ce que je veux. Il doit être reconnu pour ce qu’il est, et son droit à la vie, à grandir, à naître et à voir la lumière du soleil doit être protégé.

Le crime de l’avortement a été utilisé par les régimes totalitaires et les impérialismes pour empêcher la croissance démographique dans les pays pauvres ; c’est aussi une aspiration typique de la bourgeoisie. C’est dommage pour les partis de gauche qui, dans leur aveuglement idéologique, ne comprennent pas que les femmes pauvres, en général, ne veulent pas abandonner leur petit enfant, même s’il a été conçu contre leur volonté. Elles possèdent un sens de la vie, de l’ordre naturel, méprisé par les sociétés confortables d’un Occident déshumanisé. Chez de nombreux hommes politiques argentins, des préjugés idéologiques ont pris le pas sur la réflexion qui découvre la vérité de l’être ; ils ignorent ou répudient le concept métaphysique de la nature, et ne peuvent donc pas appréhender la réalité qu’elle désigne, et l’ordre naturel qui en découle.

Il faut résister à cette nouvelle tentative « avortiste » de l’Etat qui, si elle se réalise, apportera des malheurs plus grands que ceux que la société argentine subit déjà. Ce serait un pas de plus vers l’abîme de la dégradation de la communauté nationale, le triomphe du matérialisme et de l’individualisme égoïste qui priverait notre peuple de l’avenir digne qu’il mérite.

Mgr Hector Aguer

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

ADDENDUM : Mgr Marcelo Sanchez Sorondo a justifié le fait d'avoir donné la communion au couple présidentiel argentin en affirmant – faussement – qu'elle ne peut être refusée qu'en cas d'excommunication expresse. Toute son interview accordée à Diane Montagna de LifeSiteNews à ce propos est à lire : je l'ai traduite ici.




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20 décembre, 2015

Mgr Marcelo Sánchez Sorondo affirme que l’enseignement de Laudato si’ a la même autorité magistérielle que la condamnation de l’avortement

Les déclarations du pape François sur les dangers du « réchauffement climatique » ont la même autorité magistérielle que l’enseignement de l’Eglise catholique sur le caractère peccamineux de l’avortement, vient de déclarer un évêque de la Curie, Mgr Marcelo Sánchez Sorondo. Une déclaration proprement ahurissante à plus d’un titre, et en premier lieu parce que Mgr Sorondo est un proche du pape François, chancelier à la fois de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales. A ce titre, il a été en première ligne lors de la présentation de l’encyclique Laudato si’ qu’il évoquait en faisant sa déclaration sur le « magistère ».
Mgr Sorondo s’exprimait en ces termes lors d’un colloque de l’Acton Institute « pour l’étude de la religion et de la liberté » à Rome le 3 décembre dernier à l’université de la Sainte-Croix, sur le thème : « En dialogue avec Laudato si’ : les marchés libres peuvent-ils nous aider à prendre soin de notre Maison commune ? »
Précisons d’abord que le prélat parlait en son nom propre, et qu’il n’engage nullement le pape.
Mais ajoutons aussi qu’il ne semble pas que Mgr Sorondo ait été publiquement rappelé à l’ordre pour cette divagation publique.
Les déclarations de Mgr Sorondo ont suscité de vives réactions parmi les intervenants et les quelque 200 participants au colloque dès lors qu’il a dit : « Pour la premier fois dans le magistère, (le pape François) a dénoncé les causes scientifiquement identifiables de ce mal, en affirmant que “de nombreuses études scientifiques signalent que la plus grande partie du réchauffement global des dernières décennies est due à la grande concentration de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, oxyde de nitrogène et autres) émis surtout à cause de l'activité humaine.” »
Il devait préciser un peu plus tard : « Foi et raison, la connaissance philosophique et la connaissance scientifique sont réunies pour la première fois dans le magistère pontifical dans Laudato si’. »
Aussitôt, le président-fondateur de l’Acton Institute, le P. Robert Sirico, a rétorqué qu’il est « important de souligner la distinction entre la dimension théologique de Laudato si’ et ses assertions empiriques, scientifiques et économiques. (…) L’Eglise ne prétend pas parler avec la même autorité en matière d’économie et de sciences (…) que lorsqu’elle se prononce en matière de foi et de morale. »
Le P. Sirico a rappelé, citant le Compendium de la doctrine sociale catholique : « Le Christ n’a pas laissé à l’Eglise une mission dans l’ordre politique, économique ou social ; le but qu’il lui a assigné est religieux… Cela signifie que l’Eglise n’intervient pas dans les questions techniques avec sa doctrine sociale, pas plus qu’elle ne propose ni n’établit des systèmes ou des modèles d’organisation sociale. Cela ne fait pas partie de la mission qui lui a été confiée par le Christ. »
Cela fait partie, en fin de compte, de la distinction entre le spirituel et le temporel. Cela ne veut pas dire qu’un prêtre ou un religieux, ou l’Eglise ne saurait s’intéresser aux sciences naturelles, mais dans ces domaines elle n’a pas une autorité différente de celle des scientifiques laïques. Domaine de l’hypothèse, de l’expérimentation et de la vérification, les sciences sont ouvertes à la contestation et l’histoire est truffée de cas où ce qui faisait « consensus » à telle époque se révèle totalement erroné à la suivante, à mesure que la connaissance du monde sensible progresse.
Ce qu’enseigne l’Eglise en matière de foi et de morale, en revanche, protégé par l’infaillibilité pontificale, est incontestable, s’impose à chaque catholique et ne saurait varier.
Interrogé sur le poids des opinions du pape sur le réchauffement climatique exprimée dans Laudato si’, Mgr Sorondo a distingué entre les déclarations infaillibles, et celles relevant de son « magistère ordinaire » qui ne requièrent pas l’adhésion inconditionnelle des fidèles, même si ceux-ci doivent s’y soumettre selon un « assentiment religieux de la volonté et de l’esprit ».
L’assimilation entre l’enseignement du pape François sur le réchauffement et celui sur le caractère peccamineux de l’avortement pose pourtant la question. Le pape Jean-Paul II s’était exprimé en ces termes dans Evangelium vitæ : « C’est pourquoi, avec l'autorité conférée par le Christ à Pierre et à ses successeurs, en communion avec les Evêques – qui ont condamné l'avortement à différentes reprises et qui, en réponse à la consultation précédemment mentionnée, même dispersés dans le monde, ont exprimé unanimement leur accord avec cette doctrine –, je déclare que l'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme fin ou comme moyen, constitue toujours un désordre moral grave, en tant que meurtre délibéré d'un être humain innocent. Cette doctrine est fondée sur la loi naturelle et sur la Parole de Dieu écrite ; elle est transmise par la Tradition de l'Eglise et enseignée par le Magistère ordinaire et universel. »
Bien des commentateurs ont souligné le caractère particulièrement solennel de cette condamnation qui s’appuie explicitement sur l’autorité apostolique pour porter un jugement moral sur l’avortement.
Il va de soi que rien dans ce qui est dit dans Laudato si’ du réchauffement climatique ne présente une telle solennité – au contraire : le pape François rappelle que l’Eglise se doit généralement en matière scientifique de respecter la « diversité des opinions ». Mettre les deux types d’enseignement sur le même plan est déjà un abus du sens des mots.
Dans la discussion qui a suivi, Mgr Sorondo n’a pas hésité à renforcer encore sa comparaison entre gravité de l’avortement et celle du « réchauffement » : « Ce jugement doit être considéré comme faisant partie du magistère : ce n’est pas une opinion. » « C’est selon le magistère ordinaire que l’avortement est un péché grave – il s’agit du magistère ordinaire parce que cela ne résulte pas de la révélation. » Il y a une présomption de « doctrine morale » selon laquelle, même si l’opinion majoritaire va dans le sens contraire,  « l’avortement est un péché grave » et que cela relève magistère.
Le journaliste Riccardo Cascioli s’est publiquement rebellé, rappelant que les catholiques n’ont pas à se soumettre à des affirmations qui relèvent de « théories scientifiques » plutôt qu’a celles disant « la foi et la morale ».
Réponse de Sorondo : « Lorsque le pape a pris cela à son compte, il s’agit du magistère de l’Eglise que cela vous plaise ou non – c’est le magistère de l’Eglise tout comme l’avortement est un péché grave – égal (c’est la même chose)… C’est le magistère de l’Eglise… Que cela vous plaise ou non. »
Cascioli a alors souligné que les catholiques devaient pouvoir suivre leur conscience à propos de question scientifiques théoriques, pour s’attirer cette réponse de Sorondo : « Si vous étiez scientifique et que vous aviez une différence sérieuse d’opinion », alors oui, « mais puisque vous êtes journaliste il vaut mieux que vous suiviez l’opinion du pape » ! Et de souligner qu’il est lui-même « au sein de l’Académie des sciences du pape ».
C’est le grand retour de l’argument d’autorité dans le domaine où il a le moins de poids, celui des sciences…
Et s’il est vrai que la foi et la raison sont étroitement liées, et que l’une ne se détache pas de l’autre sans dommage, nous en arrivons ici au point où la théorie scientifique est confondue avec la vérité de foi. Foi et raison n’ont-elle jamais été réunies dans l’enseignement pontifical ? On croit rêver. Mais il est vrai que Veritatis splendor n’a pas bonne presse parmi les progressistes… Vrai encore que la philosophie réaliste, avec ses distinctions et ses précautions méthodologiques, est devenue ringarde.
Chacun aura noté la passion, pour ne pas dire la colère des réponses de Mgr Sorondo. L’important pour lui est de faire du réchauffement climatique une affaire morale : celle de la « conscience écologique » affirmée dans Laudato si’, avec un ensemble de croyances et de règles de conduite qui s’imposeraient à chaque catholique avec toute la force du Credo et des Dix commandements.
A en oublier presque le salut des âmes…

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Léon XIV a envoyé un beau message de soutien à la Marche pour la vie 2026 à Washington D.C.

Le pape Léon XIV a envoyé un message d’encouragement et de remerciement à la Marche pour la Vie américaine, qui aura lieu ce vendredi 23 jan...