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23 décembre, 2020

Mgr Viganò commente le pacte entre le Vatican et la Chine : l'Eglise est devenue “une caverne de voleurs”…

Le quotidien italien La Verità a publié samedi une violente charge contre l’accord secret entre la Chine et le Saint-Siège, récemment renouvelé, par le directeur du Council on Middle East Relations, Arthur Tane, suivie d’un commentaire musclé de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique, qui inscrit ces faits parmi de nombreux signes d’« apostasie » venant du Vatican.

Vous trouverez ci-dessous ma traduction intégrale de l’article de Mgr Viganò, qui me rappelle les rumeurs entendues l’an dernier de source sérieuse à Rome à propos d’importants versements pécuniaires de la Chine au Saint-Siège. Si leur exactitude reste à vérifier, on peut s’interroger devant les faits qui s’accumulent.

La Verità publie in extenso la lettre adressée le 20 octobre dernier par Arthur Tane au cardinal Parolin pour demander à celui-ci de ne pas renouveler le pacte du Vatican « avec le Parti communiste chinois », au risque de « compromettre son autorité morale ». Tane y accusait le pacte de mettre l’Eglise, « et spécialement le pape François », « du mauvais côté de l’histoire », donnant l’image d’un pape « d’une arrogance ignare » mais aussi en état de « faillite spirituelle ».

Il observait que ce pacte, jamais rendu public, donne notoirement aux autorités chinoises un « pouvoir considérable sur les nominations épiscopales ». « Un tel pouvoir ne figurait même pas dans le tristement célèbre Reichskonkordat de juillet 1933 entre le Vatican et le gouvernement nazi, nouvellement formé, en Allemagne. Jusqu’à maintenant ce pacte honteux, signé par le cardinal Eugenio Pacelli (le futur Pie XII), secrétaire d’Etat sous Pie XI, fut la dernière instance où l’Eglise commit une telle bourde à l’égard d’un régime totalitaire », écrivait Tane.

(Cela mériterait quelque analyse : l’Ostpolitik et l’accord de Metz, ce n’était pas mal non plus, mais il est ici question de documents diplomatiques officiels, fussent-ils secrets…)

Ce pacte devait donner lieu à un « rétropédalage », observe Tane : dès mars 1937, Pie XI publiait Mit Brennender Sorge, l’encyclique par laquelle « il condamnait les théories raciales et les mauvais traitements réservés aux personnes en fonction de leur nationalité ou de leur race ».

Tane soulignait que l’Eglise pouvait encore se soustraire à l’accord avec la Chine, « tant qu’il est encore temps, énumérant ensuite les « détériorations » que constituent les agressions et autres actions politiques auxquelles la Chine s’est livrée depuis sa signature en septembre 2018.

« François se fait entendre à propos du changement climatique et pour condamner le capitalisme de marché, mais son silence sur le bilan de la Chine en matière de droits de l’homme, y compris la liberté religieuse, est assourdissant », notait Tane, évoquant la persécution des Ouïghours et la poursuite des avortements et stérilisations forcés.

« Aujourd’hui, à travers la Chine, les autorités communistes soumettent les musulmans à une surveillance inédite, elles ferment ou rasent des églises chrétiennes, elles contraignent des moines à faire allégeance au marxisme-léninisme, elles interdisent aux enfants d’entendre ou de lire la parole de Dieu, et elles réécrivent le Nouveau Testament pour lui faire dire que Jésus a lapidé des innocents » (voir ici).

« Sous Xi Jinping et son diktat sur la “sinisation de la religion”, l’imagerie et les signes religieux sont détruits ou remplacés. Mao au lieu de la Vierge Marie ; Xi à la place de Jésus. Il s’agit là d’une abomination absolue, de l’œuvre d’esprits possédés par le satanisme », notait Arthur Tane.

« Si le pacte entre le Vatican et le Parti communiste chinois devait être renouvelé par le pape François, cette infamie tacherait les murs de l’Eglise du sang des innocents » accusait-il : « Soit l’Église comprend la signification de sa mission, soit elle est elle-même devenue un temple de changeurs de monnaie. Car, selon les paroles de Jésus : “Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs” »

Cette lettre n’a donné lieu à aucune réponse de la part du cardinal Parolin, a fait savoir Arthur Tane.

Deux jours après que Tane eut envoyé sa mise en garde à Rome, la Chine annonçait officiellement le 22 octobre que son « pacte préliminaire » avec le Saint-Siège était renouvelé pour deux ans, « après des consultations amicales ».

Voici donc le commentaire de Mgr Viganò. – J.S.

*

Exsurgat Deus, et dissipentur inimici ejus :
et fugiant qui oderunt eum a facie ejus.
Psaume 67


Voici la dernière nouvelle du jour : Bergoglio se consacre actuellement à la réalisation d’une série télévisée intitulée Sharing the Wisdom of Time (« Partager la richesse du temps »), produite par Netflix, qui a publié hier un message sur Twitter résumant sa référence idéologique : Louez Satan. Il va sans dire que cette multinationale est impliquée dans la propagation de l’immoralité et du vice, y compris l’exploitation sexuelle des mineurs. 

De même, ces derniers jours, le Saint-Siège a signé avec l’ONU un accord en vue de promouvoir la « durabilité » et l’égalité de genre, apportant ainsi son soutien à une organisation qui promeut l’avortement et la contraception. Au jour même où nous fêtons l’Immaculée Conception – le 8 décembre 2020 – presque comme une scandaleuse insulte à la Bienheureuse Mère, un nouveau partenariat a été officiellement institué entre le Vatican et le « Conseil pour un capitalisme inclusif » lancé par Lynn Forester de Rothschild, une amie proche d’Hillary Clinton et de Jeffrey Epstein, non sans avoir envoyé un message louangeur à Klaus Schwab, le président du Forum économique mondial et théoricien du Great Reset. Et pour lever tout malentendu, après de nombreux appels à obéir aux autorités dans l’urgence de la psycho-pandémie, il semble que le vaccin Covid doive être rendu obligatoire pour tous les fonctionnaires et le personnel de la Cité du Vatican, bien qu’il ait été produit au moyen de cellules  provenant d’un fœtus avorté et qu’il n’offre aucune garantie d’efficacité ou d’innocuité.

Je crois qu’il est maintenant acquis, au-delà de tout doute raisonnable, que les dirigeants de la Hiérarchie catholique actuelle se sont mis au service de l’Oligarchie et de la Franc-maçonnerie mondialistes : au culte idolâtre de la pachamama dans la Basilique du Vatican s’ajoute désormais une crèche sacrilège, dont la symbolique semble faire allusion aux anciens rites égyptiens ainsi qu’aux aliens. Il faut être naïf ou complice pour nier que dans toute cette chaîne d’événements il y a une cohérence idéologique très claire et une intelligence diabolique lucide. 

Mais comme je l’ai déjà souligné, il serait trompeur de se limiter à une évaluation des événements au sein de l’Église sans les inscrire dans un contexte politique et social plus large : une seule orientation est donnée, dans laquelle les principaux protagonistes comme les figurants suivent le même scénario. Le but est maintenant ouvertement déclaré : détruire les Nations de l’intérieur au moyen du deep state, et l’Église du Christ au moyen de la deep church, afin d’établir le royaume de l’Antéchrist, avec l’aide du faux prophète.

L’accord secret Sino-Vatican, très fortement souhaité par Bergoglio et renouvelé il y a quelques semaines, s’inscrit parfaitement dans ce tableau inquiétant, confirmant le pactum sceleris qui condamne les catholiques chinois à la persécution, les dissidents à la rééducation, les églises à la démolition, les Saintes Écritures à la censure et à la falsification. Ce n’est pas un hasard si cet accord, que les papes ont toujours refusé avec dédain, a été rendu possible grâce aux offices de l’ex-cardinal McCarrick et de ses complices, avec l’aide décisive des jésuites : les acteurs, on le sait, sont toujours les mêmes. Ils sont à la fois corrompus et corrupteurs, à la fois corrompus et corrupteurs, tous unis par leur rébellion contre la doctrine et la morale et soumis sans discernement à des pouvoirs anti-catholiques, et même anti-chrétiens.

La Chine communiste constitue le bras armé du Nouvel Ordre Mondial, tant par la propagation d’un virus mutant créé en laboratoire, que par l’ingérence dans les élections présidentielles américaines et l’enrôlement de « cinquièmes colonnes » au service du régime de Pékin. Elle favorise également l’apostasie des dirigeants de l’Église, empêchant celle-ci de proclamer l’Évangile et se constituer en mur de défense contre l’attaque de l’élite. Le fait que cela apporte des avantages économiques au Vatican rend la soumission de la secte bergoglienne à ce plan infernal encore plus honteuse, créant un contrepoint important au commerce des migrants, au service lui aussi de la dissolution délibérée de la société jadis chrétienne. Il est déconcertant qu’une trahison aussi scandaleuse de la mission de l’Église catholique ne suscite pas une condamnation ferme et courageuse de la part de l’Épiscopat, qui – face aux preuves d’une apostasie qui se poursuit avec toujours plus de détermination – n’ose pas élever la voix, par peur ou par une fausse conception de la prudence.

Les paroles du Dr Arthur Tane, directeur du Conseil des relations avec le Moyen-Orient, peuvent paraître audacieuses et fortes, mais elles ont le mérite de mettre en évidence sans fausse peur la subversion mise en œuvre sous ce « pontificat » des plus inquiétants. Il faut espérer qu’avec la publication de la lettre de Tane au cardinal Parolin, certains ouvriront enfin les yeux, avant que le complot des conspirateurs ne puisse s’accomplir. À cet égard, nous sommes d’accord avec la louable dénonciation faite par le cardinal Burke, en la fête de Notre-Dame de Guadalupe, de l’utilisation du Covid aux fins du Great Reset –une dénonciation qui rejoint celle que j’ai exprimée en mai dernier et que j’ai réitérée à maintes reprises, ainsi que celle d’autres pasteurs fidèles à la Parole de Dieu ayant le souci de leur troupeau.

La lettre d’Arthur Tane au Secrétaire d’État se termine par une citation de l’Évangile plus que jamais pertinente : « Soit l’Église comprend la signification de sa mission, soit elle est elle-même devenue un temple de changeurs de monnaie. Car, selon les paroles de Jésus : “Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs” » (Mt 21, 12-13).

En tant qu’évêques, nous ne pouvons pas nous taire : notre silence constituerait une connivence et une complicité intolérables avec ces mercenaires qui, abusant d’un pouvoir usurpé, renient le Christ et confient des âmes à l’Ennemi du genre humain.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
18 décembre 2020
Vendredi des Quatre-Temps de l’Avent


© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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© leblogdejeannesmits

30 octobre, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò écrit à Donald Trump pour lui parler du “Great Reset” qui veut en finir avec les libertés humaines (traduction officielle)

Vous trouverez ci-dessous la lettre que vient d'envoyer Mgr Carlo Maria Viganò au président des Etats-Unis, Donald Trump, pour l'encourager à tenir bon face aux forces du mal qui se déploient pour mettre en place le
Great Reset, la Grande réinitialisation, au moyen d'une dictature sanitaire inédite. Je remercie le lecteur de mon blog qui a bien voulu me transmettre sa traduction française du texte d'abord publié en anglais par LifeSiteNews. Cette traduction a été relue et révisée par Mgr Viganò ; il s'agit donc de la traduction officielle – J.S.

*

Dimanche, le 25 octobre 2020
Solennité du Christ-Roi

Monsieur le Président,

Permettez-moi de m’adresser à vous en cette heure où le destin du monde entier est mis en danger par une conspiration mondiale contre Dieu et l’humanité. Je vous écris en tant qu’Archevêque, en tant que Successeur des Apôtres, en tant qu’ancien Nonce apostolique aux États-Unis d’Amérique. Je vous écris dans le silence des autorités tant civiles que religieuses. Puissiez-vous accepter ces paroles qui sont les miennes comme « la voix de celui qui crie dans le désert » (Jean 1, 23).

Comme j’ai eu l’occasion de Vous écrire dans ma lettre du mois de juin dernier, ce moment historique voit les forces du Mal alignées dans un combat sans merci contre les forces du Bien ; des forces du Mal qui apparaissent puissantes et organisées dans leur opposition aux enfants de Lumière, désorientés et désorganisés, abandonnés par leur guides temporels et spirituels.

C’est au quotidien que nous ressentons les multiples attaques de ceux qui veulent détruire les bases mêmes de la société : la famille naturelle, le respect de la vie humaine, l’amour de la patrie, la liberté de l’éducation et d’entreprise. Nous voyons les responsables des nations et les chefs religieux se diriger servilement vers le suicide de la civilisation occidentale et de son âme chrétienne, tandis que les droits fondamentaux des citoyens et des fidèles sont bafoués au nom d’une urgence sanitaire qui s’avère de plus en plus instrumentalisée dans le but d’ériger une tyrannie inhumaine et sans visage.

Un plan global appelé le Great Reset [la Grande Réinitialisation], est en voie de réalisation. A son origine se trouve une élite mondialiste qui veut se soumettre l’humanité dans son ensemble, en imposant des mesures coercitives destinées à limiter de façon draconienne les libertés des personnes et des peuples. Dans plusieurs pays, ce plan a déjà été approuvé et financé ; dans d’autres, il se trouve encore à un stade précoce. Derrière les leaders mondiaux, qui sont les complices et les artisans de ce projet infernal, se trouvent des personnages sans scrupules qui financent le World Economic Forum [Forum Economique Mondial] et le Event 201, et qui en encouragent l’agenda.

Le but du Great Reset est l’imposition d’une dictature sanitaire visant à imposer des mesures liberticides, qui se cachent derrière des promesses alléchantes faisant miroiter un revenu universel et l’annulation de l’endettement personnel. Le prix à payer pour ces concessions faites par le Fonds Monétaire International sera de renoncer à toute propriété privée et d’adhérer à un programme de vaccination Covid-19 et Covid-21, promu par Bill Gates, en collaboration avec les groupes pharmaceutiques les plus importants. Au-delà des énormes intérêts économiques qui sous-tendent les intentions des promoteurs de ce Great Reset, la vaccination obligatoire sera accompagnée de l’obligation d’un passeport sanitaire et d’une identité numérique, d’où découlera le traçage des contacts de la population du monde entier. Ceux qui n’accepteront pas ces mesures seront confinés dans des camps de détention ou assignés à résidence chez eux, et tous leurs avoirs seront confisqués.

Monsieur le Président, j’imagine que vous êtes déjà au courant de ce fait : dans certains pays, le Great Reset devrait être mis en place entre la fin de cette année et le premier trimestre de l’année 2021. Dans ce but, de nouveaux confinements sont planifiés, que l’on justifiera officiellement par une prétendue deuxième et troisième vague de la pandémie. Vous êtes parfaitement conscient des moyens qui ont été déployés afin de créer la panique et de rendre légitimes des limitations draconiennes des libertés individuelles, en orchestrant très savamment une crise économique planétaire. Ses architectes ont l’intention de faire en sorte que cette crise rende irréversible le recours, par les nations, à ce Great Reset, et de donner ainsi le coup de grâce à un monde dont ils veulent éliminer une fois pour toute l’existence même et la mémoire. Mais ce monde, Monsieur le Président, représente des peuples, des affections, des institutions, des croyances, des traditions et des idéaux : peuples et valeurs qui n’agissent pas comme des automates, qui n’obéissent pas comme des machines, parce qu’ils sont dotés d’une âme et d’un cœur, parce qu’ils sont intimement liés par des liens spirituels qui tirent leur force d’En-haut, de ce Dieu que nos adversaires veulent défier, de la même manière que Lucifer l’a fait au commencement avec son « non serviam » (je ne servirai pas).

Beaucoup de gens – nous le savons bien – sont gênés par ce rappel à l’affrontement entre le Bien et le Mal, et l’utilisation de connotations « apocalyptiques », qui, selon eux, sont aptes à exaspérer les esprits et à renforcer les divisions. Ce n’est pas une surprise que l’ennemi soit furieux d’être démasqué alors qu’il se croit près de la citadelle qu’il cherche à conquérir sans être dérangé. Il est surprenant, cependant, c’est qu’il n’y ait personne pour sonner (ou donner ?) l’alerte. La réaction du deep state face à ceux qui dénoncent ses plans, est morcelée et incohérente, mais compréhensible. C’est précisément au moment où la complicité des médias mainstream a réussi à rendre presque indolore et invisible la transition vers le Nouvel Ordre Mondial, que toutes sortes de tromperies, de scandales et de crimes sortent de l’ombre.


Il y a quelques mois encore, il était facile de dénigrer comme « complotistes » ceux qui dénonçaient ces plans terrifiants, que nous voyons maintenant exécutés jusqu’aux derniers petits détails. Personne, jusqu’en février de cette année, n’aurait jamais pu imaginer que dans toutes nos villes, les citoyens pourraient être arrêtés simplement parce qu’ils avaient envie de se promener, de respirer, de garder leur commerce ouvert, d’aller à la Messe le dimanche. Et pourtant, c’est ce qui se passe actuellement partout dans le monde, même dans cette Italie idyllique à souhait que beaucoup d’Américains considèrent comme un petit pays des merveilles, avec tous ses anciens monuments, ses églises, ses cités charmantes, ses villages si typiques. Et pendant que les hommes politiques sont barricadés dans leurs palaces, promulguant des décrets à la manière des satrapes persans, les commerces font faillite, les magasins ferment leur porte, et les habitants se voient interdits de vivre, de voyager, d’aller travailler et de prier. Les désastreuses conséquences psychologiques de ces mesures ont déjà été constatées, à commencer par les suicides des entrepreneurs désespérés, et nos enfants, séparés de leurs amis et de leurs camarades de classe, obligés qu’ils sont de suivre leurs cours assis derrière un ordinateur, seuls à la maison.

Dans l’Écriture Sainte, saint Paul nous parle de « celui qui s’érige » contre la manifestation du Mystère de l’Iniquité, le kathèkon (2Thess 2, 6-7). Dans le domaine religieux, cet obstacle qui se dresse devant le Mal est l’Église, et en particulier, la papauté ; dans le domaine politique, ce sont ceux qui empêchent l’avènement du Nouvel Ordre Mondial.

Il est clair désormais, que celui qui occupe la Chaire de saint Pierre a dès le début trahi sa charge en défendant et en promouvant une idéologie mondialiste, donnant son soutien au programme d’une deep church, qui l’a choisi parmi les siens.

Monsieur le Président, Vous avez clairement affirmé votre volonté de défendre la nation – One Nation under God – les libertés fondamentales, et les valeurs inaliénables qui sont aujourd’hui bafouées et foulées aux pieds. Il Vous revient, cher Président, d’être « celui qui s’érige » contre le deep state [l’état profond] contre l’assaut final lancé par les enfants des Ténèbres.

Pour cette raison, il est nécessaire que toutes les personnes de bonne volonté soient convaincues de l’importance historique que revêt l’élection qui s’approche : pas tellement par rapport à tel ou tel point du programme politique, mais parce que l’inspiration générale de Votre action incarne au mieux – dans ce contexte historique particulier – ce monde, notre monde, qu’ils entendent détruire à coups de confinements. Votre adversaire est aussi notre adversaire : c’est l’Ennemi du genre humain, celui qui a été « homicide dès le commencement » (Jn 8, 44).

Autour de Vous se sont rassemblés avec foi et courage ceux qui considèrent que Vous représentez le dernier bastion contre la dictature mondiale. L’alternative proposée est le vote pour un personnage manipulé par le deep state, et  gravement compromis par des scandales et par la corruption, et qui infligera aux États-Unis ce que Jorge Mario Bergoglio inflige à l’Église, le Premier Ministre Conte à l’Italie, le Président Macron à la France, le Premier Ministre Sanchez à l’Espagne, et ainsi tous les autres. Joe Biden, étant quelqu’un que l’on peut facilement faire chanter – tout comme les prélats du « cercle magique » du Vatican – il sera utilisé sans aucun scrupule, permettant à des puissances non légitimes de peser à la fois sur la politique intérieure autant que sur les équilibres internationaux. Il est clair que ceux qui le manipulent ont déjà préparé quelqu’un de pire que lui, pour le remplacer dès que l’occasion se présentera.

Et pourtant, au milieu de ce sombre paysage, de cette avancée apparemment inexorable de « l’Ennemi invisible », un élément d’espérance apparaît. L’adversaire ne sait pas aimer, et il ne comprend pas qu’il ne suffit pas d’assurer un revenu universel ou d’annuler une hypothèque pour subjuguer les masses et les convaincre de se laisser imposer une marque comme du bétail. Ce peuple, qui trop longtemps a dû endurer les abus d’une puissance odieuse et tyrannique , redécouvre qu’il a une âme ; il comprend qu’il ne veut pas échanger sa liberté contre une uniformisation et une élimination de son identité ; il commence à comprendre la valeur des liens familiaux et sociaux, des liens de la foi et de la culture qui unissent les personnes honnêtes. Ce Great Reset est voué à l’échec parce que ceux qui l’ont planifié ne comprennent pas qu’ils puissent encore y avoir des personnes prêtes à descendre dans la rue pour défendre leurs droits, pour protéger ceux qu’elles chérissent, pour donner un avenir à leurs enfants et petits-enfants. Le rouleau compresseur inhumain du projet mondialiste va misérablement se briser face à l’opposition ferme et courageuse des enfants de Lumière. L’ennemi a Satan à ses côtés, celui qui ne connaît que la haine. À nos côtés, nous avons le Seigneur Tout-Puissant, le Seigneur des Armées rangées en bataille, et la Très Sainte Vierge Marie qui écrasera la tête de l’antique Serpent. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom 8, 31).

Monsieur le Président, Vous savez bien que dans cette heure cruciale, les États-Unis d’Amérique sont considérés comme le rempart contre lequel ont été lancées les puissances guerrières du mondialisme. Placez Votre confiance dans le Seigneur, soutenu par les paroles de l’Apôtre Paul : « Je puis tout en Celui qui me fortifie. » (Phil 4, 13). Être un instrument de la Providence divine est une grande responsabilité, pour laquelle vous allez recevoir, à n’en pas douter, les grâces d’état dont vous aurez besoin, puisqu’elles Vous sont demandées avec ferveur par tous ceux, très nombreux, qui Vous soutiennent par leurs prières.

C’est avec ce céleste souhait et l’assurance de ma prière pour Vous, pour la Première Dame, et pour tous vos collaborateurs, de tout cœur, que je Vous envoie ma bénédiction.

God bless the United States of America!

+ Carlo Maria Viganò
Archevêque tit. d’Ulpiana
Ancien Nonce Apostolique aux États-Unis d’Amérique






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10 septembre, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò a lancé une neuvaine de rosaires de 54 jours en vue de l’élection américaine

A l’initiative de LifeSiteNews et avec le concours de Michael Matt de The Remnant et du Dr Taylor Marshall, une neuvaine de chapelets de 54 jours a été lancée le 8 septembre, en la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, pour les Etats-Unis et pour le monde. La grâce demandée avec insistance est celle que « la sainte volonté de Notre Seigneur soit accomplie lors de l’élection présidentielle aux Etats-Unis en novembre ». Les 54 jours de récitation quotidienne du chapelet s’achèveront quelques jours avant le rendez-vous politique du 3 novembre, aux enjeux sans précédent.

C’est une « croisade du chapelet » en réponse aux demandes de Notre Dame à Fatima.

Mgr Carlo Maria Viganò, qui a déjà eu l’occasion d’exprimer son soutien à Donald Trump en ces temps d’affrontement entre le bien et le mal, « la postérité de la Femme et celle du Serpent », a accepté de présider à la récitation du premier chapelet : on peut l’écouter ici en anglais.

   

 La « neuvaine de 54 jours » comprend en réalité six séries de neuf jours – six neuvaines, donc – où l’on récite le chapelet quotidiennement. Les trois premiers cycles correspondent traditionnellement à l’expression de la grâce demandée, tandis que les trois derniers expriment la reconnaissance à l’égard de Dieu, car nous savons qu’Il entend toujours nos prières. LifeSite invite tous les catholiques à s’unir à cette récitation quotidienne du chapelet ; pour les anglophones, c’est par ici sur Youtube, tous les jours à 18 h 00, heure de Paris.

Je vous propose ci-dessous la traduction du message adressé par Mgr Viganò à tous les participants lors du lancement de la « Croisade de chapelets ». Cette traduction a été relue et approuvée par Mgr Viganò. – J.S.

*

LE SAINT ROSAIRE, ARME LA PLUS PUISSANTE
CONTRE L’ENNEMI DE DIEU ET DES HOMMES 


Une brève introduction à la récitation du Saint Rosaire pour l’Amérique et le monde entier

Quiconque croit qu’il peut mériter la gloire du Paradis en menant une vie médiocre sait qu’il est sur la mauvaise voie : Regnum caelorum vim patitur et violenti rapiunt illud [le Royaume des Cieux souffre violence, et ce sont les violents qui s’en emparent.](Mt 11,12). Dans ces mots forts de l’Evangile, nous comprenons que seuls les violents peuvent d’une certaine manière vaincre la Justice de Dieu et obtenir sa récompense grâce à Son infinie Miséricorde. Une violence, une force, qui n’est certes pas celle du monde mais qui consiste avant tout à reconnaître notre propre indignité – en tant que créatures mortelles devant l’Être Incréé et Éternel, et en tant que pécheurs devant le Saint des Saints – et aussi la Toute-Puissance de Dieu, qui a daigné nous racheter par la Passion et la Mort de son Divin Fils. Je dirais aussi que le premier acte de cette sublime violence pour conquérir le Royaume de Dieu a été accompli par Notre Seigneur, qui dans l’éternité du temps a voulu restaurer la chute d’Adam en s’offrant au Père pour nous racheter du péché et de la mort : Tunc dixi : Ecce venio. In capite libri scriptum est de me, ut faciam Deus voluntatem tuam [Alors j’ai dit : Voici que je viens. Au rouleau du livre il est écrit de moi que je dois faire votre volonté.](Ps 39, 8-10). De même, la Madone répond à l’Archange Gabriel : Ecce ancilla Domini : fiat mihi secundum verbum tuum [Voici la servante du Seigneur : qu’il me soit fait selon ta parole] (Lc 1, 38).

Telle est la violence qui ébranle les portes du Ciel : la force de l’humilité et du sacrifice, à l’exemple du Christ et de sa très Sainte Mère. Elle, la Médiatrice de toutes les grâces, savait comment obtenir de la Miséricorde de Dieu ce que sa Justice aurait refusé. Et c’est à Elle, notre Avocate, que nous adressons notre prière fervente, certains d’être entendus : Memorare, o piissima Virgo Maria, non esse auditum a saeculo quemquam ad tua currentem praesidia, tua implorantem auxilia, tua petentem suffragiaesse derelictum [Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance, réclamé votre secours, ait été abandonné].

Lors de la récitation du Rosaire, nous invoquons la Très Sainte Vierge avec trois prières très simples, si faciles que même un enfant peut les réciter : le Pater noster, l’Ave Maria et le Gloria Patri. Et pendant que nous répétons ces prières, nous méditons sur les mystères joyeux, douloureux et glorieux, en concentrant notre esprit sur les mots doux que prononcent nos lèvres. Toute la doctrine catholique est contenue dans ces trois prières ; toute la doctrine mariale est proclamée dans l’Ave Maria. Et à ces mots, qui s’élèvent vers le trône glorieux sur lequel Notre Mère est assise en tant que Reine, toute la Cour Céleste est émue, le Très Sacré Cœur de Jésus est touché de compassion, et le bras de la Justice Divine est arrêté.

Recourons donc à la récitation du Saint Rosaire, chers frères et sœurs, en ce moment de tribulation et de crise totale. Faisons aussi violence au ciel, au moyen de l’arme infaillible de la prière que la Très Sainte Vierge a enseignée à saint Dominique et qui, au cours des siècles, a obtenu la conversion des pécheurs, le salut des nations et la défaite de l’Ennemi.

Saint Pie V a ordonné aux fidèles de réciter le Rosaire pour supplier Dieu d’accorder la victoire lors de la bataille épique de l’Armada chrétienne contre les Turcs dans les eaux de Lépante : aujourd’hui encore, à midi chaque jour, les cloches sonnent dans nos villes pour rappeler le 7 octobre 1571. Le Sénat de la République de Venise a voulu honorer la Reine des Victoires en faisant graver ces mots sur le Palais des Doges : Ce n'est pas le courage, ni les armes, ni les chefs, mais Notre-Dame du Saint-Rosaire qui nous a fait vainqueurs. Nous aussi, qui menons une bataille encore plus sanglante, sans avoir d’armée qui se déploie contre un ennemi encore plus terrible, nous devons avoir recours au Rosaire, avec la même foi qui a fortifié le bras des valeureux chefs à Lépante.

Prions pour les États-Unis d’Amérique ; prions pour notre Président ; prions pour sa victoire, afin que le Seigneur, Dieu des armées – Dominus Deus Sabaoth – lui accorde de savoir se placer sous la protection de Dieu et de désirer se faire le chevalier qui se bat pour le juste, et le défenseur des opprimés. Prions pour que les pièges que l’ennemi invisible prépare dans l’ombre soient mis au jour, et pour que ceux qui cherchent à promouvoir le vice et le péché, et la rébellion contre les commandements de Dieu et les lois mêmes de la nature, soient vaincus. Prions avec la foi des enfants qui courent, gementes et flentes, vers leur Reine, afin qu’elle intercède pour nous auprès de son Divin Fils et qu’elle nous obtienne la grâce de voir protéger la nation américaine bien-aimée, et aussi le monde entier, défendre nos familles et vaincre nos adversaires. Alors, nous pourrons nous aussi écrire : Ce n’est pas le courage, ni le pouvoir des médias, ni les ressources économiques, mais Notre-Dame du Saint-Rosaire qui nous a fait vainqueurs. Qu’il en soit ainsi.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
14 août 2020
Vigile de l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

© leblogdejeannesmits pour la traduction.

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01 juillet, 2020

Mgr Negri écrit à Mgr Viganò : nouvel épisode des discussions à cœur ouvert sur Vatican II

Après la violente charge de Sandro Magister contre les récentes réflexions de Mgr Carlo Maria Viganò à propos de « l'herméneutique de la continuité  » (qu'il rejette) appliquée à Vatican II, il est intéressant de prendre connaissance de l'échange de lettres entre Mgr Luigi Negri, archevêque émérite de Ferrara, et Mgr Viganò qui eut lieu à la mi-juin, où Mgr Negri disait son soutien à l'appel du 5 mai. Cet échange ne concerne pas les propos de Mgr Viganò sur le Concile, a précisé Mgr Negri. Mais la charge de Magister s'applique aussi explicitement à cet appel du 5 mai, d'où le lien.

De manière générale, on peut se demander si nous assistons à l'alignement de camps adverses en pleine crise doctrinale alimentée par nombre d'actes et d'écrits du pape François – comme la signature du funeste Document d'Abu Dhabi ? Il me semble que les choses ne sont pas si simples. La liberté de ton des discussions à un moment où l'on assiste à de nombreuses aberrations dans l'Eglise n'est pas en soi une rupture.

Je note d'ailleurs dans le texte de Sandro Magister – pour qui j'ai par ailleurs un grand respect – une manière d'exacerber la tension lorsqu'il accuse Mgr Viganò d'être « au bord du schisme » parce qu'il propose de rejeter en bloc Vatican II, concile pastoral, plutôt que de rectifier fermement certaines de ses propositions comme le souhaite Mgr Schneider. A l'heure où un vent de folie moderniste et pire souffle dans l'Eglise (pensez aux Jésuites hispanophones qui publient l'article d'un confrère regrettant l'absence de Gay Prides cette année…), on assiste une nouvelle fois à la marginalisation de ceux qui ont pour souci l'intégrité doctrinale, dans leur amour pour l'Eglise.

L'article de Magister contient d'ailleurs une fâcheuse phrase floue, puisqu'il affirme que Mgr Viganò propose, pour ceux qui s'attachent à de « vaines tentatives » de récupérer ce qui peut l'être de Vatican II,  de « “bouter hors du Temple” dans le même temps toutes les autorités de l’Église qui, reconnues coupables de cette tromperie et “invitées à s’amender” ne se raviseraient pas ». D'après le contexte de l'article de Magister, on comprend que Mgr Viganò voudrait même voir Benoît XVI « bouté hors du Temple ».

Or ce qu'écrivait Viganò s'appliquait à ceux qui « par mauvaise foi ou même par malice » ont « trahi l'Eglise », et il précisait clairement que d'autres ont pu tromper ou être trompés pour d'autres motifs, y compris de bonne foi.

On peut lire un commentaire intéressant sur le texte de Sandro Magister sur le site benoit-et-moi.

Voici donc l'échange de lettres entre Mgr Viganò et Mgr Negri, publié sur le site de ce dernier. Ma traduction a été révisée et autorisée par Mgr Viganò. – J.S.


*

Lettre de Mgr Luigi Negri


Très chère Excellence,

Au fur et à mesure que les circonstances de la vie tendent à révéler un nombre croissant d’éléments de dégradation tant dans la vie de l’Eglise que dans la vie sociale, je voudrais vous faire part de mon adhésion à votre message qui me semble avoir recueilli le cœur même de notre expérience ecclésiale. Ce cœur vivant de notre expérience ecclésiale est de plus en plus marqué par la conscience quotidienne de ce que le temps qui nous est donné fuit, et que notre existence reste fortement conditionnée par la temporalité des événements et des faits.

Il me semble que l’Eglise, par moments, selon un rythme souvent ponctuel, reprend conscience de sa propre identité et de la tâche missionnaire qui caractérise sa vie et son histoire.

Nous ressentons chaque jour plus fortement la pression des événements qui demandent à être jugés selon la clarté de la Parole du Seigneur et vécus comme une obéissance à sa volonté. De tout cela, nous sommes heureux : nous sommes heureux parce que nous nous abandonnons chaque jour au Seigneur avec la conscience profonde que sa présence nous soutient à tout moment et qu’il n’y a aucune possibilité que notre existence soit arrachée à la compagnie de Notre Seigneur Jésus-Christ. Vraiment, c’est l’abandon de notre vie à sa volonté, qui est notre force ; elle est surtout le désir que notre vie puisse vibrer du grand élan de la mission et que notre vie considère l’avenir comme une réalité à remplir à chaque instant de la prise de conscience de la présence du Christ, en demandant que cette présence du Christ fasse vivre chaque jour l’aventure de la mission. En cela et par cela notre vie commence chaque matin avec le grand désir de soutenir la vie chrétienne en nous-mêmes et en nos semblables ; elle s’achève chaque soir avec la conscience que nous avons contribué, pauvrement mais toujours sincèrement, à la maturation de la conscience chrétienne dans le monde.

Nous nous attachons à vous, Excellence, et nous aimerions pouvoir vous accompagner, en tant que derniers disciples, vos pas très sûrs sur le chemin du vrai, du beau et du bien. Que le Seigneur fasse de votre présence dans l’Église et parmi les hommes une présence pleine de vérité, de capacité de sacrifice et de bienveillance envers tous les hommes ; ainsi nous aurons l’impression de correspondre de façon pauvre mais réelle à la grande invitation de la liturgie de à chaque instant : celle de ne pas perdre le temps mais de le rendre chaque jour avec une pleine volonté et avec une grande ouverture au cœur même de Dieu, parce que dans notre vie quotidienne nous sommes précisément appelés à faire l’expérience de la grandeur de Dieu et du désir de contribuer quelque peu, mais de façon bien réelle cependant, à l’établissement du Royaume de Dieu dans le monde.

Que le Seigneur nous bénisse et nous réconforte sur le chemin de nos jours.

+Luigi Negri - Archevêque émérite de Ferrara - Comacchio
Milan, le 16 juin 2020


*

Monseigneur Carlo Maria Viganò répond à Monseigneur Luigi Negri

Excellence,

J’ai lu avec beaucoup d’émotion vos paroles, qui m’ont beaucoup touché. C’est une consolation de voir que Votre Excellence a saisi, avec la perspicacité et la lucidité qui ont toujours caractérisé votre jugement, le cœur du problème.

Le temps présent, surtout pour ceux qui ont un regard surnaturel, nous ramène aux choses fondamentales de la vie, à la simplicité du Bien et à l’horreur du Mal, à la nécessité de choisir le camp dans lequel mener nos petites et grandes batailles quotidiennes. Certains y voient une dévalorisation, comme si la clarté de l’Evangile était désormais incapable de donner des réponses satisfaisantes à une humanité complexe et structurée ; pourtant, alors que certains de nos frères évêques sont presque obsédés par l’inclusion et la green theology, appelant de leurs vœux un Nouvel Ordre Mondial et une Maison commune pour les religions abrahamiques, parmi le peuple et les prêtres le constat  l’idée que les Pasteurs eux-mêmes – heureusement, pas tous – s’éloignent au moment même d’une confrontation historique, gagne du terrain.

C’est vrai : le temps nous échappe, Excellence, et avec lui s’effritent les châteaux de sable de la rhétorique presque initiatique de ceux qui ont voulu construire leur propre succès dans le temps si fugace et dans la fragilité des choses qui passent. Il y a quelque chose d’inexorable dans ce qui arrive aujourd’hui : les mirages éphémères qui étaient censés remplacer les vérités éternelles nous apparaissent, à la lumière crue de la réalité, dans leur misérable et artificielle imposture, dans leur fausseté ontologique et inexorable. Nous nous découvrons tels des enfants, selon les paroles de Notre Seigneur ; nous reconnaissons presque instinctivement le bien et le mal, la récompense et le châtiment, le mérite et la culpabilité. Mais la sérénité de l’enfant reposant sur le sein de sa mère, la fière confiance de l’enfant accroché à la main de son père, peuvent-elles être considérées comme insignifiantes ?

Combien de paroles futiles ont été dites, combien de palliatifs inutiles nous ont été servis, en pensant que la Parole éternelle du Père ne convenait plus, qu’il fallait la mettre au goût du jour pour la rendre plus séduisante aux oreilles sourdes du monde ! Et pourtant, il aurait suffi de la faire nôtre, cette Parole, pour n’avoir besoin de rien d’autre. Si jusqu’à présent nous nous sommes laissés troubler par la confusion du siècle, désormais nous pouvons nous abandonner avec une confiance filiale et nous laisser guider, car nous reconnaissons la voix du divin Pasteur et nous le suivons là où il veut nous conduire. Même lorsque les autres, qui devraient parler, restent silencieux.

Notre pauvreté n’est pas un obstacle, mais plutôt une aide en ces temps : plus nous sommes humbles, plus resplendit la maîtrise de l’Artiste qui nous tient comme un instrument entre ses mains habiles, comme la plume avec laquelle l’Ecrivain compose sagement la page.

Je demande à Votre Excellence de prier afin que nous tous, que le Seigneur, dans la plénitude du sacerdoce appelle non pas serviteurs mais des amis, puissions devenir des instruments dociles de Sa Grâce, en redécouvrant la divine simplicité de la Foi qu’Il nous a commandé de prêcher à tous les peuples. Tout ce que nous y ajouterions par orgueil n’est qu’une pathétique parure dont nous devons apprendre à nous débarrasser dès maintenant, si nous ne voulons pas que les flammes du Purgatoire s’en chargent, là où nos quelques paillettes d’or seront purifiées des scories, pour nous rendre dignes de la vision béatifique. Ne perdons pas les jours précieux où la maladie et la vieillesse nous donnent l’occasion d’expier nos fautes et celles des autres : ce sont des jours bénis que nous pouvons offrir à la Majesté de Dieu pour l’Église et ses ministres.

Recevez, très chère Excellence, l’expression de ma profonde gratitude pour vos paroles inspirées, avec l’assurance de mon souvenir dans le Saint Sacrifice de l’Autel. Et priez pour moi.

Nunc dimittis servum Tuum,
Domine, secundum verbum Tuum in pace…

+ Carlo Maria Viganò, Archevêque
17 juin 2020


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02 juin, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò : “La crise actuelle est la métastase du cancer conciliaire”

Les deux textes qui suivent ne vont pas laisser indifférents. Le premier est une lettre d'une religieuse cloîtrée à Mgr Carlo Maria Viganò, disant au prélat son inquiétude devant l'utilisation de la crise du COVID-19 à des fins anti-chrétiennes, comme « préparation en vue de la manifestation de l'Antéchrist ». Le second est la réponse de Mgr Viganò, qui dénonce clairement la tentative de mise en place d'une tyrannie mondiale et d'une religion mondiale « sans dogmes ni morale » promue par la franc-maçonnerie, à laquelle participent « des cardinaux et des évêques » et que « Bergoglio » aspire, dit-il, à présider. 

Mgr Viganò écrit notamment : « Je crois que le point essentiel pour mener efficacement une bataille spirituelle, doctrinale et morale contre les ennemis du Christ est la certitude que la crise actuelle est la métastase du cancer conciliaire : faute d’avoir compris la relation de cause à effet entre Vatican II et ses conséquences logiques et nécessaires au cours des soixante dernières années, il ne sera pas possible de rétablir la barre de l’Église dans la direction du cap fixé par le divin timonier et maintenu pendant deux mille ans. »

Ce sont deux textes qui dérangent. Certains de mes lecteurs trouveront qu'ils vont trop loin. Mais il est indéniable qu'une société de surveillance, désireuse de maintenir l'Eglise et son culte sous son pouvoir tatillon, tente de s'imposer à la faveur de la grande peur du coronavirus. Je les verse au dossier, tels quels, avec leur espérance tranquille et fondamentale : « A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. »

Voici ma traduction de ces deux lettres, d'abord publiées en italien sur le blog de Marco Tosatti, « Stilum curiae ». – J.S.


*

Neuvaine de Pentecôte 2020
A Monseigneur Carlo Viganò

Excellence révérendissime,

Je suis une religieuse cloîtrée et je vous écris à la suite d’une conversation avec notre Père spirituel. Notre conversation a porté sur le dernier « Appel » qui a fait le tour du monde pour réveiller nos consciences à propos du danger imminent qui nous guette désormais, derrière le masque de l’urgence « coronavirus ». Et il est intéressant de voir comment même les non-croyants s’alarment de cette voie despotique. La situation est certes de plus en plus accablante, mais la stratégie qu’utilise  Bergoglio avec ses forces alliées est une technique d’isolement et de désintégration de tout groupe pouvant former une contre-force. J’écris « contre-force » parce que le mot « résistance » me semble « humain » et quelque peu insuffisant.

Bientôt, probablement, la préparation en vue de la manifestation de l’Antéchrist se fera de plus en plus lourde et oppressante, notamment en raison des mesures que Bergoglio lui-même décidera de prendre dans le cadre de sa préparation. L’objectif, évidemment, est d’éliminer les « fortes têtes », les subversifs qui entravent les desseins d’un plan bien établi, qui n’attend rien d’autre que d’être pleinement mis en œuvre. La préoccupation que j’ai communiquée à notre Père spirituel est le fait qu’il n’existe pas de « contre-organisation », même au sein de la « vraie Église », comme une sorte de possible « Église clandestine », capable d’avancer de manière coordonnée, pour autant que ce soit possible. Les prochaines étapes serviront en effet à bloquer toute rébellion, ce qui sera possible précisément grâce à cette « stratégie » (qui ne sera plus alors tellement souterraine) d’isolement et de blocage de l’action.

En tant que religieuse cloîtrée, je crois à des « stratégies  » bien différentes et surnaturelles, qui échappent même aux forces les plus organisées et les plus totalitaires. Mais le problème est que le temps me semble très court. Ici, j’aimerais vous faire savoir que même notre Mère Abbesse nous lit souvent à table vos interventions lucides et très précises. Lorsque l’on entend la voix de la justice et de l’amour pour le Christ et son Église, on ne peut que la reconnaître.

Le Père spirituel m’a suggéré de vous communiquer ces réflexions, en vous encourageant à aller de l’avant. Je vous dis tout de suite que je ne suis pas une mystique ni même une sainte, mais je me fais la voix de beaucoup d’autres voix silencieuses au sein de l’Église, en vous rappelant que vous n’êtes pas seul, et que la lutte ne fait que commencer.

En regardant les signatures de l’Appel, il me semble qu’il y a beaucoup de possibilités de travailler précisément en vue d’une coordination, pour « aller ensemble de l’avant » comme une petite armée de l’Immaculée (… et j’y inclus aussi des non-croyants, comme une « potentialité » pour cette même armée, même si c’est de manière inconsciente). Si saint Maximilien M. Kolbe appelait Notre-Dame « la toujours victorieuse », il est vrai aussi que dans la Bulle de Pie IX, elle est appelée avec autorité « l’Ennemie éternelle » du diable. Et vous savez mieux que moi que la bataille à laquelle je fais référence est précisément celle-ci : le véritable enjeu est le salut éternel d’un très grand nombre d’âmes.

Ces pauvres lignes se veulent ici un petit encouragement à ne pas abandonner et à poursuivre également un dialogue constructif avec ces « rares » mais bons monseigneurs et religieux qui souffrent pour les mêmes raisons. Elles pourraient être nombreuses, les inspirations de l’Esprit Saint dans ces âmes pour les appeler à une étroite collaboration. En ce qui concerne les calomnies, les malentendus et les diverses attaques personnelles qui font souffrir, ce sont autant de choses que vous avez connues de prè,s et qui représentent les pierres précieuses serties dans la couronne qui vous attend… mais c’est une « couronne » qui est encore inachevée : l’Immaculée veut elle-même y sertir les pierres les plus précieuses.

Je voudrais conclure par une référence au célèbre miracle attribué à sainte Claire, grâce auquel les Sarrasins, déjà sur les murs du monastère, se sont enfuis sans jamais revenir. Eh bien, le miracle s’est produit grâce à la foi de celle qui a été définie comme la plus fidèle « Image de la Mère de Dieu » et précisément grâce à son amour pour le Saint-Sacrement, véritable Lumière contre toutes les ténèbres. Je dis cela parce que ce sont elles, les « forces » en lesquelles nous avons confiance et que nos ennemis craignent tant. Le miracle n’a eu lieu qu’au dernier moment, lorsqu’il n’y avait plus aucun espoir humain. Si le Triomphe du Cœur Immaculé n’est pas loin, c’est maintenant le temps de la bataille, et notre Chef et Corédemptrice veut nous voir combattre, souffrir et implorer Sa Victoire, qui est maintenant à nos portes.

Je vous remercie de m’avoir écoutée patiemment et je vous demande humblement votre bénédiction, également pour toute la communauté. Souvenez-vous de moi lors de votre messe quotidienne.

In Corde Matris


Lettre signée d’une religieuse cloîtrée

29 mai 2020
Saint Vigile, évêque et martyr



***


Chère Sœur,

Je vous remercie beaucoup pour votre lettre, que j’ai lue avec beaucoup de sympathie. Je partage pleinement votre vision claire et réaliste de la situation de crise actuelle qui touche l’Église et le monde.

Avec un regard surnaturel, conforté par l’Écriture Sainte et les différents messages de Notre Dame, nous pouvons comprendre qu’en ce moment on peut voir plus clairement la dimension réelle du choc épique entre le Bien et le Mal, entre les enfants de la Lumière et les enfants des ténèbres. Ce qui scandalise vraiment, c’est de voir comment les dirigeants de la Hiérarchie se mettent ouvertement au service du prince de ce monde, en reprenant à leur compte les exigences onusiennes de la mondialisation globaliste, de la fraternité maçonnique, de l’écologisme malthusien, de l’immigrationnisme... On prépare une religion mondiale unique, sans dogmes et sans morale, telle que la veut la franc-maçonnerie : il est clair que Bergoglio, et ceux qui sont derrière lui et le soutiennent, aspirent à la présidence de cette parodie infernale de l’Église du Christ.

Vous aurez également remarqué, chère Sœur, l’insistance de nombreux prélats et des médias catholiques sur la prétendue nécessité d’un Nouvel Ordre Mondial : des cardinaux et des évêques, La Civiltà Cattolica et Vatican News, Avvenire et L’Osservatore Romano en ont parlé, avec l’arrogance de ceux qui savent qu’ils peuvent dire des choses inouïes grâce à la protection dont ils bénéficient. Mais à y regarder de plus près, elle est bien peu de chose, l’organisation des méchants, leur capacité à bouger et à agir, leur aptitude à dissimuler : ils sont si sûrs d’avoir maintenant atteint leurs objectifs qu’avec arrogance et ostentation, ils ont ouvertement révélé leurs intentions, laissant de côté cette prudence et cette ruse qui, à d’autres moments, leur avaient permis de les tenir cachées. C’est ainsi qu’ont été découverts les partisans d’un gouvernement mondial et les élites qui veulent imposer leur tyrannie au peuple ; c’est ainsi qu’ont été découverts, à leurs côtés, ceux qui se prêtent comme branche religieuse d’un néo-paganisme, qui se définit comme une espèce de « Green apostasy ». Nous savons qui ils sont, ce qui motive leurs actions et quelles sont leurs fins : derrière eux, il y a toujours le Prince de ce monde, contre lequel la Reine des Victoires mène nos milices délabrées, ainsi que les armées célestes bien plus terribles. Mais puisque nous avons déjà choisi notre camp, nous ne devons pas avoir peur, car Notre Seigneur a déjà gagné, alors même qu’Il nous offre la précieuse opportunité de tresser une couronne spéciale en ces jours apocalyptiques.

Je crois que le point essentiel pour mener efficacement une bataille spirituelle, doctrinale et morale contre les ennemis du Christ est la certitude que la crise actuelle est la métastase du cancer conciliaire : faute d’avoir compris la relation de cause à effet entre Vatican II et ses conséquences logiques et nécessaires au cours des soixante dernières années, il ne sera pas possible de rétablir la barre de l’Église dans la direction du cap fixé par le divin timonier et maintenu pendant deux mille ans. Ils nous ont catéchisés pendant des décennies avec leur odieux « il n’y a pas de retour en arrière » en matière de liturgie, de foi, de morale, de pénitence, d’ascèse : aujourd’hui, nous entendons également répéter servilement les mêmes expressions dans la sphère civile, alors qu’on tente d’endoctriner les masses avec l’idée que « rien ne sera plus comme avant ». Le modernisme et le Covid-19 sont reliés par la même marque, et pour ceux qui ont le regard tourné vers le transcendant, il n’est pas difficile de comprendre que la terreur de ceux qui veulent nous faire croire que la course vers l’abîme est inéluctable et imparable est qu’on puisse ne pas leur prêter foi, les ignorer, démasquer leur conspiration. C’est notre tâche aujourd’hui : ouvrir les yeux de nombreuses personnes, même ceux des ecclésiastiques et des religieux qui n’ont pas encore constitué le tableau d’ensemble, se limitant à regarder la réalité de manière partielle et désordonnée. Une fois que nous leur aurons fait comprendre le mécanisme, ils comprendront également tout le reste.

Oui, on peut, chère sœur, revenir en arrière ; on peut faire en sorte que le bien qui nous a été frauduleusement enlevé nous soit rendu : mais seulement dans la cohérence de la doctrine, sans compromis, sans rien céder, sans opportunisme. Le Seigneur daignera nous accorder une part de sa victoire, même si nous sommes faibles et sans moyens matériels, seulement si nous nous abandonnons totalement à lui et à sa très Sainte Mère.

Je me confie à vos prières et à celles de vos sœurs, tout en vous bénissant cordialement, vous et toute la communauté.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque


© leblogdejeannesmits pour la traduction


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14 mai, 2020

Plus de 40.000 signatures pour l'Appel pour l'Eglise et pour le monde : Mgr Viganò communique

Je vous propose ci-dessous ma traduction du communiqué publié ce jour par Mgr Carlo Maria Viganò à propos de l'état actuel de l'Appel pour l'Eglise et pour le monde lancé à son initiative le 8 mai dernier. 40.000 personnes l'ont d'ores et déjà signé. Mgr Viganò répond dans son communiqué aux accusations de « complotisme » qui ont accueilli le texte et souligne que celui-ci a le mérite de faire réfléchir aux extraordinaires limitations des libertés qui sont mises en place dans de nombreux pays du monde au nom de la lutte « contre le coronavirus ».

La version originale de ce communiqué est ici, et il est toujours possible de signer l'Appel ici sur le site veritasliberavitvos.info.

Voici la traduction intégrale du communiqué. – J.S.


*


Communiqué de presse de Mgr Carlo Maria Viganò, le 14 mai 2020


Le 8 mai dernier, trois cardinaux et neuf évêques, ainsi que des médecins, des journalistes, des avocats, des intellectuels et des professionnels du monde entier ont lancé un Appel visant à sensibiliser le public, les dirigeants, la communauté scientifique et les médias aux graves dangers qui pèsent sur les libertés individuelles, et qui ont surgi à l’occasion de la propagation du COVID-19.

Ces dangers ont été davantage perçus dans certains pays, moins dans d’autres ; mais il est partout nécessaire d’attirer l’attention des fidèles catholiques et des hommes de bonne volonté sur ce qui se passe dans cette période si difficile : ne considérer que les aspects sanitaires de l’épidémie, sans en voir les implications sociales, économiques, politiques et religieuses, peut conduire le monde vers un avenir dans lequel l’autorité des États et celle de l’Église seront affaiblies ou absorbées par des pouvoirs autoréférentiels, et qui ont des objectifs peu clairs pour le moins.

Le projet d’un Nouvel Ordre Mondial dans lequel les nations et les citoyens perdent toute leur identité propre et sont contrôlés par une élite pouvait sembler une idée absurde il y a quelques années encore. Aujourd’hui, cependant, il est revendiqué et fait même l’objet de propagande qui le présente comme un bien pour la société et les individus. Un tel projet, promu par des organisations supranationales, doit être démasqué, connu et dénoncé : tel devrait être le but de l’information, afin que chacun d’entre nous soit conscient de ce qui se passe et puisse s’exprimer clairement en tant que personne, en tant que croyant et en tant que membre de la communauté.

L’objectif de l’Appel est précisément celui-ci : briser le silence médiatique qui pèse sur notre aujourd’hui, notamment en ce qui concerne les libertés individuelles et les droits de la personne, menacés par des formes de censure et de contrôle ; exiger une égale dignité de la discussion dans la communauté scientifique, sans se laisser guider par des intérêts économiques ou idéologiques ; rappeler aux dirigeants leurs graves responsabilités pour le bien commun.

L’appel a sans aucun doute réussi à provoquer un certain débat. En Allemagne, de nombreux représentants de l’épiscopat se sont contentés d’en balayer globalement le contenu présenté comme « théories du complot », sans rien réfuter et confirmant même leur ralliement sans critique à la pensée dominante. Répondant à une interview de Die Tagespost, le cardinal Gerhard Müller (qui fait partie des signataires) a courageusement observé qu’aujourd’hui, on en vient à « appeler tous ceux qui pensent différemment, théoriciens du complot ». Il a également déclaré : « Ceux qui ne font aucune distinction entre les chances et les dangers liés à la mondialisation nient la réalité. Le pape François s’oppose lui aussi au fait que les États et les organisations internationales imposent l’avortement aux pauvres de manière néo-colonialiste en révoquant l’aide au développement s’ils le refusent. Au Pérou, au temps de Fujimori, j’ai moi-même parlé avec des femmes et des hommes qui avaient été stérilisés sans le savoir et qui avaient été trompés avec de l’argent et de fausses promesses de santé et de bonheur dans la vie. Cela serait-il une “théorie du complot” ? » De même on ne peut accuser de complotisme « la réflexion sur la vaccination de sept milliards de personnes, même si le médicament n’a pas encore été correctement testé, en limitant les droits fondamentaux de ceux qui n’acceptent pas le vaccin. Nul ne peut être contraint de croire que quelques philanthropes milliardaires ont les meilleurs programmes pour améliorer le monde, simplement parce qu’ils ont réussi à accumuler une énorme richesse privée ».

Mgr Athanasius Schneider a lui aussi adopté des positions similaires : « Il est étonnant de voir comment les représentants de l’establishment ecclésiastique, mais aussi politique et médiatique, ont unanimement cherché, par obéissance à la pensée unique dominante, à jeter le discrédit sur les préoccupations exprimées dans l’Appel, et à étouffer toute discussion à leur sujet, avec l’“argument massue” selon lequel il ne s’agit que d’une “théorie du complot”. Je me souviens des mêmes types de réactions et de discours sous la dictature soviétique, lorsque les dissidents et les critiques de l’idéologie et de la politique dominantes étaient accusés d’être complices de la “théorie du complot”  diffusée par l’Occident capitaliste » (voir ici).

Il convient de souligner que l’Appel – au-delà des critiques évidentes de ceux qui veulent en déformer le sens uniquement pour éviter d’avoir à faire face aux nombreuses incongruités de ce qui se passe sous nos yeux – a obtenu le soutien d’importantes personnalités du monde laïque et d’éminents représentants du monde de la science et de l’information. Robert Francis Kennedy Jr. a également exprimé son soutien. En moins d’une semaine, l’appel a recueilli près de 40.000 signatures et s’étend maintenant à l’Europe de l’Est.

La perception d’une sorte de fracture – que l’Appel a le mérite d’avoir rendue visible – entre les fidèles et les dirigeants de la Hiérarchie ne fait aucun doute : cela est également confirmé par l’approche clairement mondialiste de la Journée de Prière « Pray for Humanity » organisée par le Haut Comité de la Fraternité Humaine des Emirats Arabes Unis pour invoquer la fin de la pandémie, à laquelle le Saint-Siège s’est malheureusement aussitôt rallié.

Cette vision, récemment ratifiée par le Document d’Abu Dhabi, est clairement inspirée par l’idéologie relativiste propre à la pensée maçonnique. En tant que tel, il n’a rien de catholique et il est pour le moins troublant que les dirigeants de l’Eglise acceptent d’agir en tant que « bras spirituel » du Nouvel Ordre Mondial, qui est ontologiquement anti-chrétien.

+Carlo Maria Viganò,
Archevêque, Nonce Apostolique


© leblogdejeannesmits pour la traduction.


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08 mai, 2020

Communiqué de Mgr Viganò sur la rétractation du cardinal Sarah

Après les deux tweets par lesquels le cardinal Sarah s'est distancié tard hier soir de l'Appel pour l'Eglise et pour le monde, Mgr Carlo Maria Viganò a exposé les faits. Les voici.







COMMUNIQUÉ
8 mai 2020

Objet : Retrait de l’adhésion de S.E. Robert, Cardinal Sarah à l’« Appel pour l’Eglise et le monde » lancé hier, 7 mai.

En ce moment de crise très grave que traversent l’Église et le monde, je souhaite conserver une attitude de profonde charité envers mon frère dans le Christ, le Cardinal Robert Sarah, à qui j’ai immédiatement pardonné le grave tort qu’il a infligé à la vérité et à ma personne. La véritable charité ne peut cependant pas ignorer la vérité, car c’est en celle-ci qu’elle a son fondement. J’ai donc le devoir, y compris au titre de la correction fraternelle, de mettre au jour la succession des événements tels qu’ils se sont produits, en ce qui concerne la signature de l’Appel par le Cardinal Sarah.
Lundi 4 mai, à 16 heures
J’ai eu une conversation téléphonique avec Son Éminence, le Cardinal Sarah. L’appel a été enregistré et a duré 6 minutes et 25 secondes.
Concernant le texte de l’appel, le cardinal déclare : « Il me semble que c’est une affaire très grave. Je pense que cet Appel pourra faire beaucoup de bien, car il fera réfléchir et prendre position : je suis d’accord pour qu’il soit publié dès que possible. »
J’ai alors demandé à Son Éminence s’il avait l’intention de mettre sa signature. Le Cardinal a répondu : « Oui, je donne mon accord pour mettre mon nom, car c’est un combat que nous devons mener ensemble, non seulement pour l’Église catholique mais pour toute l’humanité. »
Jeudi 7 mai
À 8 h 43, j’ai téléphoné à Son Éminence pour lui demander s’il avait le numéro de téléphone du Cardinal Gerhard Ludwig Mueller, qu’il m’a ensuite aimablement communiqué par SMS. Au cours de cet appel téléphonique, qui a duré 4 minutes, le cardinal Sarah n’a fait aucune mention de son souhait de retirer sa signature.
À 15 heures, j’ai commencé à transmettre l’Appel aux agences de presse, aux blogs et aux différents journaux : le texte de l’Appel avec la liste des signataires, la signature du cardinal Sarah y comprise.
À 17 h 48, j’ai reçu un SMS du cardinal, dont j’ai pris connaissance seulement une heure et demi plus tard. Au moment où ce message a été envoyé, j’étais totalement absorbé par les opérations de diffusion de l’Appel, je n’ai pas remarqué l’arrivée du message de Son Eminence, et n’ai donc pas pu prendre connaissance immédiatement de son contenu.
À 19 h37, le Cardinal m’a téléphoné pour me demander si j’avais vu son message. Je lui ai répondu que non.
Voici le texte du message que m’a envoyé le Cardinal :
 « Très chère Excellence, comme je suis toujours en fonction à la Curie romaine, un de mes amis m’a conseillé de ne pas signer l’appel. Peut-être serait-il préférable de retirer mon nom pour cette fois. J’en suis vraiment désolé. Vous connaissez mon amitié et ma proximité avec vous. Merci pour votre compréhension. Robert Card. Sarah. »
Le Cardinal m’a informé au cours de son appel téléphonique qu’il avait pour intention de retirer son nom de la liste des signataires. Confus et désolé, j’ai fait remarquer à Son Eminence que l’Appel et les signatures avaient déjà été diffusés « universellement » depuis plus de quatre heures. La conversation s’est terminée sans que Son Éminence ne demande ou ne suggère de solution.
Nous aurions pu, par exemple, convenir d’un « communiqué commun » dans lequel serait rendue publique la décision du Cardinal de retirer son adhésion. Rien de tout cela n’a été fait. Nous avons pris congé de manière cordiale, en exprimant des sentiments d’estime et de soutien mutuel. Devant cette situation de fait, à laquelle ni lui ni moi n’avons pu trouver de solution, je me suis permis d’encourager Son Eminence, en lui faisant remarquer combien son adhésion à l’Appel serait un réconfort et un encouragement pour un très grand nombre de fidèles.
Avec surprise et une profond déception, j’ai ensuite appris que Son Éminence avait utilisé son compte Twitter, sans me prévenir, avec des déclarations gravement préjudiciables à la vérité et à ma personne. Je suis profondément navré de ce que cette affaire, imputable à la faiblesse humaine, et pour laquelle je ne porte aucun ressentiment envers la personne qui l’a provoquée, ait détourné notre attention de ce qui doit nous inquiéter gravement en ce moment dramatique.
Je confirme que le nom de Son Éminence le Cardinal Robert Sarah a été rapidement retiré du site officiel de l’Appel, comme on peut le voir à l’adresse veritasliberabitvos.info.
 + Carlo Maria Viganò, archevêque, nonce apostolique




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