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26 février, 2011

Exclusif : en avant-première, la traduction française du discours du Pape à l'Académie pontificale pour la vie

Benoît XVI évoque le syndrome post-avortement et le sang du cordon.



« Le bien véritable de la femme (…) ne pourra jamais, en aucune circonstance,
trouver son accomplissement dans le choix de l’avortement »

Benoît XVI a reçu, aujourd’hui à midi dans la Salle Clémentine, les participants à la XVIIe Assemblée générale de l’Académie pontificale pour la vie. Je vous propose ci-dessous ma traduction intégrale du discours qu’il a prononcé à cette occasion en abordant deux thèmes majeurs de ces journées : le syndrome post-avortement et l’utilisation du sang du cordon à des fins thérapeutiques et de recherche. C’est un texte important, pour l’heure introuvable en français. S’agissant ci-dessous d’une traduction non-officielle, merci de ne pas la copier-coller mais de renvoyer ici sur ce blog afin qu’elle soit toujours accompagnée de cet avertissement.
Je vous accueille avec joie à l’occasion de l’Assemblée annuelle de l’Académie pontificale pour la vie. Je salue particulièrement son président, Mgr Ignacio Carrasco de Paula, et je le remercie pour ses aimables paroles. A chacun je souhaite cordialement la bienvenue ! Au cours des travaux de ces journées vous avez abordé des thèmes d’une grande actualité, qui interrogent en profondeur la société contemporaine et la défient de trouver des réponses toujours plus conformes au bien de la personne humaine. La thématique du syndrome post-abortif – qui désigne le grave malaise psychique qu’expérimentent fréquemment les femmes qui ont eu recours à l’avortement volontaire – révèle la voix irrépressible de la conscience morale, et la très grave blessure subie par celle-ci chaque fois que l’action humaine trahit l’appel inné au bien de l’être humain, dont celle-ci témoigne. Il serait aussi utile, dans le cadre de cette réflexion, de porter l’attention sur la conscience, si souvent obscurcie, des pères des enfants, qui si souvent laissent les femmes enceintes seules 
La conscience morale – enseigne le Catéchisme de l’Eglise catholique – est le « jugement de la raison par lequel la personne humaine reconnaît la qualité morale d’un acte concret qu’elle va poser, est en train d’exécuter ou a accompli » (n° 1778). C’est en effet la tâche de la conscience morale que de discerner entre le bien et le mal dans diverses situations de l’existence afin que, sur la base de ce jugement, l’être humain puisse librement s’orienter vers le bien. A ceux qui voudraient nier l’existence de la conscience morale de l’homme, en réduisant sa voix au résultat du conditionnement externe ou à un phénomène simplement émotif, il est important de répéter que la qualité morale de l’agir humain n’est pas une valeur extrinsèque ou facultative, et qu’il ne s’agit pas davantage d’une prérogative des chrétiens ou des croyants, mais qu’elle réunit tous les êtres humains. Dans la conscience morale, Dieu parle à chacun et l’invite à défendre la vie humaine à tout moment. C’est dans ce lien personnel avec le Créateur que se trouve la dignité profonde de la conscience morale et la raison de son inviolabilité. 
Dans la conscience, l’homme tout entier – intelligence, émotivité, volonté – réalise sa propre vocation au bien, c’est pourquoi le choix du bien ou du mal dans les situations concrètes de l’existence finissent par marquer profondément la personne humaine dans toutes les expressions de son être. L’homme tout entier, en effet, est blessé quand son agir de développe en opposition avec ce que lui dicte sa propre conscience. Cependant, même quand l’homme rejette la vérité et le bien que le Créateur lui propose, Dieu ne l’abandonne pas, mais, précisément à travers la voix de la conscience, continue de le chercher et de lui parler, afin qu’il reconnaisse l’erreur et s’ouvre à la Miséricorde divine, qui est capable de guérir n’importe quelle blessure. 
Les médecins, en particulier, ne peuvent pas se soustraire à leur grave obligation de protéger de l’erreur la conscience de beaucoup de femmes qui pensent trouver dans l’avortement la solution à des difficultés familiales, économiques, sociales, ou à des problèmes de santé de leur enfant. Spécialement dans cette dernière situation, la femme est souvent persuadée, parfois par les médecins eux-mêmes, que l’avortement est non seulement un choix moralement licite, mais qu’il est même un acte « thérapeutique » vertueux en vue d’éviter des souffrances à l’enfant et à sa famille, et un poids « injuste » pour la société. Sur un fonds culturel caractérisé par l’éclipse du sens de la vie, où s’est beaucoup atténuée la perception commune de la gravité morale de l’avortement et des autres formes d’attentat contre la vie humaine, il faut aux médecins une force particulière pour continuer d’affirmer que l’avortement ne résout rien, mais tue l’enfant, détruit la femme et aveugle la conscience du père de l’enfant, et saccage souvent la vie familiale. 
Cette tâche, toutefois, ne concerne pas seulement la profession médicale ou les travailleurs de la santé. Il est nécessaire que la société tout entière se mobilise pour la défense de la vie de l’être humain conçu et du bien véritable de la femme, qui ne pourra jamais, en aucune circonstance, trouver son accomplissement dans le choix de l’avortement. Pareillement, il faudra – comme l’indiquent vos travaux – ne pas laisser que les aides nécessaires fassent défaut aux femmes qui, trop souvent, ayant eu recours à l’avortement, en expérimentent maintenant tout le drame moral et existentiel. Les initiatives sont multiples, au niveau des diocèses ou de la part d’entités fondées sur le volontariat, qui offrent un soutien psychologique et spirituel pour obtenir une complète récupération humaine. La solidarité de la communauté chrétienne ne peut renoncer à ce type de coresponsabilité. 
Je voudrais rappeler à ce propos l’appel qu’avait lancé le vénérable Jean-Paul II aux femmes qui ont eu recours à l’avortement : « L'Eglise sait combien de conditionnements ont pu peser sur votre décision, et elle ne doute pas que, dans bien des cas, cette décision a été douloureuse, et même dramatique. Il est probable que la blessure de votre âme n'est pas encore refermée. En réalité, ce qui s'est produit a été et demeure profondément injuste. Mais ne vous laissez pas aller au découragement et ne renoncez pas à l'espérance. Sachez plutôt comprendre ce qui s'est passé et interprétez-le en vérité. Si vous ne l'avez pas encore fait, ouvrez-vous avec humilité et avec confiance au repentir: le Père de toute miséricorde vous attend pour vous offrir son pardon et sa paix dans le sacrement de la réconciliation. C’est à ce même Père et à sa miséricorde qu’avec espérance vous pouvez confier votre enfant. Avec l'aide des conseils et de la présence de personnes amies compétentes, vous pourrez faire partie des défenseurs les plus convaincants du droit de tous à la vie par votre témoignage douloureux. » (Enc. Evangelium vitae, 99.)
La conscience morale des chercheurs et de toute la société civile est intimement impliquée, également, dans le deuxième thème visé par vos travaux : l’utilisation des banques de cordons ombilicaux, dans le domaine clinique et dans celui de la recherche. La recherche médico-scientifique est une valeur, et même un devoir, non seulement pour les chercheurs mais pour l’ensemble de la communauté civile. Il en résulte, pour les institutions le devoir de promouvoir des recherches acceptables sur le plan éthique, et la valeur de la solidarité des individus qui participent à une recherche orientée vers la promotion du bien commun. Cette valeur, et la nécessité de cette solidarité, se constatent fort bien dans le cas de l’utilisation des cellules-souches provenant du cordon ombilical. Il s’agit d’applications cliniques importantes et de recherches prometteuses sur le plan scientifique, mais qui, pour leur réalisation, dépendent beaucoup de la générosité des dons de sang du cordon au moment de l’accouchement et de l’adaptation des structures pour rendre effective la volonté de donation de la part des parturientes. Je vous invite donc tous à vous faire les promoteurs d’une véritable et consciente solidarité humaine et chrétienne. 
A ce propos, beaucoup de chercheurs en médecine considèrent justement avec perplexité la floraison croissante de banques privées de conservation de sang du cordon en vue d’une utilisation autologue exclusive. Cette option – comme le démontrent les travaux de votre Assemblée – outre qu’elle est dépourvue d’une réelle supériorité scientifique en regard de la donation du cordon, affaiblit l’authentique esprit de solidarité qui doit toujours animer la recherche du bien commun vers lequel tendent, en dernière analyse, la science et la recherche médicale.
Chers Frères et Sœurs, je renouvelle l’expression de ma reconnaissance au Président et à tous les membres de l’Académie Pontificale pour la Vie pour la valeur scientifique et éthique de vos efforts au service de votre charge ordonnée au bien de la personne humaine. Mon souhait est que vous mainteniez toujours vivant l’esprit de service authentique qui rendent les cœurs et les esprits sensibles à la reconnaissance des besoins des hommes, nos contemporains. A chacun de vous et à tous ceux qui vous sont chers j’accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique.
© leblogdejeannesmits pour la traduction.

28 novembre, 2010

Sang du cordon : guérison totale de la leucémie après une auto-greffe

Des médecins allemands travaillant avec la banque de sang du cordon ombilical Vita 34 affirment qu'ils ont totalement guéri un enfant de sa leucémie à la suite de l'infusion de cellules du cordon ombilical de la filletts que ses parents avaient décidé de préserver quatre ans plus tôt, à sa naissance, rapporte entre autres LifeSite.

La fillette avait 4 ans en 2005, date à laquelle on diagnostiqua une leucémie. Aucun traitement n'avait pu venir à bout de la maladie et l'échec de la chimiothérapie semblait devoir signer l'arrêt de mort de l'enfant, à qui on ne donnait plus que trois mois à vivre. L'équipe médicale lui a injecté des cellules souches présentes dans son propre cordon ombilical.

La fillette a été constamment suivie depuis ce moment-là et aujourd'hui, au bout d'exactement de 75 mois après la greffe, elle ne présente toujours pas le moindre signe de présence de cellules leucémiques dans son sang. Pour Eberhard Lampeter, de Vita 34, c'est le « signe certain de la guérison ».

La nouveauté de cette réussite réside dans l'emploi de cellules souches provenant du cordon de la petite patiente elle-même : une procédure qui minimise évidemment jusqu'à le faire disparaître le risque de rejet, et qui simplifie grandement l'accès à un greffon possible. En son absence, les médecins sont obligés de rechercher des cellules souches chez des proches compatibles, avec toujours un risque de rejet, ou – de plus en plus – parmi des cellules de sang du cordon de tiers donneurs conservés, qui offrent de meilleures chances de réussite dans la mesure où ces cellules immatures provoqueraient elles-mêmes moins de rejets.

La guérison annoncée de la fillette allemande semble lever une objection qui était faite aux greffes autologues : celles-ci n'allaient-elles pas échouer tout simplement parce que cela reviendrait à réinoculer la maladie que l'on cherchait à soigner, à réutiliser un matériel génétique défectueux, en quelque sorte ?

A l'heure où une banque de conservation du sang du cordon vient de s'ouvrir à Rennes, voilà que se rouvre en France un débat qui a pris une tournure étrange. Tout focalisé sur la revendication de la recherche – immorale autant que thérapeutiquement inefficace – sur les cellules souches embryonnaires, le monde de la science médicale a négligé la conservation du sang du cordon, pourtant très riche de promesses, et la conservation du sang de leur nouveau-né à la demande des parents est même interdite. Seuls les dons anonymes sont autorisés.

Si la France est plutôt en pointe en ce qui concerne l'utilisation thérapeutique du sang du cordon, il faut tout de même savoir que près de 70 % des greffes sont réalisés à partir de greffons allogéniques (d'un tiers donneur) importés, à un coût qui est loin d'être négligeable.

Avec la création de banques de conservation anonyme, la situation s'améliore, encore que seul un petit tiers des dons soit jugé conformé à l'issue d'un contrôle de qualité pointilleux.

Alors, l'interdiction de la conservation autologue se justifie-t-elle ?

Sa justification est généralement d'ordre social : en laissant des parents faire le choix de conserver eux-mêmes le sang du cordon de leur enfant dans des banques privées, on créerait une médecine inégalitaire où les privilégiés seraient ceux qui ont les moyens financiers et la connaissance suffisante pour recourir à cette technique et payer le stockage. En même temps, ces échantillons « privés », n'étant pas dans le circuit général, amoindrissent les chances de trouver des cellules compatibles avec celles des malades dont on ne dispose pas du sang du cordon – l'immense majorité.

A quoi s'ajoute le bon principe français de la gratuité du don à partir de l'indisponibilité du corps humain : il s'agit d'éviter la vente des cellules du sang du cordon dès lors que l'identité du donneur en est connue.

Une proposition de loi, l'an dernier, du député Damien Meslot (UMP, Territoire de Belfort), s'appuyant  sur un rapport de la sénatrice Marie-Thérèse Hermange, a cherché à lever cet interdit en prévoyant aussi bien l'information des futures mères sur l'intérêt de la conservation du sang du cordon et du placenta que la possibilité pour elles de les faire conserver, soit pour leur propre enfant, soit en vue du don. Elle avait provoqué un tollé, pour les raisons ci-dessus décrites.

Il me semble pourtant que des questions demeurent ouvertes et j'aimerais bien qu'un spécialiste de la question me fasse part de son avis là-dessus :

– La conservation pour l'usage d'une personne déterminée devrait-elle nécessairement se faire dans des banques de stockage privées ?

– N'y aurait-il pas un intérêt de santé publique à ce que ce puissant « médicament », au potentiel semble-t-il énorme, soit d'office stocké à chaque naissance en vue de soigner au mieux, et peut-être même à moindres frais, les donneurs identifiés qui auraient ainsi un accès privilégié à leurs propres cellules souches ?

– La conservation « pour Untel » empêcherait-elle ipso facto l'utilisation du même échantillon pour un autre malade, s'il s'avérait compatible ? Ou, en d'autres termes, les échantillons sont-ils suffisamment fournis pour pouvoir être divisibles ?

© leblogdejeannesmits.

05 septembre, 2010

France : Lois bioéthiques, ce qu’on nous prépare. (Brève présentation)

Le projet de loi de révision des lois bioéthiques, qui doit être présenté en Conseil des ministres fin septembre et débattu par les parlementaires en novembre, a été présenté mardi par le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Voici déjà ses principaux aspects, avec quelques commentaires en italique.

• Génétique

— Simplification de la procédure d’information familiale en cas de détection d’une anomalie génétique grave, le dispositif retenu par le législateur en 2004 étant resté lettre morte. La personne chez qui l’anomalie a été détectée pourra habiliter le médecin à informer des membres de sa famille, dans le respect du secret médical (sans que son nom ne soit mentionné).

Il n’est pas condamnable de tenir des proches informés des risques qu’ils courent, surtout en vue de prendre des mesures préventives. Mais le risque de dérive est là aussi, dans le cadre de la procréation, avec des moyens et une tentation accrus de « trier » les embryons des personnes affectées.

• Greffe d’organes et de cellules

— Dans le cadre de don du vivant, autorisation des dons croisés de rein entre deux paires donneur-receveur, lorsque le don n’est pas possible au sein de chaque paire pour des raisons d’incompatibilité biologique.

Ces dons entre vivants qui se connaissent sont actuellement réservés aux proches sur le plan familial ou affectif et représentent 5 % des dons de reins. Plutôt une bonne chose, donc.

— Encadrement des prélèvements de sang de cordon qui ne sera plus considéré comme déchet opératoire. Le prélèvement de sang de cordon à des fins de conservation autologue (pour son propre enfant) est interdit.


Toujours l’arbitraire interdiction de conserver une banque de cellules souches « adultes » parfaitement compatibles avec l’enfant qui vient de naître… Comme si l’on voulait à tout prix limiter l’accès aux solutions « éthiques » (et réelles) offertes par les cellules adultes.

• Diagnostics avant la naissance

— DPI : maintien de l’encadrement actuel du diagnostic préimplantatoire (DPI) et notamment de l’absence de liste des maladies susceptibles de faire l’objet de ce diagnostic. Le DPI est un diagnostic génétique réservé aux couples ayant une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d’une maladie particulièrement grave, reconnue comme incurable.

Le principe – tuer les embryons non conformes – demeurera sans doute « encadré », mais il est en tout cas reconnu.


— DPN (diagnostic prénatal) : rapprochement de l’encadrement de l‘échographie, lorsqu’elle entre dans une démarche de diagnostic prénatal, de celui prévu pour les examens biologiques (information préalable de la femme enceinte).

On semble donc aller dans le sens d’une surveillance accrue de la conformité de l’enfant à naître.


• Assistance médicale à la procréation

— Le texte pose que l’assistance médicale à la procréation a pour finalité de remédier à une stérilité médicalement constatée et encadre les procédés d’AMP. La mise en œuvre de la vitrification (congélation ovocytaire ultra-rapide), qui permet une meilleure conservation et utilisation des ovocytes, serait ainsi autorisée.

Elargissement donc, de « l’enceinte concentrationnaire », l’AMP étant considérée comme un procédé médical autorisé par le fait même de la stérilité : même s’il n’en ouvre pas la possibilité aux couples homosexuels, le texte l’élargit aux couples hétérosexuels pacsés. A prévoir : la dénonciation du caractère discriminatoire de la mesure par les pacsés homosexuels…


— Levée de l’anonymat du donneur pour les enfants issus d’un don de gamètes (sperme ou ovocyte). Lorsque l’enfant atteint sa majorité, le texte prévoit un droit d’accès aux « données non identifiantes » (données médicales, taille, niveau socioprofessionnel, origine géographique…), mais aussi une possibilité d’accès aux origines. L’identité du donneur ne sera cependant communiquée que si celui-ci y consent.

Reconnaissance de l’importance de la lignée. Mais cela ne change rien à l’aberration de la « fabrication » d’enfants adultérins…


• Recherche sur les embryons humains et les cellules souches embryonnaires

— Maintien du principe de l’interdiction de la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires, avec un régime d’autorisations à titre dérogatoire, sans limitation de durée (levée du moratoire de 5 ans institué par la loi de 2004).

Interdiction peut-être, mais le procédé destructeur d’embryons entrerait ainsi dans les mœurs scientifiques, avec pour seule limite l’autorisation préalable.


• Processus de révision de la loi

— La clause de révision régulière systématique, incluse dans les précédentes lois de bioéthique (1994 et 2004), est abandonnée.

Cela ne veut pas dire que l’on cesse de considérer la réglementation bioéthique comme figée une fois pour toutes. Puisque rien ne grave dans le marbre le principe du respect de la vie humaine, toutes les dérives sont possibles, qu’elles soient programmées ou non…

Source : n° 7170 de Présent, du jeudi 2 septembre 2010.

12 mars, 2009

Obama financera la recherche sur les cellules souches embryonnaires

La « science » contre l’idéologie ? Quelle blague !

Barack Obama a signé, lundi, le décret présidentiel autorisant à nouveau le financement par l’Etat fédéral américain de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, affirmant, « pour le bonheur des chercheurs », comme l’écrit l’Agence France-Presse, « sa volonté de protéger la science des ingérences de l’idéologie ».

Petite hypocrisie présidentielle : c’est l’Institut national de la Santé qui se voit chargé d’accorder des fonds publics à la recherche d’ici à 120 jours. Ainsi Obama fera mine de garder personnellement les mains blanches sur ce chapitre.

Par la même occasion, Obama a présenté un mémorandum « restaurant » (je cite l’AFP) des « pratiques scientifiques saines à travers toute l’Administration » (je cite Obama) : « Il s’agit de prémunir la recherche des ingérences du dogme » (je cite encore l’AFP). Le mot « dogme » est en réalité absent du mémorandum, qui affirme, puis développe, ceci : « Le public doit pouvoir avoir confiance en la science et dans les processus scientifiques qui informent les prises de décisions publiques. » Obama veut qu’en tout (réchauffement climatique, bioéthique, etc.) les autorités scientifiques invoquées soient au-dessus de tout soupçon. On n’aurait rien à dire là-contre si la première décision de ce style servie au public américain n’était pas justement un énorme contre-exemple qui en annonce bien d’autres.

Le rétablissement du financement public de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, fait au nom de la science et de la compassion, et même de la « foi » affirmée par Barack Obama, intervient au moment où seuls les idéologues de la culture de mort et les partisans de l’absence de toute contrainte dans la recherche scientifique croient encore en leur hypothétique efficacité future. La caractéristique des cellules souches embryonnaires, c’est d’être cancérigènes et de présenter un énorme problème de rejet immunitaire.

Guérir le diabète, la maladie de Parkinson, la paralysie des blessés de la moelle épinière par leur biais relève de la science-fiction. Une science-fiction de la pire espèce, où l’on cannibalise nos semblables pour… ne pas soigner des malades.

La vraie recherche qui marche, qui guérit, qui soulage des souffrances est largement occultée par les gros médias, voire discréditée. De plus en plus de possibilités de médecine régénératrice apparaissent grâce à la recherche sur les cellules souches adultes prélevées sans risque sur le malade lui-même, ou les cellules adultes que l’on peut désormais faire « régresser » vers un état pluripotent sans dangereuses manipulations virales, ou encore les cellules du cordon.
Au moment même où Obama signait son « décret meurtrier », comme l’appellent les milieux pro-vie américains, on apprenait qu’une petite Britannique de deux ans, aveugle de naissance, recouvrait la vue lors d’une injection de cellules du sang du cordon dans un hôpital chinois. Spectaculaire réussite qui s’ajoute aux multiples thérapies qui ont déjà fait leurs preuves sur l’homme…

Alors pourquoi cet acharnement pour la recherche qui tue des petits d’homme, pourquoi ces inversions et ces mensonges permanents, pourquoi ces décisions politiques et idéologiques maquillées en soutien de la science ?

Dans le cas d’Obama, on peut répondre qu’il est le Président le plus pro-mort que les Etats-Unis aient jamais connu.

Le pro-avortement Tom Daschle ayant dû décliner le poste de secrétaire à la Santé pour des questions d’évasion fiscale, Obama l’a remplacé par la catholique Kathleen Sibelius, gouverneur du Kansas. Elle a voté de manière si systématique pour toutes les mesures favorables à l’avortement, elle est si proche d’avorteurs aujourd’hui en délicatesse avec la justice pour des avortements tardifs illégaux que l’évêque de Kansas City lui a refusé l’accès à la communion. On attend d’elle qu’elle impose le remboursement public de l’avortement et sa couverture obligatoire dans les contrats d’assurance privée.

Quant à l’Administration d’Obama, elle a marqué un premier pas dans la mise en place d’un droit absolu à l’avortement, sans aucune restriction, en annonçant, le 10 mars, 30 jours de réflexion sur l’annulation de la clause de conscience mise en place par Bush peu de temps avant son départ, permettant à tous les personnels de santé de refuser de concourir à l’avortement ou à la contraception. Dans la logique Obama, cela signifie qu’on pourrait en arriver à la contrainte.

Article paru dans Présent daté du 11 mars 2009.

08 janvier, 2007

Cellules du cordon contre la leucémie

Présent daté du 9 janvier reproduit une dépêche de l’AFP relatant le cas d’une fillette sauvée d’une leucémie à la suite d’un traitement à partir du sang prélevé sur son propre cordon ombilical, congelé lors de sa naissance il y a six ans. Olivier Figueras commente : « A l’heure où de nombreux scientifiques se prononcent en faveur de l’emploi de cellules souches embryonnaires, et, pour faire court, du “bébé-médicament”, les hésitations des médecins et la réalité de cette guérison, après un traitement lourd, sont particulièrement parlantes. Comme l’est aussi le délai de publication d’une affaire qui remonte à trois ans… »

La transfusion sanguine avait en effet été décidée il y a trois ans, rapporte la revue américaine Pediatrics de janvier. La fillette, avait alors déjà subi les traitements « classiques », comprenant une chimiothérapie qui avait abouti à une rechute, et un retraitement dix mois plus tard. On décida alors non seulement de procéder à une chimio encore plus agressive et une irradiation complète, mais de recourir à une greffe sanguine. Aucun donneur compatible n’ayant pu être trouvé parmi ses proches, le Dr Ammar Hayani a décidé d’utiliser le sang du cordon que les parents de la fillette avaient décidé de faire stocker à sa naissance.

« Il y a une forte chance que la procédure ait sauvé sa vie. Elle est en rémission et a une excellente chance de guérison », a précisé le médecin, ajoutant que le bénéfice du traitement était bien supérieur à celui constaté lors de l’utilisation de cellules souches provenant de donneurs.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...