16 janvier, 2014

L'Education nationale renouvelle l'agrément du "Planning familial"

Cette information a paru ce jeudi dans le Bulletin officiel de l'Education nationale :



Renouvellement tout ce qu'il y a de plus logique par les temps qui courent.

Mais ce n'est pas une raison pour ne pas s'indigner.

Le MFPF fait partie de la Fédération internationale pour le Planning familial, plus grand pourvoyeur mondial d'avortements et l'un des principaux promoteurs de la contraception, de l'avortement et de l'« éducation sexuelle ».

L'« urgence éducative » aujourd'hui, pour les parents qui en ont les moyens – et les autres devraient y être aidés – est de sortir de ce système-là, qui considère une entreprise de mal et de mort comme une « association éducative ».


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15 janvier, 2014

Bataille pour protéger la vie d'une femme enceinte décrétée en « mort cérébrale »

Marlise Munoz
Un Texan vient d’introduire un recours en justice contre le maintien en vie de son épouse, Marlise
Munoz, victime d’un arrêt cardiaque le 26 novembre dernier. La jeune femme a été placée sous assistance respiratoire et bénéficie d’un soutien médical parce qu’elle est enceinte et que son bébé continue de se développer. La loi texane interdit de « débrancher » les femmes enceintes tant que leur bébé n’est pas viable, même en présence de directives anticipées comportant l’ordre de ne pas réanimer en cas de très grave accident de santé.

Erick Munoz, soutenu par des activistes pro-avortement qui ont également introduit une demande judiciaire contre l’Etat du Texas, se fonde sur l’affirmation de médecins selon laquelle son épouse est en état de « mort cérébrale ».

Ses avocats, Heather King et Jessica Hall, affirment qu’elle est « morte » : « Elle avait donné des instructions claires à son mari et à sa famille pour dire qu’elle ne voulait pas rester branchée à des appareils prolongeant artificiellement la vie, tels des ventilateurs. Il n’y a aucune raison pour que (l’hôpital) puisse avoir le droit de continuer de procurer un traitement médical au corps sans vie de Marlise Munoz », ont-elles déclaré. Elles demandent que la cour ordonne que la jeune femme soit débranchée.

Mais une porte-parole du John Peter Smith Hospital, Jill Labbe, a rétorqué que la vie de l’enfant à naître de Marlise Munoz passe avant les souhaits de son mari. JPS Hospital avait déjà refusé à plusieurs reprises de confirmer que la patiente serait en état de mort cérébrale, affirmant simplement qu’elle est « enceinte et dans un état grave ». Et que la loi du Texas interdit de refuser ou de retirer les traitements nécessaires pour maintenir en vie une femme enceinte, tant que son enfant arrivé à viabilité n’aura pas été accouché par césarienne : c’est seulement après cet événement qu’une demande de débranchement pourrait être suivie d’effet.

Il s’agit tout simplement de sauver la vie du deuxième patient dans l’affaire.

Et aussi de noter l’absurdité de prétendre que Marlise est déjà morte, puisque sa grossesse continue de se dérouler normalement.

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Canada : une école catholique poursuivie pour avoir récusé une prof transgenre

Un juge canadien vient de décider que la direction d’une école catholique d’Alberta va devoir répondre devant la justice à une accusation de discrimination de la part d’une enseignante suppléante radiée en 2009 de sa liste de professeurs remplaçants au motif qu’elle est transgenre, rapporte LifeSite.

Janet Buterman, aujourd’hui âgée de 43 ans, souffre selon des documents médicaux d’un « désordre d’identité de genre » : elle se fait appeler « Jan » et porte des vêtements d’homme.

Janet Buterman
La direction de l’école catholique avait réagi aux changements affichés par la vacataire en lui adressant une lettre, en 2009, où elle soulignait qu’elle avait pour politique d’engager des personnes vivant en conformité avec l’enseignement et la doctrine de l’Eglise catholique : « Votre changement de genre n’est pas en phase avec ce qu’enseigne l’Eglise ; il serait source de confusion et de trouble auprès des élèves et des parents en tant que modèle et témoin des valeurs de la foi catholique. »

La Constitution canadienne de 1867 protège le droit des écoles confessionnelles, et donc catholiques, d’engager du personnel et de dispenser un enseignement conforme à leur appartenance religieuse.

L’école Greater St Albert Catholic School ne faisait donc qu’exercer ce droit, non sans avoir consulté l’archevêque du diocèse d’Edmonton, Richard Smith, dont la direction avait cité ces propos dans sa lettre à Janet Buterman : « Lors de discussions avec l’archevêque (…), [il a dit que] l’enseignement de l’Eglise catholique est que les personnes ne peuvent pas changer leur genre. Notre genre est considéré comme correspondant à la volonté créatrice de Dieu par rapport à chacun de nous. »

Aussitôt, Janet Buterman s’en était plainte devant la Commission des droits de l’homme d’Alberta (AHRC), arguant que l’école, en tant qu’employeur public  n’avait pas le droit de faire intervenir ses croyances dans ses décisions d’embauche. Au cours des discussions qui s’ensuivirent, la direction de la Greater St Albert School lui proposa une transaction de 78 000 $ canadiens, offre qu’elle rejeta dans la mesure où elle récusait une clause l’empêchant d’évoquer publiquement l’affaire.

D’où cette déclaration au Toronto Star en 2011 : « Je ne veux pas être muselée. Ils ne veulent pas que je parle du fait qu’en tant qu’employeurs, se réclamant de l’autorité de l’Eglise catholique, ils ont pratiqué une discrimination à mon égard en raison de ma situation médicale de personne transsexuelle. »

Sa requête auprès de la Commission des droits de l’homme fut rejetée la même année, affirmant que la plainte était « sans mérite » (en France, on dirait « sans fondement »). Le Chef de la Commission et des tribunaux devait annuler cette décision en 2012, et un examen juridique de l’affaire fut lancé.

C’est le juge Sheila Greckol qui vient de confirmer le point de vue dudit Chef de la Commission en affirmant que Janet Buterman avait droit à son procès qui n’avait été que trop retardé : « La procédure des droits de l’homme n’est pas seulement pour les “cœurs de lion” et ceux dont les talons ne sont pas usés [expression consacrée pour désigner la classe des possédants] mais aussi pour les timorés et les impécunieux : pour tous les habitants de l’Alberta. »

Impécunieuse, peut-être ; timorée, certainement pas : Janet Buterman n’a jamais caché, depuis 2009, son activité militante au sein de l’Association pour l’égalité trans d’Alberta (Trans Equality Society of Alberta).

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13 janvier, 2014

Pays-Bas : des médecins se disputent autour de l'euthanasie d'une malade psychiatrique

Une femme de 35 ans souffrant d'une maladie mentale a été euthanasiée en décembre 2012 aux Pays-Bas. Jusque-là, rien de totalement exceptionnel : ce genre d'euthanasies s'installe doucement dans le paysage néerlandais et pour la seule année 2013, on a compté 9 euthanasies dans le cadre de maladies psychiatriques ; il y en a eu 14 l'année précédente, toutes jugées conformes à la loi par les commissions régionales d'évaluation qui reçoivent les déclarations d'euthanasie. Elles ont toutes été pratiquées dans le cadre de la « clinique de fin de vie » érigée précisément pour répondre à la demande de personnes peinant à obtenir l'exécution de leur demande de la part de leur médecin de famille.

Et ce malgré les problèmes que cela pose par rapport à l'interprétation de la loi : comment considérer, en effet, que les personnes qui en souffrent sont en pleine possession de leurs moyens, capables de prendre une décision éclairée ? Sans compter que le désir de mort peut être lié à la maladie qui, elle, est susceptible d'être soignée.

Mais le cas de cette jeune femme a suscité une vive dispute parmi les médecins qui ont été sollicités pour donner leur avis sur son cas : deux étaient contre l'euthanasie, le troisième était pour – et deux jours après que le dernier eut donné son feu vert, elle était morte. Piquée. 

Dans ce cas précis la patiente avait fait part à son médecin de famille de ses souffrances pour lui demander de l'euthanasier. Ces souffrances, aux termes de la loi néerlandaise, doivent être « insupportables et sans perspectives » (d'amélioration), donc ne céder devant aucun traitement, pour justifier l'euthanasie qui, de toute manière, n'est pas considérée comme un « droit » du patient.

Comme il est fréquent lors des demandes d'euthanasie psychiatrique, ledit médecin s'est donc tourné vers un médecin « SCEN » désigné par la commission d'évaluation des euthanasies, SCEN étant l'acronyme des mots néerlandais signifiant « Soutien et consultation à propos de l'euthanasie aux Pays-Bas). Celui-ci devait conclure au refus de l'euthanasie.

Le médecin généraliste consulta un deuxième médecin SCEN, George Wolfs de Maastricht. Celui-ci refusa lui aussi de justifier l'euthanasie en signalant qu'il restait des options thérapeutiques. Il souligna au passage que la jeune femme avait été hospitalisée dans l'unité psychiatrique du Centre médical de l'Université de Maastricht dix mois plus tôt. Sur place, le psychiatre traitant n'avait pas constaté de « pression de souffrance » chez la patiente : « Elle était détendue pendant les activités créatives organisées en cours de journée et fière de ses petits travaux. »

Le médecin traitant de la jeune femme se tourna vers un troisième médecin SCEN – démarche tout à fait exceptionnelle. Un « maximum absolu », selon la clinique de fin de vie qui n'a jamais atteint un tel nombre de consultations SCEN, même dans les cas complexes qui font son quotidien.

Mais la troisième fois fut la bonne. Ce médecin-là, Marc Doorakkers, a déclaré au bout de deux semaines que la patiente avait épuisé les traitements. 48 heures plus tard, elle était euthanasiée.

Le deuxième médecin SCEN consulté, George Wolfs, a déposé une plainte officielle, dénonçant la manière dont la commission d'évaluation l'a traité. Lors de son audition par la commission – après la mise à mort de la patiente – il a été soumis à un interrogatoire qui en dit long sur les présupposés de l'évaluation : « La commission m'a demandé quinze fois pourquoi je pensais, en tant que médecin généraliste, avoir une connaissance de la problématique psychiatrique. Ils me disaient : “Nous ne sommes pas contents de vous. ” »

Une commission spéciale vient d'être nommée par les ministères concernés pour évoquer cette affaire, ses premières réunions se font à huis-clos.

On apprend au détour de cette affaire qu'en 2013, la clinique de fin de vie a pratiqué 133 euthanasies, généralement parce que leur médecin traitant estimait que les demandeurs ne se trouvaient pas de le cadre de la loi. Sur ces 133 mises à mort, 24 ont concerné des personnes en voie de devenir démentes, 23 des patients souffrant de diverses pathologies de la vieillesse conjuguées, et 9 des victimes de maladies psychiatriques, et des maladies non terminales comme des AVC ou des maladies pulmonaires. A quoi s'est ajouté un nombre de patients dont le médecin traitant ne voulait pas pratiquer l'euthanasie en raison de ses convictions religieuses ou parce que le geste lui paraissait trop lourd à pratiquer.

La même année, la clinique de fin de vie, a reçu un total de 749 demandes. Elle est active depuis mai 2012.

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11 janvier, 2014

Vincent Lambert : nouvel arrêt de mort

Vincent Lambert est de nouveau menacé de mort par le Dr Eric Kariger, chef du service de gériatrie du CHU de Reims. Au cours d'une réunion avec la famille, ce matin, le médecin – catholique pratiquant, membre du PCD – a signifié sa décision : son patient, tétraplégique, en état de conscience minimale, mais par ailleurs en bonne santé, doit bénéficier de l'arrêt de l'obstination déraisonnable que constitue le maintien artificiel de sa vie par l'administration de nourritures et d'hydratation.

C'est une décision de mort, d'euthanasie par omission.

Elle n'est pas inattendue : voici des mois, depuis que le tribunal administratif de Chalons-en-Champagne avait ordonné que Vincent Lambert fût réalimenté après 31 jours de jeûne contraint, que le Dr Kariger se répandait dans la presse pour justifier la décision qu'il indiquait clairement vouloir reprendre, en invoquant les éléments de la loi Leonetti évoqués ci-dessus.

Car il faut le savoir, la loi Leonetti est déjà une loi d'euthanasie, même si la lettre de la loi permet de discuter l'application d'une décision d'arrêt des soins ordinaires que sont la nourriture et l'hydratation à une personne qui n'est pas du tout en fin de vie.

Les travaux préparatoires de la loi prévoyaient cependant qu'on ne cesse pas l'hydratation, en raison des souffrances que cela pouvait provoquer.

Même cette considération est aujourd'hui balayée car la première fois, Vincent Lambert a mis trop de temps à mourir…

Bien sûr, l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation sont censés servir au bien du patient, qui n'est pas malade et qui à l'occasion sort même de l'hôpital pour être en famille… Il l'aurait voulu, il n'a plus de vie relationnelle, il est dépendant : voilà ce que le Dr Kariger a répété dans la presse ces derniers mois. On « suspectait » chez lui un « refus de vivre ».

Que sa mère, son père, et d'autres membres de la famille aient suspecté chez lui une volonté de vivre, cela n'importe pas, le Dr Kariger prenant seul cette décision en interprétant le doute dans le sens de la mort, soutenu par la femme de Vincent et une partie de ses frères et sœurs.

Mais la question n'est pas de savoir ce qu'aurait voulu Vincent Lambert, mais de se demander s'il est licite de « laisser mourir » un être humain dans ces conditions, ou plutôt de provoquer délibérément sa mort en cessant de l'alimenter.

Tout au long de ces derniers mois, les convictions religieuses de Pierre et Vivianne Lambert, ses parents, présentés comme proches de la Fraternité Saint Pie X, ont aussi été évoquées dans la presse pour expliquer leur refus de la « réalité » et leur obstination en faveur de la vie de leur enfant.

Sans doute faut-il de nos jours avoir quelques convictions morales et religieuses pour comprendre que la vie humaine doit être respectée,  même lorsqu'elle est diminuée et fragile. Mais nul besoin pour cela d'être « intégriste », réel ou supposé. Un des plus beaux documents dénonçant le caractère euthanasique du refus de nourriture et d'eau, soins toujours dus lorsqu'elles apportent un bénéfice au patient dans leur ordre propre, a été co-signé par Mgr Vingt-Trois et le grand rabbin David Messas. C'est ici.

Me Jérôme Triomphe, qui s'est battu comme un lion pour arracher une première fois Vincent Lambert à sa mort programmée, engage un référé pour empêcher cette nouvelle tentative. Procédure d'urgence : l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation est prévue dans de très brefs délais.

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« Mort cérébrale » : La vie sauvée de Jahi McMath

Jahi McMath est-elle morte ou vive ? Pour les lois de Californie, elle n’est plus qu’un cadavre. Cette petite jeune fille a été déclarée en état de mort cérébrale le 12 décembre dernier, et les Etats-Unis se passionnent pour la bataille judiciaire victorieusement menée par sa famille pour empêcher que son ventilateur artificiel ne soit débranché, ce qui aurait entraîné… la cessation de ses fonctions vitales : l’arrêt cardiaque et respiratoire. Soit, pour employer un terme plus cru, plus technique, radicalement exact : la mort. Mais donc, elle n’est pas morte, malgré le certificat de décès établi à son nom vendredi dernier et portant la date du 12 décembre !

Nailah Winkfield n’est pas seulement sa maman, une maman blessée au cœur par les souffrances de sa fille, c’est une maman chrétienne, très croyante. Qui respecte la vie et qui veut voir la vie de sa fille Jahi, 13 ans, respectée jusqu’au bout – tout en priant pour qu’elle guérisse. Elle a obtenu dimanche dernier le transfert de sa fille, que l’hôpital pour enfants d’Oakland, Californie, refusait de soigner, vers un établissement médical catholique qui a accepté enfin de ne pas débrancher son ventilateur, de la nourrir et de lui donner les antibiotiques et les soins dont elle a besoin.

A l'heure qu'il est, rien ne dit que Jahi vivra. Il n'y a peut-être rien à faire : l'état de l'adolescente ne peut que se détériorer, répètent des experts dans la presse américaine. Mais là n'est pas la question. Il ne s'agit pas de nier la mort qui surviendra peut-être, ni de maintenir artificiellement en vie un corps qui serait déjà décédé, mais de reconnaître que le corps de Jahi « fonctionne » comme une unité vivante, son cœur bat, son sang circule, lorsqu'on la nourrit et qu'on l'hydrate, son état s'améliore.

Existe-t-il une obligation morale absolue de continuer de ventiler un patient dans un tel état ? C'est-à-dire : de retirer un moyen mécanique externe qui soutient la vie existante avec la quasi certitude que le patient en mourra ? Sans doute non. C'est dans la situation concrète qu'une telle décision se prend, au terme d'un discernement qui ne peut évacuer les questions morales ni la volonté des proches.

Mais dans l'affaire de Jahi, la question est posée à l'envers. Existe-t-il une obligation absolue de cesser de ventiler et de soigner un patient sous prétexte qu'il a été décrété en état de mort cérébrale (notion fluctuante et qui fait l'objet d'une multitude de définitions juridiques divergentes) ? C'est ainsi que la posent les autorités médicales de Californie, et elles répondent oui. Le problème fondamental de cette approche est bien qu'elle considère comme déjà mort un corps encore vivant.

Un problème qui se manifeste dans les cas, certes rares mais pas inédits, où des patients en « mort cérébrale » se réveillent – parfois au moment où leurs organes vont être prélevés en vue d'une transplantation. L'approche aboutit aussi à décréter purement « réflexe » toute réaction constatée par les proches sur leur malade lorsqu'ils lui parlent ou le touchent.

Dans le cas de Jahi, tout commence le 9 décembre avec une banale opération des amygdales et des végétations nécessaire pour en finir avec ses apnées du sommeil. La jeune adolescente se réveille normalement – elle qui avait si peur avant l’opération de rester pour toujours endormie – et réclame une glace. Elle a mal. Et elle commence à saigner. Les soignants demandent à Nailah de recueillir le sang qui coule de sa bouche. Le récipient qu’ils lui ont donné n’y suffit pas : de gros caillots remontent, Nailah appelle au secours. On lui tend un récipient plus grand…

Ce n’est que lorsque Jahi, à force de perdre du sang, subit un arrêt cardiaque, que les médecins se dérangent enfin. Massage cardiaque, soins intensifs : le cœur de Jahi recommence à battre. Mais le 12 décembre, la jeune fille est prononcée en état de mort cérébrale : on explique à sa mère que son cerveau est définitivement sans activité. Tous les soins, la nourriture sont à partir de ce moment-là coupés. Jahi a toujours un ventilateur – qui insuffle l’air, mais c’est elle qui expire – que les médecins veulent retirer au plus vite. L’hôpital ne l’évoque plus par son prénom : on parle du « corps ».


« Elle veut hurler ! »


Nailah refuse. « Je la sens. Je sens ma fille. J’ai le sentiment qu’elle est prisonnière dans son propre corps. Elle veut hurler, et me dire quelque chose ! » Avec l’aide de toute sa famille et d’un avocat rompu aux confrontations avec les puissants, elle obtient le 18 décembre que le ventilateur de Jahi ne soit pas coupé. Et le 5 janvier, l’hôpital a dû plier, en mettant en mesure la jeune fille de quitter les lieux avec le minimum nécessaire pour qu’elle ne meure pas pendant le transfert entre les mains du médecin légiste, qui l’a remise à sa famille. L’avocat, Chris Dolan, avait plaidé le respect de la vie privée et des convictions religieuses de la famille de Jahi, contre le droit revendiqué aux termes de la loi californienne par l’hôpital d’Oakland de prendre unilatéralement la décision de « débrancher ».

Ledit avocat a été l’objet de maintes menaces de mort pour avoir donné de « faux espoirs » à la famille et profité de leur détresse. Ce que les journaux ne disent généralement pas, c’est qu’il la défend bénévolement, sans demander un sou : « J’ai des tonnes d’argent. Ça m’est égal. Je perdrai de l’argent. C’est peut-être pour cela que les gens ont tant de mal à comprendre ce qui m’anime. Cette dame m’a demandé d’empêcher que sa fille soit tuée. »

Jeudi matin, l’alimentation de la jeune fille, coupée depuis le 12 décembre, a pu être rétablie et une trachéotomie facilite sa respiration. Son état de dénutrition avait fait craindre le pire jusqu’à mercredi – l’oncle de Jahi, Omari Sealey, expliquait alors : « Si son cœur cesse de battre pendant qu’elle est ventilée, nous pouvons l’accepter. »

Ce qu’ils n’acceptent pas ? Qu’elle ait été maintenue pendant un mois dans une sorte de « couloir de la mort », comme le dit Nailah. Qu’on la considère morte alors qu’elle est chaude, qu’elle respire, qu’elle digère, que ses organes fonctionnent en maintenant son intégrité corporelle – et qu’elle réagit lorsque sa mère lui parle et la touche, comme en atteste sa grand-mère, infirmière.

La petite Jahi a failli être victime, volée de sa guérison espérée ou de sa mort naturelle, des lois sur la « mort cérébrale » qui toutes, rappelle le pédiatre Paul Byrne, ont été adoptées en vue de faciliter le prélèvement d’organes vitaux « à cœur battant ». Le Dr Paul Byrne (qui avait accordé un long entretien à Présent, dans nos numéros des 6 et 10 mars 2011, repris ici sur ce blog) a examiné Jahi et constaté qu’elle est en vie, qu’elle répond par des mouvements à la voix de sa grand-mère. « Je suis sûr qu’elle est en train de guérir de son amygdalectomie. La guérison ne se produit que chez une personne vivante. » « Les gens ne deviennent pas “morts” parce que des médecins les déclarent “morts” », a-t-il commenté sur le site pro-vie LifeSiteNews : « Si les médecins y arrivent, ils prendront les organes de cette jeune fille. »

Il s’exprimait alors que Jahi était encore dans l’hôpital qui voulait programmer sa mort. Aujourd’hui il y a un espoir – ténu – pour que Jahi, soignée, aille mieux. Et en tout cas la certitude que sa vie sera respectée jusqu’au bout.

Cela vaut la peine de se battre. Et cela vaut la peine de saluer cette bataille alors que ce samedi 11 janvier, un arrêt de mort – une décision d’euthanasie par arrêt de l’alimentation – risque d’être signé en France par un médecin de Reims contre Vincent Lambert qui, lui, est en état de conscience minimale, capable de ressentir bien-être ou douleur.

• Article paru dans le n° 8018 de Présent, du vendredi 10 janvier 2014, et mis à jour le 11 janvier.

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07 janvier, 2014

Ni trop malade pour être opéré, ni en fin de vie : euthanasie d'un athlète de 95 ans

Une nouvelle fois, un pays a vécu au rythme de la chronique d'une mort annoncée. Cette fois c'est en Belgique que la presse a révélé, la semaine dernière, la prochaine euthanasie d'un des athlètes belges les mieux connus, et en tout cas le plus âgé : Emiel Pauwels, 95 ans, champion d'Europe du 60 mètres enHet Laatste Nieuws, en annonçant que tous ses papiers étaient en règle pour l'euthanasie…
mars dernier, toujours au « top » pour le saut en hauteur… Il espérait concourir au championnat du monde des « masters » à Budapest en mars 2014. C'est le cancer de l'estomac et des intestins l'a battu sur le fil. Et il a décidé d'en finir. « Amen, c'est fini », a-t-il expliqué au quotidien néerlandophone

Au lendemain d'une fête à tout casser, où il a offert le champagne à tous ses proches et amis, dans la bonne humeur et les bulles, il a « quitté la vie » comme le dit la presse belge ce mardi 7 janvier. Ça y est, il est mort. Piqué. Entouré de sa famille.

Souffrait-il ? Sans doute, mais pas assez pour ne pas pouvoir avaler une coupe de champagne en bonne compagnie. Etait-il en phase terminale ? Absolument pas. N'y avait-il pour lui aucune perspective d'amélioration ? Mais si, puisque les médecins lui proposaient une intervention chirurgicale qui, vu son excellente forme physique, par ailleurs, aurait pu lui donner quelques bonnes années de plus. Répondait-il donc aux critères de l'euthanasie de la loi belge ? Il faut croire que non. Mais une fois qu'il y a une loi d'euthanasie, les critères se font de plus en plus relatifs…

En octobre dernier, Emiel rentre du Brésil où il a participé à des championnats d'athlétisme. Et tout d'un coup, il a le plus grand mal à retenir ce qu'il avale ; il n'a plus d'appétit. Deux semaines de ce régime, qu'il attribue d'abord au fait qu'il a passé si longtemps assis dans l'avion, une visite chez le médecin, et c'est l'envoi direct aux urgences. Le diagnostic reviendra quatre jours plus tard : son cancer de l'estomac et de l'intestin pourra sans doute être jugulé par les soins, mais pour ce qui est de reprendre les entraînements, aucun médecin n'est prêt à s'engager. Ce « gros point d'interrogation » est ce qui a découragé cet homme qui rêvait d'« atteindre les 100 ans en pleine santé ».

En vue de quoi il mangeait comme quatre : « Tous les matins avant l'entraînement, je mangeais une orange et une banane, deux œufs au bacon et quatre tranches de pain, avec du choco et un morceau de camembert. A midi je mangeais le plus souvent du poisson – c'est bon pour un sportif – et le soir encore quatre tranches de pain avec du jambon flamand séché et un morceau de chocolat. »

C'est en tout cas ce qu'il a expliqué à la presse en annonçant son « départ ».

Du terre à terre.

Comme cette mort, cette mort triste.


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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...