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14 septembre, 2021

“StopTraditionisCustodes.org” : chacun peut désormais signer la lettre aux catholiques demandant la liberté pour la messe tridentine

















Après une première parution avec un nombre restreint de signatures, la Lettre aux Catholiques du monde entier, signée par des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle, dispose désormais d’un site propre et de dizaines de signatures supplémentaires de personnalités venues du monde entier. La lettre est d’ores et déjà traduite en anglais, espagnol, portugais, italien et allemand et accessible via le même site.

Filiale mais très ferme, cette lettre répond à Traditionis Custodes dont elle dénonce la « brutalité » et l’« intransigeance » :

La volonté affirmée du pape François, dans le Motu Proprio Traditionis Custodes du 16 juillet 2021 est de voir disparaître la célébration de la messe de la Tradition de l’Eglise. Cette décision nous plonge dans la consternation. Comment comprendre cette rupture avec le Missel traditionnel, réalisation « vénérable et antique » de la « loi de la foi », qui a fécondé tant de peuples, tant de missionnaires et tant de saints ? Quel mal font les fidèles qui souhaitent, simplement, prier comme le firent leurs pères depuis des siècles ? Peut-on ignorer que la messe tridentine convertit de nombreuses âmes, qu’elle attire des assemblées jeunes et ferventes, qu’elle suscite de nombreuses vocations, qu’elle a fait surgir des séminaires, des communautés religieuses, des monastères, qu’elle est la colonne vertébrale de nombreuses écoles, œuvres de jeunesse, catéchismes, retraites spirituelles et pèlerinages ?

Chacun peut désormais signer en ligne : le but est d’obtenir des milliers, et pourquoi pas des dizaines de milliers de signatures de catholiques attachés au rite traditionnel… pour réclamer « du pain plutôt que des pierres ».

Je suis heureuse d’avoir pu moi-même signer cette lettre tant que directrice de ce blog, aux côtés de nombreux amis très chers. 


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29 janvier, 2021

“Spiritus Domini” ? Le manifeste des femmes catholiques pour faire reconnaître la beauté de leur vocation spécifique

C’est avec joie et sans hésitation que j’ai signé le Manifeste ci-dessous, qui vient répondre à l'officialisation des femmes « lectrices » et des femmes « acolytes » dans le Nouvel Ordo de la messe par le pape François, qui a publié le 10 janvier dernier le Motu proprio Spiritus Domini. Cette initiative lancée par Gabrielle Vialla, auteur de
Recevoir le féminin, Bien vivre le cycle féminin, La Chasteté, blog fecondite.org et 
Constance Prazel, docteur en histoire, chroniqueuse et éditorialiste, est un « appel à approfondir la vocation de la femme », qui n’a rien à gagner à vouloir exercer des fonctions liturgiques masculines parce que son génie propre s’exprime le mieux dans le « privilège marial ».

Si vous voulez à votre tour signer ce Manifeste, rendez-vous ici.

Pour consulter le site « La vocation du féminin » et trouver la liste des signataires, c’est par là.

Vous y constaterez la grande diversité des signataires : des mères de famille, des journalistes, des écrivains, des retraitées, des médecins, des chefs d’entreprise, des historiennes, des responsables d’association, des professeurs, des infirmières… Affirmer la complémentarité des sexes n’est pas synonyme d’uniformité et de relégation dans telle ou telle tâche. – J.S.

*

À l’occasion de la parution du Motu proprio Spiritus Domini, nous, femmes catholiques, désirons faire reconnaître et aimer la beauté de notre vocation spécifique.
La question de la présence de la femme dans le sanctuaire, chez certains l’obstination pour le mariage des prêtres ou la prêtrise de la femme sont, pour nous, les symptômes d’une grave crise liturgique enracinée dans une crise anthropologique plus profonde encore sur la complémentarité de l’homme et de la femme. Tout catholique, quels que soient son état de vie ou son attachement liturgique, devrait se sentir concerné par ce profond malaise.

C’est à l’heure où l’on prend conscience du danger du cléricalisme, que paradoxalement on oublie que la femme est divinement écartée de la hiérarchie ecclésiale pour le bien de l’Église tout entière. Jamais jusqu’à aujourd’hui, la vocation de la femme n’a été représentée de façon si caricaturale, si appauvrie.

La tradition de laisser les femmes à l’écart de l’autel est très ancienne, on peut même dire originelle (1) ; elle est présente aussi bien en Orient qu’en Occident (2). Le christianisme qui a toujours enseigné l’égale dignité de l’homme et de la femme tout en maintenant l’exclusion des femmes du sacerdoce ministériel rappelle à tout être humain, masculin ou féminin, que la mesure de sa vocation est l’union à Dieu. Bien loin de diminuer la femme, l’Église dont la hiérarchie est masculine se présente ainsi comme l’Épouse.

Déjà dans l’Ancienne Alliance, Dieu passe par la femme de façon inespérée comme dans les livres de Judith ou d’Esther, pour délivrer son peuple. Par l’Incarnation, Dieu nous donne son propre Fils par la Vierge Marie. La pure réponse existe chez une créature : en elle, l’Amour de Dieu trouve sa demeure irrévocable. Homme ou femme nous avons une dette envers ce oui féminin. À la suite de cette réponse, la femme a dans le christianisme une liberté de parole et d’action qui lui est propre. Il n’est que justice de faire mémoire de quelques illustres figures telles Catherine de Sienne, ou Jeanne d’Arc mais aussi de reconnaître les discrètes interventions féminines jusque dans nos vies personnelles.

Il est d’usage dans les familles que les femmes plaident pour la paix. Or les concessions liturgiques faites au monde présent (3) éloignent l’une de l’autre les deux formes du rite romain.

Les jeunes générations dans notre société sécularisée aspirent à un apaisement des crispations liturgiques et à une collaboration des forces vives pour l’évangélisation.

Par ailleurs la femme est éducatrice. Nous souhaitons que nos enfants trouvent des repères clairs sur leurs vocations d’homme et de femme. Les petites filles ne doivent pas être incitées à un climat de lutte et de revendications. Elles ont à être encouragées à développer et à rendre compte de leurs talents et charismes propres. Elles doivent recevoir le fait d’être femme, pour ce que cela signifie : une grâce insigne !

Quant aux garçons, ils doivent être éduqués à la crainte de Dieu, au don désintéressé de soi, au respect et à l’admiration du corps humain féminin et masculin. On redécouvre aujourd’hui pour l’épanouissement de la personnalité la nécessité de lieux d’expression propres aux uns et aux autres. Garçons et filles doivent par ailleurs percevoir la valeur inconditionnelle de la féminité et de la maternité, confiées à la paternité et à la masculinité. Remettons ces sujets éducatifs cruciaux à saint Joseph et à Notre-Dame.

Femmes catholiques, conscientes de notre privilège marial, nous choisissons de mettre nos énergies et nos talents au service de la complémentarité effective de l’homme et de la femme. Nous considérons que notre vocation spécifique n’est pas un miroir de celle de l’homme, et qu’elle n’a pas besoin d’être anoblie par le service de l’autel.

De même que l’homme contracte une dette vis-à-vis de la maternité spirituelle, nous exprimons notre gratitude envers le service masculin de l’autel.

Nous sommes conscientes que nos pasteurs, pour être fidèles à l’appel évangélique et à la tradition biblique et ecclésiale, ont à subir des pressions et qu’ils auront encore beaucoup à souffrir. Nous les assurons de notre prière et de notre affection fraternelle afin que leur célibat offert et uni à l’Unique Sacrifice soit toujours plus fécond.

1 1Co 14,34.
2 Can. 44 de la collection de Laodicée du IVe
3 Rm 12,2 


Pour signer ce Manifeste, rendez-vous ici.

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09 juin, 2020

Mgr Athanasius Schneider : la foi en Dieu et l'adoration des catholiques et musulmans n'est pas la même

Après la parution d'une tentative d'interprétation orthodoxe du Document d'Abu Dhabi sur la Fraternité humaine par le cardinal Gerhard Müller dans la revue Communio au mois de mars, où l'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi souligne que ce Document « correspond dans son intention à la Déclaration générale des droits des Nations unies de 1948), Mgr Athanasius Schneider a fait paraître une Déclaration qui met en évidence les affirmations les plus inacceptables du Document d'Abu Dhabi, en expliquant pourquoi.

Le cardinal Müller estime que les deux signataires, le pape François et le grand imam Al-Tayeb, n'ont pas abandonné « leurs confessions de foi individuelles », ni produit un document « relativiste », mais s'opposent ensemble à une conception du monde « sociale-darwiniste », au nom de « ceux qui croient en Dieu le Créateur tout-puissant et bienveillant », au moyen « du principe de la fraternité universelle ». Le cardinal Müller demande que le Document soit interprété à travers les « bonnes intentions » de ses auteurs plutôt qu'en se focalisant « sur la précision académique de ses expressions ».

Mgr Schneider a préféré la voie plus précise consistant à révéler les ambiguïtes et à réfuter les erreurs du Document.

Je vous propose ici la traduction de son texte publié par LifeSiteNews il y a quelques jours, aimablement proposée par Bruno de Caumont et révisée par mes soins.

*

DÉCLARATION DE Mgr ATHANASIUS SCHNEIDER


Il n’y a pas de foi commune en Dieu ni d’adoration commune de Dieu partagée par les catholiques et les musulmans.

L’affirmation la plus erronée et la plus dangereuse du Document d’Abu Dhabi sur la Fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune (signé par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb le 4 février 2019) est la suivante :

« Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. » Dire que, tout comme Dieu veut positivement la diversité des sexes masculin et féminin et la diversité des nations, il en va de même de la même manière de la diversité des religions, contredit la Révélation divine.

Le Document d’Abu Dhabi évoque également une foi commune en Dieu, par exemple : « C’est un document » qui invite « toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine ». Ici, le sens de la foi elle-même est ambigu et, de plus, le sens de la foi en Dieu se situe au niveau naturel de la croyance « dans la fraternité humaine ». C’est théologiquement faux et trompeur.

Le sens du mot « foi » est donné par Jésus-Christ lui-même, et donc par la Révélation divine. Il n’y a « qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éph. IV, 5), « car tous les hommes n’ont pas la foi » (2 Thess. III, 2). Jésus-Christ, le Fils incarné de Dieu, est « l’auteur et le consommateur de la foi » (Hébreux XII, 2). Quiconque ne croit pas en Jésus-Christ le Fils de Dieu n’a pas de foi et ne plaît pas à Dieu, comme le dit le Seigneur : « Celui qui croit en lui n’est pas jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu » (Jn III, 18), et « Celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie ; mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jn III, 36)

Le Catéchisme de l’Église catholique dit : « Pour le chrétien, croire en Dieu, c’est inséparablement croire en Celui qu’Il a envoyé, “son Fils bien-aimé” en qui Il a mis toute sa complaisance (cf. Mc I, 11) ; Dieu nous a dit de L’écouter (cf. Mc IX, 7). Le Seigneur Lui-même dit à ses disciples : “Croyez en Dieu, croyez aussi en moi” (Jn XIV, 1) (CEC n. 151). « Foi » et « croire » ne signifient pas la connaissance de Dieu par la lumière naturelle de la raison, mais un don surnaturel de Dieu, par lequel « poussés et aidés par la grâce divine, concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher (Rm X, 17), ils vont librement vers Dieu, croyant qu’est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis » (Concile de Trente, décret sur la justification, sess. 6, chap. 6)

L’Église a toujours enseigné, notamment lors du premier concile du Vatican que « la condition de ceux qui ont adhéré à la vérité catholique par le don divin de la foi n'est nullement la même que celle de ceux qui, conduits par les opinions humaines, suivent une fausse religion. » (Constitution dogmatique Dei Filius, chap. 3)

Le même Concile enseigne : « Dans son enseignement qui n'a pas varié l'Église catholique a tenu et tient aussi qu'il existe deux ordres de connaissances, distincts non seulement par leur principe, mais encore par leur objet : par leur principe, attendu que dans l'un nous connaissons par la raison naturelle, dans l'autre par la foi divine ; par leur objet, parce qu'en dehors des choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, il y a des mystères cachés en Dieu, proposés à notre croyance, que nous ne pouvons connaître que par la révélation divine » (Constitution dogmatique Dei Filius, chap. 4)

Affirmer que les musulmans adorent avec nous le seul Dieu (« nobiscum Deum adorant »), comme l’a fait le Concile Vatican II dans Lumen Gentium n.16, est théologiquement une affirmation très ambiguë. Que nous, catholiques, adorions avec les musulmans le seul Dieu n’est pas vrai. Nous n’adorons pas avec eux. Dans l’acte d’adoration, nous adorons toujours la Sainte Trinité, nous n’adorons pas simplement « le Dieu unique » mais, plutôt, la Sainte Trinité, explicitement – Père, Fils et Saint-Esprit. L’islam rejette la Sainte Trinité. Lorsque les musulmans adorent, ils n’adorent pas au niveau surnaturel de la foi. Même notre acte d’adoration est radicalement différent. Il est essentiellement différent. Précisément parce que nous nous tournons vers Dieu et l’adorons comme des enfants constitués dans la dignité ineffable de l’adoption filiale divine, et nous le faisons avec une foi surnaturelle. Mais les musulmans n’ont pas une foi surnaturelle. Les musulmans n’ont qu’une connaissance naturelle de Dieu. Le Coran n’est pas la révélation de Dieu, mais une sorte d’anti-révélation de Dieu, car le Coran nie expressément la révélation divine de l’Incarnation, de la divinité éternelle du Fils de Dieu, du sacrifice rédempteur du Christ en croix, et nie donc la vérité de Dieu, la Sainte Trinité. Bien sûr, lorsqu’une personne adore sincèrement Dieu le Créateur – comme la majorité des simples musulmans, elle adore Dieu par un acte d’adoration naturel, fondé sur la connaissance naturelle de Dieu, le Créateur. Tout non-chrétien, toute personne non baptisée, y compris un musulman, peut adorer Dieu au niveau de la connaissance naturelle de l’existence de Dieu. Ils adorent dans un acte naturel d’adoration le même Dieu que nous adorons dans un acte surnaturel et avec une foi surnaturelle en la Sainte Trinité. Mais ce sont deux actes d’adoration essentiellement différents : l’un est un acte de connaissance naturelle et l’autre est un acte de foi surnaturelle. Les actes d’adoration, et les actes de connaissance sur lesquels ils sont fondés, sont substantiellement différents, bien que l’objet soit le même en ce qu’il est le même Dieu. Peut-être pourrait-on formuler cela ainsi : « Les musulmans adorent Dieu dans un acte d’adoration naturelle, et donc d’une manière sensiblement différente de nous, catholiques, puisque nous adorons toujours Dieu avec une foi surnaturelle. »

L’acte subjectif d’adoration des musulmans est également différent parce que leur compréhension de Dieu est différente de la nôtre. Il faut garder à l’esprit le fait que les musulmans, acceptant des assertions au sujet de Dieu qui ne sont pas d’origine divine, risquent de proposer une fausse connaissance et un faux culte à Dieu même au niveau naturel.

Le Document d’Abu Dhabi fait des demandes sur le fondement « notre foi commune en Dieu ». Cependant, ceux qui suivent l’islam voient Dieu comme distant, dépourvu d’une inter-relation personnelle, et c’est une idée de Dieu très défectueuse. Une part considérable des musulmans ont une image déformée et fausse de Dieu, ils Le voient comme incapable de communiquer personnellement avec nous, et que nous ne pouvons pas aimer vraiment et personnellement en tant que notre Père et en tant que notre Rédempteur.

Il faut aussi considérer le fait que la conception musulmane de Jésus est constitué par le rejet de l’idée chrétienne, car le Coran déclare que Dieu ne peut pas avoir de Fils, et donc ils rejettent l’Incarnation même s’ils acceptent la naissance virginale. Par conséquent, il est inexact d’assimiler leur vénération de Jésus à notre adoration de Jésus en tant que Dieu incarné et Rédempteur de l’humanité ; et leur vénération de Marie n’est pas la même que notre vénération de Marie en tant que Mère de Dieu. Par conséquent, nous ne pouvons pas apprendre d’eux comment entrer correctement en relation avec Jésus ou Marie. De plus, leur manière de comprendre que la vie est « pour » Dieu n’est pas la même que la nôtre, car Jésus a enseigné que Dieu est notre Père, que nous vivons pour lui, afin d’augmenter notre amour pour lui et d’être heureux avec lui pour toujours, alors que leur conception de la vie pour Dieu est celle d’une vie d’esclave au service d’un maître puissant. Enfin, la conception musulmane de la miséricorde est différente de la conception chrétienne de la miséricorde, car nous sommes miséricordieux comme Dieu le Père a été miséricordieux envers nous, envoyant son Fils mourir pour nous alors que nous étions encore ses ennemis, ce que les musulmans nient.

Selon la sourate 9:29, les musulmans doivent combattre « ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu'ils versent la capitation [djiziah] par leurs propres mains, après s’être humiliés. »

On ne peut souscrire à la thèse selon laquelle une lecture correcte du Coran s’opposé à toute forme de violence. Tout d’abord, cela n’est pas vrai sur la base de la lecture simple du Coran. Les dernières sourates du Coran sont très violentes envers les non-musulmans et appellent à l’occupation des pays non musulmans par la violence. Même de nos jours, de nombreux musulmans comprennent bien que c’est la méthode légitime pour lire le Coran. De plus, la majorité des musulmans conviennent que les sourates ultérieures (plus violentes) ont plus d’autorité. Habituellement, les musulmans comprennent le Coran littéralement car ils n’ont aucune exégèse spirituelle ou allégorique. Peut-être que certaines personnes exceptionnelles, de bons érudits islamiques ont ce type de lecture, mais ils ne représentent pas l’islam en tant que tel. Ils ne sont en rien une autorité de référence.

Du point de vue théologique, il est donc trompeur et déroutant que le Pontife romain ait signé un document commun avec une autorité religieuse islamique utilisant les termes « Dieu », « Foi », « pluralisme et diversité des religions », « fraternité », bien que ces termes aient des significations sensiblement différentes dans les enseignements du Coran et dans la Révélation divine de Notre-Seigneur Jésus-Christ. En outre, il faut également garder à l’esprit le fait que les musulmans n’ont pas le pouvoir de régler les différends avec une autorité universelle, car ils n’ont pas de magistère, et qu’il n’y a pas d’autorité pour représenter l’islam en tant que tel, pas plus qu’il n’y a d’autorité centrale en islam pour décider des questions doctrinales pour l’ensemble des musulmans.

La seule fraternité universelle stable est la fraternité en Jésus-Christ. Ce n’est qu’en Jésus-Christ et dans le Saint-Esprit qu’Il a envoyé, que les peuples peuvent vraiment être enfants de Dieu et vraiment dire à Dieu « Père » et par conséquent être véritablement frères : « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. 1Aussi vous n’avez pas reçu l’esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu l’esprit de l’adoption des enfants, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ » (Rm VIII, 14-17).

La seule paix vraie et stable est la paix du Christ. L’enseignement suivant du Pape Pie XI d’il y a près de cent ans, transmet fidèlement ce que Jésus-Christ, Notre Divin Maître et Rédempteur, et le magistère constant de l’Église ont enseigné à travers les âges, et qui restent les critères d’analyse auxquels le document d’Abu Dhabi doit se soumettre :

« Il y a bien peu à attendre d'une paix artificielle et extérieure qui règle et commande les rapports réciproques des hommes comme ferait un code de politesse ; ce qu'il faut, c'est une paix qui pénètre les cœurs, les apaise et les ouvre peu à peu à des sentiments réciproques de charité fraternelle. Une telle paix ne saurait être que la paix du Christ : et que la paix du Christ apporte l'allégresse en vos cœurs (Col. III, 15) ; il ne peut y avoir de paix autre et différente que celle que le Christ donne lui-même aux siens (Jn XIV, 27), lui qui, comme Dieu, voit dans les cœurs (I Samuel XVI, 7) et règne dans l'intime des âmes. C'est d'ailleurs à bon droit que le Seigneur Jésus appelait cette paix sa paix à lui, car il fut le premier à dire aux hommes : Vous êtes tous des frères (Matth. XXIII, 8) ; c'est lui qui a promulgué la loi de l'amour et du support mutuel entre tous les hommes, et la scella pour ainsi dire de son sang : Mon précepte à moi est que vous vous aimiez les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés (Jn, XV, 12) ; Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ (Gal. VI, 2) » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 33).

«Il ne saurait donc y avoir aucune paix véritable – cette paix du Christ si désirée – tant que tous les hommes ne suivront pas fidèlement les enseignements, les préceptes et les exemples du Christ, dans l'ordre de la vie publique comme de la vie privée » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 47)

« C’est en s'unissant très étroitement à Nous et au Christ pour étendre et fortifier par leur zèle industrieux et actif le règne du Christ, qu'ils travailleront avec plus d'efficacité à rétablir la paix générale entre les hommes » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 49).

« Car le règne du Christ établit et fait épanouir une certaine égalité de droits et de dignité entre les hommes, tous ennoblis du sang précieux du Christ » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 58).


Le 4 juin 2020.

+ Athanasius Schneider

Evêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana

© leblogdejeannesmits pour la traduction
© photo : LifeSiteNews


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28 septembre, 2019

“Acies ordinata” : ce 28 septembre à Rome, des catholiques debout pour appeler les anges au secours à l'orée du synode sur l'Amazonie

“Appel aux anges” des catholiques à Castel Sant’Angelo


Environ deux cent catholiques laïcs du monde entier se réuniront aujourd’hui à Castel Sant'Angelo pour adresser un « Appel aux anges » à la veille du Synode sur l’Amazonie qui s’ouvrira au Vatican le 6 octobre prochain. Les participants à l'événement font partie d'une coalition internationale appelée Acies Ordinata, qui a déjà organisé une manifestation le 19 février dernier sur la Piazza San Silvestro ayant comme thème « En silence pour briser le mur du silence ». Cet événement aura également lieu en silence, entre 15 et 16 heures de l'après-midi, et se terminera par le chant collectif du Credo.

Les participants sont membres d’associations, de groupes et blogs parmi les plus connus de défense de la foi et de la morale de l'Église.

Voici le texte du communiqué de presse publié par les organisateurs:

Seigneur, congrega nos de nationibus (Ps 105, 47) !


Il s’agit d’un rassemblement de laïcs catholiques, venus de différents pays, avant tout pour demander au Seigneur de réunir tous ceux qui militent pour la bonne cause, afin de former une seule et même armée contre les ennemis de Dieu et de l’Eglise.

Sur cette place, nous voulons offrir l’expression symbolique mais réelle de notre volonté de résister et de ne pas reculer dans le combat à mener pour la défense de la Foi, mais notre rassemblement va au-delà des limites de ce lieu et de cette journée : il entend réunir tous les fils de l’Eglise militante qui s’unissent à nous par la pensée et la prière.

Les ennemis ont pénétré au sein de la citadelle et se mettent à vénérer les idoles jusque dans le sanctuaire “ubi sedes beatissimi Petri et Cathedra veritatis ad lucem gentium constituta est” (Exorcisme de Léon XIII).  Au pied du Château Saint-Ange, la forteresse qui défendit la Papauté en maintes occasions au cours de son histoire, nous invoquons les Anges, et en particulier saint Michel, prince des milices célestes, afin qu’ils protègent les défenseurs de l’Eglise et de la Civilisation chrétienne et mettent en fuite leurs ennemis.

La confusion, qui est la fumée de Satan, a envahi le champ de bataille. Pour vaincre les forces du néant, il nous faut la pureté de la doctrine, la clarté des paroles, la fermeté de l’exemple, l’accord de l’âme et des oeuvres, parce que, comme l’enseigne saint Paul “Si la trompette rend un son confus, qui se préparera au combat ?” (I Cor. 14, 8).

Pour que cela advienne, nous demandons à la Vierge Marie, Reine des Anges, de faire de nous, à son image, aujourd’hui et toujours, une Acies ordinata (Cantique des Cantiques 6, 3; 6, 9), une armée prête à combattre, avec cette sérénité que seule procure la paix du Christ, cette paix qui habite nos coeurs et que nous souhaitons voir s’étendre au monde entier.


                                                                      Rome, 28 septembre 2019
                                                                      Vigile de la Fête de Saint Michel Archange








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15 mai, 2016

Le cardinal Burke appelle les catholiques à témoigner de l'intégralité de leur foi : conférence au Rome Life Forum 2016

Honorant une nouvelle fois de sa présence le Rome Life Forum organisé par Voice of the Family et LifeSiteNews, le cardinal Raymond Leo Burke a donné une conférence sur Le martyre pour la foi en notre temps, d'une très grande actualité.

Je vous en propose ci-dessous ma traduction de travail, non révisée par Son Eminence le cardinal Burke. Texte très important dans le contexte actuel, alors que l'Exhortation Amoris laetitia est analysée dans des sens diamétralement opposés. Ce blog publiera prochainement un entretien exclusif réalisé avec le cardinal Burke à Rome le 9 mai dernier.

“Voice of the Family” a mis en ligne la vidéo intégrale de la conférence, donnée en anglais. – J.S.

Conférence du cardinal Burke pour le “Rome Life Forum 2016”, Rome, le 7 mai
“Le martyre pour la foi en notre temps”

Cela me fait très grand plaisir de m'exprimer devant le Rome Life Forum et de vous dire ma solidarité avec vous, ses participants, dans l’engagement à sauvegarder et à promouvoir la dignité et inviolable de la vie innocente et sans défense, et à protéger son berceau, le mariage et la famille. Par-dessus tout, je désire vous exprimer ma plus profonde gratitude. J'espère que le temps passé avec vous ainsi que mes paroles seront une source d'encouragement pour la bataille pour la vie et pour le mariage dans laquelle nous sommes tous engagés et pour laquelle nous mobilisons tous.
Une chose m'inquiète particulièrement, c'est une perspective mondaine qui s'impose de plus en plus, une perspective centrée sur l'homme et sur le monde, spécialement au sein de l'Eglise elle-même…

Lire la suite et regarder la vidéo : clic !


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15 janvier, 2016

Contre la confusion dans l’Eglise : le cardinal Burke encourage les catholiques à « prendre le ciel d’assaut » par un rosaire mensuel

HeavenByStorm-1026x233.jpgLe cardinal Raymond Burke a demandé aux catholiques fidèles de « prendre le ciel d’assaut » en se joignant d’intention à lui pour une messe qu'il célébrera chaque mois et en récitant le chapelet ce jour-là. Il a lancé cet appel à l’association de laïcs catholiques Catholic Action for Faith and Family, lors d’une messe qu’il a célébrée le 8 décembre dernier, affirmant la nécessité de prier pour obtenir espérance et conseil pour sortir de la situation actuelle de confusion dans l’Eglise.
L’association a créé un site internet pour soutenir cette initiative « Storm Heaven » afin que les « soldats du rosaire » puisse s’y joindre nommément à ce qui ressemble à un effort de guerre : une guerre qui ne peut être gagnée sans le secours divin. Objectif : un million !
Le porte-parole de l’association, Thomas McKenna, a présenté l’initiative à LifeSiteNews il y a quelques jours :
« En tant que catholiques nous nous trouvons au cœur d’une crise générale de la culture. Nous semblons perdre la bataille contre le mariage homosexuel, nous voyons le Planned Parenthood tuer des bébés et vendre leurs corps par morceaux, et personne ne fait rien pour y mettre fin ; et l’euthanasie arrive par la petite porte », a-t-il souligné, à quoi s’ajoute le fait que la « confusion » au sein de l’Eglise elle-même trouve sa source dans des déclarations publiques faites par des hautes figures de sa propre hiérarchie.
« Le cardinal Burke reçoit les confidences de catholiques du monde entier et il croit qu’ils sont en danger de se décourager et de se laisser abattre. Il leur dit que la réponse réside dans la prière emplie d’espérance. Alors nous proposons un moyen pour se battre, en s’unissant dans la prière », a poursuivi McKenna.
Le cardinal Burke s’est engagé à célébrer la messe du 1er de chaque mois aux intentions générales et personnelles des « soldats du rosaire », chacun d’entre eux promettant à son tour de prier aux intentions de tous.
Les fidèles qui s’inscrivent sur le site s’engagent de leur côté à dire le chapelet le 1er de chaque mois pour « prendre le ciel d’assaut », répondant en cela à une exhortation déjà ancienne – le bienheureux Pie IX disait dans hésiter : « Je ferai la conquête du monde si j'avais une armée qui dise le chapelet. »
Parmi les intentions personnelles et générales proposées par Storm Heaven : la famille, institution si attaquée à travers le monde, la conversion des pécheurs à la vraie Foi, la rédemption de chaque âme, la sanctification de chaque catholique, la grâce d’être un soldat fidèle du Christ dans le combat contre le monde, la chair et le démon, les grâces nécessaires pour mettre fin à l’avortement, pour faire cesser l’offensive de la révolution homosexuelle, pour revenir sur la légalisation du mariage homosexuel, pour arrêter l’avancée du suicide assisté et de l’euthanasie, pour mettre fin à la culture de mort sous toutes ses formes et pour établir la culture de vie dans toutes les âmes, dans tous les esprits et dans tous les cœurs, et pour chaque nation sur terre.
S’y ajoutent des prières pour l’Eglise elle-même : « Pour notre sainte Mère l’Eglise, afin que Notre Seigneur guide le pape, les évêques et tous les membres du clergé vers la sainteté en toutes choses, qu’ils soient de fidèles pasteurs, des phares de vérité, les défenseurs du bien… Que toute confusion soit chassée des cœurs et des esprits de tous et que la lumière de la vérité les éclaire. »
Pour s’inscrire – en anglais pour l’heure – c’est par là.

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07 octobre, 2015

Synode sur la famille : les catholiques doivent cesser de mal parler des homosexuels et « embrasser la réalité telle qu’elle est »

Les catholiques doivent cesser de parler de manière condescendante aux homosexuels et éviter de leur montrer de la « pitié », et plutôt les accueillir comme des fils et des filles de l’Eglise : voilà ce qu’ont entendu en ce deuxième jour du synode sur la famille les pères synodaux pendant leur réunion à huis clos. Une demi douzaine d’évêques ont défendu ce point de vue qui a été ensuite rapporté à la presse lors du « briefing » du soir, notamment par le P. Tom Rosica, chargé de rendre compte du synode en présentant des synthèses à la presse anglophone.
Le P. Rosica a affirmant que ces évêques estiment qu’il faut « en finir avec le langage d’exclusion, et mettre fortement l’accent sur la nécessité d’embrasser la réalité telle qu’elle est. Nous ne devons pas avoir peur de situations nouvelles et complexes », a-t-il résumé. Il visait explicitement non seulement les homosexuels, mais encore les couples vivant en concubinage ou, pour ce qui concerne certaines nations africaines, les mariages polygames.
Ils ont appelé « à une nouvelle forme de langage, en particulier lorsqu’on parle des homosexuels… Nous n’avons pas pitié des personnes gay mais nous les reconnaissons pour ce qu’ils sont. Ils sont nos fils et nos filles, nos frères et nos sœurs, nos voisins et nos collègues. »
Le P. Rosica, qui suit les réunions du synode, a déclaré que ces évêques qui plaident pour une Eglise plus accueillante aux homosexuels ont soutenu que les gays ne doivent pas être considéré comme des « gens de l’extérieur » et que l’Eglise doit leur tendre « une main accueillante en tant qu’ils sont notre chair et notre sang ».
Le blog Rorate Cæli note aujourd’hui que c’est précisément ce moment qu’a choisi la presse espagnole pour publier la photo du transsexuel qui avait été accueilli en janvier par le pape à la Maison Sainte-Marthe avec sa « fiancée ».

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27 mai, 2015

P. Linus Clovis : « l'Effet François » désarme des catholiques qui n'osent plus affirmer la doctrine catholique

Les 8 et 9 mai s'est tenue à Rome une série de conférences dans le cadre du Forum sur la vie, co-organisé par “Voice of the Family”, LifeSiteNews et Human Life International et, sur place, par “Famiglia Domani”. Je vous propose ici la traduction de l'allocution de l'abbé Linus Clovis, prêtre à Sainte-Lucie, aumônier du Population Research Institute, qui œuvre à la diffusion du message et des demandes de Notre Dame de Fatima, sur l'« Effet François » et la manière dont certains propos du pape sont parvenus à faire taire des catholiques sur les vérités de la foi et de la morale catholiques.

Ce texte, je le verse au débat en sachant qu'il va peut-être choquer certains, paraître irrespectueux ou inopportun. Que les choses soient donc clairement dites : il ne s'agit pas, dans mon esprit – pas plus, comme le montrent les conclusions de ce texte, que dans celui du P. Clovis – d'un appel à la déloyauté, à la critique malveillante du Saint-Père. Mais il ne faut pas non plus taire la confusion qui règne ni la manière dont l'exploitation de certains propos du pape par les médias laissent croire que la doctrine serait en train de changer.

Nous savons que la doctrine ne changera pas, et que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre l'Eglise qui a la promesse de la vie éternelle. Nous savons que c'est seulement en son sein, et sous la conduite du Saint-Père assisté par le Saint-Esprit, que nous atteindrons le bon port.

Cela n'empêche pas de poser le problème tel qu'il est aujourd'hui, avec une filiale inquiétude et une non moins filiale confiance. Mais pour autant que nous avons un rôle à jouer dans cette crise qui est réelle au sein de l'Eglise – et nous l'avons par rapport à nous-mêmes et à nos prochains – il me paraît important de faire connaître cette réflexion, qui porte sur le droit du laïc de rappeler la vérité qu'il sait immuable.

J.S.


P. Linus Clovis
Une crise est un temps de grandes difficultés ou de danger. Sur le plan médical, c’est le tournant
décisif d’une maladie où un changement important se produit, débouchant sur la guérison ou sur la mort.
Mgr Athanasius Schneider a identifié quatre grandes crises dans l’Eglise : l’arianisme, le schisme d’Occident, la réforme et le modernisme. Ce dernier, contre lequel l’Eglise se bat depuis bien plus d’un siècle est parvenu à opérer une mainmise sur l’Eglise depuis la clôture du Concile Vatican II.  Saint Pie X l’a qualifié de synthèse de toutes les hérésies.
Au cours de ces cinquante dernières années la majorité des catholiques, faisant confiance à la vigilance de leurs pasteurs, ont dormi de manière irrégulière, mais les voici subitement réveillés par l’alarme déclenchée par le synode extraordinaire sur la famille de 2014. Un futur Jérôme pourrait bien se lamenter de voir qu’en se réveillant « ils se découvrent, avec horreur, modernistes ». Le drame du Synode qui s’est joué dans les médias, où tel cardinal était opposé à d’autres cardinaux, les évêques contre des évêques et les conférences nationales des évêques faisant de la résistance face à d’autres conférence nationale, semble être la réalisation littérale de la prophétie de Notre-Dame à Akita le 13 octobre 1973 : « L’action du diable s’infiltrera même dans l’Église, de sorte qu’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, des évêques contre d’autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent seront méprisés et combattus par leurs confrères… l’Église sera pleine de ceux qui acceptent les compromis. »
Soudain, certains pasteurs ont commencé à parler d’une voix étrange. Avec une  témérité stupéfiante, le cardinal Timothy Dolan, commentant le « coming out » d’une star gay du football américain, a déclaré au programme « Meet the press » de NBC : « Tant mieux pour lui, je n’ai aucunement l’idée de le juger… Dieu te bénisse. Je ne pense pas… Regardez, la même Bible qui nous dit, qui nous enseigne bien en ce qui concerne les vertus de chasteté et de fidélité, et le mariage, nous dit également de ne pas juger les gens. Alors j’aurais envie de dire “Bravo”. »
Confrontés à de telles déclarations et de telles actions de la part de prélats puissants, de premier plan, que vient couronner la scie pontificale du « qui suis-je pour juger », les évêques de tournure traditionnelle, les prêtres et même les laïque sont désarmés et paralysés. Après tout, s’ils restent fermement attachés à l’enseignement moral et à l’ordre catholique traditionnels, ils risqueraient d’être tôt accusés d’être plus catholiques que le pape. Ce désarmement du clergé et de la hiérarchie constitue « l’Effet François ».
Le Pape





  Pour écouter la conférence en anglais, “clic” sur la flèche.
                                                           Source : LifeSiteNews.

 Les catholiques aiment le pape. Qui qu’il soit, où qu’il vienne, il représente toujours pour eux un signe évident et efficace de la présence du Christ dans le monde. Même avant que Notre Dame ne demande aux enfants de Fatima de prier pour le Saint Père, elle qui a répété cette demande à Akita le 13 octobre 1973 en disant : « Priez beaucoup pour le pape, les évêques et les prêtres », les catholiques priaient quotidiennement pour lui et ils ne se tournent pas seulement vers lui comme chef mais le considère également comme cette fondation ferme et sûre sur laquelle repose l’autorité de l’Eglise pour enseigner. Pour les catholiques, la pureté de l’enseignement est tellement importante qu’il est en fait plus facile pour eux d’accepter la possibilité que le pape puisse ne pas être le pape, qu’il ne l’est de croire qu’un pape puisse enseigner l’erreur.
Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC)  enseigne que « la transmission de l’Évangile s’est faite de deux manières : oralement (la sainte tradition) et par écrit (l’Ecriture sainte) » et qu’il est « continuellement proclamé à travers la succession apostolique » (le Magistère). Il définit l’Ecriture sainte comme « la parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit ». Etant inspirée par Dieu, elle est « utile pour enseigner, pour reprendre, pour corriger, pour instruire dans la justice ». Au paragraphe 81, le Catéchisme affirme que « la sainte Tradition porte la parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l’Esprit Saint aux apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs, pour que, illuminés par l’Esprit de vérité, en la prêchant, ils la gardent, l’exposent et la répandent avec fidélité ».
Tout au long de ses lettres Saint-Paul insistait sur le fait qu’il n’avait pas inventé une nouvelle doctrine et qu’il n’avait pas dévié de ce que lui-même avait reçu. En ce qui concerne l Eucharistie en particulier il déclarait : « Car j’ai appris du Seigneur ce que je vous ai moi-même transmis, que le Seigneur, la nuit où il était livré, prit du pain… » (1Cor.11:23) ; et il prévenait encore dans le verset 29 que « quiconque mange et boit indignement, mange et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur ». Avec plus de force encore, il dit aux Galates que certains cherchent à pervertir l’Evangile du Christ, de telle sorte que « si quelqu’un, fût-ce nous-même ou un ange du ciel, vous annonçait un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! » (Gal. 1, 8).
En ce qui concerne le Magistère ou la charge d’enseignement propre à l’Eglise, le Catéchisme en son paragraphe 85 déclare que « la charge d’interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise, a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église ». Puisque l’Eglise exerce son autorité au nom de Jésus Christ, il s’ensuit que la « charge d’interpréter » a été transmise « aux évêques en communion avec le successeur de Pierre, l’évêque de Rome ».
En outre, le Catéchisme dans son paragraphe 86 souligne encore que « le Magistère n’est pas au-dessus de la parole de Dieu, mais il la sert, n’enseignant que ce qui fut transmis, puisque par mandat de Dieu, avec l’assistance de l’Esprit Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde saintement et l’expose aussi avec fidélité, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu’il propose à croire comme étant révélé par Dieu ».
Le Magistère possède l’autorité de lier définitivement les consciences des fidèles en matière de foi ou de morale et le fait au moyen de définitions dogmatiques, comme le montre CCC § 88 : « Le Magistère de l’Église engage pleinement l’autorité reçue du Christ quand il définit des dogmes, c’est-à-dire quand il propose, sous une forme obligeant le peuple chrétien à une adhésion irrévocable de foi, des vérités contenues dans la Révélation divine ou bien quand il propose de manière définitive des vérités ayant avec celles-là un lien nécessaire. »
Le Magistère pontifical selon l’enseignement de Vatican 1 (D.3070) n’a pas été établi en vue de révéler une nouvelle doctrine mais plutôt pour garder et transmettre fidèlement les vérités de la foi confiées par le Christ à ses apôtres. « Car le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierr pour qu’ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi. »
Alors que les fidèles doivent obéissance au pape en tant que Vicaire du Christ, le  pape lui-même doit obéissance à la Parole et à la Tradition apostolique et par ce moyen, il facilite l’obéissance des fidèles à son égard. Dans un monde qui n’est pas sans ressemblance avec celui « où il se passera des jours nombreux, pendant lesquels Israël sera sans vrai Dieu, sans prêtre, sans docteur et sans loi » (2 Chr. 15,3)  il est nécessaire que le pape se montre sage et clair dans son enseignement afin que ceux qui l’écoutent puissent éviter les pièges de la mort : « Veille sur toi-même et sur l’enseignement, persévère dans ces choses, car en faisant cela, tu te sauveras toi-même et ceux qui t’écoutent. »
Le pape Félix III, qui vivait dans un monde hostile au message de l’Évangile, voyait la nécessité de corriger l’erreur et de renforcer la vérité, affirmant qu’une erreur à laquelle on ne résiste pas est approuvée ; une vérité qui n’est pas défendue est supprimée.
Le pape François
Dès la première année de son pontificat, le pape François a réussi à mettre mal à l’aise même les moins critiques des catholiques, qui essayaient désespérément de justifier l’ambiguïté de ses paroles et de ses actions. Le fait que les ennemis traditionnels de l’Eglise lui réservent leur haute approbation suscite des inquiétudes, notamment en raison de la mise en garde du Seigneur : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui ; mais parce que vous n’êtes point du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, c’est pour cela que le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi : s’ils ont gardé mes paroles, ils garderont aussi les vôtres. »
Les inquiétudes des catholiques ont grandi de manière proportionnelle à la densité du brouillard recouvrant la véritable position du pape sur les questions clefs. On raconte qu’en tant qu’archevêque de Buenos Aires, désirant apparemment être aimé de tous, de faire plaisir à tous il avait tendance à émettre des signaux mélangés, de telle sorte qu’« un jour il était capable de faire un discours contre l’avortement à la télévision, et le lendemain, dans la même émission, on le voyait bénir les féministes pro-avortement de la Plaza de Mayo. Il peut faire un discours magnifique contre les francs-maçons et, quelques heures plus tard, dîner et boire avec le Rotary Club. Saint Jean rapporte que certains de ceux qui suivaient le Christ était des pharisiens : « Plusieurs néanmoins des sénateurs mêmes crurent en lui ; mais à cause des pharisiens ils n’osaient le reconnaître publiquement, de crainte d’être chassés de la synagogue. Car ils ont plus aimé la gloire des hommes, que la gloire de Dieu. »
L’effet François consiste à désarmer et à réduire au silence les évêques catholiques, les prêtres et le laïcat. Rester fermement attaché à la doctrine catholique et à sa pratique ressemble à un acte de déloyauté à l’égard du pape ; mais acquiescer, c’est trahir l’Eglise.
A la consternation des catholiques et pour la plus grande satisfaction du monde, le pape François a suscité de nombreuses et importantes controverses, la plus remarquable d’entre elles étant son commentaire : « Qui suis-je pour juger ? » Cette question pontificale a aussitôt désarmé tous ceux qui résistent aux incursions du lobby gay. Le Saint-Père s’était abstenu de faire les distinctions requises, à savoir que l’Église ne juge pas les personnes mais qu’elle a le droit et le devoir de juger leurs actions et leurs enseignements. L’Eglise n’a jamais jugé la morale personnelle des archi-hérétiques eux-mêmes, mais elle a certainement mise en garde les fidèles quant au caractère pernicieux de leurs enseignements. Lorsqu’il écrit aux Corinthiens, saint Paul lui-même valide cette position : « Mais quand je vous ai écrit que vous n’eussiez point de commerce avec ces sortes de personnes, j’ai entendu que si celui qui est du nombre de vos frères, est fornicateur, ou avare, ou idolâtre, ou médisant, ou ivrogne, ou ravisseur du bien d’autrui, vous ne mangiez pas même avec lui. Car pourquoi entreprendrais-je de juger ceux qui sont hors de l’Eglise ? N’est-ce pas de ceux qui sont dans l’Eglise que vous avez droit de juger ? Dieu jugera ceux qui sont dehors ; mais pour vous, retranchez ce méchant du milieu de vous. » (1 Cor. 5 :11-13).
Les catholiques se sont inquiétés encore davantage lorsque les déclarations pontificales semblaient s’en prendre au troupeau : on se souvient l’assertion selon laquelle « c’est une présumée sécurité doctrinale ou disciplinaire qui donne lieu à un élitisme narcissique et autoritaire » ; et de son accusation selon laquelle on parle trop de la contraception  et de l’avortement. Qui, hormis les provie, cela pouvait-il viser ? Vittorio Messori, dans son livre En défense de chaque vie, cite Jean-Paul II qui disait : « Il est difficile d’imaginer une situation plus injuste (que l’avortement), et il est très difficile de parler l’obsession à ce propos, alors que nous parlons d’un impératif fondamental de toute bonne conscience : la défense du droit à la vie d’un être humain sans défense et innocent ».
 La très grande majorité des catholiques peut témoigner de ce qu’en général les prédicateurs de l’Evangile n’évoquent jamais les questions de la contraception ou de l’avortement. Mais à propos de ces choses, saint Paul ordonne aux prédicateurs de « presser les hommes à temps et à contre-temps ; reprenez, suppliez, menacez, sans vous lasser jamais de les tolérer et de les instruire » (2 Tim. 4 :2)
L’affaire « Rabbitgate » (l’affaire des « lapins ») a été particulièrement blessante pour les mères catholiques du monde entier, spécialement celles qui ont donné naissance à leurs enfants au prix de lourds sacrifices personnels. Le pape qui avait déclaré « Qui suis-je pour juger » dit désormais : « J’ai admonesté une femme qui en était à sa huitième grossesse après sept césariennes ; [je lui ai dit :] "Vous voulez que vos enfants soient orphelins ?". Il ne faut pas tenter Dieu… Il (Paul VI) parle de paternité responsable. »
Non content de reprendre cette femme-là, il a étendu son jugement au monde entier : « Oui, Dieu nous donne des moyens… Mais excusez-moi, il y en a qui croient que pour être de bons catholiques, on doit être comme des lapins ! Paternité responsable : pour cela, dans l’Église, il y a des groupes  conjugaux, des experts sur ces questions, et il y a aussi des pasteurs. Et je connais de nombreux moyens licites, qui ont aidé dans ce domaine. »
Dans l’actuel climat d’impératifs pastoraux, sa position sur Humanae Vitae, la pierre d’angle de l’éthique sexuelle catholique, est incertaine, d’autant plus qu’on parle d’aller au-delà de ce que l’encyclique enseigne. Tout aussi alarmante est son apparente ouverture au « mariage gay » sous forme d’« unions civiles ». Mais le plus troublant est bien son soutien déclaré au cardinal Kasper qui, lors du synode de 2014, a appelé à permettre aux divorces remariés d’accéder à l’Eucharistie sans changer au préalable leur statut marital. Cela a touché les catholiques au vif et a suscité des inquiétudes quant à l’orthodoxie du pape.
Ces déclarations papales ambiguës n’ont pas seulement suscité de l’inquiétude mais aussi de la confusion parmi les catholiques qui pour la plupart, hésitent à critiquer ou à juger le pape. Mais ici comme précédemment il faut faire une distinction : ce n’est pas la personne du pape que l’on juge mais plutôt ses actions. Il faut préciser aussi que le jugement de ses actions ne vise pas à produire de l’indignation, mais qu’au contraire il est porté parce que ces actions sont cause d’indignation parmi les fidèles et menacent leur foi.
Ce jugement à propos du pontife peut se faire en invoquant l’autorité de saint Paul qui dit aux Galates : « Or Céphas étant venu à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était répréhensible. Car avant que quelques-uns qui venaient de la part de Jacques fussent arrivés, il mangeait avec les gentils ; mais après leur arrivée, il se retira, et se sépara d’avec les gentils, craignant de blesser les circoncis. Les autres Juifs usèrent comme lui de cette dissimulation, et Barnabé même s’y laissa aussi emporter. Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas devant tout le monde : Si vous qui êtes Juif, vivez comme les gentils, et non pas comme les Juifs, pourquoi contraignez-vous les gentils de judaïser ? »
Il y a un précédent dans l’histoire justifiant un tel jugement sur les actions du pape. Les théologiens de l’Université de Paris, des cardinaux, des évêques et des rois se sont opposés à Jean XXII (1316-1334) lorsque, à l’occasion de ses homélies du dimanche, il enseignait de manière erronée que les bienheureux ne verront pas Dieu avant le Jugement dernier. Au 16e siècle Melchior Cano, le théologien espagnol au concile de Trente, mettait en garde contre l’obséquiosité à l’égard du pape : « Mais il faut brièvement dire maintenant que ceux qui défendent aveuglément et sans discernement n’importe quel jugement du souverain pontife dans n’importe quelle matière affaiblissent l’autorité du Siège apostolique ; ils ne le soutiennent pas, ils le subvertissent… Pierre n’a nul besoin de nos mensonges ; il n’a nul besoin de notre adulation. »
A notre époque le code de droit canonique de 1983 reconnaît également le droit des fidèles à cet égard, quand il déclare : « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l'Église et de la faire connaître aux autres fidèles… »
Conclusion
L’Eglise est désormais confrontée au spectacle de cardinaux et d’évêques en conflit ouvert à propos de la doctrine et de mesures pastorales. Au synode extraordinaire sur la famille en 2014 les principaux membres de la hiérarchie de l’Église, a quelques notables exceptions près, ont ouvertement et publiquement débattu du contournement des paroles même de Notre Seigneur Jésus-Christ afin d’institutionnaliser la révolution sexuelle dans l’Eglise par l’accès des divorcés remariés à la communion. Si l’on accepte cela, alors Clément VII a eu tort dans son attitude à l’égard d’Henri VIII et la réforme anglaise était sans objet. De plus, pourquoi les couples qui cohabitent et les homosexuels pratiquants, non repentants se verraient-ils refuser la communion ? Il y a dans tout cela quelque chose de déjà vu : « Et en même temps tous les princes des prêtres et le peuple s’abandonnèrent à toutes les abominations des gentils, et profanèrent la maison du Seigneur, qu’il avait sanctifiée pour soi à Jérusalem. Or le Seigneur, le Dieu de leurs pères, leur adressait souvent sa parole par l’entremise de ceux qu’il leur envoyait ; et il s’empressait de leur donner chaque jour des avertissements, parce qu’il voulait épargner son peuple et sa maison. Mais eux se moquaient des personnes que Dieu leur envoyait, ils méprisaient ses paroles, et traitaient très-indignement ses prophètes, jusqu’à ce que la fureur du Seigneur s’élevât contre son peuple, et que le mal fût sans remède. Car il fit venir contre eux le roi des Chaldéens, qui égorgea leurs enfants dans la maison de son sanctuaire, sans avoir pitié ni des jeunes gens, ni des jeunes filles, ni des personnes âgées, ni même de ceux qui étaient dans la dernière vieillesse : Dieu les livra tous entre ses mains. » (2 Chr. 36, 14-17)
Alors que l’islam grandit en force, pourrait-il apporter à notre temps un remède comparable à celui apporté par le roi chaldéen ?
L’effet François consiste à désarmer et à réduire au silence les évêques catholiques, les prêtres et le laïcat. Rester fermement attaché à la doctrine catholique et à sa pratique ressemble à un acte de déloyauté à l’égard du pape ; mais acquiescer, c’est trahir l’Eglise. Les catholiques demandent, avec Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? » (Jn 6,29). Il est impératif qu’ils demeurent au sein de l’Eglise et qu’ils restent armés car, si les pasteurs sont descendus comme Aaron pour se joindre aux Bacchanales, alors l’Eglise a besoin de Lévites : « Moïse voyant donc que le peuple était demeuré tout nu (car Aaron l’avait dépouillé par cette abomination honteuse, et l’avait mis tout nu au milieu de ses ennemis, se tint à la porte du camp, et dit : Si quelqu’un est au Seigneur, qu’il se joigne à moi. Et les enfants de Lévi s’étaient tous assemblés autour de lui… » (Ex 32, 25-27). Le Christ avait déjà mis en garde contre ce temps, disant : « Alors on vous livrera aux magistrats pour être tourmentés, et on vous fera mourir ; et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. En ce même temps plusieurs trouveront des occasions de scandale et de chute ; ils se trahiront, et se haïront les uns les autres. Il s’élèvera plusieurs faux prophètes, qui séduiront beaucoup de personnes. Et parce que l’iniquité abondera, la charité de plusieurs se refroidira. Mais celui-là sera sauvé, qui persévérera jusqu’à la fin. »(Mt. 24, 9-13).
L’Eglise est face à une crise : une crise aussi grave que celle de l’arianisme. Sa résolution apportera le rétablissement ou la mort. Pour assurer le rétablissement, les catholiques doivent rester dans l’Eglise et rester pleinement armés. A cette fin, cinq choses sont nécessaires :
Premièrement, priez. Le combat appartient au Seigneur. (Lc 21, 36). Priez surtout pour le pape de même que l’Eglise des premiers temps priait sans cesse pour Pierre (Actes 12, 5.)
Deuxièmement, étudiez. Les catholiques doivent connaître la foi, être bien au fait des Ecritures, savoir l’enseignement constant de l’Eglise, et comprendre les principes de la théologie morale. Saint Athanase était seul face au monde et donc : « Souvenez-vous de vos conducteurs, qui vous ont prêché la parole de Dieu ; et considérant quelle a été la fin de leur vie, imitez leur foi. Jésus-Christ était hier, il est aujourd’hui, et il sera le même dans tous les siècles. Ne vous laissez point emporter à une diversité d’opinions et à des doctrines étrangères. » (Heb. 13, 7-9).
Troisièmement, transmettez la foi en l’enseignant et en la partageant au sein de la famille, en pratiquant et en priant ensemble, et les uns pour les autres, en tant que familles.
Quatrièmement, soutenez-vous les uns les autres ainsi que toutes les organisations et tous ceux qui s’expriment qui sont vraiment et authentiquement catholiques. Les 500 prêtres qui ont signé une lettre ouverte demandant que le synode sur la famille promeuve la doctrine catholique doivent être loués et soutenus par tous les catholiques inquiets.
Cinquièmement, préparez-vous pour le martyre. Dans le Nobis quoque du canon romain nous prions : « Et à nous aussi pécheurs, vos serviteurs, qui mettons notre espérance en votre miséricorde infinie, daignez nous accorder une place dans la communauté de vos Saints Apôtres et Martyrs, de Jean, Etienne, Matthias, Barnabé… et de tous Tes Saints ; admettez-nous en leur compagnie, nous vousen supplions, sans considérer nos mérites mais votre miséricorde. Par le Christ notre Seigneur. Amen.
Père Linus Clovis
(Traduction : Jeanne Smits.)

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