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18 février, 2012

Le Brésil poussé à légaliser l'avortement par un comité de l'ONU

Le gouvernement de Dilma Rousseff a été dénoncé hier par des experts de l'ONU qui l'accusent de n'avoir pas agi pour éviter la mort de 200.000 morts par an à l'occasion d'avortements à risque (ces chiffres invraisemblables sont ceux cités par le Jornal do Comercio). C'est à l'occasion de la 51e session du Comité pour l'élimination de la discrimination contre les femmes (CEDAW) a demandé au gouvernement brésilien, mis sur le gril au cours d'une séance de cinq heures, de mettre fin à la pénalisation de l'avortement qui selon ses « experts » est directement responsable de l'hécatombe annoncée.

La Suissesse Patricia Schulz a ainsi déclaré : « Que comptez-vous faire de ce problème politique énorme que vous avez ? » Elle faisait allusion aux actuelles dissensions autour de la question de l'avortement : la nouvelle présidente, Dilma Rousseff, s'est dite personnellement favorable à l'avortement mais a dû, pour se faire élire, s'engager à ne pas le légaliser sous la pression de l'opinion publique, tandis que la nouvelle ministre aux droits des femmes, Eleonora Menicucci, a avoué avoir été formée à pratiquer des avortements et à en avoir subi elle-même deux pendant son passé de terroriste armée en Colombie.

C'est précisément Eleonora Menicucci qui a été envoyée à Genève pour présenter le point de vue du gouvernement brésilien… Elle s'est engagée à ne pas parler de ses opinions personnelles sur le sujet et n'a consacré que deux minutes à répondre aux injonctions de CEDAW sur la légalisation de l'avortement.

Eleonora Menicucci. Elle sait faire
des avortements, elle en a subi deux, et
elle a avoué des liaisons lesbiennes.
Elle fut aussi terroriste armée.
Et aujourd'hui ? Ministre brésilienne
 des Politiques pour les femmes. 
L'opposition du gouvernement du Brésil à l'avortement se montre ainsi encore plus ambiguë que par le passé. Eleonora Menicucci a déclaré devant le CEDAW que l'avortement était au nombre des 5 premières causes de mortalité féminine dans le pays, tandis qu'une représentante du ministre de la Santé a tenu à souligner que 60 établissements y sont accrédités pour réaliser les avortements dans les conditions actuelles de dépénalisation (viol, malformation fœtale…), et que ce réseau sera élargi.

Notez au passage le paradoxe – apparent. Les promoteurs de l'avortement annoncent toujours qu'il faut légaliser l'avortement dans les cas extrêmes pour préserver la santé des femmes, c'est donc déjà le cas au Brésil. Les pressions de CEDAW montrent que cela n'est jamais qu'une exigence d'étape. C'est avec la même virulence qu'on demande maintenant une libéralisation de la loi… pour préserver la santé des femmes.

Quoi qu'il en soit la réponse  de la représentante du Brésil n'a pas satisfait les « experts », qui font le maximum pour promouvoir l'avortement tout en sachant qu'ils n'en ont pas le droit. Ainsi Magaly Acocha a insisté pour dire que le Brésil ne peut pas se justifier à travers ses dissensions internes alors qu'« il y a des morts ». « Le Comité de l'ONU ne peut pas promouvoir l'avortement. Mais nous voulons que l'Etat garantisse aux femmes le droit de veiller sur leurs propres vies. »

Eleonora Menicucci n'a évidemment pas pris la franche défense de la position de son gouvernement, se bornant à dire que l'affaire ne concernait pas ce dernier mais le Congrès brésilien où une loi est actuellement en discussion : « Nous savons notre responsabilité quant à la prévention des morts féminines et maternelles. »

Le comité onusien n'a pas été totalement rasséréné. Car une autre proposition de loi est en train est en discussion devant la Chambre pour inscrire dans le droit brésilien un véritable statut de l'enfant à naître. «  Une femme ne peut pas être seulement la barque où grandit le fœtus. On ne peut pas donner la totale priorité au bébé et laisser la femme de côté », a déclaré Patricia Schulz. Approuvée aussitôt par Magaly Arocha : « Si le Congrès devait approuver cela, nous serions en présence d'une immense régression de nos droits reproductifs. »

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08 novembre, 2011

Le Pérou condamné par un comité onusien pour avoir refusé un avortement thérapeutique

Le comité d'experts chargé de veiller au respect de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (connue sous son acronyme CEDAW), a sanctionné lundi le Pérou pour non-fourniture d'un avortement « thérapeutique » sur une fillette de 13 ans tombée enceinte en 2007 à la suite de viols répétés. La non légalisation de l'avortement au moins dans certains cas est ici ouvertement présentée comme une « violation des droits humains ».

Sans que rien dans la lettre de CEDAW n'oblige en quoi que ce soit les Etats signataires à prévoir une dépénalisation ou une fourniture d'avortements dans quelques circonstances que ce soit, l'agence onusienne crée ainsi une obligation à travers la décision de personnes qui imposent leur interprétation unilatérale du droit international. C'est un exemple typique de la tactique d'intimidation utilisée à l'égard des Etats qui refusent de se soumettre aux lobbies du féminisme et de l'avortement. On fait croire à l'existence d'un « droit coutumier » et interprétatif imaginaire pour les faire apparaître comme des hors-la-loi qui refusent les règles de la communauté internationale.

L'affaire L.C. c/ Pérou est à cet égard tout à fait caractéristique. Aux côtés de la petite jeune fille dont le destin tragique est aujourd'hui exploité pour la culture de mort se trouvaient le Center for Reproductive Rights ainsi que Promsex, un organisme de défense des « droits sexuels et reproductifs » basé au Pérou, qui ont soutenu et sans aucun doute financé l'affaire jusque devant le pseudo-tribunal de CEDAW.

Ce sont aujourd'hui ces organismes qui crient victoire et se réjouissent bruyamment d'avoir obtenu une compensation pour la petite jeune fille, marquée à vie par la tragédie qui l'a frappée.

Car – j'avais presque oublié de vous le dire – comme dans bien des affaires de ce type, celle qui a été choisie pour attirer l'intérêt des médias internationaux et faire avancer le faux droit à l'avortement est un de ces fameux « cas limite » que l'on utilise pour tenter d'ébranler les convictions les plus solides.

La petite L.C., donc, avait été violée pendant deux ans d'affilée par un voisin de 34 ans, avant de s'apercevoir de sa grossesse en 2007, selon un premier document mis en ligne en 2009 par le Center for Reproductive Rights. Habitant un quartier pauvre, elle avait même été violée sur une période de quatre ans par plusieurs hommes, affirme le compte-rendu de la décision publié par CRR hier.

C'est cela, en réalité, l'énorme tragédie de sa vie, la méconnaissance de sa dignité, l'abominable abus qui ne mobilise pas, semble-t-il, les chantres des droits de l'homme. Qu'on ait pu ainsi abuser d'elle pendant deux, voire quatre ans sans qu'il ne se passe rien est en réalité bien plus grave que le fait qu'elle soit tombée enceinte.

En découvrant sa grossesse, la jeune fille a tenté de se suicider en sautant d'un toit d'immeuble. Elle a survécu à sa chute mais elle était gravement blessée à la nuque. Des voisins l'avaient emmenée d'urgence à l'hôpital.

A en croire le compte-rendu fait par les lobbies qui l'ont défendue, les médecins ont constaté que la colonne vertébrale de L.C. était endommagée et qu'une opération d'urgence s'imposait pour aligner immédiatement les vertèbres. Mais du fait de son état de grossesse, ajoute le dossier, et bien que la loi péruvienne autorise l'avortement en cas de danger pour la vie ou la santé de la mère, et de grossesse résultant d'un viol, les médecins et les autorités se sont refusés à réaliser l'opération. Les proches de la fillettes réclamèrent un « avortement thérapeutique » mais leur demande fut rejetée.

Il y a dans cette affaire un élément qui paraît pour le moins curieux : en l'occurrence, si l'opération sur la colonne vertébrale entraînait un risque pour le fœtus mais était à ce point urgente et nécessaire, rien n'empêchait de la pratiquer même si elle pouvait avoir pour effet indirect et non voulu de causer la mort de l'enfant. Ça, c'est le point de vue catholique, qui n'oblige même pas à s'appuyer sur une loi qui, abusivement, autorise la mise à mort d'un enfant à naître en vue d'une fin en soi bonne, sauvegarder la santé de la mère.

Peut-être y a-t-il eu là erreur de jugement des médecins – mais elle porterait sur le refus d'une opération qui en soi, n'est pas un avortement.

Et peut-être pas. Car les détails médicaux de l'affaire ne sont évidemment pas disponibles et personne ne parle de rapports d'experts à propos de la suite.

Elle fut tout aussi dramatique. La fillette, du fait de la gravité de ses blessures, subit une fausse couche spontanée quatre mois plus tard. On l'opéra alors en expliquant que les chances de réussite seraient minimes. De fait l'opération ne fit quasiment pas d'effet et la jeune fille resta paralysée des quatre membres, et elle reste en fauteuil roulant.

Beaucoup de questions restent cependant ouvertes. Y avait-il une chance de sauver la jeune fille de la paralysie, même en l'opérant tout de suite alors qu'elle était enceinte ? Selon un médecin expert contacté par C-Fam en 2009, au moment où l'affaire était transmise à CEDAW selon une procédure quasi-judiciaire ouverte aux citoyens de pays signataires d'un protocole ancillaire, cela était douteux. Le Dr Edmundo Calva soulignait alors que les nerfs de la colonne vertébrale n'ont pas la capacité de se régénérer dès lors qu'ils ont été détruits.

L'état de santé de la fillette a-t-il été aggravé par le fait que des voisins l'ont transportée jusqu'à l'hôpital sans attendre des personnels de santé compétents ? Y avait-il seulement possibilité de disposer d'urgentistes qualifiés et ne serait-ce pas alors ce défaut qui a laissé le cas de l'enfant sans espoir ?

En quoi l'avortement thérapeutique aurait-il augmenté les chances de survie de la jeune fille ?

Y a-t-il eu raison précise – médicale – pour laquelle la chirurgie d'urgence n'a pas eu lieu ?

Autant de questions que les communiqués triomphalistes ne posent même pas.

On sait seulement que le Pérou se voit enjoindre de modifier sa législation sur l'avortement en cas de viol et d'agression sexuelle pour que les femmes puissent y avoir accès en s'abritant derrière une interprétation bien plus large, de mettre en place des mécanismes permettent dans les faits l'accès aux « services d'avortement » quand la vie ou la santé d'une femme est en danger, de mettre en place des services de « santé reproductive » pour les adolescentes.

Pour la jeune fille elle-même, CEDAW demande une compensation financière à la fois économique et morale, ainsi qu'une aide spécifique pour les soins qui pourraient lui permettre de recouvrer l'usage de ses membres.

Ce que les communiqués triomphalistes ne disent pas (il faut aller le lire sur C-Fam) c'est que les avis du comité de CEDAW ne lient nullement les Etats : ce sont précisément des avis. De fait une décision similaire a été rendue par l'organisme, également à l'encontre du Pérou condamnée en 2005 pour avoir obligé une adolescecnte, K.L., de mener à bien une grossesse alors que son bébé était anencéphale et qu'il est mort quatre jours après sa naissance. Il n'y a pas eu d'effet sur la loi péruvienne.

Mais le danger de l'avis de CEDAW est ici double. D'une part, celui – général – du message qu'il envoie de manière toujours plus insistante au monde : l'accès à l'avortement est un « droit humain » et les Etats sont juridiquement obligés de le mettre en œuvre, selon le principe du « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Et dans le cas particulier du Pérou, les récents changements à la tête de l'Etat laissent prévoir une utilisation de l'avis au service de la culture de mort : l'ex-ministre de la Santé, Oscar Ugarte, assure ainsi qu'il avait préparé une révision de la loi sur l'avortement thérapeutique que son gouvernement avait repoussé, mais le plan est prêt. L'avis de CEDAW pourra agir comme levier.

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27 juin, 2011

Bibiana Aido, ministre de l'avortement en Espagne, propulsée à l'ONU

Ministre avant de devenir simple secrétaire d'Etat espagnol – mais toujours de l'Egalité – Bibiana Aido a été l'une des trois chevilles ouvrières de la loi espagnole qui en juillet dernier, faisait de l'avortement un droit. L'ère Zapatero semble tirer à sa fin mais Mme Aido a déjà pris le chemin de la reconversion : elle vient d'être nommée conseiller spécial de la directrice exécutive d'ONU-Femmes, Michelle Bachelet. Elle y apporte un pedigree tout particulier, puisqu'elle est entrée dans l'histoire pour être tombée dans les bras de ses collègues ministres, deux jeunes femmes comme elles, lors du vote de la loi d'avortement en février 2010. Accolades, embrassades, larmes de joie : pour Mme Aido le fœtus est « un être vivant, pas un être humain ».

La « plateforme citoyenne » HazteOir croit savoir que Michelle Bachelet avait quelque réticence à accueillir à ONU-Femmes – l'instance onusienne qui regroupe les anciennes agences pour les femmes, l'égalité, etc… Vrai ou faux, il est sûr que le poste apparaît à beaucoup comme une planque dorée.

ONU-Femmes souligne dans sa présentation de sa nouvelle salariée combien celle-ci a œuvré pour l'égalité en Espagne, et plus précisément pour le gender mainstreaming, qui consiste à évaluer les effets de toute décision politique en vue de favoriser la diversité et, en même temps, d'aboutir à l'égalité de genre qui doit naturellement profiter également à tous.

Bibiana Aido, qu'on se le dise, c'est le tout dernier cri !

En attendant de faire ses valises pour New York, Bibiana Aido espère faire adopter la loi d'Egalité de traitement. Une fois à l'œuvre dans son nouveau poste, elle entend lutter pour la cause des « droits des femmes qui ne sont complètement respectés nulle part dans le monde ».

La presse espagnole se plaît à souligner que Mme Aido n'est pas totalement inconnue à l'ONU, puisqu'en tant que ministre et en pleine crise économique elle avait participé au déblocage de 100 millions d'euros de subventions pour soutenir la lutte de l'organisation internationale UNIFEM pour l'égalité entre hommes et femmes. C'était en avril 2010. Egalité de genre, toujours.

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04 mars, 2011

L'ONU et l'éducation sexuelle : tout dire pour combattre l'« hétérosexisme »

Les informations hebdomadaires « Friday-Fax » du groupe de veille pro-vie catholique à l'ONU, C-FAM, signalent cette semaine une nouvelle bataille engagée à l'ONU et sans doute aussi par l'ONU : la diffusion planétaire de cours d'éducation sexuelle de plus en plus explicites, pour ne pas dire pornographiques. L'agence onusienne CSW (Commission on the status of Women ou commission sur le statut des femmes) a consacré cette dernière semaine à « l'accès et à la participation des femmes et des filles à l'éducation, la formation professionnelle, la science et la technologie », ce qui peut sembler relativement anodin. Ne pas s'y tromper : ce sont aussi bien des organisations de l'ONU que des ONG féministes qui en profitent pour promouvoir leur extrémisme féministe dans les pays en voie de développement.

Il y a avait bien sûr une table ronde sur l'homophobie  et la transphobie. Diane Schneider, représentant le plus important syndicat d'enseignants aux Etats-Unis (National Education Association, NEA) y a plaidé pour une « éducation sexuelle plus inclusive » dans les écoles américaines, ajoutant que l'éducation sexuelle qui se borne à promouvoir l'abstinence, ou qui n'est pas obligatoire, est une contradiction dans les termes. Que faut-il donc apprendre aux jeunes ? La réponse est simple :

« Le sexe oral, la masturbation et l'orgasme doivent être au programme de l'éducation », a déclaré Diane Schneider.

Cette éducation-là constitue la « seule manière de combattre l'hétérosexisme et le conformisme de genre », et il s'agit de les mettre au programme de « chaque collégien et de chaque lycéen », a-t-elle proclamé. « L'expression de l'identité de genre et l'orientation sexuelle forment un large spectre », poursuivit Diane Schneider – alors que ceux qui s'opposent à l'homosexualité « sont coincés dans une boîte binaire créée par la religion et  par la famille ».

De vous à moi, je suis contente de savoir que les professeurs de mes enfants ne sont pas affiliés à la NEA…

Au cours de la même réunion, rapporte toujours Lauren Funk pour C-Fam, un Belge est venu dire l'importance de la mobilisation gouvernementale pour imposer une politique de non-discrimination pour faire respecter les droits des LGBT (lesbiennes-gays-bi-trans), surtout lorsque les pouvoirs publics fournissent documents et matériel scolaire pour guider les efforts des enseignants.

Vous me direz : ce sont des hurluberlus qui prêchent cela et l'ONU n'est pas responsable de leurs propos. Seulement cette dame et ce monsieur (peut-on encore les refermer ainsi dans des catégories dépassées ? Je vous le demande !) n'ont, d'après ce que l'on sait, pas été hués par la salle. Ils ne représentent pas qu'eux-mêmes.

Une table ronde en partie sponsorisée par le FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population) recommandait elle aussi l'« éducation sexuelle inclusive » non seulement pour combattre « l'oppression de genre » mais pour remplir absolument tous les « Objectifs du Millénaire ». Et c'est là que l'on a présenté les directives de l'UNESCO pour l'éducation sexuelle (déjà évoquées dans ce blog, ici). Ainsi qu'un programme d'éducation sexuelle élaboré par la Fédération internationale du Planning familial : le nec plus ultra de la chose, à en croire les intervenants. Sexuellement explicites, diraient les anglophones. Massivement, les participants à la table ronde ont recommandé que ces programmes soient mis en œuvre au plus vite dans les écoles. Nous aurons sans doute à y revenir.

C-Fam signale que la plupart de ces tables rondes qui se déroulent en marge de la semaine CSW ne reçoivent pas le soutien des gouvernements des pays membres et n'attirent que peu de délégués officiels, ce qui ne veut pas dire qu'elles n'ont pas d'influence. De fait, un grand nombre des intervenants et des ONG représentées ont le statut officiel de « lobbyiste » auprès de l'ONU et pèsent donc de tout  leur poids sur les décisions que prendront cette institution et ses satellites au cours des mois à venir.

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16 septembre, 2010

Michelle Bachelet à la tête d’ONU Femmes : Les « pro-mort » sont ravis…

C’est l’euphorie dans les lobbies de « l’égalité de genre » : Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’ONU, a nommé mardi soir à la tête de la nouvelle entité ONU Femmes l’ex-présidente du Chili, Michelle Bachelet. Le lobby « GEAR campaign » (Gender-Equality-Architecture-Reform) a été l’un des premiers à réagir par un long communiqué enthousiaste : c’estGEAR qui aura été l’un des principaux promoteurs de la création, le 2 juillet dernier, de la nouvelle super-agence onusienne (Présent de mercredi), et Michelle Bachelet était son « candidat de rêve » depuis l’origine. Il semble que Mme Bachelet ait hésité longuement avant d’accepter le poste qui lui était offert par le Secrétaire général de l’ONU. Mais les « défis » posés par UN Women ont fini par la convaincre.

Sa nomination est révélatrice de l’assise de l’idéologie du genre à l’ONU ; les pouvoirs qu’elle reçoit, et qui ne la rendent comptable devant personne d’autre que le Secrétaire général, en disent long sur les objectifs et les capacités concrètes d’ONU Femmes.

ONU Femmes est l’« Entité des Nations unies pour l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes » : en clair, l’agence qui sera chargée de veiller à ce que la politique de l’ONUet les politiques des Etats-membres dans tous les domaines aient toujours pour objectif de renforcer l’égalité entre hommes et femmes en promouvant les pouvoirs, la formation, les droits et l’accès aux postes de responsabilité à ces dernières afin de les rendre indépendantes et autonomes, l’accent étant mis bien sûr sur la « santé reproductive » qui permet d’éviter les maternités et sur les droits individuels, par opposition à l’institution familiale. Le choix du mot « genre » est en lui-même un programme, puisque c’est une invention du féminisme le plus extrémiste : on ne parle plus des sexes, homme et femme, mais du genre subjectivement choisi quelle que soit la réalité biologique : lesbienne, bi, gay, trans, avec la possibilité d’évoluer d’un choix vers un autre, pour ne pas tomber dans un nouveau fixisme patriarcal, sans doute.

Mais revenons à Michelle Bachelet : pourquoi le monde de la culture de mort la salue-t-il si bas ? Elle est socialiste et athée. Fille d’un général de l’Armée de l’air chilienne très proche du communiste Salvador Allende, « torturé à mort » par la police politique de Pinochet, elle a été elle-même détenue avec sa mère dans un « centre de torture » avant d’avoir l’autorisation d’émigrer vers l’Australie. Mais pour parfaire ses études médicales, c’est l’Allemagne de l’Est qu’elle choisit (les sympathies pour les tyrannies communistes, cela ne vous lâche pas comme ça). De retour au Chili, elle se mariera provisoirement avant de se séparer de son mari (le divorce n’y est légalisé qu’en 2004), aura trois enfants de deux hommes différents (la plus jeune termine actuellement ses études secondaires), et revendique son statut de mère seule : « Je me débrouille parfaitement sans partenaire », a-t-elle déclaré.
Dire que la famille n’est pas sa priorité apparaît comme une litote, même si elle s’est beaucoup investie pour les enfants au cours de sa carrière médicale : Michelle Bachelet aura imposé la légalisation de la pilule du lendemain comme acte symbolique de sa présidence du Chili.

L’un des premiers grands de ce monde à se réjouir de son arrivée à la tête d’ONU Femmes est Ted Turner, fondateur de CNN et créateur et bailleur de fonds de la Fondation des Nations unies. Il est ouvertement l’avocat de la dépopulation mondiale au nom de la lutte contre le réchauffement climatique : « Tous les habitants de la planète doivent s’engager : un ou deux enfants, et c’est tout », disait-il au printemps 2008. En mai 2009 il participait à une réunion du « Good Club » où des magnats de l’industrie et de l’informatique s’engageaient à financer le « ralentissement de la croissance démographique mondiale » par le biais des services de santé reproductive.

ONU Femmes, et qui plus est ONU Femmes dirigée par Michelle Bachelet, leur apparaît donc comme un outil de rêve.


Source : Présent daté du vendredi 17 septembre 2010

15 septembre, 2010

Michelle Bachelet à la tête d'ONU Femmes

L'ex-présidente socialiste du Chili, Michelle Bachelet, vient d'être nommée par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, à la tête de la nouvelle super-entité onusienne, ONU Femmes. Dans le cadre des objectifs du Millénaire, elle était déjà chargée de « l'égalité de genre » mais ses partisans regrettaient qu'elle n'ait pas de rôle décisif par rapport à la « santé reproductive » : de fait, Michelle Bachelet a tenté d'imposer la pilule du lendemain au Chili malgré les lois qui défendent la vie dans ce pays d'Amérique latine. (Ici, le texte de la conférence de presse de Ban Ki-Moon.)

La nouvelle Secrétaire générale d'ONU Femmes (UN Women) était la candidate pressentie depuis la création de l'entité et elle est présentée comme « consensuelle », ce qui veut dire qu'elle partage les a priori égalitaristes et malthusiens de cette nouvelle agence aux pouvoirs multipliés.

Voici l'article paru au sujet d'ONU Femmes dans Présent de ce mercredi matin (mis sous presse avant que la nouvelle de la nomination fût connue) :

« ONU Femmes » se présente à l’Unesco
Il est toujours instructif d’aller voir par soi-même… Lundi après-midi, une grande salle de conférences de l’Unesco accueillait à Paris, dans le cadre du « Forum Unesco du Futur », une conférence sur la nouvelle super-agence de l’ONU pour les femmes, entité créée le 2 juillet dernier pour mettre en œuvre partout, et dans tous les domaines, l’égalité des sexes. En clair : la mise en place de l’idéologie égalitariste qui nie la différence et la complémentarité entre les sexes – voire les sexes eux-mêmes puisque l’idéologie du genre qui en fait des constructions culturelles est fortement présente dans les différentes entités de l’ONU.
Cette nouvelle agence sera dotée d’ici à peu de jours d’un, ou plus probablement une Sous-Secrétaire générale qui malgré son titre apparemment subalterne, n’aura au-dessus d’elle que le Secrétaire général, Ban Ki-Moon : dès que l’entité deviendra opérationnelle, en janvier prochain, ONU Femmes regroupera en effet les quatre agences existantes pour l’égalité et le droit des femmes : UNIFEM (développement), DAW (promotion des femmes), INSTRAW (recherche et formation) et OSAGI (conseiller spécial sur les affaires de genre).
Il s’agissait donc de présenter tout cela de manière officielle, mais aussi publique : il y a de l’argent et du pouvoir en jeu, et donc – cela se sentait – des tensions.
Argent : ONU Femmes espère un budget d’un demi-milliard de dollars, soit le double de ce qui est actuellement alloué aux agences précitées. A récupérer sur les contributions des pays membres, sur leurs dons volontaires et sur les dons des ONG et particuliers…
Pouvoir : l’objectif d’ONU Femmes est de créer et de promouvoir des normes internationales et locales pour l’égalité des sexes, d’aider à leur mise en place concrète dans les pays membres, et de vérifier que toutes les autres agences de l’ONU respectent le principe du gender mainstreaming dont, faute d’une traduction exacte possible, je vous propose la définition par le Conseil de l’Europe : « La (ré)organisation, l’amélioration, le développement et l‘évaluation des processus de prise de décision, aux fins d’incorporer la perspective de l‘égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines et à tous les niveaux, par les acteurs généralement impliqués dans la mise en place des politiques. »
Derrière ces mots se cache la plus destructrice, la plus nihiliste des luttes des classes – marxisme chimiquement pur – : la guerre entre les sexes, la négation absolue des différences entre êtres humains.
En pratique, les autres agences de l’ONU seront donc comptables devant ONU Femmes de leur action pour éliminer toute différence de droits et de devoirs entre hommes et femmes. Cela semble créer quelques remous chez ceux qui vont devoir se justifier, d’où quelques interpellations sur le sujet dans la salle. Mais oui, ONU Femmes aura un rôle de « chien de garde », reconnaissait lundi la première conférencière, Rachel Mayanja, Sous-Secrétaire générale des Nations unies, conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, parce que les autres agences ont montré qu’elles ont failli à ce sujet. Mais oui, il faudra faire un « travail de police », ajoute l’autre conférencière, Aminata Touré, Chef de la Division pour les questions de genre, droits humains et culture auFNUAP (Fonds des Nations unies pour la population, l’institution la plus malthusienne de l’ONU). Mme Touré est d’ailleurs elle-même ancienne de la Fédération internationale du Planning familial.
Le choix de ces deux femmes – d’origine africaine – pour faire la promotion d’ONUFemmes auprès de l’Unesco dans le cadre de son « Forum du Futur » est hautement symbolique. Au-delà des considérations de financement et de compétences qui révèlent tout ce qu’il y a d’humain (et peut-être même de mesquin) dans ces manœuvres au sein du pouvoir supranational, il y a une profonde identité de vues, affirmée d’emblée lors de ses propos introductifs par la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova : il faut promouvoir le gender mainstreaming et la « santé reproductive et sexuelle », qui dans le langage des féministes (notamment l’ONG « GEAR ») qui ont milité et œuvré depuis 2007 pour la création d’ONU Femmes, signifie l’accès global à la contraception et à l’avortement légal. Mmes Mayanja et Touré ont évoqué tour à tour ces deux notions, ainsi que l’« autonomisation » des femmes (« empowerment ») par quoi le monde sera sauvé aussi bien sur le plan du développement durable que de la lutte contre la pauvreté et la lutte contre le réchauffement climatique.
Mais ce remède miracle – qui coûtera très cher, et pas seulement sur le plan financier et matériel – fait l’impasse sur la première réalité féminine : c’est la femme qui porte la vie et la donne, c’est elle qui garde le foyer.
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