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13 septembre, 2019

L'Institut Jean-Paul II “purgé” proposera des cours favorables à la contraception et aux relations homosexuelles

Featured ImageL'Institut Jean-Paul II (devenu Institut théologique des sciences du mariage et de la famille) proposera cette année des cours dispensés par des professeurs ouvertement favorables à la contraception dans certaines circonstances, ainsi qu'à la valorisation des actes homosexuels. Le P. Maurizio Chiodi et le P. Pier Davide Guenzi se sont tous deux exprimés en ce sens. Le dévoiement de l'institution voulue par Jean-Paul II se poursuit de manière spectaculaire, confirmant à sa manière ce dont sœur Lucie de Fatima avait averti feu Mgr Carlo Caffarra : la dernière bataille de Satan contre l'Eglise porterait sur le mariage et la famille. Elle écrivait cela au futur cardinal en réponse à la demande de prières que ce dernier lui avait adressée au moment de la création de l'Institut.

Je vous propose ici ma traduction intégrale de l'article publié hier sur LifeSiteNews à ce propos par Diane Montagna. – J.S.

Photo ci-dessus : Maurizio Chiodi, © Diane Montagna.

C'est une nouvelle incursion de la culture de mort ecclésiastique dans les institutions fondées par saint Jean Paul II : un prêtre connu pour avoir approuvé la contraception artificielle et les unions homosexuelles vient d'être officiellement engagé comme professeur à l'Institut pontifical Jean-Paul II à Rome.

Le nouveau programme de de cours pour l'année académique 2019-2020, publié le 11 septembre, indique que le Père Maurizio Chiodi, spécialiste italien de théologie morale, donnera un cours de licence intitulé « L'éthique théologique de la vie » et animera également un séminaire de doctorat intitulé « Conscience et discernement : texte et contexte du chapitre 8 d'Amoris Laetitia. »

Le P. Chiodi a déjà par le passé invoqué le controversé chapitre 8 du document de synthèse du Pape François sur la famille pour justifier le recours à la contraception artificielle et pour faire valoir la bonté morale des relations homosexuelles.

En 2016, le P. Chiodi a donné une conférence dans une université pontificale de Rome au cours de laquelle il affirmait qu'il y existe « des circonstances – je me réfère à Amoris Laetitia, chapitre 8 – qui, précisément pour des raisons de responsabilité, exigent la contraception. »

Lorsque « les méthodes naturelles sont impossibles ou difficiles à mettre en œuvre, d'autres formes de responsabilité doivent être trouvées », avait-il affirmé. Dans de telles circonstances, disait Chiodi, « le recours à une méthode artificielle de régulation des naissances pourrait être reconnue comme l'accomplissement d'un acte de responsabilité, non pas pour rejeter radicalement le don d'un enfant, mais parce que dans ces situations la responsabilité appelle le couple et la famille à d'autres formes d'accueil et d'hospitalité ».

Plus récemment, dans une interview accordée en juillet 2019 à Avvenire, publiée après la « purge » de l'Institut Jean-Paul II à Rome au cœur de l'été, Chiodi a suggéré sur la base d'Amoris Laetitia que les actes sexuels dans une relation homosexuelle peuvent être bons, du moins dans certaines circonstances.

« Comme l'a rappelé le Pape François, même s'il s'agit d'une autre question, celle des “divorcés et des remariés”, il est clair que, dans une perspective historique, on demande à chacun non seulement ce qui est possible pour lui, mais aussi ce qui est possible pour lui à un moment particulier de sa vie », a-t-il dit.

Le P. Chiodi poursuivait : « Il est clair que, dans une perspective historique, on demande à chacun non seulement ce qui lui est possible, mais aussi ce qui lui est possible à un moment donné de sa vie. De ce point de vue, il me semble qu'il est difficile – voire impossible – de donner des réponses préfabriquées, comme si toutes les réponses pratiques pouvaient être déduites immédiatement d'une théorie anthropologique. »

Le théologien moral italien ajoutait : « Je crois que les relations des couples homosexuels présentent des lacunes et des différences indéniables qui empêchent ces derniers d'être assimilés aux couples hétérosexuels, parce qu'elles en annulent la diversité. Néanmoins, la fonction morale concerne les possibilités réelles, c'est-à-dire le bien possible, qui considère l'histoire réelle d'un sujet. »

« C'est pourquoi, concluait le P. Chiodi, je n'exclus pas que, sous certaines conditions, la relation d'un couple homosexuel puisse être, pour tel sujet, la manière la plus fructueuse de vivre de bonnes relations, compte tenu de leur signification symbolique, qui est à la fois personnelle, relationnelle et sociale. C'est le cas, par exemple, lorsque la relation stable est le seul moyen d'éviter le vagabondage sexuel ou d'autres formes de relations érotiques humiliantes et dégradantes ou lorsque elle est une aide et un stimulant pour s'engager sur le chemin des bonnes relations. »

Au lendemain de l'interview, LifeSiteNews confirmait que le P. Chiodi avait été invité par le nouveau Chancelier de l'Institut nouvelle manière, Mgr Vincenzo Paglia, à y donner des cours.

Puis, le 4 septembre, après la pause estivale traditionnellement observée à Rome, l'Osservatore Romano, journal du Vatican, a présenté un article du P. Chiodi sur le « renouveau » de l'Institut Jean-Paul II, intitulé : « La tradition réinterprétée dans le temps présent. »

Le P. Chiodi n'est pas le seul professeur controversé à avoir été engagé par le nouvel Institut Jean-Paul II. Le nouveau programme de cour indique que le P. Pier Davide Guenzi, un autre prêtre partisan des unions homosexuelles, donnera un cours de doctorat sur « L'idée du droit naturel dans la Bible » et un cours intitulé « Anthropologie et éthique de la naissance ». La bibliographie de ce dernier cours comprend un texte du P. Maurizio Chiodi.

Dans une interview accordée en février 2019 à Avvenire, le P. Guenzi, président de l'Association des Théologiens Moraux et collègue de Chiodi à l'Université du Nord de l'Italie à Milan, avait soutenu, sur la base d'Amoris Laetitia, que les relations homosexuelles peuvent être moralement bonnes.

« Poussés par l'expérience des croyants homosexuels, nous sommes invités aujourd'hui à comprendre comment… le lien entre l'homme et la femme n'épuise pas toutes les formes de l'expression humaine, même du point de vue affectif » " avait-il déclaré.

Alors que le programme académique de 2019-2020 accorde une large place aux cours et aux séminaires animés par Chiodi et Guenzi, des cours fondamentaux comme celui de théologie morale fondamentale que dispensait Mgr Livio Melina, spécialiste de théologie morale respecté et ancien président de l'Institut Jean-Paul II, ainsi que plusieurs cours de théologie morale spéciale, ont été supprimés.

Benoît XVI a ouvertement exprimé sa « solidarité » avec Mgr Melina en lui promettant de prier pour lui ; le pape François a pour sa part choisi de garder le silence alors que Mgr Paglia continue de « nettoyer » l'Institut fondé par Jean-Paul II.

© leblogdejeannesmits pour la traduction




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© leblogdejeannesmits



25 novembre, 2016

L’éloge du pape François à la théologie morale de Bernard Häring, l’homme de l’opposition à Humanae vitae

Bernard Häring, 1912-1998
Le pape François a fait l’éloge appuyé du théologien moral allemand Bernard Häring, connu pour son opposition bruyante contre Humanae vitae : Häring a rejoint dès le lendemain de sa parution le groupe de théologiens américains en signant avec eux une déclaration assurant que les catholiques pouvaient de manière responsable décider d’avoir recours à la contraception si celle-ci devait servir au bien de leur mariage. Häring devait vite devenir le symbole de la « dissidence » à l’égard de l'encyclique de Paul VI – largement inspirée, il faut le rappeler, par le cardinal Wojtyla, le futur saint pape Jean-Paul II.

Ces propos élogieux, François les a tenus devant la 36e congrégation générale de l’ordre des jésuites, le 24 octobre dernier, et ils ont été publiés jeudi par La Civiltá Cattolica, revue jésuite, rapporte LifeSiteNews.

Le pape François a déclaré : « Je pense que Bernard Häring a commencé à chercher une nouvelle manière d’aider la théologie morale à refleurir. » En relativisant la morale et en contestant directement et ouvertement, au grand scandale des fidèles désireux de respecter les préceptes vivifiants de l’Eglise, Häring a répandu l'idée que la loi morale ne vaut pas pour tous et qu’il est possible de s’arranger avec elle. Cela est en réalité vieux comme le péché, et entraîne les âmes à présumer de la miséricorde.

C’est en réponse à une question sur le discernement, mot clef, selon lui, de ce qu'il souhaite diffuser à travers Amoris laetitia où il apparaît une trentaine de fois, que le pape François a déclaré :

« Le discernement est l’élément clé : la capacité du discernement. Je note l’absence du discernement dans la formation des prêtres. Nous courons le risque de nous habituer au “blanc ou noir“, à ce qui est légal. Nous sommes assez fermés, en général, au discernement. Une chose est claire : aujourd’hui, dans un certain nombre de séminaires, une rigidité a été introduite qui est très éloignée du discernement des situations. Et cela est dangereux, car cela peut conduire vers une conception de la moralité qui a un sens casuistique. »

Cette casuistique — qui est tout de même une spécialité des jésuites — est le fruit de ce qu’il appelle « un scolasticisme décadent », celui qui était prévalent selon lui au moment où sa génération faisait des études.

« Toute la sphère morale était restreinte à “vous pouvez”, “vous ne pouvez pas”, “jusqu’ici oui mais pas là” ». « C’était une moralité très étrangère au “ discernement” », a-t-il ajouté, affirmant dans ce contexte que Bernard Häring a « été le premier à commencer à chercher une nouvelle manière d’aider la théologie morale à refleurir ».

Si ce principe devait s’imposer en théologie morale, pas de doute : on pourrait tuer, voler, commettre l’adultère pour « sauver son mariage », en toute bonne conscience et responsabilité. On dira que cela n’a rien à voir. Mais si : la question est de savoir si la contraception est un acte moralement mauvais en soi, comme le dit Humanae vitae. La prétendre acceptable selon les circonstances, c’est la dire moralement bonne ou à tout le moins indifférente…

Roberto de Mattei a expliqué lors d’une conférence l’an dernier au Rome Life Forum que Häring s’est imposé comme l’architecte de Gaudium et Spes, le document de Vatican II sur le mariage, qui a pour particularité d’omettre la présentation de l’ordre traditionnel des fins du mariage et qui n’aborde pas la question de la contraception, conformément à ce qu’avait désiré la Commission sur le monde moderne dont le théologien avait été nommé secrétaire.

A la parution d’Humanae Vitae, qui rectifiait le tir, Häring s’est engagé dans une dissidence ouverte qui l’a conduit à être soumis à une enquête par la Congrégation pour la doctrine de la foi ; il a également servi de mentor au prêtre catholique américain Charles Curran qui a été privé de son titre de théologien catholique et interdit d’enseigner dans n’importe quel établissement catholique par Jean-Paul II en raison de sa condamnation agressive des positions de l’Eglise sur l’avortement, la contraception et l’homosexualité.

Ce prêtre, faisant le portrait de son maître dans le journal catholique de gauche américain National Catholic Reporter en 2012, raconte qu’il avait pu obtenir un entretien avec le Cardinal Ratzinger en 1986 sans rien obtenir toutefois. « Le lendemain, quatrième dimanche de carême, nous étions six à rejoindre la maison religieuse de Häring pour célébrer une liturgie qu'il présidait. L'Evangile était celui de la parabole du fils prodigue. Häring, au cours de son homélie, regarda vers moi et dit que l’Eglise était le fils prodigue qui avait pris tout mon trésor et mon travail au service de la théologie morale pour les donner aux cochons. Mais le Saint Esprit m’appelait moi et les autres présents à endosser le rôle du père et à pardonner à l’Eglise. »

On a là un bel exemple de l’inversion des valeurs. Inversion que l’on devine aussi dans cette condamnation d’une morale claire comme relevant de la casuistique, alors que la casuistique est précisément la morale de situation, celle qui veut bien affirmer des principes mais qui les mine de l’intérieur en les rendant quasiment inopérants au vu des situations concrètes.

Le choix du Pape François d’invoquer ce théologien-là pour parler du discernement est très parlant. Le discernement consiste à rechercher la volonté de Dieu et à se reconnaître pécheur lorsqu’on ne s’y conforme pas, ce qui est tout de même le lot du commun des mortels.

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