03 janvier, 2014

Vœux pour la France

Lundi après-midi, 30 décembre. Messe de funérailles dans un petit village breton. L’église est bien trop petite pour accueillir les centaines de personnes venues par amitié, mais aussi par reconnaissance. On enterre une femme encore jeune, beaucoup trop jeune ; elle n’a pas encore cinquante ans, elle laisse son mari et huit enfants, et le souvenir d’une vie ordinaire de mère de famille… Mais extraordinaire aussi dans ce qu’elle a accompli, extraordinaire dans sa signification, exceptionnelle en ce qu’elle nous dit de la France en cet an de grâce qui s’achève, et cette nouvelle année qui s’annonce si mal.

Elle a perdu la bataille contre la « longue maladie » qui l’avait frappée il y a bien des mois. Elle ne l’a pas seulement subie, mais acceptée, assumée, offerte. Tant de personnes ont espéré sa guérison, prié pour l’obtenir… Mais la guérison n’est pas venue, il a fallu boire le calice jusqu’à la lie. Pourquoi ?

Pourquoi ce mystère de douleur et de souffrance, pourquoi cette vie fauchée, pourquoi cette famille brisée malgré elle ? Mais toujours aussi unie dans la présence invisible de celle qui s’en est allée ?

Pourquoi ? Devant ce mystère du mal, on ne peut que s’incliner, comme devant le Golgotha.

Pour quoi ? Pour que France, pour que chrétienté ressuscitent !

En cette journée pluvieuse et venteuse du 30 décembre, la pluie a cessé le temps de la messe et le beau soleil couchant a salué la mise en terre de cette femme que tous disent si lumineuse, si espiègle, si gaie. Celle qui résume en son histoire la « France bien élevée », qui se dresse contre le culte de la mort et l’emprise du mal.

Car c’est sur ces familles solides, généreuses et fécondes comme la sienne que la nation s’appuie et peut devenir, redevenir ce qu’elle est, fille aînée de l’Eglise, indissolublement chrétienne et française quelles que soient les vicissitudes des temps.

C’est autour de ces familles que s’établissent des communautés vivantes et résistantes : paroisses, écoles, réseaux, monastères, séminaires… librairies, maisons d’édition, journaux… Tous ces lieux où la culture vraie se préserve, se transmet et trouve un terreau pour s’épanouir. Comme un maillage invisible, elles quadrillent la France et reconstruisent peu à peu, par leur existence même, du beau, du bon, du vrai en balayant d’abord les ruines de l’apostasie généralisée et publique.

Première leçon : si la famille est la cellule de base de la société, c’est par elle que viendra le salut, et non par les urnes, pour important que soit l’environnement politique. Et politiquement, il faut donc d’abord soutenir ce qui préserve, maintient, renforce la liberté et la responsabilité des familles, leur fécondité multiple.

C’est la deuxième leçon de cette vie de résistante et de veilleuse, une leçon incarnée dans les dizaines et dizaines d’enfants au regard clair qui se pressaient dans la tribune de la petite église bretonne, pour ce dernier à Dieu : ils saluaient celle qui, avec une énergie incroyable, une générosité à toute épreuve, a créé une petite école hors contrat aujourd’hui florissante, où Dieu est premier servi et l’intelligence avec lui. Ces enfants ne savent sans doute pas la qualité et l’immensité de ce don, ni son impact pour l’avenir. Leurs parents le connaissent…

Là est la vraie lutte « contre le système », l’un des grands espoirs pour demain…

Troisième leçon : la messe de funérailles, célébrée dans le rite extraordinaire, a permis à la jeunesse de l’Eglise de faire irruption dans un village frappé par la désertification religieuse, avec deux prêtres pour une quinzaine de gros clochers. Voici des prêtres, nombreux et jeunes, des séminaristes issus à foison de la « chapelle » locale, portés eux aussi par l’esprit de résistance et la première place donnée à Dieu dans les familles. Et c’est encore une leçon d’espérance.

Quatrième leçon : la générosité et la fécondité des œuvres humaines ne sont rien si elles perdent le sens de leur but véritable, qui n’est pas ici-bas. Elles fleurissent sur le terreau du sacrifice et du don, le don de la vie et jusqu’au don de sa vie. Qui dira un jour le rôle joué par ces vies offertes, repliées dans la souffrance et dans le secret, pour que France et chrétienté continuent, ressuscitent ? La France « aura le nez dans la poussière », avait dit Marthe Robin. Et elle ajoutait, selon les paroles rapportées par le père Finet : « Il n’y aura plus rien. Mais dans sa détresse, elle se souviendra de Dieu. Alors elle criera vers lui, et c’est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. »

Faut-il attendre que la France soit à terre pour qu’elle se mette enfin à genoux ? Là est pourtant son salut, et y travailler est à la portée de chacun, même des plus petits.

Voilà la grande espérance pour 2014, celle que Dieu confie à chacun avec la certitude que sa grâce surabondera toujours.

Confions-la à nos « Veilleurs » : Jean Madiran, et tous ceux qui sont entrés dans l’éternité après s’être opposés de tout leur être à l’apostasie mortelle.

Article extrait du n° 8012 de Présent, du mercredi 1er janvier 2014  


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Espagne : comment les pro-vie voient le projet de restriction de l'accès à l'avortement

L'Espagne secoue « leur » Europe et les partisans du « droit » à l'avortement en proposant de
repénaliser cet acte dont le gouvernement Zapatero avait fait un droit.

Je l'annonçais samedi dernier dans Présent : « Un déchaînement de la gauche et des féministes en Espagne annonce également un début de bonne nouvelle outre-Pyrénées : un projet de loi limitant l’avortement » allait être approuvé par le gouvernement », alors que l’avortement est un droit en Espagne jusqu’à 14 semaines.

« Les pro-vie espagnols n’ont jamais cessé de mettre la pression sur le gouvernement Rajoy qui avait fait de la remise à plat de la loi une promesse de campagne, réclamant sans complexes l’“avortement zéro”. Le texte préparé par le ministre de la justice, Alberto Ruiz Gallardon, n’ira sans doute pas aussi loin. Mais c’est la ténacité sans concessions des défenseurs de l’enfant qui aura obtenu ce premier pas. »

Le réseau des associations et personnes pro-vie en Espagne, pour une large part fédérée par le site de pression « citoyenne » HazteOir, n'a jamais hésité à appeler un chat, un chat en effet. Pas de circonlocutions lorsqu'il s'agit de dire ce qu'est une « interruption volontaire de la grossesse », comme on l'appelle en Espagne ; ils n'ont cessé de rappeler au parti de Mariano Rajoy que chaque jour qui passait laissait tuer plusieurs centaines de petits être humains dans le ventre de leurs mères et aujourd'hui que l'avant-projet de loi d'Alberto Ruiz-Gallardon, ministre de la justice, est enfin connu et a été adopté en conseil des ministres, ils reviennent encore à la charge en soulignant que chaque instant perdu laisse se poursuivre le massacre.

Politique des petits pas ? Très peu pour eux : ils parlent clair… mais savent en même temps se réjouir avec prudence en voyant que plusieurs mesures prévues par l'avant-projet vont pouvoir limiter le nombre d'avortements, si la loi est adoptée.

On notera les points les plus spectaculaires de l'avant-projet : rétablissement des conditions d'accès à l'avortement, et donc suppression du délai des 14 semaines où toute femme peut librement mettre fin à sa grossesse aux termes de la loi Zapatero, et durcissement de celles qui existent toujours pour les avortements plus tardifs. Ainsi l'avortement eugénique (pour cause de malformation grave ou maladie grave du fœtus) est-il explicitement exclu du champ des conditions. Est maintenu en revanche le risque pour la santé physique ou psychique de la mère, ce dernier critère devant être attesté par deux médecins n'ayant aucun lien avec la clinique d'avortement où elle recherche l'intervention, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent et ouvrait la porte à l'abus au sein de l'abus premier de l'atteinte à la vie. Le risque psychique pouvant être invoqué dans le cas d'une grossesse à problème : l'attente d'un enfant trisomique, par exemple…

De même les mineures ne pourront plus, si la loi est adoptée, accéder anonymement à l'avortement.

Mais si cette repénalisation doit marquer clairement que l'avortement n'est pas un geste anodin, elle garde le principe de sa possibilité en certains cas.

En Grande-Bretagne, une loi assez similaire aboutit à des statistiques effarantes : depuis que la loi existe en 1967, un nombre infime d'avortements ont eu pour motif officiel un risque pour la vie de la mère (moins de 150) mais on atteint quelque 200.000 avortements par an « justifiés » par le risque pour la santé mentale de la mère.

Au-delà du symbole, très fort, de ce refus du statu quo, tout sera donc question de mise en pratique. Car la mise à mort d'un enfant à naître n'est pas refusée par principe.

Et donc, pendant que les féministes et autres politiques « convenables », c'est-à-dire acceptés par le système, s'étranglent d'indignation devant l'avant-projet Ruiz-Gallardon, de nombreux groupes pro-vie espagnols n'hésitent pas à exprimer leur déception en réclamant, comme toujours, « l'avortement zéro ».

D'aucuns seraient tentés de dire qu'ils ne savent pas se contenter du possible, du « positif ». Mais voilà, ils n'ont jamais fait autre chose, et s'ils avaient édulcoré leurs demandes qui visent tout simplement à empêcher tout assassinat légal de l'enfant à naître on n'aurait probablement même pas l'avant-projet actuel.

Que demandent-ils donc ? Pour l'instant : mieux et davantage.

La vigilance d'abord : même si l'avant-projet est « bien engagé », note HazteOir (qui compte des centaines de milliers de sympathisants), cela est « insuffisant ». « La pression du lobby de l'avortement peut encore le faire dérailler. »

Le texte doit passer en effet entre les mains du Consejo Fiscal, organe d'Etat chargé de veiller à l'unification de l'action du ministère public, du Conseil général du pouvoir judiciaire et du Conseil d'Etat : « Ils peuvent l'améliorer, si nous le demandons ensemble », souligne HazteOir qui lance une pétition à cet effet.

La pétition demande quatre choses :

1. Que le texte comprenne un plan d'aide à la femme enceinte, avec une dotation budgétaire correspondante.

2. Qu'il fasse sortir l'avortement de l'enveloppe des services du Système public de santé.

3. Que le consentement informé comporte la remise à la mère d'une échographie de son enfant.

4. Que le texte ne comporte plus la « passoire » de la loi de 1985 en supprimant l'avortement pour « risque pour la santé de la mère ».

Ce sont des « citoyens éveillés et actifs » qui vont obtenir que la loi Aido (la loi d'avortement du gouvernement Zapatero) soit reléguée dans l'histoire, souligne le site, mais il ne s'agira alors que d'une « première bataille » gagnée : « Nous n'avons pas encore atteint notre but, l'avortement zéro. Le changement demeure toujours trop fragile et les partisans de l'avortement feront tout leur possible dans les prochains mois pour qu'il n'aboutisse pas. »


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Sur Radio Courtoisie aujourd'hui et demain

Un grand merci à Jean-Marie Le Mené, président de la Fondation Jérôme-Lejeune et animateur du grand rendez-vous du vendredi soir sur Radio Courtoisie une semaine sur quatre, qui m'a invitée à participer ce soir à son émission.

Il y sera notamment question de la Marche pour la vie – rendez-vous à Paris le dimanche 19 janvier ! – autour de Cécile Edel, sa courageuse organisatrice, et de Stéphanie, chargée de la communication de la Fondation Jérôme-Lejeune.

Et aussi des lois européennes sur l'avortement : en Espagne, où l'on progresse vers davantage de respect de la vie, en France, où dès le 20 janvier le projet de loi d'égalité femmes-hommes entend affirmer « l'IVG » comme un « droit » et installer la répression contre toute information visant à alerter les femmes de la réalité, des dangers et des traumatismes de l'avortement.

Rendez-vous ce vendredi soir de 18 h à 21 h sur Radio Courtoisie.

L'émission sera rediffusée de 2 h à 5 h dans la matinée de samedi, puis, toujours le samedi 4 janvier, de 7 h 30 à 10 h 30.

• Radio Courtoisie en modulation de fréquence (MHz)
Paris et Ile-de-France, 95,6 | Caen, 100,6 | Chartres, 104,5 | Cherbourg, 87,8 | Le Havre 101,1 | Le Mans, 98,8.

• Radio Courtoisie par satellite
Sur les bouquets satellite Canalsat (canal 199 pour la mosaïque des radios et canal 641 pour l'accès direct à Radio Courtoisie) et TNTSAT.

• Et partout dans le monde sur www.radiocourtoisie.fr


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31 décembre, 2013

Une belle histoire pour finir l'année : celle d'un bébé qui a survécu à la RU 486

Shannon Skinner et Anthony Hunt, symboles d'une
génération désorientée – mais ils ont fini par
choisir la vie.
C'est en Angleterre que se passe cette histoire qui se termine bien, un peu douce-amère… Il y a trois mois et demi, Shannon Skinner, 19 ans, de Knowles près de Bristol, découvrait qu'elle était enceinte – pour la deuxième fois. Avec son petit copain, Anthony Hunt, elle élevait déjà leur premier enfant qui avait alors neuf mois. Trop tôt, trop vite : ce deuxième bébé arrivait à un mauvais moment, où le couple rencontrait des problèmes : fallait-il accueillir une nouvelle vie dans ces conditions tout sauf idéales ?

Shannon et Anthony discutent, se posent des questions, et finissent par opter pour un avortement médicamenteux. Les comprimés et le suivi seront fournis par une clinique spécialisée dans la suppression des toutes petites vies : Marie Stopes International. Et Shannon – c'est elle qui le raconte } pleure son bébé.

Mais voilà qu'elle continue de souffrir de nausées matinales, et qu'elle ressent des mouvements en son sein. Les médecins qu'elle consulte assurent que ce sont des effets secondaires de l'avortement médicamenteux. De toute façon, dans la foulée de l'« IVG », Marie Stopes l'a persuadée d'accepter un implant contraceptif, alors ?

Mais Shannon Skinner se pose toujours des questions, fait un test de grossesse à domicile, qui s'avère positif. Quelques semaines se sont déjà écoulées depuis qu'elle a pris ses comprimés de RU 486 ; son médecin lui explique que cela est « normal » après un avortement, et prescrit lui-même un test qui sera négatif.

Le 20 décembre, se sentant toujours mal, elle retourne chez le médecin. Cette fois, il confirme qu'elle est enceinte. Et suggère qu'il s'agit d'un raté de l'implant : ce serait donc la troisième grossesse de Shannon… Le lendemain, elle fait vérifier l'affaire et découvre que c'est en réalité l'avortement qui a raté : le bébé qu'elle porte, une petite fille, en est à vingt semaines !

Mais va-t-elle bien ? C'est l'angoisse de la jeune maman : quel peut être l'état de santé d'un bébé qui a subi un avortement médicamenteux capable de causer des anomalies, et les doses d'hormones contraceptives libérées par l'implant ? Une échographie pratiquée la veille de Noël montre que tout va pour le mieux, mais l'échographiste douche bientôt l'optimisme de sa patiente en annonçant sombrement en s'autorisant à lui dire que la petite pourrait bien développer des anomalies fonctionnelles plus tard.

Bref, le corps médical essaie de se prémunir, n'est-ce pas ? Plusieurs médecins vont se charger de dire à Shannon qu'elle a encore trois semaines pour « choisir », puisque l'avortement est légal en  Grande-Bretagne jusqu'à 24 semaines…

Mais avec son ami, Shannon ne se sent pas le cœur de faire cela au bébé, qui a déjà survécu à tant de périls. « Nous avons décidé de garder le bébé, car nous pensons que ce serait pas bien d'avorter à ce stade. C'est évidemment un petit battant, et nous ne voulons pas lui faire davantage de mal. »

La naissance de cette petite fille-miracle est prévue pour le 7 mai, elle est enfin la bienvenue.

En attendant ses parents se sont plaints à Marie Stopes International, qui s'est contenté de publier un communiqué expliquant que « très occasionnellement, la pilule abortive peut ne pas fonctionner ». L'organisation assure qu'elle en avertit les femmes afin qu'elles puissent faire vérifier si leur avortement médicamenteux s'est fait avec succès « afin qu'un nouveau “traitement” puisse être demandé si nécessaire ».

Mais l'acharnement meurtrier a lui aussi ses ratés !

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29 décembre, 2013

Veillée de prières pour la vie à Paris le 18 janvier, retenez la date !



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28 décembre, 2013

Une cour argentine renverse une décision protégeant un enfant conçu à la suite d'un viol

Susana Graciela Kauffman, l'un des juges qui ont
renversé la mesure tutélaire de protection de la vie
de l'enfant à naître. C'est elle qui a signé le commentaire
le plus vindicatif en faveur du “droit des femmes”.
Une nouvelle affaire d'avortement sur une adolescente violée agite les médias argentins qui ont pris fait et cause pour la mort de l'enfant porté par une jeune fille de 14 ans, qu'une décision de justice a pourtant tenté de sauver. Vendredi, la justice argentine a mis fin à tout espoir de sauver le tout petit en ordonnant que l'avortement soit pratiqué. On n'attend plus que le passage à l'acte.

Tout éclate le 9 novembre lorsque la mère de la jeune fille, vivant dans la ville « conservatrice » (comme le disent les médias) de Salta, rentre inopunément chez elle pour trouver son concubin en train de violer sa fille. Elle le retient ; l'homme se met à frapper la mère et la fille, cette dernière si durement qu'on l'embarque à l'hôpital. Là, on apprendra que ce n'est pas le premier viol dont elle est victime de la part du concubin de sa mère : elle est enceinte de 3 semaines (de gestation) ; elle n'a rien osé dire parce que son « beau-père », 34 ans, a menacé de tuer la mère et ses trois jeunes frères âgés de 3 à 10 ans.

Depuis un arrêt de la Cour suprême argentine déclarant l'avortement non poursuivable en cas de viol, il n'est plus nécessaire d'obtenir une décision de justice autorisant l'opération. Le viol fut donc dénoncé et la jeune fille et sa mère demandèrent que l'on mette fin à cette vie innocente qui n'était pour rien dans les abominables crimes subis par la jeune fille. Victime avant tout, il faut bien le dire, de la situation familiale où elle se trouvait – combien d'affaires de ce style impliquent des viols perpétrés par des « beaux-pères » venus compenser l'absence de mari ou remplacer un mari congédié !

Devant cette demande d'avortement une assistante chargée des mineurs a interposé une action en justice afin de « défendre la vie du fœtus », chose qui lui a été accordée le 17 décembre dernier par le juge des affaires familiales Victor Soria. Le même juge ajoutait que l'enfant, une fois né, pourrait être confié pou une « éventuelle » adoption qu'il fallait « faciliter » dans la mesure où la jeune fille faisait connaître sa volonté de ne pas s'en occuper. Il prévoyait que toute aide, y compris une assistance psychologique, puisse être donnée à la jeune « C.M.E. » afin de sauvegarder à la fois son « bien-être » et celui de son enfant. Le tout appuyé sur une analyse serrée du droit constitutionnel et du devoir de respecter la vie.

Déclarant « illégale » la démarche de l'assistante chargée des mineurs, la cour de justice de Salta a renversé cette décision, vendredi dernier, dans le cadre d'une décision-fleuve de 60 pages où tout y passe : le droit comparé, la référence aux instances internationales et aux comités locaux pour l'égalité hommes-femmes, la jurisprudence argentine qui sans considérer que l'avortement n'est pas un délit crée des cas où ce délit ne peut être ni poursuivi ni puni.

Deuxième à partir de la droite, Monica Menini,
l'une des avocates pour l'avortement,
lors d'une manifestation pour l'avortement
libre et gratuit, en 2012.
Qualifiant le jugement de Victor Soria de « dogmatique », la décision de vendredi explique que le
devoir de lutter contre la « violence de genre » est premier et qu'en l'occurrence, c'est le refus d'avortement qui constitue en lui-même une « violence de genre », s'ajoutant à la « violence de genre intrafamiliale » dénoncée par la mère de la jeune fille, « accomplissant ainsi son devoir ». Il va de soi qu'il n'y est nullement question de cette autre violence que constitue le fait pour la jeune fille d'avoir dû subir pendant deux ans les viols de ce « beau-père » dont la décision précise qu'il devait « veiller sur son intégrité physique, psychique et morale ».

C'est au nom de l'égalité, de la non-discrimination et du droit des femmes de choisir leur grossesse que la Cour de Salta dénonce la tentative de sauver la vie de l'enfant à naître en accusant les démarches en ce sens comme ayant seulement « prolongé les temps de torture subis par la jeune fille violée, frappée, puis institutionnellement maltraitée ». Et de révoquer la mesure tutélaire prise par le juge des familles…

On trouvera sur le site de la Cour de Salta, en fin de cette page, un lien vers la décision de 60 pages concernant la petite C.M.E.

Cette triste affaire, comme la plupart du genre qui sont ainsi montées en épingle dans les médias nationaux et internationaux, a mobilisé des associations féministes toujours promptes à les exploiter dans le sens de la mort. Il y a eu des manifestations à Salta. Le journal argentin Clarin raconte comment les avocates de la mère de la jeune fille en ont appelé à la Commission interaméricaine des droits de l'homme – notoirement favorable à la culture de mort – et signale l'intervention de l'Alliance des avocats pour les droits humains de la femme à Salta dans le procès contre la mesure de protection de l'enfant.

“Lequel de ces deux êtres humainsa été conçu à la suite d'un viol ?”


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27 décembre, 2013

Après les déclarations du directeur stratégique du FN sur l'avortement, un « droit »…

Non, M. Philippot, défendre la vie n’est pas dépassé

Florian Philippot (à gauche) avec Marine Le Pen
Alors que le gouvernement espagnol vient d’adopter un avant-projet de loi visant à repénaliser
l’avortement et à en finir avec sa reconnaissance comme « droit » par la loi, on ne compte plus à travers le monde occidental les dénonciations médiatiques et politiques de ce « retour en arrière »… vers un peu plus de respect pour la vie. Dénoncer l’avortement, ou même restreindre les cas où il est légal, est aujourd’hui dans l’Union européenne synonyme d’extrémisme, de refus de la démocratie et de la laïcité. A telle enseigne que même le vice-président du Front national, Florian Philippot, s’est bruyamment désolidarisé de toute approbation de la mesure espagnole. Et cela pose des questions politiques fondamentales.

Lundi matin, le président d’honneur du Front national a salué l’initiative du gouvernement de Mariano Rajoy d’abroger la loi de l’ère Zapatero faisant de l’avortement un droit des femmes jusqu’à 14 semaines de grossesse et le rendant possible sous conditions jusqu’à 22 semaines. L’avant-projet rétablit des conditions de danger pour la santé physique ou psychique de la mère, à vérifier par des médecins indépendants des cliniques d’avortement, ou de viol dénoncé dans les formes, élimine l’avortement pour malformation fœtale et institue une obligation d’information des mères relative aux risques liés à la procédure mais aussi aux aides qui peuvent leur être apportées. Le projet y ajoute une période de réflexion de sept jours avant que l’avortement puisse être exécuté.

« Le projet de loi espagnol sur l’avortement prouve que l’on peut agir en la matière avec mesure, intelligence et souci du respect de la vie », tweetait Jean-Marie Le Pen.

On pouvait s’interroger sur l’emploi du mot « mesure » : quelle est donc cette « mesure » qui permet malgré tout l’élimination des enfants à naître jusqu’à la 22e semaine, fût-ce sous conditions et avec l’espoir de voir reculer, un peu ou beaucoup, le massacre des innocents ? On sait qu’en Grande-Bretagne, où l’avortement n’est pas permis pour des raisons sociales et seulement en cas de danger pour la santé mentale de la mère, 200 000 avortements ont lieu chaque année (depuis 1967, en Angleterre et au Pays de Galles, seules 143 interventions ont eu pour motif le danger pour la vie de la mère).

Mais le tweet de Le Pen, tout prudent qu’il était, avait du panache et sonnait comme un refus du politiquement correct. Et tout prudent qu’il était, il a été désavoué.

Mardi, veille de Noël, Florian Philippot a renvoyé le président d’honneur du FN dans ses buts d’un sec : « Oui, c’est son opinion. » Pour poursuivre aussitôt : « Mais je rappelle que la position du Front national n’est pas une restriction, il n’y a aucune restriction du droit à l’avortement dans le projet du Front national, aucune. »

N’y a-t-il donc pas au moins débat au sein de ce parti ? « Non, il n’y a pas de débat, nous considérons que ce n’est pas une préoccupation du tout des Français, que leurs préoccupations, ce sont le chômage, le pouvoir d’achat, la sécurité, les questions de réindustrialisation, l’Union européenne qui est aujourd’hui une vraie dictature parce qu’elle empêche les démocraties nationales, ça, ce sont les vrais sujets. Mais voilà, on discute du sexe des anges, c’est une vieille technique gouvernementale, mais je crois que les peuples ne sont plus dupes », a déclaré le vice-président du Front national sur RTL.

A l’heure d’écrire, il n’y a eu aucune mise au point de la part des autres instances dirigeantes du parti, pour plusieurs raisons. Philippot est chargé de la stratégie et de la communication du FN, c’est donc lui qui donne la ligne et qui l’exprime. Par ailleurs, même si Marine Le Pen a fait par le passé des déclarations contre les « avortements de confort » et le remboursement de l’« IVG », elle n’a jamais fait mystère de son refus de revenir sur la loi Veil (aujourd’hui largement dépassée par des mesures encore plus favorables à l’avortement).

A l’époque de la « dédiabolisation » du FN, qui a effectivement bien fonctionné et qui a rendu ce parti, financé comme les autres sur les fonds publics, omniprésent dans les médias, nous l’écrivions : accepter l’avortement était un « ticket d’entrée » dans le monde politique.

On savait cependant que des responsables du Front national continuaient d’afficher leur refus de l’avortement légal – ainsi Bruno Gollnisch participait-il aux Marches pour la vie à Paris, entouré d’élus et d’autres figures du parti.

Mais les déclarations de Florian Philippot balaient – ou voudraient balayer – tout cela. Alors même que la loi proclamant solennellement que l’avortement est un droit – avec pour objectif et conséquence logique de bâillonner toute opposition, d’interdire tout acte visant à avertir les femmes de la vérité sur ce « choix » – n’est même pas encore devant l’Assemblée nationale, il le dit, lui.

L’avortement n’est-il donc pas un sujet ? L’immigration n’est-elle pas venue compenser, n’est-elle pas présentée comme la seule solution dans un pays où les enfants manquent par millions, sacrifiés sur l’autel infernal du refus de la vie ? Quelle sécurité espérer dans un pays qui sacralise l’égoïsme et le droit d’écraser autrui dans la plus grande violence de toutes, qui permet l’élimination du plus faible des êtres humains par sa mère elle-même ? Sa mère, qui est le plus souvent elle-même victime de ce geste que la société divinise, instrumentalisée au service d’un système qui recherche le mal et la mort ?

Quelle démocratie, quelle nation ? Une nation est le lieu qui voit chaque jour naître son avenir : aujourd’hui la France permet, encourage, rembourse le génocide de ses enfants. Ce n’est assurément pas le seul « sujet », mais il est au cœur de la crise dont nous savons qu’elle est morale bien avant d’être sociale.

Et parmi toutes les décisions malfaisantes, les décisions désespérantes qu’aligne le gouvernement socialiste – dans une belle continuité politique par rapport à d’autres formations politiques qui ont payé leur « ticket d’entrée » en sacrifiant à la culture de mort – celles qui portent sur les « sujets de société » sont tout sauf de l’« enfumage ». Elles relèvent d’un choix délibéré qui ancre encore plus profondément la France du côté de la Révolution. Elles délimitent le cadre dans lequel nous vivons, rendant impossible toute réforme de fond qui permette à la France de renouer avec son passé de nation civilisée.

Et aujourd’hui, miracle ! de plus en plus d’évêques en sont conscients et le disent, jusqu’à Mgr Pontier qui pour être président de la conférence épiscopale n’en est pas moins évêque, a souligné dans son message de Noël que le projet de modification de la loi sur « l’IVG » incite quasiment les femmes « à ne se poser aucune question quant à l’élimination de l’être qu’elles portent en leur chair ».

Cette tragédie du génocide français crie vengeance, parce que l’homme ne définit pas sa propre mesure et qu’il n’est pas la fin de toutes choses, et qu’à l’imaginer, il se place dans une posture de révolte fondamentale dont le salaire est la destruction, la tyrannie et la mort.

Que faire lors des élections prochaines ? En tenir compte. Tous les candidats du FN n’ont pas payé leur « ticket d’entrée ». Pour les autres, se rappeler ce qui s’est fait en Espagne : le mouvement pro-vie a pesé en étant entier et net, en réclamant avec ténacité (et il continue) « l’avortement zéro ». Parce que la vie de la France comme nation en dépend aussi.

Article extrait du n° 8009 de Présent, du Vendredi 27 décembre 2013  

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Le vote solennel de la loi sur l’aide à mourir, dans l’oubli de l’essentiel

La loi sur l’aide à mourir sera solennellement votée mardi, dans l’oubli de l’essentiel   A deux jours de l’adoption solennelle de la loi su...