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19 mars, 2013

Les Néerlandais vieillissants de plus en plus ouverts à l'euthanasie

L'illustration de l'article de henw.org
“Ce que pensent les personnes plus âgées sur le fait de mettre fin à la vie” : ma traduction du titre d'une enquête menée par une association de médecins néerlandais est volontairement maladroite, histoire d'en garder la saveur littérale. Il s'agit en effet, pour cette étude publiée dans le mensuel Maandblad van het Nederlands Huisartsen Genootschap (association professionnelle des médecins de famille néerlandais), de faire comprendre qu'au fil des ans, depuis la légalisation de l'euthanasie en 2001, un nombre croissant de personnes âgées juge l'euthanasie acceptable et même envisageable à titre personnel.

Ce qui n'a rien d'étonnant, vu le matraquage médiatique intense et les campagnes de sensibilisation menée par des associations favorables à la possibilité de choisir de mourir quand on est simplement « fatigué de vivre », telle la NVVE, association néerlandaise pour la fin de vie volontaire.

Plus parlante encore est la toute première donnée de l'étude, celle qui est en tête des « faits déjà connus » et donc de son point de départ :

« En raison de l'allongement de l'espérance de vie la proportion de personnes âgées vulnérables va connaître une croissance substantielle à l'avenir. »

Et la seconde :

« Une discussion s'est installée depuis quelque temps déjà sur le point de savoir si, et si oui dans quelle mesure, des personnes âgées qui ne veulent plus vivre parce qu'elles estiment leur vie achevée peuvent se trouver dans le champ d'application de la loi d'euthanasie. »

Du balai !

En effet, les conclusions de l'enquête, selon henw.org, sont nettes : le pourcentage des personnes imaginant pouvoir demander un jour pour elles-mêmes l'euthanasie ou une « pilule de dernière volonté » a augmenté entre 2002 et 2009, très clairement parmi les 64-74 ans, moins chez les personnes plus âgées. Chose que les enquêteurs expliquent par le fait que les plus de 75 ans ont une idée moins précise de « l'autonomie du patient » et adhèrent encore à un « modèle paternaliste », à moins que leur moindre enthousiasme ne soit le fait de la proximité plus grande de leur propre mort, signalent les auteurs, sans rire.

Etes-vous prêt à imaginer votre propre euthanasie ? Tous âges confondus (au-delà de 64 ans), 54 % des interrogés répondaient oui en 2001-2003 ; ils étaient 63 % en 2008-2009. Chez les 64-74 ans la proportion passe de 58 % à 70 % et même les 85 ans et plus sont aujourd'hui un sur deux à envisager la chose, contre 45 % en 2001-2003.

Et la pilule de Drion, ou « pilule de dernière volonté » que des activistes voudraient voir figurer dans les armoires à pharmacie de tous les anciens ? On passe de 31 % des interrogés envisageant de la demander pour eux-mêmes en 2001-2003 à 40 % en 2008-2009, ces pourcentages montant respectivement à 31 et 45 % chez les 64-74 ans. Les proportions augmentent également en fonction du degré d'instruction : plus on a d'années d'études, plus on est prêt à se laisser éliminer ; même chose à mesure qu'on a moins de convictions religieuses. En revanche, la présence d'une maladie chronique n'était pas corrélée avec une acceptation plus grande de la « fin de vie volontaire »

Ces chiffres seraient le signe d'une exigence croissante de la conservation de l'autonomie de la part des personnes âgées, et devraient pousser les médecins à mieux soigner, à mieux chercher à soulager des souffrances jugées insupportables – fort bien – mais ils « exigent également la poursuite de la discussion sur la souffrance et le désir de mort des personnes âgées ». Et là on dérape vers une forme pas très discrète d'incitation, l'idée étant de soulever le sujet quasi systématiquement afin de mieux connaître la « volonté » des personnes vieillissantes.

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30 juillet, 2011

Euthanasie et maladies dégénératives : comment la terreur s'installe

Le « prêcheur » pro-euthanasie australien, le Dr Philip Nitschke, partisan de la présence de la « pilule de Drion » dans les armoires à pharmacie des personnes âgées pour qu'elles puissent mourir à leur convenance, a tenu ce mois-ci une réunion publique suivie d'un séminaire à huis-clos dans la ville australienne de Bendigo. L'un des thèmes principaux était le suivant :

« Faire des choix dans le contexte d'Alzheimer et de la démence. »


Le bon docteur Nitschke veut attirer l'attention sur le fait que les patients qui en souffrent se voient limités dans leurs choix – notamment celui de mourir – et souligner qu'à l'heure actuelle en Australie, l'euthanasie pratiquée sur une personne qui en souffre risquera davantage d'être qualifiée de « meurtre ».

Signalons (car cela ne manque pas de sel) que le séminaire à huis-clos à ce propos était réservé aux plus de 50 ans en pleine possession de leurs moyens intellectuels.

L'excellent site sur l'euthanasie Careful, du réseau australien MercatorNet, commentait hier le nouveau « cirque Nitschke » qui a pris les routes en Australie en expliquant qu'il annonce une « gestion stratégique par la terreur » de la question de la démence.

Nitschke, souligne l'auteur  de l'article, Paul Russell, ne cherche nullement à soulager les malades d'Alzheimer et les personnes âgées démentes, mais à faire du marketing en s'appuyant sur l'une de nos plus grandes peurs ; que nous soyons nous-mêmes un jour victimes de ces maladies dégénératives. « Il se focalise sur nos peurs naturelles et cela relève de la démographie : il vise un auditoire qui a le plus de chances d'acheter ce qu'il propose à la vente. » Laisser piquer les vieux incapables de prendre des décisions eux-mêmes : il s'agit d'aggraver encore un peu la proposition de légalisation de l'euthanasie en cours dans le South Australia…


Philip Russell s'interroge aussi sur l'interdiction faite aux moins de 50 ans d'assister au séminaire. Sans doute, imagine-t-il, pour éviter à Nitschke de se voir chasser de Bendigo comme un vulgaire marchand d'huile de vipère… Mais aussi :

« Et quid de notre jeunesse ? Que pensons-nous qu'il arrive dans les esprits d'adolescents en pleine incertitude lorsqu'ils entendent le message qui sonne clairement dans le boniment de Nitschke selon lequel certaines personnes auraient avantage à être mortes ? Dans l'Oregon, après la légalisation du suicide assisté par médecin, les suicides par d'autres méthodes ont augmenté au lieu de diminuer, contrairement à ce qui avait été prédit. (…)


« Pensez-y. Si l'euthanasie et le suicide assisté sont légaux, pensez-vous vraiment que les traitements excellents, mais souvent chers et parfois chronophages qui sont actuellement disponibles constitueront réellement une option si une solution moins chère et plus facile existe ? Certes, peut-être que personne de votre connaissance serait assez dur pour suggérer à un parent malade que la mort serait une meilleure solution, mais de manière subtile, dans ces circonstances-là, les gens peuvent en venir à penser qu'ils ont le devoir de mourir. C'était là sans aucun doute l'opinion de la baronne britannique Lady Warnock qui osa, il y a quelques années, annoncer à une assemblée de personnes en phase précoce de démence qu'elles faisaient peser une pression inacceptable sur les comptes publics et qu'elles avaient le “devoir de mourir”. Ce sont l'euthanasie et le suicide assisté qui limitent les choix, et non Alzheimer ou la démence.


« Nos vieillards, ceux qui son fragiles, les handicapés ont le droit de savoir qu'ils seront toujours soignés, et non tués. »


Je rappelle qu'aux Pays-Bas, l'euthanasie des personnes en voie de devenir démentes entre doucement dans les mœurs et est approuvée par la commission de suivi et de contrôle des actes euthanasiques. J'en parlais dès l'an dernier ici, je montrais la progression ici, et donnais un exemple frappant (mais il concerne un Britannique « suicidé » en Suisse, ici.

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28 juillet, 2011

Enquête : les médecins néerlandais et l'euthanasie

Une enquête d'opinion menée par l'institution Een Vandaag (« Un aujourd'hui) auprès de 800 médecins généralistes sur leur façon de considérer, de pratiquer et de subir les demandes d'euthanasie, du 21 au 27 juillet derniers, vient d'être publiée dans la presse néerlandaise. Celle-ci met l'accent sur certaines réticences des médecins : en témoigne des titres sur « des médecins aux prises avec des demandes d'euthanasie en augmentation » ou « un tiers des médecins refuse l'euthanasie ».


Mais à y regarder de plus près les reponses font état d'une très large acceptation de l'euthanasie et même d'une disposition à la pratiquer personnellement. Je vous en livre quelques-unes qui me paraissent significatives. Quelque 10 ans après l'adoption de la loi, on peut voir à quel point celle-ci a pu façonner l'opinion et la pratique médicales.

• Attitude à l'égard d'une demande d'euthanasie : 86,5 % y coopèrent par principe ou « plutôt », seuls 7,9 % n'y coopèrent pas par principe.

• 4 % des médecins ont accepté une demande d'euthanasie plus de 10 fois au cours des 5 dernières années, seuls 18,6 % répondent « jamais ».

• 68,1 % affirment avoir appliqué activement l'euthanasie au cours des 5 dernières années, dont plus de la moitié des médecins affirment l'avoir fait entre 2 et 5 fois.

• 57,4 % n'ont jamais refusé une demande d'euthanasie sur cette même période 26,1 % ont refusé une fois et un nombre moindre, plus souvent. Parmi ceux qui ont refusé par principe, 39,4 % ont adressé leur patient à un collègue mais curieusement, 54,8 % répondent ne pas avoir d'opinion.

• 64,6 % se sont trouvé « sous pression », régulièrement ou parfois, pour pratiquer l'euthanasie, une pression en augmentation de la part des proches pour quelque 36 % des interrogés, et spécifiquement exercée par la société à travers des discussions publiques pour 45,7 %, où là la pression s'accroît pour 80,3 % des interrogés.

• Pour l'exécution de l'euthanasie, un peu plus de la moitié (51,3 %) fait appel à la présence d'un médecin du panel spécialisé SCEN, 16,5 % font venir un collègue.

Pour ce qui est des pressions actuelles en vue de faciliter l'euthanasie en cas de démence, de démence à ses débuts ou de « fatigue de la vie » les réponses reflètent une certaine réticence, mais elle n'est pas d'un bloc.


• Dans le cas du patient qui a fait connaître son désir d'euthanasie au début d'un processus de démence, 36 % des médecins interrogés se disent prêts à honorer sa demande en cours de progression de la maladie, 41,7 % disent « non »… et 22,3 % sont indécis.


• Moins de réponses favorables pour les patients « fatigués de vivre » dont le « droit » à l'euthanasie fait depuis une bonne année l'objet d'une campagne pro-mort : seuls 20,4 % des interrogés sont prêts à honorer la demande, 64,5 % refusent.


• Ils ne sont que 14,5 % à accepter le principe d'une coopération à une demande d'euthanasie de la part de quelqu'un qui craint simplement des « souffrances insupportables futures », contre 73,8 % qui refusent catégoriquement.

Pour ce qui est du désengagement des généralistes, ils n'y aspirent pas.


• 36,5 % (contre 50,9 %) sont favorables à l'introduction de la « pilule de Drion » (kit médical permettant, si l'on peut dire, l'auto-euthanasie, que les patients auraient dans leur armoire à pharmacie), et seuls 19,6 % pensent que cette pilule allégerait leur travail. Même si 51,3 % estiment le montant de l'indemnisation de leur acte « insuffisant ».

• Enfin 89,1 % sont en désaccord avec la proposition selon laquelle « l'euthanasie ne trouve pas sa place dans la pratique du généraliste ».

J'ai laissé pour la fin les questions concernant la palliation sédative qui me semblent devoir brouiller la frontière entre l'euthanasie et les soins palliatifs, dans la mesure où elle peut être appliquée dans une optique euthanasique.


• La demande (de la part des patients ou de leurs proches) s'accroît, selon 45,7 % des médecins interrogés.

• Seuls 9,5 % des interrogés affirment n'avoir jamais eu recours à la sédation palliative, plus de 8 % l'ont fait onze fois ou plus et même jusqu'à 20 fois.

• 35 % sont d'avis que la sédation palliative qu'ils ont appliquée n'a « jamais » contribué à faire mourir le patient, 14,5 % pensent que c'est « presque toujours » le cas et – hormis 4,3 % sans opinion – les autres pensent que cela s'est produit « parfois » (26,9 %), ou aux alentours d'un cas sur deux pour les interrogés restants.

Où l'on voit qu'en fait, les critères moraux et la sensibilité par rapport à la mort donnée semblent s'émousser, ce que cette procédure facilite, certes.


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Palliation sédative

30 mars, 2011

Nitschke et la mort

Cette charmante image de Philip Nitschke, le « Dr Euthanasie» australien, le montre avec sa vieille mère…
Source photo :  L'Australian, via MercatorNet.
Gweneth Nitschke a 90 ans – et un fils qui, le cas échéant, est prêt à raccourcir un peu le restant de ses jours si tel est son bon vouloir. Le bon vouloir de qui ? La langue française ne permet pas de le devibner d'après ce que je vous en ai dit ; il semblerait que l'ambiguïté corresponde en l'occurrence à une réalité puisque la mère partage les options de son fils, qui colporte son discours pour la « mort choisie » un peu partout dans le monde anglophone. Observez la cravate noire : l'équipement est complet.

Le Dr Nitschke, actif dans la mise au point d'un kit euthanasique à utiliser chez soi, est actuellement à la recherche d'un bon lieu pour ouvrir une « clinique de suicide » dans sa ville natale d'Adelaide, Australie, où les candidats au grand départ pourraient dans un premier temps venir se renseigner, se fournir en substances létales. Gérée par Exit International, réservée aux seuls résidents du territoire, la clinique pourrait être opérationnelle en moins d'un mois mais ne fournirait l'ensemble de ses services que dans l'éventualité de l'adoption d'un texte libéralisant l'euthanasie dans le South Australia.

Le projet de loi en cours se borne à dépénaliser l'euthanasie qui resterait délictueuse, en fournissant un moyen de défense légal aux médecins qui achèverait la vie d'un patient en phase terminale dont les souffrances ne pourraient être allégées.

Un petit pas sur le papier, mais comme toujours la « dépénalisation » est une grande porte ouverte vers de nouvelles dérives et le Dr Nitschke a tenu à le souligner lui-même : le vote d'un texte minimaliste dans l'Australie du Sud permettrait aux autres territoires australiens de choisir une forme similaire de transgression contrôlée – pour combien de temps ?

Ce qui est sûr, c'est qu'au contraire des projets légalisant purement et simplement l'euthanasie qui n'ont pas réussi à passer la barre des votes dans les assemblées des territoires australiens, le projet en cours est loin de rencontrer une opposition aussi ferme et l'on s'attend à un vote serré dans les semaines à venir.

La clinique projetée par Nitschke servirait notamment à instruire et entourer des médecins qui, pour l'heure, ne sont pas à l'aise avec l'idée de donner la mort à leurs patients.

Une information à rapprocher de cet autre rapport de MercatorNet qui fait état du pourcentage d'étudiants en médecine en Australie qui sont d'accord avec le principe de « l'euthanasie volontaire » : ils étaient 49,5 % en 2008-2009 contre 16,3 % en 2001, alors que l'approbation du public australien en général est passé de 49 à 62 % de 2000 à 2009.

Et pour revenir à Gweneth, 90 ans : elle a déclaré être de tout cœur d'accord avec la mise en place d'une clinique spécialisée telle que la rêve son fils. « J'ai vu souffrir des amis. Si je me trouvais ainsi en phase terminale, j'aimerais pouvoir choisir ce que je ferais. Je m'attends à vivre jusqu'à voir s'ouvrir une clinique qui aide les gens à exercer leur droit de choisir leur mort. J'espère voir ce jour, et j'espère qu'il viendra vite. »

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27 juillet, 2010

Pays-Bas : on reparle de suicide assisté

Depuis samedi, les partis libéraux et chrétien-démocrate discutent de nouveau avec le PPV, le parti anti-immigrationniste de Geert Wilders en vue de former un nouveau gouvernement. Cela permettra peut-être d'éviter la réalisation du souhait de l'ancien ministre de la Santé, Mme Els Borst, et du sénateur libéral Heleen Dupuis, de légaliser le suicide assisté pour les gens « fatigués de vivre ». Les deux femmes politiques appelaient de leurs vœux la formation d'un gouvernement « violet » (libéraux, gauche socialiste et écolos) pour faire progresser ainsi le dossier « euthanasie » mené à bien en son temps par ladite ministre.

Même si ces vœux restent à l'état d'hypothèse il ne faudrait pas méconnaître leur importance. Comme je l'ai signalé plusieurs fois dans ce blog un mouvement se dessine clairement aux Pays-Bas pour faciliter la mise à mort des personnes âgées démentes et des personnes conscientes mais qui estiment leur vie « achevée ». La propagande progresse, que ce soit dans les médias ou auprès des particuliers par le biais d'ateliers qui se tiennent à travers le pays. Des politiques lui apportent leur soutien. Après, c'est une question de patience et d'années…

Ici, donc, c'est l'éventuelle absence de partis chrétiens du futur gouvernement de coalition qui est présentée comme  « fenêtre » pour introduire une nouvelle aggravation de la culture de mort. La Gauche Verte (GroenLinks) et D66, petit parti social-démocrate, ont inscrit le débat « politique et sociétal » sur le suicide assisté dans leur programme et le VVD, parti libéral qui sert de pivot pour les tractations politiques actuelles, le choix du moment de la mort relève du droit individuel et non des lois de la majorité.

En fait de « fenêtres », les deux précédents cabinets « violets » ont présidé aux Pays-Bas à l'adoption de la loi sur le mariage gay et sur l'euthanasie…

Pour Heleen Dupuis, un nouveau cabinet de cette tendance « offrira certainement une occasion » pour lever l'interdiction du suicide assisté, ce en quoi Els Borst lui donne « totalement raison ». Mais celle-ci ne pense pas que cela se fera dans l'immédiat : « Il nous a quand même fallu trente ans pour parvenir à l'actuelle législation sur l'euthanasie », rappelle l'ancien ministre, arguant que les modalités sont compliquées à mettre en place.

Mme Dupuis, elle, plaide ouvertement pour la « pilule de Drion », pilule-suicide dont la réalisation progresse et aurait même abouti, à en croire le Dr Philip Nitschke, propagandiste australien de la « mort paisible » qui annonçait en décembre que son kit euthanasique était en train de devenir le cadeau de Noël dernier cri (ou dernier râle ?) entre époux vieillissants.

Heleen Dupuis, elle, est (un peu) moins laxiste : « Mettre fin à sa vie, on ne doit jamais pouvoir le faire sur un coup de tête. Il faut fixer des conditions, des médecins doivent être impliqués dans l'administration du médicament. Mais l'interdit légal de l'aide au suicide doit changer. »

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19 mars, 2008

Pays-Bas : manœuvres pour étendre l'euthanasie

La législation des Pays-Bas est l'une des plus laxistes au monde en ce qui concerne l'euthanasie, mais là comme ici la pression se fait plus forte pour faciliter encore l'accès au suicide assisté et généralisé.

L'agitation est actuellement entre les mains de la « Gauche-Verte » : son chef de groupe, Femke Halsema, a plaidé aujourd'hui devant la Deuxième chambre néerlandaise pour que l'on ouvre l'accès à l'euthanasie aux personnes ayant perdu de façon irréversible la « dignité humaine », et non plus seulement aux victimes de souffrances insupportables ou d'une maladie incurable.

Non, il ne s'agit pas d'une tentative de réinstituer la peine de mort pour les pires criminels...

Mme Halsema souhaite tout simplement permettre d'assister le suicide des personnes âgées fatiguées de vivre : celles, par exemple, qui auraient survécu à leurs enfants ou qui souffriraient de la solitude.

A l'appui de sa demande (restée pour le moment infructueuse, mais pour combien de temps ?), Femke Halsema invoquait un récent sondage qui donne à 63 % le nombre de Néerlandais estimant que les personnes âgées devraient avoir droit au suicide assisté même si elles ne souffrent pas de façon insupportable et même si elles ne sont affectées d'aucune maladie grave. Les sondés étaient 75% à penser qu'il faudrait commercialiser, de façon contrôlée, la « pilule de Drion », une pilule-suicide hypothétique (mais réalisable) souhaitée en 1992 par le juriste Huib Drion pour permettre aux vieux de mettre fin à leurs jours de façon « humaine » lorsqu'ils en auraient assez.

Source : ici.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...