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16 mars, 2016

Proposition macabre au Royaume-Uni : laisser les fœtus non viables aller à terme pour récupérer leurs organes

La NHS, système de santé publique britannique, vient de subir une vague de protestations après qu’un médecin spécialiste des greffes d’organes a suggéré que les femmes portant un enfant gravement handicapé ou « endommagé » soient encouragées à porter leur grossesse à terme, de manière à permettre la récupération des organes sur le bébé après la naissance. La proposition a été faite lors de la rencontre annuelle de la British Transplantation Society à Glasgow.
La proposition est si choquante que la SPUC (Society for the Protection of Unborn Children), la plus ancienne et la plus importante des associations provie du Royaume-Uni, a assorti le communiqué de protestation qu’elle a publié aujourd’hui de l’annonce qu’elle allait « enquêter » sur les faits. Mais les multiples sources auxquelles renvoie son communiqué ne laissent guère planer le doute sur la véracité de l’incident lui-même. Il reste maintenant à découvrir d’où émane cette proposition macabre et si la NHS s’apprête en effet à mettre en place un soutien spécifique pour ces femmes comme l’assure le tabloïde The Sun – à moins que ce ne soit déjà fait.
A l’heure actuelle, au Royaume-Uni, la grande majorité des femmes enceintes informées du dépistage d’un handicap grave chez leur enfant ou d’un trouble survenu au cours de la grossesse, décident d’avoir recours à l’avortement « médical », et ce d’autant plus si le bébé n’a guère de chances de survivre à la naissance.
Un vrai gâchis…
Après avoir fait pression pendant des années pour le « droit » des femmes à anticiper sur cette mort quasi certaine – la dernière campagne en date est en cours en Irlande du Nord où précisément cette raison d’avorter n’est pas légalement admise – voici donc que le lobby de la mort propose de changer de méthode. Comme dans le cas de l’avortement dit « médical », la NHS est sur cette longueur d’onde au vu du manque chronique d’organes vitaux pour la transplantation : pouvoir disposer de bébés nés à maturité à l’issue de neuf mois de gestation assure d’avoir accès à des organes bien formés et de taille suffisante.
Après tout, on n’est plus dans le cas de la récolte d’organes et de tissus sur des « produits d’avortement » de premier ou de deuxième semestre, à l’image de ces prélèvements reprochés au Planned Parenthood aux Etats-Unis…
Au cours de ces deux dernières années, 11 bébés de moins de deux mois sont devenus « donneurs » d’organes (comme s’ils avaient le choix…) mais avec les nouveaux protocoles les médecins espèrent jusqu’à 100 « donneurs » par an.
Niaz Armad, chirurgien spécialisé dans les transplantations au St James University Hospital de Leeds, n’a pas d’états d’âme : « Nous envisageons de mettre cela publiquement en route en tant que source viable de transplatations d’organes au niveau national. Nombre d’employés de la NHS ne savent pas que ces organes peuvent être utilisés. Ils doivent être mis au courant. Ces organes peuvent être transplantés, ils fonctionnent, et ils fonctionnent sur le long terme. »
C’est le comble de l’utilitarisme : non seulement ces enfants porteurs de défauts sont jugés bons pour l’élimination, mais celle-ci est retardée afin de pouvoir en tirer le maximum…
L’histoire ne dit pas, en effet, comment se déroulerait le prélèvement sur ces enfants que l’on ne laisserait survivre que pour les débiter en pièces détachées : quid des soins à ces nouveau-nés, de l’éventuelle réanimation ? Les organes seraient-ils prélevés à cœur battant ? Attendrait-on la mort naturelle ? La hâterait-on par la privation d’aliments ?
La prochaine étape se dessine tout aussi clairement : une fois le tabou de l’infanticide levé (pour celui de l’avortement c’est fait depuis longtemps), pourquoi ne pas demander aux mères qui veulent avorter pour des raisons de commodité, économiques ou autres pendant les délais légaux qui en Angleterre sont fixés à 24 semaines de grossesse, de conserver leur « fœtus » le temps qu’il devienne apte à « sauver des vies », comme ils disent ? Il sera toujours temps d’aller encore plus loin…
Mais pour l’heure, il est « seulement » question de bébés atteints d’affections comme l’anencéphalie, diagnostiquée à 12 semaines et de manière générale incompatible avec la vie : leurs reins, cœur, poumons, foie et autres organes sont quant à eux en bon état.
Le responsable de NHS Transplants, James Neuberger, a d’ores et déjà déclaré : « Si une famille veut donner des organes ou des tissus de leur bébé nous les aiderons et nous les soutiendrons. »
Dans le cas contraire, on les tue in utero, c’est aussi simple que cela…

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15 février, 2015

Pays-Bas : don d'organes après euthanasie : un hôpital catholique refuse – mais pas pour les bonnes raisons

Arnold Mulder
Les médias néerlandais s’en sont émus : le prestigieux hôpital universitaire de Radboud, à Nimègue, a refusé de prélever un rein sur un patient qui devait se faire euthanasier bientôt. Cette nouvelle a été divulguée le 6 février dernier par le quotidien de gauche De Volkskrant – avec la photo de l’intéressé, Arnold Mulder, 56 ans – qui notait sur un ton aigre : « L’homme souffre d’une maladie neurologique mortelle et il veut donner ses reins après son euthanasie – une procédure qui a déjà été mise en œuvre à plusieurs reprises. Mais le Radboud, qui s’inscrit dans un environnement catholique, l’a renvoyé. »
Oui, ces affreux cathos voulaient empêcher la charité moderne par excellence, le don d’organes, en refusant à Arnold Mulder de donner un sens à sa mort…
Aussitôt, le RadboudUMC a fait savoir par une porte-parole la raison de ce refus. Non, ce n’était pas parce que cet hôpital refuse l’euthanasie que l’affaire n’allait pas pouvoir se conclure : le Radboud en pratique, sans problème. Ce n’était pas non plus parce que le Radboud refuse le don d’organes vitaux – il en pratique – ni même le prélèvement d’organes à la suite d’une euthanasie : la porte-parole a souligné qu’une telle procédure, qui en est à ses balbutiements aux Pays-Bas – a déjà eu lieu dans le cadre de l’hôpital universitaire.
La presse s’était indignée pour rien : ce n’est pas parce que le Radboud est soumis à une organisation de tutelle confessionnelle (Stichting Katholieke Universiteit – « fondation université catholique ») qu’on s’y encombre de règles morales. L’euthanasie est décidément entrée dans les mœurs…
La réticence des autorités avait une double origine, a expliqué la porte-parole. Premièrement, les Pays-Bas n’ont connu à ce jour que 7 prélèvements après euthanasie, et il n’y a pas de « directives » claires à leur sujet. Deuxièmement : le patient n’était pas en traitement au Radboud et on a estimé que la question de l’euthanasie doublée d’un don d’organes est trop délicate, trop complexe pour ne pas exiger l’existence d’une relation patient-médecin personnelle qui permette d’assurer que les décisions soient prises de manière « méticuleuse ». « Nous souhaitons mieux connaître le patient avant de prendre une décision aussi complexe. » L’hôpital s’est contenté de le renvoyer avec sa demande à l’hôpital traitant, le Canisius-Wilhelmina Ziekenhuis (CWZ).
Pour la petite histoire, cet autre hôpital de Nimègue est né en 1974 de la fusion de l’hôpital catholique Canisius, qui depuis 1850 recevait et soignait les pauvres, et de l’hôpital Wilhelmina, protestant celui-là, fondé en 1895. L’hôpital se dit chrétien.
Ledit hôpital avait tenu la demande de Mulder à distance dans un premier temps – notamment parce qu’en règle générale aux Pays-Bas, l’euthanasie se pratique à domicile, ce qui rend impossible le prélèvement d’organes qui nécessite un cadre hospitalier. Sous la pression du malade, des médias, et même indirectement du ministre de la santé, Edith Schippers, qui a promis de prendre la question à bras-le-corps, le CWZ a accepté de remplir le vœu du malade.
Il devait être euthanasié ce dimanche, en présence des siens et notamment de ses trois filles qui ont soutenu sa demande : cinq minutes pour dire « adieu », puis son corps devait être transmis à l’équipes de prélèvement. A l’heure d’écrire ces lignes, il doit être mort.
Arnold Mulder souffre (souffrait) d’atrophie multisystématisée, une maladie dégénérative du cerveau liée à la maladie de Parkinson. Il ne pouvait plus taper à la machine. Il avait des difficultés d’expression. Son médecin traitant tout comme le médecin consulté en vue d’une euthanasie étaient d’accord : il devait pouvoir mourir avant que son état ne se dégrade jusqu’à le rendre dépendant.
Un spécialiste d’éthique de l’hôpital universitaire Erasmus de Rotterdam a fait savoir que le refus de l’hôpital Radboud était à son avis incompréhensible. Ce sont précisément les hôpitaux universitaires qui ont compétence pour le prélèvement d’organes aux Pays-Bas : « C’est compliqué sur le plan logistique, mais c’est possible. Cela s’est déjà fait, il y a de l’expertise, c’est justifié sur le plan éthique, en ordre sur le plan juridique et faisable sur le plan pratique », a souligné Erwin Kompanje. Oui, l’environnement est plus « froid », c’est plus lourd à vivre pour les proches : « Mais c’est le choix du patient. Et dans ce cas-là, il appartient à l’hôpital de coopérer : voulons-nous des organes, ou n’en voulons-nous pas ? »

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02 décembre, 2014

Fin de vie – don d’organes : à Annecy, on veut aller plus loin

Le Centre hospitalier Annecy Genevois vient d’obtenir l’accord de l’Agence de la Biomédecie pour prélever des organes vitaux dans le cadre d’un arrêt volontaire de traitement décidé dans le cadre de la loi Leonetti : l’objectif est bien sûr de rendre davantage d’organes disponibles.
C’est une première en France, où les prélèvements se font en cas de « mort cérébrale » (aux critères douteux) ou d’« arrêt cardiaque non contrôlé » – un infarctus par exemple.
Après un arrêt de traitement volontaire, on pourra récolter les organes dans le cadre de cet « arrêt du cœur contrôlé » ou programmé : il s’agit des traitements jugés « inutiles » en vue de l’état du patient. C’est une situation que l’on rencontre par exemple en cas d’arrêt délibéré de la ventilation d’un patient qui ne peut respirer de manière autonome. Le prélèvement se fait donc « à cœur non battant » contrairement aux prélèvements sur un patient dit en « mort cérébrale ». On récupère les poumons, le foie, les poumons…
Le Centre hospitalier d’Annecy bénéficiera d’une période de deux ans pour évaluer la nouvelle pratique, strictement « encadrée » : la décision irrémédiable de mettre un terme à une « prolongation artificielle de la vie » devra être prise lors d’une « réunion collégiale » impliquant les médecins du service, la famille et un intervenant extérieur. Exige-t-on l’unanimité ? Le texte de l’agence ne semble pas avoir été mis en ligne…
Il ne devra pas non plus y avoir de lien entre l’équipe de réanimation chargée du patient et celle qui sera sollicitée pour le prélèvement – une exigence presque « classique » que l’on trouve dans les pays comme la Belgique ou les Pays-Bas où les prélèvements après euthanasie s’installent tout doucement.

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23 novembre, 2014

Pays-Bas : vers une institutionnalisation du don d'organes après euthanasie

Ce n’était qu’une question de temps. Les Pays-Bas s’apprêtent à établir un protocole de donation d’organes après euthanasie, ce qui devrait multiplier les possibilités de prélèvement d’organes vitaux sur des personnes ayant choisi le moment de leur mort. En codifiant cette procédure, on entend à la fois aider les candidats à l’euthanasie à donner du « sens » à leur mort, et faciliter une pratique qui reste extrêmement marginale dans le premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie : on compte 6 cas en 16 ans. (Par exemple : celui-ci.)
Marginale ou pas, la pratique de l’utilisation du corps d’une personne dont la mort a été programmée est évidemment dans la logique de l’euthanasie légale.  C’est tellement évident que personne ne semble se poser de questions « éthiques » sur le don d’organes couplé à une euthanasie : on ne s’inquiète que du « comment ». Il est vrai que la transgression première – qu’un médecin puisse procurer volontairement la mort alors qu’il est censé soigner – fait sauter toutes les barrières, à brève ou à longue échéance.
Ce sont des responsables d’hôpitaux universitaires qui ont établi le protocole : l’Erasmus MC de Rotterdam et l’hôpital académique de Maastricht (MUMC) ont publié des directives nationales qui n’attendent plus que l’accord de la Fondation néerlandaise de la transplantation. Une fois validé, le protocole deviendra contraignant pour l’ensemble des médecins et hôpitaux des Pays-Bas. En attendant les médecins intéressés peuvent déjà s’en servir, s’agissant d’une procédure des plus précises qui fixe les conditions du prélèvement d’organes pas à pas.
Le principal obstacle tient au fait que l’euthanasie est en règle générale pratiquée par le médecin de famille, à domicile, le plus souvent en présence des proches de la victime. Ce contexte ne convient pas du tout à la donation d’organes vitaux : ceux-ci doivent être prélevés dans les minutes qui suivent le constat de la mort, ce qui suppose donc un décès à l’hôpital, et la proximité de l’équipe et de la salle d’opération prêtes pour le prélèvement.
Pour les auteurs des directives, Gert van Dijk, médecin éthicien, et Hanneke Hagenaars, coordinatrice de transplantations de l’hôpital Erasmus, et Jan Bollen du MUMC, l’objectif était donc de surmonter ces difficultés en posant le principe d’une intervention du médecin de famille à l’intérieur des murs de l’hôpital (médecin qui doit dégager par écrit l’hôpital de toute responsabilité juridique), chose que nombre d’hôpitaux n’apprécient guère. Il faut donc les encourager… Le protocole prévoit notamment qu’un médecin hospitalier vérifie la conformité de la procédure d’euthanasie même si c’est le médecin de famille qui donne la mort. Ce médecin hospitalier ne doit pas avoir de lien avec le service de prélèvement des organes.
Par ailleurs, l’euthanasie et le prélèvement d’organes doivent être clairement dissociées, afin d’éviter que le patient ne choisisse l’euthanasie en vue de donner ses organes. Il sera donc exigé que le patient réponde à tous les critères de l’euthanasie légale et que son cas ait même été vu et approuvé par un médecin spécialisé de l’euthanasie, « médecin-SCEN », qui soit valider l’accord donné par le médecin de famille. Ce n’est qu’ensuite que la demande de donner ses organes sera prise en compte, à condition qu’elle émane spontanément du patient et que le médecin de famille s’abstienne absolument d’évoquer le premier cette possibilité avec le patient.
Enfin, la justice doit être prévenue préalablement afin que le constat de la mort puisse être fait immédiatement par un médecin spécialisé chargé lui aussi de vérifier que l’euthanasie a été pratiquée dans les règles.
L’autre inconvénient de la procédure – selon les « éthiciens » et la presse – concerne les proches du patient euthanasié : vu qu’il faut transférer le corps sans tarder, il n’y a pas de temps pour les « adieux ». En pratique ils devront attendre le retour du corps après prélèvement. Mais sans aucun doute la presse saura mettre l’accent sur le courage, la générosité, l’utilité du don d’organes après euthanasie. Jusqu’à ce que tout semble aller de soi.
En 2013, 273 personnes ont effectivement pu donner leurs organes aux Pays-Bas. La même année, observent les auteurs du protocole, il y a eu plus de 4.800 déclarations d’euthanasie. Même si les malades du cancer ne peuvent donner leurs organes – et ils forment le groupe le plus important des euthanasiés – il reste les victimes de sclérose en plaques ou de la maladie de Charcot et autres malades neurologiques dont les organes sont en bon état de marche. « Même si un petit pourcentage (des euthanasiés) choisit la donation d’organes après la mort, cela équivaudra à un doublement des donneurs post-mortem », assure Gert van Dijk.
Exacte ou pas – en fait, les prédictions quant aux effectifs des euthanasiés-donneurs demeurent disparates – l’estimation est par nature optimiste, en ce sens qu’elle correspond à une espérance et à une volonté.

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18 octobre, 2014

Euthanasie et don d’organes : un cas néerlandais

Une femme néerlandaise atteinte de sclérose en plaques s’est fait euthanasier et a obtenu, par la même occasion, de pouvoir donner ceux de ses organes encore « utilisables », vient de révéler l’Algemeen Dagblad qui donne la parole à sa fille, Rebecca, pour rendre compte de cette ultime générosité. Sous le titre : « Mourir soi-même en sauvant cinq vies. »
Dicky Ringeling, de Zwijndrecht, avait 61 ans. Avec son mari, elle travaillait à l’hôpital et voyait des patients attendre les organes qui pourraient leur sauver la vie. Dévouée, connue dans son quartier pour sa gentillesse – toujours prête à rendre service, à consoler des parents qui avaient perdu un bébé, à aider un vieux monsieur victime d’une chute, à être là le jour comme la nuit pour ceux qui avaient besoin d’un coup de main – Dicky est partie comme elle a vécu.
C’est du moins ce que l’on nous raconte. Car vu comme cela, qui aurait le cœur de dire que c’est une histoire de mort et de mal qu’on nous présente là ? Comment oser mettre en cause la « fierté » affichée par son mari, ses deux filles ?
Mme Ringeling était donc atteinte d’une sclérose en plaque de forme agressive, à l’espérance de vie réduite. Le diagnostic tombé, elle a décidé aussitôt qu’elle ne voulait pas souffrir de manière « insupportable ». Inscrite comme donneuse d’organes, tout comme son mari et ses deux filles qui s’étaient vu présenter le formulaire par leur papa le jour de leur 18 ans – « Signe, là » – Dicky veut en profiter pour que sa mort « ne serve pas à rien ». Aidée par ses deux filles, elle a commencé son parcours du combattant.
Il y a en effet une contradiction de procédure entre l’euthanasie et le prélèvement d’organes vitaux. L’euthanasie suppose la visite d’un médecin spécialisé chargé d’examiner le corps pour vérifier l’exécution conforme de la mise à mort. Et par ailleurs l’euthanasie est souvent pratiquée sur des personnes dont les organes ne sont plus d’une qualité suffisante pour la transplantation.
Dans le cas de Dicky Ringeling, il a été décidé de faire venir le médecin spécialisé dès le début de la procédure qui s’est déroulée dans un lit d’hôpital et non à la maison, comme c’est le plus souvent le cas. Elle a passé trois semaines dans un service d’hospice (soins palliatifs) où sa mort a été programmée, non sans avoir déterminé au préalable quels organes seraient prélevés : reins, poumons, pancréas, foie, mais aussi le cerveau qu’elle a donné à la recherche pour l’étude de la sclérose en plaques.
Il paraît que tout s’est passé le mieux possible. Mme Ringeling a plaisanté avec le médecin qui lui annonçait que l’euthanasie aurait lieu dans une chambre sans ouverture à la lumière du jour : « On pourrait s’arranger pour que ce soit un peu plus joyeux ! » Une fois la mort constatée par le médecin spécialisé, les prélèvements ont commencé dans les 5 minutes. Puis la lourde logistique de l’acheminement des organes vers les malades receveurs, parés pour l’opération, s’est mise en branle.
Sa fille Miranda raconte que Dicky Ringeling a pris congé de tous ceux qui sont venus la voire une dernière fois en disant « au revoir ». « Elle avait la sainte conviction qu’il y a autre chose après cette vie. » « Nos adieux ont été beaux… »
Après un tel récit où la générosité se le dispute à l’esprit de sacrifice, les trémolos à la résignation, il importe tout de même de dire que de tels scénarios ne sont pas admirables, que ce n’est pas une bonne idée d’ouvrir une discussion sur le don d’organes – comme le suggère l’article – avec un patient qui a obtenu le feu vert pour sa propre euthanasie. Il s’agit d’une forme subtile de marchandisation du corps humain, d’appropriation de la vie qui ne nous appartient pas, d’utilitarisme pur et dur.

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11 janvier, 2014

« Mort cérébrale » : La vie sauvée de Jahi McMath

Jahi McMath est-elle morte ou vive ? Pour les lois de Californie, elle n’est plus qu’un cadavre. Cette petite jeune fille a été déclarée en état de mort cérébrale le 12 décembre dernier, et les Etats-Unis se passionnent pour la bataille judiciaire victorieusement menée par sa famille pour empêcher que son ventilateur artificiel ne soit débranché, ce qui aurait entraîné… la cessation de ses fonctions vitales : l’arrêt cardiaque et respiratoire. Soit, pour employer un terme plus cru, plus technique, radicalement exact : la mort. Mais donc, elle n’est pas morte, malgré le certificat de décès établi à son nom vendredi dernier et portant la date du 12 décembre !

Nailah Winkfield n’est pas seulement sa maman, une maman blessée au cœur par les souffrances de sa fille, c’est une maman chrétienne, très croyante. Qui respecte la vie et qui veut voir la vie de sa fille Jahi, 13 ans, respectée jusqu’au bout – tout en priant pour qu’elle guérisse. Elle a obtenu dimanche dernier le transfert de sa fille, que l’hôpital pour enfants d’Oakland, Californie, refusait de soigner, vers un établissement médical catholique qui a accepté enfin de ne pas débrancher son ventilateur, de la nourrir et de lui donner les antibiotiques et les soins dont elle a besoin.

A l'heure qu'il est, rien ne dit que Jahi vivra. Il n'y a peut-être rien à faire : l'état de l'adolescente ne peut que se détériorer, répètent des experts dans la presse américaine. Mais là n'est pas la question. Il ne s'agit pas de nier la mort qui surviendra peut-être, ni de maintenir artificiellement en vie un corps qui serait déjà décédé, mais de reconnaître que le corps de Jahi « fonctionne » comme une unité vivante, son cœur bat, son sang circule, lorsqu'on la nourrit et qu'on l'hydrate, son état s'améliore.

Existe-t-il une obligation morale absolue de continuer de ventiler un patient dans un tel état ? C'est-à-dire : de retirer un moyen mécanique externe qui soutient la vie existante avec la quasi certitude que le patient en mourra ? Sans doute non. C'est dans la situation concrète qu'une telle décision se prend, au terme d'un discernement qui ne peut évacuer les questions morales ni la volonté des proches.

Mais dans l'affaire de Jahi, la question est posée à l'envers. Existe-t-il une obligation absolue de cesser de ventiler et de soigner un patient sous prétexte qu'il a été décrété en état de mort cérébrale (notion fluctuante et qui fait l'objet d'une multitude de définitions juridiques divergentes) ? C'est ainsi que la posent les autorités médicales de Californie, et elles répondent oui. Le problème fondamental de cette approche est bien qu'elle considère comme déjà mort un corps encore vivant.

Un problème qui se manifeste dans les cas, certes rares mais pas inédits, où des patients en « mort cérébrale » se réveillent – parfois au moment où leurs organes vont être prélevés en vue d'une transplantation. L'approche aboutit aussi à décréter purement « réflexe » toute réaction constatée par les proches sur leur malade lorsqu'ils lui parlent ou le touchent.

Dans le cas de Jahi, tout commence le 9 décembre avec une banale opération des amygdales et des végétations nécessaire pour en finir avec ses apnées du sommeil. La jeune adolescente se réveille normalement – elle qui avait si peur avant l’opération de rester pour toujours endormie – et réclame une glace. Elle a mal. Et elle commence à saigner. Les soignants demandent à Nailah de recueillir le sang qui coule de sa bouche. Le récipient qu’ils lui ont donné n’y suffit pas : de gros caillots remontent, Nailah appelle au secours. On lui tend un récipient plus grand…

Ce n’est que lorsque Jahi, à force de perdre du sang, subit un arrêt cardiaque, que les médecins se dérangent enfin. Massage cardiaque, soins intensifs : le cœur de Jahi recommence à battre. Mais le 12 décembre, la jeune fille est prononcée en état de mort cérébrale : on explique à sa mère que son cerveau est définitivement sans activité. Tous les soins, la nourriture sont à partir de ce moment-là coupés. Jahi a toujours un ventilateur – qui insuffle l’air, mais c’est elle qui expire – que les médecins veulent retirer au plus vite. L’hôpital ne l’évoque plus par son prénom : on parle du « corps ».


« Elle veut hurler ! »


Nailah refuse. « Je la sens. Je sens ma fille. J’ai le sentiment qu’elle est prisonnière dans son propre corps. Elle veut hurler, et me dire quelque chose ! » Avec l’aide de toute sa famille et d’un avocat rompu aux confrontations avec les puissants, elle obtient le 18 décembre que le ventilateur de Jahi ne soit pas coupé. Et le 5 janvier, l’hôpital a dû plier, en mettant en mesure la jeune fille de quitter les lieux avec le minimum nécessaire pour qu’elle ne meure pas pendant le transfert entre les mains du médecin légiste, qui l’a remise à sa famille. L’avocat, Chris Dolan, avait plaidé le respect de la vie privée et des convictions religieuses de la famille de Jahi, contre le droit revendiqué aux termes de la loi californienne par l’hôpital d’Oakland de prendre unilatéralement la décision de « débrancher ».

Ledit avocat a été l’objet de maintes menaces de mort pour avoir donné de « faux espoirs » à la famille et profité de leur détresse. Ce que les journaux ne disent généralement pas, c’est qu’il la défend bénévolement, sans demander un sou : « J’ai des tonnes d’argent. Ça m’est égal. Je perdrai de l’argent. C’est peut-être pour cela que les gens ont tant de mal à comprendre ce qui m’anime. Cette dame m’a demandé d’empêcher que sa fille soit tuée. »

Jeudi matin, l’alimentation de la jeune fille, coupée depuis le 12 décembre, a pu être rétablie et une trachéotomie facilite sa respiration. Son état de dénutrition avait fait craindre le pire jusqu’à mercredi – l’oncle de Jahi, Omari Sealey, expliquait alors : « Si son cœur cesse de battre pendant qu’elle est ventilée, nous pouvons l’accepter. »

Ce qu’ils n’acceptent pas ? Qu’elle ait été maintenue pendant un mois dans une sorte de « couloir de la mort », comme le dit Nailah. Qu’on la considère morte alors qu’elle est chaude, qu’elle respire, qu’elle digère, que ses organes fonctionnent en maintenant son intégrité corporelle – et qu’elle réagit lorsque sa mère lui parle et la touche, comme en atteste sa grand-mère, infirmière.

La petite Jahi a failli être victime, volée de sa guérison espérée ou de sa mort naturelle, des lois sur la « mort cérébrale » qui toutes, rappelle le pédiatre Paul Byrne, ont été adoptées en vue de faciliter le prélèvement d’organes vitaux « à cœur battant ». Le Dr Paul Byrne (qui avait accordé un long entretien à Présent, dans nos numéros des 6 et 10 mars 2011, repris ici sur ce blog) a examiné Jahi et constaté qu’elle est en vie, qu’elle répond par des mouvements à la voix de sa grand-mère. « Je suis sûr qu’elle est en train de guérir de son amygdalectomie. La guérison ne se produit que chez une personne vivante. » « Les gens ne deviennent pas “morts” parce que des médecins les déclarent “morts” », a-t-il commenté sur le site pro-vie LifeSiteNews : « Si les médecins y arrivent, ils prendront les organes de cette jeune fille. »

Il s’exprimait alors que Jahi était encore dans l’hôpital qui voulait programmer sa mort. Aujourd’hui il y a un espoir – ténu – pour que Jahi, soignée, aille mieux. Et en tout cas la certitude que sa vie sera respectée jusqu’au bout.

Cela vaut la peine de se battre. Et cela vaut la peine de saluer cette bataille alors que ce samedi 11 janvier, un arrêt de mort – une décision d’euthanasie par arrêt de l’alimentation – risque d’être signé en France par un médecin de Reims contre Vincent Lambert qui, lui, est en état de conscience minimale, capable de ressentir bien-être ou douleur.

• Article paru dans le n° 8018 de Présent, du vendredi 10 janvier 2014, et mis à jour le 11 janvier.

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04 novembre, 2013

Euthanasie et don d'organes : ça vaut la peine !

Déjà pratiquée en Belgique, l'euthanasie associée au don d'organes commence à intéresser les Néerlandais devant la demande « assez régulière » de patients qui veulent voir leur mort profiter à autrui  : une pratique « qui récompense les efforts engagés », titre un site d'informations destiné aux médecins.

Il résume un article paru dans une revue scientifique, le Nederlands Tijdschrift voor Geneeskunde (Revue néerlandaise de la médecine), qui se penche sur le cas – qui n'est pas le premier aux Pays-Bas selon les auteurs Gert van Dijk, Ariane Giezeman, Fred Ultee et Raoul Hamers – d'un patient atteint d'une maladie neuro-dégénérative à évolution rapide mais qui n'a en aucune façon perdu ses esprits, et qui a obtenu de donner des organes dans la foulée de son décès.

La description de l'affaire est révélatrice sur de nombreux plans. Aussi je vous en propose une présentation un peu détaillée.

Quinquagénaire, le patient se trouve dans une maison spécialisée. Il est nourri par sonde gastrique percutanée et a perdu toute autonomie corporelle ; il a le sentiment de régresser sur le plan de l'esprit puisqu'il a des problèmes de concentration et souffre de désordres visuels qui lui font « voir » des boules de lumière. Mais il est en pleine possession de ses facultés mentales, constate le médecin : la régression est surtout perçue de manière subjective et le fait souffrir ; « il ne vit plus que pour sa famille ».

La demande d'euthanasie est réitérée à de multiples reprises par le patient, associée à une proposition de plus en plus insistante de donner ses organes qui contribue à le rasséréner devant cette demande, et son médecin traitant se met d'accord avec lui pour passer à l'acte dès lors que le patient ne sentira plus ses points d'appui.

Une consultation auprès d'un médecin SCEN (spécialisé dans l'évaluation des demandes d'euthanasie et habilité à donner le deuxième avis nécessaire pour pratiquer l'euthanasie dans le cadre légal) aboutit à la conclusion que l'euthanasie est justifiée.

Plusieurs choses à relever ici : le patient n'a pas de douleurs insupportables, ses organes sont en bon état, et sa « souffrance insupportable » est d'ordre subjectif puisque le médecin ne peut que constater le bon fonctionnement psychique du malade, quoique celui-ci en pense.

Aussitôt le feu vert reçu, le médecin traitant prend langue avec la fondation néerlandaise des transplantations d'organes en fournissant les données médicales de son patient pour déterminer si la procédure peut être utilement envisagée. La Nederlandse Transplantatiestichting se dit intéressée par les reins, le pancréas, le foie et les poumons.

Il faut alors obtenir la permission de pratiquer l'euthanasie dans le cadre hospitalier, ce qui suppose de dégager les autorités administratives de celui-ci de la responsabilité de l'euthanasie, au cas où celle-ci serait déclarée a posteriori non conforme ; le médecin traitant doit tout assumer « comme à la maison » en prenant à sa charge l'exécution de l'euthanasie, l'accompagnement du malade et de ses proches et la déclaration auprès de la commission de suivi.

Tout cela passe par la consultation de l'urgentiste, un accord sur la procédure d'euthanasie qui sera celle habituellement pratiquée dans cet hôpital, et la saisine de la commission d'éthique de l'hôpital qui, pas plus que les autres, ne verra de raisons de dire non.

Puis le coordinateur des transplantations prend contact avec le partenaire du patient et vient ensuite rendre visite au couple dans la maison spécialisée où se trouve le patient pour déterminer ensemble les conditions de l'opération. Il s'occupe également de mobiliser l'officier judiciaire et le médecin légiste qui devront venir constater la mort pour pouvoir disposer immédiatement du corps pour prélever les organes dans les meilleurs délais.

On renoncera rapidement à prélever les poumons puisque cela supposerait un aller-retour à l'hôpital à la veille de l'euthanasie pour vérifier leur état : un déplacement en ambulance estimé « trop lourd ». Les tests faciles à réaliser sur place sont effectués sur des prélèvements de sang et d'urine et on décide qu'une échographie d'urgence des intestins sera réalisée le jour de la mise à mort.

S'agissant d'une donation sur un patient à cœur non battant, il est conduit le jour J dans un service disposant de monitoring cardiaque : celui des soins intensifs (une antiphrase, vu le contexte !). Il passe du neurologue de service à l'urgentiste, qui pose une dernière fois la question de savoir s'il veut effectivement toujours donner ses organes : la réponse est oui. On fait les derniers examens.

Puis l'équipe des urgences se retire et le médecin de famille et quelques proches assistent à l'euthanasie pour laquelle on a choisi des médicaments « standard » qui ne risquent pas d'abîmer les organes à donner. Le patient veut-il toujours être euthanasié ? La réponse est encore oui. Le médecin pratique l'euthanasie selon le protocole approuvé par l'association des médecins néerlandais. L'urgentiste revient avec le médecin légiste pour constater l'asystolie, et la mort. (L'histoire ne dit pas si le patient aurait pu à ce stade être réanimé.) On laisse le cadavre à la famille pendant cinq minutes de « no touch » (« pas touche ») pour laisser la famille prendre congé. Et il est embarqué vers l'unité de prélèvement d'organes.

Ayant vérifié l'heure du décès le chirurgien procède aux prélèvements ; on avertit les centres allocataires du foie et des reins de la nature du prélèvement à la suite d'une euthanasie ; le pancréas sera utilisé pour la recherche.

Dans les semaines qui suivent le coordinateur des transplantations et le médecin de familles prendront contact avec les proches du patient qui, tout en manifestant leur peine, se montrent satisfaits de ce qui s'est passé ; il ne faudra que quelques semaines pour que la commission régionale d'évaluation des euthanasie approuve la procédure dans son ensemble.

Un conte de fées modernes où la mort est l'heureuse issue, tellement altruiste !

On reste – pour le moment – dans un contexte un peu moins sordide qu'en Belgique où plusieurs transplantations d'organes vitaux prélevés « cœur battant » – des poumons notamment – ont déjà eu lei sur des euthanasiés placés en état de « mort cérébrale » avant d'être dépêchés dans l'unité de prélèvement sous ventilation assistée. Car rien ne les arrête.

Aux Pays-Bas, on s'interroge sur les possibilités offertes par ces procédures. Impossibles en cas d'affections malignes – et sur 3.695 déclarations d'euthanasie en 2011, 2.797 patients en souffraient – elles ne risquent pas d'être très fréquemment possibles dans les cas restants, en raison de l'âge ou du mauvais état général des patients. En Belgique on estime que 5 à 10 % des euthanasiés pourraient être donneurs, notamment les patients victimes de sclérose en plaques, de la maladie de Huntington ou d'affections neurodégénératives, ou souffrant de maladies psychiatriques.

Pourquoi refuser une proposition de don d'organes qui donne « sens à la mort », demandent les auteurs ? Façon d'augmenter « l'autonomie du patient »…

Pour ce qui est des questions morales soulevées par la pratique, les auteurs ne retiennent que la liberté dde décision du patient et l'indépendance du médecin, pour éviter que la demande d'euthanasie ne soit suscitée que par la possibilité de donner des organes ou pour que le médecin ne soit pas tenté de faire pression pour obtenir des organes. Pas question, donc, que le médecin traitant, que l'on incite pourtant fortement à soulever la question de l'euthanasie avec son patient, aille jusqu'à évoquer le premier la question du don d'organes.

Les auteurs suggèrent également de ne saisir l'hôpital de la demande de don d'organes du patient seulement une fois l'avis favorable du médecin SCEN sur la demande d'euthanasie obtenu.

Comme en Belgique, on exige une séparation méticuleuse entre le médecin chargé de l'euthanasie, l'équipe de prélèvement et les équipes allocataires des organes pour éviter les « conflits d'intérêt ».

Les auteurs prévoient aussi une accroissement de la demande de don d'organes par le simple jeu de la publicité qui sera donnée à de tels cas.


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01 septembre, 2013

En arrêt cardiaque total depuis 45 minutes, un jeune homme survit

Vu sur BioEdge : un jeune mécanicien a eu un arrêt cardiaque de 45 minutes auquel il a survécu. Troy Yahle n'avait plus rien : tous les indicateurs à zéro, pas de signal électrique, pas de respiration, aucun battent de cœur, pas de pression artérielle.

On ne connaît pas la cause de cet incident qui s'est produit au Kettering Medical Center de Kettering, Ohio, aux Etats-Unis. Un virus, peut-être ? Les médecins ne se prononcent pas mais en revanche ils sont prêts à faire part de leur ébahissement devant le cas du jeune homme dont le cœur s'est soudain remis à battre, et qui est maintenant en bonne santé.

« En vingt ans, je n'ai jamais vu quelqu'un que nous avons déclaré mort… revenir à la vie, je n'ai jamais vu ça », s'étonne le cardiologue Raja Nazir ; son collègue le Dr Jayne Testa est prête à témoigner de son côté de la réalité de l'arrêt cardiaque prolongé du patient.

Comme le note BioEdge, ce genre de cas est rare mais pas inédit. Et Michael Cook ajoute avec justesse que son existence jette le doute sur les définitions (très diverses selon les pays) de la mort clinique aujourd'hui employées pour déclencher un prélèvement d'organes vitaux. Dans certains cas, on retient la « mort cardiaque ». Selon les pays et les procédures, on autorise les « vendangeurs » à récupérer cœur, foie, poumons… dès cinq minutes, voire deux minutes d'absence de battements de cœur sont constatés.

A cette aune-là, Troy Yahle aurait pu « mourir » vingt fois – mais il serait mort de l'opération de prélèvement de ses organes.

Cette vidéo montre l'heureux rescapé en pleine forme : il ne lui avait fallu que cinq jours pour se réveiller après l'incident. A l'heure où il a recommencé à respirer, les soignants avaient déjà commencé à préparer son corps pour le présenter à ses proches.



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12 juillet, 2013

Une femme se réveille du coma juste avant le prélèvement de ses organes

De nombreux titres de la presse américaine rendent compte de ce fait divers très significatif : à Syracuse (Etat de New York) une femme déclarée en état de mort cérébrale s'est réveillée dans la salle d'opération juste avant d'être ouverte en vue de récolter ses organes.

Les faits remontent à 2009 : Colleen S. Burns, 41 ans, était conduite aux urgences, victime d'une surdose de drogues. Les médecins de l'hôpital Saint-Joseph la déclarèrent en état de mort cérébrale puis réclamèrent à ses proches la permission de récupérer ses organes. C'est seulement parce que la patiente a ouvert les yeux sur la table d'opération que l'extraction de son cœur et de ses autres organes vitaux n'a pas eu lieu.

L'équipe médicale de Saint-Joseph a dû subir une enquête dont les résultats font aujourd'hui état de graves manquements à la fois sur le plan du diagnostic et de la communication avec les personnels soignants : les médecins ont confondu, selon l'enquête du Département de la Santé, l'état de mort cérébrale et le coma provoqué par la surdose de stupéfiants, et ignoré les indications d'une infirmière selon lesquelles l'état de Colleen Burns s'ameliorait ; ils n'ont pas réalisé d'indispensables scanners pour confirmer leur diagnostic ; ils n'avaient même pas pris soin de pratiquer les lavages nécessaires pour empêcher la drogue absorbée par la victime de se répandre dans son système digestif. Pas même pour assurer la bonne qualité de ses organes au moment de la « récolte »…

Le rapport indique ainsi qu'à la veille de l'opération de récupération, Colleen Burns avait répondu à des stimulations, et qu'au moment d'être transportée vers la salle d'opération, elle respirait sans ventilation et remuait ses lèvres. On choisit plutôt de lui administrer une sédation sans le noter pour autant dans son dossier médical.

Un spécialiste de cardiologie, le Dr David Mayer, a expliqué à la presse que le simple fait qu'on administre un sédatif ou un anti-douleur avant de récolter des organes indique clairement que le patient est encore en vie – mais dans de nombreux cas et notamment en France, c'est là le protocole normal en raison des réactions des patients au moment des prélèvements. On explique seulement que c'est pour le confort des équipes médicales qui pourraient être gênées par des réactions de douleur « réflexes »…

Hélas, 16 mois après avoir été sauvée in extremis Colleen Burns s'est suicidée, elle qui était déjà dépressive avant sa surdose et qui n'en a pas voulu aux médecins d'avoir voulu l'« exploiter » en lui ôtant la vie parce qu'au fond c'est ce qu'elle voulait. Voilà du moins ce que dit sa famille qui n'a pas poursuivi l'équipe médicale de Saint-Joseph.

L'hôpital s'en tire donc avec une amende de 6.000 dollars, quelques obligations de sécurité et l'injonction d'embaucher un neurologue capable de mieux diagnostiquer la mort cérébrale.

C'est le choix qui va être difficile. Selon les pays, les époques, et même les Etats américains la définition  de la « mort » cérébrale est très différente, les protocoles de vérification sont diverses et les critères variés. Il est vrai que c'est un concept inventé en 1968 en vue de faciliter la récolte d'organes vitaux sur des personnes dont le cœur bat normalement et dont la fonction respiratoire est simplement assistée d'une ventilation. Et qu'on l'a élargi progressivement. L'industrie de la transplantation représente un marché colossal…

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29 juin, 2013

Bientôt les greffes de tête ?

On serait moins étonné de cette information un 1er avril. Mais il semble qu'elle soit exacte. C'est le Nouvel Obs qui la répercute : « Un neurologue italien annonce pouvoir transplanter des têtes humaines, sur d'autres corps humains dans les deux ans. L'opération  a déjà été menée avec succès sur des singes. »

La technique pourrait venir en aide aux tétraplégiques par exemple, ou aux malades du cancer qui auraient toute leur tête…

C'est donc, en réalité, une greffe de corps.

Où le greffon est pris sur une personne décrétée en état de « mort célébrale » – donc avec une circulation sanguine et un système respiratoire qui fonctionnent – dont le corps est en bon état.

Après il faut prendre la peine de refroidir la tête du receveur (avant ou après de la couper ?), puis de recoudre tête et corps « donné » sans se tromper, en assurant notamment la continuité de la moelle épinière, ce qui fonctionne déjà bien sur les singes.

Celui qui entend étendre cette technique à l'homme, le Dr Sergio Canavero, voit bien des problèmes éthiques : l'utilisation de prisonniers par exemple au profit de vieux milliardaires chinois en mal de jeunesse.

En attendant les échanges de têtes, peut-être. Après tout, pourquoi pas ?

*

P.S. Beaucoup de réponses très négatives à cet article – il va pourtant de soi que cette info n'est pas donnée de manière complaisante, mais horrifiée.

Un correspondant remet en cause le fait que l'on puisse assurer de nouveau la continuité de la moelle épinière après qu'elle a été sectionnée, même sur un singe. Le Dr Canavero s'appuie sur la disponibilité aujourd'hui de molécules chimiques qui permettraient selon lui la reconnexion des tissus en cause. Là où la presse française parle de « deux ans », l'article de Surgical Neurology (disponible intégralement ici) évoque « a couple of years » ce qui est beaucoup plus imprécis : « dans quelques années » aurait été une meilleure traduction.

*

Quoi qu'il en soit, avec de telles élucubrations, la guillotine risque de ne plus être ce qu'elle était.

L'histoire rappelle en tout cas une affaire citée dans Finis vitae, ouvrage réalisé sous la direction de Roberto de Mattei, qui recueille une série de conférences de scientifiques défavorables au don d'organes vitaux puisque ceux-ci sont obligatoirement recueillis sur des personnes en « mort cérébrale » au prix d'une redéfinition discutable de la mort. C'est celle de la pendaison d'une Anglaise (au XVIIe, de mémoire) qui resta plus d'une demi heure pendue, qu'on recueillit enfin, et qui à la surprise générale revint à la vie. Il faisait ce jour-là un froid intense ; on suppose que l'hypothermie, en mettent en quasi arrêt ses fonctions vitales, permit d'éviter la mort.

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29 octobre, 2012

Belgique : euthanasie et don d'organes

La Belgique, seul pays à autoriser officiellement aujourd’hui le prélèvement d’organes au moment de l’euthanasie, compte déjà 9 patients qui ont accepté cette procédure depuis 2005. Un symposium sur la question était organisé ce samedi pour aborder les questions médicales, éthiques, juridiques et pratiques que cela soulève, réunissant plusieurs organisations dont l’Association belge pour la transplantation et « De Maakbare Mens », ce qui peut se traduire comme « L’homme faisable », « L’homme fabriquable » ou « L’homme réparable ».
« De Maakbare Mens » se spécialise en développements et découvertes dans le domaine médical et biotechologique, s’intéressant aux implications éthiques et sociétales de leur mise en œuvre.
En 2011, 1.113 personnes ont été euthanasiées en Belgique, parmi lesquelles 10 % aurait pu théoriquement donner des organes vitaux, soit qu’il s’agisse de personnes atteintes d’affections neurologiques ou neuropsychiatriques, soit qu’elles aient certains organes abîmés, mais d’autres en bon état de fonctionnement, souligne le Pr Dirk Ysebaert, chirurgien transplanteur de l’hôpital universitaire d’Anvers.
Il semblerait que le « gisement » de donneurs constitué par les candidats à l’euthanasie intéresse les organismes de transplantation – à les en croire, pour la seule année 2011 quelque 110 personnes étaient potentiellement donneuses alors que les prélèvements se sont comptés sur les doigts d’une seule main. On le devine à travers cette déclaration du Pr Ysebaert à propos du caractère volontaire du don d’organes vitaux au moment de l’euthanasie :
« Pour l’instant, on ne dit pas encore aux patients qu’ils peuvent donner leurs organes, en raison de la pression émotionnelle. »
Mais cela pourrait donc changer ?
Par ailleurs, rappelle Het Laatste Nieuws, des règles strictes entourent le prélèvement d’organes lors de l’euthanasie : le patient doit d’abord subir une visite de contrôle de la part d’un médecin transplanteur, l’euthanasie doit nécessairement se pratiquer dans le cadre hospitalier et non à domicile, et enfin on exige une séparation aussi stricte que possible entre l’euthanasie et le prélèvement d’organes – en pratique, le patient, forcément cœur battant, est remis d’une équipe à l’autre dans les plus brefs délais.


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02 juin, 2012

Prélèvement d'organes : la grande hypocrisie

Paul E. Morrissey
Toujours en pointe, attentif et précis dans ses informations, le site australien BioEdge rapporte aujourd'hui la dernière péripétie dans l'affaire complexe de la « mort cérébrale » et du prélèvement d'organes. Cette affaire illustre comment s'opèrent les glissements pour répondre aux besoins d'une industrie multi-milliardaire. (A ce propos, voir aussi le message du Salon beige, ici.)

Face à la pénurie mondiale de donneurs de reins – la transplantation étant aujourd'hui la principale option thérapeutique proposée dans les cas graves, quelles que soient ses difficultés et les souffrances associées – un bioéthicien a proposé une nouvelle règle pour le prélèvement dans la dernière livraison de l'American Journal of Bioethics. Paul E. Morrissey, de la Brown University à Rhode Island, verrait bien prélever les deux reins sur des personnes ayant subi un traumatisme cérébral et survivant grâce aux soins de réanimation. Comme de toute façon elles sont appelées à mourir à brève échéance, pourquoi ne pas prendre les reins tout de suite ? Cela se situerait si près de la mort effective que le prélèvement pourrait raisonnablement ne pas être considéré comme la cause du décès. Ainsi la règle du « donneur mort » aujourd'hui en vigueur, serait respectée, dit-il. Il appelle cela la « donation premortem ».

Et ce même si la vie sans reins est « habituellement courte », comme le note l'auteur.

Mais qui connaît l'espérance de vie d'une personne ayant subi un traumatisme cérébral ? Son pronostic exact ? La possibilité pour le patient de survivre quand même, malgré le retrait de la ventilation ? Les erreurs ne sont pas inconnues en ce domaine et cela devrait suffire à invalider la proposition.

Celle-ci est de toute manière irrecevable puisqu'elle consiste tout simplement à envisager de se servir en organes vitaux sur un patient vivant, même si le prélèvement le provoque pas immédiatement la mort comme c'est le cas pour le cœur ou le foie.

D'où des protestations multiples : on retiendra celle qui accuse Morrisson de vouloir violer le serment d'Hippocrate qui enjoint de « ne pas nuire ».

Mais deux autres bioéthiciens américains sont d'un autre avis – et c'est là que cela devient intéressant. Franklin G. Miller et Robert D. Truog soutiennent que le raisonnement de Morrisson est très juste. « Probablement certains s'y opposeront en invoquant la pente dangereuse : le prélèvement des deux reins premortem servira de levier pour abandonner la règle du donneur mort. Si l'on considère la réalité de nos pratiques courantes, cependant, il devient évident que la règle du donneur mort n'est conservée qu'en tant que fiction. »

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09 avril, 2012

Pâques, la “mort cérébrale” et le don d'organes

Lorsque notre Sauveur rendit l'âme sur la Croix, ceux qui l'entouraient surent que le moment de sa mort était survenu, comme en atteste saint Jean, témoin oculaire. Mais les Romains, soucieux de vérifier que le condamné était vraiment mort, lui firent transpercer le côté par une lance, « et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau ». Saint Jean insiste sur l'événement : « Celui qui a vu rend témoignage, afin que vous croyiez, vous aussi. » Il ajoute, entre parenthèses, « Son témoignage est véridique et le Seigneur sait qu'il dit vrai », ce qui est une manière d'invoquer l'autorité divine, de jurer dans le sens plénier du mot.

Ce qui atteste irrévocablement de la mort de Jésus, c'est d'une part ce qu'ont vu les témoins, le sentiment que le corps n'est plus animé, et d'autre part le fait que son Cœur ne batte plus, constaté par le Centurion.

Voici ce qu'en dit sur le plan médical le site (protestant) info-bible :

« Jésus était bien mort lorsqu'il a reçu le coup de lance, car pour une mort par asphyxie il est médicalement connu qu'il y a une poche de liquide qui se forme autour des poumons et du coeur. »
avec cette note :
« D'après un expert en diagnostique médical, A. Metherell, cité dans : Strobel, L., Jésus : la parole est à la défense, ?, Vida, 2001, p226, le crucifié doit pousser sur ses pieds pour pouvoir expirer ; lorsqu'il n'a plus la force de le faire, il s'asphyxie et meurt par arrêt cardiaque ; le choc hypovolémique, consécutif à la flagellation, accélérait le rythme cardiaque, favorisant la crise cardiaque avec pour effet une accumulation de liquide dans la membrane péricardiaque (épanchement péricardiaque) et autour des poumons (épanchement pleural). Voir aussi : C.Truman Davis, "The crucifiction of Jesus", Arizona medicine, p185-186 ; Dr Bergsma, "Did Jesus die of a broken heart?", The Calvin Forum, march 1948, p165. »

Jésus-Christ n'a pas été déclaré en état de « mort cérébrale » pour pouvoir nous nourrir et sauver nos vies avec ses organes.

La preuve de sa mort, c'est que son Divin Cœur ne batte plus.

De même que pensant aux tout débuts de la vie, les chrétiens méditent avec admiration l'épisode de la Visitation, où le Christ à peine conçu – quelques jours au plus, puisque Marie « se rendit en hâte à la montagne » – fait tressaillir de joie le petit Jean-Baptiste de six mois son aîné, encore dans le sein de sa mère, nous ferions bien de méditer à la fin de la vie en pensant à cette Mort salvatrice qui réellement, nous a rendus capables de la vie éternelle.

Alors que la fausse mort du « don d'organes » donne seulement un supplément de vie terrestre…

Si nous transposions sa Passion à l'époque contemporaine, tirant toutes les conclusions du concept de « mort clinique » ou de « mort cérébrale », on aurait pu le mettre au tombeau dès que des médecins auraient jugé qu'Il était dans cet état. Son Cœur continuant de battre, bien sûr. Mais la Résurrection, personne n'y aurait cru. Tout comme les personnes qui reviennent à la vie après avoir été considérés comme en état de mort cérébrale – les exemples ne manquent pas – ne sont pas vues comme des ressuscités : on constate juste qu'en fait, ces personnes n'ont jamais été mortes.

J'essaie d'imaginer le tollé si dans un pays appliquant la peine de mort, on utilisait un procédé permettant de détruire le cerveau mais préservant les autres fonctions vitales : activité cardiaque, circulation sanguine, respiration assistée par ventilation, et ce en vue de prélever des organes… Non : pour constater la mort des condamnés, on attend la vraie mort. (Sauf peut-être en Chine, mais c'est une autre histoire).

Il en va de même pour les euthanasiés : pas question de les prononcer morts si leur cœur bat encore, s'ils donnent encore signe de vie.

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20 mars, 2012

« Mort cérébrale » et don d’organes : IIIe partie

Manipulations sémantiques et milliards de dollars


(La première partie est ici, la deuxième .)


Voici la suite et la fin de l’entretien que nous a accordé le Dr Paul Byrne, spécialiste en néonatalogie, que ses études sur la « mort cérébrale » ont amené à contester le principe du prélèvement d’organes vitaux sur l’homme pour la transplantation. La première partie a paru dans Présent daté de mardi dernier. Il préside une fondation, Life Guardian (lifeguardianfoundation.org) qui propose de nombreux documents à ce propos, insistant sur la nécessité pour chacun de faire connaître sa volonté de ne pas être donneur d’organes vitaux si tel est son choix.

En France on est présumé donneur mais l’accord des proches est toujours demandé, on peut prendre la précaution de leur dire sa volonté « même avec des mots simples » ; il existe aussi un « registre national du refus ». Je reviendrai prochainement sur ces aspects et d’autres de la question.
En attendant, c’est une chape de silence qui entoure celle-ci. Le Sel de la Terre lui a consacré en 2010 une plaquette de 88 pages, Les dons d’organes, disponible auprès de livresenfamille.fr. Le livre Finis vitae publié à l’initiative de Roberto de Mattei, évoqué plusieurs fois par Paul Byrne au cours de l’entretien, est actuellement disponible en italien et en anglais (chez Life Guardian aux Etats-Unis, ou à la Fondazione Lepanto) et une traduction française est envisagée. – J.S.

— Beaucoup disent qu’aussi bien Jean-Paul II que Benoît XVI approuvent le don d’organes, ce dernier ayant même eu une carte de donneur avant de devenir pape ; on cite fréquemment leurs déclarations favorables à ceux qui font ce choix. Cela ne suffit-il pas à justifier la pratique ?

— La première chose à faire, c’est de voir l’ensemble des choses qu’ils ont dites sur le sujet. Je vous ai rappelé l’enseignement de Benoît XVI sur le fait qu’on ne peut pas extraire d’organes vitaux individuels sinon ex cadavere. Il se réfère ensuite au Compendium du Catéchisme qui rappelle les critères principaux : le respect de la vie du donneur doit toujours l’emporter, de telle sorte que l’extraction d’organes doit être pratiquée exclusivement dans le cas de la mort véritable du donneur ou de la donneuse.

Le Catéchisme de l’Eglise catholique affirme quant à lui qu’il n’est pas moralement admissible de provoquer la mutilation handicapante ou la mort d’une personne humaine même dans le but de retarder la mort d’une autre personne. Le Concile de Vienne et le Ve Concile du Latran, ainsi que le pape Pie XII, suivi de Jean-Paul II ans Evangelium Vitae, et de Benoît XVI que j’ai cité, donnent ce même enseignement de l’Eglise. Lorsqu’un pape s’exprime, nous devons prêter attention à tout ce qu’il dit, mais nous devons nous rendre compte que lorsqu’il s’exprime en matière morale – c’est le cas de ce qu’affirme Benoît XVI sur l’ex cadavere ou Jean-Paul II sur la mort véritable – il donne l’enseignement moral de l’Eglise qui nous engage.

La première chose que j’ai lue à propos de Jean-Paul II en la matière concernait un appel au don de sang : il avait encouragé les gens à y répondre. Mais d’une façon ou d’une autre, lorsqu’on a rapporté ses propos, le « sang » est devenu « organe »… Ce genre d’approche m’inquiète beaucoup. On cite souvent le discours où il rapproche la cessation de la fonction cérébrale – ils ajoutent même le mot « irréversible » – avec celle du cerveau, du cervelet et du tronc cérébral. Mais aucun critère ne fait référence au cervelet ! Comment a-t-on pu faire cela au pape, en se servant de lui ? On en vient ainsi à parler du cerveau, du cervelet et du tronc cérébral – mais jamais du diencéphale, qui forme pourtant une grande partie du cerveau… Voyez-vous, lorsque le pape emploie ce type de langage, il a fallu auparavant que quelqu’un lui donne des informations. Qui ? Des médecins, je l’espère… Mais on en est réduit à espérer que cette information ait été à tout le moins entière, complète, et pas inexacte.

Je ne dis rien de plus, quant à moi : j’ai rappelé l’enseignement de l’Eglise catholique. J’ai demandé à de nombreux évêques de m’avertir s’ils trouvaient dans ce que je présente quoi que ce soit d’erroné. Aucun d’entre eux ne l’a fait.

L’une des dernières choses qu’a écrites Jean-Paul II, justement à ce sujet, est que chaque être humain est vivant précisément dans la mesure où il est « corpore et anima unus » : il cite Gaudium et Spes pour ajouter que cet être humain reste vivant aussi longtemps qu’existe l’unité psycho-physique totale de la personne…

Je n’ai pas conscience d’avoir jamais dit quoi que ce soit qui aille contre l’enseignement de l’Eglise, et je soutiens les papes à 100 %, tout comme les évêques. Mais je précise cependant que lorsque nous lisons ce que le pape dit, comme par exemple : « Je suis heureux d’accueillir ce groupe aujourd’hui », cela ne signifie pas qu’il est ravi de tout ce qui est dit et fait par ce groupe. Il faut retenir au contraire ce que dit l’actuel pape sur l’extraction d’organes ex cadavere : quand je vois ces mots en latin, je sais qu’ils sont graves et que je dois y faire attention, comme tout le monde d’ailleurs.

— Ai-je bien compris que les médias n’y font pas attention, et manipulent au contraire le message ?

— Cela est probablement vrai, mais la grande majorité, y compris parmi les médias, les médecins, les législateurs, et même le clergé, n’est pas informée. Ils n’ont aucun moyen de connaître la vérité. Moi, je l’ai étudiée. J’ai mis deux ans à comprendre ce qu’était lacessation du fonctionnement par rapport à la cessation de la fonction, par rapport à la destruction, par rapport à la mort.

A l’inverse, quand une personne est morte, on constate la destruction du cerveau, le fonctionnement du cerveau a disparu, il ne fonctionnera plus jamais.

Quand on « revient » de la mort il est clair qu’on fait le chemin inverse, mais on ne « revient » alors que d’une cessation du fonctionnement, qu’il s’agisse de la conscience, de la parole, de la respiration ou de quoi que ce soit. L’absence de fonctionnement ne signifie pas que nous autres médecins ne puissions pas fournir un ventilateur, ou un traitement capable de restaurer le fonctionnement. Tout cela ne dit rien sur le fait qu’il y ait ou non destruction d’une partie, et encore moins de la totalité : l’unité psycho-physique totale de la personne.

Oui, j’ai étudié beaucoup et je continue. J’ai attendu deux ans avant de publier quoi que ce soit, et au départ je ne l’ai fait que dans des revues médicales et juridiques dont les contenus sont préalablement soumis à un comité de lecture scientifique. Je ne parlais pas aux journalistes à ce moment-là – ce n’est pas pour les dénigrer ! – préférant m’exprimer dans des revues scientifiques. Plus tard, cependant, pour mieux communiquer avec les non-scientifiques, j’ai commencé à écrire dans des journaux grand public, pour faire connaître la vérité.

— Toute cette affaire repose largement sur l’usage ou le détournement des mots…

— Oui, ce sont des mots. Voyez l’usage du mot « ressusciter », que l’on emploie en américain pour dire « réanimer ». Lorsque nous « ressuscitons » un patient, il ne « ressuscite » pas, car il n’est pas mort. Les mots pour désigner les machines de réanimation – on dit « life support », « soutien de la vie », en américain, sont eux aussi des jeux de mots. Nous, médecins, nous soutenons les activités vitales que sont la circulation, la respiration, mais tout cela ne fonctionne que parce que la vie est là, donnée et maintenue par Dieu.

— La conséquence de ce que vous dites, et sans doute la raison pour laquelle tant de personnes ne veulent pas l’entendre, est que la récupération d’organes vitaux est toujours moralement condamnable lorsque cela se fait sur une personne vivante, et vous montrez qu’il est impossible de faire autrement. On se demande forcément : si moi, si l’un de mes enfants en avions besoin, ne puis-je donc pas emprunter ce chemin-là ?

— Si c’était l’un de mes enfants, ou si c’était moi, ma réponse serait : je ne peux pas faire cela. Si vous me demandiez conseil, je serais obligé de vous répondre la même chose pour vos enfants à vous. La réponse, telle que je la vois avec mon expérience, et avec ce que mes travaux m’ont appris, est autre. En tant que spécialiste en néonatalogie, j’ai joué un rôle dans la mise en œuvre de plusieurs avancées significatives dans le domaine médical. Et la raison pour laquelle cela s’est fait, c’est que je ne cautionnais pas ce que faisaient nombre de médecins. Je cherchais autre chose.

Voici ce qui se produit : si nous nous maintenons fermes auprès de Dieu, si nous n’allons pas contre sa Volonté, Dieu permet que d’autres choses se présentent, pour nous. Par exemple : cet entretien. Ce n’est pas moi qui ai fait qu’il ait lieu. Je n’avais pas d’endroit pour parler à Paris, et je suis venu quand même. J’ai dit à Dieu : « Si je dois parler, s’il vous plaît, organisez quelque chose. » Et nous voilà.

— Vous avez écrit quelque part que bien des recherches sont abandonnées parce que l’on dispose d’une solution facile – mais immorale – à portée de main. Etes-vous en train de dire que la recherche serait de meilleure qualité, et plus complète, si nous respections la loi divine ?

— Oui, absolument. C’est la seule façon de faire. La recherche c’est, au fond, chercher à découvrir ce que Dieu a déjà fait ou ce qu’Il peut faire.

L’un des domaines de recherche concerne le simple fait de donner de l’hormone thyroïdienne. On l’administre à ceux sur qui on veut prélever des organes, pour que ceux-ci soient en meilleur état et puissent attendre plus longtemps avant d’être acheminés aux receveurs. Mais on ne la donne pas à celui qui est là et dont les parents disent aux médecins de faire « tout ce qu’ils peuvent » pour le sauver. On ne fait pas de recherche dans cette direction, et on devrait la faire.

— En France, l’une des questions très présentes dans le débat public est celle du traitement excessif, l’acharnement thérapeutique. Celui qui est vieux, malade, avec une toute petite espérance de vie, ne devrait pas être soumis à des traitements douloureux et inconfortables et il faut le laisser mourir naturellement. Je crois que le débat sur la mort cérébrale raisonne un peu de la même manière : celui qui est en état de « mort cérébrale », dit-on, ne devrait pas recevoir tant de traitements, ne devrait pas être soumis à un ventilateur, puisque son destin est de mourir. Que répondez-vous à cela ?

— Le défi que nous lance parfois la médecine est de considérer les personnes les plus malades et d’essayer les solutions les plus innovantes sur elles. Pour ce qui est des personnes ayant un certain âge, eh bien je pense justement qu’il vaut mieux ne pas utiliser le critère de l’âge pour déterminer si l’on donne un traitement ou non. Il s’agit plutôt de prendre en compte le diagnostic et le traitement adéquat. Prenez la pneumonie : celle-ci est souvent causée par une bactérie que l’on peut combattre très efficacement avec la pénicilline. Pourtant on peut imaginer que l’on dise, lorsque le patient a atteint un certain âge – 70, 80, 90 ans… – qu’il ne faut pas lui donner d’antibiotiques. Eh bien, c’est simplement de la sottise. Quel que soit l’âge, si le patient a une pneumonie causée par une bactérie contre laquelle la pénicilline sera efficace, je dirais qu’il faut évidemment la lui donner. A l’inverse, pour qu’un traitement ait un effet il faut qu’il soit donné à une personne vivante, et il sera évidemment plus efficace si la personne était en bonne condition avant d’en avoir besoin. N’importe lequel d’entre nous, s’il se couche et reste au lit une semaine, sera plus faible en se levant qu’il ne l’était avant. La question n’est pas là : elle est de savoir si la personne est vivante, et si c’est le cas, il nous appartient de protéger et de préserver sa vie, ce qui nous est possible uniquement tant que Dieu dit que cette vie est là et qu’Il veut qu’elle soit là.
En tant que médecin, je n’ai jamais réussi à maintenir en vie une personne qui doit mourir de toute façon. C’est impossible. Tout ce que peuvent faire médecins et infirmières, c’est de protéger et de préserver la vie qui est là ; nous ne pouvons pas faire qu’elle y soit, nous ne pouvons pas donner le don de la vie. Même pour le don d’organes, dont le slogan aux Etats-Unis est précisément « le don de la vie ». Mais c’est une façon de manipuler les gens et de manœuvrer leur esprit. Tout couple marié le sait : la seule manière dont ils ont pu obtenir un bébé est par le « oui » de Dieu. Le don de la vie ne vient que du Créateur.

— Pensez-vous que les nouvelles pratiques en Belgique, le prélèvement consenti d’organes, et plus exactement de poumons, sur des personnes juste avant leur euthanasie (qui devenait assez superflue), sont significatives de tendances nouvelles ?

— Je ne pense pas que cette tendance va se développer. Car dans toutes les cultures existe le respect du corps décédé. Un respect qui n’a rien à voir avec la manière dont on respecterait un corps de ragondin, ou même celui de son propre chien. Le respect du corps de la personne défunte est lié non pas à la mort, ni à la carcasse, mais à la personne. Lorsque nous faisons des choses dégradantes à un cadavre, cela porte atteinte à la personne. Même si les lois le permettent, même si des gens font cela en Belgique, cela ne signifie pas qu’il y aura une acceptation générale d’une telle dégradation. La plupart du temps, la raison pour laquelle des choses se passent est que les gens ne sont pas informés. S’ils sont informés de la vérité, ils peuvent prendre une décision en conscience. Si on les empêche d’accéder à la vérité, ils n’ont aucune chance. La raison pour laquelle les choses sont comme elles sont, c’est que les gens en général – y compris les médecins, le clergé, les législateurs – ont été tenus à l’écart de la vérité.

Nous avons tendance à faire confiance aux médecins, et à juste titre parce qu’ils ont cherché à faire ce qu’il fallait. Mais en ce qui concerne la mort cérébrale et la transplantation d’organes, même les médecins qui sont impliqués ne sont pas pleinement conscients de ce qui se passe.

Des enquêtes à Cleveland ont montré que seules 33 % des personnes impliquées dans des transplantations d’organes connaissaient les critères de la mort cérébrale. On tend à faire ce qui se fait, plutôt que d’y réfléchir. J’espère qu’on n’interprétera pas cela comme voulant dire que je considère ces médecins comme irréfléchis, je veux juste souligner que parfois, il est très important d’utiliser le sens commun que nous avons reçu de notre père et de notre mère : savoir la différence entre le bien et le mal. Je crois pouvoir dire que je pourrais montrer à n’importe quel enfant de 7 ou 8 ans un patient en réanimation, sous ventilateur, puis un cadavre ; si je lui posais la question de savoir lequel des deux a des organes en bonne santé, il saurait la différence. N’importe qui la sait. Chaque membre des équipes pastorales en hôpital connaît la différence entre une personne en réanimation, déclarée en état de mort cérébrale, et ce que cette personne sera lorsqu’elle sera un cadavre. Comme la connaît chaque être humain doué de sens commun.

Si nous aimons nos proches, nous ne permettrons pas qu’on leur fasse des choses qui fassent du tort – même à leur cadavre.

— Vous avez publié une déclaration sur la « mort cérébrale » à l’issue d’une réunion à Rome en compagnie de scientifiques, de médecins, de philosophes, de neurologues et même de deux évêques, Mgr Bruskewitz et Mgr Vasa. Un panel impressionnant, mais vous demeurez une minorité. Comment expliquez-vous cela ?

— Je ne considère pas que nous soyons véritablement une minorité. Je pense que la majorité n’est pas informée. Selon mon expérience, beaucoup de médecins qui étaient pour la mort cérébrale et pour la transplantation d’organes posent des questions : lorsque je leur donne des réponses ils changent d’avis et s’opposent à la mort cérébrale et à la transplantation d’organes. D’autres sont arrivés seuls au point où je me trouve aussi. Mais je ne connais aucun médecin qui, ayant été opposé à la « mort cérébrale », ait changé d’avis pour y devenir favorable à l’issue d’une étude sérieuse. Le résultat d’une étude approfondie de la question aboutit à ce qu’on soit de plus en plus nombreux à arriver au point où je me trouve, moi.

— L’Académie pontificale pour la vie a-t-elle adopté une position pro-vie en la matière ?

— L’APV a étudié cette question il y a un certain nombre d’années : à ce moment-là on ne voulait pas que je présente mes travaux, ils ne voulaient même pas que je me trouve parmi le public. L’Académie pontificale des sciences a également étudié le sujet, et a publié en 1985 et 1989, et encore en 2005 à la demande de Jean-Paul II – ce qui était une claire indication de ce qu’il n’était pas satisfait de la situation. Les actes de cette réunion ont été publiés dans le livre Finis Vitae (la mort cérébrale est-elle la mort véritable ?) : ils ont en fait été rassemblés par l’Académie pontificale des sciences, et quelqu’un de haut placé au Vatican en a empêché l’impression. Le conseil de recherche et moi-même l’avons donc fait imprimer et publié. Nous avons invité des médecins du Japon, du Liechtenstein, d’Angleterre, d’Allemagne… – un grand nombre de médecins, de juges, de philosophes : ils ont présenté leurs travaux à l’Académie pontificale des sciences et aujourd’hui ils sont accessibles à tous à travers ce livre.

— Vous évoquez des pressions, jusque dans le Vatican. Est-ce une affaire d’argent ?

— Lorsqu’on me demande pourquoi quelqu’un d’autre agit d’une certaine façon, je réponds toujours que je ne peux pas entrer dans son esprit. Je ne peux pas savoir avec certitude les raisons qui poussent tel ou tel à agir comme il le fait. Mais ce que je sais, car c’est un fait, c’est que la transplantation d’organes est une industrie qui s’évalue en milliards de dollars. Cela dépasse, et de très loin, l’argent mis en jeu dans l’industrie de l’avortement qui en représente déjà beaucoup. Ce qui fait agir les gens, ou les pousse à ne pas agir, c’est pourtant avant tout la vérité, et la vérité est simple : notre vie nous est donnée, et une fois que nous l’avons reçue, elle est un continuum jusqu’à la mort véritable. Et pendant cette période où nous avons notre vie, les médecins et les infirmières peuvent la protéger et la préserver, mais ils ne peuvent pas la donner, pas plus qu’ils ne peuvent la prolonger une seconde de plus que Dieu ne le veut.
Mon objectif final en étudiant tout cela n’était pas, au départ, de m’opposer aux transplantations d’organes, mais seulement de savoir si la mort cérébrale est la mort véritable. Eh bien elle ne l’est pas, elle ne l’a jamais été, elle ne le sera jamais.

— Il s’agit donc non pas de travailler sur la transplantation d’organes, mais d’orienter la recherche vers des solutions pour guérir les malades.

— C’est exactement cela. Et lorsque nous le ferons, Dieu nous donnera des moyens de guérir les gens. Comment cela se fera, je ne le sais pas. Il y a les cellules souches adultes : on a réussi à fabriquer une trachée pour un malade qui en avait besoin. Je ne sais pas ce que Dieu fera, je sais seulement qu’Il nous aime beaucoup et lorsque les médecins essaient de rester en contact avec lui Il les récompense à travers les progrès qu’ils réalisent. Par exemple : je vous ai raconté le cas du médecin de Brooklyn qui a découpé un cœur sur un bébé de trois jours pour le transplanter sur un bébé de 18 jours. Ce médecin-là n’a jamais recommencé. Cela lui était insupportable aussi…

Propos recueillis par Jeanne Smits





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