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09 juin, 2020

Mgr Athanasius Schneider : la foi en Dieu et l'adoration des catholiques et musulmans n'est pas la même

Après la parution d'une tentative d'interprétation orthodoxe du Document d'Abu Dhabi sur la Fraternité humaine par le cardinal Gerhard Müller dans la revue Communio au mois de mars, où l'ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi souligne que ce Document « correspond dans son intention à la Déclaration générale des droits des Nations unies de 1948), Mgr Athanasius Schneider a fait paraître une Déclaration qui met en évidence les affirmations les plus inacceptables du Document d'Abu Dhabi, en expliquant pourquoi.

Le cardinal Müller estime que les deux signataires, le pape François et le grand imam Al-Tayeb, n'ont pas abandonné « leurs confessions de foi individuelles », ni produit un document « relativiste », mais s'opposent ensemble à une conception du monde « sociale-darwiniste », au nom de « ceux qui croient en Dieu le Créateur tout-puissant et bienveillant », au moyen « du principe de la fraternité universelle ». Le cardinal Müller demande que le Document soit interprété à travers les « bonnes intentions » de ses auteurs plutôt qu'en se focalisant « sur la précision académique de ses expressions ».

Mgr Schneider a préféré la voie plus précise consistant à révéler les ambiguïtes et à réfuter les erreurs du Document.

Je vous propose ici la traduction de son texte publié par LifeSiteNews il y a quelques jours, aimablement proposée par Bruno de Caumont et révisée par mes soins.

*

DÉCLARATION DE Mgr ATHANASIUS SCHNEIDER


Il n’y a pas de foi commune en Dieu ni d’adoration commune de Dieu partagée par les catholiques et les musulmans.

L’affirmation la plus erronée et la plus dangereuse du Document d’Abu Dhabi sur la Fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune (signé par le pape François et le grand imam d’Al-Azhar Ahmad Al-Tayyeb le 4 février 2019) est la suivante :

« Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains. Cette Sagesse divine est l’origine dont découle le droit à la liberté de croyance et à la liberté d’être différents. » Dire que, tout comme Dieu veut positivement la diversité des sexes masculin et féminin et la diversité des nations, il en va de même de la même manière de la diversité des religions, contredit la Révélation divine.

Le Document d’Abu Dhabi évoque également une foi commune en Dieu, par exemple : « C’est un document » qui invite « toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine ». Ici, le sens de la foi elle-même est ambigu et, de plus, le sens de la foi en Dieu se situe au niveau naturel de la croyance « dans la fraternité humaine ». C’est théologiquement faux et trompeur.

Le sens du mot « foi » est donné par Jésus-Christ lui-même, et donc par la Révélation divine. Il n’y a « qu’un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême » (Éph. IV, 5), « car tous les hommes n’ont pas la foi » (2 Thess. III, 2). Jésus-Christ, le Fils incarné de Dieu, est « l’auteur et le consommateur de la foi » (Hébreux XII, 2). Quiconque ne croit pas en Jésus-Christ le Fils de Dieu n’a pas de foi et ne plaît pas à Dieu, comme le dit le Seigneur : « Celui qui croit en lui n’est pas jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il ne croit pas au nom du Fils unique de Dieu » (Jn III, 18), et « Celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la vie ; mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jn III, 36)

Le Catéchisme de l’Église catholique dit : « Pour le chrétien, croire en Dieu, c’est inséparablement croire en Celui qu’Il a envoyé, “son Fils bien-aimé” en qui Il a mis toute sa complaisance (cf. Mc I, 11) ; Dieu nous a dit de L’écouter (cf. Mc IX, 7). Le Seigneur Lui-même dit à ses disciples : “Croyez en Dieu, croyez aussi en moi” (Jn XIV, 1) (CEC n. 151). « Foi » et « croire » ne signifient pas la connaissance de Dieu par la lumière naturelle de la raison, mais un don surnaturel de Dieu, par lequel « poussés et aidés par la grâce divine, concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher (Rm X, 17), ils vont librement vers Dieu, croyant qu’est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis » (Concile de Trente, décret sur la justification, sess. 6, chap. 6)

L’Église a toujours enseigné, notamment lors du premier concile du Vatican que « la condition de ceux qui ont adhéré à la vérité catholique par le don divin de la foi n'est nullement la même que celle de ceux qui, conduits par les opinions humaines, suivent une fausse religion. » (Constitution dogmatique Dei Filius, chap. 3)

Le même Concile enseigne : « Dans son enseignement qui n'a pas varié l'Église catholique a tenu et tient aussi qu'il existe deux ordres de connaissances, distincts non seulement par leur principe, mais encore par leur objet : par leur principe, attendu que dans l'un nous connaissons par la raison naturelle, dans l'autre par la foi divine ; par leur objet, parce qu'en dehors des choses auxquelles la raison naturelle peut atteindre, il y a des mystères cachés en Dieu, proposés à notre croyance, que nous ne pouvons connaître que par la révélation divine » (Constitution dogmatique Dei Filius, chap. 4)

Affirmer que les musulmans adorent avec nous le seul Dieu (« nobiscum Deum adorant »), comme l’a fait le Concile Vatican II dans Lumen Gentium n.16, est théologiquement une affirmation très ambiguë. Que nous, catholiques, adorions avec les musulmans le seul Dieu n’est pas vrai. Nous n’adorons pas avec eux. Dans l’acte d’adoration, nous adorons toujours la Sainte Trinité, nous n’adorons pas simplement « le Dieu unique » mais, plutôt, la Sainte Trinité, explicitement – Père, Fils et Saint-Esprit. L’islam rejette la Sainte Trinité. Lorsque les musulmans adorent, ils n’adorent pas au niveau surnaturel de la foi. Même notre acte d’adoration est radicalement différent. Il est essentiellement différent. Précisément parce que nous nous tournons vers Dieu et l’adorons comme des enfants constitués dans la dignité ineffable de l’adoption filiale divine, et nous le faisons avec une foi surnaturelle. Mais les musulmans n’ont pas une foi surnaturelle. Les musulmans n’ont qu’une connaissance naturelle de Dieu. Le Coran n’est pas la révélation de Dieu, mais une sorte d’anti-révélation de Dieu, car le Coran nie expressément la révélation divine de l’Incarnation, de la divinité éternelle du Fils de Dieu, du sacrifice rédempteur du Christ en croix, et nie donc la vérité de Dieu, la Sainte Trinité. Bien sûr, lorsqu’une personne adore sincèrement Dieu le Créateur – comme la majorité des simples musulmans, elle adore Dieu par un acte d’adoration naturel, fondé sur la connaissance naturelle de Dieu, le Créateur. Tout non-chrétien, toute personne non baptisée, y compris un musulman, peut adorer Dieu au niveau de la connaissance naturelle de l’existence de Dieu. Ils adorent dans un acte naturel d’adoration le même Dieu que nous adorons dans un acte surnaturel et avec une foi surnaturelle en la Sainte Trinité. Mais ce sont deux actes d’adoration essentiellement différents : l’un est un acte de connaissance naturelle et l’autre est un acte de foi surnaturelle. Les actes d’adoration, et les actes de connaissance sur lesquels ils sont fondés, sont substantiellement différents, bien que l’objet soit le même en ce qu’il est le même Dieu. Peut-être pourrait-on formuler cela ainsi : « Les musulmans adorent Dieu dans un acte d’adoration naturelle, et donc d’une manière sensiblement différente de nous, catholiques, puisque nous adorons toujours Dieu avec une foi surnaturelle. »

L’acte subjectif d’adoration des musulmans est également différent parce que leur compréhension de Dieu est différente de la nôtre. Il faut garder à l’esprit le fait que les musulmans, acceptant des assertions au sujet de Dieu qui ne sont pas d’origine divine, risquent de proposer une fausse connaissance et un faux culte à Dieu même au niveau naturel.

Le Document d’Abu Dhabi fait des demandes sur le fondement « notre foi commune en Dieu ». Cependant, ceux qui suivent l’islam voient Dieu comme distant, dépourvu d’une inter-relation personnelle, et c’est une idée de Dieu très défectueuse. Une part considérable des musulmans ont une image déformée et fausse de Dieu, ils Le voient comme incapable de communiquer personnellement avec nous, et que nous ne pouvons pas aimer vraiment et personnellement en tant que notre Père et en tant que notre Rédempteur.

Il faut aussi considérer le fait que la conception musulmane de Jésus est constitué par le rejet de l’idée chrétienne, car le Coran déclare que Dieu ne peut pas avoir de Fils, et donc ils rejettent l’Incarnation même s’ils acceptent la naissance virginale. Par conséquent, il est inexact d’assimiler leur vénération de Jésus à notre adoration de Jésus en tant que Dieu incarné et Rédempteur de l’humanité ; et leur vénération de Marie n’est pas la même que notre vénération de Marie en tant que Mère de Dieu. Par conséquent, nous ne pouvons pas apprendre d’eux comment entrer correctement en relation avec Jésus ou Marie. De plus, leur manière de comprendre que la vie est « pour » Dieu n’est pas la même que la nôtre, car Jésus a enseigné que Dieu est notre Père, que nous vivons pour lui, afin d’augmenter notre amour pour lui et d’être heureux avec lui pour toujours, alors que leur conception de la vie pour Dieu est celle d’une vie d’esclave au service d’un maître puissant. Enfin, la conception musulmane de la miséricorde est différente de la conception chrétienne de la miséricorde, car nous sommes miséricordieux comme Dieu le Père a été miséricordieux envers nous, envoyant son Fils mourir pour nous alors que nous étions encore ses ennemis, ce que les musulmans nient.

Selon la sourate 9:29, les musulmans doivent combattre « ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu'ils versent la capitation [djiziah] par leurs propres mains, après s’être humiliés. »

On ne peut souscrire à la thèse selon laquelle une lecture correcte du Coran s’opposé à toute forme de violence. Tout d’abord, cela n’est pas vrai sur la base de la lecture simple du Coran. Les dernières sourates du Coran sont très violentes envers les non-musulmans et appellent à l’occupation des pays non musulmans par la violence. Même de nos jours, de nombreux musulmans comprennent bien que c’est la méthode légitime pour lire le Coran. De plus, la majorité des musulmans conviennent que les sourates ultérieures (plus violentes) ont plus d’autorité. Habituellement, les musulmans comprennent le Coran littéralement car ils n’ont aucune exégèse spirituelle ou allégorique. Peut-être que certaines personnes exceptionnelles, de bons érudits islamiques ont ce type de lecture, mais ils ne représentent pas l’islam en tant que tel. Ils ne sont en rien une autorité de référence.

Du point de vue théologique, il est donc trompeur et déroutant que le Pontife romain ait signé un document commun avec une autorité religieuse islamique utilisant les termes « Dieu », « Foi », « pluralisme et diversité des religions », « fraternité », bien que ces termes aient des significations sensiblement différentes dans les enseignements du Coran et dans la Révélation divine de Notre-Seigneur Jésus-Christ. En outre, il faut également garder à l’esprit le fait que les musulmans n’ont pas le pouvoir de régler les différends avec une autorité universelle, car ils n’ont pas de magistère, et qu’il n’y a pas d’autorité pour représenter l’islam en tant que tel, pas plus qu’il n’y a d’autorité centrale en islam pour décider des questions doctrinales pour l’ensemble des musulmans.

La seule fraternité universelle stable est la fraternité en Jésus-Christ. Ce n’est qu’en Jésus-Christ et dans le Saint-Esprit qu’Il a envoyé, que les peuples peuvent vraiment être enfants de Dieu et vraiment dire à Dieu « Père » et par conséquent être véritablement frères : « Car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. 1Aussi vous n’avez pas reçu l’esprit de servitude, pour être encore dans la crainte ; mais vous avez reçu l’esprit de l’adoption des enfants, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Et si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers du Christ » (Rm VIII, 14-17).

La seule paix vraie et stable est la paix du Christ. L’enseignement suivant du Pape Pie XI d’il y a près de cent ans, transmet fidèlement ce que Jésus-Christ, Notre Divin Maître et Rédempteur, et le magistère constant de l’Église ont enseigné à travers les âges, et qui restent les critères d’analyse auxquels le document d’Abu Dhabi doit se soumettre :

« Il y a bien peu à attendre d'une paix artificielle et extérieure qui règle et commande les rapports réciproques des hommes comme ferait un code de politesse ; ce qu'il faut, c'est une paix qui pénètre les cœurs, les apaise et les ouvre peu à peu à des sentiments réciproques de charité fraternelle. Une telle paix ne saurait être que la paix du Christ : et que la paix du Christ apporte l'allégresse en vos cœurs (Col. III, 15) ; il ne peut y avoir de paix autre et différente que celle que le Christ donne lui-même aux siens (Jn XIV, 27), lui qui, comme Dieu, voit dans les cœurs (I Samuel XVI, 7) et règne dans l'intime des âmes. C'est d'ailleurs à bon droit que le Seigneur Jésus appelait cette paix sa paix à lui, car il fut le premier à dire aux hommes : Vous êtes tous des frères (Matth. XXIII, 8) ; c'est lui qui a promulgué la loi de l'amour et du support mutuel entre tous les hommes, et la scella pour ainsi dire de son sang : Mon précepte à moi est que vous vous aimiez les uns les autres comme moi-même je vous ai aimés (Jn, XV, 12) ; Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ (Gal. VI, 2) » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 33).

«Il ne saurait donc y avoir aucune paix véritable – cette paix du Christ si désirée – tant que tous les hommes ne suivront pas fidèlement les enseignements, les préceptes et les exemples du Christ, dans l'ordre de la vie publique comme de la vie privée » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 47)

« C’est en s'unissant très étroitement à Nous et au Christ pour étendre et fortifier par leur zèle industrieux et actif le règne du Christ, qu'ils travailleront avec plus d'efficacité à rétablir la paix générale entre les hommes » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 49).

« Car le règne du Christ établit et fait épanouir une certaine égalité de droits et de dignité entre les hommes, tous ennoblis du sang précieux du Christ » (Encyclique Ubi arcano Dei Consilio, 58).


Le 4 juin 2020.

+ Athanasius Schneider

Evêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana

© leblogdejeannesmits pour la traduction
© photo : LifeSiteNews


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© leblogdejeannesmits

27 octobre, 2019

Synode sur l'Amazonie : mes commentaires sur la synthèse du document final

VaticanNews propose un résumé du document final du synode sur l’Amazonie, qui a été distribué à la demande du pape François. Voici ce résumé, auquel j’ajoute quelques commentaires, toujours en gras et italique. – J.S.






Document final du Synode: l'Église s'engage à être une alliée de l'Amazonie

Conversion : c'est le leitmotiv du Document final du Synode sur l’Amazonie. Une conversion qui se décline à plusieurs niveaux : intégrale, pastorale, culturelle, écologique et synodale. Le texte est le résultat de « l'échange ouvert, libre et respectueux » qui a eu lieu pendant les trois semaines de travail du Synode, pour raconter l'histoire des défis et du potentiel de l'Amazonie, le « cœur biologique » du monde réparti sur neuf pays et habité par plus de 33 millions de personnes, dont environ 2,5 millions sont indigènes. Pourtant, cette région, deuxième zone la plus vulnérable au monde du fait du changement climatique causé par l'homme, se trouve « dans une course effrénée vers la mort » et cela nécessite d'urgence – le Document le rappelle – une nouvelle orientation qui permettra de la sauver, sous peine d'un impact catastrophique sur la planète entière.

Le ton est millénariste – mais au lieu de demander la conversion de l’humanité à Dieu, le document final réclame la conversion de l’Eglise et de chaque homme au service de la Terre. Cette conversion « intégrale, pastorale, culturelle, écologique et synodale » n’a absolument rien à voir avec le salut ou la vie éternelle. Elle est une conversion-révolution, non point au Cœur sacré de Jésus et au Cœur immaculé de sa Mère virginale, mais au « cœur biologique du monde. » Ces cinq « conversions » mal centrées donnent lieu au cinq chapitres du document final.

Chapitre I - Conversion intégrale
Dès le début, le Document nous exhorte à une « vraie conversion intégrale », avec une vie simple et sobre, dans le style de saint François d'Assise, engagé à entrer en relation harmonieuse avec la « maison commune », l'œuvre créatrice de Dieu. Cette conversion conduira l'Église à être en sortie, pour entrer dans le cœur de tous les peuples amazoniens. L'Amazonie, en effet, a une voix qui est un message de vie et s'exprime à travers une réalité multiethnique et multiculturelle, représentée par les visages variés qui l'habitent. « Bien vivre » et « bien agir » sont les modes de vie des peuples amazoniens, c'est-à-dire vivre en harmonie avec eux-mêmes, avec les êtres humains et avec l'être suprême, dans une seule intercommunication entre tout le cosmos, pour forger un projet de vie pleine pour tous.

Tous ne sont pas appelés à la vie simple et sobre du moine qui renonce à toute propriété ; c’est l’équilibre de l’Eglise que de le savoir et c’est cet équilibre qui est remis en cause au nom d’un sacrifice offert au nom de la « relation harmonieuse avec la maison commune » – qui n’était en aucun cas la première préoccupation de saint François mais peut-être ce « surcroît » promis à celui qui cherche d’abord le royaume de Dieu. 
Quant à la voix de l’Amazonie, tout a montré au long de ce synode qu’on lui fait dire ce qu’on veut, au lieu d’écouter Celui qui est le Verbe : la Voie, la Vérité et la Vie. On retrouve sans surprise la glorification de la société multi-ethnique et multi-culturelle. Le « bien vivre » des indigènes, résumé ainsi : « Le bien vivre (sumak kawsay) des aborigènes suppose  qu'il y a “une intercommunication à l’intérieur de tout le cosmos, où il n'y a ni excluants ni exclus. » Ici ils ont rajouté « l’être suprême ». Pas Dieu,  non, l’être suprême cher aux francs-maçons.

Les douleurs de l'Amazonie : le cri de la terre et le cri des pauvres 
Cependant, le texte n'ignore pas les nombreuses douleurs et violences qui aujourd'hui blessent et déforment l'Amazonie, menaçant sa vie : la privatisation des biens naturels, les modèles de production prédateurs, la déforestation qui touche près de 17 % de la région, la pollution des industries extractives, le changement climatique, le trafic de drogue, l'alcoolisme, la traite des personnes, la criminalisation des leaders et défenseurs du territoire et les groupes armés illégaux.

Ici le document parle comme une ONG.

Il y a aussi une grande page sur la migration en Amazonie, qui est divisée en trois niveaux : la mobilité des groupes autochtones dans les territoires à circulation traditionnelle ; le déplacement forcé des peuples autochtones ; les migrations internationales et les réfugiés. Pour tous ces groupes, il y a un besoin de pastorale transfrontalière qui inclut le droit à la libre circulation. 
Le problème de la migration, dit-on, doit être abordé de manière coordonnée par les Églises frontalières. En outre, un travail pastoral permanent devrait être conçu pour les migrants victimes de la traite. Le Document synodal demande également qu'une attention particulière soit accordée au déplacement forcé des familles autochtones dans les centres urbains, en soulignant que ce phénomène nécessite « une attention pastorale globale dans les banlieues ». D'où l'exhortation à créer des équipes missionnaires qui, en coordination avec les paroisses, s'occupent de cet aspect, en offrant des liturgies inculturées et en favorisant l'intégration de ces communautés dans les villes.

Missionaires, bravo, oui, s’ils apportent le Christ. Il serait d’ailleurs temps puisque les indigènes pourtant christianisés par les missionnaires catholiques pendant des siècles, se convertissent en masse… au pentecôtisme. Mais bien sûr, l’accent est mis sur les liturgies « inculturées ». Comme l’idolâtrie de la Terre Mère imposée en divers lieux de Rome par des groupes d’agitation pseudo-indigène parfaitement organisés ?

Chapitre II - La conversion pastorale
La référence à la nature missionnaire de l'Église est d'ailleurs centrale : la mission n'est pas quelque chose d'optionnel – le texte le rappelle – parce que l'Église est missionnaire et l'action missionnaire est le paradigme de l'ensemble de l'œuvre de l'Église. En Amazonie, elle doit être « Samaritaine », c'est-à-dire qu'elle doit aller à la rencontre de tous ; « Madeleine », c'est-à-dire aimée et réconciliée pour proclamer avec joie le Christ ressuscité ; « mariale », c'est-à-dire engendrer des enfants à la foi et « inculturée » parmi les peuples qu'elle sert. Il est donc important de passer d'une « visite » pastorale à une « présence pastorale permanente » et c'est pourquoi le Document synodal suggère que les congrégations religieuses du monde établissent au moins un avant-poste missionnaire dans l’un des pays amazoniens.

On y croirait presque si le synode avait rappelé qu’une femme, seule, d’apparence métisse, a converti le continent sud-américain de manière prodigieuse en 1531, la Vierge elle-même, apparue enceinte et enveloppée de soleil, arrachant les autochtones à leur idolâtrie diabolique en les libérant de son esclavage, plus forte avec son doux visage et son humilité devant le Très-Haut que les effrayantes « divinités » à plumes qu’il fallait apaiser par le sang. Notre Dame de Guadalupe a été mise de côté, oubliée, remplacée par une Pachamama (aux dires du pape) vilaine et sans pudeur, cette « Terre Mère » dont le cri réclame des sacrifices. (Les anglophones peuvent écouter à ce sujet l’instructive émission de Michael Matt.)

Le sacrifice des martyrs missionnaires
Le Synode n'oublie pas les nombreux missionnaires qui ont donné leur vie pour transmettre l'Évangile en Amazonie, dont les pages les plus glorieuses ont été écrites par les martyrs. En même temps, le Document rappelle que l'annonce du Christ dans la région a souvent été faite de connivence avec les pouvoirs oppressifs du peuple. C'est pourquoi, aujourd'hui, l'Église a « l'occasion historique » de s'éloigner des nouvelles puissances colonisatrices, d'écouter les peuples amazoniens et d'exercer son activité prophétique « de manière transparente ».

Parce qu’autrefois, c’était opaque. Colonialiste. Faudrait nettoyer tout ça !

Dialogue œcuménique et interreligieux
Dans ce contexte, une grande importance est accordée au dialogue œcuménique et inter-religieux : « chemin indispensable de l'évangélisation en Amazonie », le dialogue œcuménique doit partir « de la centralité de la Parole de Dieu, pour initier de véritables chemins de communion ». Sur le plan inter-religieux, le Document encourage une meilleure connaissance des religions indigènes et des cultes d'ascendance africaine, afin que chrétiens et non-chrétiens, ensemble, puissent agir pour défendre la maison commune. Pour cette raison, des moments de rencontre, d'étude et de dialogue entre les Églises amazoniennes et les adeptes des religions indigènes sont proposés.

Au nom, donc, de la Pachamama, il faut s’ouvrir aux cultes indigènes clairement idolâtres et aussi aux cultes des Noirs d’Afrique amenés dans ces régions. Communion… pour la maison commune.

L'urgence de la pastorale indigène et de la pastorale des jeunes 
Il est nécessaire de créer ou de maintenir « une option préférentielle pour les peuples indigènes », en donnant une impulsion missionnaire encore plus grande parmi les vocations indigènes, car l'Amazonie doit aussi être évangélisée par l'Amazonie. Partagés entre tradition et innovation, plongés dans une crise intense de valeurs, victimes de tristes réalités telles que la pauvreté, la violence, le chômage, les nouvelles formes d'esclavage et les difficultés d'accès à l'éducation, ils se retrouvent souvent en prison ou meurent par suicide.
Pourtant, les jeunes Amazoniens ont les mêmes rêves et les mêmes espoirs que les autres enfants du monde et l'Église, appelée à être une présence prophétique, doit les accompagner sur leur chemin, pour éviter que leur identité et leur estime de soi ne soient endommagées ou détruites. En particulier, le Document suggère « une pastorale des jeunes renouvelée et audacieuse », centrée sur Jésus. Les jeunes, en effet, lieux théologiques et prophètes d'espérance, veulent être protagonistes et l'Église amazonienne veut reconnaître leur espace. D'où l'invitation à promouvoir de nouvelles formes d'évangélisation à travers les réseaux sociaux et à aider les jeunes autochtones à atteindre une saine inter-culturalité.

Ne serait-ce pas la société qui rend l’homme mauvais, voire le désespère ? On a déjà entendu ça quelque part…

La pastorale urbaine et les familles
Le texte final du Synode développe ensuite le thème de la pastorale urbaine, avec un regard particulier sur les familles : dans les banlieues des villes, elles souffrent de pauvreté, de chômage, de manque de logement, ainsi que de nombreux problèmes de santé. Il est donc nécessaire de défendre le droit de tous à la ville en tant que jouissance équitable des principes de durabilité, de démocratie et de justice sociale.
Il faut se battre pour que dans les favelas et dans les “villas miserias” les droits fondamentaux soient garantis. La mise en place d'un « ministère d'accueil » pour la solidarité fraternelle avec les migrants, les réfugiés et les sans-abri vivant en milieu urbain doit également être centrale. Dans ce contexte, une aide précieuse vient des communautés ecclésiales de base, « un don de Dieu aux Églises locales de l'Amazoni e». Dans le même temps, les politiques publiques sont invitées à améliorer la qualité de vie dans les zones rurales, afin d'éviter le transfert incontrôlé des populations vers les villes.

« Communautés ecclésiales de base » : voilà la théologie de la libération, avec son substrat marxiste, proposée comme solution.

Chapitre III - Conversion culturelle
L'inculturation et l'interculturalité sont des outils importants – poursuit le Document – pour réaliser une conversion culturelle qui conduit le chrétien à aller à la rencontre de l'autre pour apprendre de lui. Les peuples amazoniens, en effet, avec leurs « parfums anciens » qui contrastent avec le désespoir que l'on respire sur le continent, et avec leurs valeurs de réciprocité, de solidarité et de sens communautaire, offrent des enseignements de vie et une vision intégrée de la réalité capable de comprendre que toute création est liée et de garantir donc une gestion durable. L'Église s'engage à être l'alliée des peuples autochtones – le texte synodal le réitère – surtout pour dénoncer les attaques perpétrées contre leur vie, les projets de développement prédateur ethnocides et écocides et la criminalisation des mouvements sociaux.

Autrefois, les indigènes étaient heureux, bons, vivaient en pleine harmonie… avec un des pires environnements naturels de la planète. « Comprendre que toute création est liée », c’est le « mantra » du pape François, et l’on perçoit ici son lien étroit avec une vision indigéniste de la vie sur terre.

Défendre la terre, c'est défendre la vie
« La défense de la terre n'a d'autre but que la défense de la vie » et se fonde sur le principe évangélique de la défense de la dignité humaine. Il est donc nécessaire de respecter les droits à l'autodétermination, à la délimitation des territoires et à la consultation préalable, libre et éclairée des peuples autochtones. Un point spécifique est consacré aux peuples autochtones en isolement volontaire (Piav) ou en isolement et premier contact (Piaci), qui aujourd'hui, en Amazonie, représentent environ 130 unités et sont souvent victimes de nettoyage ethnique : l'Église doit entreprendre une action pastorale mais aussi une sorte de lobbying, une pression, pour que les États protègent les droits et l'inviolabilité des territoires de ces peuples.

Entre revendications politiques et parti-pris pour le non accès de ces peuples aux progrès techniques, et surtout à la civilisation (pour endommagée qu’elle soit aujourd’hui par la culture de mort), les pères synodaux ne se sont semble-t-il pas posé la question de savoir si les membres de ces PIAV et PIACI sont tous d’accord pour cette manière de vivre. Ils ont droit à leurs traditions, les bonnes comme les mauvaises ; mais nous, on nous a arraché notre liturgie immémoriale…

Théologie indienne et piété populaire
Du point de vue de l'inculturation, c'est-à-dire de l'incarnation de l'Évangile dans les cultures indigènes, une place est donnée à la théologie et à la piété populaire indiennes, dont les expressions doivent être appréciées, accompagnées, promues et parfois « purifiées », car elles sont des moments privilégiés d'évangélisation qui doivent conduire à la rencontre avec le Christ. L'annonce de l'Évangile, en effet, n'est pas un processus de destruction, mais de croissance et de consolidation des « semences du Verbe » présentes dans les cultures.
D'où le rejet clair de « l'évangélisation de style colonial » et du « prosélytisme », en faveur d'une proclamation inculturée qui promeut une Église à visage amazonien, en plein respect et égalité avec l'histoire, la culture et le mode de vie des populations locales. A cet égard, le Document synodal propose que les centres de recherche de l'Église étudient et rassemblent les traditions, les langues, les croyances et les aspirations des peuples autochtones, en encourageant leur travail éducatif sur la base de leur propre identité et culture.

La théologie indienne, c’est celle d’une spiritualité panthéiste, centrée sur l’invocation des esprits, et marquée fortement par la dualité sexuelle, de telle sorte qu’en théologie indienne on n’imagine pas le célibat du prêtre ni la liturgie sans femme. Combattue par Benoît XVI. Présente dans le document préparatoire du synode en note de bas de page seulement – mais ils savaient bien qu'elle était centrale à l'entreprise. 
Quant à la vénération de Notre Dame de Guadalupe ou de Notre Dame d’Aparecida, elle a… disparu de l’esprit de ces grands promoteurs de la piété populaire.

Créer un réseau amazonien de communication ecclésiale
Également dans le domaine de la santé – poursuit le Document – ce projet éducatif devrait promouvoir les connaissances ancestrales de la médecine traditionnelle de chaque culture. En même temps, l'Église s'engage à offrir des soins de santé là où l'État n'arrive pas. Il y a aussi un appel fort pour une éducation solidaire, basée sur la conscience d'une origine commune et d'un avenir partagé par tous, ainsi qu'une culture de la communication qui favorise le dialogue, la rencontre et le soin de la « maison commune ». Concrètement, le texte synodal suggère la création d'un réseau panamazzonique de communication ecclésiale, d'un réseau scolaire d'éducation bilingue et de nouvelles formes d'éducation, même à distance.

Le jargon commence à m’énerver. Juste un mot pour dire que les connaissances ancestrales de la médecine traditionnelle de chaque culture, avec leur part de sorcellerie et de rituels qui n’ont rien de chrétien, n’ont rien à faire dans un document de cette sorte. A-t-on vraiment attendu Laudato si’  et l’Instrumentum laboris pour découvrir les vertus de la quinine ?

Chapitre IV - Conversion écologique
Face à « une crise sociale et environnementale sans précédent », le Synode appelle à une Église amazonienne capable de promouvoir une écologie intégrale et une conversion écologique selon laquelle « tout est intimement lié ».
L'écologie intégrale, la seule voie possible                                                                             
L'espoir est qu'en reconnaissant « les blessures causées par l'être humain » au territoire, on recherche « des modèles de développement équitable et solidaire ». Cela se traduit par une attitude qui lie la pastorale de la nature à la justice pour les personnes les plus pauvres et les plus défavorisées de la terre. L'écologie intégrale ne doit pas être comprise comme une voie supplémentaire que l'Église peut choisir pour l'avenir, mais comme le seul moyen possible de sauver la région de l'extractivisme prédateur, du sang innocent versé et de la criminalisation des défenseurs de l'Amazonie. L'Église, en tant que « partie intégrante de la solidarité international e», doit promouvoir le rôle central du biome amazonien dans l'équilibre de la planète et encourager la communauté internationale à fournir de nouvelles ressources économiques pour sa protection en renforçant les instruments de la Convention-cadre sur les changements climatiques.

L’Eglise comme supplétif de l’ONU et de son programme pour le développement durable !

La défense des droits de l'Homme est un besoin de foi     
La défense et la promotion des droits de l'Homme, ainsi qu'un devoir politique et une tâche sociale, est un besoin de foi. Face à ce devoir chrétien, le Document dénonce la violation des droits de l'Homme et la destruction des ressources extractives ; il assume et soutient, également en alliance avec d'autres Églises, les campagnes de désinvestissement des entreprises extractives qui causent des dommages sociaux et écologiques en Amazonie ; il propose une transition énergétique radicale et la recherche d'alternatives ; il propose aussi le développement de programmes de formation pour le soin de la « maison commune ».
Le texte demande aux États de cesser de considérer la région comme une dépendance inépuisable, tout en appelant à un « nouveau paradigme de développement durable » socialement inclusif, combinant connaissances scientifiques et traditionnelles. Les critères commerciaux ne devraient pas être supérieurs aux critères environnementaux et aux droits de l'Homme.

Voilà qui va servir les velléités d’internationalisation de la zone…

L’Église alliée des communautés amazoniennes        
L'appel est à la responsabilité : nous sommes tous appelés à prendre soin de l'œuvre de Dieu. Les protagonistes du soin, de la protection et de la défense des peuples sont les communautés amazoniennes elles-mêmes. L'Église est leur alliée, elle marche avec eux, sans imposer une manière particulière d'agir, reconnaissant la sagesse des peuples sur la biodiversité contre toute forme de biopiraterie. Les agents pastoraux et les ministres ordonnés sont invités à se former à cette sensibilité sociale et environnementale à l'instar des martyrs de l'Amazonie. L'idée est de créer des ministères pour le soin de la maison commune.

Mourir pour le « biome » amazonien ? On n’en est pas loin, avec des prêtres de la nouvelle Eglise verte, ministres du bien-être de la Terre et non du salut des âmes.

Défendre la vie      
Le Document réaffirme l'engagement de l'Église à défendre la vie « de sa conception à son crépuscule » et à promouvoir le dialogue interculturel et œcuménique afin de contrer les structures de mort, de péché, de violence et d'injustice. La conversion écologique et la défense de la vie en Amazonie se traduisent pour l'Église par un appel à « désapprendre, apprendre et réapprendre afin de surmonter toute tendance à assumer les modèles coloniaux qui ont causé des dommages dans le passé ».

Vous savez quoi ? Ce sont les Conquistadors espagnols et la grands voyageurs portugais qu’il faut rejeter ; renoncer à leurs pompes et à leurs œuvres comme on renonce à Satan. Même si avant leur arrivée c’est Satan qui régnait en maître dans ces terres de malheur…

Péché écologique et droit à l'eau potable     
Le Document propose une définition du « péché écologique » comme« une action ou une omission contre Dieu, contre le prochain, la communauté, l'environnement », les générations futures et la vertu de la justice. Afin de réparer la dette écologique que les pays ont envers l'Amazonie, il est suggéré de créer un fonds mondial pour les communautés amazoniennes, afin de les protéger du désir prédateur des entreprises nationales et multinationales.
Le Synode rappelle « l'urgence de développer des politiques énergétiques qui réduisent drastiquement les émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres gaz liés au changement climatique ». Il promeut l'énergie propre et attire l'attention sur l'accès à l'eau propre, droit humain fondamental et condition pour l'exercice des autres droits humains. Protéger la terre, c'est encourager la réutilisation et le recyclage, réduire l'utilisation de combustibles fossiles et de plastiques, changer les habitudes alimentaires comme la consommation excessive de viande et de poisson, adopter un mode de vie sobre, planter des arbres.

Manger des pommes, aussi ?

Dans ce contexte émerge la proposition de créer un Observatoire social et pastoral amazonien qui travaillerait en synergie avec le CELAM, la CLAR, Caritas, le Repam, les épiscopats, les Églises locales, les universités catholiques mais aussi avec les acteurs non-ecclésiaux. La création d'un bureau amazonien au sein du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral est également proposée.

Organismes qui dans l’ensemble ont proposé toutes les innovations les plus progressistes…

Chapitre V - Nouvelles voies de conversion synodale    
Surmonter le cléricalisme et les impositions arbitraires, renforcer une culture de dialogue, d'écoute et de discernement spirituel, répondre aux défis pastoraux. Telles sont les caractéristiques sur lesquelles doit se fonder une conversion synodale, à laquelle l'Église est appelée à avancer en harmonie, sous l'impulsion de l'Esprit qui donne la vie et avec audace évangélique.

Ah, encore ce jargon… Et ce n’est pas fini.

Synodalité, ministères, rôle actif des laïcs et vie consacrée        
Le défi est d'interpréter les signes des temps à la lumière de l'Esprit Saint et d'identifier le chemin à suivre dans le service du plan de Dieu. Les formes d'exercice de la synodalité sont variées et doivent être décentralisées, attentives aux processus locaux, sans affaiblir le lien avec les Églises sœurs et avec l'Église universelle. La synodalité traduit, en continuité avec le Concile Vatican II, la coresponsabilité et le ministère de tous, la participation des laïcs, hommes et femmes, considérés comme « acteurs privilégiés ».

Ou l’aboutissement de tout ce qu’il y avait de plus dangereusement ambigu dans le Concile à la suite duquel la pratique religieuse des catholiques s’est effondré ; beau modèle.

La participation des laïcs, tant dans la consultation que dans la prise de décision, à la vie et à la mission de l'Église devrait être renforcée et élargie à partir de la promotion et de la délégation de « ministères aux hommes et aux femmes de manière équitable ».

Allez, nous y voilà, le partage des postes voire la parité. Les ministères, c’est pour les femmes aussi.

Évitant l’individualisme, peut-être par rotation des tâches, « l'évêque peut confier, avec un mandat à durée déterminée, en l'absence de prêtres, l'exercice de la pastorale des communautés à une personne non investie du caractère sacerdotal, qui est membre de la communauté elle-même ». La responsabilité de la communauté restera du ressort du prêtre. Le Synode parie alors sur une vie consacrée à visage amazonien, en commençant par un renforcement des vocations indigènes : parmi les propositions, l'itinérance avec les pauvres et les exclus est soulignée. Il est aussi demandé que la formation soit centrée sur l'interculturalité, l'inculturation et le dialogue entre la spiritualité et les cosmovisions amazoniennes.

La spiritualité et les cosmovisions amazoniennes ? Mais bien sûr ! Revoilà les esprits de l’eau et de la rivière et la Terre Mère annoncés dans le document préparatoire et l’Instrumentum laboris ; ils n’ont rien oublié, surtout pas le pire et le plus païen ! D’ailleurs…

L'heure de la femme   
Un grand espace dans le Document est consacré à la présence et au temps des femmes. Comme le suggère la sagesse des peuples ancestraux, la terre mère a un visage féminin et dans le monde indigène les femmes sont « une présence vivante et responsable dans la promotion humaine ». Le Synode demande que la voix des femmes soit entendue, qu'elles soient consultées, qu'elles participent de manière plus incisive à la prise de décision, qu'elles contribuent à la synodalité ecclésiale, qu'elles assument avec plus de force leur direction dans l'Église, dans les conseils pastoraux ou « même dans les instances gouvernementales ».

On vous le dit, les femmes indigènes n’attendent que ça, peut-être même avec l’indéfrisable et le droit au micro qui vont avec. Et ce n’est pas néo-colonialiste, ça, que de vouloir fabriquer des équipes liturgiques sur le modèle des paroisses féminisées de France ou d’Allemagne où la foi se meurt ?

En tant que protagonistes et gardiennes de la création et de la maison commune, les femmes sont souvent « victimes de violence, physique, morale et religieuse, y compris de féminicides ».

Il n’y a pas d’hominicides.

Le texte réaffirme l'engagement de l'Eglise à défendre leurs droits, en particulier en ce qui concerne les femmes migrantes. En même temps, il reconnaît le « ministère » confié par Jésus aux femmes et appelle à une révision du Motu Proprio Ministeria quædam de saint Paul VI, afin que les femmes bien formées et préparées puissent aussi « recevoir les ministères du lecteur et de l’acolyte, entre autres, qui peuvent être réalisés ».
Ce n’est pas possible. Répétons, pas possible. Point.
Plus précisément, dans les contextes où les communautés catholiques sont dirigées par des femmes, la création d'un « ministère établi des femmes comme leaders communautaires » est nécessaire. Le Synode souligne que les nombreuses consultations en Amazonie ont sollicité le « diaconat permanent pour les femmes », un thème très présent dans les débats au Vatican.
Les participants souhaitent partager les expériences et les réflexions qui ont émergé jusqu'à présent avec la Commission d'étude sur le diaconat féminin créée en 2016 par le Pape François et en attendent les résultats.

C’était à prévoir. Mais à mon avis à comprendre comme s’inscrivant dans le culte de la Pachamama d’une Eglise à visage amazonien devenue modèle pour l’Eglise tout entière.

Diaconat permanent       
La promotion, la formation et le soutien des diacres permanents sont définis comme urgents. Le diacre, sous l'autorité de l'évêque, est au service de la communauté et est aujourd'hui obligé de promouvoir l'écologie intégrale, le développement humain, la pastorale sociale et le service aux personnes en situation de vulnérabilité et de pauvreté, les configurant au Christ.
Il est donc nécessaire d'insister sur la formation continue, marquée par l'étude académique et la pratique pastorale, dans laquelle l'épouse et les enfants du candidat sont également impliqués. Le programme de formation, précise le Synode, devrait inclure des thèmes qui favorisent le dialogue œcuménique, inter-religieux et interculturel, l'histoire de l'Église en Amazonie, l'affectivité et la sexualité, la cosmovision autochtone et l'écologie intégrale. L'équipe des formateurs sera composée de ministres ordonnés et de laïcs. La formation de futurs diacres permanents dans les communautés vivant sur les rives des rivières indigènes devrait être encouragée.

Toujours avec la cosmovision autochtone…

Formation des prêtres   
La formation des prêtres doit être inculturée : il faut préparer des pasteurs qui sachent vivre l'Évangile, connaître les lois canoniques, être compatissants à l'exemple de Jésus : proches des gens, capables d'écouter, de guérir et de consoler, sans chercher à s'imposer, manifestant la tendresse du Père. Aussi dans le domaine de la formation pour le sacerdoce, les pères synodaux souhaitent l'inclusion de disciplines telles que l'écologie intégrale, l'éco-théologie, la théologie de la création, les théologies indépendantes, la spiritualité écologique, l'histoire de l'Église en Amazonie, l'anthropologie culturelle amazonienne. Le Synode recommande d'insérer de préférence les centres de formation dans la réalité amazonienne et d'offrir aux jeunes non-amazoniens la possibilité de vivre leur formation en Amazonie.

Ce serait tout de même plus simple s’ils nous disaient carrément qu’ils veulent changer la foi pour l’adapter aux croyances indigènes.

Participation à l'Eucharistie et ordinations sacerdotales
La participation à l'Eucharistie est au cœur de la communauté chrétienne. Pourtant, note le Synode, de nombreuses communautés ecclésiales du territoire amazonien ont d'énormes difficultés à y accéder. Cela peut prendre des mois, voire des années, avant qu'un prêtre ne revienne dans une communauté pour célébrer la messe ou offrir les sacrements de la Réconciliation et de l'onction des malades. Le Synode réaffirme l'appréciation du célibat comme don de Dieu dans la mesure où il permet au prêtre de se consacrer pleinement au service de la communauté et renouvelle la prière pour qu’il y ait beaucoup de vocations dans le célibat, bien que « cette discipline ne soit pas requise par la nature même du sacerdoce », et il considère la vaste étendue du territoire amazonien et la pénurie des ministres ordonnés.
Le Document final propose « d'établir des critères et des dispositions par l'autorité compétente, d'ordonner des prêtres appropriés et reconnus de la communauté qui ont un diaconat permanent fécond et reçoivent une formation adéquate pour le sacerdoce, pouvant avoir une famille légitimement constituée et stable, pour soutenir la vie de la communauté chrétienne par la prédication de la Parole et la célébration des sacrements dans les zones les plus reculées de la région amazonienne ». Il est précisé qu'à cet égard, « certains se sont exprimés en faveur d'une approche universelle du sujet ».

Ça aussi, on s’en doutait. Que dire de plus ?

Organisme régional post-synodal et Université amazonienne        
Le Synode propose de repenser l'organisation des Églises locales d'un point de vue « panamazonien », en redimensionnant les vastes zones géographiques des diocèses, en regroupant les Églises particulières présentes dans la même région et en créant un Fonds amazonien pour le soutien à l'évangélisation afin de faire face au « coût de l'Amazonie ».
Dans ce contexte émerge l'idée de créer un organisme régional ecclésial post-synodal, articulé avec le Repam et le CELAM, afin de prendre en charge bon nombre des propositions qui ont émergé du Synode.

En effet, pourquoi les très progressistes REPAM et CELAM lâcherait-ils le morceau ?

Dans le domaine de l'éducation, la création d'une Université catholique amazonienne, fondée sur la recherche interdisciplinaire, l'inculturation et le dialogue interculturel et fondée principalement sur les Saintes Écritures, dans le respect des coutumes et traditions des peuples autochtones, est nécessaire.

Relire l’Ecriture Sainte à la lumière des traditions autochtones ?

Rite amazonien      
Afin de répondre de manière authentiquement catholique à la demande des communautés amazoniennes d'adapter la liturgie en valorisant la vision du monde, les traditions, les symboles et les rites présents dans la région, il est demandé à cet organisme de constituer une commission compétente pour étudier l'élaboration d'un rite amazonien qui puisse exprimer « le patrimoine liturgique, théologique, disciplinaire et spirituel de l'Amazonie ».
Il s'ajouterait aux 23 rites déjà présents dans l'Église catholique, enrichissant le travail d'évangélisation, la capacité d'exprimer la foi dans une culture qui lui est propre, le sens de la décentralisation et de la collégialité que l'Église catholique peut exprimer. Il est également suggéré que les rites ecclésiaux soient accompagnés par la manière dont les gens prennent soin du territoire et se rapportent à ses eaux.

On en a eu un avant-goût avec la minette promenée en canoë dans Santa Maria in Traspontina avant d’exécuter une danse avec le Nouveau Testament.

Enfin, pour favoriser le processus d'inculturation de la foi, le Synode exprime l'urgence de former des comités pour la traduction et la rédaction des textes bibliques et liturgiques dans les langues des différents lieux, « en préservant la matière des sacrements et en les adaptant à la forme, sans perdre de vue l'essentiel ». La musique et le chant devraient également être encouragés au niveau liturgique. A la fin du Document, on invoque la protection de la Vierge de l'Amazonie, Mère de l'Amazonie, vénérée avec divers titres dans toute la région.


Sainte Marie de Guadalupe, Impératrice des Amériques,

priez pour nous. Vraiment. Et vite. S’il vous plaît…




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26 septembre, 2019

Maison de la Famille d'Abraham : Un lieu de culte égalitaire illustrera le Document d'Abou Dhabi



david adjaye abrahamic familyLe « Haut Comité pour la mise en œuvre du Document surla fraternité humaine », signé à Abou Dhabi en février dernier par le pape François et Cheikh Ahmed el-Tayeb de l’Université Al-Azhar du Caire, s’est réuni à New York la semaine dernière dans l’ombre de l’Assemblée nationale annuelle des Nations Unies. C’est sa deuxième réunion en deux semaines. Son acte le plus spectaculaire aura été le dévoilement du projet de « La Maison de la famille d’Abraham » qui sera construite sur l’île de Saadiyat à Abu Dhabi, capitale des Emirats Arabes Unis, en tant que complexe multiconfessionnel comprenant une synagogue, une église et une mosquée, à égalité de tous points de vue.

Voilà qui répond à l'assertion de ce document selon laquelle la diversité des religions a été « voulue » par Dieu…

Parler des soi-disant « religions abrahamiques » comme de variations sur un thème unique  constitue la première tromperie. Les Hébreux, qui adoraient le vrai Dieu, ont reçu la vraie promesse du Messie, mais ne l’ont pas reconnu. Jésus-Christ a apporté la pleine Révélation de la vérité, révélant que le Dieu de la Bible est Père, Fils et Saint-Esprit – et cette Révélation est complète, de telle sorte que rien ne peut être ajouté sur terre au dépôt de la foi. L’islam, lui, rejette violemment la vérité sur la Sainte Trinité et réécrit et corrompt les Saintes Écritures inspirées, donnant à la lettre du Coran une forme de statut divin puisqu’il est considéré comme étant « incréée ».

Cependant, l’initiative a été largement couverte par le service officiel anglophone de VaticanNews et a été bénie, pour ainsi dire, par l’Église catholique grâce à la présence non seulement du secrétaire personnel du pape François, Monseigneur Yoannis Lahzi Gaid, membre du Haut comité » mais aussi du président du Comité, le cardinal-élu Miguel Ayuso Guixot.

Des centaines de personnes de multiples traditions religieuses se sont rassemblées pour l’événement qui s’est tenu à la New York Public Library le vendredi 20 septembre.

Alors que la première réunion du Haut Comité a eu lieu le 11 septembre à Rome pour marquer le 18e anniversaire de l’attaque terroriste contre les tours jumelles du WTC à New York, la deuxième réunion a été organisée délibérément en vue de coïncider avec la 74e session des Nations Unies pour « souligner » la « portée mondiale » du document d’Abu Dhabi, selon le juge Mohamed Mahmoud Abdel Salam, membre du Comité, cité par sœur Bernadette Mary Reis sur Vatican News.

« Le Comité, a dit le juge, est disposé à travailler avec toute nation ouverte aux idéaux exprimés dans le Document. Il a ajouté que les premières mesures ont été prises avec le Secrétaire général de l’ONU en vue d’une éventuelle adoption du Document par les Nations Unies. Le Secrétaire Général “va demander aux Etats membres d’inclure les principes contenus dans ce document historique dans leur législation locale”, a déclaré le juge », écrit Sœur Bernadette.

De nombreuses initiatives inter-confessionnelles ont vu le jour à la suite des attentats du 11 septembre, notamment l’Alliance des civilisations créée en 2005 par l’ancien Premier ministre socialiste espagnol Zapatero et coparrainée par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, et lancée cette même année par les Nations unies. Au Kazakhstan, le Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles se réunit tous les trois ans depuis 2003 avec des objectifs similaires : le rapprochement des cultures et des civilisations, le tout illustré par un lourd symbolisme maçonnique. Le Cardinal Coccopalmerio était le représentant officiel du Vatican lors de la dernière rencontre à Astana en 2018.

Mais le Document d’Abou Dhabi marque un pas en avant en impliquant l’Eglise catholique à la tête d’initiatives inter-religieuses tout en s’efforçant de donner à l’ONU l’autorité nécessaire pour obtenir un alignement mondial sur les religions au nom de la paix mondiale. Comme le montrent de nombreux documents de l’ONU, la diversité des religions et des traditions a longtemps été accusée d’être la principale menace pour la fraternité humaine et la paix mondiale (analyse qui « oublie » de manière spectaculaire le massacre de plusieurs centaines de millions de personnes au XXe siècle au nom du communisme athée).

Le pape François a récemment déclaré lors de son retour d’Antananarivo qu’il est de notre devoir, en tant qu’« humains », d’« obéir »aux Nations unies :

« Je voudrais répéter ce que la Doctrine de l’Église dit à ce sujet : Lorsque nous reconnaissons les organisations internationales et que nous reconnaissons leur capacité de rendre des jugements à l’échelle mondiale – par exemple le tribunal international de La Haye ou les Nations Unies. Si nous nous considérons comme des êtres humains, lorsqu’ils font des déclarations, notre devoir est d’obéir. Il est vrai que tout ce qui apparaît juste pour l’humanité tout entière ne le sera pas forcément pour notre poche, mais nous devons obéir aux institutions internationales. C’est pour cela que les Nations unies ont été créées. »


La Déclaration sur la fraternité humaine fait clairement écho à cette manière de penser et elle doit certainement son poids au fait d’avoir été signée par le Pape. Quelle que soit l’opposition rencontrée l’Église catholique, notamment à cause de la crise des abus sexuels, le pape François est décidément une autorité morale reconnue à l’échelle internationale dès lors qu’il proclame la pensée mondialiste.
La construction d’un lieu de culte égalitaire pour les juifs, les chrétiens et les musulmans en est un exemple. Il n’est pas clairement dit que l’édifice chrétien sera catholique : il est qualifié de « chrétien » sur le site de Vatican News.

Le modèle de la future « Maison de la famille d’Abraham» – notez le singulier, c’est un signe que les trois religions sont considérées comme des éléments sous un seul et même Dieu – est particulièrement révélateur. Présentée sous forme d’un modèle 3D et décrit dans un court métrage qui a été projeté aux participants de la réunion de New York vendredi dernier, elle sera riche de trois « temples »  cubiques construits exactement sur le même modèle en termes de volume et d’orientation, avec des décorations abstraites et une décoration intérieure différentes afin de les rendre aptes aux différents types d’offices qu’ils vont accueillir.

On note que le film montre que le « cube » chrétien ou catholique n’est pas destiné à recevoir des images du Christ et des saints, mais seulement une croix très simple – pas un Crucifix – suspendue au-dessus d’un autel. Les Emirats Arabes Unis sont musulmans, après tout… Et l’initiative de la construction est venue du Prince héritier d’Abu Dhabi, Mohammed bin Zayed Al Nahyan, qui l’a annoncée en février peu après la signature du Document.

Les trois cubes seront placés en triangle, créant une figure qui rappelle les trois points maçonniques. La mosquée, ornée d’arcs, l’église de lignes droites et la synagogue de triangles n’auront aucune caractéristique extérieure indiquant leur identité religieuse. Seule la synagogue a une ouverture sur le toit : un triangle bien défini, selon les plans dévoilés vendredi dernier.

Selon le compte-rendu de Vatican News, le message que l’on cherche à transmettre vise à « simplifier la foi pour la ramener à sa forme la plus simple », comme l’a déclaré Mohamed Khalifa Al Moubarak, membre du Comité, à New York. « Pour simplifier la vie afin d’en faire ce que nos livres religieux disent fondamentalement : sois bon envers ton prochain, aime ton prochain, aide ton prochain. Dans un monde qui est si connecté, en réalité, nous sommes devenus si déconnectés. Des projets et des initiatives comme la Maison de la famille d’Abraham – et il y en aura beaucoup d’autres dans l’avenir – rapprocheront les gens. C’est un rêve devenu réalité que les gens des Émirats arabes unis, un peuple qui favorise la tolérance, ont l’occasion de partager avec le monde entier. »

C’est la foi ramenée à sa forme la plus simple signifie la religion naturelle, sans dogme (un prérequis du point de vue maçonnique) et bien sûr sans Révélation. Ce n’est rien de moins qu’une mise à l’écart de la Vérité, une manière de tourner le dos à la Vérité en vue d’une « fraternité » horizontale.
L’égalité est également représentée par le projet architectural. A New York, rapporte Vatican News, « Mgr Yoannes Gaid, membre du Comité, a expliqué que l’essentiel du Document est que nous sommes tous frères. L’égalité est fondée sur cette vérité, a-t-il ajouté, une égalité qui s’étend donc aussi aux devoirs et aux droits. La liberté, a souligné Mgr Gaid, est en fait fondée sur la non-violence. “La violence, dit-il, est contre la foi et la citoyenneté.” »

Mais ici, il y a clairement confusion entre la fraternité des hommes et la prétendue égalité des religions, qui ne peut être affirmée que si la vérité est niée.

L’architecte choisi pour construire la Maison de la Famille d’Abraham est un citoyen britannique d’origine ghanéenne, David Adjaye, 51 ans, qui a déjà signé de nombreux bâtiments modernes de Washington (Musée national d’histoire et de culture afro-américaine) à Moscou. Fait chevalier par la reine Elizabeth, cet architecte contemporain très tendance a été influencé par « l’esthétique soviétique » selon JeuneAfrique. Il est le globe-trotter par excellence, avec des bureaux à New York, Londres, Doha et Accra. Tant pis pour l’empreinte carbone.

A propos de la Maison de la Famille d’Abraham, Adjaye Associates écrit sur son site le 23 septembre : « Adjaye Associates est le gagnant annoncé du concours en vue du projet phare, The Abrahamic Family House sur l’île de Saadiyat à Abu Dhabi. La Maison de la Famille d’Abraham, commandée par le Haut Comité pour la Fraternité humaine, est un ensemble de trois espaces religieux, une mosquée, une synagogue et une église, qui se trouvent placés sur un pavillon laïque pour les visiteurs. Le projet est l’une des premières initiatives prises par le Haut Comité, un nouvel organe qui supervise la mise en œuvre du “Document de la Fraternité humaine” aux niveaux régional et international. Ce projet historique espère incarner la relation entre les trois religions abrahamiques tout en offrant une plate-forme pour le dialogue, la compréhension et la coexistence entre leurs religions. »


Qu’est-ce que cela nous apprend ? Que ce qui relie les religions du point de vue de l’architecte, et qui est même à leur base, c’est « un pavillon laïque ».

Le communiqué officiel du Haut Comité de la Fraternité humaine l’exprime ainsi :

« Située sur l’île de Saadiyat Isand à Abu Dhabi, la Maison de la famille d’Abraham constituera une communauté pour le dialogue et l’échange inter-religieux, nourrissant les valeurs de coexistence pacifique et d’acceptation entre différentes croyances, nationalités et cultures. 
« Cette initiative historique sera un lieu d’apprentissage, de compréhension et de culte ouvert à tous et reflétera fidèlement les valeurs de tolérance et d’hospitalité des Emirats arabes unis. 
« Dans chacun des lieux de culte, les visiteurs auront l’occasion de suivre des offices religieux, d’écouter les Saintes Écritures et de vivre les rites sacrés. Un quatrième espace – non relié à une religion spécifique – servira de centre pour que toutes les personnes de bonne volonté s’unissent. »
Ici, l’unité de l’humanité ne se fait certainement pas « dans le Christ », en qui, nous le savons, les baptisés deviennent membres les uns des autres.

Mgr Gaid, à New York, a expliqué clairement que la philosophie du projet est fondée sur la création d’un nouveau mode de pensée. Il a dit (cité indirectement par Sr Bernadette dans Vatican News) que le nouveau point de repère signifiera « une transformation dans l’histoire humaine parce que (...) il transformera ce qui a été utilisé dans le passé comme un moyen de division entre les peuples en un point de contact ».

Transformer l’histoire humaine est en effet un objectif pour le moins ambitieux, surtout pour un prélat catholique qui sait que l’histoire a été définitivement transformée par l’Incarnation, la Passion et la Résurrection de Notre Seigneur.

Dans le même ordre d’idées, Mohamed Khalifa Al Moubarak, membre du Comité, a qualifié le Document de « déclaration la plus importante signée dans les temps modernes », selon Vatican News.
Le juge Mohamed Mahmoud Abdel Salam a vu dans cette initiative la preuve de la détermination du pape François et du cheikh Ahmed el-Tayeb « à atteindre le bonheur pour toute l’humanité, quelle que soit sa religion ou sa nationalité . »

Le bonheur ici-bas. Oubliée, la vie éternelle…



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15 juin, 2019

Critique cinglante du document de la Congrégation pour l’éducation catholique sur l’idéologie du genre par le Pr Gerard van den Aardweg

La récente publication par la Congrégation pour l’éducation catholique d’un document intitulé “Il les créa homme et femme” ; pour un chemin de dialogue sur la question du “genre” dans l’éducation a suscité quelque enthousiasme du fait d’une certaine critique de l’idéologie du genre qu’on y trouve.

Ce document non-magistériel, publié le 10 juin, a suscité une vague de protestations dans le monde « LGBT », notamment parce qu’il affirme clairement que les personnes humaines sont soit mâles, soit femelles. D’aucuns accusent le Vatican d’en être resté à « l’âge des ténèbres, faisant la promotion d’un enseignement erroné qui repose sur le mythe, la rumeur et les mensonges ».

Mais il ne s’agit pas là d’une garantie d’orthodoxie. Le psychiatre néerlandais Gerard van den Aardweg (membre de la nouvelle Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille), auteur d’ouvrages sur la tromperie du mariage des couples de même sexe et des revendications du lobby LGBT, estime au contraire que la Congrégation pour l’éducation catholique a publié un texte « idéologique » qui se refuse à rappeler clairement l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité et le mariage, n’apportant aucun conseil vraiment utile aux parents catholiques qui ont le devoir d’éduquer leurs enfants aux « vertus nécessaires à la vie chrétienne ».

Comment « dialoguer », en effet, avec les tenants d’une idéologie aussi radicalement contraire à la vérité que la « théorie » (ou plutôt, l’idéologie) du genre, en opposition frontale avec la doctrine de l’Eglise, cherchant en même temps à pervertir le sens des réalités et les exigences objectives de la loi naturelle ?

Diane Montagna, correspondante de LifeSiteNews à Rome, a interrogé le Pr van den Aardweg à propos du document. Ça décape… Traduction par mes soins. – J.S.


Diane Montagna : Dr van den Aardweg, quelle impression générale vous a laissée le nouveau document du Vatican sur la théorie du genre ?

Gerard van den Aardweg : Il s'agit essentiellement d'un document idéologique. Il n'est pas spécifiquement catholique, en dépit de quelques vœux pieux. Il s'agit essentiellement d'un plaidoyer en faveur d'une sorte d'éducation sexuelle athée, humaniste et socialiste, présentée comme plus ou moins catholique. Il s’extasie sur les avantages d'un modèle social d'éducation sexuelle contrôlé par des « experts professionnels » sur le fondement d'une vision de la sexualité de la part des sciences humaines actuelles qu’il suppose naïvement toujours plus approfondie. Ce document est un exemple du genre de discours illusoire et sentimental sur l'éducation et l'« affectivité » caractéristique de la psychologie humaniste immature et superficielle des années 1960 : la voici élevée au rang de « sagesse supérieure » par une Congrégation du Vatican dont les membres ont cinquante ans de retard. On en revient une nouvelle fois au « dialogue », a l’« écoute », à l’« ouverture ». Mais il n’est pas question d'écouter les enseignements divins de l'Eglise catholique sur la sexualité, le mariage et la famille (car ceux-ci semblent avoir besoin d'une « restructuration »). Enseigner et prêcher ces enseignements à un monde paganisé ne serait pas, semble-t-il, la voie à suivre. Le grand rêve est celui d’une « alliance » avec le néo-paganisme qui caractérise l'idéologie sexuelle, conjugale et familiale de l'ONU et des pays européens anti-chrétiens.

« Ecouter » ? Eh bien, en écoutant attentivement les formulations et les suggestions vagues et ambiguës du document afin de discerner vers quoi il tend, on peut discerner son objectif principal : le changement révolutionnaire.

D.M. Que pensez-vous de son analyse de la théorie du genre ?

G.v.d.A. Les observations sur la théorie du genre sont ambiguës et peu claires, ce qui les rend suspectes. Au premier abord, certaines expressions semblent correctes et « orthodoxes », comme le rejet de l’affirmation selon laquelle l'identité sexuelle n'est pas un choix de l'individu [« L’identité humaine est laissée à une option individualiste »] et les platitudes comme  « la sexualité » (le sexe) est « une composante fondamentale de la personnalité » ou chaque cellule du corps est masculine ou féminine [« les cellules de l’homme sont différentes de celles de la femme dès la conception »].

Mais ces affirmations sont dans le même temps affaiblies par des déclarations telles que (je résume) : « La bonne approche de la théorie du genre est la voie du dialogue. » Pourquoi en serait-il ainsi ? Il n’y a pas de réponse, parce que nous sommes dans le domaine de l'idéologie. A propos de quoi pourrait-on dialoguer ? Nous connaissons savons où mène le dialogue grâce à l’expérience avec les communistes. Les ennemis du christianisme vont dialoguer avec vous à leur manière, en imposant leurs conditions. Au bout du compte, on n’arrivera à rien d’autre qu’au le dialogue avec le diable. L'idéologie sexuelle néo-païenne agressive du monde n'a aucune sagesse que nous pourrions partager. La tâche de l'Eglise n'est pas de dialoguer mais d'enseigner et de corriger. Nous sommes au milieu d’une guerre spirituelle sans pitié dans le domaine de la sexualité, du mariage et de la famille.

Autre exemple : « Il ne manque pas de recherches sur le genre qui s’efforcent d’approfondir de manière appropriée », phrase suivie d’une vague référence à des ouvrages sur « la façon dont on vit dans les diverses cultures la différence sexuelle entre homme et femme ». Ici comme partout dans ce document, seules des suggestions ou des insinuations sont proposées, sans l’ombre d’une preuve. Alors, qu’entend-on ici par des « recherches » prétendument meilleures ? Je subodore que les auteurs se réfèrent aux écrits autrefois populaires de Ruth Benedict et Margaret Mead, les féministes lesbiennes qui ont tenté de montrer la relativité des rôles et fonctions sexuelles dans les sociétés non occidentales. Mais leurs affirmations ont longtemps été réfutées comme étant fondées sur des preuves fausses, et même en partie frauduleuses.

La relativisation de l’impopulaire vision biblique des relations homme-femme et des « rôles » sociaux, qui constitue un soutien apparent à l'indignation féministe (et gay ?), apparaît également dans l’invocation désinvolte de « subordinations injustes » qui auraient « tristement marqué l’histoire et  (…) eu une influence même à l’intérieur de l’Eglise ». L'Eglise aurait violé « l'égale dignité de l'homme et de la femme » du fait « d’un certain masculinisme plus ou moins camouflé derrière des motivations religieuses ». S'il ne s'agit pas d'une raillerie à l'égard des enseignements catholiques sur l'homme en tant que chef et la femme en tant que cœur de la famille, et sur le devoir de la femme d'obéir à son mari, que cherche-t-on à suggérer ? Ou bien, vu sous un angle différent, qui peut croire que les auteurs de ce texte sont encore capables de transmettre les enseignements divins immuables des Apôtres, de saint Augustin, des papes Léon XIII et de Pie XI ? Probablement, ces auteurs, aveuglés par l'esprit du temps (Zeitgeist), ne les comprennent même plus, et ils ne semblent pas non plus connaître et comprendre la vision anthropologique et psychologique correcte de sainte Edith Stein selon laquelle « la femme est par nature mère et compagne de l'homme ». Car tout catholique qui connaît et comprend cette vérité en aurait fait la pierre angulaire d'un discours sur la valeur égale de l'homme et de la femme.

Tout aussi inquiétante est l'appréciation discutable des auteurs de la famille naturelle : « La définir à travers des concepts de nature idéologique, qui n’ont une force qu’à un moment donné de l’histoire, puis périclitent signifie en trahir la valeur. » Les enseignements apostoliques susmentionnés appartiennent-ils à la catégorie des « idéologies » historiques temporaires relatives au masculin et au féminin ? Si ce n'est pas le cas, pourquoi ne sont-ils pas du tout recommandés ? Et quels sont les faux concepts idéologiques qui ont été attachés à la famille et qui ne sont pas essentiels ? Par exemple, le concept traditionnel de la famille chrétienne, considéré à la lumière des perspectives éclairées actuelles, a-t-il été rétréci par nos préjugés culturels ? En résumé, donnez une définition claire et sans ambiguïté de la famille naturelle et de la famille voulue par Dieu et rejetez sans ambiguïté la définition politique proposée par les démocrates chrétiens, entre autres.

D.M. Le document cite fréquemment Jean-Paul II. Que pensez-vous de l’utilisation de ses écrits ?

G.v.d.A. Le pape Jean-Paul II est cité, mais de manière assez hypocrite. On abuse de son prestige pour créer une impression d'orthodoxie, une caractéristique que l’écrit dans son ensemble n’est pas en droit de revendiquer. Les auteurs ont même le courage pervers de citer le nom de Don Bosco, dont les enseignements et les efforts étaient diamétralement opposés aux leurs et étaient donc vraiment exemplaires.

D.M. Le document part-il du principe que l'éducation sexuelle devrait toujours être disponible dans les écoles ? La position du document à cet égard est-elle conforme à l'enseignement constant de l'Église ?

G.v.d.A. Les droits parentaux en matière d’éducation sont professés avec des mots, mais dans son ensemble et par essence l'organisation socialiste-bureaucratique visant à éduquer la « sexualité et l'affectivité » des enfants et des jeunes dont rêvent ces utopistes va sans doute bientôt réduire les droits des parents jusqu’à les faire disparaître totalement. Les « professionnels » de l'éducation proposés à l'intérieur et à l'extérieur de l'école, avec leur « éducation permanente » qui leur vient des « universités », etc., forts de leur association étroite avec les organisations laïcistes (« locales, nationales et internationales » !) avec leurs nouveaux « supports, guides pédagogiques et
manuels didactiques », payés par qui d'autre que l'Etat, garantiront une éducation sexuelle politiquement correcte. Le document propose une « alliance éducative entre la famille, l'école et la société » idéalisée : venez aux Pays-Bas, en Allemagne ou en Grande-Bretagne pour voir comme elle fonctionne bien... Personne ne s'y oppose : aucune école, aucun collectif de parents catholiques, sauf parfois tel rare professeur catholique, tel solitaire, quelques parents catholiques exceptionnels, qui refusent de coopérer avec ces joyeux « programmes » violent l'innocence de leurs élèves et de leurs enfants. En effet, comme le fait remarquer ce document du Vatican, « la famille ne peut être laissée seule face au défi éducatif. » Et l'« autorisation » des parents est un bon principe, mais « dans une certaine mesure ».

D.M. Avez-vous d'autres commentaires ?

G.v.d.A. La conclusion du document, bien qu'elle évite elle aussi un langage honnête, simple et sans ambiguïté, aide à en saisir le sens et les objectifs réels. Considérez ces déclarations de haut vol : « Les éducateurs ont la fascinante mission éducative d’“enseigner plutôt un cheminement quant aux diverses expressions de l’amour, à l’attention réciproque, à la tendresse respectueuse, à la communication riche de sens” » ; « coopérer à la formation de jeunes ouverts et intéressés par la réalité qui les entoure, capables de soin et de tendresse ».

C'est précisément l'argumentaire de vente du Mouvement néo-païen pour la réforme sexuelle depuis au moins un siècle. Toutes sortes de relations sexuelles ou « amoureuses » s'inscrivent dans cet idéal, qu'elles soient hors mariage ou homosexuelles. Il n'y a rien dans le texte du Vatican sur le péché sexuel, la lutte pour la chasteté, la masturbation, l'infidélité dans le mariage, la cohabitation hors mariage, la chasteté dans le mariage ; pas une phrase de conseils judicieux pour les parents qui essaient d'éduquer leurs enfants aux vertus nécessaires à une vie chrétienne et contre la pression du milieu néo-païen, de l'école, voire de l'église ; rien sur la contraception, la stérilisation, l'avortement.

Pour finir, le style de ce document est épouvantable : il est imprégné d'un langage pompeux et sentimental, d'une onction hypocrite. Le niveau intellectuel est médiocre. Aucun concept utilisé n'est défini, aucune affirmation n'est prouvée ni même soutenue par quelque argumentation ; les références et remarques relatives à l'anthropologie et à la psychologie (« les sciences humaines ») sont déplacées ou carrément absurdes, et pourtant elles sont présentées sans rire comme une sagesse supérieure.
Une Congrégation du Vatican qui ose produire et émettre un tel document devrait sérieusement envisager de mettre la clef sous la porte.

Propos recueillis par Diane Montagna pour LifeSiteNews© leblogdejeannesmits pour la traduction. Crédit photo : Steve Jalsevac.



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