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14 novembre, 2014

Et maintenant, l'“insémination naturelle”

Cela se passe aux Etats-Unis : des hommes jeunes ou un peu moins jeunes, offrent gratuitement leur sperme aux femmes désirant procréer et qui n'ont pas les moyens de passer par les banques et des procédures médicales compliquées. Gratuitement – et naturellement : en clair, ils proposent d'avoir des relations (c'est leur récompense en quelque sorte) avec les demanderesses qui auront ainsi une bonne chance de tomber enceintes.

Kyle Gordon, par exemple, se présente comme « donneur de sperme » sur sa page Facebook, avec des photos de son enfance pour donner une idée de ce que pourraient être ses enfants. A 23 ans, cet étudiant se vante de ne pas boire, de ne pas se droguer, de ne pas fumer : il ne boit même pas de café et a adopté un régime « sperm-friendly » pour obtenir des rendez-vous n'importe où aux Etats-Unis.

Il revendique au moins une naissance grâce à ses services…

L'insémination « naturelle », c'est donc tout simplement l'acte conjugal détourné au profit des fantasmes de ces messieurs dont certains expliquent rêver non pas d'avoir quelques millions de dollars, mais quelques douzaines d'enfants.

C'est le cas d'un nommé « Joe » qui a déjà trois enfants adolescents. Il assure quant à lui avoir déjà eu une trentaine d'enfants, qu'il a engendrés grâce à une double vie, à l'insu de sa femme.

Une de ses partenaires a témoigné sous couvert de l'anonymat : elle n'avait pas les moyens de payer 700 $ pour une fiole de sperme vérifiés et dépistés : « Je m'en fiche d'avoir un mari ou un homme, je veux juste l'enfant. »

Pauvre gosse…

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01 octobre, 2014

Conte moderne

Jennifer Cramblett est blonde et blanche, elle habite dans une petite ville de l’Ohio, blanche aussi, un brin « raciste »… Mais sa petite fille est un peu noire. Elle a des cheveux qui frisent, la peau foncée de son papa. Pour Jennifer, c’est un problème, car il faut aller loin pour trouver un coiffeur qui sache s’occuper de Payton, 2 ans ; et puis dans cette ville de 2.500 âmes, la petite fille se remarque. Elle est différente. Elle sera la seule de sa couleur lorsqu’il sera temps d’aller à l’école. D’ailleurs on la regarde un peu de travers… Jennifer envisage de déménager, histoire d’aller dans une ville plus métissée. Où Payton sera un peu blanche, un peu trop. Voilà une vie pas facile qui s’annonce…
Pourtant Jennifer Cramblett avait tout fait pour avoir un bébé blanc. D’ailleurs sa partenaire Amanda, blanche et blonde elle aussi, en était d’accord. Le catalogue du Midwest Sperm Bank de l’Ohio laissait le choix ; elles avaient flashé sur le donneur 380, blanc. Ne parlez pas de « papa », surtout, pour Payton il n’y en aura pas. La commande avait été faite par téléphone, et notée sur un bout de papier.
Lorsque les six fioles de sperme sont arrivées chez Jennifer et Amanda – 400 $ l’unité – elles étaient persuadées d’avoir bientôt l’enfant de leurs rêves. Personne ne nota que les fioles portaient le numéro 330. Jennifer une fois inséminée et enceinte, elles se sont dit que se serait bien de prévoir un petit frère ou une petite sœur. Re-coup de fil à la banque de sperme : elles revoulaient du même. Six nouvelles fioles arrivèrent, cette fois avec le bon numéro. Payton n’était pas encore née que sa maman savait qu’il y avait eu erreur. Jennifer était envahie de « colère, de déception et de peur ». Le facteur « racial » allait se révéler à la naissance…
Jennifer a porté plainte et réclame des dommages et intérêts. Elle qui n’avait pas rencontré d’Afro-Américain avant d’aller à l’université, elle qui n’arrivait déjà pas à faire totalement accepter son homosexualité par sa famille – un brin raciste ou, comme l’a dit l’avocat de la jeune femme, « 100 % blanche et involontairement indélicate » – aime énormément la petite Payton mais veut réparation.
Elle ne se contente pas du remboursement des six premières fioles que la compagnie lui a adressé aussitôt l’erreur révélée. Jennifer se fondera sur une « violation de garantie » et  plaidera également la « naissance injustifiée ».
Après tout, comme l’a exprimé son avocat, « ce n’est pas comme si elle avait commandé une pizza ».

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27 août, 2014

Inséminations artificielles multiples et agressions sexuelles au Royaume-Uni

Gennadij Raivich, 58 enfants
Un professeur de médecine périnatale et de neurosciences à University College à Londres a été condamné à Londres pour agression sexuelle au cours de séances d’insémination artificielle artisanale. Gennadij Raivich n’a cessé de nier les agressions – une seule a été retenue en définitive par la justice – mais assure avoir engendré pas moins de 58 enfants, profitant de la quête désespérée de femmes souvent bien installées dans la vie professionnelle mais qui voulaient avoir un bébé.
Quinze femmes, dont une policière, un professeur de mathématiques et une conférencière ont témoigné en sa faveur : certaines avaient « obtenu » de lui deux, voire trois enfants par ce qu’il a qualifié d’« insémination artificielle plus » ou encore « insémination intra-cervicale ».
En clair, Raivich se rendait chez les femmes contactées à travers un forum internet, souvent sous un nom d’emprunt, et exigeait d’elles nombre de « faveurs » qui allaient, disait-il, faciliter l’obtention du sperme qu’il allait leur remettre. Plusieurs d’entre elles se sont plaintes par la suite d’avoir été victimes d’agressions sexuelles, mais la plupart n’ont semble-t-il rien dit. Comme l’a souligné le représentant de la couronne, ces femmes étaient assez désespérées pour accepter une rencontre douteuse, chez elles, prêtes à affronter la honte et l’humiliation pour arriver à leur fin, prêtes à ne pas en parler à leurs proches : « des victimes parfaites pour un prédateur sexuel ».
Bien sûr, la Human Fertilisation and Embryology Authority a fait savoir que ces inséminations n’avaient pas du tout été faites dans les règles – c’est avec de tels arguments qu’on justifie leur encadrement légal. Reste que l’insémination artificielle est déjà en soi une agression sexuelle et une atteinte au droit des enfants de ne pas être fabriqués comme des choses par l’entremise d’un homme qui ne pourra jamais jouer auprès d’eux son rôle de père.
On apprend dans le même temps que la HFEA vient de révéler que 504 donneurs de sperme au Royaume-Uni ont engendré plus de 6.200 enfants, soit au moins 10 enfants biologiques par donneur. Quinze donneurs ont même engendré vingt enfants ou davantage. Mais on ne saura jamais quel est le nombre le plus élevé d’enfants né d’un seul père, au motif – ça ne s’invente pas – que la HFEA ne peut pas le révéler : cela violerait la loi sur la protection des données.
Les données concernent les procédures de procréation médicalement assistée, fécondation in vitro et autres inséminations pratiquées dans les cliniques de fertilité du Royaume-Uni. La loi interdit aux donneurs d’engendrer des enfants dans plus de dix familles, outre la leur, mais le nombre d’enfants par famille n’est pas limité. Ils n’ont aucun droit ni responsabilité à l’égard de ces enfants.
Depuis 2005, toutefois, les enfants conçus par donneur ont le droit d’obtenir à 18 ans des informations qui leur permettent d’identifier celui-ci, s’ils le désirent. Mais cette levée de l’anonymat a fait chuter le nombre de donneurs au Royaume-Uni et aujourd’hui une insémination par donneur sur quatre se fait avec du sperme importé. Au total quelque 1.000 enfants par an naissent d’un don de sperme.

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30 juillet, 2014

Le Royaume-Uni se dote d'une “Banque centrale du sperme”

Le Royaume-Uni vient de se doter d’une Banque nationale de sperme en vue de mettre fin à la pénurie de gamètes dont souffre le système de santé (socialisé) du pays. Le mot « banque » est bien choisi : il n’est pas seulement question de financement, mais encore de vente, d’acheminement, de marketing, de recrutement amélioré des donneurs potentiels. Avec cela on a certes à peu près tout dit – de la logique marchande à la réification de l’être humain le chemin est bien balisé – mais l’affaire mérite un coup d’œil plus affiné.
Il s’agit d’abord de la première Banque nationale de sperme au monde : le Royaume-Uni se voit ici comme pionnier dans le développement d’un système destiné à mieux répondre à la demande des « milliers » de patients ou de couples qui, surtout au sein de la NHS (National Health Service, ou service national de la santé) se heurtent à la pénurie.
C’est le National Gamete Donation Trust (Fondation nationale pour le don de gamètes, NGDT) qui a engagé des fonds pour permettre la mise en place d’un projet ; c’est en juillet 2014 que le Département de la Santé britannique a choisi de les utiliser pour doter la Banque nationale de sperme en partenariat avec le Birmingham Women’s Hospital. Elle sera opérationnelle en octobre, annonce-t-on.
Pourquoi Birmingham ? Parce qu’il s’agit d’une ville centrale, avec une population importante, jeune et métissée, assure l’une des membres du NGDT, Natasha Canfer, dans Bionews. La Banque sera au centre d’un dispositif semblable à une roue, chargée de coordonner les activités d’autres banques qui rayonneront autour de son axe, aussi bien pour la fourniture d’informations, le recrutement de donneurs qui pourront être testés sur place, que la conservation des cellules reproductrices.
Pour Natasha Canfer, elle-même utilisatrice de la procréation artificielle avec donneur de sperme, qui a expérimenté aussi bien le circuit privé que le circuit public, la centralisation du don de sperme n’a que des avantages. Aujourd’hui, explique-t-elle, la demande est à la hausse alors que la pénurie sévit partout dans le royaume – et surtout dans les cliniques de la NHS. Les solutions actuelles se résument à l’inscription sur une liste d’attente, au recours à des circuits de dons non contrôlés, à l’importation, au voyage à l’étranger pour obtenir la procédure de procréation médicalement assistée ou à son arrêt pur et simple.
De fait, les médias ont souligné à diverses reprises que les Britanniques sont devenus dépendants des importations de sperme danois, mais ce n’est pas, assure Natasha Canfer, seulement une question fascination pour les beaux mâles danois. C’est que le Danemark a su se doter des bonnes « infrastructures » à la fois dans le domaine du recrutement que dans celui de l’accueil des clients – qu’il s’agisse des donneurs ou de celles qui cherchent à concevoir. Que manque-t-il aux Britanniques ? Dans la plupart des cliniques, ce sont la technique de vente bien huilée et une bonne stratégie de marketing qui n’ont pas été considérées comme des priorités.
L’existence d’une Banque nationale assurera à ceux qui ont besoin d’acheter du sperme l’accès facile à l’information sur les donneurs disponibles, ainsi qu’un processus de commande et de livraison efficace. La VPC de la PMA en somme…
Mais alors pour tous. La Banque nationale devra remplir son objectif qui est d’assurer à « tous » un accès sûr, équitable et plus important à un sperme de qualité élevée et constante, grâce à une coordination nationale indispensable, selon un groupe de travail de la British Fertility Society, pour que l’égalité des patients soit effective. Pour cela, il faudra d’abord augmenter le nombre de donneurs.
Le but est de les valoriser comme participants à la conception d’une nouvelle vie, de « quelqu’un qui aura le spectre complet des émotions et des sentiments » ; la nouvelle Banque fonctionnera dans le « respect » des donneurs qui seront systématiquement honorés et remerciés pour leur altruisme. La régulation publique permettra également aux enfants nés de ces techniques de bénéficier de ce que l’on est tenté d’appeler la « traçabilité » de leurs origines, puisque le don de sperme, au Royaume-Uni, n’est ni obligatoirement gratuit ni anonyme.
En outre, se félicite Mme Canter, la centralisation – qui est une forme de nationalisation – du don de sperme permettra de limiter le nombre de demi-sœurs et de demi-frères nés d’un même donneur, puisque le nombre de familles pouvant bénéficier des dons d’un seul homme sera limité à dix.
C’est une systématisation publique de la polygamie. 

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17 février, 2013

Allemagne : un tribunal affirme le droit des enfants nés d'un donneur de connaître leur père

Source photo : BioEdge.
Une cour d'appel allemande vient de juger qu'une jeune femme âgée de 21 ans doit pouvoir connaître l'identité du donneur de sperme à qui elle doit la vie, au nom du droit de connaître son père biologique. « L'intérêt de la plaignante à connaître sa parenté doit être jugé comme prévalant sur les intérêts de la défense et sur le droit à de ne pas divulguer des informations sur le donneur », a estimé cette juridiction de Hamm.

Reste à savoir si les données relatives au père biologique ont été archivées ou détruites, mais le principe est bien posé : la jeune femme, qui a découvert il y a quatre ans que l'homme qui l'a élevée n'est pas son père, subit un tort du fait qu'elle n'a pas pu connaître son père véritable.

« Sarah P » a ainsi fait valoir l'application d'une jurisprudence de la Cour constitutionnelle qui affirmait, en 1989, que l'accès à l'héritage génétique constitue un droit de la personne. Mais la manière de consigner les éléments permettant d'identifier un donneur n'a été fixée qu'en 2007 par un nouveau jugement imposant qu'ils soient consignés et conservés par le médecin responsable pendant 30 ans, non pas  pour permettre de retrouver le père biologique, mais pour permettre un meilleur dépistage des maladies héréditaires et infectieuses.

Il est maintenant question d'imposer la tenue d'un registre officiel qui permette de stocker de manière permanente les données des enfants conçus à la suite d'un don de sperme et de leur père biologique. On estime à 100.000 environ le nombre de personnes nées d'un don de sperme anonyme en Allemagne.

Une fois son identité connue, le père biologique peut être mis en demeure de subvenir aux besoins de son enfant, ainsi qu'à ceux de sa mère pendant les trois premières années après la naissance, et les services sociaux – qui apportent cette aide alimentaire en cas de père inconnu – ont le droit de rechercher le géniteur d'un enfant à cette fin.

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03 février, 2013

PMA, donneurs de sperme, droits parentaux : vers la “coparentalité” au Royaume-Uni

Une jurisprudence nouvelle qui devrait totalement changer la donne de la procréation médicalement assistée au Royaume-Uni est venue au secours, jeudi, des hommes qui donnent leurs cellules reproductrices à des couples amis, et dont l'identité est donc connue. La chambre des affaires familiales de la Haute Cour a jugé que, contrairement à ce qui se passait jusqu'ici à moins d'une relation légale ou domestique clairement établie avec l'enfant, le donneur de sperme est en droit de demander a avoir un lien avec sa progéniture, voire un droit de visite.

Dans cette affaire, trois couples sont concernés : deux paires lesbiennes, une paire gay, chacune se trouvant lié par un partenariat civil. L'un des hommes est le père biologique des deux enfants du premier couple le lesbiennes, l'autre homme a « engendré » l'enfant de l'autre couple de lesbiennes.

L'accord qui liait les protagonistes était informel et amical. Mais au fil du temps, les hommes cherchèrent à avoir davantage de contacts avec leurs enfants biologiques, au grand dam des couples de lesbiennes : fin d'une belle amitié.

Devant le refus des femmes de leur donner accès à leurs enfants, les deux hommes ont saisi la justice pour obtenir un droit de résidence avec leurs enfants biologiques ; les femmes soutenant au contraire qu'un tel arrangement porterait atteinte à leur vie familiale. Elles étaient fortes du la loi de Fertilisation humaine et d'embryologie de 2008, qui fait des membres d'un couple de même sexe les parents légaux d'enfants conçus à partir de dons de sperme, d'ovules ou d'embryons.

Ce droit n'a pas été contesté par le juge Baker qui a réaffirmé que les deux femmes de chaque couple avaient exactement les mêmes droits que des couples homme-femme à l'égard de leurs enfants. Sa décision ouvre cependant le droit aux donneurs de gamètes de réclamer l'aménagement d'un droit de garde devant un tribunal, pour pouvoir par exemple bénéficier de week-ends ou d'une partie des vacances avec son enfant.

L'avocat d'une des paires homosexuelles y voit une « perspective affolante » pour ceux qui ont recours aux dons de gamètes, hommes ou femmes, et recommande qu'un arrangement fixant les droits de chacun sur l'enfant soit trouvé et établi par écrit de manière certaine avant d'entamer le processus.

Sans savoir si les hommes dans cette affaire vont effectivement obtenir un droit de visite ou de garde – il appartiendra à un autre tribunal de répondre à cette question si elle lui est posée – il s'agit en tout cas de la reconnaissance de la réalité du lien biologique qui existe en dehors de tout rapport sexuel et de l'ouverture à une forme de « coparentalité » où l'intrus n'est pas forcément celui qu'on pense…

Dans cette logique, deux papas et une maman, deux mamans et un papa, c'est déjà possible.

Source : ici (et plusieurs autres).

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...