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16 mai, 2011

Le discours de Benoît XVI à l'Institut Jean-Paul II pour l'étude sur le mariage et la famille

(Ma traduction intégrale)

C’est avec joie que je vous reçois aujourd’hui, peu de jours après la béatification de Jean-Paul II qui, il y a trente ans comme nous venons de l'entendre, a voulu fonder à la fois le Conseil pontifical pour la famille et votre Institut pontifical ; deux organismes qui montrent à quel point il avait une ferme conviction de l’importance décisive de la famille pour l’Eglise et pour la société. Je salue les représentants de votre grande communauté, qui a désormais essaimé sur tous les continents tout comme la valeureuse fondation pour le mariage et la famille que j’ai créée en vue de soutenir votre mission. Je remercie le président, Mgr Melina, pour les paroles qu’il m’a adressées au nom de tous. Jean-Paul II, le nouveau bienheureux, qui – comme on l’a rappelé – était victime il y a exactement 30 jours aujourd’hui d’une terrible tentative d’assassinat sur la Place Saint-Pierre, vous a confié de manière toute spéciale, en vue de l’étude, de la recherche et de la diffusion, ses « catéchèses sur l’amour humain », qui contiennent une réflexion profonde sur le corps humain. Conjuguer la théologie du corps avec la théologie de l’amour pour trouver l’unité du voyage de l’homme, voilà le thème que je voudrais vous indiquer comme horizon de votre travail.

Peu après la mort de Michel-Ange, on appela Paolo Veronese devant l’Inquisition sous le chef d’avoir dépeint des images impropres dans une représentation de la Dernière Cène. Le peintre répondit que dans la Chapelle Sixtine aussi, les corps étaient montrés nus et avec peu de respect. C’est l’inquisiteur lui-même qui a défendu Michel-Ange avec cette réplique devenue célèbre : « Ne savez-vous pas qu’il n’y a rien dans ces images qui ne soit de l’esprit ? » Nous autres, modernes, avons du mal à comprendre ces paroles, parce que le corps nous semble être une matière inerte, pesante, opposée à la connaissance et à la liberté propres à l’esprit. Mais les corps peints par Michel-Ange sont habités par la lumière, la vie, la splendeur. Il voulait ainsi montrer que nos corps recèlent un mystère. En eux, l’esprit se manifeste et opère. Nous sommes appelés à être des corps spirituels, comme le dit saint Paul (1 Cor, 15, 44). Nous pouvons dès lors nous demander : cette destinée des corps peut-elle illuminer les étapes de son voyage ? Si notre corps est appelé à être spirituel, son histoire ne devrait-elle pas être celle de l’alliance entre le corps et l’esprit ? En fait, loin de s’opposer à l’esprit, le corps est ce lieu où l’esprit peut demeurer. A la lumière de cela il est possible de comprendre que nos corps ne sont pas inertes, pesants, mais qu’ils parlent – si nous savons les entendre – le langage de l’amour véritable.

Le premier mot de ce langage, nous le trouvons dans la création de l’homme. Le corps nous parle d’une origine que nous ne nous sommes pas conférée à nous-mêmes. « C’est toi qui m’as tissé dans le sein de ma mère », dit le Psalmiste au Seigneur (Ps 139, 13). Nous pouvons affirmer que le corps, en nous révélant l’Origine, porte en lui-même une signification filiale, puisqu’il nous rappelle notre génération qui renvoie, à travers nos parents qui nous ont transmis la vie, à Dieu Créateur. Ce n’est qu’en reconnaissant l’amour originel qui lui a donné la vie que l’homme peut s’accepter lui-même, qu’il peut se réconcilier avec la nature et avec le monde. A la création d’Adam succède celle d’Eve. La chair, reçue de Dieu, est appelée à rendre possible l’union d’amour entre l’homme et la femme et à transmettre la vie. Les corps d’Adam et d’Eve apparaissent, avant la Chute, en parfaite harmonie. Il y a en eux un langage qu’ils n’ont pas créé, un éros enraciné dans leur être, qui les invite à se recevoir mutuellement du Créateur, afin de pouvoir ainsi se donner.

Ainsi, nous comprenons que dans l’amour, l’homme est « recréé ». « Incipit vita nova », dit Dante (Vita Nuova I, 1) – « la nouvelle vie commence », la vie de la nouvelle union des deux en une seule chair. La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui révèle la beauté intégrale, l’univers de l’autre personne et du « nous » qui naît de l’union, la promesse de la communion qui s’y cache, la nouvelle fécondité, le chemin que l’amour ouvre vers Dieu, source de l’amour. L’union en une seule chair devient ainsi union pour la vie afin que l’homme et la femme puissent aussi devenir un seul esprit. De cette manière s’ouvre un chemin où le corps nous enseigne la valeur du temps, de la lente maturation dans l’amour. A cette lumière, la vertu de chasteté reçoit une nouvelle signification. Il ne s’agit pas d’un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais du grand « oui » à la vie en tant que communication profonde entre personnes, qui a besoin de temps et de respect, dans un voyage ensemble vers la plénitude, et en tant qu’amour qui devient capable d’engendrer la vie et d’accueillir généreusement la nouvelle vie qui naît.

Il est certain que le corps contient aussi un langage négatif ; il nous parle de l’oppression de l’autre, du désir de posséder et d’exploiter. Néanmoins, nous savons que ce langage n’appartient pas au dessein originel de Dieu, mais est le fruit du péché. Lorsqu’il est détaché de sa signification filiale, de son lien avec le Créateur, le corps se rebelle contre l’homme, il perd sa capacité à faire transparaître la communion, et il devient le lieu de l’appropriation de l’autre. N’est-ce pas là par hasard le drame de la sexualité, qui aujourd’hui reste enfermée dans la sphère étroite du corps lui-même, et dans l’émotivité, mais qui en réalité ne peut se réaliser que dans l’appel à quelque chose de plus grand ? A cet égard, Jean-Paul II parlait de l’humilité du corps. Un personnage de Claudel dit à son bien-aimé : « La promesse que mon corps t'a fait, je suis incapable de l'accomplir » ; à quoi suit la réponse: « Le corps se rompt, mais pas la promesse … » ( Le Soulier de satin , Jour III, Scène XIII). La force de cette promesse explique comment la Chute n’est pas le dernier mot sur le corps dans l’histoire de la Rédemption. Dieu offre aussi à l’homme un chemin de rédemption du corps, dont le langage est préservé au sein de la famille.

Si après la chute Eve reçoit ce nom : Mère des vivants, c’est la preuve que la force du péché ne parvient pas à annuler le langage originel du corps, la bénédiction de la vie que Dieu continue d’offrir lorsque l’homme et la femme s’unissent en une seule chair. La famille, voilà le lieu où la théologie du corps et la théologie de l’amour se recoupent. C’est ici que l’on apprend la bonté du corps, le témoignage qu'il rend d’une origine bonne, dans l’expérience de l’amour que nous recevons de nos parents. Ici se vit le don de soi dans une seule chair, dans la charité conjugale qui unit les époux. Ici s’expérimente la fécondité de l’amour, et ici nos vies s’entrelacent avec celle des autres générations. C’est au sein de la famille que l’homme découvre sa rationalité, non comme un individu autonome qui s’auto-réalise, mais en tant que fils, époux, parent, dont l’identité se fonde dans le fait d’être appelé à l’amour, de se recevoir des autres et de se donner aux autres.

Ce chemin de la création trouve sa plénitude dans l’Incarnation, avec la venue du Christ. Dieu a assumé le corps, il s’y est révélé. Le mouvement ascendant du corps s’insère ici dans un autre mouvement plus primordial, le mouvement humble de Dieu qui s’abaisse vers le corps, pour pouvoir l’élever vers lui. En tant que Fils, il a reçu un corps filial dans la gratitude et dans l’écoute du Père, et il a donné ce corps pour nous, pour engendrer ainsi le corps nouveau de l’Eglise. La liturgie de l’Ascension chante cette histoire de la chair, pécheresse en Adam, assumée et sauvée dans le Christ. C’est une chair qui se remplit toujours davantage de lumière et de l’Esprit, remplie de Dieu. C’est ainsi qu’apparaît la profondeur de la théologie du corps. Celle-ci, lorsqu’elle est lue à la lumière de la tradition, évite l’écueil de la superficialité et accepte d’intégrer la grandeur de la vocation à l’amour, qui est un appel à la communion des personnes dans la double forme de la vie dans la virginité et dans le mariage.

Chers amis, votre Institut a été placé sous la protection de la Madone. Sur Marie, Dante dit des paroles qui illuminent la théologie du corps : « En ton sein se ralluma l'amour » (Paradiso XXXIII, 7). Dans son corps de femme, a pris corps cet Amour qui engendre l’Eglise. La Mère du Seigneur continue de protéger votre chemin et à rendre fécond votre travail et votre enseignement, au service de la mission de l’Eglise pour la famille et la société. Que vous accompagne la Bénédiction apostolique, que je vous accorde de grand cœur. Merci.

15 juillet, 2010

Argentine : la bataille

Argentine, 40,5 millions d'habitants. Mais en plein hiver austral, Buenos Aires a fait deux fois mieux contre le « mariage » homosexuel – selon les chiffres de la presse ! – que Paris contre le PACS : ils étaient « 200.000 » à manifester mardi soir devant le Congrès, à l'appel du Département des laïcs de la Conférence épiscopale argentine, et aussi de chrétiens évangéliques, contre le projet de le légalisation de l'union et de l'adoption homosexuelles. Mais il vaut mieux juger sur pièces : voyez la photo de La Nacion reproduite sur le site l'agence catholique AICA :


Des centaines de milliers de personnes, donc, qui ont pu voir en direct des vidéos d'autres rassemblements dans des villes de provinces (20.000 personnes à Cordoba, par exemple, toujours selon les chiffres retenus par la presse). Le rassemblement, pacifique, fut ponctué de chants et de numéros d'artistes réunis sous le slogan « Sauver la famille », dans une atmosphère de franc patriotisme : on déploya un drapeau argentin de 200 mètres de long. Surtout, on procéda à la lecture publique d'une lettre d'adhésion à la Marche pour la Vie et pour la Famille écrite pour l'occasion aux manifestants (des familles avec enfants, des étudiants, des mouvements religieux) par le cardinal Bergoglio, primat d'Argentine.

Son éminence y affirme son « soutien à cette expression de responsabilité du laïcat », rappelant avec l'Eglise qu'on ne peut « dire identique ce qui est différent » et affirmant le droit des enfants d'avoir un père et une mère, en invitant les manifestant à se comporter comme les serviteurs de la vérité, et non ses détenteurs.
« Il ne s'agit pas d'une simple question de terminologie ou de conventions formelles au sein d'une relation privée, mais d'un lien de nature anthropologique. L'essence de l'être humain tend à l'union de l'homme et de la femme comme lieu réciproque d'accomplissement, d'attention et de soins, et comme chemin naturel pour la procréation. Cela donne au mariage à la fois la transcendance sociale et son caractère public. Le mariage précède l'Etat, il est la base de la famille, la cellule de la société, antérieur à toute législation et antérieur à l'Eglise elle-même. De telle sorte que l'adoption du projet aujourd'hui en gestation représenterait un réel et grave recul anthropologique.
Le mariage (entre un homme et une femme) n'est pas la même chose que l'union entre deux personnes de  même sexe. Distinguer n'est pas discriminer, mais respecter : différencier en vue de discerner signifie valoriser avec justice, et non point discriminer. En un temps où nous mettons l'accent sur la richesse du pluralisme et la diversité culturelle et sociale, c'est une contradiction que de minimiser les différences humaines fondamentales. Un père, ce n'est pas la même chose qu'une mère. Nous ne pouvons enseigner aux générations futures qu'il n'y a pas de différence entre le fait de se préparer à réaliser un projet de famille en acceptant de s'engager dans une relation stable entre un homme et une femme, que de cohabiter avec une personne du même sexe.
Prenons garde qu'en essayant de mettre en avant et de veiller sur un prétendu droit des adultes nous ne laissions de côté le droit prioritaire des enfants – qui doivent être les seuls privilégiés – à compter sur un père et une mère comme modèles, à avoir un papa et une maman. »
 Le cardinal Bergoglio ne fut pas le seul. De multiples diocèses argentins se sont associés à la démarche et l'on ne compte plus les pèlerinages dans des sanctuaires marials pour éloigner la menace d'une grave atteinte à la famille.

Au Sénat argentin, le débat sur le rejet par la Commission du Sénat du texte déjà approuvé par la Chambre a commencé mercredi à 13 h 15 locales et devrait se poursuivre, en présence de 37 sénateurs sur 72, jusqu'au petit matin du jeudi. La séance s'ouvrit sur des discours musclés, notamment celui de la sénatrice Liliana Negre de Alonso qui alla jusqu'à bousculer les habitudes du lieu en faisant éteindre les lumières pour passer une vidéo à l'appui de ses arguments contre le mariage homosexuel.

Si le rejet est approuvé, ce qui ne semble pas gagné à l'heure d'écrire, le projet cher aux kirchneristes ne pourrait plus venir à l'ordre du jour pendant un an. Mais cela ouvrirait la voie au vote d'un projet d'union civile

Pendant ce temps, devant les grilles du Congrès, des manifestants se sont « opposés » ce mercredi, les uns pour, les autres contre le mariage gay, avec des insultes et des accrochages, pour reprendre l'accroche de Los Andes (vidéo sur le site). Il suffisait de lire le premier paragraphe de l'article pour comprendre qu'en fait, il y eut des insultes contre les défenseurs de la famille et l'Eglise et des bannières arrachées par les pro-gay et la gauche, et de l'autre côté… la récitation d'Ave Maria.

Le journal espagnol ABC fait encore plus fort en titrant : « Un groupe catholique provoque des incidents pendant l'étude de la loi. » On y apprend qu'une centaine de catholiques qui s'étaient réunis devant les grilles du Congrès « ont dû abandonner le lieu sous la pression et la supériorité numérique de milliers de manifestants pour le mariage gay, qui avaient mal vécu l'accrochage d'une banderole pro-famille et les « prières à voix haute à quelques mètres seulement de la manifestation en faveur du projet ». Ils furent chassés à coups d'oranges et d'œufs pendant que les responsables anti-discrimination de la manif pro-gay critiquaient ceux qui invoquent « la guerre de Dieu » aux côtés de la « hiérarchie catholique argentine ». Et d'appeler toutes les parties (sic) au calme…

D'où, sans doute, ce slogan : « Eglise, ordure, vous êtes la dictature ! »

© leblogdejeannesmits.

11 juillet, 2010

Argentine : « guerre culturelle » contre l'Eglise



Monseigneur Hector Aguer, qui célébrait vendredi la messe d'action de grâces pour le 194e anniversaire de l'indépendance de l'Argentine, a souligné que cette fête – qui est aussi celle de la mémoire liturgique de Notre Dame d'Itati – « manifeste avec évidence les racines catholiques de l'Argentine ». L'archevêque de La Plata dénonçait par la même occasion l'existence d'une « guerre culturelle  contre le substrat chrétien » de cette nation.

Notant que les Argentins se sont par trop habitués à la corruption qui déséquilibre le jeu des institutions « au détriment de la République et en trompant les citoyens », Mgr Aguer a dit au cours de son homélie :

« L'ordre politico-juridique doit fonder sa légitimité dans une dimension transcendante : les gouvernements, qui souvent s'identifient abusivement à l'Etat, tendent à ignorer leurs propres limites, ils prétendent absorber la société et remplacer l'éthos du peuple avec leurs recettes idéologiques. »

Et d'ajouter :

« Ces dernières années s'est clairement profilé le projet de détruire les fondements naturels de l'ordre familial et social et le sens transcendant de l'éducation populaire. On dirait que certaines sphères officielles, à l'aide d'un fort appareil de propagande et d'inépuisables ressources économiques, on mis en mouvement un nouveau “kulturkampf”, une guerre culturelle contre le substrat chrétien de notre peuple, qui en arrive à attaquer violemment même l'image biblique de l'homme qui sert encore de référence à la majorité des habitants de cette terre, au-delà des frontières confessionnelles. »

L'archevêque a donc demandé que l'on recherche un vrai consensus parmi ceux qui défendent « la vie, la liberté, la garde de la vérité et le bien de la famille » :

« Que chaque chrétien, selon sa condition, sa formation et ses moyens, assume la part de responsabilité qui lui incombe : l'apport de chacun, même s'il semble le plus petit de tous, a de la valeur, et ajouté à ceux de tous peut se montrer décisif en cette heure où se joue l'avenir de la société argentine. »

A l'approche de l'examen du projet de loi légalisant le mariage homosexuel Mgr Aguer en a appelé à la Vierge Marie. Il lui a confié « les graves moments que nous vivons et leur issue incertaine ».

« Nous laissons également à ses pieds notre engagement de faire ce qui dépend de nous pour continuer d'être fidèles et pour que l'Argentine ne renie pas la fidélité promise par les hommes qui nous ont donné l'indépendance. Une fidélité que bien d'autres – des multitudes – ont ratifiée par leur travail silencieux, leur généreuse charité, leur héroïsme quotidien anonyme. Tout ce bien ne peut rester vain, et il ne pourra davantage être annihilé par la théâtrale apostasie de ceux qui prétendent trancher nos racines : cela équivaudrait à réinventer une Argentine qui n'existe plus. »

23 juin, 2010

Mieux qu'un long discours

Voici l'affiche publicitaire que vient de rendre publique le Planning familial de Saint-Louis, Missouri (Etats-Unis), sous le titre : « Elle viennent d'apprendre qu'elles attendent [un enfant], enfin… »


Il s'agit d'une annonce pour les « services d'insémination »…

Source : LifeSite.

© leblogdejeannesmits.

08 avril, 2010

Portugal : le Tribunal constitutionnel approuve le “mariage” homosexuel

Saisi par le président de la République portugaise de la loi autorisant le « mariage » (mais non l'adoption) aux couples homosexuels, le Tribunal constitutionnel a jugé aujourd'hui que celui-ci n'est pas contraire à la reconnaissance et à la protection de la famille comme élément « fondamental de la société ». Les juges ont estimé à la majorité que le mariage est un « concept ouvert » susceptible de diverses options politiques, sociales ou éthiques, leur rôle se limitant à faire respecter les « conceptions dominantes » du moment  ; pour eux le droit des familles est sauvegardé dès lors que le loi ne restreint pas le droit fondamental de chacun de se marier (ou de ne pas se marier).

Onze juges ont voté pour, deux contre.

Les juges se sont interrogés pour savoir si la Constitution voulait seulement protéger les mariages entre personnes de sexes différents, mais pour conclure : « On peut tout aussi sûrement affirmer qu'elle ne choisit nullement d'interdire à l'institution d'évoluer. »

La loi n'étant pas anticonstitutionnelle, la Plateforme Citoyenneté et Mariage estime que les conditions sont désormais réunies pour soumettre le texte au référendum populaire, 92.000 personnes ayant signé son appel à organiser une consultation populaire.

Mais il est à craindre que le feu vert donné par le Tribunal constitutionnel ouvre simplement la voie à la signature du texte par le Président, Anibal Cavaco Silva, qui a 20 jours pour s'exécuter.

© leblogdejeannesmits.

28 février, 2010

Bruxelles : Mgr Léonard prend possession de sa cathédrale

Cet après-midi, le nouvel évêque de Bruxelles-Malines, Mgr André-Joseph Léonard, a pris possession de sa nouvelle cathédrale Saint-Michel et Sainte-Gudule en présence du roi et de la reine de Belgique qui, comme lui, furent chaleureusement applaudis par la très nombreuse assistance.

Au cours de son homélie, qui reprenait assez largement celle prononcée un jour plus tôt en la cathédrale de Malines, a mis spécialement l'accent sur son espoir pour l'Eglise de Belgique : qu'elle soit priante et adorante : « C'est la meilleure manière de reconnaître que Dieu est toujours le premier, l'Alpha et l'Omega. »

Mgr Léonard a également réagi en chaire contre la célébration d'un « mariage » homosexuel dans une paroisse belge le 13 février dernier, en exprimant clairement le « non » de l'Eglise :

« L'Eglise de Jésus ne peut bénir que les couples constitués d'un homme et d'une femme, et encore si ceux-ci sont prêts à donner la vie. »
Ces paroles furent applaudies par l'assistance, selon De Standaard.

Le réseau Riposte-Catholique s'est mobilisé depuis le 25 février pour supplier Mgr Léonard de parler :

Pour l’honneur du mariage chrétien, si gravement attaqué dans notre société sécularisée, ne laissez pas croire que ce sacrilège soit une œuvre de l’Eglise, ne laissez pas croire que l’Eglise aurait abandonné le plan de Dieu pour se soumettre aux vues d’un monde décadent et chaque jour plus violemment agressif contre la Création et son Créateur !
Il est toujours possible de se joindre à cette action pour remercier et encourager le nouveau primat de Belgique qui se trouve face aux manipulations d'un certain lobby gay et même de responsables de l'Eglise de Belgique.

© leblogdejeannesmits.

05 février, 2010

Rapport IGAS : le vrai problème de l'“éducation sexuelle”

Pour faire diminuer le nombre des « IVG », il faut améliorer l’accès à « l’éducation à la sexualité ». Cette idée sert de thème central au rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) remis mardi au ministre de la Santé : obligatoire dès l’école élémentaire et tout au long du secondaire, il ne passe décidément pas assez dans les faits au goût des rapporteurs. La conclusion du rapport est donc qu’il faut de la surveillance, du « pilotage », pour mieux s’assurer que tous les jeunes, scolarisés ou non, puissent avoir accès à cet endoctrinement à sens unique. C’est un dossier qui est au cœur du scandale éducatif français, étroitement imbriqué avec l’entreprise de décervelage qui vise à priver les jeunes de leurs capacités d’analyse et de raisonnement. Réduits à leurs sentiments et à leurs envies, ils deviennent en effet des proies faciles pour la démoralisation généralisée. En « amour » est permis tout ce qui est agréable (ou plutôt tout ce que l’on trouve agréable à un moment donné), à condition d’éviter les conséquences potentiellement gênantes qui peuvent en résulter : maladies sexuellement transmissibles qu’on doit éviter, grossesses non désirées qu’il faut éviter, au mieux, et « interrompre », au pire. Le rapport de l’IGAS qui déplore le nombre d’avortements pratiqués sur des femmes sous contraceptifs divers (72 %) suggère donc de s’inspirer des bonnes pratiques par elle définies, pour mieux les imposer. Combien de temps encore les parents vont-ils se laisser faire ?
 
On parle beaucoup ces jours-ci du paradoxe de la très forte diffusion de la contraception parmi les Françaises en âge fertile qui s’accompagne, contredisant tous les discours officiels sur la contraception qui empêcherait les « IVG », d’une hausse notable de l’avortement. Ce lien est pourtant normal (sinon systématique, comme nous allons le voir) : le refus de la conception de l’enfant va de pair avec le refus de l’enfant conçu, dans un contexte de relations sexuelles faciles puisque les différents moyens de « protection » en ont fait une activité récréative envisageable entre copains, et non potentiellement procréative dans le cadre d’une relation stable.

Cette dimension procréative, loin d’être ignorée, est au contraire au centre de toutes les pensées et de toutes les préoccupations. Comment s’aimer sans risques ? Les jeunes en savent-ils assez sur les manières d’éviter la conséquence normale et somme toute saine de l’acte sexuel : le bébé ? Il faut que les jeunes sachent tout : que le préservatif est nécessaire mais qu’il ne protège pas suffisamment de la grossesse (et du sida, alors ?). Que la pilule c’est bien, la pilule du lendemain aussi et même quatre fois de suite (réponse d’un site d’information du CHU de Strasbourg à une jeune fille dans le cadre de « l’Info-Ados »). Enfin, l’important, c’est de toujours avoir le danger en tête et le prophylactique à portée de main.

En fait, aujourd’hui, c’est la fonction unitive de la relation physique entre un homme et une femme qui est absolument ignorée et même niée. Pire, c’est ce que les programmes d’éducation sexuelle enseignent prioritairement. Nous savons pourtant que l’acte sexuel fait de l’homme et de la femme « une seule chair ». Avec le déchirement que provoque toute séparation, et le mensonge exprimé par toute multiplication dans ce domaine.

Mais toute l’économie des cours d’éducation sexuelle, des visites dans les centres de planning familial (recommandées pour tous les jeunes dans le rapport de l’IGAS dans le cadre scolaire !) tourne autour de cette négation. L’important, c’est de faire ce qui plaît, quand on se sent prêt, à condition de respecter les désirs de l’autre, mais sans se sentir lié. Sans, surtout, se sentir lié par des tabous d’ordre moral : si l’inceste, la pédophilie et la violence demeurent proscrits, tout autre plaisir physique est permis et constituera même le critère de bonté des actes posés.


C’est cela, la véritable révolution sexuelle qui est au centre de tous les programmes officiels d’éducation sexuelle. La contraception et l’avortement (même présenté comme un « échec » mais un échec nécessaire) sont là pour escamoter le signe le plus tangible de l’amour physique qui fait d’un homme et d’une femme « une seule chair », cette nouvelle chair qu’est l’enfant, véritable incarnation de leur amour.

Puisqu’on contredit si violemment l’unité du couple humain, homme et femme, pourquoi donc permettre que son fruit paraisse ou voie le jour


Vous remarquerez qu’on peut se permettre aujourd’hui le luxe de parler des souffrances de l’avortement (les magazines féminins y reviennent de plus en plus souvent) ; la tolérance est moins grande vis-à-vis de ceux qui ne trouvent pas la pilule très écologique ; mais le vrai diktat de ceux qui non seulement décervèlent les jeunes, mais les privent de leurs émotions les plus nobles, c’est d’affirmer que le sexe n’engage à rien et constitue un mode banal d’expression d’attirance mutuelle, toutes orientations sexuelles confondues.

Ayant ainsi réfléchi, revenons au thème central du rapport de l’IGAS, qui prétend vouloir beaucoup de contraception plus éclairée pour qu’il y ait moins de grossesses non désirées et donc moins d’avortements. Il me semble qu’en réalité il veut, comme tous les promoteurs de l’éducation sexuelle, qu’il y ait plus de contraception et donc plus de promiscuité, pour tuer la dimension unitive de l’amour humain : l’avortement est alors le signe visible, mais non indispensable, de cet amour massacré.
Aux Pays-Bas, on enregistre un taux d’avortements nettement plus bas qu’en France : 8,6 avortements par 1 000 femmes de 15 à 44 ans aux Pays-Bas en 2007 (contre 8,0 en 2000), à comparer aux 14,7 pour 1 000 en France en 2007 (contre 13,8 en 2000). Le nombre des grossesses adolescentes a légèrement diminué aux Pays-Bas en 2007, après avoir augmenté pendant les années 1990. Ces « bons » résultats, on les attribue bien sûr à la bonne information contraceptive dispensée à la plupart des jeunes filles. Et assurément ces statistiques seront brandies lorsque les pouvoirs publics français voudront imposer ici davantage cette « éducation sexuelle » qui, fort heureusement, n’est pas encore inévitable.

Lors du Congrès mondial des familles à Amsterdam au mois d’août, Peter Cuyvers, statisticien néerlandais spécialiste de la famille était venu expliquer (au cours d’une conférence qui n’avait pas remporté un énorme succès…) que les Pays-Bas s’enorgueillissent d’un faible taux d’avortements, notamment chez les adolescentes. Je l’avais interrogé sur les raisons de cette situation, qu’il n’avait pas exposées au cours de sa conférence.

« C’est simple, chez nous, rien n’est tabou. Les jeunes apprennent dès la maternelle à accepter leur corps et à parler de la sexualité. Je ne me pose aucun problème moral quant à l’activité sexuelle de ma fille lycéenne. Elle sait qu’elle peut faire ce qu’elle veut tant qu’elle ne tombe pas enceinte. Elle a facilement accès aux contraceptifs. Et pour la plupart des gens, c’est comme ça. C’est en nous débarrassant des interdits que nous avons obtenu qu’il y ait moins de grossesses non désirées. »
 
L’éducation sexuelle tend à cela. Face à un tel désastre humain, moral, spirituel, l’éventuelle diminution des avortements – celle des avortements conscients, en tout cas, puisque ceux provoqués très précocement par la pilule, la pilule du lendemain, le stérilet… ne sont pas quantifiables – n’est qu’un maigre bienfait.

Il faudra se mobiliser contre cette nouvelle attaque contre l’être et le droit des familles.

Article paru dans la rubrique « Génération décervelée » dans Présent daté du 5 février 2010.

© leblogdejeannesmits.

15 août, 2009

5e Congrès mondial des familles, World Congress of Families V

L’enjeu de la rencontre d’Amsterdam, et ses deux faces

(Lu sur Le blog de Jeanne Smits)

Mercredi soir, au centre de congrès d’Amsterdam – le « RAI » – c’était le brouhaha des derniers « au revoir », les promesses d’agir chez soi, ailleurs, partout pour la promotion de la familles, les échanges de dernière minute de cartes et d’adresses courrielles. Si Internet s’est révélé au fil des ans comme le vecteur d’innombrables horreurs et obscénités, il a apporté aussi la preuve de son incroyable capacité à catalyser les bonnes volontés appuyées sur un accès sans précédent à l’information. Aussi avons-nous quitté le 5e Congrès mondial des familles, le cœur enhardi, pour une dernière et unique « récréation » de quelques petites heures de promenade parmi les canaux d’Amsterdam, avec la pensée que ces trois jours de travaux intenses auraient forcément des retombées. Que désormais, davantage de bonnes volontés sont « en réseau », et plus fortes, plus assurées par conséquent.

Paradoxe ! Dans ce pays éclairé comme nul autre par une douce et transparente lumière nordique – elle a modelé ses peintres et caresse toujours ses paisibles perspectives – c’est la plus vulgaire et la plus criarde immoralité qui risque partout d’agresser le visiteur. Ici un « coffee-shop » avec ses effluves de cannabis ; là une vitrine où l’on vante d’excellents champignons hallucinogènes ; accoudées à un des ponts qui rythment les « grachten », un couple d’évidentes lesbiennes ; à l’entrée du café branché, deux gays au pouvoir d’achat florissant ; dans les plans de ville distribués par l’office de tourisme, l’annonce de l’attraction annuelle de la gay pride (une des plus pittoresques du monde, promet le guide) et les photos ad hoc des « escort girls » et même de leurs homo… logues masculins. Il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans une quelconque « zone rouge » pour croiser des maisons ornées de néons de même couleur où le contenu de la vitrine, triste chair vivante, ne laisse aucun doute quant au négoce qui s’y exerce.

Et c’est donc là que s’est tenu le Ve Congrès mondial des familles ? Eh bien oui, et il n’y a pas de doute que c’est là qu’il le fallait, malgré les difficultés, malgré un public moins facile à mobiliser qu’à Mexico ou à Varsovie, malgré une opposition parfois vociférante : d’abord parce que beaucoup de Néerlandais aiment la famille, et aussi parce que le fait même de cette opposition est la preuve que le combat est juste, et qu’il dérange ses adversaires.

La déclaration finale, adoptée par l’ensemble des participants qui ont pris soin de faire remarquer que des différences de vue pouvaient subsister sur tel ou tel point, s’est révélée être une pierre dans le jardin des responsables politiques du pays d’accueil. Oui, nous en sommes là : cette définition de la « famille naturelle » reconnue au sein du Congrès mondial des familles incommode, gêne, oblige à des mises au point politiquement correctes :

« Nous définissons la famille naturelle comme se fondant sur le mariage pour la vie d’un homme et d’une femme, ayant pour objectifs l’accueil, le soin et l’éducation de la vie humaine nouvelle, en apportant amour, compagnie et soutien mutuels, en construisant un foyer riche dans ses fonctions, et en renforçant les liens entre les générations.

« Nous nous définissons comme pro-enfant. Nous voulons les structures sociales, culturelles et légales qui soutiennent le meilleur avenir pour chaque enfant en ce qui concerne la santé, l’instruction et l’engagement de demain dans la vie civique. Nous soutenons une organisation du travail qui permet aux parents de passer davantage de temps avec leurs enfants. Nous avons compris que les sciences biologiques et sociales laissent prévoir que les enfants auront les meilleurs résultats dans la mesure où ils auront été élevés par leur parents naturels dans un foyer fondé sur un couple marié.

« Nous affirmons que l’avenir des nations repose sur les familles qui ont un soubassement spirituel. Les organisations religieuses doivent pouvoir librement affirmer leur enseignement moral sur le mariage et la famille dans la sphère publique.

« Nous affirmons que la famille naturelle est antérieure à l’Etat. Les politiques des Etats doivent respecter cette autonomie de la famille. »

Ces premiers propos d’une déclaration qui aborde un grand nombre des droits et des besoins de la famille ont heurté les deux parlementaires néerlandais de la majorité – chrétiens démocrates ! – invités pour la dernière session plénière du congrès. Mirjam Sterk, diplômée de théologie, s’empressa de dire qu’en Hollande, le « mariage » entre personnes du même sexe apporte aussi de l’amour aux petits qui sont adoptés dans leur cadre : « Nous appelons cela une famille ! » Le silence dans le grand auditorium fut alors pesant.

Mais, politiquement correct oblige, nul ne peut aux Pays-Bas se risquer à tenir un langage « radical » sur les droits des homosexuels, l’euthanasie ou les problèmes sans nom suscités par la « famille » monoparentale, le divorce, la cohabitation juvénile sans être aussitôt dénoncé comme « extrémiste ». Si bien que les parlementaires invités, tout comme le jeune ministre de la Famille, André Rouvoet, qui ouvrit officiellement le Congrès par un vidéo-message, ne purent se dispenser d’une petite distanciation bien calculée pour faire taire des médias violemment hostiles à leur rapprochement avec ce congrès.

Et l’on soulignera l’ironie de cette « tolérance » tyrannique dans le message discrètement glissé à l’Américain Preston Noell, chargé de présenter les conférenciers à l’atelier sur l’importance, pour la famille, de la liberté de religion et de la liberté d’expression par les co-organisateurs néerlandais : il ne devait pas utiliser le mot « homosexualité » ! Précisons qu’il le fit tout de même, avec panache, ce qui vaut bien ce coup de chapeau.

Parce que la famille naturelle est ainsi sous une menace et des attaques déjà consommées absolument sans précédent, on comprend d’ailleurs que la plus tonitruante ovation debout de tout le Congrès, qui n’en connut que trois, fut réservée à Austin Ruse, président et animateur de la très documentée organisation catholique de veille des activités anti-vie de l’ONU, c-fam.org, qui rappela le rôle irremplaçable de la famille, de l’Eglise et des pays pour défendre et ancrer la loi naturelle dans nos cœurs :

« Rendons grâces pour les temps où nous vivons, nous y avons été placés parce que nous y avons quelque chose à faire, que nous devons y faire. Nous sommes appelés par Dieu à défendre sa création. Nous devons nous battre devant tribunaux, nous devons nous battre dans les parlements ; nous devons nous battre dans les universités, et nous devons nous battre dans la sphère publique… Et nous ne devons jamais, jamais, jamais laisser tomber. »

L’enjeu, voyez-vous, est encore plus grand et plus grave qu’au temps de Churchill, qu’il paraphrasait : il s’agit d’empêcher le suicide de l’humanité.

Cet article a paru dans Present du 15 aout 2009.

13 août, 2009

Congrès mondial des familles à Amsterdam : j'ai vu des hommes de bonne volonté

Lu sur Le blog de Jeanne Smits (lien permanent).

Pendant trois jours, à Amsterdam, des dizaines de responsables d’associations familiales, de réseaux, d’organismes de recherche ou de veille sur les législations nationales et internationales se sont succédé aux diverses tribunes du Congrès mondial des familles pour informer, réfléchir, partager des « bonnes pratiques ». La 5e édition du « World Congress of Families » répond avant tout à ce besoin nouveau dans un monde mondialisé : les attaques contre la famille traditionnelle se font à tous les niveaux, mais le plus efficacement peut-être à celui des instances supranationales, c’est donc une riposte concertée et cohérente qu’il faut organiser en rassemblant toutes les forces favorables à la famille. Sans oublier les familles particulières, « pierres d’angles » de la société, qu’il faut appuyer, informer et former, afin qu’elles sachent résister chacune au mauvais vent qui souffle…

Soixante-et-un pays représentés, avec une coloration à dominante chrétienne, où l’on note une importante présence catholique ; des conférences d’une grande densité et des dizaines d’ateliers sur des thèmes choisis selon les intérêts spécifiques des participants autour du sujet central, « la famille, davantage que la somme de ses éléments » : voilà pour les chiffres. Je vous promets, pour les jours et semaines à venir, de multiples retours sur le fond de ce qui a été dit à Amsterdam car il y a eu ici beaucoup d’idées à découvrir, de faits à constater, de courages à saluer et à prendre en exemple.

Pour l’heure, quelques premières impressions. Qu’attendre en effet d’un Congrès qui réunit les continents mais qui a trouvé sa source aux Etats-Unis, dans une mobilisation partie d’un chercheur chrétien sur les réalités familiales devenu défenseur des valeurs familiales, Allan Carson et son « Howard Center pour la famille, la religion et la société » ?

La première session plénière, lundi matin, devait apporter plusieurs réponses qui sont sans doute à méditer par nos mouvements familiaux français – sévèrement tenus en laisse, il est vrai, par leur représentation obligatoire au niveau officiel dans le sein de l’Union nationale des associations familiales qui est leur seul porte-parole agréé.

Première leçon : on peut rassembler des personnes très diverses, y compris dans leurs options religieuses, pour faire progresser une concertation et une action communes, ni monopolistiques ni monolithiques, sur des questions de loi naturelle. Celles-ci peuvent mobiliser non seulement les catholiques, mais tous les hommes de bonne volonté. Eh bien, à Amsterdam, j’ai vu ainsi beaucoup de gens de bonne volonté.

Si bien que la cérémonie d’ouverture, marquée par un hommage rendu à un des promoteurs les plus actifs du Congrès – c’est lui qui donna l’impulsion à la formidable troisième édition à Mexico en 2004 –, mort à 53 ans il y a trois mois après un cancer douloureux, fut l’occasion d’un bouleversant témoignage de vie d’époux et de père catholique applaudi avec émotion, et debout, aussi bien par les catholiques présents que par les protestants et les juifs… Quelle leçon de « vrai dialogue » ! Ce fut Martha, la veuve d’Enrique Gomez Serrano, qui accepta l’hommage, et rendit le sien à son époux qui laisse 9 enfants et l’héritage d’un engagement sans faille pour la vie. Elle choisit de lire à tous la lettre que son mari avait écrite à ses enfants dans la perspective de sa mort prochaine : un tendre et grave testament spirituel où l’amour de Dieu, le sens de la souffrance acceptée et offerte, la fidélité à l’Eglise catholique apparaissent vrais et désirables à travers la réalité de la vie vécue et offerte par ce « héros moderne ». Enrique Gomez Serrano mourut le 30 avril, jour de l’enfant au Mexique, deux ans et quelques jours après la légalisation de l’avortement à Mexico…

Deuxième leçon : de tels événements permettent de promouvoir l’information juste, contre le mensonge des gros médias, et ce faisant, l’exemple, l’inspiration, l’amitié, l’esprit de coopération. N’oublions pas que le mariage et la famille sont des institutions naturelles, bénies par Dieu dès le début et à qui cette bénédiction n’a pas été retirée par la faute originelle : leur défense est ainsi l’affaire de tous, puisque le mariage « naturel » est menacé comme il ne l’a jamais été. Les premières heures du congrès allaient déjà révéler la quantité des sujets abordés ; depuis la défense de la vie et la lutte contre « l’hiver démographique » jusqu’à la pression sur les médias pour contrer leur message systématiquement anti-familial ; depuis les graves inconvénients de la séparation des jeunes enfants de leurs mères jusqu’à la tragédie du divorce…

Oui, mais cela sert-il vraiment ? Ce fut ma première question lors de la conférence de presse d’ouverture. La réponse fut un exemple – celui d’Enrique Gomez Serrano une fois encore : la découverte des tout premiers congrès mondiaux pour la famille, avec quatre ou cinq amis mexicains, le poussa à créer un réseau des familles dans son pays où rien ou presque n’existait. En quelques années, 9 millions de parents mexicains y adhérèrent à travers de très nombreuses associations nouvelles. Cela fait un poids, y compris électoral, qu’il est difficile de négliger. Et aujourd’hui plusieurs Etats du Mexique ont déjà amendé leurs lois ou constitutions pour y faire figurer explicitement le respect de la vie depuis la conception.

Voilà qui incite puissamment à prendre au sérieux cette initiative des familles !

(Cet article a paru dans Présent daté du 13 août 2009)

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...