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13 novembre, 2020

Mgr Carlo Maria Viganò commente le Rapport McCarrick au micro de Raymond Arroyo, EWTN : traduction intégrale et officielle

Ce 13 novembre, EWTN a diffusé un entretien réalisé avec Mgr Carlo Maria Viganò par le journaliste Raymond Arroyo à propos du Rapport McCarrick rendu public mardi. Mgr Viganò y est mis en accusation de manière franchement brouillonne et moyennant bien des contradictions. Je vous propose ci-dessous ma traduction, relue et approuvée par Mgr Viganò. La parole est donnée à celui que les rédacteurs du Rapport n'ont pas jugé utile d'interroger… – J.S.




*


Raymond Arroyo : Excellence, le Rapport affirme que vous "ne vous êtes pas manifesté" pour présenter des éléments de preuve dans le cadre de cette enquête du Vatican : vous a-t-on demandé de fournir des informations ? Avez-vous été contacté par qui que ce soit ?

Mgr Viganò : Je suis surpris de découvrir qu’un rapport dans lequel je suis mentionné 306 fois m’accuse de ne m’être pas « manifesté » pour témoigner dans le cadre de cette enquête du Vatican sur Theodore McCarrick. Mais selon la norme du droit canonique, la convocation des témoins est de la responsabilité de celui qui est chargé de la procédure, sur le fondement des preuves recueillies lors de la phase de l’instruction.

Ma première intervention au sujet de McCarrick, que j’ai faite en tant que délégué des Représentations pontificales à la Secrétairerie d’État, remonte au 6 décembre 2006, à la suite d’un rapport du nonce de l’époque aux États-Unis, l’archevêque Pietro Sambi. Par la suite, en 2008, j’ai présenté un deuxième mémorandum qui faisait état de faits d’une telle gravité et d’une telle précision qu’il m’a conduit à recommander que McCarrick soit déposé comme cardinal et qu’il soit réduit à l’état laïc. Mon témoignage d’août 2018 est connu de tous, tout comme mes déclarations ultérieures. 

Il est totalement incompréhensible et anormal qu’il n’ait pas été jugé opportun de faire appel à moi pour témoigner. Mais il est encore plus inquiétant que cette omission délibérée ait ensuite été utilisée contre moi. Et ils ne peuvent pas prétendre que je me sois rendu introuvable : le Secrétariat d’État dispose de mon adresse électronique personnelle, qui est toujours active.

D’autre part, tout comme je n’ai pas été consulté pour la rédaction du Rapport McCarrick, de même en 2012, les trois cardinaux que Benoît XVI a chargés de l’enquête sur Vatileaks 1, ne m’ont pas appelé à témoigner, alors que j’étais aussi personnellement impliqué. C’est seulement après ma demande explicite que le cardinal Julian Herranz, le chef de la Commission, m’a permis de faire une déposition, avec ces mots : « Si vous y tenez vraiment… » ! 

Par ailleurs, il me semble également significatif que James Grein, la seule victime des agressions sexuelles de McCarrick qui ait eu le courage de le dénoncer publiquement, ne figure pas dans le Rapport, et qu’il n’y ait aucune trace de son témoignage, dans lequel il eût également rapporté le voyage qu’il a fait avec McCarrick à Saint-Gall à la fin des années 1950.

D’après les déclarations publiques de James Grein, il est clair que le début de l’ascension de McCarrick – il était alors un jeune prêtre nouvellement ordonné – a coïncidé avec cette visite en Suisse, dans un monastère qui fut plus tard le lieu des réunions des conspirateurs de ce qu’on appelle la « Mafia de Saint-Gall ». Selon les déclarations du défunt cardinal Godfried Danneels, ce groupe de prélats a décidé de soutenir l’élection de Bergoglio tant après la mort de Jean-Paul II que pendant le conclave qui a suivi la démission controversée de Benoît XVI.

Je rappelle que lors d’une conférence à l’université de Villanova le 11 octobre 2013, celui qui était alors le cardinal McCarrick a reconnu avoir soutenu l’élection du cardinal Bergoglio au début des congrégations générales avant le conclave qui s’était tenu quelques mois plus tôt [en mars 2013].

Je me demande quelle peut être la fiabilité d’un organe judiciaire qui a un conflit d’intérêts aussi évident en raison de sa relation passée avec l’accusé. Comment Bergoglio et la Secrétairerie d’État qui dépend de lui peuvent-ils prétendre à l’impartialité alors que McCarrick s’est rendu au Vatican avec une fréquence anormale, alors qu’en juin 2013 il a été chargé [par Bergoglio] de faire un voyage diplomatique en Chine ? Et comment ne pas penser que leurs tentatives répétées de dissimulation et de déni de leur responsabilité sont à l’origine de l’effort systématique visant à me discréditer en tant que témoin, afin de ne pas mettre en lumière la complicité et les connivences qui existent entre eux et McCarrick lui-même ?

Le Pape, selon le rapport, soutient que vous ne l’avez pas informé en juin 2013 des activités de McCarrick ou des restrictions qui lui étaient imposées. Que répondez-vous à cela ?

Cette déclaration est absolument fausse. Tout d’abord, c’est Bergoglio lui-même, le 23 juin 2013, qui m’a explicitement demandé mon avis sur McCarrick. Comme j’en ai témoigné dans mon Témoignage de 2018 :

Je lui ai répondu en toute franchise […] : « Saint-Père, je ne sais pas si vous connaissez le cardinal McCarrick, mais si vous posez la question à la Congrégation pour les évêques, il y a un dossier sur lui épais comme ça. Il a corrompu des générations de séminaristes et de prêtres et le pape Benoît lui a ordonné de se retirer dans une vie de prière et de pénitence. » Le pape n’a pas fait le moindre commentaire à propos de ces paroles très graves que je lui adressais, et n’a laissé paraître aucune expression de surprise sur son visage, comme s’il était déjà au courant depuis un certain temps, et il a immédiatement changé de sujet. Mais alors, quel était le but du Pape en me posant cette question : « Comment est le cardinal McCarrick ? » A l’évidence, il voulait savoir si j’étais un allié de McCarrick ou non.

Il convient de noter que j’avais appris de McCarrick lui-même que Bergoglio l’avait reçu quatre jours avant mon audience, et que Bergoglio l’avait autorisé à se rendre en Chine. À quoi bon me demander mon avis, puisque Bergoglio tenait déjà McCarrick en très haute estime ?

Entre-temps, McCarrick venait discrètement à Rome, il recevait des missions du Vatican, y compris officielles, et il a poursuivi ses activités comme si de rien n’était. En mai 2014, j’ai eu connaissance par le Washington Times d’un voyage que McCarrick a effectué en République Centrafricaine au nom du Département d’État (le secrétaire d’État était alors John Kerry) : ce voyage est également mentionné dans le Rapport. Cela se situe en 2014. Pourtant, dès 2008, Benoît XVI avait ordonné au cardinal américain de se retirer dans la vie privée, de ne pas célébrer ou assister à des événements publics, et de ne pas faire de voyages.

Pour cette raison, étant donnée la façon dont McCarrick était traité, j’ai demandé au cardinal Parolin si les sanctions contre McCarrick devaient encore être considérées comme valables. Mais je n’ai reçu aucune réponse.

À ce moment-là, ayant fait mon rapport au Pape en personne, et n’ayant reçu aucune réponse du Secrétaire d’État, que pouvais-je faire de plus ? À qui pouvais-je faire appel ? 

Le Rapport m’apprend que les affectations et les voyages continuels de McCarrick à l’étranger ont été considérés par l’archevêque Wuerl et même par le nonce Sambi (décédé en 2011) comme une « forme suffisante de mise à l’écart » (cf. note 1013 du Rapport). Et je reste sincèrement choqué d’apprendre par ce Rapport que :

… les indications n’étaient pas des « sanctions » ; elles n’ont pas été imposées par le pape Benoît XVI ; il n’a jamais été interdit à McCarrick de célébrer la messe en public ; il n’a pas été interdit à McCarrick de donner des conférences ; le cardinal Re n’a pas imposé à McCarrick « l’obligation » de se consacrer à une vie de prière et de pénitence ; et McCarrick est resté libre de mener des activités, y compris de voyager, avec l’autorisation du Saint-Siège, y compris du Nonce (cf. note 1006, ibidem). 

Si tel est le cas, cela signifie que, malgré la conduite répréhensible du cardinal, le Saint-Siège n’a pas jugé opportun de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de McCarrick, ce qui confirme ma dénonciation de la corruption de la Curie.

Le Rapport se donne beaucoup de peine pour tenter de vous dépeindre comme un laxiste dans l’enquête sur les allégations du Prêtre 3 (il ne fait qu’effleurer le fait que c’est vous qui, le premier, avez fait part de ces préoccupations au Saint-Siège). Avez-vous évité de vous mettre « en position de vérifier la crédibilité du Prêtre 3 » ?

Ce que fut mon rôle dans la mise au jour les scandales de McCarrick est évident, et il est tout aussi évident que j’ai toujours pris des mesures pour rapporter au Saint-Siège toute information qui pouvait être en ma possession. Je rappelle que nous parlons de 2012, alors que je venais d’être nommé Nonce aux États-Unis. 

Dans le Rapport, je suis accusé de ne pas avoir donné suite à la demande d’informations concernant les accusations portées par « le Prêtre 3 » contre McCarrick. C’est absolument faux ! Ce sont les auteurs du Rapport eux-mêmes qui fournissent les preuves de la tromperie qu’ils ont fabriquée pour m’écraser et me discréditer. En fait, ailleurs dans le Rapport, il est dit que, le 13 juin 2013, j’ai écrit au Cardinal Ouellet, lui envoyant à la fois la lettre que Mgr Bootkoski m’avait écrite, ainsi que la lettre envoyée au « Prêtre 3 ». Je l’ai informé que la procédure civile du « Prêtre 3 » avait été rejetée sans possibilité d’appel. Mgr Bootkoski a qualifié les accusations du « Prêtre 3 » de fausses et calomnieuses.

Je voudrais souligner un aspect en particulier. Ceux qui m’accusent de ne pas avoir envoyé de communication écrite à Mgr Bootkoski, l’Ordinaire du « Prêtre 3 », évêque de Metuchen, savent très bien que cela dépend des directives précises de la Secrétairerie d’État. Et ils savent tout aussi bien – comme le confirme le rapport – qu’il y a eu une communication téléphonique entre Mgr Bootkoski et moi-même, dont j’ai à mon tour informé le cardinal Ouellet. 

Il ne faut pas oublier qu’à cette époque, il y avait des avocats qui ne se contentaient pas de traduire les diocèses en justice pour des crimes commis par des prêtres, mais qui voulaient démontrer que le Saint-Siège lui-même – à la manière du siège d’une société multinationale – était responsable en dernier ressort de l’indemnisation des victimes d’abus. L’avocat Jeffrey Lena en sait quelque chose ; il a réussi, dans deux procédures distinctes, à empêcher que la responsabilité de la dissimulation des abus ne retombe sur le pape Benoît XVI.

Et que pensez-vous du rapport qui attribue à Jean-Paul II et à Benoît XVI la part du lion dans la responsabilité de l’ascension de McCarrick et de sa place dans l’Eglise ?

Les intentions de celui qui a rédigé le Rapport sont claires : transférer la responsabilité des promotions de McCarrick à ses prédécesseurs, dont l’un est décédé et canonisé (Jean-Paul II), l’autre âgé et faible (Benoît XVI). Le premier ne peut se défendre depuis la tombe, tandis que le second est trop doux pour désavouer ouvertement son successeur en le traitant de menteur, et en le discréditant, ainsi que la fonction qu’il détient. Ce qui est troublant, c’est qu’à l’intérieur même du Rapport – qui est manifestement le résultat de l’œuvre de plusieurs mains – il y a de nombreuses contradictions, suffisamment pour que les arguments avancés soient peu crédibles.

Je me demande alors : qui a convaincu Jean-Paul II et Benoît XVI de ne pas prendre en compte les graves accusations portées contre McCarrick ? Qui avait intérêt à ce que McCarrick soit promu, afin qu’il puisse obtenir un avantage en termes de pouvoir et d’argent ?

Quelqu’un a probablement fait croire à Jean-Paul II que les accusations contre McCarrick étaient fabriquées de toutes pièces, sur le modèle des opérations de discrédit que la Pologne communiste avait déjà menées contre de bons évêques et de bons prêtres qui s’opposaient au régime. 

Dans le cas de Jean-Paul II, le principal parti intéressé par la promotion de McCarrick était certainement le cardinal Sodano. Il a été secrétaire d’État jusqu’en septembre 2006 : toutes les informations lui sont parvenues. En novembre 2000, le nonce Montalvo lui a envoyé son rapport et les accusations de graves abus commis par McCarrick.

N’oublions pas qu’à cette époque, le scandale du père Maciel a éclaté. Sodano a cherché à le dissimuler en falsifiant une déclaration de Benoît XVI, dans laquelle il était dit que le Pape considérait l’affaire comme close. Benoît XVI a convoqué une session plénière de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et le cardinal Arinze a réussi à faire condamner Maciel, malgré l’opposition du Secrétaire d’État.

Le nom du cardinal Sodano apparaît également en relation avec une scandaleuse spéculation immobilière. En 2003, le neveu du cardinal, l’ingénieur Andrea Sodano, avec des lettres de recommandation de son oncle, le Secrétaire d’État, et en sa qualité de consultant du groupe immobilier Follieri (dans certains documents officiels, il est également désigné comme vice-président du groupe), a acquis des biens immobiliers à des prix défiant toute concurrence auprès de diocèses américains condamnés à indemniser les dommages causés par des affaires civiles d’abus sexuels, obtenant ainsi un énorme avantage économique pour lui-même au détriment de l’Église. Raffaello Follieri, le propriétaire du groupe, a été condamné pour fraude et blanchiment d’argent, précisément en raison de transactions téméraires lors de la vente de ces propriétés. Il va sans dire que Follieri avait une relation étroite avec la Clinton Global Initiative et avec la famille Clinton, ainsi qu’avec le parti démocrate : « L’ancien président et la sénatrice Hillary sont nos amis », se vantait Follieri.

Les mêmes connexions, les mêmes complicités, les mêmes connaissances reviennent toujours : McCarrick, Clinton, Biden, les démocrates et les modernistes, ainsi qu’un cortège d’homosexuels et d’agresseurs qui n’est pas sans rapport.

En ce qui concerne Benoît XVI, ceux qui avaient un accès direct et quotidien au Pape étaient le Secrétaire d’État Bertone et le substitut Sandri, qui pouvaient contrôler et filtrer les informations sur McCarrick et exercer une pression sur le Saint-Père. 

Une fois de plus, le Rapport parle de lui-même. Celui qui a présenté la question directement au pape Benoît XVI était le cardinal Bertone, qui, contrairement à ce que j’avais avancé à plusieurs reprises – à savoir que les accusations très graves et détaillées contre McCarrick nécessitaient un procès canonique exemplaire menant à son retrait du Collège des cardinaux et à sa réduction à l’état laïque – a amené le pape Benoît à décider qu’aucun procès canonique ne devrait être entrepris ni aucune sanction canonique prescrite, mais qu’au contraire on ferait « un simple appel à la conscience et à l’esprit ecclésial de McCarrick ».

Et là encore, une contradiction flagrante apparaît au grand jour : comment est-il possible de concilier un simple appel à la conscience avec les instructions formelles qui ont été données au nonce Sambi et à moi-même, selon lesquelles McCarrick ne pouvait pas continuer résider dans le séminaire où il vivait alors, ne devait pas participer à des activités publiques, ne devait pas voyager, et qu’il devait mener une vie retirée de prière et de pénitence ? 

La corruption dans les plus hautes sphères du Vatican est si évidente qu’elle conduit à considérer le Rapport comme une tentative indigne de faire apparaître Bergoglio comme absolument étranger aux manipulations de la Curie, voire comme une sorte de persécuteur implacable des corrompus, alors que les faits démontrent le contraire. Je dirais que Bergoglio est au deep church ce que Biden est au deep state...

Je voudrais également noter que le fait de reprocher à Jean-Paul II la nomination de McCarrick, malgré l’avis négatif de la Congrégation des évêques et de son préfet le cardinal Re, pourrait s’appliquer également à Jorge Mario Bergoglio lui-même, au sujet duquel le supérieur général des Jésuites a émis de fortes réserves. Si Wojtyla a commis une erreur avec McCarrick et, pour cette raison, est considéré comme implicitement responsable des scandales qui se sont produits, qu’est-ce qui empêche que ce jugement soit également étendu à la promotion de Bergoglio comme archevêque de Buenos Aires et ensuite comme cardinal ? Rappelons que lors du Consistoire de 2001, outre McCarrick et Bergoglio, d’autres membres importants de la mafia de Saint-Gall ont reçu le chapeau rouge…

Y a-t-il d’autres points que nous devrions évoquer ?

En conclusion, je voudrais citer un article récent de Riccardo Cascioli, prenant à mon propre compte son jugement lucide : 

Bien que se dégage du Rapport la figure d’un McCarrick prédateur en série, aucune forte réaction n’a été déclenchée avant 2017, date à laquelle est arrivé le premier rapport sur les abus sur mineur. […] En pratique, on nous dit que « les comportements immoraux avec des adultes », bien qu’ils ne soient certainement pas une bonne chose, sont cependant en fin de compte tolérés. La véritable alarme, celle qui permet de prévoir des sanctions, même lourdes, n’est déclenchée que si la personne maltraitée est un mineur. Comme si les dizaines et dizaines de futurs prêtres qui ont partagé le lit de McCarrick, et qui ont donc été pour la plupart condamnés à une vie sacerdotale déséquilibrée, ne comptaient pas vraiment pour beaucoup. Comme si la dévastation morale et la destruction de la foi causées par un évêque-prédateur – vocations perdues, prêtres qui à leur tour ont réitéré les abus, nominations épiscopales faussées par des liens pathologiques – n’étaient qu’un problème mineur.

[…] On a délibérément ignoré le fait que ce qui a permis l’irrésistible ascension de McCarrick est un système de pouvoir connu également sous le nom de lobby gay, qui favorise la nomination et la carrière d’évêques présentant certaines caractéristiques. [...]

Non, il n’y a vraiment aucun signe que l’Église ait appris quoi que ce soit de l’affaire McCarrick ; il y a plutôt le sentiment qu’une personne a été obligée de payer pour que d’autres puissent discrètement continuer. Et en attendant, on avance l’idée que si un prêtre a des tendances homosexuelles, ce n’est pas un problème.

Dans cette farce grotesque, qui se drape maintenant d’un faux semblant de légalisme, on n’hésite pas à traîner toute l’Église dans la boue – son prestige devant le monde, son autorité sur les fidèles – afin de sauver l’image désormais compromise de prélats corrompus, indignes et dépravés. Je me limite à observer que même aujourd’hui, au Vatican, Bergoglio s’entoure encore d’homosexuels notoires et de personnes à la réputation gravement compromise. C’est le désaveu le plus flagrant de l’œuvre prétendument moralisatrice de Bergoglio.

Propos recueillis par Raymond Arroyo, EWTN.


© leblogdejeannesmits pour la traduction.

© Photo : Olivier Figueras.

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12 novembre, 2020

Rapport McCarrick : une première réaction de Mgr Carlo Maria Viganò, et des accusations de mensonge

La sortie du rapport McCarrick (461 pages en anglais disponibles en PDF ici, mais pas recommandées pour tout public), mardi, a mis au jour une tentative de blanchir le pape François quant au traitement de ce dossier brûlant impliquant un cardinal américain hautement politique aujourd’hui réduit à l’état laïque pour cause de comportement immoral avec des séminaristes et des jeunes prêtres.

Premier visé : le pape Jean-Paul II qui se serait surtout rendu coupable de naïveté alors que des allégations précises lui étaient parvenues dès 1999, mais qui a cru – dit le rapport – aux protestations d’innocence du charmant « Uncle Ted » parvenues au moyen d’une lettre déchirante, avant de le nommer archevêque de Washington. Mais aussi Benoît XVI, qui aurait laissé Theodore McCarrick poursuivre ses activités internationales et mondialistes.

De quoi « rassurer » le pape François qui a pour beau souci d’être le continuateur de ses deux prédécesseurs et qui ne pouvait imaginer qu’ils aient pu assurer la promotion à un être aussi corrompu, affirme le rapport.

Ces activités comprennent notamment la présence parmi les personnalités du « Center for Strategic and International Studies » que McCarrick évoquait en les minimisant avec le nonce Sambi à Washington en 2009. Le CSIS compte parmi ses grandes figures Henri Kissinger et Zbigniew Brzezinski, grands mondialistes et promoteurs du Nouvel Ordre Mondial.

Le rapport affirme également que Mgr Carlo Maria Viganò n’a pas correctement donné suite à nombre d’accusations lancées contre l’ex-cardinal au moment où il était en mesure de le faire, soit à la Curie, soit à Washington qu’il avait rejoint en tant que nonce apostolique sous Benoît XVI. Sur ce point Mgr Viganò répondra certainement.

Le pape François affirme dans le rapport n’avoir aucun souvenir des mises en gardes faites de manière orale par Mgr Viganò en 2013, selon la fameuse déclaration de ce dernier.

Le rapport affirme également que le pape François a été informé d’accusations concernant des relations sexuelles entre McCarrick et un mineur après que le Saint-Siège en eut pris connaissance en 2017, entraînant la demande du pape à McCarrick de démissionner du cardinalat, puis sa réduction à l’état laïque.

Une curieuse note du pape pour clore le rapport le montre déplorant que des « mineurs » et des « adultes vulnérables » aient fait l’objet d’« abus sexuels » de la part d’un « nombre significatif de clercs et de personnes consacrées » – comme si les rapports consensuels, notamment et surtout homosexuels, entre des clercs et des adultes, clercs ou non, consentants, n’étaient pas aussi un scandale au sein de l’Eglise.

Je vous propose ci-dessous ma traduction, visée et approuvée par son auteur, de la première réaction de Mgr Viganò au rapport. On peut d’ores et déjà penser que le rapport contient des accusations mensongères à son égard, étant donné qu’une personne proche du dossier me confirme avoir lui-même transmis un rapport écrit par Viganò à Rome dont le rapport affirme qu’il n’a pas été rédigé. Ce qui décrédibilise, s’il était possible, encore davantage les rédacteurs « romains » de ce rapport sur cette odieuse affaire. – J.S.

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Le rapport officiel du Saint-Siège concernant l’affaire McCarrick a été rendu public ce jour [NdT 10 novembre 2020]. Avant de m’exprimer sur son bien-fondé, je prendrai le temps d’en analyser le contenu.

Cependant, je ne peux pas manquer de mettre en évidence l’opération surréaliste de mystification à propos des personnes qui sont responsables de la dissimulation des scandales dans lesquels est impliqué le cardinal américain destitué, et en même temps je ne puis m’empêcher d’exprimer mon indignation de voir les mêmes accusations de dissimulation portées contre moi, alors qu’en réalité j’ai dénoncé de manière répétée l’inaction du Saint-Siège devant la gravité des accusations concernant la conduite de McCarrick. 

Un commentateur impartial remarquerait le choix plus que suspect du moment de la publication du rapport, ainsi que la tentative de me discréditer, moi qui suis accusé de désobéissance et de négligence par ceux-là mêmes qui ont tout intérêt à délégitimer celui qui a mis au jour un réseau de corruption et d’immoralité sans précédent. L’effronterie et le caractère frauduleux dont on a fait preuve à cette occasion semblent exiger, à ce stade, que nous appelions cette reconstitution suggestive des faits « Le rapport Viganò », en épargnant au lecteur la désagréable surprise de voir falsifiée une fois de plus la réalité. Mais cela eût exigé de l’honnêteté intellectuelle, avant même l’amour de la justice et de la vérité.

Contrairement à de nombreux protagonistes de cette histoire, je n’ai aucune raison de craindre que la vérité contredise mes dénonciations, et je ne suis en aucun cas susceptible de chantage. Quiconque lance des accusations infondées dans le seul but de détourner l’attention de l’opinion publique aura l’amère surprise de constater que l’opération menée contre moi n’aura aucun effet, si ce n’est de donner une preuve supplémentaire de la corruption et de la mauvaise foi de ceux qui, pendant trop longtemps, se sont tus, ont fait des démentis et ont regardé ailleurs, et qui aujourd’hui doivent rendre des comptes. La fiction du Vatican continue. 

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
+ 10 novembre 2020

© leblogdejeannesmits pour la traduction

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25 juillet, 2020

Nouvelles accusations de Mgr Viganò sur l'affaire McCarrick, les abus sexuels dans l'Eglise et les “milliards” versés par la Chine au Saint-Siège : traduction intégrale de son entretien avec Marco Tosatti

Mgr Carlo Maria Viganò s'exprime une nouvelle fois sur l'affaire McCarrick, en évoquant notamment le rôle joué par ce dernier dans la conclusion de l'accord entre la Chine et le Vatican, avec des « milliards » à la clef.  Je vous propose ci-dessous ma traduction  l'entretien accordée par Mgr Viganò au vaticaniste Marco Tosatti, précédé par l'introduction signée par celui-ci. Il s'agit de la traduction officielle, relue et autorisée par Mgr Viganò. Et c'est encore une bombe… 


Voir la version italienne sur Stilum curiae, le blog de Marco Tosatti, et la version anglaise, publiée également à 7 h 00 (heure de Rome) ce samedi matin, sur LifeSiteNews

Je n'ai pas encore eu le temps de traduire l'important appareil de notes. Elles sont disponibles dans les versions italienne et anglaise.  – J.S.


*

La détermination de Mgr Carlo Maria Viganò, ancien nonce apostolique aux États-Unis d’Amérique, à dénoncer le voile du silence et les dissimulations dans la gestion des cas d’abus par des membres du clergé, est bien connue. La réaction pimentée et énervée des autorités du Vatican – et en particulier de divers prélats – aux réfutations bien argumentées du combatif prélat est également bien connue. Dans cette interview, nous nous penchons avec Son Excellence sur les développements de l’affaire de l’ex-cardinal McCarrick, notamment  à la lumière d’un article récent de Church Militant intitulé « The McCarrick Bombshell » (« La bombe McCarrick) ».

Mais avant d’entrer dans le vif de cet article, faisons un bref rappel. Du 21 au 24 février 2019, une réunion de tous les présidents des conférences épiscopales s’est tenue à Rome sur le thème de la protection des mineurs dans l’Église.  Quelques jours auparavant, le 16 février 2019, la Congrégation pour la Doctrine de la foi a annoncé le renvoi de l’état clérical de Theodore McCarrick, accusé d’autres crimes graves, et a ajouté : « Le Saint-Père a reconnu le caractère définitif de cette décision prise en accord avec la loi, la rendant res iudicata (c’est-à-dire n’admettant aucun autre recours). » – M.T.


Marco Tosatti : Excellence, quelles sont aujourd’hui les nouvelles à propos de l’affaire McCarrick ?

Mgr C.M. Viganò : Je crains qu’il n’y ait pas de nouvelles, et la nouvelle est précisément celle-là. Avec le renvoi à l’état laïque de McCarrick, on a voulu mettre fin à une longue affaire qui a été révélée par mon témoignage en 2018, mais tout a été fait pour que les résultats et les détails du procès n’apparaissent pas. La tromperie mise en œuvre par une stratégie consistant à procéder par voie administrative et non par voie judiciaire, et la décision de Bergoglio de confirmer la sentence avec autorité, ont en fait empêché de mettre au jour, en même temps que les fautes objectives de McCarrick, les responsabilités de ceux qui, pendant des années, ont contribué à dissimuler la nature et l’étendue des crimes commis par lui, et à protéger ses complices et ceux qui, par leur silence, ont couvert ses crimes. C’est ainsi que la condamnation du coupable n’a pas fait la lumière sur les points obscurs. En tant que laïc, il jouit désormais d’une totale liberté de mouvement et d’action, et peut encore intervenir à tous les niveaux : au niveau ecclésial – et ce même auprès de ceux qui l’ont couvert et soutenu, au Vatican et ailleurs ; au niveau politique, social et financier, par l’intermédiaire des personnes qui sont restées en relation avec lui et qui ont reçu des faveurs de sa part. Le renvoi à l’état laïque ne constitue en aucun cas une sanction médicinale (n’étant que sa prémisse nécessaire, en raison de l’indignité avérée du délinquant), elle n’implique aucune forme de pénalité réparatrice, ni ne rend justice aux victimes, mais permet à M. McCarrick de poursuivre ses activités criminelles sans être dérangé, y compris celles de prédateur sexuel.

La procédure administrative a également empêché l’audition des victimes, alors que les témoignages recueillis tout récemment par Maître Jeffrey Lena, avocat du Saint-Siège, semblent avoir été rédigés sous la dictée : ceux qui ont subi le harcèlement viennent s’excuser de la lenteur de la publication du Rapport en l’attribuant à la masse de témoignages, avec un ton indulgent et justificateur qui ne correspondent pas à l’extrême gravité des crimes qui lui sont reprochés. On peut penser que certaines victimes, protégées par un pseudonyme, se sont prêtées à une opération visant à décharger le Saint-Siège de ses responsabilités et à valider la version que celui-ci fait valoir devant l’opinion publique. On soupçonne aussi ces témoignages anonymes d’être de la pure fiction. C’est en tout cas une tromperie qui doit être dénoncée avec force, car si la corruption de ce prélat en tant que prélat est scandaleuse, le silence coupable de ceux qui représentent l’Église l’est d’autant plus. Si ces épisodes s’étaient produits sous le pontificat de Benoît XVI, ils auraient déclenché la fureur des médias : tant de compassion pour Jorge Mario est révélatrice de l’attitude complice des médias dominants.

Marco Tosatti : La convocation de la réunion au Vatican a été annoncée comme une occasion d’apporter des réponses fermes et déterminées aux scandales sexuels du clergé. Dans son discours d’introduction, le pape François déclarait : « Le poids de la responsabilité pastorale et ecclésiale qui nous oblige à discuter ensemble de manière synodale, sincère et approfondie sur la façon d’affronter ce mal, qui afflige l’Église et l’humanité, pèse sur notre rencontre. Le saint Peuple de Dieu nous regarde et attend de nous, non pas de simples et faciles condamnations, mais des mesures concrètes et efficaces à préconiser. Il faut être concret. »

Mgr C.M. Viganò : Les proclamations solennelles qui ont précédé, accompagné et suivi cette réunion n’ont en aucune façon donné lieu à une action concrète et pratique, comme on le souhaitait.  De même, lors de la réunion, les questions légitimes et insistantes des journalistes posées à Bergoglio le 26 août 2018 après ma dénonciation sont restées sans réponse.

Pour ce qui est du contenu de ce qui a été dit, il semble que, plus qu’à aggraver les peines et à rendre les discours plus incisifs, les scandales sexuels du clergé eux-mêmes aient servi à réaffirmer presque obsessionnellement la nouvelle structure « synodale » de l’Église, qui sert une intention précise de réécrire sa constitution selon une clef démocratique. L’archevêque de Chicago, Blase Cupich lui-même – ami de Theodore McCarrick et président de la réunion au Vatican – a centré son discours à la conférence sur la « synodalité », comme passage obligé d’une « réforme structurelle, juridique et institutionnelle » de l’action dont l’objectif de freiner les abus est de pure forme.

Marco Tosatti : De quelle manière la « synodalité » peut-elle aider les évêques à résoudre le problème des abus du clergé ?

Mgr C. M. Viganò : La proposition d’établir une commission de laïcs indépendants qui aurait supervisé le travail des évêques, formulée lors de l’assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis en novembre 2018, a été bloquée par le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques.  Cette intervention du Vatican a démenti les proclamations de « synodalité » dès lors que les décisions des conférences épiscopales ne coïncidaient pas avec ce que voulait Rome. Cependant, je considère que Son Éminence le Cardinal Ouellet n’a été que l’exécuteur de manœuvres qui lui ont été imposées d’en haut.

Marco Tosatti : N’est-il pas bon que le Vatican garde pour lui des décisions impliquant des questions doctrinales et morales ?

Mgr C. M. Viganò : L’autorité du Pontife romain, qui s’exprime également à travers les Congrégations romaines, ne peut évidemment pas être déléguée à de simples organes consultatifs qui n’ont aucune compétence et qui ne font pas partie de la structure hiérarchique de l’Église telle que le Christ l’a instituée : nous devons être clairs sur ce point. Il est cependant significatif que la « voie synodale » souhaitée par les dirigeants romains ne rencontre aucun obstacle, sauf au moment où elle risque de devenir médiatiquement gênante, comme dans le cas d’une commission spéciale nommée pour recevoir les plaintes contre les évêques.

Cette référence à la « synodalité » est un thème cher au courant théologique progressiste qui veut dénaturer la structure hiérarchique de l’Église. Les récents articles de Massimo Fagggioli, professeur à l’Université de Villanova, sont très révélateurs à cet égard. C’est là que le 11 octobre 2013 McCarrick a prétendu avoir favorisé l’élection du cardinal Bergoglio lors des Congrégations générales précédant le Conclave, qui s’étaient tenues quelques mois plus tôt, et avoir parlé avec « un monsieur italien très influent » qui lui a confié que dans cinq ans le nouveau Pape aurait réformé l’Eglise.

On ferait bien de s’alarmer du fait que cette même école donne aujourd’hui des signes inquiétants de mécontentement à l’égard de l’œuvre de Bergoglio, dont le pontificat est défini comme étant « en crise » par des « gens déçus » – peut-être parce que les cinq années auxquelles McCarrick faisait allusion n’ont pas donné les résultats escomptés.

Marco Tosatti : Dans le rapport qu’il a présenté lors de la réunion du Vatican, le cardinal Reinhard Marx a déclaré : « Les procédures légales correctes servent à établir la vérité et constituent une base pour imposer une sanction proportionnée à l’infraction. On a besoin de voir de quelle manière le juge arrive à un jugement ; le plus souvent, ce n’était pas le cas et je pense que dans notre situation, ce n’est pas une bonne chose. Elles renforcent également la confiance dans son organisation et sa hiérarchie. Les doutes persistants sur le bon déroulement des procédures judiciaires ne font que nuire à la réputation et au fonctionnement d’une institution. Ce principe s’applique également à l’Église. »

Mgr C.M. Viganò :
La publication des actes de procédure devrait être une des pierres angulaires d’une opération de transparence et d’honnêteté envers les victimes d’abus de la part des membres du clergé. Il me semble évident que les paroles du cardinal Marx ont été ignorées, à commencer par l’affaire McCarrick, précisément à l’initiative de Bergoglio.

Je rappelle en outre que le cardinal Daniel DiNardo, président de la conférence épiscopale des États-Unis, a été désavoué sans guère de ménagements par l’intervention du Vatican, qui l’a remplacé lors de la rencontre à Rome en février de l’année 2019 par les cardinaux Blase Cupich et Joseph William Tobin, qui ne sont pas non plus au-dessus de tout soupçons sur leur compte personnel. Ces ingérences, manifestement souhaitées d’en haut, ont fabriqué une image médiatique qui ne correspond pas à la réalité, dans laquelle Bergoglio est présenté comme l’architecte d’une réforme inexistante, à de simples fins de propagande. Même la demande de démission de tout l’épiscopat chilien faite par François s’inscrit dans une opération de façade qui est clairement démentie par les faits.

Je pense que le « deux poids, deux mesures » réservé aux Conférences épiscopales américaine et française est emblématique : du côté américain, l’interventionnisme bergoglien a empêché une opération de transparence de la part des autorités ; tandis que du côté français, il a permis des violations claires du droit canonique et civil, en permettant de confier les enquêtes du propres au for ecclésiastique à un juge maçonnique qui est également favorable à l’euthanasie. L’esprit jacobin qui a présidé à la poursuite des clercs français accusés de pédophilie ne prend cependant pas en compte la responsabilité des Ordinaires et des Supérieurs religieux, qui sont coupables des mêmes dissimulations qui s’installent également dans la pratique à Rome.

Marco Tosatti : Mais nous avons aussi entendu le Pape rappeler, dans son discours final, les paroles qu’il avait déjà prononcées devant la Curie romaine en 2018 : « L’Eglise ne tentera jamais de couvrir ou de minimiser quelque cas que ce soit. »

Mgr C.M. Viganò : Cette affirmation solennelle a été contredite par le cas le plus emblématique, celui de Theodore McCarrick, et laisse penser que d’autres intérêts ont mené à la décision de liquider l’affaire par voie administrative et, ce qui est encore plus grave, sans publication d’actes judiciaires.

Marco Tosatti : Quels sont ces intérêts, à votre avis ?

Mgr C.M. Viganò : On a voulu focaliser l’attention sur les abus dont des enfants ont été l’objet, en la détournant de la condamnation claire et légitime des comportements homosexuels qui sont souvent à l’origine de ces abus. Pour Bergoglio et son entourage, la sodomie n’est pas un péché qui crie vengeance devant Dieu, comme l’enseigne le Catéchisme. Les propos de Bergoglio sur le sujet – et plus encore les actes et les paroles des personnes dont il s’entoure – confirment, hélas, qu’un travail de légitimation est en cours au sujet de l’homosexualité, et que ce sont les prélats et les théologiens qui font avancer cette discussion qui ont manifesté sans ambiguïté qu’ils n’étaient pas fidèles à l’enseignement catholique.

Le cardinal Tobin lui-même – dont les messages embarrassants sur son téléphone portable parlent d’eux-mêmes – a clairement déclaré qu’il n’adhérait pas à la condamnation de la sodomie dans le Catéchisme, refusant de définir les actes homosexuels comme « intrinsèquement désordonnés ». Et ces déclarations font suite au soutien de ce cardinal au livre Building a Bridge du père James Martin s.j., qui affirme la même chose. On retrouve donc un cardinal ami de McCarrick qui se montre favorable aux mouvements LGBT et le jésuite que Bergoglio a nommé consulteur du Secrétariat pour les communications du Saint-Siège, l’invitant même à prendre la parole à la Rencontre mondiale des familles à Dublin en 2018 et le recevant en audience. Le cardinal Cupich s’est également exprimé en faveur des homosexuels à plusieurs reprises, et lors du Synode de la jeunesse – auquel il a été invité à participer par le Pape sans avoir été désigné par les évêques américains – le sujet controversé des relations homosexuelles a été inclus dans l’Instrumentum laboris sans qu’aucun groupe de jeunes ne l’ait demandé. Je rappelle, en passant, que Cupich a été imposé au siège de Chicago par Bergoglio, contre l’avis de la nonciature.

Les intérêts sont donc clairement ceux du « lobby gay » qui s’est infiltré dans l’Eglise et qui est littéralement terrifié à l’idée que de bons Pasteurs fassent la lumière sur l’influence qu’il exerce à la Secrétairerie d’Etat, dans les Congrégations, dans les Diocèses et sur l’Eglise tout entière. La fresque homo-érotique obscène, voire sacrilège, que Mgr Paglia a commandée pour la cathédrale de Terni est un manifeste idéologique arrogant qu’aucune autorité n’a jamais censuré ou déploré ; les trop nombreuses affaires financières du Substitut de la Secrétairerie d’État, Mgr Edgar Peña Parra – liées au Card. Maradiaga (impliqué dans le scandale des abus homosexuels de son évêque auxiliaire, Pineda, sans qu’on n’ait de nouvelles d’une initiative ecclésiastique contre lui) – ainsi que les très graves accusations de Sexto qui pèsent sur lui et que j’ai largement dénoncées, n’ont en rien interrompu son cursus honorum au Vatican ; il en va de même pour Mgr Gustavo Óscar Zanchetta, que Bergoglio a promu et qui, en attendant son procès pénal, a récemment été renommé au poste d’assesseur pour l’Administration du patrimoine du Siège apostolique. Après l’ordre de transférer tous les comptes courants des Diocèses et des Congrégations religieuses du monde à l’APSA, Zanchetta se retrouve à gérer les finances de l’Eglise – lui qui peut aujourd’hui se vanter dans son CV d’avoir un diplôme faisant autorité, celui de mécanicien électricien – ce qui fait de lui en même temps l’objet facile de chantage interne et externe. Et n’oublions pas le travail de Mgr Ilson de Jesus Montanari, archevêque, secrétaire de la Congrégation des évêques, secrétaire du Sacré Collège et vice-camerlingue de la Sainte Église Romaine, au nom et pour le compte de ceux qui l’ont ensuite élevé aux plus hauts rangs de la Curie romaine en récompense de sa fidélité.

Je crois qu’il est essentiel de mettre en lumière une fois pour toutes le lien étroit entre la sodomie et la pédophilie, qui est également confirmé par les statistiques elles-mêmes : un lien que le sommet qui s’est tenu au Vatican a scrupuleusement passé sous silence afin de ne pas heurter la mentalité actuelle, répandue jusque parmi de nombreux prélats. Mais il serait hypocrite et coupable de condamner la pédophilie dans le sillage de la législation civile actuelle, sans condamner également la sodomie, que la pensée unique de ce temps ne considère pas comme pénalement pertinente mais que l’Église compte au nombre des péchés qui crient vengeance devant Dieu.

Mais il y a aussi un autre intérêt, de nature politique, qu’il ne faut pas sous-estimer le moins du monde…

Marco Tosatti : A quoi faites-vous référence ?

Mgr C.M. Viganò : Je parle du rôle politique de McCarrick, qui est également mentionné dans le dernier article de Church Militant : « C’est McCarrick qui a rédigé l’accord Vatican-Chine, une mission qui lui a été confiée personnellement par le pape François. François a suspendu les restrictions imposées par Benoît quelques semaines après être devenu pape – un fait confirmé par Mgr Viganò. De même, des sources chinoises […] montrent que McCarrick pourrait avoir joué un rôle déterminant par rapport à des milliards de dollars de paiements secrets en cours, envoyés par les communistes chinois au Vatican de François. Si cela est vrai (et cela semble plausible, étant donné les liens communistes de McCarrick et son amitié avec Pékin), cela pourrait contribuer à expliquer pourquoi le rapport reste sur le bureau du Pape, sans être publié. »

Ces derniers jours, Christian Today a divulgué la nouvelle selon laquelle « la Chine a ordonné à des villageois chrétiens de renoncer à leur foi et d’adorer à la place les dirigeants du Parti communiste de la nation ».  Face à cette persécution des chrétiens – et des catholiques fidèles au Saint-Siège – par la dictature communiste, le silence de Santa Marta est littéralement assourdissant, comme il l’était il y a quelques jours lorsque, dans son message pour l’Angelus, Bergoglio a omis l’appel en faveur de Hong Kong qui avait été remis à la presse.  L’accord secret conclu entre le Saint-Siège et Pékin, dénoncé publiquement par le cardinal Zen, démontre la soumission de l’Église bergoglienne aux diktats de la dictature communiste, livrant la Hiérarchie locale à ses persécuteurs et gardant le silence sur les violations des droits de l’homme perpétrées par le régime.

Je me rappelle qu’au printemps 2014, j’ai écrit au secrétaire d’État Parolin pour lui demander si les mesures prises par Benoît XVI contre McCarrick étaient toujours valables ou non, suite à un article du Washington Times rapportant qu’il s’était rendu en République Centrafricaine au nom du département d’État américain. Le cardinal Parolin ne m’a jamais répondu, mais les nouvelles qui émergent ces jours-ci semblent aussi mettre en évidence ces aspects. La liberté de circulation accordée à McCarrick était bien connue, et il a lui-même écrit en 2012 : « J’étais à Doha la semaine dernière et je suis allé en Irlande… et ensuite… j’ai entamé l’un de mes plus longs voyages – Beyrouth, Jordanie, Égypte, Thaïlande, Myanmar, Cambodge et Hong Kong… avant de recommencer en Terre Sainte et au Belarus. » Et en 2014 : « Je pars pour la Chine le jeudi 27… Je suis sûr que le cardinal Parolin me recevra puisqu’il est impliqué dans mon voyage en Chine. »

Entre autres choses, la participation de la Compagnie de Jésus aux démarches diplomatiques du Vatican auprès de la dictature de Pékin – à commencer par l’édition spéciale en chinois de Civiltà Cattolica – confirme la volonté du Saint-Siège de cautionner la Chine, au moment même où se concrétisent les soupçons sur sa responsabilité dans la propagation du COVID pour déstabiliser l’équilibre géopolitique international. Le rôle d’Antonio Spadaro et d’autres jésuites – qui, tous, fréquentent assidûment l’université de Villanova – est emblématique et révèle le fil conducteur qui lie le progressisme doctrinal à la perversion morale et à la corruption politique. D’autre part, ces trois éléments – hérésie, sodomie, corruption – sont tellement récurrents qu’ils sont presque une marque de fabrique du deep state et de la deep church.

Puisque nous évoquons le deep state, il n’est pas surprenant que l’OMS soit complice de cette opération d’ingénierie sociale pour plaire à la Chine, ni que le président Trump ait décidé de révoquer les financements qu’elle a reçus jusqu’à présent. Ce qui est surprenant et scandaleux, c’est le silence complice du Vatican face à une sorte de coup d’État qui vise à faire de l’église bergoglienne le bras spirituel du Gouvernement Mondial, sous l’égide de la tyrannie communiste et avec la complicité des partis mondialistes. L’Italie, avec son gouvernement non élu, alors que la majorité se trouve dans une crise politique très grave, semble suivre le programme et ne semble pas vouloir revoir ses positions vis-à-vis de Pékin : les menaces continues d’un retour de l’urgence COVID et du confinement sont clairement instrumentalisées pour maintenir un pouvoir qui, en présence d’élections convoquées démocratiquement, ferait la preuve de sa propre inconsistance. Ce qui est certain, c’est qu’une opposition un peu plus incisive et moins alignée sur le discours dominant pourrait être perçue positivement tant par l’électorat que par les partenaires internationaux de l’Italie.

Marco Tosatti : Revenons sur la question des scandales au sein du clergé. Précisément le 19 février, deux jours avant le début de la réunion présidée par le cardinal Cupich, une lettre ouverte des cardinaux Raymond Burke et Walter Brandmüller aux présidents des conférences épiscopales était publiée : « Face à la dérive actuelle de l’Église, il semble que le problème se réduise à celui des abus commis sur des enfants, qui ne sont qu’un élément d’une crise beaucoup plus vaste. Le cléricalisme est désigné comme étant la cause d’abus sexuels, mais la première responsabilité du clergé ne réside pas dans les abus de pouvoir, mais dans le fait de s’être éloigné de la vérité de l’Evangile. Face à cette situation, les cardinaux et les évêques gardent le silence. Garderez-vous également le silence ? A la suite de nos Dubia, il n’y a pas eu de réponse du Pape ; nous vous encourageons à élever la voix pour sauvegarder l’intégrité de la doctrine de l’Église. Quel a été le résultat de l’appel de ces éminents prélats ?

Mgr C.M. Viganò : Les cardinaux Burke et Brandmüller, comme d’autres prélats, n’ont fait que réaffirmer de façon louable la doctrine catholique : ce qui est inouï, c’est que ce sont eux qui sont considérés comme « étranges » dans la structure ecclésiale, alors que la parole est donnée à des personnalités qui, en raison de leur présence, de leur « cautionnement » de l’agenda LGBT et dans certains cas aussi en raison des ombres qui pèsent sur leur conduite, devraient être retirées de l’Eglise et sévèrement censurées.

En avril 2019, Benoît XVI a publié un vigoureux discours dans Klerusblatt, repris ensuite en Italie par le Corriere della Sera ;  ce discours a été férocement critiqué par Marco Politi dans Il Fatto Quotidiano. Cet article était en fait destiné à la réunion de Rome par l’intermédiaire de la Secrétairerie d’État, mais il a été boycotté, ce qui confirme l’intervention de la « lavender mafia » pour empêcher le Saint-Père de faire connaître sa propre position sur le sujet aux évêques.

Marco Tosatti : Pouvez-vous nous rappeler en quoi consistait cette intervention de Benoît XVI ?

Mgr C.M. Viganò : Le point central de l’article de Ratzinger, celui qui a exaspéré les partisans de Bergoglio, était précisément la mise en évidence du lien entre homosexualité et pédophilie, ainsi que l’assouplissement de la morale à la suite du Concile, et la propagation du fléau des abus.

Fermant obstinément les yeux devant les preuves, le progressiste Politi écrivait : « Quel est le rapport entre l’abandon par l’Eglise d’une éthique basée sur la loi naturelle et la pédophilie ? Qu’est-ce que les changements dans la théologie morale catholique ont à voir avec cela, qu’est-ce que les bandes d’homosexuels dans les séminaires ont à voir avec cela, qu’est-ce que les films pornographiques ont à voir avec cela, qu’est-ce que la relativisation des valeurs et du jugement moral a à voir avec cela ? » Pourtant, il est évident que là où la formation des candidats au sacerdoce et à la vie religieuse supprime la discipline et la vie intérieure, les vices et les péchés se multiplient et dégénèrent ensuite en crimes très graves contre les mineurs, mais pas seulement.

La cause de ce changement réside précisément dans « l’esprit du Concile », que Benoît XVI a seulement voulu mentionner, mais qui n’a pas manqué d’être aussitôt saisi par ceux qui ont vu le superdogme mis en cause : « Elle est vraiment grotesque [sic], la tentative de l’ancien pontife de mettre sur le compte de l’esprit “conciliaire” le garantisme extrême des procès ecclésiastiques, visant à la protection de l’accusé “au point d’exclure pratiquement – comme il est écrit dans l’essai – la condamnation du coupable”. Ce serait donc la faute des partisans du Concile, ou pour le dire plus simplement, celle des réformateurs, si le réseau des spécialistes de la dissimulation et des juristes madrés, qui ont essayé et essaient encore par tous les moyens d’empêcher le procès et la condamnation des clercs prédateurs, s’est toujours avéré si écrasant et puissant ?

Marco Tosatti : Pensez-vous que Marco Politi ait raison ?

Mgr C.M. Viganò : Je crois que la réponse à cette question rhétorique du vaticaniste Politi peut être affirmative, incontestablement : il existe une relation très étroite entre la crise doctrinale de l’Eglise et l’immoralité du clergé, qui atteint scandaleusement les plus hauts rangs de la Hiérarchie. Mais il est également évident que cette crise est utilisée par l’aile ultra-progressiste non seulement pour imposer une fausse morale accompagnée d’une fausse doctrine, mais aussi pour discréditer irrémédiablement la Sainte Église et la papauté devant les fidèles et le monde, par l’action de ses propres dirigeants.

Marco Tosatti : Ne pensez-vous pas qu’à la fin, le rapport que tout le monde attend sera publié ?

Mgr C.M. Viganò : S’il est possible de faire la lumière sur cette affaire, cela se fera malgré le Vatican : les intérêts en jeu sont énormes et touchent directement le sommet de l’Eglise, et pas seulement pour des questions de nature doctrinale, morale ou canonique, mais en raison des aspects politiques et diplomatiques qui ont vu le Saint-Siège faire l’objet d’un coup d’Etat avec la complicité de ceux qui auraient dû au contraire le défendre dans sa souveraineté et son indépendance. Ce qui avait échoué pendant le pontificat de Benoît XVI a été mené à terme après sa démission. Comment pouvons-nous espérer que ceux qui sont redevables, y compris de leur propre élection, à McCarrick – qui était l’un des principaux partisans de l’accord secret avec la Chine – puissent faire la lumière sur une série d’événements qui l’impliqueraient personnellement, démontrant la connivence avec la dictature chinoise contre les catholiques fidèles au Siège apostolique et peut-être aussi la responsabilité de ce régime dans la démission du pape Benoît ? Comment peut-on imaginer que les sombres événements de Saint-Gall aient été éclaircis alors que c’est précisément là que les conspirateurs ont organisé l’élection de Bergoglio ? Et comment croire que l’Église sera purifiée de la corruption et du vice de ses clercs et prélats, alors que ce sont eux qui ont pris le pouvoir et qui arrivent à être promus au plus haut niveau, dans un tissu de complicité entre hérétiques, traîtres et pervers ?

Ceux qui sont chargés d’enquêter sur les scandales sont fortement impliqués dans la nomination, la promotion et la protection des coupables : Bergoglio s’est entouré de personnages compromis, et par conséquent sujets au chantage, dont il n’a aucun scrupule à se débarrasser dès qu’ils risquent de compromettre son image médiatique.

N’oublions pas que la légitimation de l’homosexualité fait partie du programme du Nouvel Ordre Mondial – auquel l’église bergoglienne adhère ouvertement et inconditionnellement – non seulement en raison de sa valeur déstabilisatrice dans le corps social, mais aussi parce que la sodomie est le principal instrument avec lequel l’ennemi entend détruire le sacerdoce catholique, en corrompant les âmes des ministres de Dieu.

C’est pourquoi, du moins dans la mesure où cela semble possible, toute la vérité sur McCarrick ne sera jamais officiellement révélée.

Marco Tosatti : Comment pouvons-nous réagir face à cette corruption ?

Mgr C.M. Viganò : Ce qu’on ne peut désormais plus remettre à plus tard, c’est une action commune du bien – ceux que dans la Lettre ouverte au Président Trump j’ai appelés, en termes bibliques, « les enfants de la Lumière » – afin que la complicité et les crimes de ceux qui font la guerre au Bien pour établir le Nouvel Ordre Mondial soient mis en lumière. Dans cette opération de vérité et de transparence, le rôle des États-Unis peut être décisif, surtout lorsque ceux qui devraient et pourraient contribuer du côté du Vatican restent silencieux. Comme l’a dit le Seigneur : « Je vous le dis : s’ils se taisent, les pierres crieront. »

Mais il y a un aspect plus important, de nature spirituelle. Nous devons comprendre que la crise de l’Église a été provoquée par le fait d'avoir retiré sa couronne à son Roi, Notre Seigneur : il est nécessaire qu’Il revienne pour régner non seulement dans nos cœurs et dans nos familles, mais aussi dans la société civile et surtout dans l’Église. Oportet illum regnare. Et avec le Roi des rois, doit aussi régner Notre-Dame, Reine et Mère de l’Eglise, à qui celle-ci a désobéi en ne consacrant pas la Russie à son Cœur Immaculé. C’est mon souhait le plus sincère, auquel je demande à toutes les personnes de bonne volonté de s’unir.

+ Carlo Maria Viganò, archevêque
22 juillet 2020
En la fête de sainte Marie-Madeleine


© leblogdejeannesmits pour la traduction.


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29 août, 2018

Les révélations de Mgr Viganò et Fatima : une réflexion…

Ce n’est pas un hasard, me semble-t-il, si Mgr Carlo Maria Viganò a choisi de dater sa terrible lettre d’accusation (publiée en français par “L’homme nouveau”) à l’encontre de ceux qui souillent la Sainte Eglise et l’enfoncent « dans un marais fétide » – le pape François y compris – du 22 août. C’est une fête mariale qui, à l’origine, marquait la fin de l’Octave de l’Assomption fêtée le 15 août, et qui a été remplacée par Pie XII, au cours de la Seconde Guerre mondiale, par la fête du Cœur Immaculé de Marie, avant que celle-ci ne disparaisse à son tour, lors des réformes liturgiques qui ont suivi Vatican II, au profit d’une mémoire de Marie, Reine, anciennement fêtée le 31 mai. Il paraît
difficile de ne pas faire le lien de l’affaire actuelle avec les promesses de Fatima, où Notre-Dame promettait le triomphe final de son Cœur Immaculé, non sans demander par la suite la dévotion des Cinq premiers samedis. Le scandale dont Mgr Viganò avait connaissance, et qu’il n’a plus pensé pouvoir taire quoi qu’il lui en coûte, est sans aucun doute le plus grave qui ait jamais secoué l’Eglise…

Lire la suite sur reinformation.tv.

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26 août, 2018

Explosif : le Pape François était au courant des abus sexuels du cardinal McCarrick. L’ancien nonce aux Etats-Unis, Mgr Vigano, demande la démission du pape


C’est une crise telle que l’Eglise catholique n'en a jamais connu tout au long de son histoire. Dans une lettre d’onze pages extrêmement circonstanciée, publiée par L'Homme nouveau, l’ancien nonce apostolique aux Etats-Unis, Mgr Carlo Maria Vigano, affirme, en appelant Dieu à témoin, que le pape François était au courant des abus sexuels commis par le cardinal Theodore McCarrick et qu'il a personnellement levé les sanctions canoniques imposées à ce dernier par Benoît XVI peu après son accession  à la chaire de Pierre. De nombreux cardinaux hauts placés avaient été avertis, notamment par Mgr Vigano lui-même, du comportement outrageusement scandaleux de McCarrick, véritable prédateur qui a abusé sexuellement de nombreux séminaristes et prêtres dont il avait la responsabilité. Le prélat, animé d'un profond souci de l’Eglise, demande leur démission, allant jusqu'à accuser directement le François d'avoir délibérément participé à la conspiration du silence et d’avoir eu une « conduite grave, déconcertante et peccamineuse ».

Mgr Carlo Maria Vigano conclut sa lettre avec ces paroles terribles :

« François abdique le mandat que Christ a donné à saint Pierre pour confirmer les frères. En effet, par son action, il les a divisés, les a amenés à l’erreur et a encouragé les loups à continuer de déchirer les brebis du troupeau du Christ. En ce moment extrêmement dramatique pour l’Église universelle, il doit reconnaître ses erreurs et, conformément au principe proclamé de tolérance zéro, le Pape François doit être le premier à donner l’exemple aux cardinaux et aux évêques qui ont dissimulé les abus de McCarrick, et démissionner avec eux » (traduction de Riposte catholique).

Mgr Vigano témoigne d’avoir personnellement reçu ou transmis des informations, alerté ses supérieurs, soit en tant que Délégué aux représentations pontificales ou plus tard comme nonce à Washington, et constaté que de précédents nonces apostoliques à Washington avaient pris la mesure de la situation et obtenu que des sanctions soient imposées au cardinal McCarrick, sans doute en 2009 ou 2010 au plus tard, lorsque Benoît XVI a enfin été informé. Sanctions dont le cardinal Re a parlé à Mgr Vigano en 2010 alors qu’il venait d’être muté au gouvernorat de l’Etat du Vatican.

Il détaille les noms de ceux qui ont personnellement participé à l’occultation de ce que l'on savait et qui a provoqué chez lui un profond dégoût. Parmi ceux qui ont été dûment avertis : le cardinal Sodano, puis le cardinal Bertone, qu'il accuse d'avoir été à l'origine de « l'incroyable retard » avec lequel les sanctions avaient été prises. « Le cardinal devait quitter le séminaire où il vivait, il lui était interdit de célébrer la messe en public, de participer à des réunions publiques, de donner des conférences, de voyager, avec l’obligation de se consacrer à une vie de prière et de pénitence » – ce sont les sanctions actuellement prononcées contre McCarrick par le pape François, mais celui-ci avait commencé par les lever et à donner au prédateur homosexuel le droit de s'exprimer en public, de voyager, de faire de la représentation, selon un scénario que Mgr Vigano révèle avec toutes ses fourberies.

D'autres cardinaux, de Wuerl à Ouellet, étaient eux aussi au courant des accusations avérées pesant sur McCarrick, ainsi que de nombreux hauts responsables de la secrétairerie d’Etat. Vigano cite le cardinal Parolin, mais encore les cardinaux Levada, Baldisseri, Sandri, Lajolo, Mamberti, Filoni et Becciu qui étaient soit au courant des sanctions de par leur fonction, soit nécessairement avertis du fait de leurs liens fréquents avec la secrétairerie d’Etat.

Mgr Vigano précise :

« En ce qui concerne la curie romaine, je vais m’arrêter ici pour le moment, même si les noms d’autres prélats du Vatican sont bien connus, y compris très proches du pape François, tels que le cardinal Francesco Coccopalmerio et l’archevêque Vincenzo Paglia, qui appartiennent au courant homosexuel en faveur de la subversion de la doctrine catholique sur l’homosexualité, un courant déjà dénoncé en 1986 par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans sa Lettre aux évêques de l’Église catholique sur la pastorale des personnes homosexuelles. Les cardinaux Edwin Frederick O’Brien et Renato Raffaele Martino appartiennent également au même courant, mais avec une idéologie différente. D’autres membres de ce courant résident même à la maison Sainte Marthe. »

Le cardinal McCarrick, qui s’est fortement et ouvertement réjoui de l'élection du pape François, a notamment été choisi par le pape François pour participer, en contournant la nonciature et avec Maradiaga et Wuerl, au choix des nouveaux cardinaux américains, parmi lesquels le cardinal Cupich et le cardinal Tobin, connus pour leurs prises de positions favorables au lobby homosexuel et leur soutien au P. James Martin qui prêche actuellement l’accueil des LGBT aux Journées mondiales pour la famille en Irlande.

Interrogé par LifeSiteNews, Mgr Vigano affirme :  « La raison principale pour laquelle je révèle aujourd'hui ces informations est liée à la situation tragique de l'Eglise, qui ne peut être réparée que par la vérité entière, de même qu'elle a été gravement blessée par les abus et les occultations. Je fais cela pour mettre fin à la souffrance des victimes et pour empêcher qu'il n'y en ait de nouvelles, et pour protéger l’Eglise :  seule la vérité peut la rendre libre. »

Mgr Vigano, 77 ans, ajoute qu'il a voulu « décharger sa conscience devant Dieu des responsabilités qui sont les siennes en tant qu'évêque de l'Eglise universelle ». «  Je suis un vieil homme et je veux me présenter devant Dieu la conscience tranquille », a-t-il ajouté.

 Il a précisé : «  Les secrets au sein de l’Eglise, y compris les secrets pontificaux, ne sont pas des tabous. Ce sont des instruments pour la protéger, elle et ses enfants, de ses ennemis. Ces secrets ne doivent pas être utilisés en vue de conspirations. »

On peut lire le texte complet de la lettre de Mgr Carlo Maria Vigano ici en français, ou encore ici sur la Porte latine, et ici en anglais.

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

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