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01 octobre, 2020

Le COVID-19 dans le nord de l'Italie : un médecin témoigne (et pose des questions qui dérangent)



Lors d’un séjour à Livourne, en Toscane, en septembre, j’ai rencontré un membre des équipes  de médecins volontaires qui se sont précipités dans le nord de l’Italie en mars à cause de la crise COVID-19. C’était l’une des régions les plus touchées du pays et même du monde. Sur un total de 313.011 cas déclarés fin septembre, avec 35.875 décès attribués au virus de Wuhan, plus des trois quarts ont été enregistrés en Lombardie (101.526 cas et 16.951 décès à ce jour), dans le Piémont, en Vénétie et en Émilie-Romagne. Dans cette dernière province, on comptait au 30 septembre 35.429 cas, et 4.468 décès.


Le Dr Alberto Rossi a bien voulu me raconter son expérience personnelle dans l’un des principaux hôpitaux d’Émilie-Romagne, à Piacenza (Plaisance). Il est convaincu que la réponse politique du gouvernement italien à la crise COVID-19 a été marquée par de mauvaises décisions, notamment l’interdiction générale des autopsies qui aurait évité le recours à des processus thérapeutiques inadaptés, voire dangereux, et la décision discutable de faire appel à des experts scientifiques qui ont systématiquement fait des prédictions erronées mais qui continuent d’orienter les politiques officielles.

Dans un entretien quil donnait au début mois du d'avril à la presse locale en Italie depuis Plaisance, le Dr Rossi soulignait déjà que la situation était déjà bien meilleure à Plaisance après le pic de mars. Et il faisait part de sa conviction que le virus était déjà en circulation depuis « longtemps », assurant une immunité collective déjà importante.

Chose remarquable, le Dr Rossi affirme que, d’après son expérience personnelle et ses investigations auprès des patients du COVID-19 qu’il a lui-même soignés, les personnes qui se sont fait vacciner contre la grippe avant l’épidémie étaient particulièrement exposées au risque. Sur un plan personnel, il est fortement opposé au vaccin anti-COVID. – J.S.

*

Dr Alberto Rossi, voudriez-vous avant toute chose nous parler un peu de vous ?

Je suis médecin militaire avec rang de colonel, aujourd’hui à la retraite. Je me suis rendu disponible auprès de la protection civile pour aller aider les collègues dans les régions qui ont été affectées les premières par le coronavirus. J’ai fait partie du premier contingent déployé en Lombardie et en Émilie-Romagne. J’ai été affecté à cette dernière région, à l’hôpital de Piacenza (Plaisance).

Ce fut pour moi une expérience intéressante. J’ai vu que deux de mes collègues qui ont participé comme moi à cette activité sont tombés malades ; ils étaient tous les deux plus jeunes que moi (j’ai 69 ans – je suis un petit vieillard de 1951 !), un homme et une femme. Ils ont été guéris à l’hôpital au bout d’une semaine parce qu’ils n’avaient pas d’autre pathologie.

C’était le début de la crise. Il y avait-il déjà beaucoup de malades ?

Oui. J’ai rejoint l’hôpital de Plaisance le 26 mars ; cette ville a récupéré la plus grande partie de ses malades du COVID vers le 12 au 13 mars. Quand je suis arrivé, on était au pic de l’infection. Personnellement, j’ai eu la charge d’environ 100 malades –  des personnes en état d’urgence moyenne. Je n’ai pas travaillé en réanimation. Presque tous ces patients étaient âgés, ayant, disons, plus de 70 ans, souffrant de pluri-pathologies. J’ai personnellement mené une enquête sur l’histoire sanitaire de ces personnes, et j’ai constaté que la quasi-totalité d’entre elles avaient été vaccinées contre la grippe.

Ce vaccin est-il fréquent en Italie ?

Dans le nord, oui. On est vacciné davantage dans le nord que dans le centre et dans le sud.

Sachant que les militaires américains ont observé des réactions adverses à l’administration du vaccin antigrippal, avec notamment des troubles respiratoires avec pneumonie, j’ai demandé aux patients que j’ai soignés personnellement s’il avaient reçu le vaccin contre la grippe. La quasi-totalité l’avait en effet reçu. Comme je l’ai déjà dit ce vaccin est très répandu en Lombardie. Je soupçonne que cela a pu faciliter le COVID.

Parmi ces 100 personnes que j’ai soignées j’ai noté précisément cette concordance de l’âge et des pathologies. Il y avait seulement trois jeunes – nés en 1983, 1985… – mais ils souffraient tous d’une autre pathologie. L’un avait une néoplasie – une tumeur –, l’autre était sous dialyse, par exemple. C’est ainsi que je me suis fait une idée de la capacité du SARS-COV2, le virus qui provoque le COVID-19, à frapper des personnes qui se trouvaient en difficulté pour diverses raisons. Les thérapies qui ont été appliquées à cette période étaient à base d’hydroxychloroquine, d’anti-inflammatoires.

Selon votre opinion, hydroxychloroquine est-elle utile ?

Je pense que oui. C’est plus qu’une opinion personnelle : c’est une opinion que je me suis faite à partir de la littérature médicale. Pendant ce temps, d’autres molécules comme le Remdesivir ont été utilisés, même par Berlusconi. Les collègues qui ont essayé ce médicament m’ont dit, pendant que j’étais à Plaisance, qu’il ne semblait pas avoir un grand effet.

Il semble qu’elle soit efficace. Nous l’avons utilisée. Mais ça, c’est une étude que l’on fera rétrospectivement. Ma fonction était autre : elle était de soigner les gens avec cette thérapie-là, et je ne peux exprimer un jugement médical. Mais je pense, en juger d’après la presse internationale, que l’hydroxychloroquine, le Plaquénil, a été très, très efficace.

Quelle est aujourd’hui votre opinion à propos de la crise du COVID ?

Mon impression est que la situation du COVID a été exacerbée de façon excessive de telle sorte que je n’arrive pas à y voir clair. La maladie a sans aucun doute a existé, et elle existe encore parce que le virus existe encore, mais le virus s’est diffusé  indépendamment de nos mesures, de nos lockdowns, du confinement. Il s’est d’une certaine façon affaibli, c’est-à-dire qu’il n’a plus la même capacité pathogène qu’il avait au départ, en mars.

Peut-être vais-je dire une hérésie, mais comme beaucoup de spécialistes de toutes les couleurs ont dit cela, je peux me permettre de le faire, moi aussi. Je suis un simple pneumologue, non un spécialiste de la virologie. Mais je fais ce raisonnement simple : si le virus n’est plus aussi fort, s’il n’est plus capable de donner des pathologies, où est donc le problème de le voir se diffuser plus vite, puisque les gens s’auto-vaccinent ? Je me rappelle qu’il y a quelques mois, des cris d’alarme étaient lancés par de nombreux virologues italiens contre tel rassemblement, telle réunion, telle fête publique, par exemple après des matchs de football. Je pense à celui entre Napoli et la « Juve », lorsque Naples a remporté la Coupe d’Italie et que des milliers de personnes se sont rassemblées. Ils disaient : « Vous allez voir, après un mois, combien il aura de cas mortels ! » Et il ne s’est rien passé.

Nous sommes aux mains de soi-disant scientifiques qui nous annoncent ce qui va arriver et qui sont ensuite démentis par les faits. Je pense qu’ils ont des objectifs qui nous échappent. Indubitablement, l’infection se diffuse dans le monde entier, mais à mon avis, on l’a un peu exagéré, un peu gonflé pour des motifs que je n’arrive pas à comprendre et qui d’ailleurs me préoccupent.

Sont-ils politiques, alors ?

Je ne le sais pas. En Italie il y a une situation particulière, sur le plan politique, car notre gouvernement est dans une position de grande faiblesse et il se maintient en vie à travers cette situation, en infusant la peur. Tous les jours au journal télévisé nous avons le bulletin des infectés, des malades et des guéris. Il me semble que nous sommes le seul pays d’Europe qui fait un bulletin quotidien de cette façon. Toutes les chaînes de télévision ont fait du terrorisme en ce sens. Ils ont voulu imposer le masque tous les enfants dans les écoles. Finalement, c’est uniquement pour les enfants de plus de 6 ans. Mais le masque chirurgical sert à arrêter le virus comme une grille arrête les fourmis, c’est-à-dire pas du tout. Si en outre le virus a perdu sa capacité pathologique, je ne comprends rien. Certes, protégeons les personnes les plus à risque. Ceux-là, oui.

Il s’est passé quelque chose de très important à mon sens : vous savez que le 1er avril de cette année, Roberto Speranza, ministre de la Santé, a émis une circulaire par laquelle il décourageait de manière assez ferme la réalisation des autopsies…

Cela est donc vrai ?

Oui, j’ai lu toute l’ordonnance – et cela vaut la peine de la lire. Elle décourage les autopsies, en les empêchant presque totalement, disant quasiment que seule la magistrature, dans des cas particuliers, peut opportunément faire des autopsies. Par conséquent, pas un seul médecin spécialisé ne s’est hasardé à faire des autopsies. Celles-ci n’ont été réalisées que plus tard, quand le plus grand mal était déjà fait. Si on les avait faites à temps, on se serait rendu compte que ces pneumopathies interstitielles bilatérales que nous voyions à l’hôpital étaient la conséquence d’une vasculopathie, d’une thrombose vasculaire disséminée. Nous nous sommes donc trompés de thérapie. Nous avons pompé de l’oxygène dans les poumons alors qu’il aurait fallu donner des anti-inflammatoires, cortisone et dexaméthasone par exemple, pour bloquer cette cascade inflammatoire. Aujourd’hui, c’est ce que l’on fait. À mon avis, mais je suis un simple monsieur tout-le-monde, le thérapie adaptée pourrait bien être celle-là : cortisone dès le départ, et l’enoxaparine qui est une héparine à bas poids moléculaire, qui sert à prévenir les thromboses et non à les résoudre  – pour cela il y a d’autres produits. Mais pour prévenir la thrombose, il faut une héparine à bas poids moléculaire.

Pensez-vous que le confinement a été utile ?

Je pense qu’un lockdown limité aux zones les plus importantes – ainsi toute la Lombardie est devenue zone rouge – l’aurait été, mais nos gouvernants ont perdu du temps, et ils ont pris des dispositions stupides en interdisant les autopsies. Je ne crois pas au fait que l’Italie ou les autres pays aient été pris à l’improviste. Je refuse de penser qu’après l’expérience chinoise, les services d’information de l’Occident n’avaient pas informé les gouvernements de l’état des choses. Si nous pensons que le 31 janvier, gouvernement italien a fait une délibération d’état d’urgence, qu’a-t-on donc fait avant que cette urgence n’explose ? Les hôpitaux où je suis allé à Plaisance étaient dans une totale impréparation. Mes collègues médecins n’ont même pas été soumis à des examens sérologiques ou à des tests nasaux. Un grand nombre d’entre eux ont été malades.

Ça suffit. Je suis militaire, certes à la retraite. Je dis ceci : nous avons l’habitude des urgences dans le cadre de l’activité sanitaire militaire et nous savons que s’il y a une diffusion de virus, la première chose à faire n’est pas de d’entasser les malades à l’hôpital où ils infecteront tout le monde : tout l’hôpital sera infecté et deviendra un hôpital COVID même pour ceux qui viennent pour une amygdalectomie ou une appendicectomie, pour une opération au genou… C’est ainsi que se diffuse un virus hautement contagieux.

Cependant, je dois ajouter que le virus n’a été mortel que dans des situations déterminées, mais aussi en raison d’erreurs thérapeutiques dues au raisonnement qu’on avait fait au départ.

Il suffisait en réalité de mettre un petit hôpital de campagne à l’extérieur de l’hôpital et de faire la sélection.

Toute cette affaire me semble étrange et suspecte : pourquoi tant de choses n’ont-elles pas fonctionné ? Elles devaient fonctionner, elles pouvaient fonctionner. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette histoire.

Aujourd’hui les contaminations sont beaucoup moins graves, mais il faut le masque partout en Italie…

Oui, partout. Nous sommes obligés de nous y soumettre parce que sinon nous avons des ennuis administratifs, des amendes, notamment pour les responsables d’activités commerciales, les clients, les hôtes des différentes structures. Les dommages économiques ont été monstrueux. Il y a eu tant de familles frappées. J’imagine ces personnes, ces pauvres gens vivant de petits boulots : que deviennent-ils ? La situation est préoccupante, vraiment. Et tout cela pour quoi ?

L’association Corvelva, une association suisse qui fournit une information alternative, a publié il y a quelques jours l’annuaire des virologues qui ont collaboré avec les laboratoires pharmaceutiques et qui en ont reçu des financements. Je me suis fait un petit plaisir, je suis allé voir les noms de quelques virologues qui se répandent sur la télévision italienne – Galli, Pregliasco, Lopalco… – ; ce sont tous des virologues qui ont eu et qui ont encore des rapports économiques avec les laboratoires pharmaceutiques qui produisent des vaccins. Ce n’est pas très joli : ils devraient au moins le dire. En soi, cela n’est pas condamnable : je pense que la liberté est une des choses les plus importantes. Mais elle comprend la liberté de critiquer, et même davantage, le droit de savoir – pour nous les utilisateurs, les simples citoyens – si le virologue qui vient pontifier tous les jours à la télévision a eu des rapports économiques avec des laboratoires pharmaceutiques, s’il a été payé, en somme.

En France c’est la même chose…

Evidemment. J’ai recueilli les données – ce fut un peu fastidieux – et ainsi j’ai pu établir que Lopalco, virologue de l’Université de Pise, engagé politiquement au côté d’Emiliano qui est le président de la région des Pouilles, et qui pontifie toute la journée sur Facebook et à la télévision, en faisait partie. Je lui ai fait une demande sur Facebook à propos de ce qui se diffuse actuellement au compte-gouttes au sein de la population sur le fait que des virologues puissent avoir des intérêts auprès de certains laboratoires pharmaceutiques qui produisent des vaccins, en disant que ce ne serait pas mal si lui, publiquement, écrivait qu’il n’avait eu aucune relation de ce type avec ces laboratoires. Il ne m’a pas répondu. J’ai l’intention d’envoyer cette information à divers journaux – vous savez, moi-même, j’ai eu des activités politiques. J’ai été maire de Fauglia, et j’ai été chef de groupe du parti de centre droit dans la province de Pise.

Que pensez-vous du vaccin anti-COVID ?

Avec l’expérience de ces soldats américains qui se sont trouvés mal… Je n’étais pas, à titre personnel, opposé aux vaccins. C’est si vrai que lorsque j’étais en service à l’hôpital militaire de Livourne, quand on m’a demandé si j’étais volontaire pour un vaccin expérimental contre l’hépatite B, j’ai répondu positivement et j’ai reçu ce vaccin. Mais depuis que j’ai lu et compris les résultats de l’étude publiée par Corvelva d’une doctoresse italienne, le Dr Bolgan – elle a publié un film d’environ 15 minutes où elle donne des informations sur les résultats obtenus à la suite d’une enquête sur les composantes de ce vaccin – je m’inquiète. Il est vrai qu’au niveau international il existe une organisation nommée AIFA qui a la charge au niveau européen de contrôler les vaccins. Mais que je sache – je peux certes me tromper – elle exerce son contrôle après la vaccination, et non sur la composition les vaccins. Que je sache – mais je peux me tromper – les États se fient aux affirmations des certifications faites par les maisons qui produisent les vaccins.

Ce sont donc des auto-certifications ?

Oui, exactement. Ce sont des auto-certifications qui assurent que le vaccin est bon, et les États l’administrent, en tenant compte précisément de cette auto-certification.

Après avoir vu la vidéo du Dr Bolgan j’ai été très préoccupé, et je peux vous dire que je ne me ferai pas vacciner. Et ce d’autant que je n’ai jamais fait de vaccin antigrippal. En tant que médecin généraliste, j’ai visité de nombreuses personnes grippées à domicile, certaines ayant eu la courtoisie de tousser au moment où je faisais l’auscultation thoracique, directement dans ma figure, mais je n’ai jamais eu la grippe. Je veux dire par là que je n’ai pas de prédisposition. Et je n’ai pas d’autre pathologies.

En tout cas j’ai des doutes, notamment pour ce qui est d’imposer des vaccins à des enfants. En Italie cela se fait depuis les années 1970 en refusant l’entrée à l’école à ceux qui ne sont pas vaccinés, mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose.

Je ne veux pas tenir un discours anti-vaccin. Mais il est trop facile de dire que si nous n’avions pas eu le confinement, qui sait combien nous aurions eu de morts. Il n’y a pas de contre-preuve. Il suffit de voir l’exemple de la Suède, qui n’a pas eu de lockdown, et où le nombre de morts relativement à la population totale ressemble au taux que nous avons ici en Italie. On a entendu ici à la télévision : « Ici en Italie, nous sommes en exemple pour toute l’Europe, pour le monde entier. » Mais ce doit être un exemple négatif – par exemple, en ce que nous avons refusé de faire des autopsies.

Que dites vous de tout cela en tant que pneumologue ?

Je me suis porté volontaire auprès de la protection civile précisément à cause de ma spécialité, en me disant qu’on ferait peut-être appel à moi dans un deuxième temps. En fait, j’ai fait partie du premier contingent. Je suis à la retraite et je suis veuf, et je me suis dit : « Advienne que pourra. »

Et avez-vous été malade du COVID ?

Non. J’ai fait le test à la fin, ainsi que le prélèvement pour savoir si j’avais des anticorps – j’espérais l’avoir eu – mais tout était négatif. Il est vrai qu’on ne peut avoir qu’une confiance relative en ces tests ; il faudrait au moins les répéter pour vérifier le premier résultat.

La population italienne a-t-elle était terrorisée ? Porte-t-on des masques ici pour ne pas payer l’amende ou parce qu’on a peur ?

Terrorisée ! On voit beaucoup de personnes seules en voiture qui portent le masque.

A Nice, en France, le masque est obligatoire même pour les personnes seules en voiture.

C’est de la folie. 

Propos recueillis par Jeanne Smits

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19 octobre, 2018

Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò : une réponse aux accusations du cardinal Ouellet

Ce vendredi 19 octobre, Mgr Carlo Maria Viganò a rendu public son troisième témoignage, qui prend la forme d'une réponse au cardinal Ouellet. Il maintient ses accusations relatives à l'affaire McCarrick et accuse clairement le « fléau » qui selon lui est à la racine des scandales qui secouent l'Eglise. Je vous en propose ici la traduction complète, par mes soins, d'après le texte anglais publié par LifeSiteNews. – J.S.


Troisième témoignage de Carlo Maria Viganò :

une réponse  aux accusations du cardinal Ouellet

En la fête des martyrs nord-américains

Le fait de porter témoignage de la corruption au sein de la hiérarchie de l'Eglise catholique a été pour moi une décision douloureuse, et elle le demeure. Mais je suis un homme âgé, un homme qui sait devoir bientôt rendre compte devant le Juge de ses actions et omissions, un homme qui craint Celui qui peut jeter corps et âme en enfer. Un juge qui, même dans son infinie miséricorde, accordera à chacun salut ou damnation selon ses mérites. Anticipant la question terrible de ce Juge – “Comment as-tu, toi qui avais connaissance de la vérité, pu garder le silence au milieu du mensonge et de la dépravation ?” – quelle réponse pouvais-je donner ?

J'ai témoigné avec la pleine conscience de l’inquiétude et du désarroi que mon témoignage allait provoquer chez beaucoup de personnes éminentes : des hommes d’Eglise, des frères évêques, des collègues avec qui j'avais travaillé et prié. Je savais que beaucoup d'entre eux se sentiraient blessés et trahis. Je m'attendais à ce que certains m’assaillent à leur tour, moi et mes motivations. Plus douloureux que tout, je savais qu'un grand nombre de fidèles innocents seraient troublés et déconcertés par le spectacle d'un évêque accusant des collègues et des supérieurs de méfaits, de péchés sexuels et d’une grave négligence à l'égard de leur devoir. Mais je crois que la persistance de mon silence eût mis beaucoup d’âmes en péril, et damnerait certainement la mienne. Ayant rapporté à de nombreuses reprises à mes supérieurs et même au pape le comportement aberrant de Theodore McCarrick, j'aurais pu dénoncer publiquement plus tôt les vérités dont j'avais connaissance. Si j'ai quelque responsabilité par rapport à ce retard, je m'en repens. Ce retard a été dû à la gravité de la décision que j'allais prendre, et au long travail de ma conscience.

On m’a accusé de susciter la confusion et la division au sein de l'Eglise par ce témoignage. A ceux qui pensent que cette confusion et cette division étaient insignifiantes avant août 2018, une telle assertion peut paraître plausible. Les observateurs plus impartiaux, en revanche, auront eu conscience qu’on a confusion et division à l’excès, et de longue date, comme il était inévitable dès lors que le successeur de Pierre néglige d'exercer sa mission principale, qui est d’affermir ses frères dans la foi et dans la saine doctrine morale. S'il exacerbe alors la crise par le biais de déclarations contradictoires ou déconcertantes à propos de ces doctrines, la confusion s'aggrave.

C'est pourquoi j'ai parlé. Car c’est la conspiration du silence qui a causé et qui continue de causer de grands dommages au sein de l’Eglise – des dommages  frappant tant d'âmes innocentes, de vocations sacerdotales, et les fidèles en général. En ce qui concerne ma décision, que j'ai prise en conscience devant Dieu, j'accepte volontiers toute correction fraternelle, tout conseil, toute recommandation et invitation à progresser dans ma vie de foi et d'amour pour le Christ, l’Eglise et le pape.

 Laissez-moi redire les éléments-clefs de mon témoignage.
  • En novembre 2000, le nonce aux Etats-Unis, Mgr Montalvo, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec des séminaristes et des prêtres.
  • En décembre 2006 le nouveau nonce aux Etats-Unis, Mgr Pietro Sambi, informait le Saint-Siège du comportement homosexuel du cardinal McCarrick avec encore un autre prêtre.
  • En décembre 2006, j'ai moi-même écrit un mémorandum au secrétaire d’Etat, le cardinal Bertone, et je l’ai personnellement remis au substitut pour les affaires générales, Mgr Leonardo Sandri, appelant le pape à mettre en place des mesures disciplinaires extraordinaires à l'encontre de McCarrick afin d'éviter de futurs crimes et scandales. Ce mémorandum n'a pas reçu de réponse.
  • En avril 2008, une lettre ouverte au pape Benoît XVI signée de Richard Sipe a été  relayée par le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Levada, au secrétaire d'Etat, le cardinal Bertone, faisant état d'accusations supplémentaires affirmant que McCarrick couchait avec des séminaristes et des prêtres. Je la reçus un mois plus tard, et en mai 2008 j'ai moi-même remis un deuxième mémorandum à celui qui était alors substitut pour les affaires générales, Mgr Fernando Filoni,  rendant compte des accusations visant McCarrick et demandant que des sanctions soient prises à son encontre. Ce deuxième mémorandum ne devait pas non plus recevoir de réponse.
  • En 2009 ou 2010, j’ai appris du cardinal Re, préfet de la Congrégation des évêques, que le pape Benoît XVI avait ordonné à McCarrick de cesser tout ministère public et d’entamer une vie de prière et de pénitence. Le nonce Sambi a communiqué les ordres du pape à McCarrick avec une voix d'une force telle qu'on l'entendait dans tout le couloir de la nonciature.
  • En novembre 2011, le cardinal Ouellet, nouveau préfet des évêques, m'a répété, à moi le nouveau nonce aux Etats-Unis, les restrictions imposées par le pape à McCarrick, et je les ai moi-même communiquées à McCarrick, face-à-face.
  • Le 21 juin 2013, vers la fin d'une assemblée officielle de nonces au Vatican, le pape François m'a dit des mots énigmatiques, critiquant l’épiscopat américain.
  • Le 23 juin 2013, j'ai rencontré le pape François face-à-face dans son appartement pour lui demander des explications, et le pape m'a demandé : « Il cardinale McCarrick, com’è ? » (Le cardinal McCarrick, comment est-il ?), chose que je ne peux interpréter que comme une curiosité feinte visant à découvrir si j'étais ou non un allié de McCarrick. Je lui ai dit que McCarrick avait sexuellement corrompu des générations de prêtres et de séminaristes, et qu'il avait reçu ordre de Benoît XVI de se retirer et de mener une vie de prière et de pénitence.
  • Au lieu de cela, McCarrick a continué de jouir  de l'attention particulière du Pape François ; il se vit confier par lui de nouvelles responsabilités et missions.
  • McCarrick faisait partie d'un réseau d’évêques qui fait la promotion de l’homosexualité ; mettant à profit la faveur dont ils jouissaient auprès du pape François, ils manipulaient les nominations épiscopales de manière à se protéger face à la justice et à renforcer le réseau homosexuel dans la hiérarchie de l'Eglise et  dans l'ensemble de celle-ci. Le pape François a soit été complice de cette corruption, ou bien, sachant ce qu'il sait, gravement négligent en omettant de s'y opposer et de l’extirper.
J'ai invoqué Dieu en tant que témoin de la véracité de mes dires, et on n’a pu prouver la fausseté d’aucun d’entre eux. Le cardinal Ouellet m'a écrit pour me réprimander en raison de ma témérité parce que j'ai rompu le silence et lancé des accusations aussi graves à l'encontre de mes frères et de mes supérieurs, mais en vérité, sa remontrance m'affermit dans ma décision et, plus encore, sert à justifier mes accusations, prises séparément comme dans leur ensemble.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît qu'il a parlé avec moi de la situation de McCarrick avant mon départ pour Washington où je prenais mon poste de nonce.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît qu'il m’a communiqué par écrit les conditions et restrictions imposées à McCarrick par Benoît XVI.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît que ces restrictions interdisaient à McCarrick de voyager ou d'apparaître en public.
  • Le cardinal Ouellet reconnaît que la congrégation des évêques a par écrit, d'abord par le truchement du nonce Sambi et une nouvelle fois par le mien, exigé de McCarrick qu'il s'adonne à une vie de prière et de pénitence.
Que conteste le cardinal Ouellet ?
  • Le cardinal Ouellet conteste la possibilité que le pape François ait pu intégrer une information importante concernant McCarrick en un jour où il avait rencontré des dizaines de nonces, n'accordant à chacun que quelques moments de conversation. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est que lors d’une deuxième réunion, privée, j'ai informé le pape, répondant à sa propre question sur Théodore McCarrick, alors cardinal-archevêque émérite de Washington, personnalité éminente de l'Eglise aux Etats-Unis, et affirmant au pape que McCarrick avait sexuellement corrompu ses propres séminaristes et prêtres. Aucun pape ne saurait oublier cela.
  • Le cardinal Ouellet conteste l'existence dans ses archives de lettres signées par le pape Benoît XVI ou par le pape François concernant des sanctions imposées à McCarrick. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu'il possède dans ses archives des documents-clefs – quelle que soit leur provenance – qui incriminent McCarrick et qui apportent une trace écrite des mesures prises à son encontre, et d'autres preuves de l’occultation de sa situation. Et je le reconfirme.
  • Le cardinal Ouellet conteste l’existence parmi les dossiers de son prédécesseur, le cardinal Re, de «  mémos d’audience » imposant à McCarrick les dites restrictions. Mais tel n'était pas mon témoignage. Mon témoignage est qu'il existe d'autres documents : par exemple, une note du cardinal Re, non ex-Audientia SS.mi, signée soit par le secrétaire d’Etat ou par son substitut.
  • Le cardinal Ouellet rétorque qu'il est faux de présenter les mesures prises à l'encontre de McCarrick comme des « sanctions » décrétées par Benoît XVI et annulées par le pape François. C’est vrai. Il ne s'agissait pas techniquement de « sanctions », mais de dispositions, « des conditions et des restrictions ». Ergoter sur le fait de savoir s'il s'agissait de sanctions ou de dispositions ou d’autre chose est du pur légalisme. D'un point de vue pastoral il s'agit exactement de la même chose.
En résumé, le cardinal Ouellet reconnaît les affirmations importantes que j'ai  exprimées que j'exprime encore, et conteste des affirmations que je n'exprime pas et que je n'ai jamais exprimées.

Sur un point, je dois absolument réfuter ce que le cardinal Ouellet a écrit. Le cardinal déclare que le Saint-Siège n'avait connaissance que de « rumeurs », qui était insuffisantes pour justifier des mesures disciplinaires à l'encontre de McCarrick. J'affirme au contraire que le Saint-Siège était conscient d’une série de faits concrets, et qu'il possède des preuves documentaires, et que les personnes responsables ont  néanmoins choisi de ne pas intervenir ou qu'elles ont été empêchées de le faire. La compensation financière accordée par l’archidiocèse de Newark et le diocèse de Metuchen aux victimes des abus sexuels de McCarrick, les lettres du P. Ramsey, des nonces Montalvo en 2000 et Sambi en 2006, du Dr Sipe en 2008, mes deux notes aux supérieurs du secrétariat d’Etat, décrivant en détail des allégations concrètes à l'encontre de McCarrick, ne sont-ce donc que des rumeurs ? Ce sont des correspondances officielles, et non des ragots de sacristie. Les crimes évoqués étaient très graves, y compris celui de tenter de donner l'absolution sacramentelle à ses complices d'actes pervers, avec célébration sacrilège de la messe par la suite. Ces documents précisent l’identité des auteurs et de leur protecteur, et la séquence chronologique des faits. Ils sont conservés dans les archives adéquates ; il n'est nul besoin d'enquête extraordinaire pour les recouvrer.

Parmi les remontrances publiques qui m'ont visé j'ai remarqué deux omissions, deux silences dramatiques. Le premier silence concerne le sort des victimes. Le second est relatif à la raison sous-jacente pour laquelle il y a tant de victimes, à savoir, l'influence corruptrice de l’homosexualité  au sein du sacerdoce et de la hiérarchie. Pour ce qui est du premier, il est consternant que parmi tous les scandales et toute l’indignation, on accorde si peu d’attention à ceux qui ont été abîmés par les prédations sexuelles de personnes ayant reçu la charge d'être ministres de l’Evangile. Il ne s'agit pas ici d’une affaire de règlement de comptes ou de bouderies à propos des vicissitudes des carrières ecclésiastiques. Il ne s'agit pas de politique. Il ne s'agit pas de savoir comment les historiens de l’Eglise pourront évaluer tel pontificat ou tel autre. Il s'agit des âmes. De nombreuses âmes ont été et sont encore aujourd'hui en péril de perdre leur salut éternel.

Pour ce qui est du second silence, cette crise très grave ne peut pas être abordée ni résolue de manière correcte si nous n'appelons pas les choses par leur nom. Il s'agit d'une crise due au fléau de l’homosexualité, en ses agents, en ses motifs, en sa résistance à la réforme. Il n'y a pas d’exagération à dire que l'homosexualité est devenue une plaie au sein du clergé, et il ne sera éradiqué qu’au moyen d'armes spirituelles. C’est une énorme hypocrisie que de condamner les abus, de prétendre verser des larmes sur les victimes, et de refuser cependant de dénoncer la cause qui est à la racine de tant d'abus sexuels : l’homosexualité. C'est une hypocrisie que de refuser de reconnaître que ce fléau est dû à une grave crise dans la vie spirituelle du clergé, et d’ommettre de prendre les mesures nécessaires pour y remédier.

Il existe incontestablement des clercs coureurs de jupons, et incontestablement, ils font du tort eux aussi à leurs propres âmes, aux âmes de celles qu'ils corrompent, et à l'Eglise en général. Mais ces violations du célibat sacerdotal sont en général confinées aux individus directement concernés. Les clercs coureurs de jupons ne recrutent en général pas d'autres coureurs, ils ne travaillent pas à leur promotion, ni n'occultent leurs méfaits – tandis que que les preuves de la collusion homosexuelle, avec ses racines profondes si difficiles à extirper, sont accablantes.

Il est bien établi que les prédateurs homosexuels exploitent le privilège clérical à leur propre avantage. Mais affirmer que la crise elle-même est constituée par le cléricalisme est pur sophisme. Cela revient à prétendre qu'un moyen, un instrument, est en réalité le principal motif.

La dénonciation de la corruption homosexuelle et de la lâcheté morale qui lui permet de prospérer ne recueille pas de nos jours les congratulations, pas même dans les plus hautes sphères de l’Eglise. Je ne suis pas étonné de ce que, ayant attiré l’attention sur ces fléaux, je sois accusé de déloyauté à l'égard du Saint-Père, et de fomenter une rébellion ouverte et scandaleuse. Mais la rébellion supposerait d'exhorter d'autres à renverser la papauté. Je n'exhorte à rien de tel. Je prie chaque jour pour le pape François –  plus que je ne l'ai jamais fait pour les autres papes. Je demande, je supplie même de la manière la plus ardente, le Saint-Père d'être à la hauteur des engagements qu’il a lui-même pris lorsqu’il a assumé son office de successeur de Pierre. Il a pris sur lui la mission de confirmer ses frères et de conduire toutes les âmes à la suite du Christ, dans le combat spirituel, sur le chemin de la Croix. Qu’il reconnaisse ses erreurs, qu'il se repente, qu'il montre sa disposition à remplir le mandat confié à Pierre et que, une fois converti, il affermisse ses frères (Luc 22:32).

En conclusion, je veux répéter mon appel à mes frères évêques et aux prêtres qui savent que mes déclarations sont vraies et qui peuvent en témoigner, ou qui ont accès aux documents qui peuvent lever tout doute sur cette affaire. Vous êtes, vous aussi, face à un choix. Vous pouvez choisir de vous retirer de la bataille, de soutenir la conspiration du silence et de détourner vos yeux devant la corruption qui s’étend. Vous pouvez faire des excuses, des compromissions et des justifications qui retarderont l’heure de vérité. Vous pouvez vous consoler à l'aide du mensonge et de l'illusion selon lesquelles il sera plus facile de dire la vérité demain, puis le lendemain, et ainsi de suite.

A l'inverse, vous pouvez choisir de parler. Vous pouvez faire confiance à Celui qui nous a dit : « La vérité vous rendra libres. » Je ne dis pas qu'il sera facile de choisir entre se taire et parler. Je vous exhorte à considérer quel choix – sur votre lit de mort, puis devant le juste Juge – vous ne regretterez pas d'avoir fait.


Carlo Maria Viganò

Archevêque tit. d’Ulpiana
Nonce apostolique



Le19 octobre 2018

Fête des martyrs nord-américains

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28 mars, 2018

Arnaud Beltrame : témoignage du P. Jean-Baptiste lors de la messe célébrée par Mgr de Romanet à Saint-Sulpice

Avec l'aimable permission des chanoines de Lagrasse, voici le texte complet du témoignage du P. Jean-Baptiste lu à la messe célebrée à Saint-Sulpice à Paris par Mgr Antoine de Romanet, évêque aux armées, en l'honneur du 

colonel Arnaud BELTRAME (18 AVRIL 1973 - 24 MARS 2018).


Cher Monseigneur, chers frères et sœurs,

   Après l'hommage national de ce matin, j’aurais aimé être à vos côtés pour évoquer la figure du colonel Arnaud Beltrame, que je préparais au mariage depuis deux ans et dont j'étais proche en ces dernières années. Mais il me faut prêcher à ses funérailles demain matin à Carcassonne. Ma prière rejoint donc la vôtre ce soir.

   Vous savez tous la joie que j'ai eue d'être aux côtés du colonel Arnaud Beltrame avec Marielle, sa fiancée et déjà civilement son épouse, il y a cinq jours, à l'hôpital. Nous étions réunis tous les trois comme pour leur mariage que je devais bénir bientôt, et c'est l’ultime onction du sacrement des malades que nous avons célébrée à la place, pour un héros qui fait l'admiration de tous.

   Louons le Seigneur pour la force qu'il a mise en ce cœur d'homme et d'officier. Son excellente forme physique impressionnait ses hommes. Il venait souvent me voir en tenue de randonneur. Vous savez sa belle carrière militaire. Mais, plus important que tout, il ne cachait à personne la joie que Dieu lui avait offerte en redécouvrant la foi catholique vers ses 33 ans, entraînant sa première communion et le sacrement de confirmation il y a neuf ans seulement. Nous parlions beaucoup de conjugalité, d'évangélisation, du diable ou autre. Il avait soif de savoir et de comprendre.

   Intellectuellement brillant, il a suivi une préparation au mariage exigeante avec un sérieux qui force mon admiration. Marielle et lui venaient chaque mois à des rencontres de couples à Narbonne ou à l'abbaye de Lagrasse. Arnaud nous a marqué par sa vivacité, sa joie contagieuse et sa capacité d’entraînement. Loquace, il était presque bavard... Je devais parfois l'interrompre pour que Marielle puisse s'exprimer... et il le faisait avec un tendre sourire vers elle. Car ce soldat, ce chuteur opérationnel, ce gendarme d'élite fondait devant celle qu'il aimait et débordait d’attentions délicates, de mots gentils. J'en ai été cent fois témoin.

   Sa déclaration d'intention pour le mariage catholique que je devais célébrer le 9 juin prochain près de Vannes est admirable. Marielle ne souhaite pas que soit rendue publique cette lettre ultime. Sachez que ce texte écrit seulement quatre jours avant sa mort héroïque, prouve son adhésion inconditionnelle et fervente à toute la foi catholique et à sa tradition, qu'il y prie en particulier Notre Dame avec gratitude, qu'il demande l'aide de saint Michel et prend saint Joseph pour modèle.

   Bénissant sa maison le 16 décembre dernier, j'avais été frappé de la décoration manifestant sa foi et sa passion pour l'histoire et la gendarmerie. Mais plus encore, par le fait qu'il avait réservé une pièce pour en faire un oratoire. Nous y avons prié tous les trois. Imitez-le ! Faisons une place dans nos vies à la prière !

   Les jours saints que nous vivons rappellent le Sacrifice rédempteur du Christ. Louons le Seigneur de lui avoir permis d'imiter Jésus, de vivre qu' « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13). Arnaud savait le risque fou qu'il prenait en se livrant comme otage du terroriste. Il l'a fait pour sauver une vie, plusieurs peut-être, car tel était son engagement d'officier de gendarmerie et de chrétien.

   Je crois qu'il a offert sa vie pour que s'arrête la mort. La croyance du djihadiste lui ordonnait de tuer. La foi chrétienne d'Arnaud l'invitait à sauver, en offrant sa vie s'il le fallait.

   Arnaud est-il un saint au Ciel, un pécheur au purgatoire ou un damné en enfer, comme le pensent les partisans de son meurtrier ? Nous avons grand espoir qu'il nous regarde et intercède pour nous, mais Dieu seul le sait. Quoi qu'il en soit, prions pour lui et les autres victimes de cette tragédie. Prions pour son assassin et ses complices.

   Le colonel Beltrame était convaincu qu'on ne peut pas lutter contre une idéologie uniquement avec des armes et des ordinateurs. On ne peut la vaincre durablement qu'avec des convictions spirituelles. La foi catholique qu'il a redécouverte, les merveilles chrétiennes de l'histoire de France qui le passionnaient, sont le meilleur bouclier contre la folie des convictions assassines qui tuent et veulent tuer encore.

   Alors, avec Arnaud et comme lui, soyons prêts au sacrifice de nos vies pour l'amour de nos frères !
Là où est la haine, mettons l'amour. Là où est le doute, mettons la foi. Là où est le désespoir, mettons l'espérance. Ainsi soit-il !


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12 février, 2016

Avortement : “Il y en a assez du non-dit.” Des femmes témoignent sur leur souffrance après l'IVG

Pilule abortive : « Comment un poison pourrait-il tuer l'enfant et pas la mère qui l'absorbe ? »
Le reportage est en ligne ici.
Magnifique et douloureux reportage d'Armel Joubert des Ouches sur reinformation.tv : des femmes ont accepté de témoigner des souffrances qu'elles endurent après une IVG, un souvenir qui ne les lâche pas. L'avortement, elle ne l'ont pas vécu comme un choix, elles l'ont subi, sous la pression du père, de leur famille, du Planning familial. A voir absolument. C'est par là.


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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...