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01 juillet, 2011

La campagne sur l'euthanasie des déments progresse aux Pays-Bas

Ça y est : après le reportage sur une femme de 63 ans en voie de devenir démente qui a obtenu l'an dernier le « droit » de se faire euthanasier alors qu'elle était en bonne santé physique, des articles commencent à paraître dans la presse néerlandaise pour expliquer qu'en fait, même les déments ou les personnes gravement déprimées peuvent prétendre à cette mise à mort. Son histoire se trouve ici : elle est glaçante.

Une récente étude universitaire menée par des instituts d'Utrecht et de Groningue ainsi que le centre Erasmus a recueilli l'avis de 4.000 citoyens, dont une partie de personnels soignants à propos de la loi d'euthanasie en vigueur. Résultat : ils la connaissant et apprécient ; même ceux qui s'y opposent, affirme bizarrement l'étude, estiment que son existence est une bonne chose, dès lors qu'elle permet au patient qui souffre de manière insupportable et sans perspective de changement d'être maître du moment de sa propre mort.

Le même panel a majoritairement déclaré apprécier le contrôle a posteriori de la conformité des actes euthanasiques avec les conditions supposées « sévères » de la loi. Beaucoup de personnes interrogées estiment que la loi devraient permettre l'euthanasie sur les personnes démentes et un tiers des professionnels soignants favorise son exercice sur des personnes en voie de devenir démentes ou souffrant de dépression chronique. On en est, selon la même enquête, à un tiers des personnes sondées qui approuveraient l'initiative « De plein gré » qui prône la légalité de l'euthanasie pour ceux qui sont « fatigués de vivre » (les médecins et soignants sont moins d'accord).

L'étude a pour objectif de montrer que la loi est mal connue, alors qu'elle autorise déjà l'euthanasie – par exemple – sur des cancéreux qui, sans souffrir physiquement, vivent mal des pertes de conrtôle, et encore sur les personnes en dépression chronique ou en stade commençant de démence.

L'élu socialiste Klijnsma vient de poser une question au ministre de la Santé publique, du Bien-être et du Sport pour s"émouvoir des grandes différences d'interprétation exprimées par les médecins à propos de la loi d'euthanasie, lui demandant en outre de donner son avis sur le fait que « seuls » 33 % des médecins néerlandais sont prêts à participer à une euthanasie sur une personne en voie de devenir démente.

L'idée est manifestement d'élargir l'approbation publique en faveur de ce genre d'euthanasies.

© leblogdejeannesmits.

09 mai, 2011

« SOS je veux me tuer »


Non, ce n’est pas une énième ligne d’assistance aux personnes désespérées sur le point de passer à l’acte. Pour les vieux, les faibles, les malades britanniques, la voix compatissante au bout du fil ne sera pas là pour rappeler que la vie vaut d’être vécue, mais pour expliquer quels sont leurs droits en matière de fin de vie, pour les aider à entreprendre leurs toutes dernières démarches.

Le groupe « Compassion in Dying » (compassion à l'heure de  la mort) est directement lié à l’association pro-euthanasie « Dignity in Dying » (pour la mort digne) se prépare à lancer sa « hotline » d’ici à la fin du mois pour « donner aux patients, aux proches et aux soignants toutes les informations sur les droits et les soins en fin de vie ».

Comme ces informations sont déjà aisément accessibles à tous l’objectif de ce numéro de téléphone financé par un groupe pro-euthanasie ne semble pas devoir être innocent, même si les organisateurs assurent qu’ils ne donneront pas de recettes pour se tuer ou pour se faire euthanasier par le biais de ces communications.

Alors que la pression démographique des personnes malades et dépendantes s’accroît, il n’est sûrement pas anodin que de telles initiatives voient le jour.

08 mai, 2011

Gunther Sachs s'est suicidé – pour échapper à Alzheimer

Il avait 78 ans. Il avait été le 3e des quatre maris de Brigitte Bardot. Et voici ce qu'en dit l'AFP, via google :


Gunter Sachs, baptisé par la presse de son pays natal "seul et unique play-boy allemand", s'est suicidé à 78 ans pour échapper à la maladie d'Alzheimer, laissant le souvenir d'un millionnaire flamboyant qui avait conquis le coeur de Brigitte Bardot.
La famille du photographe a publié dimanche une lettre d'adieux dans laquelle il dit avoir pris conscience ces derniers mois qu'il souffrait "de la maladie sans issue A."
Gunter Sachs, qui s'est donné la mort dans son chalet en Suisse, écrit que "la perte de contrôle intellectuel sur (sa) vie aurait été un état indigne" et qu'il avait voulu "l'empêcher de manière résolue", selon ce message reproduit par l'Agence Télégraphique Suisse.
C'est clair : en refusant de vivre, Gunther Sachs a « gardé le contrôle ». Mais de quoi ? Qui saurait dire ce qui se passe dans la tête d'un malade d'Alzheimer, et des grâces qui lui sont peut-être – et même sûrement – données dans la perspective d'une vie éternelle à côté de laquelle celle du playboy richissime ne fait pas forcément le poids par rapport à la souffrance assumée et offerte ?

© leblogdejeannesmits.

22 avril, 2011

Pays-Bas : un effarant sondage pro-euthanasie

Le magazine féminin néerlandais Margriet a publié les résultats d'un sondage auprès de 1.970 femmes aux termes duquel 89 % d'entre elles sont favorables à un élargissement de la loi d'euthanasie. A l'heure actuelle – et bien que dans les faits le principe souffre déjà nombre d'exceptions – la loi exige que les souffrances endurées par celui qui demande l'euthanasie soient insupportables et sans perspectives d'amélioration, fait dont le médecin sera juge en dernière analyse puisqu'il est en droit de rejeter une demande d'euthanasie.

Ce sont désormais près de 9 femmes sur 10 qui, sollicitées par le sondage, voudraient que l'euthanasie constitue un droit du patient – tout comme l'avortement pendant le premier trimestre est devenu, dans la plupart de nos pays d'Europe, un droit de la femme que nul ne doit discuter.

Preuve que le matraquage médiatique du lobby de la mort est efficace, 77 % des interrogées – plus de trois femmes sur quatre – sont désormais prêtes à approuver l'euthanasie pour ceux qui estiment leur vie « achevée » pour telle ou telle raison. Les raisons citées pour avoir le droit d'en avoir soupé, de la vie ? La perte de la mémoire ou la démence : 74 % d'opinions favorables. La perte des fonctions vitales vient ensuite : l'incontinence, pour 54 % des sondées (… pardon ! ) est une bonne raison pour en finir, elles sont autant à citer la marche autonome et l'incapacité à vivre seul (27 %). La solitude, imaginent 24 % de ces femmes, devrait également justifier l'euthanasie.

Plus frappant encore : 91 % des interrogées envisagent de demander un jour l'euthanasie pour elles-mêmes. 82 % y voient une bonne porte de sortie pour ceux qui souffrent intensément de maladies psychiatriques, et 88 % (près de 9 femmes sur dix, une fois de plus) estiment qu'en cas de démence, l'euthanasie devrait être possible à partir du moment où elle aurait été demandée avant la perte de la capacité de prendre des décisions importantes.

Il n'y a finalement que la « peur » ou la « religion » qui, pour quelque 10 % des femmes, soient des raisons pour refuser systématiquement l'euthanasie. Des arriérées infantiles, peut-être ?

Tout au long de cette dernière année, associations et personnalités ont milité pour le droit à l'euthanasie pour ceux qui souffrent de démence ou qui estiment leur vie achevée : déclarations, joutes politiques, réunions publiques dans des hôtels de province ont promu l'idée dans les esprits.

Et les Néerlandaises, qui sont souvent étonnamment conformistes, s'y sont semble-t-il laissé prendre.

© leblogdejeannesmits.

30 mars, 2011

Nitschke et la mort

Cette charmante image de Philip Nitschke, le « Dr Euthanasie» australien, le montre avec sa vieille mère…
Source photo :  L'Australian, via MercatorNet.
Gweneth Nitschke a 90 ans – et un fils qui, le cas échéant, est prêt à raccourcir un peu le restant de ses jours si tel est son bon vouloir. Le bon vouloir de qui ? La langue française ne permet pas de le devibner d'après ce que je vous en ai dit ; il semblerait que l'ambiguïté corresponde en l'occurrence à une réalité puisque la mère partage les options de son fils, qui colporte son discours pour la « mort choisie » un peu partout dans le monde anglophone. Observez la cravate noire : l'équipement est complet.

Le Dr Nitschke, actif dans la mise au point d'un kit euthanasique à utiliser chez soi, est actuellement à la recherche d'un bon lieu pour ouvrir une « clinique de suicide » dans sa ville natale d'Adelaide, Australie, où les candidats au grand départ pourraient dans un premier temps venir se renseigner, se fournir en substances létales. Gérée par Exit International, réservée aux seuls résidents du territoire, la clinique pourrait être opérationnelle en moins d'un mois mais ne fournirait l'ensemble de ses services que dans l'éventualité de l'adoption d'un texte libéralisant l'euthanasie dans le South Australia.

Le projet de loi en cours se borne à dépénaliser l'euthanasie qui resterait délictueuse, en fournissant un moyen de défense légal aux médecins qui achèverait la vie d'un patient en phase terminale dont les souffrances ne pourraient être allégées.

Un petit pas sur le papier, mais comme toujours la « dépénalisation » est une grande porte ouverte vers de nouvelles dérives et le Dr Nitschke a tenu à le souligner lui-même : le vote d'un texte minimaliste dans l'Australie du Sud permettrait aux autres territoires australiens de choisir une forme similaire de transgression contrôlée – pour combien de temps ?

Ce qui est sûr, c'est qu'au contraire des projets légalisant purement et simplement l'euthanasie qui n'ont pas réussi à passer la barre des votes dans les assemblées des territoires australiens, le projet en cours est loin de rencontrer une opposition aussi ferme et l'on s'attend à un vote serré dans les semaines à venir.

La clinique projetée par Nitschke servirait notamment à instruire et entourer des médecins qui, pour l'heure, ne sont pas à l'aise avec l'idée de donner la mort à leurs patients.

Une information à rapprocher de cet autre rapport de MercatorNet qui fait état du pourcentage d'étudiants en médecine en Australie qui sont d'accord avec le principe de « l'euthanasie volontaire » : ils étaient 49,5 % en 2008-2009 contre 16,3 % en 2001, alors que l'approbation du public australien en général est passé de 49 à 62 % de 2000 à 2009.

Et pour revenir à Gweneth, 90 ans : elle a déclaré être de tout cœur d'accord avec la mise en place d'une clinique spécialisée telle que la rêve son fils. « J'ai vu souffrir des amis. Si je me trouvais ainsi en phase terminale, j'aimerais pouvoir choisir ce que je ferais. Je m'attends à vivre jusqu'à voir s'ouvrir une clinique qui aide les gens à exercer leur droit de choisir leur mort. J'espère voir ce jour, et j'espère qu'il viendra vite. »

© leblogdejeannesmits.

11 mars, 2011

Etats-Unis : première exécution avec un produit euthanasique pour animaux

C'est ainsi que la presse américaine présente l'information : Johnnie Baston, 37 nas condamné à mort pour avoir tué un commerçant dans l'Ohio à bout portant d'un tir dans la nuque  en… 1984, a été exécuté jeudi au moyen d'une injection unique d'un produit utilisé pour euthanasier les chiens, du pentobarbitol. Il est le premier condamné à mort aux Etats-Unis à avoir été tué de cette façon.

Le recours à cette procédure fait suite à une pénurie de la drogue utilisée jusque-là en combinant plusieurs injections, le thiopental, que les fournisseurs étrangers se refusent à livrer à un pays qui pratique la peine de mort, et dont l'efficacité faidait débat dans l'Ohio après qu'un condamné eut survécu à son exécution par ce moyen il y a un an environ.

Le message médiatique est clair : Johnnie Baston a été tué comme un chien.

Mais alors il faudrait pousser le raisonnement un peu plus loin et raconter le tout de l'histoire : si la presse signale que le pentobarbital est utilisé à petites doses en tant qu'anesthésiant sur l'homme, il faut ajouter que la drogue est surtout connue comme produit euthanasique pour l'homme.

C'est le pentorbarbital de sodium qui est utilisé en dose unique dans les cocktails létaux proposés pour l'euthanasie dans l'Oregon, dans les cliniques Dignitas en Suisse pour le suicide assisté, ou encore aux Pays-Bas (où l'on le qualifie d'elixir de pentobarbital) qui le proposent pour les candidats à l'euthanasie désireux de s'administrer eux-mêmes leur poison par voie orale plutôt que de le recevoir par intraveineuse (en ce cas on utilisera du thiopental).

Où l'on arrive à un drôle de paradoxe. Exécutez un condamné à mort avec ce « médicament » qui tue, et l'on vous présentera comme un barbare, un tortionnaire, un bourreau, un insensé qui ravale l'homme au rang de la bête. Administrez-le à une personne qui demande à quitter la vie, et vous voilà ami de la dignité humaine, du droit de choisir l'heure de sa mort, de facilitateur de la « mort douce ».

Mais nous n'allons tout de même pas nous en étonner.

© leblogdejeannesmits.

17 octobre, 2006

Euthanasie : glissement sémantique

Wesley J. Smith, spécialiste américain de bioéthique et de morale, livre à cette intéressante réflexion : il apporte la « preuve certaine » que la Fédération mondiale des associations pour le droit de mourir (World Federation of Right to Die Societies) a élargi son champ d’agitation de manière significative en publiant son nouveau Manifeste. C’était le 28 septembre, ici.

« Nous qui croyons aux droits et à la liberté de tous, nous affirmons (le) droit de mourir dans la dignité, c’est-à-dire paisiblement et sans souffrance. Tous les adultes compétents – quelles que soient leurs nationalités, professions, croyances religieuses, leurs opinions éthiques et politiques – qui souffrent de manière insupportable de maladies incurables doivent avoir accès à plusieurs choix à la fin de leur vie.

« La mort est inévitable. Nous croyons fortement que la décision sur la manière et le moment de mourir doivent être du ressort de l’individu, tant que ces demandes ne font pas d’autre tort à la société que la tristesse associée à la mort.

« La volonté clairement exprimée des individus, dès lors qu’ils sont pleinement informés de leur diagnostic, de leur pronostic et des moyens accessibles de soulagement, doit être respectée par tous comme l’expression de droits humains intrinsèques. »

Commentaire de Wesley J. Smith : la nouveauté vient de l’introduction du mot « incurable » là où naguère, on parlait encore de maladie « en phase terminale ». C’est une extension considérable du « droit de mourir » car elle peut être théoriquement appliquée à n’importe quelle maladie chronique.

On peut contester cette interprétation en soulignant l’ajout du membre de phrase « à la fin de leur vie ». Il n’est pas gratuit. Mais il est clair qu’une maladie est forcément « incurable », et forcément « en phase terminale », à la fin de la vie du patient. Alors pourquoi avoir tout modifié pour ajouter : « incurable » ? Dans un Manifeste qui tient moins d’une page, le mot a un poids certain, et il est certainement utilisé dans le sens utile à la culture de mort…

L’Association pour le droit de mourir dans la dignité (président d’honneur : Henri Caillavet) fait partie de la Fédération mondiale.

Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...