28 mars, 2008

Espagne : l'évêque d'Almeria parle clair à propos de l'avortement

L'évêque espagnol d'Almería, Mgr Adolfo González Montes, a voulu marquer particulièrement la Journée pour la Vie proclamée à l'initiative de la Conférence épiscopale en adressant une lettre aux fidèles de son diocèse. Je vous en propose ici la traduction intégrale. C'est moi qui mets en exergue certains passages.

La fête de l'Annonciation du Seigneur, le 25 mars, nous met devant le mystère de l'humanité du Fils de Dieu. La chair de Jésus-Christ est l'humanité que Dieu a voulue pour son Fils, qui s'est incarné dans les entrailles de Marie et qui est né comme n'importe quel homme. Dès lors Dieu est notre prochain et chacun de nous est proche de Dieu.

Cette fête, qui est honorée dans le nom de tant de cathédrales et d'églises, nous donne l'occasion de réfléchir sur le mystère de la vie et le prodige de sa transmission, précisément en ce temps où tant de menaces pèsent sur la vie humaine. Il est certain que le développement des sociétés modernes a réussi à freiner la mortalité infantile d'autrefois, et qu'aujourd'hui la femme ne risque plus sa vie pour donner le jour à l'enfant qu'elle porte en son sein. Cela est très différent de ce qui se passe dans les sociétés maintenues dans le sous-développement, ou encore dans un lent processus de développement. Ils sont des millions, les êtres humains mal portants et sans défense qui succombent à la malnutrition, faute de médicaments et d'assainissement, sans compter les multiples infections, parmi lesquelles le fléau du sida contracté par les parents.

Le contraste ne se trouve pas seulement entre le « premier monde » et celui du sous-développement. Ce contraste est également caractéristique du premier monde. Les êtres humains qui naissent sous le signe de la protection viennent au monde tandis que d'autres sont supprimés dans le ventre de leurs mères. La plaie brutale de l'avortement a causé dans notre pays, en un peu plus d'une douzaine d'années, le chiffre horrifiant de trois millions de victimes, les enfants qui nous manquent. Ce qui s'est passé ces dernières années devrait servir à ne pas laisser les choses empirer au-delà du niveau déjà atteint, mais il semble qu'il est des gens à vouloir faire évoluer la législation jusqu'à la pratique libre de l'avortement, projet qui, pour le moment et grâce à Dieu, ne reçoit pas l'attention réclamée par ses défenseurs.

Rien ne s'est amélioré avec le plan laïc de supposée éducation sexuelle des adolescents et des jeunes, estampillée comme initiation à la « pratique du sexe en toute sécurité ». Bien au contraire, ce plan a réussi à banaliser la sexualité, et à augmenter la gravité morale de l'état de la jeunesse. On a dit que cela allait permettre de réduire le nombre des avortements, mais ils ont au contraire augmenté, conférant au phénomène une gravité, invisible seulement pour ceux qui souffrent d'aveuglement.

Comme si cela ne suffisait pas, on a élaboré une loi sur la manipulation des embryons qui n'arrive pas à cacher les vrais intérêts que l'on recouvre d'une prétendue finalité thérapeutique. Il y a eu des scientifiques assez sincères pour dire qu'il s'agit d'une pratique peu fiable dans ses résultats, et même ainsi, on n'hésite pas à légaliser la manipulation des embryons qui porte atteinte à la dignité humaine, car personne ne doit venir au monde dans le but de servir d'instrument thérapeutique pour quelqu'un d'autre. Chaque être humain a été voulu par Dieu pour lui-même, même lorsque l'amour humain y a manqué.

L'aspect le plus grave de ce texte de loi, c'est le mépris où l'on y tient les embryons surnuméraires, une pratique qui nous permet de constater à quel point en est arrivé le défaut de protection de toute vie, alors même qu'en réalité, « nous avons tous été des embryons ». Les législateurs catholiques, s'ils doivent être fidèles à leur conscience morale, ont le devoir de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour garantir la protection de l'embryon, en s'opposant à ce type de loi anti-humaniste.

Si on laisse de côté le fait que le lieu naturel de la procréation est le mariage, et que celui-ci se constitue sur la base de la différence entre les sexes et leur complémentarité, alors, comme l'ont dit les évêques avec sagesse, on « construit une culture qui obscurcit des données anthropologiques fondamentales », une culture qui s'attaque de fait aux évidences les plus nettes et les plus universelles de l'humanité. Toutes les cultures connaissent la signification des mots « père » et « mère », qui surgit du concours des sexes pour la procréation de la vie, pour son soin et pour sa protection, qui se prolonge par l'œuvre de la famille, giron naturel de l'être humain, dans l'éducation de l'enfance et de la jeunesse.

L'Eglise, quoi qu'en disent les accusations de ses ennemis, banales, usées jusqu'à la corde, ne s'oppose pas au développement scientifique. L'Eglise s'oppose à ce que l'on recouvre du manteau de la science ce qui est manipulation de l'homme pure et simple : de l'être humain le plus faible et sans défense au mains de ce qu'on appelle « l'ingénierie génétique ». L'Eglise ne s'oppose pas aux recherches sur les cellules souches : elle s'oppose à ce que ces cellules soient embryonnaires si l'expérimentation auxquelles on les soumet suppose de fait la destruction de l'embryon humain. L'Eglise défend les faibles, et c'est bien dans un état de faiblesse que se trouve l'être humain conçu et à l'état d'embryon, tout comme l'est le malade et le vieillard. L'Eglise se préoccupe des victimes de guerre et du terrorisme, elle soigne les malades du sida. Son engagement en faveur de la paix et du développement de ceux qui en ont le plus besoin n'a pas besoin d'être démontré. La disqualification de la voix libre et prophétique de l'Eglise en faveur de l'être huamin et de sa dignité n'est ni innocente, ni désintéressée.

Pour toutes ces raisons, l'Eglise nous rappelle que l'Incarnation du Fils de Dieu nous dévoile le fondement divin de l'humanité de l'homme. Il convient de rappeler les paroles de Vatican II qui affirment : « Le mystère de l'homme ne s'éclaircit qu'à la lumière du Verbe incarné. » L'Incarnation du Verbe de Dieu nous dévoile la dimension sacrée de la vie et nous avertit de ce tout attentat à son encontre va directement contre son Créateur parce qu'il va contre l'homme créé par Dieu.

Les évêques d'Espagne pour la vie

L'Espagne fête encore cette année sa « Journée pour la Vie », à l'initiative de la Conférence épiscopale qui l'a fixée de façon générale au 25 mars, jour de l'Annonciation. Alors que la solennisation de la fête est repoussée cette année au 31 mars dans l'Eglise latine, du fait de sa coïncidence avec le Mardi de Pâques, les membres de la sous-commission épiscopale chargée de la vie et de sa défense d'Espagne viennent de publier une note intitulée “La vie est toujours un bien”. Voici la traduction intégrale que je vous en propose :

1. Promouvoir une culture de vie

A l'occasion de l'Incarnation de Notre-Seigneur, que l'on célèbre cette année le 31 mars, l'Eglise en Espagne célèbre la VIIe Journée pour la Vie, qui est une invitation à la prière et à la proclamation du caractère sacré de toute vie humaine dès son commencement au moment de la fécondation jusqu'à sa fin naturelle. En cette prière doit prendre source l'engagement décidé de vaincre le mal à force de bien, de vaincre la « culture de la mort » en promouvant une culture qui accueille et soutienne la vie.

Le mystère de l'Incarnation du Seigneur nous invite à considérer la grandeur et la dignité de la vie huaine. Tout comme nous, le Fils de Dieu a commencé sa vie humaine dans le sein de sa Mère. Pour cette raison, ce mystère nous rappelle que depuis que depuis le moment de la conception, la vie humaine possède une valeur sacrée que nous devons reconnaître, respecter et promouvoir : « La vie de l'homme est don de Dieu, que tous sont appelés à toujours protéger. »

Nous autres évêques ressentons le devoir de promouvoir dans l'Eglise et dans la société la valeur de la vie humaine, en soutenant toutes les initiatives qui promeuvent la famille et la vie comme, par exemple, le moratoire international sur l'avortement.

2. « On ne peut jamais légitimer la mort d'un innocent »

Il y a peu de temps, la société espagnole s'est émue de certaines pratiques abortives et par la cruauté des moyens utilisés pour les occulter. Cette réalité, que nous, évêques, dénonçons depuis des années, a suscité un nouveau débat sur l'avortement dans notre société.

Comme nous l'avons déjà dit, même si l'on peut considérer comme une grande avancée l'arrêt de la pratique illégale de l'avortement, une action véritablement morale et humaine serait l'abrogation de la « loi de l'avortement », qui est une loi injuste. Jean-Paul II nous a dit à Madrid en 1982 : « Quiconque dénierait une défense à la personne humaine la plus innocente et la plus faible, à la personne humaine déjà conçue mais point encore née, commettrait une violation extrêmement grave de l'ordre moral. On ne peut jamais légitimer la mort d'un innocent. Ce faisant on minerait le fondement même de la société. »

Nous invitons les fidèles à élever au Seigneur leur prière pour qu'il illumine la conscience de nos concitoyens, et spécialement des hommes politiques. Que le Dieu de la vie les aide à comprendre et à apporter un remède à l'énorme drame humain que constitue l'avortement pour l'enfant dans le sein de la mère, pour la mère elle-même, et pour la société tout entière. La loi de l'avortement doit être abolie, en même temps qu'il faut aider efficacement la mère, spécialement dans sa maternité, en créant une nouvelle culture où les familles accueillent et promeuvent la vie. Une alternative importante est l'adoption. Des milliers d'époux doivent recourir à de longs et pénibles procédures d'adoption alors qu'en Espagne plus de 100.000 enfants sont morts par avortement en 2006.

3. La conscience du catholique par rapport à la vie humaine

Nous nous adressons maintenant aux catholiques pour leur rappeler leurs obligations morales et de conscience. Aucun catholique, que ce soit dans la sphère publique ou privée, ne doit admettre, en aucun cas, des pratiques comme l'avortement, l'euthanasie ou la production, la congélation et la manipulation d'embryons humains. La vie humaine est une valeur sacrée, que nous devons tous respecter et que les lois doivent protéger.

On ne peut soutenir que l'avortement est inacceptable pour le catholique mais que ceci n'oblige pas le non-catholique. Au contraire : « Le chrétien est en permanence appelé à se mobiliser pour affronter les multiples attaques auxquelles est esposé le droit à la vie. Il sait qu'en la matière il peut s'appuyer sur des motifs profondément enracinés dans le droit naturel et qui, par conséquent, peuvent être partagés par toutes les personnes de conscience droite. »

Ainsi, si un catholique devait éprouver des doutes à ce propos, il devrait recourir à la prière pour demander la lumière du Saint Esprit. Il pourra aussi s'informer quant aux raisons invoquées par l'Eglise, toujours avec des arguments théologiques, philosophiques et scientifiques solides, pour affirmer la valeur et la dignité de la vie personnelle depuis la fécondation jusqu'à la mort naturelle.

4. Dieu aime aussi la vie malade et faible

La vie est une réalité merveilleuse qui ne laisse jamais de nous surprendre. Plus la science nous la révèle, mieux nous pouvons comprendre que la vie de l'homme, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu, est un mystère qui dépasse la dimenion de la simple biochimie.

Dans ses progrès constants, la science affirme avec toujours plus de force que depuis la conception, nous nous trouvons en face d'une nouvelle vie humaine, originale et qui ne peut être dupliquée, avec une histoire et un destin uniques. Une vie qui doit être accueillie, respectée et aimée : « C'est le devoir de tous d'accueillir la vie comme un don à respecter, protéger et promouvoir, d'autant plus qu'elle est fragile et demande attention et soins, que ce soit avant sa naissance ou dans sa phase terminale. »

Demandons au Seigneur qu'en cette Journée, en contemplant le mystère de son Incarnation, nous sachions accueillir comme la Vierge Marie le don de la vie, et que nous apprenions de la Mère du bel amour à défendre et à promouvoir la vie dans tous ses instants, en proclamant que « face à la mort se trouve la vie ».

Madrid, 8 mars 2008

26 mars, 2008

Oregon : un homme « enceint » ?

Thomas Beatie, habitant l'Etat de l'Oregon, affirme qu'il attend un enfant, annonce BioEdge dans sa lettre d'information. C'est aussi peu vrai qu'il y paraît : est-il vraiment un homme ?, demande la rédaction du site australien.

Il se trouve en effet que Thomas Beatie est un transexuel : devenu « homme » à la suite d'une ablation des seins et d'injections régulières de testostérone. Son amie Nancy ayant subi une hysterectomie, il a cessé ses traitements pour quelque temps pour revenir à son « genre initial » et se faire inséminer artificiellement. Ce à l'issue d'un parcours du combattant (de la combattante ?): il lui a fallu consulter neuf médecins pour obtenir enfin ce qu'il voulait. La naissance est attendue en juillet.

« Je serai le père de ma fille, et Nancy sera sa mère. Nous serons une famille », a-t-il déclaré à un journal LGBT de Los Angeles.

Voir ici.

Il semble que l'affaire Beatie ne soit pas une première ; il semble également que ses voisins soient plutôt incrédules...

25 mars, 2008

Sédation palliative ou euthanasie : une frontière ténue

Dans quels cas la sédation palliative constitue-t-elle une euthanasie directe ?

Alex Schadenberg, président de la Coalition pour la prévention de l'euthanasie au Canada, propose une intéressante réponse à cette question sur son blog. Je vous en propose ici une traduction résumée :

La question de la sédation profonde aux Pays-Bas comme une forme alternative d'euthanasie est importante. Dans cette procédure, on met le patient sous sédatifs avant de retirer l'alimentaton, ce qui résulte en une mort intentionnelle par déshydratation : une « euthanasie lente ».

Tuer une personne par injection létale prend entre quelques minutes et une heure. Tuer une personne intentionnellement en le privant d'hydratation prend généralement entre 10 et 14 jours.

Pour autant le jugement moral porté sur la sédation profonde n'est pas automatique, puisque toute sédation profonde ne cherche pas à tuer intentionnellement le patient. Elle peut s'appliquer à une personne très proche de la mort et souffrant de manière insupportable : celle-ci est alors « sédatée » et meurt en quelques jours, ce qui relève non de l'euthanasie mais de la bonne pratique palliative.

On peut aussi l'utiliser sur une personne qui n'est pas sur le point de mourir mais qui expérimente des souffrances impossibles à alléger. On peut leur appliquer une sédation profonde pendant quelques jours, tout en continuant l'hydratation et l'alimentation, la sédation étant interrompue au terme d'une courte période. Parfois la procédure permet de détendre le patient qui répondra dès lors au traitement de la douleur sans être plongée dans le coma.

Mais il est clair que la sédation profonde peut être utilisée dans le but d'entraîner la mort, sans que les proches du malades soient informées de cette intention réelle. C'est une menace pour les personnes les plus vulnérables de notre société.

Ainsi donc, si la sédation profonde suscite des inquiétudes, ce n'est pas par rapport à la sédation elle-même mais relativement au retrait des fluides et de l'alimentation dans l'intention d'entraîner la mort ; il faut donc veiller à ce que ces soins ordinaires ne soient pas retirés, à moins que le patient ne se trouve très près de la mort. C'est le cas lorsque le corps du malade se « ferme » progressivement : en ce cas l'arrêt de l'hydratation et de l'alimentation est conforme à l'éthique parce qu'elles n'apportent aucun bénéfice à la personne et que leur retrait n'entraîne pas la mort de manière intentionnelle.


Source : ici

Pays-Bas : euthanasie ou sédation palliative ?

Une nouvelle étude menée par des chercheurs néerlandais, publiée le 21 mars par le British Medical Journal, indique que les médecins néerlandais - généralistes le plus souvent - optent de plus en plus fréquemment pour la « sédation profonde » ou « sédation palliative ». Il s'agit d'une pratique qui ne relève pas des soins palliatifs à proprement parler, ceux-ci nécessitant des consultations spécifiques et une démarche adaptée à chaque cas que l'on ne rencontre pas dans ce type de sédation. Il s'agit ici plutôt d'« endormir » profondément le patient qui souffre de façon jugée insupportable, puis de lui retirer toute forme d'alimentation et d'hydratation, en attendant la mort.

Le taux d'euthanasie a donc chuté aux Pays-Bas, aux termes de l'étude, qui a porté sur quelque 7.000 décès en 2005 : on relève 1.200 euthanasies de moins qu'en 2001, et 1.800 sédations palliatives de plus, dont une sur dix consécutive à une demande d'euthanasie du patient suivie d'un refus du médecin.

Ces chiffres semblent confirmer, en gros, ceux avancés en mai 2007, que j'avais commentés ici.

Les chercheurs (parmi eux, Judith Rietjens d'Erasmus MC) avancent plusieurs explications : il est difficile pour un médecin de donner directement la mort, la sédation palliative n'exige aucune démarche déclarative au contraire de l'euthanasie, elle est administrée librement par le médecin (qui, soit dit en passant, n'a même pas besoin du consentement du patient).

Certains partis politiques néerlandais se sont émus de cette facilité, soulignant que l'on assiste peut-être à des sédations palliatives contraires à la volonté des patients? Impossible, répond la secrétaire d'Etat à la Santé publique, Mme Bussemaker : « Passer à la sédation n'est facile pour aucun médecin. Ce n'est certainement pas dans tous les cas une belle façon de mourir. »

D'où la colère du pendant néerlandais de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (NVVE), qui s'irrite de voir la sédation palliative utilisée comme une façon de contourner l'euthanasie : selon son président, Walberg De Jong, des proches de personnes « sédatées » alors qu'elles réclamaient la mort directe se plaignent régulièrement à son association, généralement parce que les choses se sont mal passées.

Les directives néerlandaises en vigueur autorisent la mise en route de la sédation palliative d'office dès lors que la mort du patient est attendue dans un délai inférieur à deux semaines. La mort intervient alors sans que l'on sache si elle est la conséquence directe de la maladie ou du retrait de l'alimentation et de l'hydratation.

Source : ici.

Affaire Chantal Sébire dans “Présent” (5)

Chantal Sébire : semer la confusion…


L’autopsie de Chantal Sébire, morte à son domicile alors qu’elle venait de réclamer sans succès une « aide au suicide » au tribunal de Dijon, a révélé qu’aucune cause « naturelle » ne peut être tenue pour responsable de son décès. Des analyses toxicologiques approfondies s’imposent, car le médecin ayant constaté son décès avait refusé de signer le permis d’inhumer. C’est d’ailleurs à sa demande que le procureur, qui voulait laisser le dossier clos, a ordonné une investigation dont les partisans de l’euthanasie, au premier plan depuis le déclenchement de cette triste affaire, dénonçaient en chœur le caractère « grotesque » ou « inutile ».

Ainsi parlèrent Gilles Antonowicz, vice-président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), avocat de Mme Sébire, et Jean-Luc Romero, son président qui se trouve être également le responsable UMP de la défense des droits homosexuels. Le médecin traitant de Chantal Sébire parlait, lui, d’« acharnement judiciaire » ; Roger-Gérard Schwartzenberg de « justice barbare » : voyez où sont les ennemis de l’homme, ce sont ceux qui veulent punir des tueurs là où eut lieu une mort choisie.

En réalité, tout dans l’affaire Sébire tend à semer la confusion dans l’opinion. Ne pas savoir pour mieux tout faire admettre. C’est de la même façon que Pierre Simon, l’ancien Grand-Maître de la Grande Loge de France s’avouait fasciné par l’idée que les femme recourent mensuellement à un nettoyage utérin, de façon à ne jamais savoir si elles avaient avorté ou non…

Ne pas savoir si Chantal Sébire est morte parce qu’elle ne pouvait plus vivre, ou parce qu’elle ne voulait plus vivre. Donner un maximum de publicité à sa volonté de recevoir une piqûre létale, tout en claironnant son « opposition violente » au suicide. Obtenir carte blanche de la justice, tout en se réservant d’affirmer après coup qu’aucune loi en France ne réprime l’aide au suicide. C’est que qu’a fait Gilles Antonowicz : « Même si l’on trouve quelqu’un qui a fait ça, cela finira par un non-lieu car il n’y a pas de délit d’aide au suicide en France. Cela n’existe pas. » Ce disant, il « oublie » le texte applicable en l’espèce : la non-assistance à personne en péril…

Confusion, encore, à propos des soins palliatifs dont la pauvre malade aurait pu bénéficier. Qu’elle a refusés, nous dit-on, préférant un départ express à « l’indignité » de la mise sous coma artificiel ou en conscience diminuée.

Chantal Sébire, il faut le dire, avait un profil très « exploitable » : à ses souffrances dont nul ne doutera du caractère aigu, s’ajoutait son image défigurée qui a été honteusement mise en scène par les médias. De là à la croire victime d’une odieuse manipulation, il y a un pas qu’on ne peut franchir à défaut d’avoir en mains son dossier médical : mais, volontairement ou non, il semble qu’elle ait davantage souffert qu’elle n’aurait pu.

Dans l’opinion, l’idée progresse selon laquelle les soins palliatifs sont insuffisants à soigner la douleur, ou dégradants.

Dans l’opinion, progresse encore le sentiment que certains gestes sont peut-être pénalement répréhensibles, mais destinés de toute façon à rester impunis : tel était le sens du non-lieu accordé à Marie Humbert qui voulait donner la mort à son fils. N’est-ce pas Jean Leonetti lui-même, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, qui vient encore de plaider pour l’abandon des poursuites contre les auteurs « d’homicide par compassion » ? « Inscrire dans le droit français un droit à mourir serait non recevable », a-t-il répété, mais aussitôt : « En revanche, rien n’interdirait des dispositions spécifiques de dépénalisation de l’acte homicide dans des circonstances compassionnelles, qui mériteraient d’être codifiées et précisées. » Et d’ajouter : « L’euthanasie active n’existe pas, puisqu’il n’y a pas d’euthanasie passive. Seule l’euthanasie existe, et elle pourrait être définie, justement, par la mort donnée par compassion, le plus souvent par un médecin, à un malade qui le réclame en raison de souffrances intolérables. »

Si ce n’est pas une justification générale et de principe de l’euthanasie, les mots n’ont plus de sens !

Les évêques de France, et notamment le cardinal Barbarin, Mgr Rey, le cardinal André Vingt-Trois ne sont pas tombés dans ce panneau : ils ont « communiqué » vigoureusement sur l’affaire Sébire en réaffirmant le devoir du respect de la vie.

Mais d’autres confusions sont en train de s’installer. Au moment où plus de 7% des décès aux Pays-Bas sont désormais imputables à la « sédation palliative », les euthanasies que nous pourrions qualifier d’évidemment directes étant elles en recul (1,7% annoncées pour 2005), la nature de cette administration massive de calmants pose des problèmes au cas par cas.

Pierre-Olivier Arduin, expert des questions bioéthiques pour le diocèse de Toulon, estime que dans l’affaire Sébire elle a été à tort présentée par son avocat comme une « mise sous coma sans nourriture et eau jusqu’à ce que mort s’ensuive », alors qu’elle consiste à « induire une baisse de la vigilance de la personne », une alimentation assistée médicalement étant « prévue si nécessaire » (c’est-à-dire si le malade n’est pas à l’article de la mort).

On sait (et Arduin l’a lui-même souligné) que la loi Leonetti prévoit explicitement l’arrêt de l’alimentation du malade. On sait qu’aux Pays-Bas, la sédation palliative est souvent installée avec prévision quasiment au jour près du décès du patient. Chantal Sébire voulait mourir, et aux termes de la loi française elle aurait pu organiser ainsi son décès. Voilà qui mérite réflexion…


Article extrait du n° 6555 de Présent, du Mercredi 26 mars 2008

24 mars, 2008

Brésil : un “fait divers” de l'avortement...

La police São Paulo a découvert mardi le corps sans vie d'une jeune fille de 16 ans, Mariana Almaeida Andrade, sur un terrain vague a proximité d'une usine chimique. Deux jours plus tard, l'affaire était éclaircie : Mariana avait été étranglée par son ancien petit ami, un garçon de 17 ans... Le mobile du crime ? Le jeune homme venait d'apprendre que Mariana était enceinte de 3 mois, et de lui. Or entretemps, il avait changé de « fiancée » et il ne voulait pas de l'enfant de la première. Il exigea donc que Mariana se fasse avorter. Et il l'a tuée parce qu'elle refusait...

Source : ici.

L'affaire Chantal Sébire dans “Présent” (4)

Mort, où est ta victoire ?


Jean-Marie Le Guen, socialiste, pense qu’on y va, vers cette victoire de la mort que constituerait à ses yeux la légalisation de l’euthanasie. Grâce à Chantal Sébire, qui a ouvert la porte, donné l’occasion à Laurent Fabius de sortir une proposition de loi préparée, avec un petit cénacle d’amis et d’experts, à la suite de la mort de Vincent Humbert : elle permettrait à « toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection reconnue grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée » de « bénéficier » dans des conditions strictement définies « d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité ».

Jean-Marie Le Guen, donc, a plaidé pour cette révolution du droit en montrant qu’il s’agit de Révolution tout court : « Nous pensons maintenant qu’il faut effectivement, sans doute, affirmer un nouveau droit de l’homme, qui est celui de mourir dans la dignité. Ce droit de mourir dans la dignité est un droit de l’homme du XXIe siècle. C’est une nouvelle forme de laïcité qui sera en quelque sorte inscrite dans notre République pour dégager l’homme des transcendances (…) et de ce qui est encore la marque d’un tabou. »

Oui, c’est la religion qui est l’ennemie, c’est Dieu qui entrave la liberté de l’homme, et c’est la mort « choisie » de l’homme qui sera la marque suprême de sa « liberté » – ou plutôt de sa révolte. Voilà qui a le mérite de la clarté. Rejet de la Lumière…

Dieu, Lui, a eu le mauvais goût de mourir dans l’indignité la plus totale, sous les quolibets de la foule, la haine de tant des siens, sans le moindre soin palliatif, la torture s’ajoutant à la torture. Il a accepté la mort, peine pour les fautes des hommes, non point pour dire que la vie ne vaut pas d’être vécue, mais pour vaincre la mort par sa mort, et pour ouvrir les portes de la vie éternelle. Ce mystère-là est le plus insupportable de tous ; et il irrite d’abord le Malin…

Comment ne pas entendre son ricanement derrière la vague compassionnelle suscitée par l’affaire Chantal Sébire ?

Cette femme malade et certainement courageuse méritait la compassion, mais non pas une compassion truquée, trompeuse, qui maquille l’affirmation du respect de la vie en discours de bourreaux et de tortionnaires. Chantal Sébire a refusé les soins palliatifs qu’on lui proposait, souligne l’Alliance pour les droits de la vie, faisant part de son « profond malaise » devant ce décès qui a semé la « confusion » à propos du traitement de la douleur, pourtant possible. « Nous constatons que l’incompréhension et la peur se sont emparées de beaucoup de personnes que nous accompagnons et de leurs proches », souligne son président, Xavier Mirabel, cancérologue.

La peur et l’incompréhension sont les ressorts dont les militants de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité – si présents dans l’affaire Chantal Sébire, si proches d’elle pendant son malheur – se sont servis pour obtenir la réouverture d’un débat censé clos par la loi Leonetti.

Son auteur même, Jean Leonetti, chargé mercredi par Fillon de réévaluer sa loi, se déclare désormais en faveur d’une « exception » d’euthanasie : en clair, le droit pour le malade très malade de s’appuyer sur son état (exciper de son état, dit le droit) pour obtenir la possibilité d’échapper au droit commun. C’est la légalisation sous un autre nom. Il a précisé au Parisien qu’il envisage « à titre exceptionnel » une « solution transgressive », « à condition que l’on assume cette transgression, en ayant conscience ».

Et les résistances tombent les unes après les autres. Rachida Dati, garde des Sceaux, envisage que l’on puisse « adapter » la mise en œuvre de la loi Leonetti. Christine Lagarde juge « parfaitement légitime », rien moins, de « réexaminer la législation ». Luc Chatel, nouveau porte-parole du gouvernement, a expliqué que la loi Leonetti permet aujourd’hui de « traiter 90 ou 99% des cas » : si 10%, ou même 1% des malades relèvent de l’exception, imagine-t-on les statistiques de l’élimination volontaire ?

Roselyne Bachelot, elle, a rendu hommage à Chantal Sébire : « J’ai envie de lui dire, de façon très fraternelle, merci, merci de nous avoir invités à ce débat”. »

Plusieurs voix s’élèvent désormais pour rappeler que, même si Mme Sébire a reçu un coup de pouce vers la tombe, seul le parquet juge de l’opportunité des poursuites ; Leonetti pense qu’il faudrait donner « des instructions aux parquets » pour que « cet acte soit considéré avec beaucoup d’humanité ».

Mais dimanche, c’est toujours Pâques. Nul n’y pourra rien changer.

Article extrait du n° 6554
du Samedi 22 mars 2008

L'affaire Chantal Sébire dans “Présent” (3)

Chantal Sébire a gagné, l’euthanasie progresse…


Jeudi matin, la cause du décès de Chantal Sébire, retrouvée morte à son domicile mercredi soir, n’était pas connue, a indiqué le procureur de Dijon. Il n’était pas exclu qu’elle ait tout simplement succombé à sa maladie. Mais elle avait laissé entendre qu’elle avait les moyens de se supprimer, et un médecin au moins s’était dit prêt à l’« aider » : le Dr Bernard Senet, médecin du Vaucluse qui avouait dans Match, jeudi matin, une trentaine de ces mises à mort compassionnelles au cours de sa carrière. Curieusement, en annulant le point-presse qu’il avait annoncé, le procureur a déclaré « hésiter » quant à l’opportunité d’une autopsie. Ne saura-t-on donc jamais ?

Chantal Sébire avait de toute façon gagné. Elle a obtenu que Jean Leonetti, auteur de la loi de 2005 sur la fin de vie, se voie confier par Matignon, la mission d’« évaluer la mise en œuvre concrète de la loi et de faire des propositions, pour remédier à la méconnaissance ou la mauvaise application des textes et éventuellement à l’insuffisance de la législation ».

La manipulation est ici évidente : la loi Leonetti prévoit et organise l’euthanasie par omission en autorisant l’arrêt des soins ordinaires (l’alimentation, en l’occurrence ; les textes préparatoires de la loi excluent l’arrêt de l’hydratation), avec l’objectif unique et direct de provoquer la mort du patient.

Il s’agit donc de faire évoluer plutôt que d’évaluer, et doublement. Le cas Chantal Sébire est le plus frappant. Elle a brandi comme un drapeau son refus d’être plongée dans un coma qui la soulagerait, son refus encore d’y être plongée en vue de mourir, ce que la loi Leonetti prévoit. Elle a pleinement joué le jeu de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, dont le message aura finalemnent consisté à dire aux Français que Chantal Sébire était tombée dans l’indignité de vivre, et que la mort doit pouvoir alors être administrée directement.

Bernard Kouchner, François Fillon, Jean Ameisen, du Comité national d’éthique, et quelques autres ont déjà plaidé pour cette solution… finale, que ce soit sous forme d’« exception » ou de légalisation d’office. On peut dire que Chantal Sébire a marqué ici un autre point : Nadine Morano, nouveau secrétaire d’Etat à la Famille depuis mardi, renouvelait dès mercredi son soutien à l’euthanasie. Elle avait été co-auteur, avec Gaëtan Gorce (PS) d’une proposition de loi élargissant son cadre.

Deuxième cas : celui d’Hervé Pierra. Ce jeune homme, réanimé par ses parents alors qu’il venait de se pendre, était plongé dans un coma végétatif. Le Monde de mercredi raconte avec force détails le combat de ses parents pour obtenir l’application de la loi Leonetti : contre son gré, l’équipe médicale a fini par lui retirer sa sonde gastrique, sans accompagner ce geste d’une « sédation palliative » que la loi ne prévoit pas explicitement. Hervé Pierra est mort au bout de six jours de convulsions terribles et éprouvantes pour ses proches. Le fait tragique est là encore monté en épingle pour obtenir, sans doute, une prescription légale encore plus explicite du « laisser mourir » qui en l’occurrence relève totalement de la volonté de tuer.

Manipulation, exploitation : elles ont été manifestes dans le cas de Chantal Sébire, comme le souligne Tugdual Derville dans France Catholique, à travers « refus des solutions sociales ou médicales (notamment analgésiques) qui pourraient être proposées ». « Plusieurs médecins que nous avons interrogés se disent dégoûtés par ce qui est affirmé à propos des douleurs de Chantal Sébire », note-t-il, précisant plus loin : « Son cas ne serait pas aussi “limite” qu’il est spectaculaire. »

Voilà un aspect des choses que les gros médias ne soulèveront pas. En attendant, dans les pays où l’euthanasie est pleinement légale, on cherche aussi à aller plus loin. L’euthanasie, à Anvers, de l’écrivain belge Hugo Claus, qui souffrait d’un Alzheimer, était fortement médiatisée mercredi. Le même jour, la Deuxième chambre néerlandaise était saisie de la demande de la présidente du groupe « Gauche Verte », proposant que l’euthanasie soit autorisée pour les personnes âgées privées de la « dignité humaine » : celles, par exemple, dont tous les enfants seraient morts, celles qui souffrent trop de la solitude.

Supprimons-les ! Cela soignerait au moins la mauvaise conscience de la société…

Tout ceci arrive pendant la Semaine sainte, et ce n’est pas un hasard. Nous nous apprêtons à revivre la Passion du Christ, librement choisie, librement consentie pour notre salut, en vue de la Résurrection. Qu’Il pardonne à tous ces malheureux qui ne savent pas ce qu’ils font. Qu’Il nous pardonne aussi de ne pas assez prier pour ceux qui « ont le plus besoin de sa Miséricorde ». La neuvaine commence ce Vendredi saint. La vraie réponse à ces drames dont on veut gommer l’aspect surnaturel est là.

Article extrait du n° 6553
du Vendredi 21 mars 2008

L'affaire Chantal Sébire dans “Présent” (3)

Une « peine de souffrance à vie » ?


A peine l’ordonnance du vice-président du tribunal de Dijon refusant à Chantal Sébire le bénéfice d’un « suicide assisté » était-elle connue, que l’Association pour le droit de mourir dans la dignité dénonçait « une décision qui impose une peine de souffrance à vie ». Comme si la justice était responsable de la douleur et du désespoir de la malade.

C’est ainsi que l’affaire est médiatiquement exploitée. Le sentiment d’impuissance qui envahit toute personne devant le spectacle de cette femme au visage déformé est celui qui va l’inciter à se dire : « Mais oui, elle a raison : pourrais-je vivre, moi, avec une telle souffrance et si défiguré ? »

A coup sûr, si Chantal Sébire endurait toute la douleur qu’elle endure mais que cela ne se voyait pas sur son visage, il n’y aurait eu ni affaire, ni mobilisation, ni reportages télévisés, ni inflation de demandes pour qu’on « change la loi ». La manipulation est là. Mme Sébire en est la première victime.

La décision du tribunal de Dijon est conforme à la loi, même si l’on peut deviner, dans les propos du procureur sur « l’état actuel de la loi » rapportés hier par Rémi Fontaine, une sorte d’appel du pied. Mais ce changement ne semble pas à l’ordre du jour : même Roselyne Bachelot, de manière surprenante, avait déclaré qu’il « n’était pas question de revenir sur la loi Leonetti ou de la faire évoluer ».

Une réticence qui s’explique peut-être par l’histoire de l’euthanasie : on ne sait que trop son origine nazie, cette volonté de supprimer les faibles qui est bien pareille à celle qui se manifeste aujourd’hui dans l’avortement eugénique, mais de manière beaucoup plus voyante, plus évidente pour « l’opinion ».

Cette réticence-là ne pourra disparaître qu’à la vue de cas particuliers qui font pleurer le spectateur devant son petit écran… Les termes de l’ordonnance de rejet semblent l’annoncer : « Même si la dégradation physique de Mme Sébrire mérite la compassion, le juge en l’état de la législation française ne peut que rejeter sa demande », écrit René Jaillet (mais il rappelle aussi que la déontologie médicale empêche le médecin de « délibérément donner la mort »).

Mme Sébire ne fera pas appel, a laissé entendre son avocat, Me Gilles Antonowicz : trois mois d’attente, ce serait trop long.

Il a précisé : « On est dans une hypocrisie totale car il n’y a aucune différence entre la sédation terminale et celle qui provoquerait le coma. » Et il a parfaitement raison. Il y a une différence de manière seulement, et non de degré, entre l’euthanasie réclamée par Chantal Sébire (une euthanasie « active ») et celle qui lui est déjà offerte par la loi Leonetti (et dont elle ne veut pas). La loi permet de refuser l’acharnement thérapeutique, ce qui est de bonne morale. Mais elle autorise aussi la mise sous coma artificiel avec arrêt de l’alimentation du malade jusqu’à ce que mort s’ensuivre, une euthanasie par omission qui n’en est pas moins une mise à mort volontaire. Chantal Sébire veut « pouvoir faire la fête une dernière fois » avec ses enfants : « Et à l’aube, je veux m’endormir dans la paix et la sérénité. » C’est triste à mourir… Et c’est déjà, dans notre pauvre monde, le visage de demain.


Article extrait du n° 6551 de Présent, du Mercredi 19 mars 2008

L'affaire Chantal Sébire dans “Présent” (1)

Euthanasie : halte-là ?


« Je considère que la médecine n’est pas là pour administrer des substances létales ! » : elle a eu du panache, Rachida Dati, pour dire « non » à une légalisation de l’euthanasie à la faveur de l’affaire hyper-médiatisée de Chantal Sébire, cette mère de famille de 52 ans, victime d’un cancer rarissime, qui vient de saisir la justice pour qu’on exonère le médecin qui l’aidera à mourir. « Ce n’est pas notre droit et nous avons fondé notre droit et la convention européenne des droits de l’homme sur le droit à la vie », a ajouté la ministre.

C’est bien mais un peu court. Car ce sont des pays signataires de ladite convention qui ont légalisé l’euthanasie (comme les Pays-Bas, la Belgique et bientôt le Luxembourg), ou dépénalisé le « suicide assisté ». C’est bien mais aussi très cynique… dans un pays où l’on compte plus de 200 000 avortements par an.

Mais passons. Face au drame de Chantal Sébire, dont le pauvre visage défiguré est étalé sans pudeur à la télévision et dans les journaux, les autorités ont plutôt bien réagi. Interrogée, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a exclu toute modification de la loi Leonetti sur la fin de vie, précisant que « ni le monde médical, ni les pouvoirs publics ne sauraient promouvoir l’euthanasie active quelle que soit la gravité de la maladie ». Du côté de l’Elysée – Mme Sébire ayant écrit à plusieurs reprises au président de la République – la réaction a été compatissante mais aussi pratique. Le conseiller de Sarkozy pour les questions de santé, le Pr Arnold Munnich, a contacté la malade pour lui proposer qu’un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de médecins spécialisés, toutes les « ressources de la médecine » ne semblant pas avoir été épuisées.

L’affaire Chantal Sébire ne sera-t-elle donc pas instrumentalisée comme le cas Vincent Humbert, dont on a appris par la suite à quel point il avait donné lieu à des manipulations de la part du lobby de l’euthanasie ? Cela reste à voir : le tribunal de Dijon devrait se prononcer lundi sur une requête déposée entre les mains de son président par la malade, et déjà un médecin militant de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), le Dr Bernard Senet, médecin généraliste du Vaucluse, a fait savoir qu’il « assisterait » Mme Sébire si elle obtient gain de cause. Il a d’ailleurs avoué qu’il avait déjà « aidé » des gens en phase terminale : « beaucoup de médecins le font », a-t-il ajouté. Et de préciser que les gens qui veulent ainsi « mourir dignement » sont « généralement des gens qui ont vécu dignement ». Un peu mieux que les autres sous tous rapports ?

La question qui est médiatiquement posée par cette affaire difficile est bien sûr celle de la souffrance de Mme Sébire. Mais bien plus que la souffrance, c’est son visage défiguré qui est montré, de manière à faire tacitement admettre à l’opinion que le regard d’autrui peut rendre la vie « indigne » : parce qu’on a un mouvement de recul, fût-il involontaire, il serait juste de mettre fin à cette vie-là.

Il faut ajouter que, dans le cadre de la loi Leonetti, c’est déjà possible, même pour les malades qui ne sont pas en phase terminale. C’est l’euthanasie par omission : l’arrêt de toute alimentation. A lire entre les lignes, on croit comprendre qu’elle a été proposée à Chantal Sébire. Celle-ci a en effet refusé d’être plongée dans un coma artificiel jusqu’à sa mort, solution « indigne » selon elle. Elle veut se voir partir…

Face à tant de souffrance mais aussi de confusion, il n’y a qu’une réponse vraie, celle de la foi. Le curé de Notre-Dame de Nazareth, à Paris, l’exprime dans une lettre ouverte à Chantal Sébire, le Père Morin prêtant ainsi sa plume à Lazare : « Ma chère Chantal, j’étais mort et je suis vivant. Jésus m’a fait sortir de mon tombeau. Par la suite, j’ai revu son visage. Il était méconnaissable, tuméfié, défiguré. Ce Jésus a souffert plus que tu ne peux l’imaginer. Il est mort dans d’atroces souffrances… mais il n’y avait en lui aucune capitulation, aucune résignation. Tout était amoureusement offert pour notre Rédemption. (…) Tu veux mourir dignement ; mais la mort digne est celle que nous accueillons et que nous offrons. »

Article extrait du n° 6549 de Présent, du Samedi 15 mars 2008

19 mars, 2008

Pays-Bas : manœuvres pour étendre l'euthanasie

La législation des Pays-Bas est l'une des plus laxistes au monde en ce qui concerne l'euthanasie, mais là comme ici la pression se fait plus forte pour faciliter encore l'accès au suicide assisté et généralisé.

L'agitation est actuellement entre les mains de la « Gauche-Verte » : son chef de groupe, Femke Halsema, a plaidé aujourd'hui devant la Deuxième chambre néerlandaise pour que l'on ouvre l'accès à l'euthanasie aux personnes ayant perdu de façon irréversible la « dignité humaine », et non plus seulement aux victimes de souffrances insupportables ou d'une maladie incurable.

Non, il ne s'agit pas d'une tentative de réinstituer la peine de mort pour les pires criminels...

Mme Halsema souhaite tout simplement permettre d'assister le suicide des personnes âgées fatiguées de vivre : celles, par exemple, qui auraient survécu à leurs enfants ou qui souffriraient de la solitude.

A l'appui de sa demande (restée pour le moment infructueuse, mais pour combien de temps ?), Femke Halsema invoquait un récent sondage qui donne à 63 % le nombre de Néerlandais estimant que les personnes âgées devraient avoir droit au suicide assisté même si elles ne souffrent pas de façon insupportable et même si elles ne sont affectées d'aucune maladie grave. Les sondés étaient 75% à penser qu'il faudrait commercialiser, de façon contrôlée, la « pilule de Drion », une pilule-suicide hypothétique (mais réalisable) souhaitée en 1992 par le juriste Huib Drion pour permettre aux vieux de mettre fin à leurs jours de façon « humaine » lorsqu'ils en auraient assez.

Source : ici.

Jamaïque : contre la légalisation de l'avortement

Alors que le gouvernement jamaïcain tente de faire adopter des amendements qui aboutiraient à dépénaliser l'avortement dans certains cas dans cette île des Caraïbes, l'archevêque catholique de Kingston s'est élevé contre toute exception au principe du respect de la vie.

S'exprimant lors d'un « petit déjeuner d'hommes » au centre paroissial Stella Maris, samedi, Mgr Lawrence Burke a clairement rejeté l'idée que le viol ou l'inceste pouvait justifier un avortement :

« L'Ecriture sainte, la tradition et la science montrent clairement que la vie humaine commence dès la conception. Ce que la science apporte de nouveau, c'est la preuve qu'à l'instant de la concepton, le zygote ou ce que vous voudrez l'appeler possède sa propre individualité et son propre ADN. (...) L'Eglise catholique, considérant la réalité de ce qui se trouve dans le sein de la femme, dit qu'il ne nous importe pas de savoir comment c'est arrivé là : c'est une vie humaine, nous ne pouvons tuer la vie humaine, y compris dans ces circonstances particulières. Nous aiderons la femme à faire face à toutes les difficultés psychologiques qu'éprouvent les personnes victimes de viols, qu'elles tombent enceintes ou non, et nous les aiderons face à ces difficultés. (...) Nous ne sommes pas des sans-cœur, mais nous ne voyons pas comment nous pourrions sacrifier une vie humaine parce que quelqu'un a honte, ou en raison des difficultés qu'il y aurait à subir. »

Source : ici.

Avortement : manœuvres au Conseil de l'Europe

Le Salon Beige signale le projet de résolution de la commission sur l'égalité des chances pour les femmes et les hommes visant à la dépénalisation et la légalisation de l'avortement dans l'ensemble des pays membres.

Le rapport de Gisela Wurm, Autrichienne (groupe socialiste), a été adopté le 11 mars par 21 membres de la commission sur 24. Il affirme tout de même que « l’avortement ne peut en aucun cas être considéré comme un moyen de planification familiale ». et qu'il doit, autant que possible, être évité.

Le rapport plaide du coup, de façon très idéologique, pour une « éducation sexuelle obligatoire » à l'école, et la diffusion de la contraception :

« Le meilleur moyen d’éviter l’avortement est d’éviter les grossesses non désirées en donnant aux jeunes adultes (y compris à l’école) une éducation sexuelle ainsi que des moyens de contraception accessibles et d’un coût raisonnable. Comme Mme Lindhal, de l’Association suédoise pour l’éducation à la sexualité, l’a expliqué lors de l’audition, des études de l’OMS ont révélé que l’éducation sexuelle avait pour effet de retarder les premières relations sexuelles en suscitant un emploi accru des contraceptifs, rendant ainsi les relations sexuelles plus sûres. Un rapport de l’OMS intitulé «Prévenir le VIH/sida chez les jeunes» a montré que l’éducation sur le VIH avait tendance à retarder l’activité sexuelle et que l’éducation sexuelle n’accroissait pas l’activité en question. Ces résultats pourraient être transposés dans le domaine des grossesses non désirées.

« De même, la disponibilité de moyens contraceptifs d’un coût raisonnable a beaucoup fait pour abaisser le taux d’avortement au fil des années, notamment en Europe centrale et orientale (dans certains pays, en ex-Union soviétique par exemple, l’avortement a tenu lieu de contraception pendant des dizaines d’années). L’abstinence sexuelle n’est généralement pas une solution: aux Etats-Unis, des programmes en sa faveur ont abouti à une très nette augmentation des maladies sexuellement transmissibles, des grossesses non désirées et des avortements devenus inévitables. De même, un accès plus facile aux moyens de contraception d'urgence à un prix abordable et la levée des restrictions sur leur vente sans ordonnance contribueront grandement à éviter le recours à l'avortement. »


Mais il y a l'exemple de la France, qui dérange même Mme Wurm :

« La mise à disposition de moyens contraceptifs ne suffit toutefois pas pour éviter les avortements. Une étude récente en France – où le taux de contraception est le plus élevé au monde - a rappelé que près de deux grossesses non prévues sur trois surviennent chez des femmes qui déclarent utiliser un moyen contraceptif au moment de la survenue de la grossesse . Il est de ce fait important de s’assurer que les femmes ont accès à un moyen de contraception adapté, et choisi par elles, pour éviter des grossesses non désirées. »


Ainsi donc les Françaises, qui ont le taux de contraception le plus élevé au monde, et plus de 200.000 avortements par an, seraient victimes du fait qu'elles ne choisissent pas leur contraception - il fallait y penser...

Quant au rapport Wurm, c'est un véritable catalogue de toutes les contre-vérités répandues par le lobby des avorteurs : légalisez l'avortement, disent-ils en substance, il n'y en aura pas davantage qu'avant. Et d'annoncer « 180.000 » avortements clandestins en Pologne... C'est comme pour le Portugal, où la légalisation de l'avortement a au moins permis d'exploser le mensonge sur le nombre d'avortements clandestins qui a servi de levier à la campagne pour la dépénalisation.

Planning familial raciste ? Excuses officielles...

Une opération de testing menée par un groupe d'étudiants pro-vie aux Etats-Unis a conduit le Planning familial de l'Etat d'Idaho à s'excuser officiellement pour l'attitude raciste d'un de ses employés, le vice-président marketing de Planned Parenthood Idaho. Les étudiants avaient publié dans leur revue, The Advocate, la retranscription des propos - accompagnés de rires - du représentant du Planning acceptant un don qui était proposé à condition de servir à « aider » des femmes noires, le donateur assurant qu'il en avait assez de la discrimination positive en faveur des noirs.

Il n'y a donc pas eu de démenti, mais des excuses écrites pour cette « erreur sérieuse » dont le Planning assume « l'entière responsabilité ».

Cependant, l'association pourvoyeuse d'avortements a choisi de contre-attaquer en dénonçant la méthode utilisée par le groupe étudiant, qualifiant le responsable de leur revue « d'extrémiste anti-choix bien connue ». « Bien que les actions de notre employée aient été inacceptables, il est tout aussi inacceptable que les opposants à l'avortement utilisent des tactiques racistes, trompeuses, pour salir le Planning familial ».

(Voilà que le testing relève du racisme : c'est nouveau !)

La présidente du groupe étudiant qui a mené l'opération de testing, Lila Rose, a indiqué à la presse qu'elle possède sept enregistrements de responsables du Planning dans autant d'Etat acceptant sans réserves des dons proposés pour réduire le nombre de Noirs par le biais de l'avortement.

Source : ici.

16 mars, 2008

Royaume-Uni : avortement et maladie mentale

Le Royal College of Psychiatrists (Collège royal des psychiatres) vient de répondre officiellement à une question de la Commission des sciences et de la technologie de la Chambre des Communes sur les développements scientifiques relatifs à la loi sur l'avortement de 1967, en indiquant que l'avortement peut entraîner pour la femme qui le subit des risques pour sa santé mentale.

Leur réponse contredit le consensus qui, depuis des décennies, affirme que le risque lié à la poursuite d'une grossesse non désirée est plus important que celui lié au fait de vivre dans le regret d'avoir eu recours à un avortement : c'était l'avis de leur Collège en 1994.

Ce renversement spectaculaire s'exprime de manière prudente et porte la marque d'un consensus qui, lui, perdure, autour de l'approbation de principe du droit à l'avortement. Sans avoir l'air d'y toucher, pourtant, la réponse aboutit à l'idée qu'il faut ipmpérativement informer les femmes cherchant à avorter des risques qu'elles encourent pour leur santé mentale...

Je vous propose ici ma traduction d'extraits de leur première réponse :

Le Royal College of Psychiatrists a pour préoccupation d'assurer que la santé mentale des femmes soit protégée qu'elles demandent un avortement ou qu'elles poursuivent une grossesse.

Des désordres mentaux peuvent apparaître chez certaines femmes pendant la grossesse et après la naissance.

Le fait précis de savoir si l'avortement volontaire a des effets néfastes sur la santé mentale de la femme reste à être pleinement vérifié. La recherche à partir des données statistiques actuelles n'est pas concluante - certaines études ne font pas apparaître des dommages, d'autres identifient une série de désordres psychiques à la suite d'un avortement.

Les femmes souffrant de désordres psychiatriques pré-existants qui poursuivent leur grossesse ou qui subissent un avortement, auront besoin de soutien et de soins. La liaison entre services, et, là où c'est opportun, avec les soignants et conseillers, est souhaitable.

Les professionnels de santé qui examinent des femmes demandant un avortement, ou qui sont chargés de les référer à des services d'avortement, doivent rechercher l'existence d'un désordre mental et des facteurs de risque susceptibles de l'aggraver. Si un tel désordre ou un tel facteur est identifié, il doit exister un parcours de soins spécifique qui permettent de venir en aide à ses besoins spécifiques dans l'ordre de la santé mentale, ainsi que ceux de ses proches.

Le Collège Royal des Psychiatres reconnaît que la bonne pratique en regard de l'avortement doit inclure le consentement éclairé. Le consentement ne peut être éclairé sans la fourniture adéquate et appropriée d'information relative aux risques et aux bénéfices éventuels pour la santé physique et mentale. Cela pourrait conduire à actualiser les feuillets d'information aux patients approuvés par les Collèges royaux concernés, et à fournir éducation et formation aux personnels soignants, afin de développer un parcours de bonne pratique.

Ces questions complexes et difficiles doivent être prises en compte par des évaluations systématiques supplémentaires du Royal College of Psychiatrists quant à la relation entre avortement et santé mentale. Ces évaluations doivent considérer s'il existe des facteurs indiquant qu'il puisse y avoir une indication psychiatrique d'avortement.
Gêné aux entournures, ce document intervient alors que les parlementaires britanniques doivent prchainement voter sur la réduction du délai légal pour l'avortement « pour raisons sociales » de 24 à 20 semaines, et que certains députés demandent l'institution d'un délai de réflexion imposé aux candidates à l'avortement.

Selon The Times du 14 mars, « on estime que plus de 90 % des 200 000 avortements annuels en Grande-Bretagne sont pratiqués parce que les médecins croient que la poursuite de la grossesse entraînerait un stress mental plus grand ».

Une artiste britannique, Emma Beck, s'était pendue en février 2007 en Cornouailles, quelques mois après avoir subi l'avortement de ses jumeaux. L'enquête publique vient d'aboutir à un verdict de suicide. La jeune femme avait laissé un message poignant :
« Je n'aurais jamais dû avorter. Je vois maintenant que j'aurais été une bonne maman. J'ai dit à tout le monde que je ne voulais pas le faire, même à l'hôpital. J'avais peur : maintenant il est trop tard. Je suis morte lorsque mes bébés sont morts. Je veux être avec mes bébés : ils ont besoin de moi ; personne d'autre n'a besoin de moi. »

Pour autant personne n'a été inquiété : notamment parce que la généraliste de la jeune femme, la voyant anxieuse et déprimée, lui avait conseillé de rechercher une aide psychologique. Emma Beck ne l'a pas fait, mais on considère que la médecine a fait son devoir..

Portugal : statistiques de l'avortement

Les autorités sanitaires portugaises ont décidé de mettre en place un suivi des complications consécutives à tous les avortements, spontanés, légaux et illégaux, en vue d'une étude analytique anonyme à l'échelle nationale.

Cette décision a été prise début mars alors que l'on avait constaté que, malgré la légalisation de l'avortement entrée en vigueur en juillet dernier, nombre d'avortements demeurent clandestins, même si ce chiffre est marginal. Mais comme certains de ces actes sont liés à la honte, au dépassement des délais parfois liés aux ratés de la pilule abortive, au manque de moyens, ou au refus de respecter le délai de trois jours de réflexion imposé par la loi, le Planning familial portugais milite déjà pour un accès plus « digne » à l'avortement légal...

Au bout de six mois de légalité, quelque 6 000 « IVG » ont été pratiquées dans les conditions fixées par la loi, soit « une par heure », constate le porte-parole de l'association Juntos Pela Vida (Ensemble pour la vie), Antonio Pinheiro Torres. 12 % des naissances...

Pour tragique qu'il soit, ce chiffre reste bien en deça de celui qui fut avancé pour justifier la dépénalisation de l'avortement par le lobby pro-mort : celui-i revendiquaur au moins 20 000 avortements clandestins par an. Le Directeur général de la santé, Francisco George, observe que les données actuelles sont « positives », puisqu'elles sont en deçà de ce qui était attendu. Et de préciser : « On reconnaît maintenant que le problème de l'interruption chez les jeunes adolescentes est moins important que ce que l'on craignait au départ. Tout indique que nous nous trouvons devant un problème qui n'a pas la dimension que nous pourrions avoir imaginée. »

Pour dire les choses plus clairement : on a menti. En exagérant les chiffres pour frapper l'opinion.

A quoi il faut ajouter que toutes les femmes qui ont avorté dans le cadre légal depuis juillet 2007 ne l'auraient sans doute pas fait si le geste n'avait pas été « justifié » par la loi et par l'intense campagne pro-avortement qui a précédé le référendum de l'an dernier. Le chiffre réel des avortements clandestins se situait certainement en deçà, et bien en deçà des 12 000 interventions légales annuelles sur lesquelles on table aujourd'hui.

Source : ici.

Mexique : avortement légal et "sécurisé" ?

Une adolescente a trouvé la mort - au bout de son sang - après avoir subi un avortement dans la ville de Mexico où « l'IVG » est légal depuis avril 2007. La jeune fille, âgée de 15 ans, en était à sa 15e ou 16e semaine de grossesse. L'avortement est légal dans la capitale mexicaine jusqu'à 12 semaines ; dans le cas de cette jeune fille, a précisé le secrétaire d'Etat à la Santé, Manuel Mondragon, les médecins n'avaient pas vérifié le stade de la grossesse, négligence qui aura coûté la vie à la jeune fille puisque l'hémorragie à laquelle elle a succombé était liée à ce fait, selon lui.

5 845 femmes au total avaient subi, à la date de cet incident, des avortements à Mexico depuis la légalisation, parmi lesquelles 264 mineures.

Cela fait donc 5 846 victimes...

La constitutionnalité de la loi de Mexico est toujours à l'étude devant le Tribunal suprême du Mexique.

14 mars, 2008

Un évêque écossais dénonce la conspiration gay

L'évêque du diocèse catholique écossais Motherwell, Mgr Joseph Devine, vient d'attribuer le succès des revendications homosexuelles à une « gigantesque conspiration, très bien orchestrée ». Il a osé affirmer que les activistes gays avaient su se poser en victimes, se comparant aux survivants de l'holocauste et aux victimes de la violence raciale, afin de remodeler en profondeur aussi bien l'opinion que les politiques gouvernementales.

« Nous ne nous préoccupons pas du mouvement gay à nos risques et périls », a-t-il déclaré en donnant une conférence, jeudi, à l'école catholique Saint Aloysius de Glasgow.

Manipulation, donc, qui consiste à se faire passer pour une minorité persécutée : l'évêque a demandé à ses auditeurs de regarder en face cette “ conspiration géante » contre les « valeurs chrétiennes » qui se déroule devant nos yeux, et que la communauté catholique a complètement ignorée (au sens de : « zappée » !).

Pour Mgr Devine, cet activisme est le fait d'un « très petit groupe de personnes, très actif et très organisé ». Immédiatement décrié par la presse, il a réitéré ses propos, sans démentir sa réponse à une question de parents à propos de l'éventuelle révélation de l'homosexualité d'un enfant. « Ce doit être un moment de cauchemar pour n'importe quel parent, avait-il dit. J'essaierais de réagir avec compassion, mais je ne tolèrerais pas ce comportement. Je ne condamnerais pas, mais je ne le tolèrerais pas. »

Plusieurs parlementaires écossais ont dénoncé les propos de Mgr Devine : Patrick Harvie a ainsi déposé une motion en vue de les faire condamner en l'accusant notamment de « révisionnisme » à propos de l'histoire de l'Allemagne nazie.

Source : ici.

03 mars, 2008

Embryons humains... ou chimpanzés ?

Au Mexique, un ex-Procureur, ancien responsable d’une commission nationale des droits de l’homme, vient de se distinguer en affirmant que les embryons humains (moins de 12 semaines de gestation) sont, à toutes fins utiles, des chimpanzés. Jorge Carpizo McGregor estime qu’en termes d’ADN, ce singe et l’homme partagent 99 % d’informations identiques. La seule chose qui fasse véritablement la différence, c’est le système nerveux central. Le cortex cérébral n’étant formé chez le petit d’homme que vers la 25e semaine, c’est assez pour dire, selon cet expert en droits humains, que les enfants à naître peuvent parfaitement être avortés pendant les premières semaines de leur existence. On apprend sans surprise que Jorge Carpizo McGregor faisait partie de l’équipe de conseillers qui a aidé la Ville de Mexico a légaliser localement l’avortement. Quant aux scientifiques, ils sont abasourdis devant cette négation de la réalité : l’organisme humain diffère de toutes les façons possibles de celui du chimpanzé...

Planning familial raciste ?

Une opération de « testing » menée à Los Angeles et rapportée par une publication étudiante pro-vie, The Advocate, révèle un côté encore plus obscur du Planning familial. A plusieurs reprises, de faux donateurs ont appelé des agences américaines de l’organisme en se disant désireux d’affecter leurs dons à l’élimination de bébés noirs. Ils appelaient cela « venir en aide à des femmes noires » ; et précisaient, pour certains, vouloir mener une action concrète contre la discrimination positive qui réduisaient les chances de réussite de leurs propres enfants, blancs bien sûr. Certains interlocuteurs du Planning se disaient même enthousiastes, « excités » par ces motivations annoncées – et ne les contredisaient d’aucune façon. Racistes, alors, comme leur fondatrice Margaret Sanger ?

Planning familial

En France, les représentants nationaux du principal pourvoyeur mondial de conseils en avortement et contraception, leader sur le marché de l’« IVG », redoute le retour des prétendus « commandos anti-avortement ». Un reportage fielleux sur France-Info, vendredi, donnait la parole aux responsables du planning qui, invoquant le succès de la « Marche pour la vie » de janvier, attribuent au mouvement pro-vie dans son ensemble les « dégradations » dont plusieurs de ses centres parisiens ont été victimes depuis. Il s’agit, en fait, de tags et de poses d’autocollants, et de « bombes lacrymogènes glissées sous des portes » (activées ?). Quelques incidents que les associations pro-vie ne revendiquent en aucun cas, et qui, visant d’autres lieux, n’auraient pas mérité plusieurs minutes d’antenne sur la radio nationale… Dans le même temps, le Planning français continue de se lamenter de ce qu’en Ile-de-France, l’accès à l’avortement relève du « parcours de la combattante », tout en finançant une campagne de publicité sur les murs du métro. Mais dans ce très mauvais roman de gares, qui est-ce donc qui meurt, à la fin ?

 
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