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26 juin, 2019

Bannon et Martel travailleraient sur l’adaptation au cinéma de “Sodoma” ; le cardinal Burke annonce sa rupture immédiate avec le “Dignitatis Humanae Institute”


Plusieurs informations croisées permettent de penser que Steve Bannon, ancien rédacteur en chef de Breitbart et ancien conseiller stratégique de Donald Trump a le projet de porter à l’écran une dénonciation de ce qu’il pense être l'homosexualité endémique dans les hautes sphères de l’Eglise catholique. Il s'alliera à cette fin avec Frédéric Martel, l’auteur de Sodoma,  dont il apprécie apparemment la charge violente contre l'Eglise catholique. Sodoma est dans son ensemble très favorable au pape François et ses principaux têtes de Turc sont cardinaux, prélats et prêtres qui affirment le plus clairement la doctrine  morale catholique en matière de sexualité : plus ils sont traditionnels, affirme en substance ce livre, plus ils ont de chances d’être des homosexuels cachés ou refoulés.

Le cardinal Raymond Leo Burke fait partie des personnes épinglées de manière particulièrement désinformatrice dans le livre  de Martel.

Steve Bannon et Frédéric Martel ont eu selon l'hebdomadaire Valeurs actuelles plusieurs conversations téléphoniques qui ont abouti à une rencontre à l'hôtel Bristol à Paris au mois de mai lors de la récente tournée européenne de l’Américain.

Dans un article brièvement mis en ligne lundi par LifeSite, mais retiré au bout d’une heure lorsque la rédaction du site provie s'est rendue compte de ce que certains points  étaient encore à vérifier, on apprenait que Bannon cherchait à acheter les droits cinématographiques de Sodoma. Il a en tout cas déclaré à LifeSite que c'était « le livre de l’année ».

Quoi qu’il en ait été de leur conversation, il est donc certain que Bannon en prend les thèses au sérieux.

L’hypothèse d'une adaptation filmée d'un livre aussi discutable dont l'objectif est à la fois de ridiculiser la quasi-totalité de la hiérarchie catholique et plus précisément ses éléments les plus conservateurs n’augure rien de bon.

Du côté de Martel, comme il l'écrit d'ailleurs dans Sodoma,  d'objectif est d'obtenir une modification des enseignements doctrinaux et de la discipline de l'église, par la reconnaissance des amours homosexuelles et l'abolition du célibat sacerdotal. Par la même occasion, la validation et la diffusion de ses thèses ne pourrait qu’aboutir à une désaffection, voire à une révolte des catholiques du rang contre la « classe » des cardinaux, des évêques, des prêtres qui prêchent ce qu’ils ne pratiquent pas.

Du côté de Bannon, son opposition aux options politiques du pape François peut expliquer le désir de ce baptisé catholique qui ne semble plus être un pratiquant de participer à une opération contre l’Eglise dans sa configuration actuelle. C'est-à-dire,  sans en considérer la dimension surnaturelle et la promesse qui lui a été faite : les portes de l'enfer ne prévaudront pas.

Nous sommes en effet dans la difficile position d'avoir à contester certaines options personnelles du pape François, qui n'engagent pas sa charge pontificale, et aussi ses déclarations et actes contraires à la doctrine traditionnelle, sans pour autant nous en prendre à l'Eglise elle-même, en tant qu'institution, car elle est notre Mère et qu’hors d’elle, il n'y a point de salut, et au pontificat puisqu’elle repose sur Pierre, le roc sur lequel elle est bâtie.

C’est sur cette ligne de crête qu'il faut tenir et il semble extrêmement peu probable que Bannon veuille s'en soucier. Quelles sont ses motivations exactes ? Il est certainement trop tôt pour le dire ou même pour le comprendre.

Le fait est que son alliance au moins apparente avec Martel ne le fait pas apparaître comme un ami du Christ, de la foi, des catholiques. Et qu’on peut craindre une entreprise de démolition.

L'article brièvement mis en ligne par LifeSite reprenait l'information de Valeurs actuelles selon laquelle la rencontre entre Bannon et Martel au Bristol à Paris le 19 mai avait été facilitée par Benjamin Harnwell, fondateur et animateur du Dignitatis Humanae Institute implanté au sud de Rome et qui a pour objectif la promotion de la culture de vie.

Incidemment, l’article de LifeSite rappelait que Harnwell travaille à la fois avec Bannon et avec le cardinal Raymond Burke. Aucun lien n'était fait avec la rencontre entre Bannon et Martel mais la formulation de l'incise pouvait être perçue comme suggérant qu'un tel lien pouvait exister, « maladresse » que LifeSite a regrettée dans un communiqué paru aujourd’hui.

Le cardinal Burke a publié à ce sujet un communiqué qu'il m'a autorisée à traduire et à publier ici.

Communiqué du cardinal Burke
«  J'ai eu connaissance d'un article de LifeSiteNews mis en ligne le 24 juin – et depuis retiré – sous le titre : “Steve Bannon laisse entendre qu'il veut faire un film pour révéler l'homosexualité au Vatican” comportant une insinuation selon laquelle, en raison de mon association avec M.  Benjamin Harnwell du Dignitatis Humanae Institute,  j’étais d’une façon ou d'une autre impliqué dans une rencontre entre M. Bannon et M. Frédéric Martel, auteur du livre Sodoma,  afin de promouvoir une version cinématographique du livre de M. Martel. LifeSiteNews n'a pas prit contact avec moi pour vérifier ma possible implicatiopn.  Vu l'ensemble du contenu de cet article  est vu certaine déclarations qui y sont faites par M. Bannon, je dois éclaircir les points suivants : 
«  Je ne suis d'aucune manière d'accord avec l'évaluation de ce livre par M. Bannon. En outre, je ne pense aucunement que ce livre doive être porté à l’écran. Je suis en total désaccord avec nombre de déclarations de M. Bannon concernant la doctrine de la discipline de l'Eglise catholique romaine. Par-dessus tout, j'estime hautement  critiquable sa déclaration qui remet en cause la discipline de l’Eglise concernant la continence perpétuelle pour le clergé, en accord avec l’exemple et le désir du Christ, Chef et Pasteur de l’Eglise. 
«  Je n'ai jamais travaillé avec M. Bannon au sein de son organisation et je ne le fais pas davantage aujourd’hui. Je l'ai rencontré, à l’occasion, afin de parler de l'enseignement social de l’église à l'égard de certaines questions politiques, mais je  n’ai aucun dans son organisation. En le rencontrant, comme c'est le cas lorsque je rencontre d’autres leaders politiques, j'ai essayé de remplir ma mission sacerdotale : enseigner la foi et la morale en vue du bien commun. 
« J'ai été impliqué pendant quelques années dans le Dignitatis Humanae Institute en raison de son travail de soutien aux chrétiens qui dans la vie publique agissent dans le respect de la loi morale et œuvre donc à la promotion du bien commun. Il y a quelques semaines, j'ai été nommé président honoraire de cet institut. Ces derniers temps, l’institut s'est trouvé identifié de plus en plus avec le programme politique de M. Bannon. Bien que j’aie exhorté l'institut à revenir à son objectif initial, celui-ci ne l'a pas fait, comme il apparaît clairement à travers son implication dans cette dernière initiative de M. Bannon. J’ai donc, à effet immédiat, mis fin à toute relation avec le Dignitatis humanae Institute.
Raymond Leo Cardinal Burke

25 juin 2019
*
Dans un communiqué, LifeSite a répondu à ces déclarations pour préciser que l’article en question avait rapidement été retiré et qu’il n’y avait nullement eu volonté d’impliquer le cardinal Burke.
« Cependant, l’article faisait également mention du travail du cardinal Burke avec Benjamin Harnwell, qui a mis sur pied la rencontre entre Bannon et Martel. Et une phrase rédigée de manière maladroite a pu être lue par certains comme indiquant que le cardinal Burke avait eu quelque chose à voir avec la rencontre entre Bannon et Martel.« Nous ne cherchions d’aucune façon à laisser penser cela et nous avons retiré l’article pour cause de soucis relatifs à son manque de clarté. Nous n’avons pas pensé à contacter le cardinal Burke pour vérifier ce papier car celui-ci n’avait rien à voir avec lui.« Nous regrettons les torts qui ont pu être faits à Son Emincence du fait de la mention par nous de son nom. 
« A LifeSite nous avons toujours été disposés à faire des corrections lorsque nous faisons erreur, ou même lorsque nous avons laissé s’installer le flou. Nous n’avons jamais prétendu être parfaits et nous ne le sommes pas. Nous faisons simplement de notre mieux pour apporter la vérité. 
« Nous avons servi la foi, la vie et les mouvements pro-famille depuis quelque 23 ans. Nous continuerons de le faire du mieux que nous le pouvons. Nous aimons la vérité parce que nous aimons l’Auteur de la Vérité. Notre objectif est au bout du compte de diriger chacun vers la Vérité avec un V majuscule. 
« C’est pourquoi nous présentons nous excuses au cardinal Burke et l’engagement à prier pour lui. »
*
On aura compris qu’il y a une part de malentendu dans cette affaire.

Elle a permis au moins de mettre au jour un projet qui me semble fort inquiétant du côté de Bannon et Martel, d’une part, et d’autre part de permettre au cardinal Burke de faire la clarté sur ses relations actuelles avec Benjamin Harnwell.

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19 mai, 2013

Le premier “mariage” gay a eu lieu à Cannes

Vendredi soir. Le mariage n'est plus. Le Conseil constitutionnel l'a vidé de son sens au nom de la « normalité » homosexuelle.

On en a eu un petit goût à Cannes où un festival « Queer » se déroule en marge de la compétition officielle.

A la veille, donc, de la promulgation de la loi Taubira, toutes affaires cessantes, par François Hollande le 18 mai, la compagnie Troma qui fait dans le film LGBT humoristico-gore a organisé un pseusdo mariage sur la  Croisette.

Une photo vaut mieux qu'un long discours :



Et une deuxième :




Pardon de vous infliger ça, mais à partir de maintenant va falloir s'y habituer. Et ne pas faire la moue, encore, sous peine de paraître « crispé » (c'est grave) ou « homophobe » (c'est un délit).

Le Figaro est bien de cet avis, qui rend compte de cet « événement » dans ses pages culture (sic).

Mais s'il y a donc un festival marginal pour les LGBT depuis quelques années, il n'y en a plus vraiment besoin. La thématique gay est omniprésente cette année à Cannes. Le Figaro trouve ça très bien.
Vendredi, troisième jour de compétition et enfin un film excitant: L'Inconnu du Lac, en sélection Un Certain Regard. Alain Guiraudie y filme des hommes «en condition» qui ont tôt fait d'abandonner toute pudeur. Une étendue d'eau, des pins dressés dans le ciel du Var… Un cadre parfait pour la caméra du réalisateur qui «voulait réunir grandeur des sentiments et trivialité des organes» (Télérama). Au menu des trivialités: des orgies mâles, où l'on s'attrape sans ménagement, avec ou sans préservatifs. À peine cesse-t-on de s'affairer lorsqu'un corps est repêché sur le rivage. Il y a le feu au lac.
Et ça continue :
Behind the Candelabra dégaine en premier, en compétition. Ce vrai-faux biopic inspiré de la vie du pianiste fantasque Liberace (Michael Douglas), et de son chauffeur-amant (Matt Damon) a été acheté par la chaîne de télé américaine HBO, jugé «trop gay» par Hollywood, d'après son réalisateur, Steven Soderbergh. À 68 ans, Michael Douglas y jouerait, à monte-la-dessus, une partition étonnante. Thierry Frémaux, le délégué général du Festival, a insisté auprès du cinéaste pour qu'il présente ce long-métrage sur cette kitschissime icône gay du music-hall.
Et encore :
La compétition attend aussi le cinquième film d'Abdellatif Kechiche, mercredi 22 mai. Le cinéaste triplement césarisé en 2008 doit dévoiler mercredi prochain La vie (sexuelle) d'Adèle, dans son adaptation du roman graphique le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. Chaude, cette chronique sur le couple lesbien formé par Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux (très sexy aujourd'hui en allumeuse dans Grand Central de Rebecca Zlotowski) doit l'être, excessivement, si l'on en croit les dires et les impressions de Thierry Frémaux, pourtant pas réputé pour sa pudibonderie. Dans le film de Kechiche, Adèle, 15 ans, découvre son attirance pour une jeune femme à la chevelure azur. On vous le donne en mille, cette amazone est une militante de la cause LGBT.
Pas encore d'indigestion ?

Alors je vous livre ce que j'ai trouvé d'opportun dans la page wikipedia sur le 18 mai, date de la loi Taubira.

— C'est, en 1924, la date de naissance de Lucien Neuwirth. C'est sa loi qui a légalisé la pilule et « normalisé » la contraception en France. Belle continuité. Il a ouvert la voie au mariage construit sur le plaisir dont l'enfant peut être exclu. Pourquoi l'interdire aux homos qui font de la contraception sans même avoir besoin d'y penser ?

— Le 18 mai, c'est aussi la Journée mondiale du vaccin contre le Sida. A croire qu'ils ont fait exprès !


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01 juin, 2012

“Amour” : Trintignant se dit pour l'euthanasie, Haneke “attend” la controverse

Michael Haneke, le réalisateur de la Palme d'Or de Cannes 2012, Amour, sait que son film va provoquer la controverse lorsqu'il sortira aux Etats-Unis en novembre prochain. Il en est ravi : « Mon distributeur américain pense que le film pourrait bien déclencher un débat enflammé ; c'est exactement ce que les films doivent faire », a-t-il déclaré dans une interview au Daily Beast.

Et le débat portera sur l'euthanasie. C'est désormais clair, y compris pour ceux qui comme moi, n'ont pas encore vu le film, Amour justifie l'euthanasie, au terme d'une longue préparation qui s'attarde, dans un huis-clos des plus classiques, sur la souffrance de plus en plus insupportable d'une vieille femme qui perd la tête.

D'ailleurs Haneke le confirme. Son film parle de son expérience : « Comme presque toutes les personnes que je connais, j'ai été confronté à la maladie de quelqu'un que j'aimais très profondément. C'est une expérience très douloureuse que d'assister à cela, impuissant. »

Dans le film, cette impuissance est dépassée, puisque le vieil époux, Georges, toujours aimant – Jean-Louis Trintignant – finit par étouffer son épouse, Anne, incarnée par Emmanuelle Riva. L'acteur vieillissant, qui estime avoir joué là dans son « meilleur film », explique : « Je suis personnellement pour l'euthanasie. Lorsque Anne veut vraiment mourir, au début, George l'arrête. Mais plus tard, dans un moment de calme, il l'aide en la tuant. »


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28 mai, 2012

“Amour” (c'est-à-dire “Euthanasie”) décroche la Palme

Amour, le film de Michael Haneke, a décroché la Palme d'Or hier soir au Festival de Cannes. Amour, c'est la mise en scène à la fois délicate et voyeuriste des derniers mois et jours d'une vieille femme (Emmanuelle Riva) qui va sombrer dans la démence et dans la souffrance, toujours soutenue et soignée amoureusement par son vieux mari (Jean-Louis Trintingnant). Et c'est par Amour que ce dernier finira par la délivrer, en lui donnant la mort : il l'étouffe avec un coussin.

Amour = euthanasie.

« Ce film est une illustration de la promesse que nous nous sommes donnée, mon épouse et moi-même… », a déclaré le réalisateur. Emotion, applaudissements…

La critique salue un film « romantique ».

L'Autrichien Haneke obtient là sa deuxième Palme, lui qui en 2009 l'avait déjà reçue pour Ruban blanc.

On se demandait si le jury allait avoir de nouveau l'audace d'offrir une deuxième Palme à un réalisateur : elle ne l'avait fait, jusqu'ici, que cinq fois.

Je vous l'avais pourtant bien dit ! J'écrivais ici, vendredi soir, que c'était bien parti pour lui, vu le sujet de son film.

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25 mai, 2012

Cannes : L'“Amour” de Haneke, c'est l'euthanasie

La presse a beaucoup parlé du « bouleversant » film Amour présenté par Michael Haneke. Un Jean-Louis Trintignant vieillissant vit amoureusement aux côtés de sa femme, Emmanuelle Riva, 80 ans passés. Ils sont en parfaite osmose, partagent un même amour de la musique et une longue histoire d'amour et d'égards réciproques. Puis c'est le drame. Elle fait un AVC, devient grabataire, incontinente, démente. Admirablement, il s'occupe de sa femme, malgré l'incompréhension de leur fille.

Les critiques admirent la manière crue mais pas voyeuriste (vous avez remarqué ? Ce n'est jamais voyeuriste quand la critique aime un film !) dont Haneke ne cèle rien de son humiliation, filmant chaque geste de cette vie quotidienne où Trintignant ne cesse jamais de manifester son amour pour sa femme.

En dehors de cette complaisance de la caméra on pouvait presque s'attendre à un film magnifique.

N'était sa manière de présenter finalement la maladie comme une déchéance, l'état de l'épouse comme indigne, insupportable.

N'était son aboutissement.

Car – et bien des critiques se gardent de le dire – tout s'achève lorsque Trintignant, trop éprouvé par les souffrances de sa femme, pris d'une compassion vraie, seul capable de comprendre la volonté de cette femme démente et qui n'est plus elle-même, l'étouffe avec un coussin.

Parce qu'elle vivait comme « un légume ».

Parce que – on avait oublié de vous dire – ce geste-là, cette mise à mort, c'était ça, l'Amour. Parce que c'est un film sur l'euthanasie, ni plus, ni moins.

Après avoir remporté la Palme d'Or à Cannes en 2009, Haneke est décidément bien en piste pour l'édition 2012. Ah, s'il y avait un prix de la bien-pensance !

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17 août, 2011

La pédophilie : « problème numéro un » pour les enfants stars de Hollywood

Enfin, les déclarations de l'acteur américain Corey Feldman, jadis enfant star puis acteur adolescent à Hollywood et toujours à l'affiche de films de série B, ont été répercutées par les gros médias « sérieux » – et plus précisément dans le programme Nightline de la chaïne ABC News. Cela fait quelque temps qu'il accuse Hollywood d'avoir un « grand secret » : la pédophilie omniprésente.


Lui-même a démarré sa carrière d'acteur de télévision à l'âge de 3 ans ; c'est à 14 ans qu'il a compris quel était le ressort de certaines promotions. Le casting canapé, comme il l'appelle, a cours à tous les niveaux, et même pour les acteurs les plus jeunes. « Je peux vous dire que le problème numéro un de Hollywood était, est et sera toujours la pédophilie «, a-t-il déclaré lors de l'émission.

Lui-même victime d'abus sexuels, dit-il, Corey Feldman explique :

« J'étais encerclé par ces hommes quand j'avais 14 ans. Encerclé. Littéralement. Je ne le savais même pas. Ce n'est que lorsque je fus assez grand pour comprendre ce qu'ils étaient et ce qu'ils voulaient, et ce qu'ils cherchaient à faire… Oh, mon Dieu, ils étaient partout, comme des vautours. »

Ces hommes-là avaient leur propre pouvoir ou des relations avec ceux qui exerçaient les plus grands pouvoir dans l'industrie du cinéma, assure l'acteur, pour qui tout cela a été possible en raison d'une culture du secret qui semble se perpétuer.

De fait ces choses se disent depuis un petit moment mais n'ont pu percer dans la grosse presse que par le biais des blogs de ragots « people », et sans provoquer l'indignation bruyante des médias.

LifeSite, qui répercute ces informations, a interrogé Bob Donohue de la Catholic League. Celui-ci observe :
Les mêmes gros médias qui assurent une hyper-couverture à propos d'un prêtre accusé de gestes « limites » comme d'embrasser une adolescente sur la tête, semblent encaisser avec aplomb les remarques récentes de Corey Feldman sur la prévalence de la pédophilie à Hollywood.
Les catholiques, en particulier, seraient ravis de savoir le pourquoi de cette réaction détachée à l'aveu de Feldman : est-ce parce que les journalistes ont depuis longtemps connaissance d'abus d'enfants répandus à Hollywood et respectent une règle non écrite qui les empêche d'en parler ? Si c'est le cas, leur réaction à l'affaire des prêtres mécréants apparaît décidément artificielle.
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08 août, 2011

JMJ de Madrid : “Cristiadas”, un film à voir


« Vive le Christ Roi ! »

Non, ce ne sera pas le thème de ces JMJ qui se tiendront à Madrid la semaine prochaine ; mais pour autant le Christ Roi sera présent puisque la première mondiale du film Cristiada aura lieu à cette occasion. C’est dans la capitale espagnole que cet hommage aux Cristeros du Mexique sera étrenné, dans le cadre des activités qui seront proposées au jeunes du monde entier.

Tout un symbole, puisque le film réalisé par Dean Wright, qui avait reçu un Oscar pour les meilleurs effets spéciaux pour la trilogie du Seigneur des anneaux, exalte la résistance des catholiques mexicains face au gouvernement maçonnique du président Plutarco Elias Calles, et ses lois anticléricales de 1926.

Ce fut une résistance armée. Un combat pour la « liberté religieuse »… des catholiques, qui donna à l’Eglise des martyrs et des saints. La présentation qu’en fait le film n’est pas monolithique : à côté d’un avocat mort pour sa foi (et béatifié par Benoît XVI en 2005), Anacleto Gonzales Flores, interprété par l’acteur pro-vie Eduardo Verastegui, on verra un saint prêtre, qui recherche la paix, un autre, moins, qui prend les armes…

Eva Longoria, Peter O’Toole et bien d’autres acteurs très connus dans le monde hispanophone ont participé à cette œuvre à contre-courant qui va certainement faire renaître dans le monde entier l’intérêt pour l’histoire édifiante des Cristeros, qui mouraient en criant « vive le Christ Roi ! ».

D’autres films seront gratuitement proposés aux jeunes pèlerins dans 16 salles madrilènes, comme Popieluszko, Katyn, La Passion du Christ, There be Dragons ou encore (forcément) Des hommes et des dieux.

Article paru dans Présent daté du 9 août 2011.


13 juin, 2011

“The Life Zone” : un film pro-vie ? Non merci !

Je vois que la nouvelle commence à circuler : un film pro-vie, The Life Zone, du réalisateur-juge-candidat au poste de sénateur du New jersey Kenneth Del Vecchio, ne trouve pas de distributeur. Mais de vous à moi, je ne suis pas sûre que ce soit une mauvaise nouvelle.

Ce film d'horreur – Del Vecchio en a d'autres à son actif – a été présenté le week-end dernier au festival international de cinéma de Hoboken, fondé par… Del Vecchio soi-même. L'argument du film est simple : trois femmes ont été kidnappées dans des cliniques d'avortement et sont maintenues prisonnières, le temps de mener à bien leur grossesse et d'accoucher. Les longues nuits et journées de captivité seront ponctués de rêves terrifiants, de rencontres avec un geôlier prompt à les avertir des conséquences de leurs actes si elles refusent de coopérer, et de relations difficiles avec une obstétricienne, « Dr Wise », qui va leur imposer de réfléchir, pendant sept mois, au débat autour de l'avortement.

« Vous étiez, chacune d'entre vous, prêtes à commettre un meurtre », leur lance la gynécologue. « Vous avez commis un péché terrible », annonce le geôlier. Les trois femmes se retrouvent dans une atmosphère oppressante, une salle d'hôpital décorée de chromos de la Divine Miséricorde, de croix, de chapelets : à l'autre bout de la pièce, trois tables d'accouchement les attendent. De cette salle, elles ne sortiront pas tant qu'elles n'auront pas donné la vie, les avertit le médecin.

Peu à peu, de cauchemar en cauchemar, de hurlement en révolte, deux des jeunes femmes finissent par accepter qu'elles portent un enfant, et désirent lui donner la vie. La troisième, Staci, ne cessera d'exiger son « droit constitutionnel » à l'avortement, ne découvrant enfin le sentiment maternel qu'en acccouchant de jumeaux.

Alors, happy end ?

Non, loin s'en faut. Car à la fin du film – attention, je vous dis tout ce que je sais – on comprend que l'action s'est déroulée au purgatoire, les trois « héroïnes » étant toutes mortes au cours de leur avortement. Au purgatoire, leur accouchement est tout sauf une partie de plaisir… Les deux femmes qui ont fini par accepter d'elles-mêmes de donner la vie vont – suppose-t-on – au ciel.

La troisième, Staci, tente de se provoquer une fausse couche en se blessant elle-même. Elle est la forte tête qui s'opposera jusqu'au bout à ses geôliers. Comme elle ne reconnaîtra son tort d'avoir voulu avorter qu'au moment d'éprouver la joie physique de donner la vie et de voir ses enfants pour la première fois, elle apprend qu'elle est condamnée à une éternité de souffrance en enfer, où elle devra sans fin être enceinte et accoucher, sous la houlette du médecin Dr Wise (Blanche Baker) punie non moins éternellement pour s'être suicidée à la suite d'un divorce résultant de son incapacité à avoir des enfants. Par sa propre faute : on comprend qu'elle n'a pas suffisamment pris soin de son corps pendant sa vie terrestre pour pouvoir donner la vie.

Quant au geôlier, interprété par Robert Loggia, on apprend qu'il est en vérité le diable, le satan chargé d'informer les deux femmes de leur damnation.

On peine à imaginer comment un tel scénario peut porter le message pro-vie. Il ne nous appartient pas – et il n'appartient certainement pas à un réalisateur de cinéma – de distribuer des tickets pour l'enfer, de juger en somme. C'est l'absence de bienveillance, d'humanité, de rappel que le pardon est toujours possible qui est le ressort tragique de ce film d'horreur. Menacer de l'enfer est toujours dangereux sans rappeler en même temps l'infinie miséricorde de Dieu. La désespérance, on le sait bien, est la meilleure arme du démon : ce film la fomente, l'alimente, s'y complaît, s'y délecte.

On voit mal d'ailleurs comment il pourrait donner une image aimable du mouvement pro-vie.

Or celui-ci n'a de sens s'il n'est pas l'expression d'un amour vrai, et pour les enfants à naître, et pour leurs mamans.

Même et surtout pour celles qui passent à l'acte.

Ce ne sont pas des monstres à vouer aux flammes éternelles, mais des âmes qui ont besoin de retrouver le chemin de Dieu : non en niant la réalité de ce qu'elles ont fait, mais en montrant que la miséricorde divine est infiniment plus grande.

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01 juin, 2010

Combattre le déclin démographique ?

C'était le thème profond du colloque organisé vendredi dernier à l'Assemblé nationale par l'Institut de géopolitique des populations, présidé par Yves-Marie Laulan. Avec des conférences par des femmes, pour les femmes (il y avait aussi des hommes bien sûr !) venues s'interroger sur le déclin démographique franco-français, dont Yves-Marie Laulan a dit la réalité, occultée par les instituts statistiques.

Quels remèdes ? Ils sont, finalement, d'ordre spirituel et moral, même si le soutien politique est indispensable.

Mais voilà que je viens de tomber sur autre chose. Un documentaire du réalisateur français Thomas Balmès (sortie en salles le 16 juin) : Bébés. On en parle même aux antipodes. Voici donc la bande annonce, trouvée via un site australien… Pour le plaisir (et celles qui voudraient les mêmes à la maison !)…



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06 décembre, 2007

“A la croisée des mondes” : un livre pervers

La sortie du film La Croisée des mondes, dont nous ne nions pas les qualités cinématographiques, servira (cela commence déjà) de moteur à la vente des livres de la trilogie éponyme de l’auteur pour enfants Philip Pullman (en anglais, elle s’intitule His Dark Materials, « ses noirs matériaux »). Et c’est là l’aspect hautement contestable, non du film, qui semble philosophiquement et religieusement anodin, à quelques détails près, mais de l’opération de séduction qui attirera de nombreux jeunes lecteurs vers une littérature mortifère.

Je vous parlerai plus longuement de la trilogie quand j’aurai achevé de la lire. Pour l’heure je viens de refermer le premier tome – et de constater à quel point il a été, volontairement, édulcoré et trahi par la mise en scène cinématographique pourtant approuvée par Philip Pullman. En clair, on en a gommé toutes les aspérités, tous les aspects dérangeants, toutes les scènes révulsantes, toutes les considérations anti-religieuses et les événements ambigus qui émaillent le livre, et on a même un peu arrangé la petite Lyra qui, dans l’œuvre de Pullman, est une insolente, une insoumise par plaisir, une menteuse et une manipulatrice d’une très grande expertise.

L’une des scènes les plus dérangeantes du livre a été purement et simplement coupée du film, bien qu’elle aurait dû en constituer l’apothéose : c’est la conclusion, où l’on s’aperçoit que Lyra, à son insu, n’a délivré son ami Roger que pour l’amener à Lord Asriel qu’elle sait être son propre père. Celui-ci va séparer Roger de son daemon (et torture et tue ainsi l’enfant…) afin de récupérer l’énergie de la séparation qui créera le pont vers l’autre monde vers lequel il va s’éloigner. Lyra, sans se poser la moindre question, empruntera le même pont créé par la souffrance de Roger. La suite au tome 2…

Mais il faut savoir d’où l’on part. Philip Pullman – brillant écrivain, professeur de littérature à Oxford – a déclaré naguère avoir entamé l’écriture de La Croisée des mondes pour faire un anti-Chroniques de Narnia. Et ce n’est pas un hasard si, visuellement, le film La Croisée des mondes rappelle fortement celui tiré l’an dernier de la fantaisie héroïque profondément religieuse, imprégnée d’esprit chrétien, de C.S. Lewis. Celui-ci a créé pour les enfants un monde parallèle qui les aide à comprendre l’amour de Dieu, le mystère du sacrifice rédempteur, la nécessité de faire le bien et d’éviter le mal. Philip Pullman fait tout le contraire : même si le courage, la compassion, l’engagement à lutter pour la justice et pour la vie des enfants sont au cœur de son récit, cette subtile apparence de bien est au bout du compte plus dangereuse qu’une histoire évidemment perverse, qu’un pamphlet athée.

Car oui, Philip Pullman se revendique comme athée, comme athée militant – ou à tout le moins comme l’ennemi d’un Dieu dont il se juge incapable de connaître l’existence mais qui aurait raté sa création, s’il existe. De toute façon ses prêtres, et tout spécialement la hiérarchie catholique (qui apparaît, à peine déguisée sous le nom de « Magisterium », dans la trilogie), seraient les pires des tyrans et des oppresseurs, prêts à tout pour séparer l’homme de son libre arbitre.

Au point que (si je lis bien entre les lignes) les « daemons » qui accompagnent chaque être humain – dites « démons », précise la quatrième de couverture de La Croisée des mondes ! – sont au fond ce libre arbitre conçu comme la liberté de pensée, la liberté d’exister entièrement par soi-même et sans contraintes religieuses et dogmatiques.

La relecture de la "Genèse" dans ce volume montre d'ailleurs la chute originelle comme un événement heureux qui a permis aux hommes de ce monde-là d'accéder à la connaissance...

Il y aurait beaucoup à dire sur le symbolisme de His Dark Materials. Sur la boussole magique consultée par Lyra pour connaître « la vérité » : elle ouvre l’esprit des enfants à l’interprétation des signes pour arriver à un savoir réservé à quelques-uns, on nage en plein gnosticisme. Sur le site internet du film, il y a une boussole magique que nos petits peuvent actionner et consulter à loisir, comme Lyra. Ce n’est pas innocent… Si on voulait les ouvrir à la pratique de la divination, on ne s’y prendrait pas autrement.

Jeanne Smits

Article extrait du n° 6479 de Présent, du Jeudi 6 décembre 2007

29 mai, 2007

“4 mois, 3 semaines et 2 jours”

Un film gris, sans musique, sobre et choquant, avec de très longs plans sans coupure pour accentuer son naturel : le jury du Festival de Cannes a primé le long-métrage 4 mois, 3 semaines et 2 jours du jeune cinéaste roumain Cristian Mengiu, description sans douceur d’un avortement clandestin sous le régime de Ceausescu.

4 mois, 3 semaines et 2 jours : c’est l’âge du bébé mis à mort, et sur la réalité de cette mise à mort, le film ne laisse planer aucun doute. C’est l’aspect de cette œuvre qui devra tempérer les légitimes critiques et notre indignation devant cette promotion de la culture de mort.
Que c’en soit une, cela ne fait pas de doute. L’argument de Cristian Mengiu, 39 ans, est de montrer que sous le régime communiste de Ceausescu qui interdisait l’avortement à toute femme ayant moins de 4 enfants, le recours à l’opération illégale ne donnait lieu qu’à deux sentiments : la peur de se faire prendre, et une forme de solidarité et d’entraide par laquelle les femmes et les jeunes filles tentaient de tourner la loi.

Loi qui n’était en aucun cas dictée par des préoccupations morales, mais uniquement un souci démographique et qui n’offrait pas aux femmes l’assistance dont elles pouvaient avoir besoin face à l’arrivée d’une nouvelle vie dans l’univers sans espoir du communisme. D’ailleurs Mengiu a expliqué le choix de son sujet en rappelant la statistique (vraie ? fausse ?) selon laquelle 500 000 femmes sont mortes au cours d’avortements clandestins sous l’empire de Ceausescu. Et d’ajouter, une fois le film sorti, que nombre de ses amies et connaissances s’étaient reconnues dans l’histoire sordide qu’il raconte.

C’est celle de Gabita, 17 ans, enceinte de plus de quatre mois, épaulée par son amie Otilia, qui va demander à un avorteur infâme, « Monsieur Bébé », de mettre fin à sa grossesse. Celui-ci se fera payer en nature par les deux jeunes filles (ce qui donne lieu à des plans paraît-il discrets) avant de décrire, on ne peut plus clairement, ce qu’il fera subir à Gabita et à son enfant, et de passer à l’acte. Et là, la caméra ne cèle rien. Gros plan sur le petit corps déchiqueté, et sur Otilia qui se charge de le faire disparaître…

La leçon que l’on en tirera, que les partisans de l’avortement tirent depuis longtemps de l’expérience roumaine, c’est que l’interdiction de « l’IVG » est une barbarie. C’est d’ailleurs Jane Fonda qui a remis la Palme d’Or à Mengiu ; et son long-métrage a reçu le prix de l’Education nationale pour sa valeur pédagogique : on en tirera des DVD qui pourront être vus et commentés dans le cadre scolaire. C’est un scandale en soi.

Mais il y a deux autres aspects du film que Mengiu lui-même met en lumière. Il a voulu réfléchir sur les conséquences du régime totalitaire sur les individus : comment le communisme a poussé les gens à tenter de s’opposer au système tout en négociant avec lui et entre eux, jusqu’à faire disparaître toute considération morale et, le cas échéant, toute dignité personnelle.

Mengiu a ainsi affirmé qu’il voulait amener les femmes à se préoccuper non plus de la crainte d’être prises, qui écrasait toute question de conscience, mais aux « conséquences » de leurs actes, ce qui l’avait conduit à filmer avec insistance l’enfant mort.

Drôle de morale : finalement, faut-il attendre l’avortement légalisé pour que les questions morales puissent émerger ?

Ce sont là toute la confusion et toute l’ambiguïté véhiculées par ce film… Qui tout de même, comporte la seule image, la seule scène qui aujourd’hui pourrait mettre nos consciences anesthésiées en face de l’horrible réalité de la mise à mort d’un tout-petit.

Cet article a paru dans Présent daté du mercredi 30 mai 2007.

 
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